Niveau de qualification des emplois en Haute-Normandie : Une proportion d'emplois non qualifiés du même ordre que dans les autres régions

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Le poids des ouvriers dans l'emploi , et en particulier des ouvriers qualifiés, demeure sensiblement plus important en Haute-Normandie. Parallèlement, les emplois plus qualifiés, cadres ou professions libérales sont moins présents. L'industrie locale offre de nombreux emplois de techniciens et agents de maîtrise. La Haute-Normandie n'accuse pas une trop forte représentation des emplois peu ou pas qualifiés et se situe dans la moyenne des régions de province. La structure économique de la Haute-Normandie explique une bonne part des différences observées avec les autres régions mais pas toutes : même en tenant compte des activités présentes, le nombre d'ouvriers qualifiés est relativement élevé et celui des cadres, plutôt faible.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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NIVEAU DE QUALIFICATION DES EMPLOIS EN HAUTE-NORMANDIE
Une proportion d’emplois non qualifiés
du même ordre que dans les autres régions
François GITTON
minante ouvrière, tout comme ellea Haute-Normandie a l’imageLe poids des ouvriers dans
demeure industrielle, même si de nomL d’une région ouvrière avec un -
l’emploi, et en particulier des breux emplois d’ouvriers appartiennentniveau de qualification des emplois plus
au tertiaire (activités portuaires). Ainsi,ouvriers qualifiés, demeure faible qu’ailleurs. Un passé industriel et la
30% des hommes de moins de 50 ansproximité de Paris expliquent une plussensiblement plus important en
sont des ouvriers qualifiés et un quartforte présence des ouvriers et une
Haute-Normandie. des hommes de moins de 30 ans sontmoindre implantation des emplois de
des ouvriers non qualifiés. La région seParallèlement, les emplois plus cadres. Les postes d’employés représen-
distingue donc toujours par un poids imtent 28% des emplois, conformément -qualifiés, cadres ou professions
portant d’ouvriers qualifiés et une sur-reaux autres régions de province et la pro- -
libérales sont moins présents. présentation des techniciens et agentsportion de professions intermédiaires,
de maîtrise. Ces derniers sont particulièprise dans son ensemble, n’a elle non -L’industrie locale offre de
rement présents chez les hommes deplus rien de spécifique (22% desnombreux emplois de
plus de 50 ans (7% des emplois enemplois).
techniciens et agents de Haute-Normandie contre 5% en pro-
vince). La Haute-Normandie se situe à lamaîtrise. La Haute-Normandie
première place des régions françaisesUNE INDUSTRIE RICHE EN EMPLOIS
n’accuse pas une trop forte
pour ce qui est de la proportion d’ouDE TECHNICIENS -
représentation des emplois peu vriers qualifiés ou d’agents de maîtrise etET D’AGENTS DE MAÎTRISE
à la deuxième pour la part de techniciensou pas qualifiés et se situe dans
dans le total des emplois. Ceci est lié àEn 1975, les postes d’ouvriers non
la moyenne des régions de
l’industrie locale (automobile, chimie,qualifiés ou de manœuvres représen-
province. La structure énergie...) qui est relativement peu génétaient 27% des emplois régionaux et -
ratrice d’emplois de cadres (bien queceux d’ouvriers qualifiés 16%, soit unéconomique de la
dans la moyenne des régions de prototal de 43% des emplois contre seule --
Haute-Normandie explique une vince) mais offre un nombre importantment 37% en moyenne en province
bonne part des différences d’emplois de techniciens et d’agents de(France hors Ile-de-France). Depuis, l’in-
maîtrise.dustrie a perdu de nombreux emplois, lesobservées avec les autres
En ce qui concerne la part d’ouvriersactivités de services ont connu de gran-
régions mais pas toutes : même non qualifiés, la Haute-Normandie rédes modifications (moins de dockers par -
gresse sur la période récente et s’insèreen tenant compte des activités exemple...) et le nombre d’ouvriers ou de
ainsi dans la moyenne. Elle occupe acmanœuvres représente 31,5% des em- -présentes, le nombre d’ouvriers
tuellement la 10e place contre la 8e enplois en Haute-Normandie contre 28%
qualifiés est relativement élevé 1990 et un classement supérieur les déen province. L’écart s’est donc considéra- -
cennies précédentes. Pour ce qui est deset celui de cadres, plutôt faible. blement réduit mais la région reste à do-
employés, peu ou pas qualifiés, la
Haute-Normandie se situe dans la
RÉPARTITION DES EMPLOIS SELON LA CATÉGORIE SOCIOPROFESSIONNELLE EN 1999 moyenne des régions françaises
France de Rang de la Répartition de mais seulement au 10e rang pour
Haute- province (hors Haute- l’emploi
les employés du commerce ou desNormandie Ile-de-France) Normandie/ théorique (1)
Catégorie socioprofessionnelle (CSP) (en %) (en %) régions (en %) services directs à la personne.
