Les ingrédients de l'insertion professionnelle des jeunes

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Un peu plus de 13 000 jeunes alsaciens sont sortis d'une formation technique ou professionnelle en juin 1999. Sept mois après, la moitié des apprentis et le tiers des lycéens avaient trouvé un emploi. Les spécialités industrielles permettent une insertion plus facile et offrent des emplois plus stables.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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EMPLOI - FORMATION
Les ingrédients
de l’insertion professionnelle des jeunes
minales générales, et les collégiens et du travail du bois (8,6 %) est net-Un peu plus de 13 000 jeunes
qui ont suivi un enseignement pro- tement moins nombreux que celuialsaciens sont sortis
fessionnel. Les apprentis sortis des des futurs actifs des services aux
d'une formation technique ou
centres de formation d'apprentis personnes qui comprend l'hôtellerie
professionnelle en juin 1999. sont suivis grâce à l'enquête IPA. (12,6 %).
Sept mois après leur sortie d’uneSept mois après,
La filière vente et formation technique ou profession-la moitié des apprentis et
gestion arrive en tête nelle, les trois quarts des apprentis
le tiers des lycéens avaient
et près des deux tiers des ex-
trouvé un emploi. Parmi les 19 400 jeunes suivis par lycéens avaient trouvé un travail.
ces enquêtes, 13 500 ont quitté le La diversité des secteurs d’accueilLes spécialités industrielles
système scolaire en juin 1999. Un renvoie à la richesse des forma-permettent une insertion
sur dix avait moins de 18 ans et le tions dispensées. Le tiers des sor-
plus facile et offrent tiers d’entre eux venaient d’un éta- tants occupent leur premier emploi
des emplois plus stables. blissement formant des apprentis. dans l’industrie ; un sur cinq dans le
Deux spécialités regroupent à elles commerce, la réparation automobile
n système de formation seules la moitié des sortants. La for- et celle d’articles domestiques.
technique ou professionnel- mation "échanges et gestion" arrive Construction et hôtels-cafés-U le doit proposer aux jeunes en tête avec près du quart d’entre restaurants embauchent chacun un
des spécialités pertinentes, en eux: les jeunes apprentis ont été jeune actif sur dix. Environ 7 % des
bonne adéquation avec le marché surtout formés au commerce et à la jeunes trouvent leur emploi dans
du travail. De ce point de vue, les vente, les lycéens plutôt à la comp- les services aux entreprises ou
enquêtes sur l’insertion des jeunes tabilité ou à la gestion. La méca- l’immobilier. L’éducation, la santé et
dans la vie professionnelle appor- nique, l'électricité et l’électronique l’action sociale, enfin, fournissent
tent des enseignements extrême- constituent la seconde spécialité la un emploi sur vingt.
ment précieux. L'enquête IVA plus représentée, avec environ 22 %
concerne les jeunes sortis de clas- des sortants. L’effectif des jeunes Un emploi stable
ses de lycées, à l'exception des ter- formés au métiers de la construction pour 4 sortants
sur 10
Plus d’emplois aidés dans le tertiaire
Lors de la première embauche,
quatre jeunes sortants sur dix
obtiennent un contrat à durée indé-
terminée (CDI), trois autres bénéfi-
cient d'un contrat à durée détermi-
née (CDD). L'accès à un emploi
stable est plus fréquent chez les
jeunes apprentis : la moitié d'entre
8 Chiffres pour l’Alsace • revue n° 1 • avril 2001Enquêtes IVA et IPA
Les enquêtes sur l’insertion profes-
sionnelle dans la vie active des
lycéens (IVA) et des apprentis EMPLOI - FORMATION
(IPA) sont réalisées chaque année
en mars dans toutes les acadé-
mies, sept mois après la sortie des
Les apprentis trouvent plus facilement un emploi stablejeunes de l’appareil de formation en %
initiale. Dans l’académie de
Type d’emploi occupé Apprentis Lycéens Ensemble des sortantsStrasbourg, l’enquête IVA porte sur
170 établissements : collèges
CDI 52 30 39
publics (classes de SEGPA),
CDD 26 31 29
lycées généraux et technologiques
Contrats aidés 816 12(hors classes de terminales géné-
Intérim 12 21 17rales) et lycées professionnels
Autres emplois 22 2publics et privés (y compris les
classes de BTS). Elle concerne Ensemble des actifs occupés 100 100 100
14 000 jeunes environ.
