Les fonctions métropolitaines supérieures dans les villes des quatre régions de l'Ouest : Basse-Normandie, Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes (Octant n° 92)

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Les villes des quatre régions de l'Ouest totalisent près de 140 000 emplois dans les fonctions métropolitaines supérieures. Avec 27 000 emplois métropolitains supérieurs supplémentaires depuis 1990, les villes de l'Ouest enregistrent une progression plus rapide que la moyenne des villes de province. Rennes et Nantes ont été les principales bénéficiaires de cette croissance, et sont désormais mieux placées que beaucoup de métropoles régionales de taille comparable. Les autres villes de l'Ouest ont également enregistré des taux de croissance souvent plus importants que les villes françaises équivalentes. Les deux tiers des emplois métropolitains supérieurs supplémentaires créés dans l'Ouest l'ont été dans les services aux entreprises, et dans l'enseignement supérieur-recherche.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Emploi
Les fonctions métropolitaines
supérieures dans les villes
des quatre régions de l’Ouest :
Basse-Normandie, Bretagne,
Pays de la Loire, Poitou-Charentes
Les villes des quatre régions de l’Ouest totalisent près
de 140 000 emplois dans les fonctions métropolitaines
supérieures. Avec 27 000 emplois métropolitains supérieurs
supplémentaires depuis 1990, les villes de l’Ouest
enregistrent une progression plus rapide que la moyenne
des villes de province. Rennes et Nantes ont été les
principales bénéficiaires de cette croissance, et sont
désormais mieux placées que beaucoup de métropoles
régionales de taille comparable.
Les autres villes de l’Ouest ont également enregistré
des taux de croissance souvent plus importants que
les villes françaises équivalentes. Les deux tiers
des emplois métropolitains supérieurs supplémentaires
créés dans l’Ouest l’ont été dans les services aux entreprises,
et dans l’enseignement supérieur-recherche.
es fonctions métropolitaines supé- services aux entreprises et l’enseigne- 8 %) peuvent être qualifiés d’emploisLrieures regroupent des emplois de ment supérieur-recherche (encadré métropolitains supérieurs. Leur part
haut niveau qui, par leur fort contenu in- page 11). dans l’emploi total a augmenté de un
tellectuel ou technique ou leur pouvoir point en 10 ans, traduisant l’élévation
décisionnel, jouent un rôle important générale des qualifications au cours dePrès de la moitié des emplois
dans le développement des grandes mé- la dernière décennie. Le rôle prédomi-
métropolitains supérieurstropoles. Ces emplois de cadres supé- nant de la capitale dans les fonctions
rieurs, d’ingénieurs, de chercheurs ou concentrés à Paris stratégiques ne se dément pas : l’aire
d’enseignants de l’enseignement supé- urbaine de Paris concentre à elle seule
rieur ont été classées en 11 fonctions Sur les 23 millions d’emplois en France 45 % des emplois métropolitains sup-
dont les deux principales sont les métropolitaine, 1,8 million (presque périeurs français, alors qu’elle ne
4 Octant n° 92 - Janvier 2003Emploi
regroupe que 22 % de l’ensemble des peu plus que la moyenne des supérieurs supplémentaires ont été
emplois. métropoles de 150 000 à 400 000 em- créés, dont près de 40 % à Paris.
plois. Poitiers, Caen et Angers comptent
La part de l’emploi supérieur dans l’em- également une densité d’emplois supé- Avec 27 000 emplois métropolitains su-
ploi total décroît régulièrement avec la rieurs nettement au-dessus de la périeurs supplémentaires depuis 1990,
taille de la ville : à Paris, les fonctions moyenne des villes de leur taille. les villes de l’Ouest enregistrent une
métropolitaines supérieures représen- progression plus rapide que la moyenne
tent 16 % de l’emploi total ; dans la plu- Rennes et Nantes comptent près du tiers des villes de province : + 24 % contre
part des grandes métropoles régionales, des emplois supérieurs de l’espace ur- 18 %. La contribution des fonctions su-
elles représentent entre 8 et 9 % de bain de l’Ouest pour seulement 21 % de périeures à la croissance de l’emploi to-
l’emploi, et moins de 4 % dans les villes l’emploi total. Et si l’on rajoute les deux tal est particulièrement élevée à Rennes
moyennes ou petites. De plus, l’aug- autres capitales régionales et les trois et Nantes. Ces deux villes ont créé
mentation de l’emploi supérieur est plus plus grandes villes (Angers, Le 5 600 emplois supérieurs chacune.
rapide dans les grandes villes que dans Mans et Brest), les sept plus grandes vil- Rennes est la grande ville française qui
les petites : l’écart se creuse. les de l’Ouest rassemblent près de 60 % enregistre la plus forte progression de
des emplois supérieurs pour 45 % de l’emploi supérieur : + 39 % sur la
l’emploi total. Néanmoins certaines vil- décennie.
