Les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication - Décollage des services et renouveau de l'électronique

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Le secteur des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC) emploie aujourd'hui 12 000 salariés dans la région. En Basse-Normandie, les activités industrielles concentrent 55 % des emplois du secteur des NTIC alors qu'au niveau national ce sont les activités de services qui dominent le secteur. Les industries de l'électronique et des télécommunications sont les deux poids lourds du secteur bas-normand des NTIC. Bien que relativement peu développées dans la région, les activités de services informatiques n'en sont pas moins celles qui connaissent la plus forte croissance. Depuis 1995, le chiffre d'affaires de ce secteur a progressé de plus de 60 % et les effectifs salariés ont augmenté de plus de 50 %. La quasi totalité des nouvelles entreprises émergent dans l'agglomération caennaise et renforcent ainsi la concentration des activités de services informatiques dans la capitale régionale.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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n° 92 - avril 2001
Les Nouvelles Technologies de l’Information
et de la Communication
DÉCOLLAGE DES SERVICES
ET RENOUVEAU DE L’ÉLECTRONIQUE
% Le secteur des Nouvelles
mployant 12 000 salariés, le secteur éducation et action sociale) employés dans
Technologies de l’Information et de
des Nouvelles Technologies de les métiers liés aux nouvelles technolo-
la Communication (NTIC) emploieEl’Information et de la Communica gies, la Basse-Normandie se situe au hui- -
aujourd’hui 12 000 salariés dans la
tion (NTIC) tient désormais une place aus- tième rang des régions françaises de
région.si importante dans l’économie province.
bas-normande que la métallurgie–trans Cette bonne place s’explique par la forte- % En Basse-Normandie, les acti-formation des métaux, l’industrie des implantation régionale d’activités indus-
vités industrielles concentrent 55 %équipements du foyer ou la filière énergé trielles liées aux nouvelles technologies.-
des emplois du secteur des NTICtique. Avec plus de 4,5 % des salariés du Si, au niveau national, les activités de ser-
secteur marchand (hors agriculture, santé, vices dominent le secteur des NTIC, ce alors qu’au niveau national ce sont
sont, en Basse-Normandie, les activités in- les activités de services qui domi-
dustrielles qui concentrent 55 % des em- nent le secteur.
plois du secteur. % Les industries de l’électro-Employant 5 000 salariés, les indus-
nique et des télécommunicationstries de l’électronique et des télé-
communications sont les sont les deux poids lourds du sec-
deux poids lourds teur bas-normand des NTIC.
du secteur
bas-normand % Bien que relativement peu dé-
des NTIC. La veloppées dans la région, les activi-
Basse-Nor- tés de services informatiques n’en
mandie se rap- sont pas moins celles qui connais-
proche en cela
sent la plus forte croissance. De-
des autres régions
puis 1995, le chiffre d’affaires de ce
du Nord-Ouest de la
secteur a progressé de plus de
France, où les mou-
60 % et les effectifs salariés ontvements de décen-
augmenté de plus de 50 %.tralisation opérés à
partir des années % La quasi totalité des nouvellescinquante ont
entreprises émergent dans l’agglo-contribué à
former le mération caennaise et renforcent
socle de ainsi la concentration des activités
ces ac- de services informatiques dans la
tivités. capitale régionale.
L’in-
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 92. . . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
dustrie des appareils de mesure et de con- rieure de 35 points à
trôle, qui emploie 1 400 salariés, est pour la moyenne régio-
sa part à peine plus développée dans la ré nale. Ce haut niveau-
gion qu’au niveau national. de qualification se
traduit par une rému-
A l’inverse, avec 4 500 salariés, les activi-
nération plus élevée
tés de services liées aux nouvelles techno-
(139 000 francs en
logies sont en comparaison peu
moyenne contre
développées dans la région. La Basse-Nor-
122 500 francs dans
mandie ne semble pas avoir atteint la taille
l’ensemble des servi-
critique permettant, comme en
ces aux entreprises).
Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte-d’Azur
Le dynamisme du
et Nord-Pas-de-Calais, d’attirer un nombre
secteur des services
important d’entreprises spécialisées. L’ab-
informatiques attire
sence d’industrie informatique au sein du
en outre un nombre
tissu productif bas-normand, au contraire
croissant d’entrepre-
des autres régions de l’Ouest, constitue
neurs. Le nombre de
également un frein au développement des
créations d’entrepri-
activités de services informatiques.
ses est ainsi passé de
Le marché des services 37 en 1994, à 79 du-
Recherche et Développement – ex CNET –informatiques en plein boom rant l’année 2000. Pour la seule année
et son fonds de capital-risque Innovacom,2000, le nombre d’entreprises régionales
Peu développées dans la région, et regrou- stimulent l’apparition de nouveaux acteurss’est accru de près de 25 %. Toutefois se
pant à peine 1 800 emplois, les activités de
lancer dans une activité liée aux nouvelles sur le marché régional des services de télé-
services informatiques, hors France Télé- technologies est risqué. Après la phase ini communication. Le taux annuel de créa- -
com, n’en sont pas moins celles qui
tiale de création, reste pour les nouveaux tion d’entreprises supérieur à 30 %, et
connaissent la plus forte croissance. De- l’apparition récente d’entreprises spécialientrepreneurs le plus délicat : faire vivre -
puis 1995, le chiffre d’affaires de ce sec- sées sur des créneaux à forts potentiels deleur entreprise et si possible la développer.
teur a progressé de plus de 60 %. Cette
Or, plus d’une entreprise sur trois (37 %) croissance (Highdeal, Netcentrex), tradui-
évolution, qui s’est accélérée à partir des
créée dans le secteur des services informa sent le dynamisme régional de cette activi- -
années 1997-1998, est comparable à celle
tiques au cours des années 1996 et 1997, té. Comme dans les services informatiques,
observée au niveau national. Pour faire er les emplois créés sont globalement plusn’existait plus au 1 janvier 2000. Le cap de
face à ce surcroît d’activité, les entreprises
qualifiés et mieux rémunérés que dans lela première année reste particulièrement
ont dû embaucher massivement. Ainsi, le
reste du secteur des services aux entreprises.difficile à franchir : plus d’une entreprise
nombre d’emplois salariés a augmenté de
sur cinq disparaît avant de fêter son premier
plus de 50 % sur la période.
anniversaire. Si la diffusion massive des technologies de
Les emplois créés se caractérisent par un l’information et de la communication bé-
haut niveau de qualification. Dans les ser Le dynamisme régional des services en té- - néfice essentiellement aux activités de ser-
vices informatiques, la proportion de ca vices, elle implique également la création- lécommunications est essentiellement
dres atteint 30 % contre seulement 13 % porté par le groupe France Télécom, qui et la production massive de produits manu-
pour l’ensemble des services aux entrepri concentre plus de 95 % des emplois sala facturés. L’avènement de la société de l’in- - -
ses. A l’inverse la proportion d’employés riés. Les politiques d’essaimage et d’aides formation offre ainsi d’intéressantes
et d’ouvriers, qui atteint 25 %, est infé- financières, menées par France Télécom perspectives de croissance à l’industrie ré-
L’INDUSTRIE ÉLECTRONIQUE : POIDS LOURD DU SECTEUR BAS-NORMAND DES NTIC
Répartition des Répartition des effectifs
Secteurs d’activité Établissements Effectifs salariés
établissements (en%) salariés (en %)
Industrie 156 21,5 6 430 54,3
dont Electronique et informatique 36 5,0 3 091 26,1
Appareils de mesure et de contrôle 83 11,4 1 361 11,5
Télécommunications et connectique 37 5,1 1 978 16,7
Commerce 124 17,1 760 6,4
Services 446 61,4 4 656 39,3
dont Informatiques 408 56,2 1 784 15,1
Télécommunications 38 5,2 2 872 24,2
ENSEMBLE 726 100,0 11 846 100,0
er
Source : Insee-Sirene et Urssaf au 1 janvier 2000
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 92. . . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
L’INDUSTRIE CONCENTRE LES ÉTABLISSEMENTS DES NTIC DE GRANDE TAILLE
Industrie Commerce Services Ensemble
Tranches d’effectifs Nombre Nombre Nombre Nombre
Salariés (%) Salariés (%) Salariés (%) Salariés (%)
