Les salaires par secteur d'activité : en tête la finance et l'immobilier en queue le BTP

De
Publié par

Entre 1996 et 2000 les salaires ont augmenté plus rapidement que le coût de la vie. Les activités financières et immobilières sont celles qui ont le plus amélioré les rémunérations de leurs salariés. La forte proportion de cadres y justifie des salaires élevés. Le commerce et l'industrie ont également fortement augmenté les rémunérations de leurs salariés. Mais la grande proportion d'ouvriers et d'employés y maintient les salaires à un niveau bas. Le BTP et les services aux particuliers sont les secteurs où les salaires sont les plus faibles.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 41
Tags :
Nombre de pages : 3
Voir plus Voir moins

éco nomie
Les sa lai res par sec teur d’ac ti vi té
En tête la fi nance et
Entre 1996 et 2000 les salai res ont aug men té plus rapi de ment que
le coût de la vie. Les acti vi tés finan ciè res et immo bi liè res sont
cel les qui ont le plus amé lio ré les rému né ra tions de leurs
sala riés. La forte pro por tion de cadres y jus tifie des salai res
éle vés. Le com merce et l’industrie ont éga le ment for te ment
aug men té les rému né ra tions de leurs sala riés. Mais la grande
pro por tion d’ouvriers et d’employés y main tient les salai res à un
niveau bas. Le BTP et les ser vi ces aux par ti cu liers sont les
sec teurs où les salai res sont les plus fai bles.
-ous les sec teurs d’acti vi té ont aug a connu une crois sance de près de 19 %
men té leurs salai res horai res moyensLa source du salaire horaire brut. Le com merce aTentre 1996 et 2000. Les taux aus si beau coup aug men té les rému né ra -
La source DADS (décla ra tion annuelle d’aug men ta tion s’éta lent entre 18,6 % et tions de ses sala riés (+ 17 %), sui vi en
de don nées socia les) couvre le champ 5,6 % et sont donc presque tou jours -cela par l’industrie (15 %), par ti cu liè re
sala rié hors fonc tion publique d’Etat et supé rieurs à la hausse de l’indice des ment l’industrie agroa li men taire (15,6 %). ser vi ces per son nels. prix (hors tabac) qui a été de 6 % entre Dans ces trois sec teurs les rému né ra tions
1996 et 2000. Ces haus ses englo bent res tent infé rieu res à cel les de l’ensemble
cel les du salaire mini mum et cel les qui des sala riés réu nion nais mais elles ten -
sont indui tes par la réduc tion du temps dent à rat tra per leur retard. Pour cha cune L’auteur de tra vail, ain si que les avan ce ments de des caté go ries socio pro fes sion nel les
car rière. Elles peu vent aus si cor respondre (cadres, pro fes sions inter mé diai res,Jamel MEKKAOUI, chargé des études sur
à des chan ge ments dans la struc ture du employés, ouvriers) la crois sance dul’emploi à la direction régionale de
per son nel.l’INSEE. salaire horaire y est par mi les plus for -
tes.Le sec teur des acti vi tés finan ciè res et
immo bi liè res est celui où la crois sance Le sec teur des acti vi tés finan ciè res et
des salai res horai res a été la plus forte. immo bi liè res est deve nu le sec teur les
Ce sec teur, qui fai sait déjà partie des plus rému né ra teur pour les sala riés. Pour
sec teurs les plus rému né ra teurs en 1996, ce sec teur la rému né ra tion horaire brute
moyenne s’élève à plus de 15
euros. Il passe ain si devant le sec -Niveau et évo lu tion des salai res horai res
moyens par sec teur d’activité teur de l’édu ca tion, de la san té, et
de l’action sociale et celui de
l’énergie qui tenaient les pre miè -
res pla ces en 1996. Dans ces deux
sec teurs les rému né ra tions horai -
-res bru tes moyen nes sont res pec ti
ve ment de 14,7 et 14,6 euros en
2000. Pré ci sons que ces don nées
excluent la fonc tion publique
d’Etat ; le sec teur de l’édu ca tion,
de la san té et de l’action sociale
n’est donc que par tiel le ment pris
en compte dans l’ana lyse.