140 000 emplois dans les moyennes ou petites comptent un
les villes de l’Ouest nombre notable d’emplois supérieurs : Le Mans, Angers, La Rochelle ont enre-
c’est le cas, par exemple, de Lannion gistré des taux de croissance dépassant
Les quatre régions de l’Ouest totalisent (2 800 EMS, 12,7 % de l’emploi total) et 30 %. Avec une progression de 27 %,
près de 140 000 emplois dans les fonc- de Niort (3 800 EMS, 6,8 % de l’emploi Caen et Poitiers ont également participé
tions métropolitaines supérieures en total), spécialisées, pour la première, au déploiement de ces fonctions dans
1999. Ces fonctions représentent 5,7 % dans les télécommunications et pour la l’Ouest.
de l’emploi total dans l’ensemble ur- seconde dans l’assurance.
bain de l’Ouest contre 6,4 % dans l’en- La croissance des fonctions
semble des villes de province. Cette dif- Progression des emplois métropolitaines supérieuresférence est le reflet de la structure
métropolitains supérieursurbaine particulière de l’Ouest, qui est surtout due à l’expansion
compte peu de grandes métropoles, et plus rapide à l’Ouest de la recherche-enseignement
un réseau relativement équilibré de vil-
supérieur et des servicesles moyennes et petites : à taille égale, Dans un contexte de croissance mo-
les villes de l’Ouest ont désormais un dérée de l’emploi total (+ 3,8 % sur l’en- aux entreprises
taux d’emploi supérieur égal ou supé- semble des villes françaises entre 1990
Sur les 27 350 emplois supplémentairesrieure à la moyenne française : ainsi, et 1999), l’emploi métropolitain supé-
l’emploi supérieur représente 8,7 % de rieur a fortement progressé au cours de créés dans les fonctions supérieures des
quatre régions de l’Ouest, 9 900 (36 %) total à Nantes et à Rennes, un la dernière décennie. 215 000 emplois
Variation du nombre d'emplois métropolitains
supérieurs dans les aires urbaines entre 1990 et 1999
85 556
Évolution de l’emploi
Variation de l’emploi dans les fonctions
dans les fonctions métropolitaines supérieures métropolitaines supérieures (en %)
10 000 30
205 000 Source : INSEE -
101 000 Recensement de la population
0 © IGN-INSEE
Octant n° 92 - Janvier 2003 5Emploi
Évolutions 1990-1999 de l’emploi total et de l’emploi dans les fonctions métropolitaines supérieures
dans les métropoles françaises de plus de 150 000 emplois (en %)
45
Rennes
La croissance de l’emploi métropolitain 35
Montpellier
ToulouseMoyenne des métropolessupérieur est bien corrélée à la croissance
françaises (hors 5 grandes)
Nantesde l’emploi total dans les grandes aires
Grenoble
urbaines : les quatre villes ayant connu la 25
Toulon
Lilleplus forte croissance de l’emploi depuis Metz
Clermont-ferrand OrléansTours1990 - Montpellier, Toulouse, Nantes et Marseille-Aix-en-Provence
Lyon Strasbourg
BordeauxRennes - sont également celles qui ont 15
Nancy
Parisconnu les taux de croissance de l’emploi Douai-Lens
Nicemétropolitain les plus élevés, de + 29 % à Grandes métropoles FranceRouen
+39%. 5
Métropoles Ouest
Autres métropoles France
-5
-2 0 2 4 6810 12 14 16 18 20
Évolution de l’emploi total
Source : Insee - recensements de la population 1990, 1999
Évolutions 1990-1999 de l’emploi total et de l’emploi dans les fonctions métropolitaines supérieures
dans les grandes villes de 45 000 à 150 000 emplois en 1999 (en %)
40
CalaisBourgesLa corrélation entre la croissance de
MoyenneMontbéliard Le Mans
des grandes villes de l'ouestl’emploi total et celle de l’emploi
35 La Rochellesupérieur n’apparaît plus lorsque la taille Grandes villes de l'Ouest AngersPau
Autres grandes villes françaisesde la ville diminue. A Vannes, Laval et Niort
BrestCaenQuimper, l’emploi a fortement augmenté Bayonne PoitiersChalon-sur-Saône
Compiègne25 Vanneset les fonctions supérieures n’ont que peu Saint-BrieucAmiensMoyenne Reims Saint-Nazaire
Blois Beauvaisdes grandes villes françaisescontribuéà cette croissance. A l’inverse, Evreux
Arras Annecy
Chambéryau Mans, l’emploi total n’a progressé DijonLorient Béthune Chartres Valence Lavalqu’au rythme moyen des grandes villes 15 NîmesLimoges Valenciennes La Roche-sur-Yon Genève-Annemassemais la contribution des fonctions Saint-Etienne Le Havre Colmar
Besançon QuimperAvignonsupérieures à cette croissance est très Thionville Mulhouse
Bourg-en-BresseAngoulêmeélevée. 5
Dunkerque
Boulogne-sur-MerDix des quinze grandes villes de l'Ouest Perpignan
ont enregistré des progressions d'emploi Troyes
total et d'emploi métropolitain supérieur
-5
-5 0 5 10 15plus fortes que la moyenne française.