Agriculteurs exploitants 2,0 3,4 17 2,1 Globalement, la part d’emplois peuArtisans 2,8 3,3 17 3,2
Commerçants 2,6 3,0 13 2,8 ou pas qualifiés (ouvriers et em-
Chefs d’entreprise de 10 salariés et plus 0,7 0,7 18 0,7
ployés) en Haute-Normandie est
Professions libérales 1,1 1,4 21 1,3
tout à fait dans la moyenne desCadre de la fonction publique, professions intellectuelles et artistiques 4,3 4,8 16 4,6
Cadres d’entreprise 4,3 4,3 7 4,6 proportions observées dans les ré-
Professions intermédiaires de l’enseignement, de la santé, de la fonction publique 9,2 10,1 18 9,6 gions de province.
Professions intermédiaires administratives et commerciales des entreprises 6,1 6,2 9 6,3
Techniciens 4,3 3,7 2 4,2
Agents de maîtrise 3,1 2,4 1 2,8
Employés de la fonction publique 11,2 11,8 18 11,0
PEU DE PROFESSIONSEmployés administratifs d’entreprise 7,2 7,0 5 7,1
Employés de commerce 3,7 3,9 10 3,7 LIBÉRALES
Personnels des services directs aux particuliers 6,0 5,9 10 5,7
EN HAUTE-NORMANDIE
Ouvriers qualifiés 19,4 16,3 1 18,0
Ouvriers non qualifiés 11,2 10,5 10 11,4
Ouvriers agricoles 0,8 1,3 16 0,9 Parallèlement, la proportion
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 - Exploitation complémentaire au lieu de travail Unité : %
d’emplois de cadres demeure plus(1) répartition attendue de l’emploi en fonction des secteurs d’activité présents dans la région (voir encadré p. 5)
4 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 19 - Novembre 2002
EMPLOINOUS AVONS LU POUR VOUSNOUS A
faible qu’ailleurs. Les écarts en points même à l’intérieur d’un grand secteur
PEU D’AGENTS DE L’ETAT EN HAUTE-NORMANDIEavec les autres régions de province ne d’activité. Par exemple, le taux d’enca-
En 2000, la fonction publique d’Etat compte 3,1 milsont pas très importants mais il s’agit drement n’est pas le même dans l’in --
lions d’agents titulaires, contractuels et en emplois aidés.d’effectifs faibles. Les cadres de la fonc dustrie agroalimentaire (5%) que dans la-
Par rapport à 1990, l’augmentation est de 10%, ramenée
tion publique représentent 4,3% des em pharmacie ou l’industrie des composants- à 8% en “équivalents temps plein”.
plois contre 4,8% en moyenne en électriques et électroniques (autour de Ces effectifs sont répartis inégalement sur le territoire
national. Ainsi, la Corse arrive en tête avec 63,8 agentsprovince ; les professions libérales 1,1% 20%). Ce taux diffère également entre la
en équivalents temps plein pour 1 000 habitants, suivie decontre 1,4%, soit un “déficit” de profes transformation du caoutchouc (sous-sec- -
l’Ile-de-France (58,1) et de la Lorraine (50,4).
