Les mouvements de main d'uvre en Haute-Normandie en 2000 : L'emploi dans l'industrie redémarre

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En 2000, les mouvements de main-d'oeuvre restent à un niveau élevé. La croissance observée est toujours plus riche en emplois durables ; elle profite notamment aux hommes. La part des contrats à durée déterminée (CDD) a diminué, elle atteint son niveau le plus bas depuis la récession de 1993. La croissance des contrats à durée indéterminée (CDI) est encore soutenue et le marché du travail semble désormais nettement plus favorable aux salariés. Ainsi, le nombre de démissions est trois fois supérieur à celui des licenciements. Cette amélioration exceptionnelle se traduit par une reprise de l'emploi dans tous les secteurs, y compris l'industrie depuis cette année.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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LES MOUVEMENTS DE MAIN-D’ŒUVRE EN HAUTE-NORMANDIE EN 2000
L’emploi dans l’industrie redémarre
Damien BARTHÉLÉMY - Direction régionale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (DRTEFP)
Christian CAMESELLA
les mêmes périodes de 1999 et 1998). alors qu’il a participé activement à la crois-En 2000, les mouvements de
Compte tenu de l’évolution saison sance de l’emploi en 1999.-main-d’œuvre restent à un
nière du quatrième trimestre (plus de
niveau élevé. La croissance sorties et moins d’entrées), l’évolution de
l’emploi a été de +0,5% en 1999, contre LA PROGRESSION DES EMPLOISobservée est toujours plus riche
+0,4% en 1998. La croissance de DURABLES SE CONFIRME…
en emplois durables ; elle l’emploi, mesurée par différence entre
profite notamment aux hommes. les entrées et les sorties, est plus faible Les embauches en CDI ont progres-
que pour l’ensemble de l’emploi salarié. sé de 18% en un an, 23 100 contreLa part des contrats à durée
Cet écart est dû à la structure du champ 19 600 un an plus tôt. Cela confirme et
déterminée (CDD) a diminué, où le poids de l’industrie est de 43% amplifie la forte hausse de 1999 par rap-
contre 25% dans l’emploi salarié total ; le port à 1998 : +40%. Ainsi, près de 25%elle atteint son niveau le plus
tertiaire pèse 49% du champ étudié des embauches se font en CDI contre
bas depuis la récession de 1993.
contre 68% du total de l’emploi salarié. 23% en 1999 et 19% en 1998.
La croissance des contrats à Or en 1999, l’emploi dans l’industrie Les embauches en CDD régressent,
haut-normande a reculé (-0,8%) tandis mais à un rythme lent (-1%). Elles sontdurée indéterminée (CDI) est
que l’augmentation était de 4,8% dans toujours nettement majoritaires (72%
encore soutenue et le marché les services. Enfin, l’intérim est exclu du des embauches) mais cette proportion
du travail semble désormais champ des mouvements de main-d’œuvre était de 77% en 1998, son plus haut
nettement plus favorable aux
MOUVEMENTS DE MAIN-D’OEUVRE DANS LES ÉTABLISSEMENTS DE 10 SALARIÉS ET PLUS
salariés. Ainsi, le nombre de EN HAUTE-NORMANDIE
Ensembledémissions est trois fois hors
Industrie Construction Commerce Services agriculture
supérieur à celui des
Entrées 1999 28 619 6 746 20 377 61 311 117 053
dont contrats à durée déterminée 21 249 4 081 15 921 45 773 87 024licenciements. Cette dont contrats à durée indéterminée 6 362 2 152 3 840 14 128 26 482
Entrées de janvier à septembre 1999 21 889 5 462 14 869 48 429 90 649amélioration exceptionnelle se 16 338 3 367 11 701 35 916 67 322 4 709 1 678 2 656 10 547 19 590traduit par une reprise de
Entrées de janvier à septembre 2000 22 486 5 595 15 333 49 523 92 937
dont contrats à durée déterminée 15 213 3 170 11 866 36 418 66 667l’emploi dans tous les secteurs,
dont contrats à durée indéterminée 5 886 2 211 3 133 11 825 23 055
y compris l’industrie depuis
Sorties 1999 30 590 6 377 20 115 59 085 116 167
dont fin de contrats à durée déterminée 17 212 2 389 12 838 38 039 70 478cette année.
