Les revenus fiscaux des Bas-Normands en 2000 - Moins élevés et moins dispersés qu'en métropole

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En 2000, la moitié de la population bas-normande vit dans un ménage déclarant un revenu inférieur à 12 900 euros par unité de consommation. Ce revenu médian est inférieur de 500 euros à celui de la Province, et de 1 000 euros à celui de la Métropole. Reflétant la logique d'urbanisation, les revenus médians les plus élevés se situent dans l'espace urbain. On les retrouve en fait en périphérie des villes, où résident les personnes les mieux rémunérées. Reflet de la mixité sociale, les villes-centres présentent les plus importants écarts de revenus entre ménages aisés et modestes. Comme dans les autres régions de l'Ouest de la France, l'éventail des revenus est assez réduit en Basse-Normandie : le rapport des revenus les plus élevés sur les plus faibles n'est que de 4,6 (contre 5,2 en Province et 5,6 en Métropole).
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Les revenus fiscaux des Bas-Normands en 2000
MOINS ÉLEVÉS ET MOINS DISPERSÉS QU’EN MÉTROPOLE
es déclarations de revenus fis caux au titre de l’année 2000 ont 5 4Lm é n a g e sf i s c a u xe n9 84 0 permis de comptabiliser près de BasseNormandie. Afin de prendre en compte la composition de ces ména ges, le niveau de leur revenu fiscal est exprimé par unité de consommation (uc) et devient ainsi un revenu par équivalent adulte comparable d’un l i e uà un au t r e .L am o i t i éd e s BasNormands vit dans un ménage qui adéclaré un revenu fiscal par unité
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de consommation inférieur à 12 900 euros. Ce niveau médian est inférieur à celui de la France métropolitaine (13 950 euros par uc), et à celui de la Province (13 430 euros par uc). Au palmarès des régions aux déclara tions les plus élevées figurent, après l’ÎledeFrance (17 140 euros par uc), l’Alsace (15 640 euros) et la région RhôneAlpes (14 400 euros). La BasseNormandie se situe quant à e elle en 18position parmi les 22 régions métropolitaines.
n° 122 - juillet 2003
% En 2000, la moitié de la popu-lation bas-normande vit dans un ménage déclarant un revenu infé-rieur à 12 900 euros par unité de consommation. Ce revenu médian est inférieur de 500 euros à celui de la Province, et de 1 000 euros à ce-lui de la Métropole.
% Reflétant la logique d’urbani-sation, les revenus médians les plus élevés se situent dans l’espace urbain, surtout en périphérie des vil-les.
% Reflet de la mixité sociale, les villes-centres présentent les plus importants écarts de revenus entre ménages aisés et modestes.
% Comme dans les autres ré-gions de l’ouest de la France, l’éventail des revenus est assez ré-duit en Basse-Normandie : le rap-port des revenus les plus élevés sur les plus faibles n’est que de 4,6 (contre 5,2 en Province et 5,6 en Métropole).
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Mesurer le revenu médian de tout ou partie de la région est nécessaire mais ne suffit pas. Il faut encore évaluer la disparité, c’estàdire l’écart entre les hauts et bas revenus. Deux barreaux spécifiques permettent de décrire cette échelle des revenus déclarés :  le niveau des revenus les plus modes tes (10 % de la population vit dans un ménage déclarant un revenu inférieur), qui s’élève à 5 380 euros par uc dans la région en 2000 ;  celui des hauts revenus (10 % de la population vit dans un ménage décla rant un revenu supérieur) qui atteint 24 900 euros.
Le rapport entre ces deux seuils cons titue un bon indicateur de la disparité des revenus. En BasseNormandie, les hauts revenus sont un peu moins de cinq fois (4,6) plus élevés que les plus bas, l’éventail étant un peu plus serré que pour la France métropolitaine
(5,6). La disparité des revenus déclarés pour 2000 est en fait très différente d’une région à l’autre. Elle est élevée dans les régions du sud de la France (supérieure à 7), ainsi que dans le N o r d  P a s  d e  C a l a i s( 6 , 2 )e te n ÎledeFrance (7). Cette disparité appa raît en revanche plus faible dans les au tres régions, en particulier celles de l’Ouest.
