Les mouvements de main-d'uvre en Haute-Normandie en 2006 : Des mouvements toujours plus nombreux

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Dans un contexte de légère reprise de l'emploi, l'analyse des flux de main-d'oeuvre montre une hausse tant des embauches que des sorties. Cette progression concerne les contrats à durée déterminée et les emplois de services. Cause ou conséquence de la montée des emplois plus précaires, les jeunes et les femmes sont de plus en plus présents sur le marché de l'emploi. Les embauches sur des postes de cadres ou de professions intermédiaires sont en progression après une année 2005 difficile.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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LES MOUVEMENTS DE MAIN-D’OEUVRE EN HAUTE-NORMANDIE EN 2006
Des mouvements toujours plus nombreux
Damien BARTHÉLÉMY, Martial MAILLARD (Direction Régionale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle)
INTENSIFICATION DES MOUVEMENTSDans un contexte de légère LES MOUVEMENTS DE MAIN-D’OEUVRE
reprise de l’emploi, l’analyse des Les données sur les mouvements de main
Les effectifs des établissements en-
d’œuvredansles établissementsde10sala-flux de main-d’œuvre montre quêtés s’élèvent à 326 000 salariés soit
riés ou plus sont issues de deux sources : la
une hausse tant des embauches la moitié de l’emploi salarié total de la
déclaration mensuelle de mouvements de
Haute-Normandie. Dans ces établisse-que des sorties. Cette main d’œuvre (DMMO) établie chaque mois
mentsaucoursdelapériodeconsidérée, par les établissements de 50 salariés ou plusprogression concerne les
il y a eu 33,9 embauches pour 100 sala- et l’enquête trimestrielle sur les mouvements
contrats à durée déterminée et riés présents en début d’année et 34,8 de main d’œuvre (EMMO) interrogeant les éta-
sorties dans l’année pour 100 salariés, blissements de 10 à 49 salariés par sondage.les emplois de services. Cause
Sont exclus du champ de l’enquête les admi-soit un peu plus de mouvements qu’enou conséquence de la montée
nistrations de l’Etat, les hôpitaux publics, les2005 (32,2 embauches et 32,5 sorties).
des emplois plus précaires, les collectivités territoriales, les établissementsLes contrats d’intérim n’étant pas comp-
publics administratifs, la SNCF et la Poste. Lesjeunes et les femmes sont de tés,l’ampleurdesmouvementsmontrela
établissements de travail temporaire, les cen-
fluidité du marché de l’emploi régionalplus en plus présents sur le
tres d’aide par le travail et les activités
qui est toutefois plus faible qu’au niveau
marché de l’emploi. Les extra-territoriales sont également exclus de
national (environ 41 entrées et 41 sorties
ces résultats.embauches sur des postes de pour 100 salariés en 2005). Au total, en Haute-Normandie, 2 111 établisse-
cadres ou de professions Larotationdeseffectifsestlaplusim- ments employant 326 000 salariés ont été en-
portante dans le tertiaire. Par ordre dé- quêtés au cours de l’année 2006.intermédiaires sont en
croissant, les services aux particuliers
progression après une année
2005 difficile.
LES EMBAUCHES EN HAUTE-NORMANDIE SELON L’ÂGE ET LE SEXE (OCTOBRE 2005 À SEPTEMBRE 2006)
Entrée
indéterminée
Nombre CDI (%) CDD (%) Transfert (%) (%)
u cours des douze mois allant
Hommes 51 689 30,0 63,1 4,2 2,7
20 736 19,6 77,6 0,9 1,9Ad’octobre 2005 à septembre dont moins de 25 ans
Femmes 57 688 14,4 81,0 2,8 1,82006, le nombre des embauches,
24 109 11,0 85,8 0,7 2,5dont moins de 25 ans
110 700 en Haute-Normandie, est en
Sexe non renseigné 1 343 11,1 52,4 2,4 34,1
hausse de 2,2 % par rapport à l’année dont moins de 25 ans 774 12,7 76,1 1,0 10,2
précédente mais reste inférieur à celui Ensemble 110 720 21,7 72,3 3,4 2,6
45 619 14,9 81,9 0,8 2,4dont moins de 25 ansdes départs qui s’élève à 113 500.La si-
Source : DRTEFP - EMMO-DMMO Unités : nombre, %tuationdesétablissementsde10salariés
Champ : établissements de 10 salariés et plus.