d’établissements d’établissements d’établissements d’établissements
0 ou inconnu 31 - 29 - 201 - 261 -
1 à 9 salariés 67 3,6 74 26,2 186 27,3 327 10,3
10 à 19 salariés 24 5,7 12 28,6 21 23,3 57 11,3
20 à 74 salariés 15 9,2 9 45,2 14 18,3 38 14,1
75 à 299 salariés 15 32,6 0 0,0 3 31,1 18 29,5
300 salariés ou plus 4 48,9 0 0,0 0 0,0 4 34,8
Ensemble 156 100,0 124 100,0 425 100,0 705 100,0
Champ : hors France Télécom
Source : Insee, Sirene et Urssaf au 1er janvier 2000
gionale des NTIC qui à son tour, en réali-
sant 10 % de l’investissement industriel
régional, a un effet d’entraînement indé- Le secteur des N.T.I.C. : champ et définition
niable sur l’ensemble de l’économie
bas-normande. Le secteur des NTIC couvre l’ensemble des activités de l’in-
dustrie, du commerce et des services qui concourent à la mise sur le marché de ma-
Une filière électronique tériels et de services permettant le traitement et la transmission de l’information.
dynamique
La liste des activités de la Nomenclature d’Activités Françaises (N.A.F), appartenant
au secteur des NTIC, s’inscrit dans le périmètre établit par l’Organisation de Coopéra-Dans l’industrie des NTIC, l’emploi sala-
tion et de Développement Economique (O.C.D.E) en 1998.rié a progressé, comme au niveau national,
Toutefois, cette approche par secteurs d’activités, et non par produits, ne garantitde 2 % depuis 1994. Cette évolution, plus
pas que toutes les entreprises du champ sont également impliquées dans l’avènementmodeste que dans les services, correspond
de la société de l’information.néanmoins à la création de centaines d’em-
Cette approche par secteur d’activité explique également qu’une entreprise produc-plois dans un contexte de forts gains de
trice de composants électroniques, pouvant servir in fine à la fabrication de téléphones
productivité : + 11 % en moyenne annuelle
mobiles, appartienne au secteur de l’industrie électronique et non à celui de l’industrie
dans l’industrie des composants électroni-
des télécommunications.
ques française. Cette progression de l’em-
ploi salarié tranche en outre avec les
Codes
Les activités industrielles des NTIC comprennent 5 sous-ensembles :réductions d’effectifs observées dans le NAF
reste de l’industrie.
INDUSTRIE INFORMATIQUE
Fabrication de machines de bureau et de matériel informatique 30
Avec une progression de 30 % du nombre
INDUSTRIE ELECTRONIQUE
d’emplois salariés, la filière électronique
Fabrication de composants électroniques 32.1
a connu l’évolution la plus favorable. L’ex- Fabrication d’appareils de réception, d’enregistrement ou de reproduction du son et de l’image 32.3
plosion du marché de la téléphonie, le dé- INDUSTRIE DES TÉLÉCOMMUNICATIONS
Fabrication d’appareils d’émission et de transmission 32.2veloppement de l’électronique embarquée
dans l’automobile et l’élargissement des INDUSTRIE DE LA CONNECTIQUE
Fabrication de fils et câbles isolés 31.3applications dans la gestion, avec notam-
INDUSTRIE DES APPAREILS DE MESURE ET DE CONTRÔLEment la sécurisation d’accès au commerce
Fabrication d’instruments de mesure et de contrôle 33.2électronique, ont stimulé la majorité des
Fabrication d’équipements de contrôle des processus industriels 33.3
acteurs régionaux. Philips composants et
51.6GLe commerce de gros de machines de bureau et de matériel informatique
Oberthur card system à Caen, Wilof à
Les activités de services des NTIC comprennent 2 sous-ensembles :Pont-l’Evêque, Facon à Alençon et Atos à
Glos ont tous créé des emplois sur la pé SERVICES INFORMATIQUES-
Activités informatiques 72riode 1994 - 2000. Ces nouveaux emplois
Location de machines de bureau et de matériel informatique 71.3E
contribuent à l’élévation de la qualification
64.2SERVICES DE TÉLÉCOMMUNICATIONS
de la main d’œuvre industrielle. Avec 18 %
de cadres et 16 % d’ouvriers non qualifiés,
Le champ de cette étude n’intègre ni les industries de l’imprimerie, de l’édition et de lacontre respectivement 6,5 % et 24 % pour
reproduction ni les services audiovisuels et récréatifs aux particuliers. La question dele reste de l’industrie régionale, la filière
l’intégration de ces activités « productrices de contenu » au secteur des NTIC est ac-
électronique se caractérise par un niveau
tuellement débattue au sein de l’O.C.D.E.