Les revenus fiscaux dépendent de l’urbanisation
Les niveaux de revenus fiscaux reflè tent la logique d’urbanisation : les re v e n u sm é d i a n sl e sp l u sé l e v é s appartiennent à l’espace urbain, alors que les plus bas s’inscrivent dans l’es pace rural. L’espace urbain est en effet le lieu de vie des actifs les plus quali fiés : parmi les ménages basnormands ayant à leur tête un cadre ou une per sonne exerçant une profession intellec tuelle supérieure, plus de huit sur dix y
résidaient en 1999. Aussi, le Calvados, département le plus urbain de la ré gion, présente le plus fort revenu mé dian déclaré en 2000 avec 13 460 euros par uc, devant l’Orne (12 550 euros) et la Manche (12 430 euros). Il se classe d’ailleurs parmi les départements aux
LES REVENUS FISCAUX DÉCLARÉS PAR LES MÉNAGES BAS-NORMANDS EN 2000 Unité : euro par unité de consommation
Revenu fiscalar unité de consommationStructure du revenu fiscal Dis aritédes revenusPart des retraites, Seuil des basSeuil des hautsPart des revenus (2) Revenu médianpensions et rentes (1) (3)(6) revenus revenusd’activité (%) (4) (5) Rapport Disparité (%) France métroolitaine 5150 13950 28660 5,673,4 22,7 Province 5120 13430 26500 5,271,7 24,4 Basse-Normandie 5380 12900 24900 4,671,5 24,5 Calvados 5400 13460 26250 4,9Assez forte73,3 22,6 Orne 5260 12550 23510 4,5Faible 69,826,1 Manche 5420 12430 23910 4,4Faible 69,926,3 Zones d'emloi Caen-Ba eux5 47013 77026 5604,9 Assezforte 74,621,7 Alen on-Ar entan5 00012 81024 4004,9 Assezforte 71,225,1 Saint-Lô 5690 12760 23900 4,2Faible 72,923,6 Lisieux 4990 12550 26040 5,2Forte 68,725,7 Cherbourg 5190 12540 23940 4,6Faible 71,825,0 Mortagne-au-Perche 5 23012 51023 4604,5 Faible67,8 27,7 L'Ai le Avranches-Granville 5810 12510 24550 4,2Faible 66,828,5 Flers 5650 12450 22540 4,0Faible 70,125,8 Coutances 5220 12000 23750 4,6Faible 66,329,5 Vire 5510 11930 21960 4,0Faible 70,125,5 (1)10 % des personnes vivent dans un ménage qui déclare un revenus par uc inférieur à cette valeur. (2)La moitié des personnes vivent dans un ménage qui déclare un revenu par uc inférieur à cette valeur, l’autre moitié un revenu par uc supérieur. (3)10 % des personnes vivent dans un ménage qui déclare un revenu par uc supérieur à cette valeur. (4)Il s’agit du rapport entre hauts et bas revenus. (5)La disparité est ditefortesi supérieure à celle de Province,assez fortesi comprise entre la disparité régionale et celle de Province,faiblesi infé-rieure à la disparité régionale. (6)Revenus salariaux et revenus des professions non salariées. Source : Insee - DGI - revenus fiscaux localisés des ménages en 2000 . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIEn° 122
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LES REVENUS FISCAUX DÉCLARÉS EN BASSE-NORMANDIE EN 2000 SELON LE TYPE DE COMMUNE Unité : euro par unité de consommation (1) Seuil des bas revenusRevenu médianSeuil des hauts revenusDis arité Pôles urbains4 60013 30026 2005,7 Couronnes 6 79014 19026 1303,8 ériurbaines Autres communes 5 48012 23023 4904,3 de l’espace urbain Pôles d’emploi5 05012 22023 3904,6 Couronnes de pô-6 28012 76023 0103,7 les d’emloi Autres communes 5 29011 63022 1704,2 de l’espace rural (1)Il s’agit du rapport entre hauts et bas revenus Source : Insee - DGI - revenus fiscaux localisés des ménages en 2000 revenus médians les plus élevés des réen recherche d’emploi. En consésons, Mathieu, PérierssurleDan, g