Les revenus fiscaux de l'agglomération de Saint-Brieuc : de fortes différences entre la ville-centre et la périphérie (Octant n° 96)

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Avec un revenu médian par unité de consommation de 14 500 euros en 2000, la Communauté d'Agglomération BRIochine (CABRI) se situe dans la moyenne des agglomérations françaises de taille comparable. Comme ses voisines bretonnes, elle présente un éventail de revenus réduit. Les communes périphériques de la Cabri sont plutôt homogènes : les écarts de revenus au sein de ces communes restent mesurés, et les différences entre communes aisées et communes modestes sont peu prononcées. Saint-Brieuc est en revanche la plus hétérogène des grandes villes bretonnes. La concentration de revenus faibles est plus forte chez les jeunes ménages, dont les taux et les conditions d'emploi sont moins favorables que dans les autres villes.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Revenus
Les revenus fiscaux
de l’agglomération de Saint-Brieuc
De fortes différences entre la ville-centre
et la périphérie
Avec un revenu médian par unité de consommation de 14 500 euros
en 2000, la Communauté d’Agglomération Briochine (Cabri) se situe
dans la moyenne des agglomérations françaises de taille comparable.
Comme ses voisines bretonnes, elle présente un éventail de revenus
réduit.
Les communes périphériques de la Cabri sont plutôt homogènes :
les écarts de revenus au sein de ces communes restent mesurés,
et les différences entre communes aisées et communes modestes
sont peu prononcées.
Saint-Brieuc est en revanche la plus hétérogène des grandes villes
bretonnes. La concentration de revenus faibles est plus forte
chez les jeunes ménages, dont les taux et les conditions d’emploi
sont moins favorables que dans les autres villes.
n 2000, la moitié de la population plus de 26 950 euros déclarés par UC, égalitaires, avec un rapport interdécileEde la Cabri vit dans un ménage qui et 10 % avec moins de 5 950 euros par de 4,7 contre 6,6 pour l’ensemble des
déclare un revenu par unité de consom- UC. pôles urbains français.
mation (UC) supérieur à 14 460 euros.
Ce revenu médian par UC (encadré Dé- Cette situation reflète plus globalement
finitions) se situe dans la moyenne des les spécificités de la Bretagne en termes
agglomérations françaises de 80 000 à de revenu. Elle arrive au cinquième Trois groupes de communes
120 000 habitants. La Cabri se caracté- rang des régions françaises pour le reve- dans la Cabri
rise aussi par des revenus homogènes, nu médian par UC et présente avec les
moins dispersés qu’à l’échelle natio- Pays de la Loire la dispersion la plus ré-
nale. Le seuil des hauts revenus est 4,5 duite. Cette homogénéité de revenus A l’intérieur de chaque agglomération,
fois plus élevé que celui des bas reve- s’applique aussi dans les villes : les pô- les revenus varient selon les communes,
nus : 10 % des habitants vivent avec les urbains bretons sont en effet les plus en fonction de leur localisation et de
16 Octant n° 96 - janvier 2004Revenus
Communautés d'agglomérations et communautés urbaines de 80 000 à 120 000 habitants
Niveau et dispersion du revenu déclaré par UC en 2000
Médiane
(en euros)
25 000
Saclay (91)
20 000
Haut Val de Marne (94)
Val d'Orge (91)
Sénart (77)
Vannes (56) Chambery (73)
Marne-la-Vallée (77)15 000 Niort (79) Melun (77)
ENSEMBLE Moyen-Pays Provencal (06)
Chartres (28)Quimper (29) Belfort (90)Laval (53) BAB (64)
CABRI (22) Chalon (71) Angoulême (16)
Montbéliard (25) Arras (62)
Saint-Nazaire (44) Cherbourg (50)
Forbach (57) Mantes (78)CUCM (71)
Calaisis (62)
Artois (62) Val de France (95)
Maubeuge (59)
10 000
3,5 4,0 4,5 5,0 5,5 6,0 6,5 7,0 7,5 8,0 8,5 9,0
Rapport interdécile
Source : Insee - DGI - Revenus fiscaux localisés des ménages en 2000
leur composition sociale. Dans la Cabri,
trois groupes se dégagent : la ville-
centre, les communes aisées et les au-
tres communes.