A l’oppo sé le sec teur du BTP et
6 - industrie agroa li men taire1 - acti vi tés finan ciè res et celui des ser vi ces aux par ti cu liers
7 - autres indus tries immob iliè res
8 - com merce sont ceux où la rému né ra tion2 - édu ca tion, san té, action sociale
9 - admi nis tra tion3 - énergie horaire brute moyenne est la plus
10 - ser vi ces aux par ti cu liers4 - ser vi ces aux entre pri ses
11 - cons truc tion faible. En 2000 elle s’éle vait à 8,85 - trans ports
-euros dans le BTP, en aug men ta
Les ac ti vi tés fi nan ciè res et im mo bi liè res tion de 8,5 % depuis 1996. Elle
sont cel les qui ont le plus aug men té leurs était légè re ment supé rieure dans le sa lai res de puis 1996, el les ont le plus fort
sec teur des ser vices aux par ti cu -sa laire ho raire moyen en 2000.
8économie
l’im mo bi lier, en queue le BTP
liers (9 euros) grâce à une aug men ta tion volume horaire sala rié de l’année 2000 a Des écarts simi lai res ende 13 % sur les quatre années pré cé den - été effec tué par des cadres alors que ce
métro poletes. Notons la place plus que modeste de taux n’est que de 5,5 % pour l’ensemble.
l’admi nis tra tion au sein de l’ensemble A l’inverse, les sec teurs du BTP et le
des sec teurs avec 9,7 euros en moyenne. com merce uti li sent une main-d’œuvre En métro pole aus si, les niveaux moyens
Il s’agit en fait des acti vi tés admi nis tra ti - com posée essen tiel le ment d’ouvriers et de rému né ra tion pré sen tent de gran des
ves qui ne sont pas assu rées par les titu - d’employés. Dans ces deux sec teurs, la dis pa ri tés selon les sec teurs d’acti vi té.
C’est dans les sec teurs de la recherchelai res de la fonc tion publique, mais par pro por tion de ces sala riés atteint res pec -
et du déve lop pe ment, du conseil et deles non-titu lai res des col lec ti vi tés loca les ti ve ment 84 % et 76 %. A titre de com -
l’assis tance, de la pro duc tion deet le per son nel des asso cia tions. Les pa rai son, les ouvriers et les sala riés ne
com bus tible et de car bu rants et desemplois aidés sous forme de con trats repré sen tent que 65 % du volume
acti vi tés finan ciè res que l’on trouve les
emploi-soli da ri té ou d’emplois jeu nes y horaire sala rial mesu ré au cours de salai res nets horai res moyens les plus
-sont nom breux. l’année 2000 dans l’ensemble des sec éle vés. Supé rieurs à 14 euros ils
teurs du champ étu dié. repré sen tent au moins 36 % de plus
que le salaire horaire moyen tousLe poids des dif fé ren tes Tou te fois, même au sein d’une même sec teurs confon dus. A l’inverse les
caté go ries pro fes sion nel les caté gorie socio pro fes sion nelle, quel ques sec teurs de l’éco nomie employant une
dif fé ren ces sub sis tent. Ain si, il appa raît main-d’œuvre peu qua lifiée affi chent
des niveaux de salaire nets infé rieurs à-Bien évi dem ment, ces dif fé rents sec teurs que les ouvriers de l’industrie sont légè
8 euros par heure. On trouvene requièrent pas les mêmes com pé ten - re ment mieux rému né rés que les ouvriers
notam ment par mi les moins bien payés ces et les mêmes qua li fi ca tions et ceci du BTP (9 euros contre 8 euros). Plus
les sala riés des « ser vi ces per son nels etexplique en grande partie la dis tri bu tion impres sion nant est l’écart entre le salaire domes ti ques » avec 6,6 euros de
des salai res entre eux. Ain si, on note une des ouvriers de l’énergie et ceux des l’heure, ceux des « hôtels et
-forte pré sence des pro fes sions inter mé autres sec teurs. Alors que pour l’en- res tau rants » avec 7,2 euros, ceux des
diaires au sein du sec teur des acti vi tés semble, la rému né ra tion horaire brute indus tries de l’habil le ment et du cuir et
ceux du com merce de détail et de lafinan ciè res et immo bi liè res, de l’énergie, des ouvriers se situe entre 8 et 9 euros,
répa ra tion avec 7,8 euros. Dans leet du sec teur édu ca tion, san té, action les ouvriers du sec teur de l’énergie ont
sec teur de la cons truc tion le salairesociale (res pec ti ve ment 41 %, 31 % et une rému né ra tion qui atteint les 12 euros.
