Les mouvements de main d'uvre en Haute-Normandie en 2004 : Un marché du travail qui reste actif

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Dans un marché de l'emploi qui peut sembler atone, l'évolution des effectifs étant faible, l'analyse des mouvements de main-d'œuvre nous montre que le monde du travail est en perpétuel renouvellement. Des secteurs perdent des emplois, d'autres en créent ; des métiers se développent tandis que d'autres sont en repli. Les femmes et les jeunes sont plus présents dans les embauches mais l'accès à un emploi stable leur reste plus difficile.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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LES MOUVEMENTS DE MAIN-D’ŒUVRE EN HAUTE-NORMANDIE EN 2004
Un marché du travail qui reste actif
Damien BARTHÉLÉMY
pour 100 salariés. Les mouvements sur cenciements sont plus nombreux queDans un marché de l’emploi qui
le marché du travail sont, en proportion, dans les autres secteurs.
peut sembler atone, l’évolution aussi nombreux en Haute-Normandie
qu’au niveau national. Suivant les sec-des effectifs étant faible,
teurs, le taux de rotation des effectifs est LES DÉPARTS À LA RETRAITEl’analyse des mouvements de
sensiblement différent. Dans les services PLUS FRÉQUENTS
main-d’œuvre nous montre que aux particuliers, il y a eu 90 embauches
le monde du travail est en pour 100 salariés dont le quart en CDI ; La majorité des mouvements
en contrepartie, les départs ont été de 88 concerne des recrutements en CDD,perpétuel renouvellement. Des
pour 100 dont un sur cinq suite à une dé- 69% des embauches, et des départs à la
secteurs perdent des emplois,
mission. Les services aux entreprises, fin de ces contrats, 58% des sorties. Le
d’autres en créent ; des métiers avec un taux d’entrées de 54% et un taux solde entre les embauches en CDD et
de sorties de 52%, connaissent égale- les départs à la fin de ceux-ci est dese développent tandis que
ment une rotation importante de leur per- 12 000 environ. Pour 100 embauches à
d’autres sont en repli. Les
sonnel. Dans le secteur regroupant durée déterminée, 83 départs sont
femmes et les jeunes sont plus l’éducation, la santé et l’action sociale, comptabilisés pour fin de contrat. Dans
les embauches ont aussi été nombreu- les années de bonne conjoncture, le rap-présents dans les embauches
ses avec 55 entrées pour 100 salariés, port était de 75 départs pour 100 embau-
mais l’accès à un emploi stable
mais seulement 12,5% en CDI. Le taux ches, soit un taux de maintien apparent
leur reste plus difficile. de sorties (51%) montre une progression dans l’emploi plus élevé. Les embauches
des effectifs puisqu’il est inférieur au taux en CDI ne totalisent que 22% des en-
d’entrées. Dans l’industrie (hors IAA), le trées soit un recul par rapport à 2001 ou
u cours de l’année 2004, le bilan nombre des mouvements est beaucoup 2002 où ils représentaient 27% des em-
Ades mouvements de main-d’œuvre plus faible, environ 13 entrées et 15 sor- bauches. En 2004, les transferts (1) attei-
dans les établissements de 10 salariés ou ties pour 100 salariés présents en début gnent 6% des entrées et des sorties.
plus (voir encadré page 12) est équilibré. d’année. Cela s’explique par le recours à
(1) Les mouvements de main d’œuvre sont comptabilisés auLe nombre des embauches, 108 260, est l’intérim plus fréquent dans l’industrie
niveau de l’établissement. Quand un salarié quitte un établis-
sement pour un autre du même groupe ou de la même entre-quasiment le même que celui des départs, pour les contrats courts. Parmi les motifs
prise, ce mouvement est compté comme un transfert. Ce type
108 000. Les pertes d’emploi de l’industrie de sorties, le départ à la retraite et les li- de mouvement est plus fréquent chez les cadres et dans le
secteur « banque-assurance ».ont été compensées par les créations dans
le tertiaire et la construction.
