Les quatre saisons de lemploi

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Une partition pour étudiants Emploi, chômage et inactivité sont sujets à des variations saisonnières qui se retrouvent d’années en années. L’emploi est toujours au plus bas au 1er trimestre et au plus haut au 3e ; le chômage atteint son niveau le plus faible au printemps, saison pendant laquelle les chômeurs trouvent plus fréquemment un emploi alors que pour les inactifs, c’est en été. Enfin, se retrouver chômeur ou inactif est plus fréquent en automne. Les « jobs d’été » étudiants répondent à un pic de la demande des entreprises, en particulier dans le tertiaire, et expliquent en grande partie le boom estival de l’emploi. En été, sur dix inactifs ou chômeurs qui trouvent un emploi, trois sont des étudiants. La recherche d’un premier véritable emploi pour les jeunes qui terminent leurs études s’étale en revanche tout au long de l’année. Mis à part pour les jeunes en cours ou en fin d’études, le choix de se porter sur le marché du travail ne présente pas d’à-coups saisonniers. L’emploi, au plus haut pendant l’été, au plus bas en début d’année Les inactifs trouvent plus fréquemment un emploi en été Plus de sorties de l’emploi à l’automne qu’au printemps Les étudiants viennent gonfler la main-d’œuvre estivale L’insertion sur le marché du travail est étalée au fil des saisons Hors étudiants et fins d’études, des comportements d’activité non saisonniers En été, un emploi fort dans le tertiaire et un ajustement par contrats courts
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 1119 - JANVIER 2007
Prix: 2,30€
Les quatre saisons de l’emploi
Une partition pour étudiants
Magali Beffy, division Emploi et Élise Coudin,
section Synthèse et conjoncture de l’emploi, Insee
mploi, chômage et inactivité sont Inversement, le nombre d’inactifs de 15 ans et
eplus est le plus faible au 3 trimestre (-300 000sujets à des variations saisonniè-
eren écart à la tendance) et le plus fort au 1 .Eres qui se retrouvent d’années en
Quant aux chômeurs au sens du Bureau Inter-
années. L’emploi est toujours au plus bas
national du travail (définitions), ils sont les plus
er eau 1 trimestre et au plus haut au 3 ;le enombreux au 4 trimestre (90 000 personnes
chômage atteint son niveau le plus faible de plus que la tendance) et les moins nom-
eau printemps, saison pendant laquelle les breux au 2 (- 140 000 personnes).
Sont étudiées ici les variations trimestrielles dechômeurs trouvent plus fréquemment un
l’activité que l’on retrouve d’années en annéesemploi alors que pour les inactifs, c’est
et que l’on appelle « saisonnalité ». Cette
en été. Enfin, se retrouver chômeur ou
approche diffère donc de l’analyse conjonctu-
inactif est plus fréquent en automne. relle qui, au contraire, corrige ces variations
Les « jobs d’été » étudiants répondent à un saisonnières pour faciliter les comparaisons
pic de la demande des entreprises, en parti- entre trimestres.
culier dans le tertiaire, et expliquent en
grande partie le boom estival de l’emploi. En
Les inactifs trouvent plus
été, sur dix inactifs ou chômeurs qui trou-
fréquemment un emploi en été
vent un emploi, trois sont des étudiants.
La recherche d’un premier véritable em- Les variations saisonnières du nombre d’actifs
ploi pour les jeunes qui terminent leurs occupés, de chômeurs et d’inactifs s’analysent
à l’aide des transitions individuelles entre lesétudes s’étale en revanche tout au long de
situations de chômage, d’emploi et d’inactivitél’année. Mis à part pour les jeunes en
(tableau 1).
