Niveaux des revenus fiscaux et disparités territoriales

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En 2001, pour la région Nord-Pas-de-Calais, le revenu médian des ménages par unité de consommation s'avère inférieur de 1 500 euros à celui de la France de province. Des ménages plus grands, ou qui disposent plus souvent qu'ailleurs d'un seul revenu, contribuent à tirer vers le bas le niveau des ressources déclarées. De ce fait, le Nord-Pas-de-Calais fait partie des régions où l'éventail des revenus est le plus ouvert. Par ailleurs des disparités territoriales s'organisent entre urbain et rural, ainsi qu'entre grandes villes et périphéries.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N°2 - MARS 2005
Niveaux des revenus fiscaux
et disparités territoriales
En Nord-Pas-de-Calais, près de 1 450 000
ménages fiscaux ont déclaré des revenus
au titre de l’année 2001. Il s’agit unique-
En 2001, pour la région Nord-Pas-de-Calais, le ment des revenus portés sur ladéclaration
fiscale en fonction de la législation en
vigueur (cf. Pour comprendre ces résul-revenu médian des ménages par unité de tats), ce qui ne permet pas de tirer de con-
clusionentermesdeniveaudevie.Afin de
prendre en compte la composition desconsommation s’avère inférieur de 1 500 euros
ménages, les revenus sont calculés en
« équivalent adulte » encore appelé
« unité de consommation » (UC) (cf. Pour com-à celui de la France de province. Des ménages
prendrecesrésultats).
UN REVENU MÉDIAN PARMI LES PLUSplus grands, ou qui disposent plus souvent
FAIBLES
En 2001, la moitié de la population duqu’ailleurs d’un seul revenu, contribuent à tirer
Nord-Pas-de-Calais vit dans un ménage qui
déclareunrevenuparunitédeconsommation
inférieur à 12 573 euros, soit un montant infé-vers le bas le niveau des ressources déclarées.
rieurdeprèsde1500eurosàceluimesuréen
France de province. Après l’Île-de-France,
De ce fait, le Nord-Pas-de-Calais fait partie des dont le revenu médian est proche de 18 000
euros,l'Alsace(16419euros)etRhône-Alpes
(15146euros)sontlesdeuxrégionsauxreve-
régions où l’éventail des revenus est le plus nusmédianslesplusélevés. Àl’inverse, avec
le Languedoc-Roussillon (12 834 euros) et la
Corse (12 235 euros), le Nord-Pas-de-Calais
ouvert. Par ailleurs des disparités territoriales figure parmi le trio des régions au plus faible
revenu médian par unité de consommation.
Dans les autres régions, le revenu médians’organisent entre urbain et rural, ainsi qu’entre
est toujours compris entre 13 000 et 15 000
euros, et s’écarte peu de la moyenne de
France de province.grandes villes et périphéries.RÉPARTITION ET STRUCTURE DES REVENUS FISCAUX DES MÉNAGES DU NORD-PAS-DE-CALAIS EN 2001
Unités : euros, % UNE DOUBLE OPPOSITION
Revenu fiscal par unité de consommation Structure du revenu fiscal URBAIN/RURAL ET GRANDE
VILLE/PÉRIPHÉRIERapport Revenuser eMédiane 1 décile 9 décile (1) Retraitesinter-déciles d’activité
Sur l’ensemble du territoire régional, émergentNord 12 911 4 190 26 445 6,3 75,3 21,7
trois types d’espaces en matière de niveauxPas-de-Calais 12 056 4 321 24 065 5,6 73,2 23,9
de revenus : les cantons ruraux, les cantons
Nord-Pas-de-Calais 12 573 4 240 25 596 6,0 74,6 22,5
périurbains et ceux des grandes villes (cf.
14 103 5 446 27 637 5,1 71,9 24,2 cartes 1 et 2).Les cantons à dominanteFrance de province
rurale se caractérisent par un revenuFrance métropolitaine 14 650 5 469 29 943 5,5 73,6 22,4
médian moins élevé que dans le reste de la(1) Les revenus d’activité comprennent les revenus salariaux et les revenus des professions non salariées.