i o n sd el ’ o u e s t ,d e v a n c ép a rquence, l’éventail des revenus est plusEpron, BiévilleBeuville, SaintContest l’IlleetVilaine (14 040euros), laouvert dans ces villescentre que danset CambesenPlaine, où la moitié des Loire Atlantique (13 960 euros), le Files autres communes.personnes appartiennent à un ménage nistère (13 740 euros) et la Sarthedéclarant plus de 20 000 euros par uc. (13 540 euros).La capitale régionale illustre parfaiteDe plus, si cette périphérie caennaise ment ce schéma. La ville de Caen afaffiche des hauts revenus légèrement L’espace à dominante rurale présente fiche certes un revenu fiscal médiansupérieurs à ceux de la ville de Caen quant à lui un niveau de revenu médian élevé (13 920 euros par uc en 2000),(29 490 euros par uc), les bas revenus y moins élevé. Il est même parfois infé mais moindre que celui des cantons quisont en revanche bien différents : les rieur à 11 000 euros par uc dans le sud l’entourent. Ainsi, au nord, les cantonsmoins aisés déclarent souvent plus de et le centre de la Manche. Conséquence de Creully (16 640 euros), Douvresla7 000 euros par uc dans les cantons péri d’une moindre présence des profes Délivrande (15 900 euros), Ouistrehamphériques alors que sur Caen ils ne dé sions les mieux qualifiées, les ménages (15 770 euros), ainsi qu’au sud de Caenpassent pas 3 640 euros. On retrouve les plus aisés y déclarent des hauts le canton d’Évrecy (15 760 euros), fontdonc une périphérie “homogène vers le revenus moins élevés que dans l’espace partie des dix cantons aux revenus méhaut”, alors que la capitale régionale urbain. dians les plus élevés de la région. On yprésente l’une des plus fortesdisparités De fortes disparitésde la région.trouve les communes de VillonslesBuis dans les centres urbains Au sein de l’espace urbain, les revenus déclarés ne sont pas homogènes : les couronnes périurbaines se caractéri sent en effet par des revenus médians plus élevés que dans les pôles urbains. Dans ces périphéries à vocation rési dentielle, les personnes vivant dans les ménages les plus aisés déclarent des reve nus comparables à ceux des villescentre. En revanche, les 10 % les plus défavo risés y déclarent un revenu fiscal bien plus élevé (6 790 euros par uc) que dans les pôles urbains (4 600 euros par uc). Ceci traduit bien l’attraction de la ville visàvis des personnes les plus démunies. L’offre de logements y est en général plus diversifiée, avec un parc social développé, et le marché du travail plus porteur attire les personnes . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIEn° 122
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La répartition des revenus fiscaux au sein et autour des autres principales vil les de la région suit la même logique. Il en est ainsi à Cherbourg, Alençon, Argentan, Flers, L’Aigle, Lisieux et SaintLô. A L’Aigle, Argentan et Lisieux, les revenus médians sont plus faibles que dans les autres principales villes de la région. Au contraire SaintLô affiche un revenu fiscal mé
dian relativement élevé (13 780 euros par uc), proche de celui de Caen. Enfin, sur la côte Fleurie, l’éventail des revenus est très large, reflet d’une forte mixité sociale, la population mêlant ménages à revenus élevés et personnes en situation de précarité. Le logement social est d’ailleurs très présent sur les cantons de Cabourg, Dozulé, Trou villesurMer et Honfleur.