horaire net moyen est un peu plus35 % de l’emploi total en volume Bien repré sen tés dans le sec teur, puis - éle vé et avoi sine les 9 euros.horaire). Alors que ce taux n’atteint pas qu’ils y for ment 45 % de l’effec tif sala -
les 20 % sur l’ensemble des sec teurs. Extrait de « Les salai res dans l’industrie, rié, ils res tent cepen dant peu nom breux
Dans ces même sec teurs, on note aus si le com merce et les ser vi ces en 1999 »puisque l’énergie n’emploie qu’à peine
une forte pro por tion de cadres. Ceci est – Insee résultats série Emploi-revenus –1 % de l’ensemble des sala riés. En volume
n° 179-180 – juil let 2001 - 210 pages.par ti cu liè re ment vrai pour les acti vi tés horaire l’énergie ne repré sente donc
finan ciè res et immo bi liè res où 13 % du qu’une faible part dans l’emploi sala rié
des ouvriers.
Part des ouvriers et des employés
par sec teur d’acti vi té en 2000
De for tes dif fé ren ces de
salaire pour les employés
Par mi les employés, on note de manière
plus fla grante encore que chez les
ouvriers, une dis per sion des salai res en
fonc tion du sec teur d’acti vi té. Une nou -
-velle fois, le sec teur de l’énergie se dis
tingue avec une rému né ra tion horaire
brute moyenne de l’ordre de 12,1 euros.
-Mais d’autres sec teurs offrent des rému
né ra tions com pa ra bles à savoir, le sec -
teur de la san té, action sociale (12,1 euros)
et les acti vi tés finan ciè res et immo bi liè res
(11,9 euros). A l’autre bout de cette hié -
rarchie des salai res, on retrouve les
employés de l’industrie, du bâti ment etL’in dustrie et le BTP em ploient du com merce pour qui les rému né ra tions sur tout des ou vriers, le com merce
sont com pri ses entre 8 et 9 euros. Toutet les ser vi ces sur tout des em -
ployés. en bas de cette échelle de rému né ra tion,
9éco nomie
Sa laire ho raire moyen brut par sec teur d'ac ti vi té (en eu ros)
crois sance
Sec teur d'ac ti vi té 1996 2000
2000/199 6 (%)
Acti vi tés fi nan ciè res et im mo bi liè res 13,0 15,4 18,61
Les sa lai res de la Edu ca tion, San té, Action so ciale 13,4 14,7 10,32
fonc tion pu blique
Energie 13,4 14,6 8,73
Les salai res des agents de l’Etat ne sont Ser vi ces aux en tre pri ses 12,0 12,6 5,64
pas inclus dans le champ trai té par la
Trans portssource DADS. Ils ne sont donc pas 5 10,0 11,3 13,3
évo qués dans cet article. Tou te fois, nous
Industrie Agroa li men taire 9,1 10,5 15,66 pou vons four nir quel ques élé ments les
concer nant. Ain si, pour l’année 1999 le
Au tres in dus tries 9,0 10,4 15,07 salaire moyen des agents de l’Etat à
temps com plet était d’un peu plus de Com merce8 8,3 9,8 17,2
32 500 euros, soit, si on prend pour base
un temps de tra vail de 2 028 heu res sur Admi nis tra tion9 8,5 9,7 13,9
l’année, un salaire horaire net de l’ordre
de 16 euros. Par mi ceux-ci, on cons tate Ser vi ces aux par ti cu liers10 8,0 9,0 13,0
une forte dis pa ri té entre titu laire et non
Cons truc tion 8,1 8,8 8,5titu laire. Pour les pre miers, le salaire 11
horaire moyen était de 17,1 euros, il
Source : Insee, Dads 1996 et 2000.