ou plus observée (voir encadré) est con-
trastée. L’évolution de l’emploi dans l’in-
LES SORTIES EN HAUTE-NORMANDIE SELON L’ÂGE ET LE SEXE (OCTOBRE 2005 À SEPTEMBRE 2006)
dustrie explique en grande partie ce
Fin de Démis- Licencie- Retraite Transfert Autre
solde négatif.Ce secteur a connu 19 200 Nombre CDD (%) sion (%) ment (%) (%) (%) cas (%)
embauches mais aussi et surtout 21 800 Hommes 53 826 46,8 18,7 10,5 7,8 6,4 9,8
17 901 72,4 14,1 4,0 /// 1,3 8,2dont moins de 25 ansdéparts. La baisse des effectifs dans ce
Femmes 58 015 71,1 9,9 5,7 2,7 4,5 6,1secteur continue au même rythme que
22 268 81,9 8,4 1,4 /// 1,0 7,3dont moins de 25 ans
les années précédentes.Le bilan dans la
Sexe non renseigné 1 613 30,1 9,7 2,1 2,2 0,4 55,5
construction est positif avec un solde de dont moins de 25 ans 665 62,4 17,1 4,1 /// 0,0 16,4
500 emplois. Le tertiaire enregistre de Ensemble 113 454 59,9 14,1 7,9 5,1 5,4 7,6
40 834 77,4 11,0 2,6 /// 1,1 7,9dont moinsde25ansnombreux mouvements pour un solde
Source : DRTEFP - EMMO-DMMO Unités : nombre, %
final légèrement négatif de 500 emplois. Champ : établissements de 10 salariés et plus.
10 CAHIER D’AVAL n° 75 - Juin 2007
EMPLOI
CHÔMAGELES MOUVEMENTS DE MAIN-D’OEUVRE EN HAUTE-NORMANDIE SELON LA CATÉGORIE SOCIOPROFESSIONNELLE (OCTOBRE 2005 À SEPTEMBRE 2006)
Entrées Sorties
Dont Dont Dont
Nombre Dont CDD Dont CDI Nombre findeCDD démission licenciement Dont retraite
Chefs d’entreprises et cadres 5 542 32,5 51,3 5 868 27,5 20,1 14,5 11,2
Professions intermédiaires 14 542 58,9 30,9 14 791 46,3 17,3 9,5 8,5
Employés 40 837 79,5 16,4 41 094 70,1 11,6 4,9 2,1
Ouvriers qualifiés 18 946 58,9 33,3 20 450 41,9 23,6 13,3 9,8
Ouvriers non qualifiés 25 873 86,1 10,8 25 894 73,1 8,3 5,8 3,4
Non renseigné 4 980 75,1 16,4 5 357 59,9 8,7 8,0 2,5
Ensemble 110 720 72,3 21,7 113 454 59,9 14,1 7,9 5,1
Source : DRTEFP - EMMO-DMMO Unités : nombre, %
Champ : établissements de 10 salariés et plus.
puislesservicesauxentreprisesetl’édu- représentaient un cinquième des dé- tante augmentation depuis plusieurs
cation,lasantéetl’actionsocialesontles parts. Les licenciements, dont un quart années à la faveur du développement
secteursoùlamobilitédessalariésestla sont économiques, sont en hausse par des services. Mais l’accès direct à un
plus forte.Dans l’industrie, l’agro-alimen- rapport à l’année dernière.Les départs à emploi pérenne semble de plus en plus
taire se distingue avec de nombreux la retraite sont un peu moins nombreux difficile.