élevé en capital humain. Le salaire moyen
qui atteint 128 000 francs est supérieur de
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 92. . . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
taille modeste, qui s’est récemment implanté en Basse-Normandie grâceLes services informatiques
à l’acquisition d’un fournisseur d’accès caennais, annonce de ce fait deset de télécommunications :
perspectives de développement importantes, et se trouve propulsé sur un
Des opportunités de croissance marché où opèrent les géants France Télécom et Cégétel. La mise en
oeuvre du haut débit ne fait pas seulement le bonheur des opérateurs deet des enjeux pour les territoires
télécommunication. Comme elle conditionne largement le décollage de
1999 et 2000, années du décollage ? Après être restée longtemps à la
bon nombre d’applications sur l’internet, et au premier chef du commerce
traîne, la Basse-Normandie donne un coup d’accélérateur pour le déve- (4)électronique , elle est attendue par les prestataires de services. Au tra-
loppement de ses services informatiques. Ainsi, entre septembre 1999 et vers d’entreprises comme HighDeal (concepteur de logiciels de factura-
septembre 2000, 240 créations d’emplois sont venues étoffer le secteur, tion pour le commerce inter-entreprises), la Basse-Normandie accueille
après plus de 400 l’année précédente. Fait nouveau, les créations d’em- là encore des acteurs prêts à investir le marché.
plois ne se concentrent plus seulement dans les entreprises fournissant
Des enjeux territoriaux importantsdes services classiques d’ingénierie informatique, qui ont connu une
pointe d’activité à la veille du passage à l’an 2000. De jeunes pousses, en L’avènement de la société de l’information pourrait renforcer la spéciali- -
sation des territoires, les villes, lieux d’échange traditionnels, ayant tencore peu nombreuses, apparaissent désormais sur le devant de la scène -
issues notamment du monde du multimédia et de l’internet. Une petite di dance à concentrer les activités de haute technologie. Face à ce risque-
zaine d’entre elles a apporté 130 emplois nouveaux en un an, une contri les collectivités territoriales peuvent jouer un rôle actif allant de la coopé- -
bution encore modeste mais qui s’ajoute à la croissance des poids lourds ration avec les opérateurs privés jusqu’à la création, sous certaines
des Sociétés de Services et d’Ingénierie Informatique (SSII) généralistes conditions, d’infrastructures permettant les liaisons à haut débit. Il peut
comme Euriware et Assystem Automatisation (groupe Cogéma) dans le s’agir de créer des réseaux de villes (comme le réseau optique caennais)
Cotentin, deux entreprises qui cherchent à diversifier leur clientèle après ou reliant plusieurs villes (le réseau régional Vikman), offrant des services
avoir beaucoup compté sur le nucléaire, et aux 150 nouveaux emplois à la population ou permettant aux opérateurs de télécommunication et
qu’a permis l’installation à Lisieux de SA Optimal Finances (logiciels). aux prestataires de services de s’y connecter pour desservir les territoi-
res. Il est également possible de privilégier la création de “boucles loca-
Un contexte en évolution profonde
les” (fibre, câble ou radio), mettant ainsi le haut débit à la portée des
Alors que la croissance des SSII devrait logiquement continuer à accom- particuliers comme des entreprises éloignées des plus grandes métropo-
pagner la poursuite de l’externalisation de l’informatique dans les entre- les.
