Les intermittents du spectacle - Croissance de l'emploi et du chômage indemnisé

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Selon une étude du centre de sociologie des arts, en 1992, les deux tiers des professionnels employés dans le spectacle n'étaient ni permanents, ni saisonniers, ni intérimaires, mais intermittents. En effet, la nature des activités liées aux arts du spectacle et leur caractère temporaire a engendré une relation employeur-salarié unique en son genre : le contrat d'emploi intermittent à durée déterminée. Cette forme d'emploi (qui illustre une sorte d'hyperflexibilité du travail puisque la durée du contrat peut aller d'une journée à plusieurs mois) s'est surtout développée depuis le début des années quatre-vingt. Le volume de travail a globalement progressé de 46 % entre 1980 et 1992 alors que le nombre d'intermittents était multiplié par deux. Quant aux contrats, ils sont de plus en plus nombreux mais de plus en plus courts.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 510 FÉVRIER 1997
PRIX : 15 F
LES INTERMITTENTS DU SPECTACLE
Croissance de l’emploi
et du chômage indemnisé
Pierre-Michel Menger, Centre de sociologie des arts, EHESS CNRS Paris
vidéo, éclairagiste, ensemblier) et les ou elon une étude du centre de socio
vriers (travailleurs du plateau, travailleurs dulogie des arts, en 1992, les deux
décor, travailleurs des laboratoires, ...) seS tiers des professi onnels employés
partagent entre permanents, proportionnel
dans le spectacle n’étaient ni permanents,lement plus répandus dans le spectacle vi
ni saisonniers, ni intérimaires, mais inter-vant, et intermittents, abondamment
mittents. employés dans le cinéma et l’audiovisuel.
Depuis 1980, l’ensemble du secteur desEn effet, la nature des activités liées aux
spectacles évolue vers un recours croissantarts du spectacle et leur caractère tempo-
aux emplois de brève durée et vers l’imbri
raire a engendré une relation employeur-
cation de plus en plus fréquente entre emploi
salarié unique en son genre : le contrat rémunéré et chômage indemnisé. La pro
d’emploi intermittent à durée déterminée. duction des spectacles est fondée sur une
Cette forme d‘emploi (qui illustre une grande flexibilité de l’emploi : l’intermittence
est utilisée pour disposer d’une réserve élar sorte d’hyperflexibilité du tarvail puisque
gie de main d’œuvre disponible à chaquela durée du contrat peut aller d’une jour-
instant, pour contenir la hausse des coûts de
née à plusieurs mois) s’est surtout déve
production des spectacles, pour s’ajuster à
loppée depuis le début des années l’expansion de la sous traitance dans la pro
quatre-vingt. Le volume de travail a globa-duction de programmes audiovisuels, et en
lement progressé de 46 % entre 1980 et fin pour spéculer continuellement sur les
talents nouveaux.1992 alors que le nombre d’intermittents
était multiplié par deux. Quant aux con-
Les coûts de la flexibilitétrats, ils sont de plus en plus nombreux
mais de plus en plus courts.
Le déroulement normal de l’activité d’un in
termittent se présente comme une succes
Dans les années 1980, l’emploi dans les arts sion de périodes de travail et de périodes
du spectacle s’est fortement développé en plus ou moins longues de non emploi. Pour
France, stimulé par la croissance de l’offre que la main d’œuvre reste disponible et as
de programmes audiovisuels, par l’augmen sure à la production artistique sa flexibilité,
tation du nombre et de la variété des spec il faut que le coût de cette disponibilité soit
tacles vivants, et par la forte progression des partagé. Une partie de ce coût est prise en
dépenses culturelles publiques de l’Etat et charge par l’entreprise qui paie des salaires
des collectivités locales. Ce développement dont le taux horaire est plus élevé que dans
pouvait s’effectuer selon deux modalités d’autres secteurs, à qualification donnée :
principales : l’emploi à temps plein, sur con c’est la compensation de la discontinuité de
trat à durée déterminée ou indéterminée, et l’emploi. Une autre partie l’est par le salarié
l’emploi intermittent sur contrat à durée dé lui même sur qui reposent le poids de la re
terminée. La plupart des artistes interprètes cherche permanente d’un travail et, tout par
dans le spectacle vivant, le cinéma et l’au ticulièrement dans les emplois artistiques, le
diovisuel les comédiens, les musiciens, lessoin de la préparation de l’activité : sa situa
danseurs, les artistes lyriques sont inter tion se caractérise par l’irrégularité des pé
mittents (Pour comprendre ces résultats). riodes de travail et des revenus. Enfin, le
Seule la diffusion musicale classique em- système dispose d’un mécanisme spécifi
ploie une proportion importante de salariés que d’assurance contre le sous emploi : le
non intermittents. En revanche, les cadres régime d’assurance chômage des intermit
(réalisateur, régisseur, cadreur, décorateur, tents du spectacle, établi dans sa forme ac
ingénieur du son, ...), les techniciens (assis tuelle en 1969 et régulièrement renégocié
tant de production, accessoiriste, technicien par les partenaires sociaux.