Évolution de l'emploi total
Source : Insee - recensements de la population 1990, 1999
l’ont été dans la fonction enseigne- d’étudiants dans l’enseignement supé- 1990. Ces chercheurs travaillent essen-
ment-recherche et 8 200 (30 %) dans la rieur. Rennes, Nantes, Caen, Angers et tiellement dans les grandes villes
fonction services aux entreprises. Brest sont aussi des villes universitaires notamment à Rennes (800), Nantes
importantes. La fonction reste sous-re- (570), Brest et Caen (500 chacune). 800
a recherche-enseignement compte enL présentée à Nantes, malgré l’offre postes ont été créésaucoursdeladé-
1999, 25 600 emplois supérieurs dans croissante d’établissements de l’ensei- cennie, principalement à Rennes, Caen
l’Ouest. Poitiers, Brest et Rennes figu- gnement supérieur. Le plan Université et Nantes.
rent parmi les dix villes françaises à 2000 est à l’origine de l’expansion de
forte densité d’emplois dans cette fonc- l’enseignement supérieur dans de L’Ouest ne compte pas de trèsgrospôle
tion, assez loin cependant derrière nombreuses villes. de recherche privée. Outre Paris qui
Montpellier et Grenoble. concentre prèsd’un emploi de ce type
La fonction “recherche - enseignement” sur deux, les principaux pôles de re-
Dans l’Ouest, plus de la moitié des em- compte également 3 400 chercheurs cherche privée sont Lyon, Toulouse et
plois de cette fonction sont dans l’en- travaillant dans la recherche publique Grenoble. La création d’emplois d’ingé-
seignement supérieur, contre le tiers en (CNRS, IFREMER, INRA…), soit 11,9 % nieurs et cadres de recherche dans les
moyenne nationale. A Poitiers, cette des emplois de chercheurs en re- entreprises a été très dynamique sur la
part monte à 73 %. C’est la ville qui, re- cherche publique dénombrésenpro- décennie. Mais la place de l’Ouest reste
lativement à sa taille, attire le plus vince, c’est la même proportion qu’en modeste : le nombre total d’emplois
6 Octant n° 92 - Janvier 2003
Évolution de l'emploi métropolitain supérieur
Évolution de l’emploi métropolitain supérieurEmploi
Évolution de l'emploi total et de l'emploi métropolitain supérieur dans les villes entre 1990 et 1999
Emplois métropolitains Part dans
Emploi total (au lieu de travail) supérieurs l'emploi total
AIRE URBAINE Variation Variation
1990-1999 1990-1999
En 1999 En 1999 1990 1999
absolue en % absolue en %
Principales métropoles françaises 7 197 799 91 086 1,3 1 023 705 121 121 13,4 12,7 14,2
(plus de 400 000 emplois)
5 089 179 -28 489 -0,6 815 552 85 456 11,7 14,3 16,0Paris
714 469 33 875 5,0 75 935 10 931 16,8 9,6 10,6Lyon
538 133 15 818 3,0 46 546 6 334 15,8 7,7 8,6Marseille-Aix-en-Provence
455 543 19 020 4,4 37 717 6 693 21,6 7,1 8,3Lille
400 475 50 862 14,5 47 955 11 707 32,3 10,4 12,0Toulouse
Autres métropoles françaises 3 247 384 209 539 6,9 265 361 45 028 20,4 7,3 8,2
de 150 000 à 400 000 emplois
dont : Nantes 293 385 35 981 14,0 25 508 5 686 28,7 7,7 8,7
Rennes 228 445 25 968 12,8 19 935 5 631 39,4 7,1 8,7
Ensemble des grandes villes françaises
3 865 085 224 764 6,2 215 340 33 369 18,3 5,0 5,6(45 000 à 150 000 emplois)
Ensemble des grandes villes de l'Ouest 1 174 732 99 705 9,3 65 216 12 936 24,7 4,9 5,6
dont : Caen 144 679 10 791 8,1 8 982 1 886 26,6 5,3 6,2