Saint-Brieuc présente avec Plédran le La communauté d’agglomération de Saint-Brieuc
revenu médian par UC le plus bas de la
Niveau et dispersion du revenu déclaré par UC en 2000
Cabri (13 700 euros). La forte dispersion
Médianedes revenus résulte de la présence si-
(en euros)multanée de revenus élevés et de reve-
16000nus faibles. Les hauts revenus dans la
Trégueux
Plérinville-centre sont du même ordre que
Pordic
dans les communes aisées : 10 % des
Briochins vivent dans un ménage qui 15500
déclare plus de 27 650 euros par UC. En Langueux
revanche la concentration de bas reve-
nus est beaucoup plus forte qu’ailleurs : Tréméloir
1500010 % des habitants vivent avec moins
Saint-Juliende 4 250 euros par UC dans le ménage, Hillion
alors qu’à Ploufragan et Plédran ce seuil
est proche de 6 000 euros, et qu’il dé- 14500 Yffiniac CABRI
passe 7 000 euros dans les autres com-
Meaugon Saint-Donanmunes de l’agglomération.
Ploufragan
14000
Trégueux, Plérin, Pordic et Langueux
Trémuson
Saint-Brieucpossèdent les niveaux de revenus les
BRETAGNEPlédran
plus élevés, car la part des cadres et des
retraités aisés y est plus importante. Tré- 13500
1,7 1,8 1,9 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4gueux est la plus homogène du groupe.
Plérin se révèle la plus hétérogène : on y Rapport interquartile
déclare à la fois des revenus élevés dans
Lecture : certaines communes sont en-dessous du seuil des 2 000 habitants, c'est pourquoi ce sont les rapports
les ménages cadres de Saint-Eloi/Les interquartiles qui ont été calculés et non les rapports interdéciles
Rosaires, et des revenus modestes dans Source : Insee - DGI - Revenus fiscaux localisés des ménages en 2000
Octant n° 96 - janvier 2004 17Revenus
dispersésdePlédran et Ploufragan sont
liés à la présence de quartiers d’habitat
Source
social.
L'INSEE diffuse à partir de 2003 de nouvelles statistiques locales sur les revenus,
qu'il établit à partir des fichiers des déclarations des revenus 2000 et de la taxe
d'habitation, fournis par la Direction Générale des Impôts (DGI).
Des bas revenus
Les indicateurs diffusés permettent de décrire le niveau et les disparités de reve-
à Saint-Brieucnus des ménages à travers leurs médiane, quartiles et déciles, ainsi que la compo-
sition du revenu. Cette source décrit les revenus plus finement que la source
IRCOM (Impôt sur le revenu des communes) disponible jusqu'à présent, qui était
basée sur le calcul d'une moyenne des revenus fiscaux après abattement et par A Saint-Brieuc, la population des ména-
foyer fiscal, et non par ménage. ges les plus pauvres dispose d’un reve-
nu inférieur à 4 250 euros par UC, tan-
Les données étudiées ici sont actuellement disponibles pour des regroupements
dis que ce seuil varie de 4 900 à 6 000
de communes correspondant à des découpages géographiques officiels, et euros dans les grandes villes de Bre-
comptant au moins 2 000 habitants au recensement de la population de 1999 (ce
tagne (sauf à Lorient où il est de 4 000
seuil est réduit à 50 ménages pour la médiane). Le respect des règles de confiden- euros). Cette concentration de bas reve-
tialité limite donc la disponibilité des résultats à ces zones géographiques.
nus peut être reliée à plusieurs indica-
teurs, qui témoignent de la présence de
personnes en difficulté dans la ville-
Agglomérations bretonnes de plus de 65 000 habitants et leurs villes-centres centre.
Niveau et dispersion du revenu déclaré par UC en 2000
Fin 2001, la population couverte par
Médiane
l’un des trois minima sociaux (Revenu(en euros)
minimum d’insertion, Allocation aux16 500
adultes handicapés, de pa-
rent isolé) versés par les Caisses d’Allo-CA RENNES
16 000 cations Familiales représente prèsde
10 % des Briochins, soit plus que dans
les autres villes bretonnes de plus de
15 500 30 000 habitants (9 % à Lorient, moins
CA VANNES
de 8 % sinon). En particulier, 5,2 % des
Rennes
Vannes habitants de Saint-Brieuc vivent dans un15 000
ménage qui touche le RMI ; là encore laQuimper
CA QUIMPER proportion dépasse celles des autres vil-
14 500 CABRI les. Les indicateurs liés à l’emploi vont
CU BREST dans le même sens : Saint-Brieuc pré-
sentait en 1999 un taux de chômage et
14 000
un taux d’emplois précaires inférieurs à
BrestCA LORIENT ceux de Lorient, mais plus élevésqu’àSaint-Malo
Saint-Brieuc
13 500 Saint-Malo, Vannes et Quimper.
