Pauvretés et Territoires en Nord-Pas-de-Calais : Création et transfert de richesses en Nord-Pas-de-Calais

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Face à la question de la pauvreté et de la richesse, le Nord-Pas-de-Calais est dans une situation, au premier abord, paradoxale. Quatrième région française par le volume des richesses créées, le Nord-Pas-de-Calais garde l'image d'un territoire où la pauvreté est plus présente qu'ailleurs. Les différentes mesures de la richesse produite et du revenu des habitants, apportées par le produit intérieur brut (PIB) et le revenu disponible brut (RDB), permettent de faire l'état des lieux de ce paradoxe. Ces indicateurs issus de la comptabilité nationale mettent en lumière un relatif déficit de richesse par habitant, dont les explications sont à rechercher dans un taux d'activité plus faible qu'ailleurs en France. Afin d'élargir l'analyse au-delà des seuls critères économiques, de nouveaux indicateurs comme l'indicateur de développement humain (IDH) sont aujourd'hui déclinés à l'échelle des régions. Prenant en compte de multiples dimensions du développement social et humain d'un territoire, comme l'état de santé, le niveau de formation, ou encore le niveau des inégalités, ils permettent d'apprécier les atouts ou faiblesses de la région pour assurer son développement futur, et réduire la pauvreté dans les années à venir.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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- CHAPITRE I -
Création et transfert de richesses
en Nord-Pas-de-Calais- CHAPITRE I -
Création et transfert de richesses
en Nord-Pas-de-Calais
ace à la question de la pauvreté et de la richesse, le Nord-Pas-de-Calais est dans une situation,
au premier abord, paradoxale. Quatrième région française par le volume des richesses créées, leF Nord-Pas-de-Calais garde l’image d’un territoire où la pauvreté est plus présente qu’ailleurs. Les
différentes mesures de la richesse produite et du revenu des habitants, apportées par le produit
intérieur brut (PIB) et le revenu disponible brut (RDB), permettent de faire l’état des lieux de ce
paradoxe. Ces indicateurs issus de la comptabilité nationale mettent en lumière un relatif déficit de
richesse par habitant, dont les explications sont à rechercher dans un taux d’activité plus faible
qu’ailleurs en France. Afin d’élargir l’analyse au-delà des seuls critères économiques, de nouveaux
indicateurs comme l’indicateur de développement humain (IDH) sont aujourd’hui déclinés à l’échelle
des régions. Prenant en compte de multiples dimensions du développement social et humain d’un
territoire, comme l’état de santé, le niveau de formation, ou encore le niveau des inégalités, ils
permettent d’apprécier les atouts ou faiblesses de la région pour assurer son développement futur,
et réduire la pauvreté dans les années à venir.
n indicateur pour suivre Ula richesse produite : le PIB
Mesurer et analyser la pauvreté en Nord-Pas-de-Calais conduit à s’interroger, en amont, sur
le niveau des richesses produites en comparaison aux autres régions, et leur distribution parmi
la population. Le PIB est une mesure de la valeur de l’ensemble des biens et services produits
sur un territoire : il est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes, augmentée de la TVA
grevant les produits et des droits de douane. Le PIB est calculé, en premier lieu, pour l’ensem-
ble du pays, puis les PIB régionaux résultent de la répartition du PIB national en fonction des
évaluations régionales de la valeur ajoutée.
Le Nord-Pas-de-Calais est l’une des principales régions productrices de richesse en France :
le PIB régional atteint les 84,8 milliards d’euros en 2004. La région est ainsi au quatrième rang
des régions françaises derrière l’Île-de-France, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Cette richesse produite a été en constante augmentation au cours des deux dernières décennies
: le PIB régional, corrigé de l’effet de l’inflation, a augmenté de près de 40% entre 1982 et 2002.
Cette évolution positive est comparable à celle de la Lorraine, de la Haute-Normandie, de la
Picardie ou de la Champagne-Ardenne.