Angers 132 853 16 043 13,7 8 489 2 017 31,2 5,5 6,4
Le Mans 119 778 7 140 6,3 6 518 1 722 35,9 4,3 5,4
Brest 115 948 10 243 9,7 6 887 1 471 27,2 5,1 5,9
Poitiers 86 908 10 380 13,6 5 821 1 197 25,9 6,0 6,7
Lorient 69 038 771 1,1 3 034 454 17,6 3,8 4,4
Saint-Nazaire 67 082 6 702 11,1 2 748 512 22,9 3,7 4,1
La Rochelle 66 215 7 515 12,8 3 477 849 32,3 4,5 5,3
Angoulême 64 036 1 248 2,0 2 999 187 6,7 4,5 4,7
Niort 56 342 3 893 7,4 3 833 841 28,1 5,7 6,8
Saint-Brieuc 52 635 4 291 8,9 2 515 483 23,8 4,2 4,8
Quimper 52 165 4 993 10,6 2 872 252 9,6 5,6 5,5
Vannes 51 258 6 800 15,3 2 646 490 22,7 4,8 5,2
Laval 49 697 4 917 11,0 2 391 311 15,0 4,6 4,8
La Roche-sur-Yon 46 098 3 978 9,4 2 004 264 15,2 4,1 4,3
Ensemble des villes françaises moyennes 4 221 179 159 426 3,9 171 057 16 295 10,5 3,8 4,1
et petites (moins de 45 000 emplois)
Ensemble des villes moyennes et petites 768 766 40 426 5,6 29 187 3 097 11,9 3,6 3,8
de l'ouest (moins de 45 000 emplois)
Ensemble des villes françaises 18 531 447 684 815 3,8 1 675 453 215 813 14,8 8,2 9,0
Ensemble des villes de l'Ouest 2 465 328 202 083 8,9 139 846 27 350 24,3 5,0 5,7
Ensemble France (rural + urbain) 22 800 731 730 401 3,3 1 806 091 234 538 14,9 7,1 7,9
Source : INSEE - recensements de la population 1990 et 1999 - exploitation complémentaire
Octant n° 92 - Janvier 2003 7Emploi
Les emplois métropolitains supérieurs dans les aires urbaines des quatre régions de l’Ouest en 1999 et leur évolution
depuis 1990
Variation 1990-1999
Aires urbaines
Fonction des quatre régions Ouest France
de l'Ouest en %Nombre en %
Services aux entreprises 37 078 8 226 28,5 19,7
Recherche-enseignement supérieur 25 642 9 863 62,5 27,6
Fonctions industrielles 18 910 2 199 13,2 - 4,9
- Industrie gestion 10 231 1 216 13,5 - 7,2
- Industrie commerce 6 174 126 2,1 - 10,8
- Industrie informatique 2 505 857 52,0 22,2
Commerce 16 682 - 542 - 3,1 - 3,3
Banque-assurance 13 143 555 4,4 5,4
Art 9 013 2 155 31,4 29,5
Transport 7 785 2 846 53,9 69,7
Télécommunications 8 122 1 293 19,9 23,7
Information 3 471 755 27,8 17,8
Emplois métropolitains supérieurs 139 846 27 350 24,3 14,8
Emploi total 2 465 328 202 083 8,9 3,9
Source : Insee - recensements de la population 1990-1999 - exploitation complémentaire
d’ingénieurs et chercheurs des entrepri- Les neuf autres fonctions métropolitai- l’Ouest. Nantes fait exception avec la
ses privésdel’Ouest équivaut en 1999 nes supérieures comptent beaucoup présence de plusieurs établissements
aux effectifs cumulés de Lyon et moins d’emplois. Cependant l’Ouest re- importants (Société Générale, CIO).
Grenoble. groupe une part notable des emplois de
province dans trois fonctions : la ban- Les créations d’emplois dans cette fonc-
que-assurance, les télécommunications tion ont principalement été localisées à
et l’information. Paris, mais la progression du nombre
Les services aux entreprises d’emplois dans l’Ouest a été plus rapide
que sur le reste de la province grâce autrès bien implantés
renforcement de la spécialisation de
à Rennes et Nantes Banque-assurance, Niort dans l’assurance : la fonction y to-
talise 1 700 emplois supérieurs entélécommunications
1999, ce qui représente 3 % de l’emploiet information, spécificités
La fonction supérieure des services aux total de la ville.