cours ou en fin d’études, le choix de se
porter sur le marché du travail ne pré-
sente pas d’à-coups saisonniers. Saisonnalité de l'activité
Entre 2003 et 2005, le nombre d’actifs ayant un
Effectifs en milliers en écart à la tendance
emploi (actifs occupés) a crû chaque année, en 250
moyenne, de 120 000 personnes (+ 0,5 %) selon
200les enquêtes Emploi, mais cette augmentation
globale dissimule de fortes disparités entre les tri-
150
mestres. Quelle que soit l’année, le nombre d’ac-
er etifs occupés augmente du 1 au 3 trimestre, où il 100
atteint un « pic ». Il diminue ensuite fortement du
50e e e er3 au 4 et plus faiblement du 4 au 1 trimestre
de l’année suivante. À des « pics » d’emploi
0
durant l’été (en moyenne 220 000 personnes de
-50plus par rapport à la tendance) succèdent des
« creux » pendant l’hiver (140 000 personnes en
-100
moins - graphique 1). Il y a un écart de 360 000
trimestres
actifs occupés entre le trimestre le plus haut et le T1 T 2 T3 T4 T1 T 2 T3 T4-150
Emploi Chômagetrimestre le plus bas, soit le triple de l’augmenta-
Lecture : calculé en moyenne sur les trois années 2003, 2004, 2005,tion moyenne annuelle. Les actifs occupés
erle nombre de personnes ayant un emploi est au 1 trimestre inférieur
eétaient ainsi 25 050 000 au 3 trimestre 2004 de 140 000 à la tendance de l'emploi.
eralors qu’ils ne sont plus que 24 690 000 au 1 Champ : personnes de 15 ans et plus.
Source : enquêtes Emploi 2003-2005, Insee.trimestre 2005.
INSEE
PREMIERE Des variations saisonnières de reprennent un emploi plus fréquemment les ressources disponibles en
l'emploi plus fortes chez les jeunes en été (36% du total sur l’année). main-d’œuvre fluctuent au cours de
Toutes situations de départ confondues, l’année selon des facteurs démographi-
Effectifs en milliers en écart à la tendance
250 trouver un emploi est plus courant entre ques (entrées des jeunes sur le marché
e ele printemps et l’été (2 et 3 trimestres) : du travail…) et économiques (les indivi-
200
1 210 000 personnes accèdent à un dus choisissent ou non de chercher un
emploi après une période de chômage ou travail en fonction de leurs disponibilités).150
d’inactivité alors qu’elles ne sont que C’est chez les jeunes en cours ou en fin
100 e er910 000 entre l’automne et l’hiver (4 et 1 d’études que la saisonnalité de l’emploi
trimestres). Sur les 1 210 000 personnes est la plus marquée car elle est attachée50
qui trouvent un emploi, 30 % sont des à leur décision de rechercher un emploi
0 étudiants contre 10 % le reste de (graphique 2).
l’année.
-50
-100 Les étudiants viennent gonfler
Plus de sorties de l’emploi la main-d’œuvre estivaleT1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4-150
15-29 ans 30-39 ans 40-49 ans 50 ans et plus à l’automne qu’au printemps
Lecture : calculé en moyenne sur les trois années 2003, Les étudiants sont souvent inactifs les
2004, 2005, le nombre de jeunes de 15 à 29 ans ayant un em- e e
er Entrele3 et le 4 trimestre, la situation deux premiers trimestres, ont un emploiploi au 1 trimestre est inférieur de 105 000 à la tendance, et
pour les 30-39 ans, il est inférieur de 37 000. de l’emploi se dégrade (en stock : le troisième et, enfin, sont de nouveau
Champ : personnes de 15 à 75 ans. -350 000 personnes) et le nombre de inactifs le dernier. Disponibles pendant
Source : enquêtes Emploi 2003-2005, Insee.
chômeurs continue d’augmen- les vacances d’été, ils passent directe-
ter (+100 000 personnes). Les sorties de ment de l’inactivité à l’emploi. Pour les
er eDu 1 au 2 trimestre, la population l’emploi vers une situation de chômage jeunes en formation initiale, il y a très peu
active occupée augmente, en moyenne ou d’inactivité sont alors plus nombreu- de passages de l’inactivité vers le chô-
sur les années 2003 à 2005, de 190 000 ses : 1 240 000 sorties, soit 500 000 de mage. Les étudiants constituent alors
er epersonnes et le nombre de chômeurs et plus qu’entre le 1 et le 2 trimestre. La une main-d’œuvre supplémentaire qui
d’inactifs diminue ( - 190 000 fin des jobs d’été qui accompagne les vient gonfler les flux vers l’emploi. Ils
et - 180 000 inactifs). Les chômeurs trou- rentrées scolaire et universitaire repré- représentent la moitié des 700 000
vent plus fréquemment un emploi au prin- sente alors un quart de ces sorties embauches estivales qui succèdent à une
temps (27 % du total annuel des accès à (300 000 personnes). situation d’inactivité, et seulement le quart
l’emploi après une période de chômage). L’emploi varie donc fortement au cours des 360 000 accès hivernaux à l’emploi.