prises, l’innovation est l’atout principal des jeunes pousses. L’innovation
________
technologique devrait ainsi mettre plusieurs entreprises en situa-
(1) Le réseau téléphonique transporte la voix en mode synchrone (à débittion de s’insérer sur un marché international en forte croissance.
fixe) tandis que les réseaux acheminant données et images utilisent le
C’est le cas de la téléphonie sur internet. Le transport de la voix en mode
mode asynchrone (par paquets).(1)asynchrone devient possible grâce à la rapidité et à la puissance des
(2) La ville d’Hérouville-Saint-Clair équipe ses services en téléphonie in-routeurs. La recherche de la baisse des coûts pourrait ainsi conduire les
ternet (Internet Protocol).(2)utilisateurs à choisir ce nouveau mode de transfert d’informations ,et
(3) La baisse des tarifs de dégroupage imposée à France Télécom parfournir par là même des opportunités de croissance aux entreprises de
l’Autorité de Régulation des Télécommunications (A.R.T) est destinée àservice, comme la jeune pousse caennaise NetCentrex.
favoriser le déploiement de l’ADSL « par le plus grand nombre d’opéra-C’est aussi le cas des technologies permettant les échanges à haut débit.
teurs ».L’augmentation des volumes échangés autant que l’exigence de rapidité
(4) Le commerce de détail sur internet pour toute la France ne représenconstituent des leviers pour l’industrialisation de l’innovation technolo --
tait guère plus que le chiffre d’affaires de deux hypermarchés selon legique. D’autre part, les nouvelles règles de concurrence dans le secteur
Credoc, fin 2000. Selon la CCI du Calvados, on ne dénombrait pas plusdes télécommunications favorisent la multiplication des initiatives loca-
de cinquante “sites commerçants” en Basse-Normandie à cette date, etles. Dans le bouillonnement actuel pourrait se dessiner un nouveau pay-
encore nombre d’entre eux sont-ils seulement des fournisseurs d’adressage où quelques jeunes pousses récentes pourraient renforcer leurs -
ses, s’apparentant à des annuaires électroniques. En revanche, la plupositions. Plusieurs choix technologiques, répondant à des besoins diffé --
part des observateurs s’attendent à une forte croissance du commercerenciés ou complémentaires, sont possibles. Le développement des ré-
électronique inter-entreprises dans les prochaines années.seaux en fibres optiques reliant entre eux les acteurs d’un centre
d’affaires, d’une zone d’activité, ou des organismes publics (collectivités
territoriales, établissements d’enseignement ou de santé, organismes de
recherche...), est l’un d’eux. Il nécessite la compétence des câblo-opé-
rateurs. Des sociétés comme Eolring, à Caen, se sont spécialisées
dans ce créneau de la transmission du son, de l’image et des données
sur fibre optique.
La technologie ADSL (Asymetric Dual Subscriber Loop) constitue une
autre possibilité. Cette technologie permet d’utiliser le réseau télépho-
nique pour acheminer sur quelques kilomètres des débits importants,
sous réserve d’équiper à cet effet l’utilisateur final et d’adapter le réseau
téléphonique. Les opérateurs de télécommunications peuvent utiliser la
portion finale du réseau téléphonique (la “boucle locale”) et proposer
ainsi, eux-même ou par l’intermédiaire de prestataires de services, l’in-
(3)ternet à haut débit à leurs clients . Si actuellement un quart de la po-
pulation bas-normande peut bénéficier de cette technologie, France
Télécom s’est fixé pour objectif de couvrir 65 % de la population régio-
nale avant la fin de l’année 2001. Un substitut de l’ADSL est la “boucle
locale hertzienne”, où le fil de cuivre du réseau téléphonique est rempla-
cé par des ondes radios. Plusieurs opérateurs se sont lancés dans la
course au client. L’entreprise haut-normande NormandNet (groupe Alti-
tude), à l’origine simple fournisseur d’accès à l’internet, s’est ainsi vu at-
tribuer l’une des deux licences régionales d’exploitation de la “boucle
radio” pour la Basse-Normandie et la Haute-Normandie. Ce groupe de
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 92. . . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
14 000 de francs, à celui versé dans le reste dépendant du devenir d’une seulenale des fils et des câbles isolés,et Ther-
de l’industrie. entreprise. L’échec récent de Nomai àmocoax, localisée à Athis-de-l’Orne, ont
Avranches le rappelle avec force.réussi à développer leur activité.