INSEE PREMIEREobservé de la durée moyenne des con professionnels faisant durablementUn usage plus intensif
trats d’emploi trouve ici une de ses ex carrière. Ces disparités sont encorede l’alternance emploi/chômage
plications. accrues lorsque le secteur connaît des
Lorqu’un intermittent a atteint ou dé difficultés conjoncturelles. Les com
passé un seuil d’activité cumulée de pléments de ressources procurés parLe noyau et le halo
507 heures sur les 12 derniers mois, l’assurance chômage n’atténuent que
et qu’il connaît une période d’inactivi Sur quelque 100 000 personnes ayanttrès partiellement les inégalités de
té, il entre, pour un an, dans un épi bénéficié d’au moins un contrat d’in gains entre ces professionnels inter
sode d’indemnisation qu’il peut termittent en 1992, un peu plus de mittents, qui sont très supérieures à
néanmoins suspendre à tout moment 38 000 ont travaillé assez pour s’assu celles que connaissent les personnels
pour reprendre une activité de courte rer l’indemnisation de leur temps non employés sur contrat permanent.
durée, puis, dès la fin de celle ci, re travaillé. L’intermittence n’est pas un
trouver son état de chômeur indemni statut d’emploi, c’est une forme d’em L’intermittence, une forme
sé. Deux compteurs égrènent ainsi ploi sous laquelle sont embauchés des d’emploi en expansion
son temps : celui de l’indemnisation, personnels dont la forte majorité ne
qui se réduit avec le temps chômé, et contribuent que de manière éphémère Entre 1980 et 1992, le volume de tra
celui du travail rémunéré effectué en à l’activité du secteur. Le turn over estvail (mesuré enjours) dans les specta
tre deux moments d’inactivité indemni considérable : chaque année, les en cles a progressé de 46 %, la masse
sée, qui permet d’acccumuler des trants représentent autour de 15 % salariale de 97 % (en francs constants)
heures propres à assurer, si elles sontdes effectifs. Parmi ces entrants, la et les effectifs de 64 % (tableau 1). La
suffisamment nombreuses, un nouvel moitié environ aura quitté ce secteur part qu’occupe le travail intermittent
épisode consécutif d’indemnisation, à d’emploi au cours des deux ans qui dans le volume de travail est passée
la fin du premier. En 1980, cette alter suivent. Un noyau de professionnels de 24 % à 33 . La tendance est simi %
nance entre temps chômé et reprise expérimentés ou cherchant à accumu laire pour la masse salariale. Mais
d’activité réduite au sein d’un épisode ler les expériences de travail qualifian comme les rémunérations horaires
d’indemnisation était une pratique mi tes est ainsi enveloppé d’un halo sont plus élevées dans l’emploi inter
noritaire : dans 36 % des cas seule d’intermittents qui quittent assez rapi mittent que dans l’emploi permanent,
ment, les intermittents bénéficiaires dement le secteur et d’individus princi notamment pour compenser la briève
des Assedic suspendaient leur indem palement actifs dans d’autres types té des engagements et les risques de
nisation pour de brèves périodes de d’emplois (voire d’autres secteurs) et sous emploi et de discontinuité d’acti
travail ; le plus souvent, un intermittentoccasionnellement embauchés comme vité qui en résultent, la part des inter
connaissait une période de chômage intermittents au gré des besoins. Mais mittents dans la masse salariale est
indemnisé de plusieurs mois sans tra ce noyau est lui même loin d’être homo supérieure à son poids en volume de
vailler. La pratique de l’alternance en gène. travail : elle représentait 42 % du total
tre temps chômé indemnisé et reprise L’une des caractéristiques les plus en 1980, elle en représente 53 % en
d’activité réduite est devenue majori spectaculaires et les moins évoquées 1992.