Source : Insee, DGI - Revenus fiscaux des ménages en 2001 région ainsi que par une dispersion des
revenus plus faible. En revanche, dans les
cantons périurbains, les revenus médiansUNE PROPORTION ÉLEVÉE DE dont les deux parents occupent un emploi
par unité de consommation sont parmi lesest plus faible (33% de l’ensemble desMÉNAGES À BAS REVENUS
plus élevés de la région, tandis que l’éven-familles au niveau régional contre 37% pour
tail de revenus est semblable à la situationla province). Ce phénomène se conjugue àUn habitant du Nord-Pas-de-Calais sur
des cantons à dominante rurale. Dans cer-dix vit dans un ménage dont le revenu une proportion de familles monoparentales
taines grandes villes telles que Roubaix,plus forte dans la région qu’en France depar unité de consommation est inférieur
Lille, Calais, Arras, Boulogne-sur-Mer ouà 4 240 euros, tandis que 10% de la popu- province (respectivement 13% et 11% des
Valenciennes, le rapport entre les hauts etfamilles en 1999).lation réside dans un ménage dont le
les bas revenus est plus élevé que dans lerevenu déclaré par unité de consomma-
reste de la région.tion est supérieur à 25 596 euros, soit six LA PART DES REVENUS
fois plus. En Nord-Pas-de-Calais, comme D’ACTIVITÉ PLUS IMPORTANTE
Les différences entre cantons périphéri-en Corse, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, QU’AILLEURS
ques et villes centres s’illustrent parLanguedoc-Roussillon et Île-de-France,
exemple dans le Calaisis. Ainsi, dans lesl’éventail des revenus est plus ouvert que Les revenus d’activité représentent la
cantons périphériques à Calais, le rapportdans les autres régions. majeure partie des revenus déclarés au fisc
inter-déciles est inférieur à 5 et le revenuL’importance de la dispersion observée par les ménages du Nord-Pas-de-Calais
médian déclaré par unité de consommationdans le Nord-Pas-de-Calais comme dans le (74,6%). Ce poids des revenus d’activité est
dépasse la barre des 13 600 euros. Danspourtour méditerranéen tient à la plus forte de 2,7 points supérieur à la moyenne
les cantons de la ville de Calais, le revenupart de ménages à bas revenus : l’éventail observée dans l’ensemble des régions de
médian est plus faible, proche de 11 250des revenus, dans ces régions, est ouvert province (cf. tableau). En effet, la population
euros par unité de consommation, et l’éven-vers le bas. En revanche, en Île-de-France, de la région étant la plus jeune de la France
tail des revenus plus ouvert, avec un rap-l’éventail des revenus est ouvert vers le métropolitaine, la part des pensions, retraites
port inter-déciles de 9,3. La ville centre, parhaut, du fait de la part importante des ou rentes dans les revenus déclarés y est
rapport à sa périphérie où les revenus sontménages les plus aisés. moindre qu’ailleurs. Toutefois, des dispari-
plus élevés et les milieux sociaux plustés apparaissent puisque dans les can-
homogènes, présente des contrastesDES MÉNAGES PLUS GRANDS, UN tons de l’ancien bassin minier (Lens,
importants, accueillant à la fois des ména-REVENU UNIQUE PLUS FRÉQUENT Denain et leur périphérie), les pensions,
ges modestes dans le parc de logementsretraites ou rentes peuvent représenter
sociaux, et des ménages plus aisés dansLa faiblesse du revenu médian déclaré en plus de 30% des revenus déclarés.
les « beaux quartiers »
Nord-Pas-de-Calais peut surprendre, dans
la mesure où le niveau des salaires est,
NIVEAU ET DISPERSION DES REVENUS DÉCLARÉS PAR LES MÉNAGES EN 2001dans la région, comparable à ce qui est
observé en province (cf. Profils
Nord-Pas-de-Calais n° 08, octobre 2004).