de l’Ouestentreprises regroupent 37 000 emplois
dans l’Ouest en 1999. Elle reste sous re- La fonction télécommunications re-
groupe 8 100 emplois supérieurs dansprésentée dans les petites villes mais est
désormais bien implantée dans les plus Les aires urbaines des quatre régions de l’Ouest : 19 % des emplois de la pro-
l’Ouest rassemblent 13 140 emplois vince. Cette fonction regroupe les em-grandes. Nantes et Rennes figurent par-
mi les dix villes françaises à forte densi- métropolitains supérieurs de la banque- plois des établissements de La Poste,
assurance en 1999, soit 20,6 % des em- France Telecom, des sociétésdetélé-té d’emplois supérieures dans les servi-
ces aux entreprises. Angers et Brest, plois provinciaux de cette fonction, phonie mobile, Transpac et TDF. Elle est
alors que l’Ouest regroupe 18,3 % de bien représentée dans l’Ouest en lienparmi les grandes villes, Niort, Vannes les moyennes, sont également l’emploi total et 16,3 % des emplois avec la présence d’importants établisse-
métropolitains supérieurs de province. ments de France Télécom et debien placées dans cette fonction. La
croissance des emplois supérieurs a été La bonne implantation de la banque-as- Transpac.
surance est liée à la présence d’impor-rapide dans les services, en particulier à
Nantes, Rennes, Brest et Le Mans. 8 200 tants groupes bancaires mutualistes Parmi les grandes villes françaises, Ren-
comme le Crédit Agricole, le Crédit Mu- nes est celle qui détient la plus forteemplois supplémentaires ont été créés
dans l’Ouest sur la décennie. Cette tuel ou les banques populaires, et à la densité d’emplois dans cette fonction
présence de nombreux emplois supé- (0,73 % de l’emploi total), devant Mont-hausse s’explique par la création de
nombreux emplois d’ingénieurs et ca- rieurs dans les assurances dommages pellier. Rennes et Nantes comptent
notamment à Niort (MAIF, MAAF, Ma- 1 660 emplois chacune dans cette fonc-dres de l’informatique, d’ingénieurs de
recherche ou d’études dans les sociétés cif…) et au Mans (MMA). 27 % des em- tion. Si Rennes était déjà trèsspécialisée
plois provinciaux de la banque mutua- en 1990, Nantes a acquis cette spéciali-de services, de cadres de la formation,
du recrutement et de la gestion. Toutes liste et 31 % de l’assurance dommages sationaucoursdeladécennie : 860 em-
sont dans l’Ouest. La banque privée plois supplémentaires y ont été créésces professions ont accru ici leurs effec-
tifs plus rapidement que la moyenne des compte en revanche assez peu d’em- dans cette ville (700 à Rennes). Lan-
plois supérieurs dans les villes de nion, compte 900 emplois métropo-villes de province.
8 Octant n° 92 - Janvier 2003Emploi
litains supérieurs dans la fonction télé- Part des emplois de l’Ouest dans l’ensemble des villes de province
communications, ce qui représente 4 % L’Ouest a gagné des points dans huit des onze fonctions
de l’emploi total de la ville.
Fonction 1990 1999
La fonction “Information” est, de loin, la Banque-assurance 20,1 20,6
plus centralisée des onze fonctions mé- Télécommunications 19,7 19,1
tropolitaines supérieures. Les deux tiers
Information 17,6 17,7
de ses emplois sont situésdansl’aire ur-
Industrie informatique 13,7 16,1baine parisienne. Cette forte centralisa-
Art 16,4 15,9tion tient au quasi-monopole parisien
de certaines activités : 86 % des emplois Services aux entreprises 14,6 15,8
d’édition de revues et périodiques sont Recherche-Enseignement supérieur 13,8 15,8
situés à Paris, comme ceux de la diffu-
Commerce 15,5 15,8
sion de programmes télévisés(68 %) et
Industrie gestion 13,8 15,4ceux des agences de presse (76 %). La
Industrie commerce 14,8 15,2fonction regroupe 3 470 emplois supé-
rieurs dans l’Ouest, prèsde18%des Transport 15,7 14,6
emplois de la province. L’importance Emplois métropolitains supérieurs 15,4 16,3
de la presse régionale explique cette
Emploi total 17,8 18,3relative spécialisation.
Source : Insee - recensements de la population 1990 et 1999 - exploitation complémentaire
Les fonctions métropolitaines souvent externalisés dans des établisse- encore moins en 1999. La situation géo-
ments de service. graphique et l’absence de très grandesupérieures industrielles
métropole explique sans doute la
se développent mais restent
moindre présence de cette fonction. Les
sous-représentées villes de l’Ouest comptent moins d’em-
Les fonctions métropolitaines plois dans les services ferroviaires, le
transport aérien et les infrastructures desupérieures du commerce
Les fonctions métropolitaines supérieu- transports internationaux. Parmi les pluset des transports nettement
res de l’industrie regroupent les cadres grandes villes, Nantes est bien placée
sous-représentées dans l’Ouestet ingénieurs de l’industrie qui occu- grâce à la présence conjointe d’emplois
pent un emploi supérieur dans la ges- dans le rail, le transport aérien et les ser-
tion, l’informatique ou le commerce. vices portuaires, ainsi que Saint-Nazaire
Les cadres supérieurs de la production Le commerce totalise 16 680 emplois par ses activités portuaires. La fonction
industrielle ne sont pas comptabilisés métropolitains supérieurs dans l’Ouest. est en revanche sous-représentée dans la
dans les fonctions métropolitaines, car La fonction regroupe les emplois de ca- plupart des autres grandes villes.