taire en 1985 (60 % des cas), et qua de l’intermittence est de provoquer, auCette évolution est particulièrement
si générale en 1992 (90 % des cas). sein de chaque catégorie de métier, remarquable chez les cadres, les tech
Parallèlement, les séquences de re des disparités très fortes dans les niciens et les ouvriers des spectacles,
prise d’activité réduite au sein d’un quantités de travail obtenues par les où l’intermittence tend à se substituer,
épisode d’indemnisation se multi-
pliaient : 4 en moyenne chez ceux qui Évolution en volume du marché de l’emploi de 1980 à 1992
pratiquaient cette alternance en 1980,
En %
et 16 en 1992. Autant dire que le com
Masse salariale Nombre de
Catégories Nombre de joursportement décrit est devenu la norme (en francs Nombre d’actifs contrats1
de personnels travaillésdans les années 1990. Il caractérise constants) d’emploi
aussi bien la forme de couverture du 2
Permanents + 28 + 59 + 25 + 21
salarié contre le risque de sous activi 3
Intermittents + 106 + 153 + 97 + 144
té que la manière dont les employeurs
Artistes + 42 + 86 + 37 + 113
gèrent une main d’œuvre intermit 4
Personnels techniques + 234 + 241 + 296 + 283
tente. Les employeurs s’inquiètent en Ensemble + 46 + 97 + 64 + 119
effet moins, quand ils embauchent, de
1. Pour le cas, très minoritaire, où les actifs du secteur cumulent plusieurs formes d’emploi dans une même année, ils
faire retourner un salarié au chômage
sont classés dans la catégorie où ils ont trilléava le plusongt l emps lors de l’année considérée.
ou de fragmenter un contrat en plu 2. Sont qualifiés de “permanents” les cadres, les techniciens, les ouvriers et les personnels administratifs salariés du ciné
sieurs périodes de travail entrecou- ma, de l’audiovisuel et des spectacles occupant un emploi à temps plein ou à temps partiel, sur contrat à durée détermi-
née ou indéterminée, auprès d’un seul employeur. pées de chômage, si celui ci est
3. Sont dénommés “intermittents” les actifs salariés travaillant sur contrat à durée déterminée pour une multiplicité d’em-indemnisé, que s’ils ont affaire à un
ployeurs et ayant obtenu au moins un contrat d’emploi dans l’année considérée. Les artistes figurant dans la base de don
actif qui sera sans revenu, pendant le
nées analysée sont tous intermittents.
temps où il ne travaille pas, tant qu’il 4. Cadres, ouvriers, techniciens.
ne sera pas entré dans un épisode Source : données du GRISS (Groupement des Institutions Sociales du Spectacle) exploitées par le Centre de Sociologie
des Artsd’indemnisation. Le raccourcissement
˚surtout depuis dix ans, à l’emploi de A mesure que l’intermittence se déve moyenne de 247 jours sur l’année : ils
permanents : les contrats d’intermit loppe, la concurrence se fait plus sé ne représentaient que 34 % des inter
tents y alimentent 40 % de la masse vère entre des actifs dont le nombre amittents ayant travaillé suffisamment
salariale en 1992, contre 24 % en augmenté plus vite que le volume de pour prétendre à l’indemnisation de
1980. travail, et la durée moyenne des con leurs périodes de non travail. En
trats se raccourcit. Dans ce contexte, 1992, le tableau s’est profondément
les artistes ont pu, en moyenne, main modifié : le nombre de professionnelsConcurrence accrue,
tenir leur niveau annuel d’activité en indemnisés a été multiplié par plus defragmentation de l’activité
obtenant davantage de contrats plus 5, leur durée moyenne d’indemnisa et raccourcissement des contrats
brefs, donc en fragmentant davantage tion est de 294 jours et ils représentent
En 1992, les intermittents sont pres leur activité. Mais chez les intermit plus de 90 % de ceux qui peuvent pré
que deux fois plus nombreux que les tents cadres, techniciens et ouvriers, tendre à l’indemnisation. Ensemble,
permanents, mais travaillent en dont les effectifs ont quadruplé, c’est ces facteurs, et la hausse moyenne de
moyenne quatre fois moins de temps. l’inverse. Le nombre moyen de leurs 28 % du montant (en francs constants)
Le nombre d’actifs ayant connu au contrats dans l’année est demeuré des indemnisations journalières expli
moins une embauche sous statut d’in stable et la durée moyenne de chaquequent la progression des dépenses de
termittent a doublé depuis 1980, alors contrat a diminué. De ce fait, la duréeces régimes spécifiques d’assurance
que celui des actifs travaillant sur em cumulée d’activité est passée de 93 à chômage, qui ont été multipliées par 8
ploi permanent n’a progressé que de 78 jours entre 1980 et 1992 (ta (tableau 3). La croissance du secteur