C’est que la région présente des spécificités
en termes de structures familiales et de taux
d’activité des femmes. D’une part, le
nombre d’enfants par ménage est plus
élevé dans la région que dans le reste de la
France, du fait d’une fécondité plus sou-
tenue. Ce phénomène concourt à élever
le nombre de personnes par ménage fis-
cal (2,64 personnes contre 2,44 au
niveau métropolitain) et, par conséquent,
à diminuer les revenus rapportés au
nombre d’unités de consommation. D’autre
part, le taux d’activité des femmes est moindre
en Nord-Pas-de-Calais : à peine 44% des fem-
mes participent au marché du travail, contre
47% dans les régions de province.
En conséquence la proportion des familles
Source : Insee, DGI - Revenus fiscaux des ménages en 2001Carte 1 : REVENU FISCAL MÉDIAN PAR UNITÉ DE CONSOMMATION ET PAR CANTON EN 2001
QUELQUES CAS EXTRÊMES SE
DISTINGUENT
Quelques cas singuliers se dégagent des
tendances régionales. Ainsi, les villes
d’Avesnes-sur-Helpe et de Roubaix sortent
du lot par la faiblesse du revenu médian
par unité de consommation (respective-
ment 9 065 euros et 8 212 euros).
Ce résultat tient en particulier de la forte
proportion de ménages avec de très faibles
revenus déclarés. 10% des habitants
d’Avesnes-sur-Helpe vivent dans un
ménage qui déclare un revenu inférieur à
572 euros par unité de consommation, 10%
des Roubaisiens dans un ménage qui
déclare un revenu inférieur à 731 euros par
unité de consommation, soit des niveaux
inférieurs à la moyenne régionale de plus de
80%. D’où une forte disparité des revenus :
le rapport inter-déciles dépasse 40 pour
Avesnes-sur-Helpe et 27 pour Roubaix. Carte 2 : RAPPORT INTER-DÉCILES PAR UNITÉ DE CONSOMMATION ET PAR CANTON EN 2001
Ces communes présentent un très fort taux
de chômage (28% à Avesnes-sur-Helpe et
32% à Roubaix en 1999) et un poids consi-
dérable des familles monoparentales (23%
de l’ensemble des familles en 1999). De
plus, le parc des logements sociaux y est
particulièrement développé : plus du tiers
des logements roubaisiens relèvent du parc
HLM.
À l’opposé, dans les cantons de
Marcq-en-Baroeul, Tourcoing-Sud, Dainville
et Cysoing, le revenu médian est très élevé
(supérieur à 17 600 euros par unité de
consommation) et la dispersion des reve-
nus est inférieure à la moyenne régionale.
La forte présence de professions intellec-
tuelles supérieures et de cadres (plus de
25% à Tourcoing-Sud et Marcq-en-Baroeul
en 1999) caractérise ces cantons.
Carte 3 : PART DES RETRAITES ET DES PENSIONS DANS LES REVENUS DÉCLARÉS PAR UNITÉ DE CONSOMMATION ETQue peut signifier un éventail des
PAR CANTON EN 2001
revenus ouvert ?
Un éventail des revenus ouvert au
sein d’une ville peut correspondre à
des réalités sociales et économiques
très variées. Il peut être le signe d’une
répartition territoriale au sein de la
commune, lorsque les ménages à bas
et hauts revenus habitent dans des
quartiers séparés avec une idendité
marquée. Toutefois, un éventail des
revenus ouvert peut tout aussi bien
correspondre à un brassage social
lorsque coexistent des ménages dont
les revenus sont très différents au sein
d’un même quartier.
Il serait donc nécessaire d’approfondir
l’analyse jusqu’au niveau infracommu-
nal pour mieux appréhender la ques-
tion de la dispersion des revenus dans
les communes.POUR COMPRENDRE CES RÉSULTATS
Définitions
Un ménage est défini comme l’ensemble des occupants d’un même logement. Les ménages fiscaux désignés ici sont constitués par le
regroupement des foyers fiscaux répertoriés dans un même logement.