LES EMBAUCHES EN HAUTE-NORMANDIE SELON L’ÂGE ET LE SEXE EN 2004
Entrée
indéterminée
Nombre CDI (%) CDD (%) Transfert (%) (%)
DES DIFFÉRENCES MARQUÉES
Hommes 52 286 30 ,3 60,2 6,6 2,9
SUIVANT LES SECTEURS dont moins de 25 ans 20 222 20,6 75,7 1,9 1,8
Femmes 55 172 14,4 77,6 5,3 2,7
dont moins de 25 ans 23 582 9,4 83,5 4,5 2,6Au 1er janvier 2004, les effectifs des
Sexe non renseigné 800 9,9 60,1 0,0 30,0établissements enquêtés sur leurs mou-
dont moins de 25 ans 95 n.s n.s n.s n.s
vements de main-d’œuvre s’élèvent à Ensemble 108 259 22,0 69,1 5,9 3,0
dont moins de 25 ans 43 899 14,6 79,9 3,3 2,2plus de 343 100 salariés soit 53% de
Sources : INSEE - DRTEFP/EMMO-DMMO Unités : nombre, %l’emploi salarié total de la région. Dans
Champ : établissements de 10 salariés et plus.
ces établissements, au cours de l’année
LES SORTIES EN HAUTE-NORMANDIE SELON L’ÂGE ET LE SEXE EN 20042004, il y a eu 31,6 embauches pour 100
Fin de Démission Licencie- Retraite Transfert Autre cassalariés présents en début d’année et
Nombre CDD (%) (%) ment (%) (%) (%) (%)
également 31,5 sorties dans l’année
Hommes 53 410 45,9 18,1 10,4 9,3 7,6 8,8
dont moins de 25 ans 17 061 71,4 13,9 4,6 /// 2,0 8,2
Femmes 53 241 70,4 10,9 5,7 2,8 3,9 6,4
dont moins de 25 ans 20 916 83,5 8,4 1,6 /// 0,7 5,9Avertissement
Sexe non renseigné 1 388 30,5 7,6 5,6 1,3 1,2 53,7Les données de 2003 étant jugées insuffi-
dont moins de 25 ans 87 n.s n.s n.s /// n.s n.s
samment fiables, cet article n’était pas
Ensemble 108 038 57,8 14,4 8,0 6,0 5,7 8,2dans le bilan précédent. Il n’y a donc pas
dont moins de 25 ans 38 064 78,0 10,9 2,9 /// 1,3 7,0
de comparaison possible entre 2003 et
Sources : INSEE - DRTEFP/EMMO-DMMO Unités : nombre, %
2004. Champ : établissements de 10 salariés et plus.
10 CAHIER D’AVAL n° 69 - Juin 2005
EMPLOI
CHÔMAGEParmi les motifs de sor- LES MOUVEMENTS DE MAIN-D’OEUVRE EN HAUTE-NORMANDIE SELON LA CATÉGORIE SOCIOPROFESSIONNELLE EN 2004
ties, les démissions Entrées Sorties
Dont fin Dont Dont Dontconcernent un départ sur
Nombre Dont CDD Dont CDI Nombre de CDD démission licenciement retraite
sept. C’est moins
Chefs d’entreprises et cadres 5 310 37,4 43,1 5 613 32,2 17,5 13,1 10,9
qu’entre 2000 et 2002 où
Professions intermédiaires 14 055 51,7 31,1 14 448 39,9 17,7 8,5 9,7
ils regroupaient un cin- Employés 41 723 75,5 16,3 39 967 67,4 12,1 5,7 2,2
quième des départs. Les Ouvriers qualifiés 19 821 56,5 35,4 20 438 41,0 21,9 12,9 12,8 non qualifiés 24 303 84,8 11,6 24 297 72,2 10,1 6,8 3,3licenciements sont la
Non renseigné 3 047 72,3 17,7 3 275 60,2 8,7 3,4 4,4cause de 8% des sorties
Total 108 259 69,1 22,0 108 038 57,8 14,4 8,0 6,0dont 2% sont des licen-
Sources : INSEE - DRTEFP/EMMO-DMMO Unités : nombre, %ciements économiques
Champ : établissements de 10 salariés et plus.