e ePuis, du 2 au 3 trimestre, le nombre d’une même année. Ces variations s’ex- Ainsi, un étudiant occupe 1,5 fois plus sou-
e ed’actifs occupés continue à augmenter pliquent à la fois par la demande et par vent un emploi au 3 qu’au 4 trimestre (et il
(+170 000 personnes) comme le nombre l’offre de travail. D’une part, les entrepri- est aussi 1,5 fois plus souvent actif). À l’au-
de chômeurs (+ 130 000 personnes), ses adaptent leur demande de travail à tomne, avec la reprise des cours, 300 000
mais celui des inactifs décroît (- 470 000 leur activité et à leur carnet de comman- étudiants qui avaient un « job d’été »
personnes). Les inactifs prennent ou des qui varie selon la saison. D’autre part, sortent de l’activité.
Transitions individuelles*
T1 —>T2 T2 —>T3 T3 —>T4 T4 —>T1
Flux
Milliers % Milliers % Milliers % Milliers %
vers chômage 390 1,6 490 2,1 570 2,3 500 2,0
Emploi
vers inactivité 380 1,6 480 1,9 670 2,7 450 1,8
vers emploi 600 30,3 510 27,0 580 29,3 550 33,6
Chômage
vers inactivité 240 12,3 270 14,8 270 14,3 200 14,8
vers emploi 410 1,8 700 3,1 480 2,2 360 1,7
Inactivité
vers chômage 410 1,8 510 2,3 470 2,1 400 1,8
Part dans les transitions (%) Étudiants Fins d’études Étudiants Fins d’études Étudiants Fins d’études Étudiants Fins d’études
vers chômage < 5 (ns) < 5 (ns) < 5 (ns) < 5 (ns) < 5 (ns) < 5 (ns) < 5 (ns) < 5 (ns)
Emploi
vers inactivité 16 < 5 (ns) 20 40 < 5 (ns) 11 < 5 (ns)
vers emploi < 5 (ns) < 5 (ns) < 5 (ns) < 5 (ns) < 5 (ns) < 5 (ns) < 5 (ns) < 5 (ns)
Chômage
vers inactivité < 5 (ns) < 5 (ns) 13 13 < 5 (ns) 7 < 5 (ns)
vers emploi 26 5 47 13 25 10 27 5
Inactivité
vers chômage 18 5 13 20 5 16 7 6
er eLecture : 1,6 % des personnes ayant un emploi au 1 trimestre (T1) se retrouvent au chômage au 2 trimestre (T2), soit 390 000 personnes ; parmi elles, la part des étudiants est non significative.
* non corrigées des évolutions tendancielles.
Champ : personnes de 15 ans ou plus.
Source : enquêtes Emploi 2003-2005, Insee.