CA SAINT-MALO
13 000
Lorient
Des revenus proches dans
la Cabri et dans la CUB
12 500
4,0 4,5 5,0 5,5 6,0 6,5 7,0
Rapport interdécile
En termes de revenus, la position de la
Source : Insee - DGI - Revenus fiscaux localisés des ménages en 2000
Cabri au sein des sept plus grandes ag-
glomérations de Bretagne est proche de
les ménages employés et ouvriers du niveau de revenu et sa dispersion celui de la Communauté Urbaine de
centre-ville Sud. A Pordic, la part des re- modérée. Brest (CUB). Toutes deux occupent, à
venus d’activité (75 %) et la proportion l’échelle régionale, une place intermé-
de cadres (13,5 % des actifs en emploi) Dans les autres communes de la Cabri, diaire entre d’une part Rennes, Vannes,
sont à rapprocher de la récente attracti- l’essentiel des ressources sont des reve- et Quimper, aux revenus plus élevés, et
vité de la commune : entre 1990 et nus du travail, déclarés par des actifs d’autre part Lorient et Saint-Malo, aux
1999, la croissance démographique a souvent artisans, commerçants, ou- revenus plus faibles.
surtout été due à de nouvelles arrivées, vriers ou professions intermédiaires. La
tandis que dans la plupart des autres part des revenus d’activité est en géné- Dans toutes ces grandes aggloméra-
communes, elle reposait principale- ral supérieure ou égale à 80 %. La situa- tions, les revenus sont davantage dis-
ment sur le solde naturel. Langueux est tion de Saint-Julien et Tréméloir (revenu persés dans la ville-centre que dans
la commune du groupe où l’on trouve le médian par UC supérieur à 14 800 eu- l’agglomération entière. La mixité so-
moins de retraités et le plus d’actifs. Elle ros, peu d’écarts de revenus) coïncide ciale des villes, où cohabitent ménages
abrite en 1999 moins de ménages ca- avec de forts taux d’activité, et les taux aisés et personnes en difficulté,créeen
dres et plus de ménages ouvriers que ses de chômage les plus faibles de la Cabri. effet des écarts de revenus plus impor-
voisines, ce qui explique son moindre Les revenus plus modestes et plus tants. Le revenu médian par UC y est
18 Octant n° 96 - janvier 2004Revenus
Les communautés d’agglomération de Lorient, Saint-Malo, Quimper et Vannes
Niveau et dispersion du revenu déclaré par UC en 2000
Médiane Médiane
(en euros) (en euros)
19 000 19 000
Larmor-Plage
18 000 18 000
17 000 17 000
Ploemeur
16 000 16 000
Guidel
15 000 15 000
Gestel Caudan
Quéven
Brandérion Cancale
BRETAGNEPort-Louis
14 000 Cléguer 14 000CA LORIENT Saint-MaloRiantec
Inzinzac-Lochrist Pont-Scorff
BRETAGNE Saint-Coulomb
Hennebont Saint-Méloir-des-Ondes
CA SAINT-MALOLanguidic
13 000 13 000
Gâvres Saint-Benoît-des OndesLorientLanester La Gouesnière
Hirel La FresnaisGroix12 000 12 000
Saint-Guinoux
Plerguer
11 000 11 000
2,01,7 1,8 1,9 2,1 2,2 2,3 1,7 1,8 1,9 2,0 2,1 2,2 2,3
Rapport interquartile Rapport interquartile
Médiane Médiane
(en euros) (en euros)
19 000 19 000
Arradon
Noyalo18 000 18 000
17 000 17 000
Larmor-Baden
Plomelin Séné
Baden
16 000 16 000
PloerenErgué-Gabéric
Saint-Avéé
CA QUIMPER Theix Saint-Nolff CA VANNES VannesGuengat15 000 15 000 HézoQuimper Plescop
Pluguffan Meucon
Treffléan
Monterblanc
14 000 14 000
BRETAGNEPlonéis BRETAGNE
Plogonnec
La Trinité-Surzur Sulniac Surzur13 000 13 000
Ile-d'Arz
Elven
12 000 12 000
11 000 11 000
1,7 1,8 1,9 2,0 2,1 2,2 2,3 1,7 1,8 1,9 2,0 2,1 2,2 2,3
Rapport interquartile Rapport interquartile
Source : Insee - DGI - Revenus fiscaux localisés des ménages en 2000
également plus faible (exceptéà Maubeuge) affichent des valeurs encore Brieuc fait apparaître les spécificités des
Saint-Malo), du fait d’une concentration plus élevées (supérieures à 10), mais en communes de la Cabri.