sions libérales supérieur à 20%. La teur de la chimie) et la parachimie (autre La Haute-Normandie, malgré une augmentation de
Haute-Normandie se situe au 21e rang sous-secteur de la chimie beaucoup plus ses effectifs, ne compte que 39,4 agents pour 1 000 habi-
tants. La région se situe au 2e rang des régions françaisur 22 régions en termes de poids des encadré). -
ses comptant le moins de fonctionnaires. La région la plusprofessions libérales, donc derrière les
pauvre en agents de l’Etat est celle des Pays de la Loire
autres régions du bassin parisien (sauf avec 37,6 agents pour 1 000 habitants.
Champagne-Ardenne) même si les dif LES SECTEURS D’ACTIVITÉ- Les agents de l’Etat : évolutions entre 1990 et 2000 /
férences avec les autres régions du N’EXPLIQUENT PAS TOUT Pauron D. et Quarré D. - In : INSEE première. - N° 865
(2002, août) ; 4 p.nord sont très faibles. Pour ce qui est
des cadres de la fonction publique, la En tenant compte de la répartition
FAIBLES TAUX DE RÉUSSITE AUXrégion se place au 16e rang (les pre des activités haut-normandes et en ap- -
BACCALAURÉATS POUR LES HAUT-NORMANDSmi ères places étant d évolues à pliquant à chaque activité la répartition
Dans l’Académie de Rouen, pour la session 2002,l’Ile-de-France et aux régions méridio par catégorie socioprofessionnelle (CSP)-
9 732 candidats se sont présentés à l’examen du bacca-nales). Notamment, la région se situe des emplois observée en province, on
lauréat général et 6 553 à celui du baccalauréat technolo-
au 18e rang pour les employésetles arrive à une répartition théorique (voir gique. C’est un peu moins qu’en 2001 pour les séries gé-
professions intermédiairesdel’ensei encadré méthodologique ci-dessous) nérales (9 975 candidats) et légèrement plus pour les-
séries technologiques (6 526 candidats).gnement, de la santé, de la fonction des CSP en Haute-Normandie dans l’hy-
Les taux de réussite pour cette session 2002 sont de
publique (instituteurs, infirmières...). pothèse d’une même répartition (même
72,3% (74% en 2001) pour le baccalauréat technologique
Cependant, parler de déficit, de part de cadres, d’ouvriers...) par et 75,7% (75% en 2001) pour le baccalauréat général.
cadres notamment, à partir de ce constat sous-secteur d’activité.La répartition des Au niveau national, 17 académies (notamment Gre-
noble, Rennes, Strasbourg, Toulouse...) ont des taux deserait une erreur. Il faut, en effet, tenir activités explique ainsi pleinement la sur-
réussite supérieurs à 80% dans la filière générale et
compte de la structure par secteur d’acti représentation des techniciens ou la-
8 académies (notamment Nantes, Grenoble, Rennes...)
vité de la région. Une plus forte présence sous-représentation des employésdela dépassent aussi ce pourcentage dans la filière technolo-
industrielle implique une forte pré fonction publique ou des agriculteurs et gique. Les taux de réussite haut-normands, qui se situent
bien en dessous, placent notre région en 24e positionouvrière ; le faible poids de l’agriculture ouvriers agricoles, et explique plus de la
(sur 26) pour les deux baccalauréats général et
implique moins d’agriculteurs exploitants. moitié de l’excédent d’ouvriers qualifiés
technologique.