(2). Les départs à la re-
traite en 2004 totalisent
part des jeunes reste supérieure à 40%6% des sorties, soit trois fois plus qu’en les départs à la retraite resteront
mais avec une prépondérance pour les2002. Parmi eux, seulement 36% ont 60 élevés, concernant des générations
ans ou plus contre 67% en 2002. Cette particulièrement nombreuses nées en contrats à durée déterminée, dans huit
recrudescence des départs à la retraite cas sur dix. A peine 15% ont bénéficié1946 et après.
d’une embauche directe en emploi du-est certainement liée avec la possibilité
rable contre 19% en 2002. Par sexe, laqu’ont eu les salariés de plus de 58 ans,
différence est notable entre les jeunestravaillant parfois depuis l’âge de 14 MOINS DE CDI
ans, et ayant atteint leur durée de coti- femmes qui ne sont que 9,4% à être re-POUR LES FEMMES
sation de pouvoir faire valoir leurs droits crutées en CDI et les jeunes hommes où
cette proportion atteint 20,6%.à la retraite. Dans les années à venir, En 2004, les entreprises concluent
Quel que soit l’âge, la part des40,5% de leurs embauches avec des
femmes embauchées en CDI est deuxjeunes de moins de 25 ans, soit 21,8% de
(2) Sur ces derniers, la source est certainement imparfaite. femmes et 18,7% de jeunes fois moins importante que celle desQuand un établissement ferme définitivement, les dernières
déclarations ne sont pas toujours transmises à l’Inspection du hommes. En 2004, 30% des hommes ethommes. Depuis plusieurs années, latravail.
LES QUINZE FAMILLES PROFESSIONNELLES QUI GAGNENT LE PLUS D’EMPLOIS EN 2004
Entrées Sorties Solde
Dont
Dont CDI démission Dont fin de
Nombre (%) Nombre (%) CDD (%) Nombre
Aides à domicile, aides ménagères, travailleuses familiales 2 340 26,5 1 506 18,5 65,2 836
Ouvriers non qualifiés du gros oeuvre du bâtiment 1 146 16,6 811 22,7 55,7 335
Manutentionnaires non qualifiés 1 171 8,4 883 10,3 71,8 288
Technico-commerciaux et représentants en biens de consommation 522 33,4 248 25,5 8,1 274
Techniciens de production et de contrôle-qualité des industries de transformation 466 44,2 274 9,2 71,8 192
Conducteurs de véhicule routier de transport en commun 505 66,7 319 39,3 19,3 186
Electromécaniciens et électriciens qualifiés d’entretien des équipements industriels 333 21,2 155 18,3 30,0 178
Employés qualifiés des services commerciaux des entreprises (hors vente) 711 14,4 534 16,6 51,5 177
Mécaniciens qualifiés de maintenance et entretien des équipements industriels 649 31,0 488 26,4 36,1 161
Agents de services hospitaliers 3 272 2,7 3 143 1,7 95,3 129
Moniteurs, éducateurs sportifs, sportifs professionnels 443 23,7 322 13,0 69,6 121
Métreurs et techniciens divers du bâtiment et des travaux publics 307 42,5 187 39,4 16,5 120
Ouvriers non qualifiés des travaux publics et du travail du béton 465 19,7 348 16,0 57,8 117
Ouvriers qualifiés du travail du béton 303 79,0 190 35,7 7,5 113 de production non qualifiés en industrie agroalimentaire 1 124 2,7 1 012 9,0 55 112
Sources : INSEE - DRTEFP/EMMO-DMMO Unités : nombre, %
Champ : établissements de 10 salariés et plus.