accrue de ménages à faibles revenus. Bretagne, seule Guingamp possède un
éventail de revenus plus large (avec un Les communes périphériques briochi-
rapport interdécile proche de 10,5). nes sont plus aisées et plus homogènes
que celles de l’agglomération de Saint-Saint-Brieuc : la plus
Malo. Leur profil global est proche dehétérogène des villes-centres
celui des communes entourant Quim-Homogénéité
per. Les niveaux de revenu y sont dude la périphérie briochine
La ville de Saint-Brieuc se distingue même ordre (entre 13 500 et 16 000 eu-
comme la plus hétérogène des villes- ros), et les deux agglomérations se dis-
centres, avec un rapport interdécile de La comparaison avec les aggloméra- tinguent par une périphérie homogène :
6,5 contre 6,2 à Lorient, et 4,6 à Quim- tions bretonnes dont la ville-centre a les revenus sont faiblement dispersés à
per. D’autres villes françaises (Béthune, une taille proche de celle de Saint- l’intérieur des communes et les
Octant n° 96 - janvier 2004 19Revenus
Définitions
Un ménage est défini comme l'ensemble des occupants économies d'échelle résultant de la vie en groupe. Le reve-
d'un même logement. Les ménages fiscaux désignés ici sont nu exprimé par UC devient un revenu par équivalent adulte,
constitués par le regroupement des foyers fiscaux réperto- comparable d'un lieu à un autre et entre ménages de com-
riés dans un même logement. Sont exclus de l'étude : positions différentes. Le nombre d'UC d'un ménage est éva-
les ménages de contribuables concernés par un événe- lué selon la définition utilisée par l'Insee et par Eurostat:
ment de type mariage, décèsouséparation au cours de le premier adulte du ménage compte pour 1 UC ;
l'année étudiée (2000) ; les autres personnes de 14 ans ou plus comptent chacune
les ménages constitués de personnes ne disposant pas de pour 0,5 UC ;
leur indépendance fiscale (essentiellement des étudiants, les enfants de moins de 14 ans comptent chacun pour 0,3
inclus dans le ménage de leurs parents) ; UC.
les contribuables vivant en collectivité.
Pour étudier le niveau du revenu, on utilise la médiane du
En France métropolitaine, les " ménages fiscaux " représen- revenu fiscal par unité de consommation, qui partage les
tent 95 % des ménages au sens du recensement. personnes en deux groupes : la moitié des personnes appar-
tiennent à un ménage qui déclare un revenu par UC infé-
Le revenu déclaré aux services fiscaux, plus simplement ap- rieur à cette valeur, et l'autre moitiéà un ménage qui dé-
pelé revenu fiscal, est la somme des ressources déclarées clare un revenu par UC supérieur à cette valeur.