les établissements de production sont le dres supérieurs et commerciaux des éta-
plus souvent implantés à l’écart des blissements du commerce de gros et des
grands centres urbains. intermédiaires du commerce. Avec
15,8 % des emplois de province, L’art a créé des emplois
Les trois fonctions totalisent 18 900 em- l’Ouest est faiblement représenté dans mais est moins présent
plois en 1999 dans l’Ouest, soit 2 200 cette fonction.
qu’au sudde plus qu’en 1990 : c’est une progres-
sion notable lorsque l’on sait que les ef- Nantes conserve cependant une forte
fectifs ont stagné sur l’ensemble des vil- spécialisation dans le commerce. L’aire
les de province et beaucoup diminuéà urbaine compte 3 400 emplois dans la Paris excepté, la fonction art est moins
Paris. La part de l’Ouest est faible dans fonction en 1999. Rennes en compte développée dans les villes du nord de la
la gestion et le commerce industriels, 1 900 et toutes les autres villes de France que dans les villes du sud. La fonc-
elle est un peu meilleure pour l’informa- l’Ouest moins de 1 000. tion compte 9 000 emplois dans l’Ouest
tique. avec une densité légèrement inférieure à
Les quatre régions de l’Ouest affichent la moyenne des villes françaises. 2 000
Les trois principaux pôles, hors Paris, une spécialisation marquée dans les ac- emplois ont été créés au cours de la dé-
sont Lyon, Toulouse et Grenoble. Nan- tivités du commerce de gros en produits cennie 90, progression comparable à la
tes, avec 3 440 emplois supérieurs dans agricoles et alimentaires et en fournitu- moyenne des villes de province.
ces fonctions industrielles, est le seul res pour l’agriculture et l’agroalimen-
grand pôle de l’Ouest ; Rennes compte taire.
2 000 emplois, Angers 1 000, Caen et Le
23 % des emplois supérieursMans 900 chacune. On ne retrouve pas Le transport regroupe 7 800 emplois su-
occupés par des femmesde spécialisation dans les fonctions su- périeurs en 1999, 14,6 % des effectifs de
périeures de l’industrie dans certaines province. 1 100 emplois supérieurs ont
villes de tradition industrielle comme Le été créés dans cette fonction depuis
Mans, Saint-Nazaire ou Lorient : en ef- 1990, mais la création d’emplois y a été Les emplois métropolitains supérieurs
fet, les cadres industriels y sont surtout moins dynamique qu’en moyenne sur sont très majoritairement occupéspar
des cadres de la production et les em- l’ensemble de la province. L’Ouest des hommes. Les femmes ont cepen-
plois de l’informatique, de la gestion et n’était pas spécialisé dans la fonction su- dant gagné quelques points depuis
des fonctions commerciales sont périeure transport en 1990, il l’est donc 1990. Dans l’Ouest, elles occupent
Octant n° 92 - Janvier 2003 9Emploi
Les fonctions métropolitaines supérieures dans les aires urbaines de chacune des quatre régions
Globalement, la structure et l’importance des fonctions métro- importante de ces deux fonctions, qui représentent respective-
politaines supérieures dans les aires urbaines de Bretagne et des ment 40 % et 17 % de la variation totale de l’emploi supérieur
Pays de la Loire paraissent très proches. Les évolutions sont dans les aires urbaines de la région.
comparables, avec, notamment, les progressions importantes
de trois fonctions : les services aux entreprises, l’enseignement Globalement, 2 400 emplois supérieurs supplémentaires ont été
supérieur-recherche, et les télécommunications. créés dans les aires urbaines bas-normandes au cours de la dé-
cennie 90. Cette progression de 17 % est légèrement plus faible
Le Poitou-Charentes et la Basse-Normandie, dont les principa- que celle des aires urbaines de province et assez éloignée des
les villes sont plus petites que celles des deux autres régions, performances des autres régions de l’Ouest. Le rythme de crois-
comptent naturellement moins d’emplois métropolitains supé- sance de l’emploi total sur la décennie a été faible dans les aires
rieurs dans leurs aires urbaines. urbaines de cette région (3,6 % en moyenne, soit deux points de
moins que la moyenne des villes de Province). Cependant la
Cependant, ces deux régions ont connu des évolutions différen- capitale régionale a bien tiréeson épingle du jeu. Caen
ciées sur la période 1990-1999. Le Poitou-Charentes a évolué concentre plus de la moitié des emplois supérieurs urbains de la
sur un rythme et avec un dynamisme comparable aux régions région bas-normande en 1999 et représente 80 % des créations
Bretagne et Pays de la Loire. Le rôle universitaire de Poitiers et la de cette région sur la période 1990-1999, affichant un dyna-
place de l’assurance à Niort se traduisent par une part misme comparable aux villes françaises de taille équivalente.