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (0) 1 41 17 50 50
INSEE
PREMIEREL’insertion sur le marché Des variations saisonnières Saisonnalité de l'emploi selon
du travail est étalée de l'emploi plus fortes le type de contrat
au fil des saisons pour les ouvriers
Effectifs en milliers en écart à la tendance Effectifs en milliers en écart à la tendance
80 200Pour les jeunes ayant terminé leurs étu-
y compris les étudiants60des depuis moins de six mois au non compris les
150
40moment de l’enquête, la saisonnalité de
l’emploi diffère de celle de l’activité. 20 100
Ceux-ci se portent sur le marché du tra- 0
e 50vail à l’automne (4 trimestre) et surtout
-20
eren hiver (1 trimestre de l’année sui- 0
-40
vante). Qu’ils soient femme ou homme,
-60 -50ils ont 1,2 fois plus de chances d’être
-80actifs, c’est-à-dire d’avoir un emploi ou T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4-100
T1 T2 T3 T4 T1 T 2 T3 T4 T1 T 2 T3 T4 T1 T 2 T3 T4 Interim - Contrats-100d’en chercher un, en automne et en hiver
saisonniers CDD CDIOuvriers Employés Prof. interm. Cadres
qu’en été. Alors que c’est en hiver et au
Lecture : calculé en moyenne sur les trois années 2003, Lecture : calculé en moyenne sur les trois années 2003,
printemps, qu’ils auront 1,2 fois plus sou- 2004, 2005, le nombre d'ouvriers ayant un emploi au 2004, 2005, le nombre de contrats intérimaires et saison-
er e er1 trimestre est inférieur de 82 000 à la tendance, et au 3 niers est inférieur au 1 trimestre de 93 000 à la tendancevent un emploi. Il y aurait donc au moins
etrimestre supérieur de 71 000. (avec étudiants), et au 3 trimestre supérieur de 160 000une saison de décalage entre l’entrée
Champ : personnes de 15 à 75 ans ayant terminé leurs études. (avec étudiants).
dans la vie active et l’obtention effective Source : enquêtes Emploi 2003-2005, Insee. Champ : personnes de 15 à 75 ans.
Source : enquêtes Emploi 2003-2005, Insee.d’un emploi. Ce décalage correspond à
une période de chômage, c’est-à-dire au
temps de recherche d’emploi. Cepen- Participation au marché du travail
dant, l’accès au premier emploi ne con-
en %
clut pas forcément la période
Rapport des probabilités
T1 T2 T3 T4d’insertion : il peut s’agir d’un stage, d’un
Hommes T2/T4 T3/T4 T1/T3 T4/T3
contrat à durée déterminée qui peut être
Référence 86,7 88,2 88,6 87,9 1,0 1,0 1,0 1,0
suivi d’une autre période de chômage.
Bac+2 ou plus 93,1 93,3 93,3 93,2 1,0 1,0 1,0 1,0
L’insertion sur le marché du travail cor- CAP, BEP 88,0 88,1 88,5 88,9 1,0 1,0 1,0 1,0
respond bien à un processus étalé au fil Peu ou pas diplômés 79,7 79,8 80,9 81,1 1,0 1,0 1,0 1,0
Nationalité étrangère 86,3 89,1 88,9 88,1 1,0 1,0 1,0 1,0des saisons. En effet, chaque trimestre,
En cours d’études 6,1 8,0 10,0 6,1 1,3 1,6 0,6 0,6la moitié des personnes qui ont terminé
Études terminées depuis moins de 6 mois 74,6 67,3 62,0 71,6 0,9 0,9 1,2 1,2
leurs études depuis moins de six mois,
Mariés ou veufs 86,0 87,7 88,7 87,3 1,0 1,0 1,0 1,0
et qui entrent sur le marché du travail Présence d’enfant dans le ménage 91,1 91,8 92,1 92,2 1,0 1,0 1,0 1,0
passe de l’inactivité au chômage, l’autre 30-39 ans 92,9 93,6 92,8 92,2 1,0 1,0 1,0 1,0
40-49 ans 91,2 92,1 91,9 91,4 1,0 1,0 1,0 1,0moitié trouve directement un emploi
50 ans et plus 55,2 57,3 55,7 54,1 1,1 1,0 1,0 1,0durable ou pas.
Présence d’un autre actif dans le ménage 94,0 94,2 94,3 94,2 1,0 1,0 1,0 1,0
Ainsi en été, les personnes qui viennent
Femmes
de terminer leurs études représentent
Référence 81,0 82,5 82,3 81,3 1,0 1,0 1,0 1,08 % des inactifs et chômeurs nouvelle-
Bac+2 ou plus 86,6 87,1 87,5 87,4 1,0 1,0 1,0 1,0
ment embauchés, mais 20 % des passa-
CAP, BEP 80,0 81,0 80,7 80,2 1,0 1,0 1,0 1,0
ges entre inactivité et chômage. Elles Peu ou pas diplômées 68,5 70,1 69,6 69,5 1,0 1,0 1,0 1,0
constituent encore 10 % des passages Nationalité étrangère 71,8 72,5 72,8 70,9 1,0 1,0 1,0 1,0
e En cours d’études 9,8 12,3 14,5 9,4 1,3 1,5 0,7 0,6de l’inactivité à un emploi au 4 trimestre.