Certaines activitésnécessitent un taux ou d’agents de maîtrise et la moitiééga- Résultats provisoires du baccalauréat : France métropoli-
d’encadrement plus faible que d’autres, lement du “déficit” de cadres ou profes- taine : session de juin 2002 / Ministère de la jeunesse, de
l’éducation et de la recherche. - In : Note d’Information. -sions intermédiaires de la fonction
N° 02.38 (2002, juil.) ; 6 p.publique. Si on veut donc distinguer un
MÉTHODOLOGIE effet propre à la région, qui n’est alors
L’ILLETTRISME EN HAUTE-NORMANDIEpas dû aux activités économiques en
Afin de mesurer l’incidence du poids des dif- Entre 7% et 15% de la population française âgéedeplace et à leur répartition, la Haute-Nor-férents secteurs d’activité (plus forte présence plus de 16 ans est concernée par l’illettrisme. Dans lamandie se distingue toujours par un sur-de l’industrie en Haute-Normandie, impor- région, ce pourcentage se situe entre 12% et 15%,
plus d’ouvriers qualifiés et moins detance des transports et en particulier des au-dessus des moyennes nationales. Outre la grande dis-
cadres d’entreprise qu’elle ne devrait en persion des établissements sur le territoire régional, letransports portuaires...), l’Insee calcule une
taux de scolarisation des enfants de 2 ans (importantrépartition de l’emploi attendue si dans avoir. Cela signifie que localement, pour
pour la suite de la scolarité) est de 25,7% en Haute-Nor-chaque sous-secteur d’activité (niveau de no certains secteurs d’activité,ilya,relati- -
mandie contre 34,9% pour la France. Le taux d’échec
menclature détaillé - NES114 - qui permet de vement à ces secteurs, peu d’emplois de scolaire à l’entrée en sixième ainsi que le taux de sortie
distinguer la chimie minérale de la chimie or- cadres et plus d’ouvriers qualifiés. La sans qualification sont supérieurs aux moyennes nationa-
ganique, la construction automobile de la fa- les ( respectivement 4,7% contre 4,3% et 8,9% contresous-représentation des professions li-
brication d’équipements automobiles, etc.) la 7,5% ). Par ailleurs, la proportion d’élèves en ZEP atteintbérales, et dans une moindre mesure
20,3% contre 12% pour la France.répartition par CSP était conforme à la
des artisans, est également une réalité A partir de 1985, les pouvoirs publics haut-normandsmoyenne de province. On obtient donc une ré-
qui n’a pas d’explication par un effet de ont mis en place des structures afin de lutter contre l’illet-partition globale par CSP théorique “compa-
trisme. En 2001, trois millions d’euros ont été engagésetstructure économique mais plutôt parrable” avec la répartition observée. On voit
3 500 personnes ont été accueillies dans ces structures.d’autres facteurs. La situation géogra-ainsi comment les différences de structures Parmi celles-ci, 65% étaient des femmes, 73% avaient
phique en est un : les régions du nord atéconomiques aident à expliquer les différen -- 26 ans et plus et 64% étaient demandeurs d’emploi. La
ces observées initialement entre la Haute-Nor tirent moins de cadres de la fonction lutte contre l’illettrisme s’organise aussi au sein des entre- -
prises avec des modules spécifiques d’apprentissage in-mandie et les autres régions de province. Les publique et moins de professions libéra-
tégrés aux plans de formation.différences entre les deux répartitions régio- les (les médecins par exemple). La proxi-
16 questions sur l’emploi et la formation en Haute-Nor-nales (réelle et attendue ou théorique) ne s’ex- mité de Paris et de nombreux sièges
mandie / Centre de ressources pour la formation profes-pliquent alors plus par des différences de sociaux expliquent un “déficit” de cadres sionnelle de Haute-Normandie. - Rouen : CREFOR, 2002. -
structures économiques mais par des effets
114 p. : cartes, graph., tabl. ; 30 cm. - (Les dossiers [OREFet la plus grande facilité pour externaliser
résiduels : géographie, importance du passé... Haute-Normandie] ; n° 1)hors région certains services
Nelly LANNEFRANQUE, Florence PIMENTA
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 19 - Novembre 2002 5

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