dont licenciements économiques 2 342 191 269 639 3 441
Sorties de janvier à septembre 1999 21 482 4 701 14 928 45 049 86 160
12 427 1 733 9 796 29 977 53 933 1 522 165 204 501 2 392
u cours des trois premiers trimes- Sorties de janvier à septembre 2000 20 118 4 323 14 779 45 020 84 240
dont fin de contrats à durée déterminée 10 705 1 692 8 893 29 360 50 650Atres de 2000, 93 400 embauches
dont licenciements économiques 1 200 26 224 383 1 833
et 84 600 départs ont eu lieu dans les
Sources : INSEE - DRTEFP/EMMO-DMMO Unité : nombre
établissements de 10 salariés et plus. Le Champ : établissements du secteur privé de 10 salariés et plus
nombre d’embauches est en hausse de
2,6% et celui des sorties diminue de
LES MOUVEMENTS DE MAIN-D’OEUVRE2,1% par rapport à la même période de
1999. Sur les neuf premiers mois de Les données sur les mouvements de main-d’œuvre dans les établissements de 10 salariés ou plus
2000, les flux de main-d’œuvre ont été sont issues de deux sources : la déclaration mensuelle de mouvements de main-d’œuvre établie
chaque mois par les établissements de 50 salariés ou plus et l’enquête trimestrielle sur les mouve-presque aussi importants que sur l’en-
ments de main-d’œuvre interrogeant les établissements de 10 à 49 salariés par sondage. Les admi-semble de l’année 1998 ou 1997. Sur le
nistrations, les collectivités territoriales, les principaux établissements publics et les établissements
champ (voir encadré ci-contre) la créa- de travail temporaire sont exclus de ces résultats. Il convient d’interpréter avec précaution les résul-
tion nette d’emplois a été de 8 800 soit tats obtenus dans les secteurs des services aux entreprises, des services aux particuliers, de l’édu-
cation, de la santé et de l’action sociale, de l’administration et de l’agriculture. Ces secteurs comptantune évolution de 2,7% de janvier à sep-
pour 46% de l’emploi salarié, ne représentent que 22% du champ étudié.
tembre 2000 (contre +1,3% et +1% sur
10 CAHIER D’AVAL n° 59 - Juillet 2001
EMPLOI
CHÔMAGE…ET PROFITE SURTOUT AUX HOMMESLES EMBAUCHES EN HAUTE-NORMANDIE SELON L’ÂGE ET LE SEXE
De janvier à septembre
En 2000, comme en 1999, les entre-1999 1999 2000
prises concluent 41% de leurs embauHommes 63 483 49 156 49 814 -
dont moins de 25 ans 25 700 19 821 19 618 ches avec des jeunes de moins de 25
Femmes 54 763 41 661 43 215 ans, soit 20% de femmes et 21% 23 581 18 161 18 552
d’hommes. Les jeunes profitent un peu
Sexe non renseigné 216 201 334
dont moins de 25 ans 68 56 94 moins que leurs aînés de la hausse des
embauches, surtout pour les jeunesSources : INSEE - DRTEFP/EMMO-DMMO Unité : nombre
Champ : établissements du secteur privé de 10 salariés et plus hommes. Parmi les jeunes femmes re-
crutées en 2000, 11,2% ont bénéficié
LES MOUVEMENTS DE MAIN-D’OEUVRE EN HAUTE-NORMANDIE SELON LA CATÉGORIE PROFESSIONNELLE d’un CDI comme en 1998 et 1999. Les
De janvier à septembre jeunes hommes ont vu ce ratio progres-
1999 1999 2000 ser de 16,5 à 17,7% en un an. Les jeunes
Entrées Sorties Entrées Sorties Entrées Sorties sont toujours peu nombreux à être recru-
Chefs d’entreprises et cadres 4 866 5 673 3 739 4 153 3 940 4 226 tés en CDI.