Études terminées depuis moins de 6 mois 78,8 68,5 66,8 75,7 0,9 0,9 1,2 1,1
Mariées ou veuves 69,5 71,9 70,6 69,7 1,0 1,0 1,0 1,0
Un enfant dans le ménage 79,1 80,0 79,6 78,6 1,0 1,0 1,0 1,0
Hors étudiants et fins d’études,
Deux enfants ou plus dans le ménage 62,3 64,5 65,6 63,4 1,0 1,0 0,9 1,0
des comportements d’activité 30-39 ans 89,1 89,7 89,0 88,3 1,0 1,0 1,0 1,0
40-49 ans 89,6 90,2 90,4 90,0 1,0 1,0 1,0 1,0non saisonniers
50 ans et plus 64,7 66,7 67,0 65,0 1,0 1,0 1,0 1,0
Présence d’un autre actif dans le ménage 89,2 89,8 89,9 89,6 1,0 1,0 1,0 1,0
Une analyse « toutes choses par ail-
leurs » montre que la saisonnalité de
Lecture : la situation de référence (en italiques) correspond à un homme (resp. une femme) de moins de 30 ans, célibataire, titu-
l’activité est la même quelles que soient laire d'un diplôme de niveau Bac, de nationalité française, qui a terminé ses études, et qui habite dans un ménage sans enfant et
er
sans autre actif. Au 1 trimestre, la probabilité que cet homme soit actif est de 86,7 % (resp. 81,0 % pour les femmes), elle est deles caractéristiques individuelles, en
e
87,9 % au 4 trimestre. Il a 1,0 fois plus de chances d'être en emploi au T2 qu'au T4 (rapport des probalbilités).
dehors du fait d’être étudiant ou en fin
Note : les probabilités prédites sont calculées à partir d'un modèle économétrique qualitatif qui modélise la décision d'être actif.
d’études. Exception faite des étudiants et Il comporte comme variables explicatives, outre des indicatrices de trimestre, le sexe, le diplôme, la nationalité, la poursuite ou
non d'études, le statut matrimonial, l'âge, la présence d'un enfant et d'un autre actif dans le ménage, ainsi que les croisementsde ceux qui viennent de terminer leurs
de ces variables avec les indicatrices de trimestre.
études, la décision de rechercher un
Champ : personnes de 15 à 64 ans.
emploi se prend à n’importe quel moment Source : enquêtes Emploi 2003-2005, Insee.
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (0) 1 41 17 50 50
INSEE
PREMIEREménages (c’est-à-dire 35 000 logements etde l’année. Les caractéristiques des hors étudiants reste soumis à une sai-
près de 75 000 personnes de 15 ans ouindividus (âge, sexe, diplôme, situation sonnalité. Ainsi, pendant la saison tou-
plus) répondent à l’enquête. Soit 54 000
familiale) jouent, certes, sur le fait d’en- ristique, les hôtels et les restaurants
ménages différents sur l’année (115 000
trer ou non sur le marché du travail mais emploient un personnel plus nombreux. personnes différentes de 15 ans ou plus).
ne provoquent pas d’à-coups saison- En revanche, les évolutions
niers. Pour les femmes par exemple infra-annuelles des autres secteurs
(tableau 2), le nombre d’enfants comme (industrie, construction) semblent moins Définitions
le statut matrimonial modifient la proba- marquées ; ce sont d’autres facteurs
bilité d’être active mais celle-ci reste comme la conjoncture qui jouent.
« Jobs d’été » : ce sont tous les emplois
stable quelle que soit la saison. La pro- Parmi les salariés (hors étudiants, gra-
occupés par des étudiants pendant l’été
babilité qu’une femme de moins de 29 phique 3), employés et ouvriers ont une (emplois, stages en entreprise, emplois occa-
ans célibataire se porte sur le marché du saisonnalité très marquée, avec un pic sionnels…).