était de seu le ment 10,7 euros pour les
non titu lai res.
- tout visible pour les cadres et les pro fes -les employés des ser vi ces aux par ti cu
liers avaient une rému né ra tion horaire -sions intel lec tuel les supé rieu res. Ces iné
brute de 7,7 euros en 2000. ga li tés appa raîs sent dans l’ensemble des
sec teurs.-Les pro fes sions inter mé diai res sont légè
-re ment mieux rému né rées dans les sec Dans le com merce, l’écart entre le
teurs de la san té, de l’action sociale, de salaire des hom mes et des fem mes au
l’énergie et des acti vi tés finan ciè res et niveau cadre atteint les 44 %. Parmi les
immo bi liè res que dans les autres sec - cadres de la san té et de l’action sociale
teurs. Leur rému né ra tion s’étale entre (hors fonc tion publique) les hom mes
16,4 euros et 17,1 euros alors que la per çoi vent une rému né ra tion moyenne
moyenne de rému né ra tion des pro fes - de 40 % supé rieure à celle d’une femme.
sions inter mé diai res dans l’ensemble du L’écart est de 32 % dans les ser vi ces aux
champ est de 14,6 euros. entre pri ses, 27 % dans les acti vi tés
finan ciè res et immo bi liè res.
Les fem mes et les jeu nes Quel que soit le sec teur, on observe une
tou jours moins rému né rés -forte dis pa ri té de reve nus entre les jeu
nes et leurs aînés. Les jeu nes de moins
Dans l’ensemble des sec teurs, les fem - de trente ans reçoi vent en moyenne
mes ont une rému né ra tion infé rieure à 7,7 euros de l’heure contre 11,9 euros
pour leurs aînés. Cet écart a deux expli -leurs homo lo gues mas cu lins. Notons
l’excep tion du bâti ment où il est vrai, le ca tions. D’une part, on peut consi dé rer
nombre de femmes est très faible par qu’au cours de sa car rière, un indi vi du
rap port aux hom mes (moins de 6 %). De peut voir aug men ter son salaire. D’autre
manière moins anec do tique, le com part, l’aug men ta tion du chô mage et la-
merce, les indus tries agroa li men tai res et pré ca ri sa tion de l’emploi a exer cé une
les acti vi tés finan ciè res et immo bi liè res pres sion néga tive sur les salai res. Aus si,
sont les trois sec teurs où la dif fé rence de les nou veaux entrants sur le mar ché de
salai res entre hom mes et fem mes est la l’emploi qui sont sou vent des jeu nes de
plus nette. Ain si, dans ces trois sec teurs, moins de trente ans se trou vent-t-ils face
un homme per çoit en moyenne une à une situa tion de plus faible salaire que
rému né ra tion supé rieure de 22 % à 25 % leurs aînés, en dépit d’un niveau de for -
-à ce que per çoit une femme. Bien évi ma tion lar ge ment supé rieur. n
dem ment, dans les sec teurs où la rému -
Ja mel MEKKAOUI-né ra tion est plus faible tels que les ser vi
ces aux par ti cu liers, la dif fé rence est
moins forte, de l’ordre de 7 %. L’écart
sala rial entre hom mes et fem mes est sur -
10

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.