A l’opposé, et malgré une conjoncture fa-
L’industrie des appareils de mesure etvorable, avec notamment le boom de la té Les bassins d’emploi de Caen, Cherbourg,-
léphonie mobile, les entreprises régionales de contrôle a pour sa part connu une qua- Lisieux et Vire, qui concentrent plus de
si-stagnation de son emploi. Les réductionsspécialisées dans la fabrication d’appa trois emplois sur quatre du secteur des-
d’effectifs intervenues au sein des plus NTIC, sont ceux qui profitent le plus de lareils d’émission et de transmission, ont
grands établissements (groupes Chau croissance de ce secteur. La seule présenceréduit leurs effectifs salariés de près de -
vin–Arnoux et ISL), ont été en partie com d’Acome à Mortain, fait du bassin d’em20 % depuis 1994. Le regroupement de - -
pensées par l’apparition et le ploi de Vire celui où le poids du secteur desbranches d’activité du groupe Alcatel CIT
autouur de grands pôles régionaux (La développement d’acteurs de plus petite NTIC est le plus important. Toutefois, ce-
taille, comme Sicap à Coudeville-sur-mernion,Eux), provoquant notamment la fer bassin accueille également un établisse--
et Quantaflow à Lisieux. ment du groupe Chauvin-Arnoux et plumeture du site de production de -
sieurs P.M.E de la filière électroniqueCherbourg-Querqueville a fortement con-
(Seprolec, Applications électroniques). Letribué à cette dégradation de l’emploi. Les
Les NTIC préfèrent bassin d’emploi de Caen, spécialisé dansdéboires d’Akai (devenu CS Electronics) à
les grandes villesHonfleur, et de Sagem - Saint-Martin des l’électronique, les bassins de Cherbourg et
de Lisieux, diversifiés dans l’ensemble desEntrées (devenu Etamic) et les réductions La spécialisation des quatorze bassins
métiers industriels liés aux NTIC, accueild’effectifs chez In-Snec à Bretteville- -d’emploi bas-normands explique que le
lent, quant à eux, un nombre d’acteurs plusl’Orgueilleuse ont amplifié ce phénomène. dynamisme des activités liées aux NTIC ne
important.Dans ces filières fortement concurrentiel- profite pas à l’ensemble du territoire régional.
les où la capacité d’innovation est particu-
Cette concentration spatiale des entrepri-Avec moins de 700 emplois salariés, leslièrement importante, plus de trois emplois
ses est encore plus prononcée dans les acti-quatre bassins d’emplois ornais sont, avecsur quatre dépendent de décisions stratégi-
vités de services. Les bassins d’emploi dele bassin d’emploi d’Avranches, ceux où leques de groupes nationaux ou internatio-
Caen et de Cherbourg concentrent 85 %secteur des NTIC pèse le moins dans l’em-naux. Cette pénétration des groupes est
des emplois régionaux. Cependant, les ca-ploi local. A l’exception d’Alençon, qui ac-plus importante que dans le reste de l’in-
ractéristiques des entreprises présentes danscueille notamment la sociétédustrie régionale où les groupes contrôlent
ces bassins d’emploi différent fortement.d’électronique Facon, le secteur des NTICmoins d’un emploi salarié sur deux. Les
représente moins de 1,5 % de l’emploi deperspectives de croissance de l’industrie Le bassin d’emploi de Cherbourg se carac-
ces territoires.régionale des appareils d’émission et de térise par la présence des plus grandes
transmission restent en outre incertaines et structures implantées dans la région. CesLe bassin d’emploi de Bayeux et la
ce d’autant plus que l’âge moyen des sala- entreprises, qui existent depuis de nomManche, à l’exception de Cherbourg, ne -
riés (43 ans) et la proportion d’ouvriers non breuses années, telles qu’Euriware, D.G.Isont guère mieux lotis. Le poids des NTIC
qualifiés (43 %) sont élevés pour une acti- 2000 et Acral sont des filiales de groupesdans l’emploi local tient le plus souvent à la