25 %. A la différence de l’emploi per bleau 2). (mesurée à la progression du volume
manent où un contrat équivaut à un de travail) et la croissance de ces dé
travailleur (aux cas minoritaires de cu penses sont directement corrélées.Une croissance en spirale
mul près), l’emploi intermittent a pour D’où la spectaculaire modification desde l’emploi et du chômage
propriété non seulement de fragmen données d’ensemble caractérisant
indemnisé
ter le calendrier d’activité de chaque l’emploi et le chômage dans ce sec
professionnel, mais aussi de disperser teur. Alors qu’en 1980, le travail deEn 1980, quelque 7 000 intermittents
sur un nombre élevé de profession l’ensemble des intermittents représen étaient indemnisés au titre de l’assu
nels un volume d’emploi donné. tait 3,2 millions de journées rémuné rance chômage pour une durée
rées et les périodes de chômage pour
les intermittents indemnisés 1,7 mil
Le marché de l’emploi selon les catégories de personnels lion de journées, le rapport s’inverse :
en 1992, l’emploi intermittent corres Durée
Nombre Durée
moyenne pond à 6,7 millions de jours de travail
Nombre de contrats moyen de moyenne du
Nombre d’actifs d’activitéCatégories de et le chômage indemnisé à 11,2 mil d’emploi contrats contrat
par actifpersonnels
par actif (jours) lions de jours . Le déséquilibre structu
(jours)
rel du financement de ce régime
1980 1992 1980 1992 1980 1992 1980 1992 1980 1992
particulier d’assurance chômage, an
Permanents 43 966 55 081 51 367 62 222 1,2 1,1 208 219 244 249 nuellement supérieur à 2 milliards de
Intermittents 50 780 99 867 200 619 489 781 3,9 4,9 16.5 13.8 64 67 francs depuis le début des années
- Artistes 39 154 53 804 163 989 349 385 4,2 6,5 13.4 8.8 55 57 1990 et pris en charge par le régime
- Personnels 11 626 46 063 36 630 140 396 3,1 3,0 30.2 26.1 93 78 général, trouve ici sa cause profonde.1
techniques
1. Cadres, ouvriers et techniciens.
Source : données du GRISS (Groupement des Institutions Sociales du Spectacle) exploitées par le Centre de Sociologie Pour comprendre
des Arts
ces résultats
Travail rémunéré et chômage indemnisé chez les intermittents du spectacle
Le contrat d’emploi intermittent
de 1980 à 1992
Selon la définition du code du travail fran
Evolution çais, le contrat d’emploi intermittent à durée
1980 1985 1990 1992 1980
déterminée est autorisé "en raison de la
1992 (%)
nature de l’activité exercée et du caractère
L’emploi des intermittents par nature temporaire" des emplois. L’inter
Nombre de jours de travail rémunérés ( illiem rs) 3 234 4 801 6 332 6 669 + 106 mittent est un salarié présumé ayant la fa
Salaires versés (millions de F. 92) 2 266 3 468 5 498 5 734+ 153 culté de passer contrat successivement, et
Le chômage des intermittents parfois simultanément, avec une multiplici
Nombre d’intermittents indemnisés 7 089 14 268 28 940 38 250 + 440 té d’employeurs : la relation d’emploi cesse
Nombre de jours indemnisés (milliers) 1 751 3 442 7 478 11 264 + 543 aussitôt accomplies la prestation ou la série
Nombre de jours indemnisés par bénéficiaire 247 241 258 295 + 19 de prestations répétées pour un spectacle,
Indemnités de chômage versées (millions de F. 92) 358 691 1 792 2 943 + 722 une émission, un tournage. Les personnels
Source : données du GRISS et de l’UNEDIC exploitées par le Centre de Sociologie des Arts sont embauchés pour des durées qui sont
?¸couramment la journée, mais qui peuvent avantageux que dans le régime général où vail pour se voir ouvrir une période de chô
s’étendre aussi sur plusieurs semaines l’activité est appréciée sur la base d’une mage indemnisé. Cette seconde popula
voire plusieurs mois. Le lien de subordina équivalence d’une journée avec 5,6 heures tion, qui rassemble lesntermittents les plus i
tion du contrat de travail salarié est réputé de travail (507 heures équivalant à 91 jour actifs, constitue un sous ensemble de la
valoir dans tous les cas, mais la multipliciténées de travail). première population. Les sources utilisées
des employeurs renforce l’autonomie du L’ensemble des dispositions d’indemnisa sont complémentaires, mais ne peuvent
travailleur, pourvu que celui ci obtienne suf tion (durée de celle ci, taux plein et dégres pas être reliées entre elles puisque les don
fisamment d’engagements pour échapper sivité, franchise, carence, champ d’activité nées individuelles ont été anonymisées
au risque de la précarité, risque beaucoup couvert) ont été plusieurs fois modifiées dans les deux cas.