Sont exclus de l’étude :
- les ménages de contribuables concernés par un évènement de type mariage, décès ou séparation au cours de l’année étudiée
(2001) ;
- les ménages constitués de personnes ne disposant pas de leur indépendance fiscale (essentiellement des étudiants, inclus dans le
ménage de leurs parents) ;
- les contribuables vivant en collectivité.
Les ménages fiscaux retenus représentent 95 % des ménages au sens du recensement en France métropolitaine.
Le revenu déclaré aux services fiscaux, plus simplement appelé revenu fiscal, est la somme des ressources déclarées par les
contribuables sur la déclaration des revenus 2001, avant abattement.
Il comprend quatre catégories de :
- les revenus salariaux (salaires, droits d’auteur, avantages en nature, indemnités de maladie, allocations de chômage et de
préretraite, perçus à l’étranger) ;
- les revenus des professions non salariées (revenus nets de déficits des indépendants comprenant les bénéfices agricoles,
industriels, commerciaux et non commerciaux) ;
- les retraites (hors minimum vieillesse), pensions d’invalidité, pensions alimentaires (déduction faite des pensions versées) et rentes
viagères ;
- les autres revenus (essentiellement des revenus du patrimoine).
Le revenu fiscal est un revenu avant redistribution. Il ne peut pas être assimilé à un revenu disponible, qui supposerait que l’on ajoute les
revenus sociaux non déclarés (minima sociaux tels que RMI et minimum vieillesse, prestations familiales, aides au logement) et que l’on
soustraie les impôts directs (impôt sur le revenu et taxe d’habitation). Le revenu fiscal ne permet donc pas de tirer de conclusions en
termes de niveau de vie des ménages.
Le revenu fiscal par unité de consommation présente l’avantage de relativiser le niveau de revenu par rapport à la composition du
ménage fiscal. Par rapport au revenu d’une personne, il permet de prendre en compte les économies d’échelle résultant de la vie en
groupe. Le revenu exprimé par unité de consommation devient un revenu par équivalent adulte, comparable d’un lieu à un autre et entre
ménages de compositions différentes.
Le nombre d’unités de consommation d’un ménage est évalué comme suit :
- le premier adulte du ménage compte pour 1 UC ;
- les autres personnes de 14 ans ou plus comptent chacune pour 0,5 UC ;
- les enfants de moins de 14 ans comptent chacun pour 0,3 UC.
Outils d’analyse
Pour étudier le niveau du revenu, on utilise la médiane du revenu fiscal par unité de consommation, qui partage les ménages en deux
groupes : la moitié déclare un revenu par unité de consommation inférieur à cette valeur et l’autre moitié un revenu par unité de
consommation supérieur.
Pour mesurer la dispersion du revenu, on utilise le rapport inter-déciles du revenu fiscal par unité de consommation, qui rapporte les
hauts revenus aux bas revenus.
erLe seuil des bas revenus correspond à la limite du 1 décile : 10 % des ménages déclarent un revenu par unité de consommation inférieur à cette valeur.
e
Le seuil des hauts revenus à la limite du 9 décile : 10 % des un par unité de supérieur à cette
Pour en savoir plus
La carte de France des revenus déclarés - Insee - Insee Première n° 900, mai 2003.
Revenus fiscaux des ménages - Années 2000 et 2001 - Cédérom - Insee - 2003.
Grande disparité des revenus fiscaux dans le Nord-Pas-de-Calais - - Profils
Nord-Pas-de-Calais n° 5, juin 2003.
Les revenus déclarés par les Bretons au titre de l'année 2001 - Insee Bretagne - Le
Flash d'Octant n° 100, juillet 2004.
À Paris, les ménages les plus aisés voisins des plus modestes - Insee Île-de-France,
Atelier parisien d'urbanisme - Île-de-France à la page n° 240, août 2004.
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