LES CINQ FAMILLES PROFESSIONNELLES QUI PERDENT LE PLUS D’EMPLOIS EN 2004
Entrées Sorties Solde
Dont
Dont démission Dont fin de
Nombre CDI (%) Nombre (%) CDD (%) Nombre
Agents civils de sécurité et de surveillance 3 169 41,9 3 507 11,8 47,2 -338
Ouvriers non qualifiés divers de type industriel 1 964 8,6 2 278 3,7 76,9 -314 du tri, de l’emballage, de l’expédition, non qualifiiés 1 459 19,3 1 709 8,4 75,0 -250
Ouvriers non qualifiés de montage, contrôle en mécanique et travail des métaux 701 9,9 949 13,6 43,8 -248
Opérateurs et ouvriers qualifiés de la chimie (y.c. pharmacie) et de la plasturgie 831 22,6 1 028 6,4 60,2 -197
Sources : INSEE - DRTEFP/EMMO-DMMO Unités : nombre, %
Champ : établissements de10 salariés et plus.
CAHIER D’AVAL n° 69 - Juin 2005 11Dans l’ensemble, et ce depuis 2001, Les aides à domicile font partie de cesLES MOUVEMENTS
les femmes sont majoritaires dans les em- métiers en plein essor (avec le meilleurDE MAIN-D’OEUVRE
bauches. Elles représentent 51% des en- solde entre leurs entrées et leurs sorties).
Les données sur les mouvements de main
trants. Chez les plus de 50 ans, elles Le développement du maintien à domiciled’œuvre dans les établissements de 10 sa-
lariés ou plus sont issues de deux sour- restent assez nettement en minorité. Par pour les personnes dépendantes a conduit
ces : la déclaration mensuelle de catégorie sociale, elles sont en grand le secteur de l’action sociale à recruter ou
mouvements de main d’œuvre (DMMO)
nombre sur les postes de niveau employé à valider les acquis professionnels de ses
établie chaque mois par les établissements
mais aussi chez les ouvriers non qualifiés personnels. La part des embauches ende 50 salariés ou plus et l’enquête trimes-
où elles représentent plus de la moitié des CDI est importante dans un métier quitrielle sur les mouvements de main
d’œuvre (EMMO) interrogeant les établis- embauches. Par contre, parmi les ouvriers jusqu’ici était fortement précaire.
sements de 10 à 49 salariés par sondage. qualifiés, elles ne sont que 15% des per- Les métiers de la construction
Sont exclus du champ de l’enquête les ad-
sonnes recrutées. Chez les cadres, elles connaissent souvent une évolution posi-
ministrations de l’Etat, les hôpitaux pu-
représentent 30% des entrées et contraire- tive, quel que soit le niveau de qualifica-blics, les collectivités territoriales, les
établissements publics administratifs et la ment aux hommes, elles sont embau- tion. Ce secteur continue d’accroître ses
Poste. Les établissements de travail tem- chées majoritairement en CDD. effectifs mais à rythme un peu plus faible.
poraire et les activités extra-territoriales
La maintenance industrielle reste une
sont également exclus de ces résultats.
activité où les besoins de main-d’œuvreAu total, en Haute-Normandie, 2653 éta-
L’AIDE À DOMICILE, UN MÉTIER sont soutenus bien qu’ils ne portent pasblissements employant 344 000 salariés
ont été enquêtés au cours de l’année 2004. sur de gros volumes.QUI SE PROFESSIONNALISE
A l’opposé, les ouvriers de l’industrie
Si l’ensemble des mouvements sont de moins en moins nombreux, sur-
donne une quasi-stabilité des effectifs, tout les non qualifiés. Les agents de sé-14% des femmes ont été embauchées
certains métiers connaissent de fortes curité et de surveillance sont eux aussidans le cadre de contrat à durée indéter-
progressions. Ce sont souvent des mé- en recul, pourtant, il y a peu, c’était unminée. Depuis 2001, l’écart se creuse et
tiers de services, mais aussi de la cons- métier en fort développement avec decette proportion est en recul de 4 points
truction ou encore de la maintenance nombreux recrutements. Il s’agitpour les hommes et 6 points pour les
industrielle. peut-être d’un repli temporairefemmes.
Les Tableaux Economiques de Haute-Normandie
C’est l’indispensable document de base, pour tous ceux qui s’intéressent
à la vie économique et sociale de la région
5 grands domainesTEHN
Lestableauxéconomiques
de Haute-Normandie Espace - Population
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Emploi - Revenusoffrent une image globale
Economie - Financesde la région et de ses
Système productifdépartements.
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