L’enquête IPA concerne une tren-
taine d’établissements de forma- la construction automobile où il Insertion plus
tion d’apprentis, soit un peu moins représente plus d’une embauche difficile pour
de 6 000 apprentis. sur deux. les jeunes filles
La direction régionale de l’Insee
d’Alsace a participé à l’améliora-
Des salaires Un jeune sur cinq interrogé ention de la codification de l’activité et
de la catégorie socioprofessionnel- plus élevés février 2000, sept mois après l’arrêt
le déclarées par les répondants dans l'industrie des études ou de l’apprentissage,
des deux enquêtes. cherchait un emploi à cette date,
Dès l’entrée dans la vie active, les sans parvenir à ses fins. LesPour en savoir plus
différences de formation et de qua-L’insertion professionnelle jeunes filles semblent éprouver
des jeunes en Alsace lification se traduisent par des davantage de difficultés que les
(Scolaires et apprentis – enquête 1999), écarts de rémunération. Certes, les garçons à entrer sur le marché du
S. Rempp, rectorat de l’académie salaires varient peu autour d’une travail. Le taux de chômage, certes
de Strasbourg, Cahiers de l’OREF n ° 2,
moyenne qui s’établit à 6 000 difficile à évaluer avec précision,octobre 2000.
francs net pour 38 à 40 heures de avoisine 28 % chez les filles au
travail par semaine. Les plus quali- lieu de 17% pour les garçons.
eux sont en CDI pour un tiers des
fiés, qui commencent leur carrière Cette différence résulte pour une
ex-lycéens. Un jeune sortant sur
au sein de la maîtrise, ou plus grande part de facteurs structurels
huit est recruté dans le cadre d’un
généralement qui occupent une identifiables, tels que le domaine
contrat aidé, qu’il s’agisse d'un
fonction intermédiaire, peuvent de spécialité. Les jeunes issus
emploi-jeune, d’un contrat de quali-
espérer un bonus de 650 francs par des formations industrielles, en
fication, d’adaptation, d’un contrat
mois. La situation des employés dehors de celles liées à l’habille-
emploi-solidarité (CES), ou encore,
est, par contre, plus défavorable. ment et au cuir, sont assez peu
d’un contrat d’initiative-emploi.
Les activités industrielles, en parti- exposés au chômage. Il en est de
Enfin, deux lycéens sur dix et un
culier celles qui proposent des même pour les métiers de la
apprenti sur dix commencent leur
emplois en intérim, offrent les construction. À l’opposé, si l’on
vie active par une mission d'intérim.
rémunérations les plus élevées. À excepte les services aux personnes,
Dans l’industrie, le recours à ce
l’opposé, le commerce, l’hôtellerie- les autres spécialités tertiaires
mode d’embauche est particulière-
restauration et, surtout, les services apparaissent exposer ceux qui
ment fréquent dans les secteurs de
collectifs, sociaux et personnels les ont choisies à un risque de
la mécanique et de la production
proposent des rémunérations en chômage plus élevé.
d'équipements électriques et élec-
deçà de la moyenne. Globalement, le risque diminue
troniques. Il prédomine même dans
avec l’élévation du niveau de
diplôme. C'est vrai surtout pour les
Les employés du tertiaire moins bien rémunérés
ex-lycéens. De même, les déten-
teurs d’un CAP ou d’un BEP ayant
obtenu une mention complémentaire
se placent assez facilement.
Michel DAVID
100
soit 6060 francs Chiffres pour l’Alsace • revue n° 1 • avril 2001 9
n

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