Professions intermédiaires 13 554 13 663 10 458 10 223 11 642 11 706 Quels que soient l’âge et le type
Employés 42 517 40 548 32 020 30 567 32 251 29 524 d’embauche, le nombre d’hommes est
Ouvriers qualifiés 23 509 23 653 18 035 16 625 19 157 16 007 en hausse de 1,3% sur un an, tandis que
Ouvriers non qualifiés 33 591 32 195 26 431 24 352 24 555 21 366 celui des femmes progresse de 3,7%. La
PCS non renseigné 426 825 335 531 1 818 1 768 conséquence de cette évolution est une
augmentation d’un demi-point environ de
Total 118 463 116 557 91 018 86 451 93 363 84 597
la part des femmes dans les embauches :
Sources : INSEE - DRTEFP/EMMO-DMMO Unité : nombre
46,3% en 2000 contre 45,8% en 1999.Champ : établissements du secteur privé de 10 salariés et plus
Ces répartitions entre hommes et
femmes se retrouvent quasiment à l’iden-niveau connu. Depuis 1993, le taux d’em les possibilités de trouver un autre travail-
tique depuis 1996. Parmi les sorties, lesbauches en CDD n’a jamais été aussi sont plus nombreuses.
femmes sont proportionnellement plusbas. Le nombre de départs en retraite di-
nombreuses en 1999 : 47,3% contreCorrélativement aux évolutions des minue nettement entre 1999 et 2000
45,5% l’an dernier.embauches en contrat à durée déter (-25%). Pour 1 000 salariés présents en-
La principale différence reste le typeminée, les sorties à la fin de ce type de début d’année, un peu plus de 11 partent
de contrat à l’embauche. En 2000, 31%contrat sont en baisse, en volume, de 6% en retraite dans l’année. Parmi ceux-ci,
des hommes ont été recrutés en CDIentre 1999 et 2000. Leur part dans le les 60 ans et plus sont plus nombreux en
tandis que pour les femmes la proportiontotal des sorties diminue de 62,5% à 2000, 46% des départs à la retraite,
a été de 17,5%. L’écart constaté est plus60% sur la même période. qu’en 1998 où 37% des nouveaux retrai-
important qu’en 1999 où 26% desLes licenciements économiques res tés avaient au moins 60 ans.-
hommes et 16,5% des femmes ont béné-tent très minoritaires dans les sorties de Enfin, pour être complet sur les
ficié d’un CDI à l’embauche.main-d’œuvre (2,2%). En 2000, leur causes d’embauches et de sorties, les
nombre est en diminution de 23% pour transferts d’un établissement à un autre
atteindre 1 840 fin septembre. Seule, l’in d’une même entreprise ou d’un même-
L’EMPLOI A FORTEMENT PROGRESSÉdustrie connaît ce type de licenciement groupe sont moins nombreux en 2000.
DANS L’INDUSTRIE(6% des sorties). Dans les autres sec La part des transferts dans les embau- -
AGRO-ALIMENTAIREteurs, leur nombre continue de décroître ; ches est passée de 3,5% en 1999 à 3%
ils représentent 1% des causes de en 2000. Parmi les sorties, les transferts
L’amélioration de l’emploi industriel,sorties. représentent 5,4% du total en 2000
qui semble s’amplifier sur les trois pre-Les licenciements pour autres motifs contre 6,1% en 1999. Ce type de flux de
miers trimestres de 2000, profite plussont, eux aussi, en baisse. Leur part main-d’œuvre est particulièrement im-
particulièrement à certains métiers. Con-dans le total des sorties atteint 4,3% portant dans les secteurs de la banque et
cernant les ouvriers (qualifiés ou non)contre 4,8% en 1999. Les licenciements des assurances (31% des flux). C’est
des industries de process, la haussepar rupture du contrat de travail par l’em également le cas pour les cadres où les-
n’est plus portée exclusivement par leployeur sont la cause de 6,5% des sor transferts comptent pour 15% des em- -
secteur de la pharmacie ; en effet,ties. A l’opposé, les démissions, ruptures bauches et 22% des sorties. Pour ces
l’emploi a fortement progressé dans l’in-du contrat de travail par le salarié repré derniers, le nombre de sorties est tou- -
dustrie agro-alimentaire en 2000.sentent 19% des sorties de janvier à sep jours supérieur aux entrées. Cela ne-
Les conducteurs de véhicules, et entembre 2000. Cette proportion est en permet pas de conclure à une diminution
particulier les chauffeurs routiers et leshausse assez nette : 15% en 1999, soit du personnel d’encadrement. Selon
conducteurs livreurs, voient leurs effec-17 500 démissions. Ces évolutions mon l’APEC, près du quart des postes de-
tifs augmenter. Il s’agit de la continuationtrent que le marché du travail est de plus cadres sont pourvus par promotion in-
d’un mouvement qui existe depuis plu-en plus favorable aux salariés. Le risque terne. Or, celles-ci n’apparaissent pas
sieurs années. La bonne santé de l’activi-de licenciement reste faible, tandis que dans les mouvements de main-d’œuvre.