Le nombre d’emplois métropolitains supérieurs urbains dans chacune des quatre régions
Nombre d’emplois supérieurs
Variation entre 1990 et 1999dans les aires urbaines en 1999
Basse- Basse-Pays de la Poitou- Pays de la Poitou-
Norman- Bretagne Norman- BretagneLoire Charentes Loire Charentes
die die
Services aux entreprises 4 244 13 119 15 098 4 617 640 3 391 3 794 401
Recherche-enseignement-supérieur 3 382 9 492 8 914 3 854 1 346 3 580 3 391 1 546
Fonctions industrielles 1 992 6 071 8 087 2 760 68 1 195 824 112
dont : Industrie-gestion 1 257 3 134 4 150 1 690 113 534 439 130
Industrie-commerce 599 1 965 2 721 889 -81 177 ns ns
Industrie-informatique 136 972 1 216 181 ns 484 348 ns
Commerce 1 866 5 489 6 821 2 506 -258 -411 285 -158
Banque-assurance 1 242 3 722 5 000 3 179 ns ns -136 655
Art 1 119 2 916 3 360 1 618 126 716 891 422
Télécommunications 787 3 623 2 748 964 139 1 191 1 236 280
Transport 963 2 734 2 977 1 111 187 218 513 375
Information 465 1 414 1 046 546 101 350 146 158
Emploi métropolitain supérieur 16 060 48 580 54 051 21 155 2 355 10 260 10 944 3 791
Emploi total 355 031 807 546 899 483 403 268 12 208 69 352 92 181 28 342
Part d'emploi supérieur dans l'emploi total 4,52 6,02 6,01 5,25 ----
ns : non significatif
Source : Insee recensements de la population - exploitation complémentaire
23 % des emplois en 1999, contre 19 %
en 1990. La part des femmes en 1999 Pour en savoir plus
reste proche de la moyenne de province
(24 % en 1999). Elles sont mieux repré-
Onze fonctions pour qualifier les grandes villes / Philippe Julien ; Insee Pro-sentées à Paris puisqu’elles y occupent
vence-Alpes-Côtes d’Azur - dans : Insee Première-n° 840 (2002, mars) ; 4 p. ;31,6 % des emplois métropolitains
supérieurs. Les fonctions métropolitaines supérieures dans les villes de l’Ouest : Bretagne,
Pays de la Loire, Poitou-Charentes / Pascal Oger, Irène Houssais, Pierre Bau-
Pascal OGER dry, Brigitte Gelein…[et-al.] ; Insee Bretagne, Insee Pays de la Loire, Insee Poi-
Irène HOUSSAIS tou-Charentes - Rennes : Insee Bretagne, 2002 - 84 p.
10 Octant n° 92 - Janvier 2003
nEmploi
Méthodologie
La grille définissant les fonctions métropolitaines supérieures a INDUSTRIE : on compte trois types de fonctions métropolitai-
été construite en 1994 de façon empirique, à partir des critères nes supérieures dans le secteur industriel :
suivants : elles sont à la fois aisément identifiables, davantage
présentes dans les villes (et, de fait, d’autant plus que la ville est
les fonctions de gestion, qui regroupent les emplois de cadres
importante), et correspondent au plus haut niveau de qualifica-
administratifs et financiers et ceux chargés du recrutement et
tion, de type cadre, ingénieur ou chef d’entreprise. Leur conte-
de la formation, ainsi que les chefs d’entreprise de plus de 10nu décisionnel est élevé, et elles jouent un rôle important dans
salariés travaillant dans un établissement de productionle développement des principales métropoles de niveau régio-
industrielle,nal et national.
Douze fonctions ont été identifiées en 1994 et les emplois rele- la fonction commerciale, qui regroupe les cadres et ingé-
vant de chaque fonction ont été comptabilisés au recensement nieurs commerciaux et de la publicité dans l’industrie,
de 1990 en croisant les secteurs d’activité (NAP) et les profes-
sions (PCS). La grille de 1994 a été récemment modifiée pour la fonction informatique, qui regroupe les ingénieurs et ca-
s’adapter à la nouvelle nomenclature d’activités française dres spécialistes de l’informatique travaillant dans l’industrie.