par les contribuables sur la déclaration des revenus 2000,
avant abattement. Il comprend quatre catégories de reve- Pour décrire la distribution du revenu, on utilise les quarti-
nus : les et déciles du revenu fiscal par UC :
les revenus salariaux (salaires, droits d'auteur, avantages le premier quartile (Q1) est tel que 25 % des personnes
en nature, indemnités de maladie, allocations de chô- appartiennent à un ménage qui déclare un revenu par UC
mage et de préretraite, revenus perçus à l'étranger) ; inférieur à cette valeur ;
les revenus des professions non salariées (revenus nets de le troisième quartile (Q3) est tel que 75 % des personnes
déficits des indépendants comprenant les bénéfices agri- appartiennent à un ménage qui déclare un revenu par UC
coles, industriels, commerciaux et non commerciaux) ; inférieur à cette valeur ;
les retraites (hors minimum vieillesse), pensions d'invali- le premier décile (D1) est tel que 10 % des personnes ap-
dité, pensions alimentaires (déduction faite des pensions partiennent à un ménage qui déclare un revenu par UC
versées) et rentes viagères ; inférieur à cette valeur ;
les autres revenus (essentiellement des revenus du le dernier décile (D9) est tel que 90 % des personnes ap-
patrimoine). partiennent à un ménage qui déclare un revenu par UC
inférieur à cette valeur.
Le revenu fiscal est un revenu avant redistribution.Ilne
peut pas être assimiléà un revenu disponible, qui suppose- Pour mesurer la dispersion du revenu, on utilise le rapport
rait que l'on ajoute les revenus sociaux non déclarés (mini- interquartile (Q3/Q1) et le rapport interdécile (D9/D1) du
ma sociaux tels que RMI et minimum vieillesse, prestations revenu fiscal par unité de consommation. Ils établissent le
familiales, aides au logement) et que l'on soustraie les im- rapport entre " hauts " et " bas " revenus.
pôts directs (impôt sur le revenu et taxe d'habitation). Le re-
Dans les zones comptant au moins 10 000 habitants, lesvenu fiscal ne permet donc pas de tirer de conclusions im-
données de revenu sont enrichies par l'introduction de cri-médiates en termes de niveau de vie des ménages.
tères sociodémographiques : les indicateurs précédents sont
Le revenu fiscal par unité de consommation (UC) présente alors disponibles par taille de ménage et tranche d'âge du
l'avantage de relativiser le niveau de revenu par rapport à la référent fiscal (la personne identifiée comme payeur de la
composition du ménage fiscal, en tenant compte des taxe d'habitation dans le ménage).
différences entre communes aisées et plus élevés à Saint-Brieuc qu’à Lorient : retraites. D’autre part, l’éventail des re-
communes modestes sont peu pronon- le revenu médian par UC des Briochins venus se referme au fur et à mesure que
cées. Ceci est dûà l’absence de com- dépasse de 800 euros celui des Lorien- l’âge s’élève : les écarts de revenus sont
munes extrêmes, aux revenus très éle- tais, et le neuvième décile (encadré Dé- élevés parmi les jeunes ménages, fai-
vés (comme Arradon et Noyalo prèsde finitions) de 2 600 euros. Ceci explique bles parmi les plus de 60 ans.
Vannes, ou Larmor-Plage prèsdeLo- pourquoi l’éventail de revenus est plus
rient) ou très faibles (à l’instar d’Elven et réduit à Lorient. En dépit de ces tendances globales, des
Sulniac dans l’agglomération de Van- différences existent d’une ville à l’autre,
nes, ou Lanester et Groix dans celle de en particulier la forte dispersion des re-
Lorient). Ces communes induisent de venus des jeunes ménages à Saint-Des revenus plus faibles
forts rapports interdéciles (supérieurs à Brieuc.chez les jeunes
ceux de Plérin ou Plédran), et une varia-
bilité intercommunale importante. On peut penser que très peu de ces jeu-
L’introduction du critère d’âge dans nes ménages sont des ménages étu-
Saint-Brieuc et Lorient se démarquent l’analyse des revenus permet d’affiner diants, les étudiants étant pour la plu-
par une part plus importante de revenus les résultats (graphique page suivante). part rattachés fiscalement à leurs
faibles. Mais si les ménages les moins D’une part, le revenu médian par UC parents, et donc absents du champ des
favorisésdéclarent des revenus compa- croît avec l’âge tant que le référent fiscal ménages fiscaux. Un quart des person-
rables dans les deux villes, les revenus est actif puis décroît lorsque les revenus nes vivant dans ces ménages disposent
des autres ménages sont en revanche d’activité sont remplacés par des de moins de 5 700 euros déclarés par
20 Octant n° 96 - janvier 2004Revenus
Revenu par UC selon l'âge du référent fiscalUC, et 10 % d’entre eux de moins de
1 350 euros. Ces seuils de revenus, plus Comparaison des villes-centres
faibles que dans les autres villes, souli- Médiane
(en euros)gnent une concentration de bas revenus
19 000chez les jeunes ménages briochins et
50-59expliquent les fortes disparités
50-59
18 000observées.