Un ménage est défini comme l’ensemble des occupants d’un même logement. Les “ména-ges fiscaux” désignés ici sont constitués par le re-groupement des foyers fiscaux répertoriés dans un même logement. Sont exclus de l’étude : - les ménages de contribuables concernés par un événement de type mariage, décès ou séparation au cours de l’année étudiée (2000) ; - les ménages constitués de personnes ne disposant pas de leur indépendance fiscale (essentiellement des étudiants, in-clus dans le ménage de leurs parents) ; - les contribuables vivant en collectivité. Les “ménages fiscaux“ retenus représentent 95 % des ménages au sens du recensement en France métropolitaine. Le revenu déclaré aux services fiscaux, plus simplement appelé re-venu fiscal, est la somme des ressources déclarées par les contri-buables sur la “déclaration des revenus 2000”, avant abattement. Il comprend quatre catégories de revenus : - les revenus salariaux (salaires, droits d’auteur, avantages en nature, indemnités de maladie, allocations de chômage et de préretraite, revenus perçus à l’étranger) ; - les revenus des professions non salariées (revenus nets de déficits des indépendants comprenant les bénéfices agricoles, industriels, commerciaux et non commerciaux) ; - les retraites (hors minimum vieillesse), pensions d’invalidité, pensions alimentaires (déduction faite des pensions versées) et rentes viagères ;
ISSN 1267-2769
Sur le littoral ouest du Cotentin, on re trouve un niveau fiscal médian sensi blement proche de celui de la côte Fleurie. Le développement du tou risme a fait de cet espace côtier un lieu de destination privilégié aussi bien pour les retraités que les actifs accom pagnés de leurs familles.
Alain MÉNARD
- les autres revenus (essentiellement des revenus du patri-moine). Le revenu fiscal est un revenu avant redistribution. Il ne peut pas être assimilé à un revenu disponible, qui supposerait que l’on ajoute les revenus sociaux non déclarés (minima sociaux tels que RMI et minimum vieillesse, prestations familiales, aides au logement) et que l’on soustraie les impôts directs (impôt sur le revenu et taxe d’habitation). Le revenu fiscal ne permet donc pas de tirer de conclusions en termes de niveau de vie des ménages. Le revenu fiscal par unité de consommation (uc) présente l’avantage de relativiser le niveau de revenu par rapport à la composition du ménage fiscal. Par rapport au revenu d’une per-sonne, il permet de prendre en compte les économies d’échelle résultant de la vie en groupe. Le revenu exprimé par uc devient un revenu par équivalent adulte, comparable d’un lieu à un autre et entre ménages de compositions différentes. Le nombre d’uc d’un ménage est évalué selon la définition utilisée par l’Insee et par Eurostat (le premier adulte du ménage compte pour 1 uc, les au-tres personnes de 14 ans ou plus pour 0,5 uc chacune, et les en-fants de moins de 14 ans pour 0,3 uc chacun). Pour étudier le niveau du revenu au titre de 2000, on utilise la médiane du revenu fiscal par unité de consommation (uc), qui partage les personnes en deux groupes : la moitié des person-nes appartiennent à un ménage qui déclare un revenu par uc in-férieur à cette valeur etl’autre moitié un revenu par uc supérieur. Cette notion est donc différente de celle utilisée pour décrire les revenus au titre de 1999, où la médiane partageait lesménages en fonction de leur niveau de déclaration, et non lespersonnes.
“Au travers des déclarations d’impôt : les revenus fiscaux des Bas-Normands”, Alain Ménard, Insee Basse-Normandie,Cent pour cent Basse-Normandie,n° 115, février 2003, 6 p, 2,2. “La carte de France des revenus déclarés”, Michel Rouxel,Insee Première,n° 900, mai 2003, 4 p, 2,2. Revenus fiscaux des ménages : année 2000, Insee et DGI, 2003 (bases de données) - cédérom.
DIRECTION REGIONALE DE L’INSEECENT POUR CENT Basse-Normandie 93, rue de GeôleDirecteur de la publication: Jean-Louis BORKOWSKI 14052 CAEN CEDEX 4Rédacteur en Chef: Yvon GOURLAOUEN Tél. : 02.31.15.11.11Fax : 02.31.15.11.01Secrétaire de Rédaction: Nadine GAUTIER Site Internet : www.insee.fr/basse-normandieComposition PAO: Françoise LEROND Abonnements: Nadine SAUVAGE -Tél. : 02.31.15.11.02 Directeur :Jean-Louis BORKOWSKI Administration des ressources: Marie-Hélène GAYPrix de vente :le numéro : 2,2Service statistiqueAbonnement un an (12 numéros) :: Jean-Louis BORKOWSKI (par intérim) Service études et diffusion- France : 20: Laurent DI CARLOAttaché de presse :Yvon GOURLAOUEN - Tél. : 02.31.15.11.16- Étranger : 23
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