mouvements, très majoritairement des qu’en 2004 et 2005 mais nettement plus
CDD de courte durée. Les autres sec- qu’en 2002, année de départ à la retraite
teurs industriels, qui utilisent plutôt l’inté- d’une génération moins nombreuse. NETTE AMÉLIORATION
rim pour ajuster leurs effectifs, recourent Parmi eux, seulement 45 % ont 60 ans DE LA SITUATION DES CADRES
moinsauxCDD.Parrapportàleurseffec- ou plus contre 67 % en 2002. Les dé-
tifs totaux, l’embauche en CDI reste Contrairement à l’année passée, leparts à la retraite avant 60 ans sont en
faible dans l’industrie. La construction solde des entrées et des sorties est né-partie liés à la possibilité qu’ont eu les
propose toujours plus d’embauches qui, gatif pour toutes les catégories sociopro-salariés de plus de 58 ans, ayant atteint
une fois sur deux, sont en CDI. Depuis fessionnelles. Chez les cadres, aprèsleur durée de cotisation, de pouvoir faire
près de dix ans, ce secteur vit une une année 2005 médiocre, la situationvaloir leurs droits à la retraite. Dans les
période de croissance soutenue. s’est particulièrement redressée. Leannées à venir, les départs à la retraite
nombred’embauchesaugmentede10 %resteront élevés du fait des générations
par rapport à 2005 tandis que les sortiesnées à partir de 1946 qui sont particuliè-
diminuent de 2,5 % ;au total le déficit estLES EMBAUCHES RESTENT PRÉCAIRES rement nombreuses.
ramené à 300 postes de travail. Les pro-
La majorité des mouvements motions internes n’étant pas comptabili-
concerne des CDD : 72 % des embau- sées dans ces mouvements, cesLES FEMMES DE PLUS EN PLUS
ches et 60 % des sorties. Le solde entre résultats montrent une reprise de l’em-PRÉSENTES DANS LES EMBAUCHES,
les embauches en CDD et les départs à SAUF POUR LES CDI ploi dans l’encadrement.Pour les profes-
la fin de ceux-ci est de 12 000 environ. sions intermédiaires, le constat est
En 2006, les entreprises concluentPour 100 embauches à durée déter- identique avec toutefois une hausse des
41 % de leurs embauches avec desminée, on comptabilise 85 départs pour embauches plus faible tandis que les dé-
jeunes de moins de 25 ans, soit 22 % defin de contrat.Dans les années de bonne parts reculent de 4 %.Les employés pré- femmes et 19 % de jeunesconjoncture, le rapport était de 75 dé- sentent également un solde négatif, les
hommes. Depuis plusieurs années, laparts pour 100 embauches, soit un taux embauches étant en repli tandis que les
part des jeunes reste supérieure à 40 %de maintien apparent dans l’emploi plus sorties sont presque aussi nombreuses
mais avec une forte prépondérance pourélevé. Les embauches en CDI ne totali- d’une année sur l’autre. Parmi les ou-
les contrats à durée déterminée, danssent que 22 % des entrées soit le même vriers, les plus qualifiés pâtissent du
huit cas sur dix.niveau qu’en 2004 et 2005, en recul par recul industriel avec une hausse des li-
Quel que soit l’âge, la part desrapport à 2001 ou 2002 où ils représen- cenciements et des sorties, en général,
femmes embauchées en CDI est deuxtaient 27 % des embauches (part la plus quel que soit le motif❏
fois moins importante que celle desforte de ces dix dernières années). Les
hommes : 30 % des hommes et 15 %transferts (1) atteignent 3,4 % des en-
des femmes ont été embauchés pourtrées et 5,4 % des sorties, soit toujours
(1) Les mouvements sont comptabilisés au niveau deune durée indéterminée. Cet écart resteen recul depuis 2004 où ils avaient été
l’établissement. Quand un salarié quitte un établisse-
important et semble se creuser en 2006.particulièrement nombreux. ment pour un autre du même groupe ou de la même
entreprise, ce mouvement est compté comme unPourtant les femmes sont de plus enParmi les motifs de sorties, les dé-
transfert. Ce type de mouvement est plus fréquent
plus présentes et elles totalisent 53 %missions concernent un départ sur sept. chez les cadres et dans le secteur « banque-assu-
des embauches. Cette part est en cons- rance ».C’est moins qu’entre 2000 et 2002 où ils
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