(NAF). A cette occasion, le nombre de fonctions a été ramenéà Les emplois de cadres de production ne sont pas compris dans
onze, les fonctions de recherche et de recherche-industrie ayant ces fonctions.
fusionné, la frontière entre les deux fonctions était devenue trop
Au total, les trois fonctions métropolitaines supérieures de l’in-floue.
dustrie totalisent 245 000 emplois.
Un certain nombre d’emplois de haut niveau ne sont pas comp-
COMMERCE : commerçants, chefs d’entreprise de 10 salariéstabilisés dans les fonctions métropolitaines supérieures car ils
ou plus, ingénieurs et cadres d’entreprise du commerce de grosne sont pas spécialement concentrés dans les grandes villes ou
et des intermédiaires du commerce. Le de détailparce que les liens entre la croissance de ces emplois et la crois-
n’est pas comptabilisé dans la fonction. On compte prèsdesance totale de l’emploi n’avaient pas étéétablis entre 1982 et
191 600 emplois supérieurs du commerce en 1999.1990 : ce sont les emplois de cadres supérieurs de la santé,de
l’action sociale, des collectivités territoriales et de certains ser-
BANQUE-ASSURANCE : cadres, professions intellectuelles su-vices publics, de l’intérim, de la production industrielle et du
périeures et chefs d’entreprise de 10 salariésouplusdel’inter-commerce de détail.
médiation financière et de l’assurance, sauf le crédit-bail. On
compte environ 141 000 emplois métropolitains supérieursLa nouvelle grille, appliquée aux aires urbaines de France mé-
banque-assurance en 1999.tropolitaine, a été quantifiée à partir des recensements de 1990
et 1999.
ART : artisans d’art, professions liées à la création artistique
dans le domaine culturel (auteurs littéraires, scénaristes, cadresRemarque : ces informations sont extraites de l’exploitation dite
artistiques et techniques des spectacles, artistes plasticiens, ar-« complémentaire » des recensements (sondage au quart). Elles
tistes de variétés), professionnels de la musique et du chant, dra-sont par conséquent affectées d’une marge d’incertitude due au
matiques et danseurs, professeurs d’art hors scolaire, métierssondage d’autant plus importante que l’effectif considéré est
qualifiés exerçant dans des activitéscinématographiques et defaible.
vidéo. On comptabilise 113 000 emplois dans la fonction en
1999.
Grille simplifiée des onze fonctions TRANSPORTS : chefs d’entreprise de 10 salariés ou plus, ingé-
métropolitaines supérieures : nieurs et cadres des activitésliées aux transports et services
auxiliaires de transport et routage (sauf téléphériques, remon-
tées mécaniques et transports spatiaux). On y retrouve égale-
SERVICES AUX ENTREPRISES : cadres, professions intellectuel- ment les cadres des et de la logistique, les personnels
les supérieures et chefs d’entreprise de 10 salariés ou plus tra- navigants techniques de l’aviation civile, les officiers de la ma-
vaillant dans les services aux entreprises. Sont exclus de cette rine marchande. On compte 99 150 emplois supérieurs du
fonction les professions relevant des fonctions « art » et « infor- transport en 1999.
mation », ainsi que certains services annexes à la production
habituellement classés dans les services opérationnels comme TÉLÉCOMMUNICATIONS : cadres et ingénieurs des activités
l’intérim, le nettoyage et le routage. Avec plus de 550 000 em- de poste et télécommunications. Les activitésd’acheminement
plois en 1999, c’est la principale fonction métropolitaine express de colis et courrier, coursiers urbains, et surtout les acti-
supérieure. vités de transmission du son, d’images, de données ou d’autres
informations par câble relais ou satellite ainsi que les activités
RECHERCHE ET ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR : enseignants et d’entretien de ces réseaux (y compris TDF) sont incluses dans
cadres de l’enseignement supérieur, ingénieurs et cadres de la cette fonction. Elle comprend 76 740 emplois supérieurs en
recherche publique et de la recherche privée, y compris ceux 1999.
des établissements industriels. Les ingénieurs et chercheurs
qui travaillent dans des établissements de services aux entre- INFORMATION : cadres, journalistes et artistes de la presse
prises ne sont pas comptabilisés ici, mais dans la fonction « écrite, de l’édition, de la radio et de la télévision, y compris les
services ». La fonction compte près de 275 000 emplois en sociétés de production, les agences de presse et l’impression de
1999. L’enseignement supérieur représente le tiers de ces journaux. La fonction information représente plus de 58 000
emplois. emplois en 1999.
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