vité qui doit s’adapter à des chocs techno- aussi variés que le Commissariat àseule présence d’un grand établissement
logiques récurrents. l’Energie Atomique, Suez-Lyonnaise desindustriel : Alcatel C.I.T à Coutances et
Eaux ou Acral France. A l’inverse, lesAu contraire, en diversifiant son activité Chauvin-Arnoux à Granville. Dans ces
structures récentes et de petite taille sontvers des secteurs comme la plasturgie, bassins, l’avenir du secteur des NTIC ap-
encore peu présentes dans le bassin deAcome, le poids lourd de l’industrie régio paraît donc d’autant plus fragile qu’il est-
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 92. . . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSEANALYSE ANALYSE ANALYSE
Cherbourg. Seulement 7 % des entreprises
de services créées depuis 1997 ont choisi
de s’implanter dans le bassin de Cher-
bourg. Cette faible attractivité (inférieure à
celle des bassins d’emploi de Lisieux et de
L’Aigle), tient largement à la conjoncture
difficile du Nord-Cotentin mais démontre
également que la seule présence de grands
établissements ne peut assurer le dyna-
misme de toute une branche d’activité.
Spécialisation
et renforcement des inégalités
entre territoires
Près de la moitié des entreprises de services
liées aux NTIC créées dans la région ont
choisi de s’implanter dans la capitale régio-
nale. Elles bénéficient ainsi des infrastruc-
tures existantes, de la proximité
d’entreprises utilisatrices de services infor-
matiques ainsi que d’un marché local du tra-
vail plus à même de leur fournir une main
d’œuvre qualifiée.
tant dans les métiers liés à internet, au com émerge dans l’agglomération caennaise et-
Cette concentration spatiale des entrepri- merce électronique et aux télécommunica renforce ainsi la concentration des activi- -
ses, se retrouve même au niveau des quar- tions. Dans ces activités, la présence de pô tés de services informatiques. Issues pour-
tiers de l’agglomération caennaise. Les
les technologiques et de réseaux à haut la plupart de la politique d’essaimage d’en-
entreprises de services informatiques, re- débit apparaissent d’ores et déjà comme treprises (France Télécom Recherche et
cherchant des synergies, sont de plus en
des facteurs d’attractivité et de concur Développement, Philips Composants)ou-
plus nombreuses à s’installer dans les zo- rence entre les territoires, comme l’est la d’organismes publics (Université,
nes d’activités de CITIS à Hérou- desserte en moyens de transports. A cet ISMRA), elles s’agglomèrent en fait au
ville-Saint-Clair et du Parc Technologique
égard, Caen peut faire valoir ses atouts tan plus près de leur tuteur d’origine, et lors- -
de la Folie à Caen, chacune accueillant doré- dis que le reste de la Basse-Normandie a, qu’elles projettent un développement, el-
navant plus d’une quinzaine d’entreprises. pour l’heure, quelques raisons de craindre les visent Paris... ou la Californie.
l’accroissement de la « fracture numéCe phénomène de concentration spatiale -
rique ». La quasi totalité des jeunes pousses Bertrand GONYdes entreprises est particulièrement impor-
Les technologies de l’information et de la communication:5%duPIB. Insee Première n°648 , 4 pages,
Mai 1999.
L’industrie française des technologies de l’information et de la communication en chiffres. SESSI Collection Production
industrielle, 23 pages, Edition 2000.
Technologie et société de l’information. SESSI Collection Chiffres clés analyse n°207, 192 Pages, Edition 1999.
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ISSN 1267-2769 Dépôt légal : avril 2001 Code SAGE : CENT%9270 © Insee 2001

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