Participation ou activité : un individu par-travail varie ainsi entre 81 % et 83 % en été. À l’inverse, l’emploi des cadres et
ticipe au marché du travail s’il est chômeurselon le trimestre. Si elle a deux enfants des professions intermédiaires est plus
au sens du BIT ou s’il a travaillé au moins
ou plus, elle sera active dans 62 % à 66 % stable : les cadres et professions inter-
une heure pendant la semaine de référence
des cas. Une femme mariée, sans médiaires (plus qualifiés) sont recrutés à (actif occupé).
enfant, sera active dans 70 % à 72 % plus long terme ce qui est cohérent avec Chômage : il estentenduausensduBu-
reau international du travail (BIT). Un chô-des cas. De même, à caractéristiques une saisonnalité moins forte de l’emploi
meur est une personne en âge de travailleridentiques, la participation d’une femme pour les plus diplômés (d’un niveau
(15 ans ou plus) qui
de moins de 29 ans qui a terminé ses Bac+2 ou plus).
1° n’a pas travaillé au cours de la semaine
études depuis plus de six mois ne Par ailleurs, les contrats intérimaires et de référence,
connaît pas une saisonnalité plus saisonniers (graphique 4) sont plus nom- 2° est disponible pour travailler,
e 3° a entrepris des démarches effectives demarquée que celle d’une femme plus breux au 3 trimestre (+ 160 000 person-
recherched’emploiouatrouvéunemploiâgée. Seule la probabilité de se porter nes en écart à la tendance) et moins
qui commence plus tard.ersur le marché du travail est corrélée nombreux au 1 trimestre (- 93 000 per-
Méthode
avec l’âge. Le diplôme et la nationalité sonnes). Les contrats à durée déter- a) L’âge considéré ici est l’âge au moment
jouent aussi fortement sur le niveau de minée (CDD) présentent le même type de l’enquête. Ceci diffère des publications
conjoncturelles de l’emploi et du chômageparticipation mais ils n’ont pas d’effet sur de variations mais avec une moindre
pour lesquelles on utilise l’âge atteint en finsa variation infra-annuelle. Cette ampleur. Les entreprises ont recours à
d’année.
absence de saisonnalité, exception faite ces contrats courts et modulables pour
b) Les graphiques1à4présententles
des étudiants en cours ou en fin d’étu- ajuster l’emploi aux variations de leur écarts à une tendance linéaire, préalable-
des, se retrouve pour les hommes activité au cours de l’année. Ceci est ment estimée sur la période 2003-2005.
c) Les effectifs des transitions individuelles(tableau 2). cohérent avec la disponibilité de courte
sont évalués à partir des répondants à l’en-durée des étudiants ainsi qu’avec une
quête Emploi sur deux trimestres consécu-
saisonnalité de l’emploi plus marquée
tifs. Une repondération a été effectuée afin
En été, un emploi fort dans chez les jeunes de moins de 29 ans, plus de tenir compte de ce comportement de ré-
le tertiaire et un ajustement souvent employés en CDD que leurs ponse.
d) L’enquête Emploi n’interroge pas lesaînés. À l’opposé, les contrats à duréepar contrats courts
ménages collectifs, elle ne permet doncindéterminée (CDI) sont peu sensibles
pas de suivre de manière satisfaisante
Ces variations infra-annuelles de l’offre aux saisons.
l’évolution saisonnière du nombre de sala-
de travail se conjuguent à celles de la riés agricoles qui sont souvent logés sur
demande de travail des entreprises. l’exploitation.Sources
Toutes deux contribuent au pic estival
d’emploi, qui s’observe en particulier Bibliographie
Les données proviennent des enquêtesdans le tertiaire (+157 000 personnes y
Emploi conduites en 2003, 2004 et 2005.compris les étudiants, en écart à la ten-
L’enquête Emploi est une enquête trimes- P. Givord, « L’insertion des jeunes sur le
dance). Ce pic est principalement porté
trielle et sa collecte a lieu en continu tout au marché du travail entre 2002 et 2004 »,
par l’emploi des étudiants mais l’emploi long de l’année. Chaque trimestre, 35 000 Insee Première n° 1061, janvier 2006.
INSEE PREMIÈRE figure dès sa parution sur le site Internet de l'Insee : www.insee.fr (rubrique Publications)
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