60-75
50-59
17 000
Davantage de précarité 50-59
16 000 60-75chez les jeunes à Saint-Brieuc
60-75
40-4960-75 50-59
15 000 60-75
40-49Les ménages à bas revenus sont des mé-
nages disposant de peu de ressources 14 000
30-39(emplois faiblement rémunérés, alloca-
40-49
40-49tions chômage), ou n’ayant pas de res-
13 000
30-39Quimpersources du tout. Leur revenu disponible
40-49Vannesest augmenté des prestations sociales,
12 000 < 30
mais leur revenu déclaré peut être très
< 30 30-3930-39
30-39faible, voire nul. Comme précédem-
11 000
St Maloment, la présence de bas revenus chez St Brieuc< 30 < 30< 30Lorientles jeunes ménages briochins peut être
10 000reliée à la faiblesse de certains indica-
teurs socio-économiques.
9 000
34 56 7 8 9 10 11 12 13 14En mars 1999 à Saint-Brieuc, 15 % des
Rapport interdécilejeunes ménages non étudiants (dont la
personne de référence a moins de 30 Lecture : à Saint-Brieuc, la moitié des personnes vivant dans un jeune ménage (moins de 30 ans) déclarent un
ans et n’est pas étudiante) ont à leur tête revenu inférieur à 10 250€ par UC, avec un rapport interdécile proche de 14 ; dans les ménages dont le référent
une personne au chômage. Cette pro- fiscal a entre 50 et 59 ans, le revenu médian par UC est de 17 280€ et le rapport interdécileestde7.
portion, proche de celle de Lorient, est Source : Insee - DGI - Revenus fiscaux localisés des ménages en 2000
supérieure aux valeurs des autres villes
moyennes (13 % à Saint-Malo et Quim-
per, 11 % à Vannes). La part des jeunes
ménages dont la personne de référence
est inactive est également plus élevée
que dans les villes voisines : elle est de
5,2 % à Saint-Brieuc contre 3,8 % à Lo-
rient, et moins de 2,6 % ailleurs.
Pour en savoir plus
On compte donc à Saint-Brieuc davan-
La carte de France des revenus déclarés/Michel Rouxel, Insee Bretagne, danstage de jeunes ménages « chômeurs »
Insee Première n° 900 - Mai 2003 ;ou « inactifs », dont les ressources sont
réduites. Les revenus déclarés par les Les revenus déclarés par les Bretons en 2000/Serge Le Guen, Insee Bretagne,
ménages « en emploi » (79 % des jeunes Flash d’Octant n° 87 - Juin 2003 ;
mé en 1999) sont également sus-
Les plus hauts revenus à la périphérie des agglomérations/Éric Ambiaud, Inseeceptibles d’être plus faibles qu’ailleurs.
Midi-Pyrénées, Six pages n° 64 - Juillet 2003 ;
Les jeunes ménages de cadres sont
moins nombreux qu’à Vannes et Quim- Les revenus fiscaux des Bas-Normands en 2000, moins élevés et moins dispersés
qu’en métropole/Alain Ménard, Insee Basse-Normandie, dans Cent pour Centper, tandis que la part des ménages ou-
Basse-Normandie n° 122 - Juillet 2003 ;vriers est supérieure à celle des autres
villes. La précarité de l’emploi y est aus- Les revenus 2000 déclarés par les ménages franciliens/Corinne Martinez, Insee
si plus forte : à Saint-Brieuc et Lorient, Ile-de-France, dans Ile-de-France à la page n°224, - Juin 2003 ;
28 % des jeunes chefs de ménages actifs
La Normandie au dessus de la moyenne des régions françaises/Monique Tillard,occupés ont un emploi à durée limitée,
Insee Haute Normandie, dans Aval n°27 - Septembre 2003 ;
contre 24 % à Vannes, Quimper et
Saint-Malo. Revenus fiscaux des ménages, année 2000 / Insee - DGI Paris : Insee 2003 -
Cédérom.
Isabelle LE BOËTTÉ
Octant n° 96 - janvier 2004 21

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