plus élevé ici que dans d’autres formes depuis 20 ans. C’est aujourd’hui, mais non Les analyses statistiques sur lesquelles
d’emploi. La situation de chaque actif inter pour la première fois, sur le seuil d’éligibilité s’appuie cette étude ont été réalisées en
mittent doit être appréciée selon le nombre à l’indemnisation (507 heures accumulées collaboration avec M. Gurgand du LA
cumulé d’heures de travail rémunéré qu’il sur 12 mois) que se cristallise principale MIA Paris I (laboratoire de microécono
obtient dans une période donnée et qui estment le conflit entre les partenaires so mie appliquée), J. Rannou et S. Vari du
déterminant pour sa protection sociale et ciaux. Centre de sociologie des arts EHESS
pour son accès à l’indemnisation de ses Les sources et le champ CNRS.
périodes intermédiaires d’inactivité. Deux sources d’informations exhaustives et
Le régime d’indemnisation complémentaires sont utilisées ici.
L’intermittent doit, pour s’inscrire au chô Les données anonymisées sur l’emploi des
mage et être indemnisé de son temps non personnels intermittents sont issues du trai
travaillé, justifier d’au moins 507 heures de tement statistique des déclarations faites Pour en savoir plus
travail salarié dans les 12 mois qui ont par les employeurs à l’organisme qui gère
précédé. Deux régimes d’indemnisation les droits sociaux de ces personnels (et en R. Debeauvais, P. M. Menger, F. Piettre
existent : le principal concerne les artistes particulier leurs droits à la retraite) le et alii, Le spectacle vivant , La Documen
interprètes, et les cadres, techniciens et GRISS. Le champ de cette analyse est donc tation Française, Collection Prospective
Formation Emploi, 1997.ouvriers du spectacle vivant, qui relèvent del’ensemble des personnels ayant bénéficié
l’annexe 10 (ce régime a versé deux tiers d’emplois intermittents, quelles que soient
P. M. Menger, « Etre artiste par intermit
des allocations totales en 1992) ; les ou les autres ressources (travail rémunéré ou
tence », Travail et emploi , n° 60, 1994.
vriers et techniciens de la production ciné toute autre source de revenu) dont ils ont pu
matographique et audiovisuelle relèvent de disposer par ailleurs : y figure une proportion P. M. Menger et M. Gurgand, « Work
l’annexe 8. Ces annexes du régime d’assu élevée d’individus qui ne participent que de and Compensated Unemployment in the
Performing Arts. Exogenous and Endo rance chômage précisent les modalités de manière éphémère à l’activité du secteur.
genous Uncertainty in Artistic Labourconversion des durées travaillées en équi Ces données ont fait l’objet d’une exploita
Markets », in V. Ginsburgh and P. M.
valents jours. A défaut d’une justification detion approfondie par le Centre de Sociologie
Menger (eds.), Economics of the Arts,
l’activité accomplie en nombre d’heures, les des Arts dans le cadre du Contrat d’Etudes
North Holland, 1996.
cachets sont décomptés soit pour 8 heures Prospectives "Spectacle Vivant".
de travail s’il s’agit de cachets continus (507 Les données concernant l’indemnisation du J. Rannou, S. Vari, Les itinéraires d’em
heures correspondant à 64 cachets), soit chômage proviennent de l’analyse des infor ploi des ouvriers, techniciens et cadres
intermittents de l’audiovisuel, Paris, Mi-pour 12 heures de travail s’il s’agit de ca mations collectées, et anonymisées, par
nistère de la Culture, 1996.chets isolés (43 cachets représentant 507 l’UNEDIC et concernant tous ceux qui ont
heures). Ce taux de conversion est plus accumulé suffisamment de contrats de tra
Direction Générale :
18, Bd Adolphe Pinard
A RETOURNER A : INSEE CNGP, B.P. 2718, 80027 AMIENS CEDEX 01
75675 Paris cedex 14
Directeur de la publication :OUI, je souhaite m’abonner à INSEE PREMIÈRE Tarif 1997
Paul Champsaur 1 an, 60 numéros = 530 F. (France) 663 F. (Europe) 827 F. (Reste du monde)
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© INSEE 1997
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