CAHIER D’AVAL n° 59 - Juillet 2001 11té économique entraîne une hausse desLES QUINZE FAMILLES PROFESSIONNELLES QUI GAGNENT LE PLUS D’EMPLOIS
emplois de services induits (gardien1999 De janvier à septembre 2000 -
Entrées Sorties Solde Entrées Sorties Solde nage, nettoyage, manutention).
Ouvriers non qualifiés des industries de process 7 642 7 193 349 6 438 5 351 1 087 La progression la plus importante
Agents de gardiennage et de sécurité 4 695 4 660 35 3 507 2 673 834
concerne les métiers du bâtiment et des
Conducteurs de véhicules 5 232 4 544 688 3 826 3 045 781
travaux publics. En 1999, et pour la pre-Agents d’entretien, nettoyeurs 16 689 16 451 238 11 435 10 736 699
mière fois depuis longtemps, le solde desOuvriers qualifiés des industries de process 4 275 4 161 114 3 598 2 951 647
Ouvriers non qualifiés de la manutention 6 625 6 314 311 4 119 3 496 623 entrées par rapport aux sorties avait été
Employés administratifs d’entreprises 5 758 5 474 284 4 482 4 029 453 positif. Les résultats de 2000 confirment
Ouvriers qualifiés du gros oeuvre du bâtiment 1 285 1 312 -27 962 598 364 et amplifient la reprise de ce secteur.
Ouvriers qualifiés de la manutention 2 914 2 898 16 2 618 2 306 312
Que ce soit le gros œuvre ou le second
Ouvriers non qualifiés du gros oeuvre du BTP
et de l’extraction 922 782 140 994 688 306 œuvre, qu’il s’agisse d’ouvriers qualifiés
Ouvriers non qualifiés de la mécanique 1 355 1 467 -112 1 245 959 286 ou non, la demande de main-d’œuvre est
Ouvriers qualifiés du bâtiment, second oeuvre 1 742 1 669 73 1 360 1 094 266
forte et se traduit par une hausse impor-
Caissiers, employés de libre service 9 491 9 327 164 6 522 6 270 252
tante des embauches en CDI.Ouvriers qualifiés de la maintenance 1 294 1 421 -127 1 134 944 190
Rares sont les métiers qui évoluentOuvriers non qualifiés du bâtiment, second oeuvre 657 521 136 517 336 181
négativement. En ce qui concerne les ou-Sources : INSEE - DRTEFP/EMMO-DMMO Unité : nombre
Champ : établissements du secteur privé de 10 salariés et plus vriers du textile et du cuir il s’agit de la
poursuite d’un mouvement de repli de ce
LES TROIS FAMILLES PROFESSIONNELLES QUI PERDENT LE PLUS D’EMPLOIS secteur qui dure depuis quelques décen-
1999 De janvier à septembre 2000 nies
Entrées Sorties Solde Entrées Sorties Solde
Ouvriers qualifiés du textile et du cuir 339 423 -84 155 279 -124
Représentants 1 411 1 342 69 1 021 1 138 -117
Techniciens, agents de maîtrise des industries
mécaniques 610 760 -150 445 539 -94
Sources : INSEE - DRTEFP/EMMO-DMMO Unité : nombre
Champ : établissements du secteur privé de 10 salariés et plus
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