Elle reste cependant moins vive que dans d’autres régions françaises. Pour Provence-Alpes-
Côte d’Azur, la croissance du PIB a dépassé les 50% entre 1982 et 2002 ; pour les Pays de la Loire,
Rhône-Alpes et Midi-Pyrénées, elle a même dépassé les 60%. La croissance modérée de l’éco-
nomie régionale correspond surtout à un redémarrage difficile dans la première moitié des
années quatre-vingt, dans un contexte de reconversion du tissu économique et de montée du
chômage. Dès la seconde moitié de la décennie quatre-vingt, et tout au long de la décennie
quatre-vingt-dix, le Nord-Pas-de-Calais a connu une croissance parallèle à la moyenne nationa-
le : l’écart entre le taux de croissance annuel régional et celui de l’ensemble du territoire métro-
politain est alors inférieur à 0,1 point, quant il atteignait 0,3 point au début des années
quatre-vingt (cf. graphique).
INSEE Nord-Pas-de-Calais Dossiers de Profils N°82 - Juin 2006
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Graphique. Performance relative d’économies régionales
Le « décrochage » du début des années quatre-vingt a réduit le poids économique de la
région : alors que le PIB du Nord-Pas-de-Calais représentait 6,1% du PIB métropolitain en 1982,
cette part n’est plus que de 5,4 % en 1992. Sur cette période de mutations, l’écart s’est
accentué avec Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui pesaient 9,1% et 6,6% en 1982,
contre 9,4% et 7,2% dix ans plus tard. L’implantation de secteurs industriels à potentiel élevé
et qui ont poursuivi leur essor sur la période, comme la chimie et l’industrie pharmaceutique en
Rhône-Alpes, l’informatique et l’électronique en Provence-Alpes-Côte d’Azur, est un des
facteurs expliquant ce différentiel de croissance. Par la suite, au cours des années quatre-vingt-
dix, la part du PIB régional s’est stabilisée, autour de 5,2% du PIB métropolitain. Seuls les Pays
de la Loire ont connu une évolution spécifique, avec un PIB en forte hausse, atteignant 5,0%
de la création métropolitaine de valeur en 2002, soit un poids désormais très proche de celui
occupé par le Nord-Pas-de-Calais.
es croissances les plus fortes reposent L sur un duo « industrie - services »
Dans des économies en grande partie tertiarisées, la production industrielle à elle seule n’est
plus l’épine dorsale de la création de richesse. France entière, la croissance de la valeur ajoutée
dans les services marchands a atteint 3,8 % l’an entre 1992 et 2002, un rythme deux fois plus
soutenu que dans l’industrie où la croissance a atteint 2,0% l’an.
Les régions qui ont bénéficié d’une croissance vivace ont cependant toutes fondé leur
développement sur un essor concomitant des volets « industrie » et « services » de leur
économie. C’est le cas par exemple en Pays de la Loire (+3,7 % et +4,5 %) ou en Rhône-Alpes
(+2,4% et +4,0%). Les deux grands secteurs productifs se sont ainsi liés par des effets croisés, la
croissance de l’un stimulant le développement de l’autre. Le Nord-Pas-de-Calais apparaît dans
une situation intermédiaire, avec une dynamique proche de la moyenne métropolitaine : les
taux de croissance respectifs de l’industrie et des services ont été sur la dernière décennie de
2,0% et 3,6%. Au sein du grand Nord, la région a toutefois connu sur les volets « industrie » et
« services « une croissance supérieure à celle de la Lorraine (+1,1 % et +3,1 %), de la Picardie
(+0,5% et +3,4%) ou de la Champagne-Ardenne (+1,7% et +2,8%).
Dossiers de Profils N°82 - Juin 2006 INSEE Nord-Pas-de-Calais
10- Chapitre I -
n PIB par habitant Uplus faible qu’ailleurs…
Si le territoire régional apparaît ainsi fort de ressources économiques importantes, ses
habitants ne sont pas pour autant plus aisés qu’ailleurs. En effet, une fois ramené à la
population régionale, le PIB du Nord-Pas-de-Calais atteint, en 2004, 21 000 euros par habitant,
une valeur inférieure de 10% à la moyenne de la France de province (cf. carte). Sur ce critère,
la région ne figure qu’en vingtième position, loin derrière Rhône-Alpes (27 000 euros),
Provence-Alpes-Côte d’Azur (25 100 euros) et l’Alsace (25 700 euros).
Carte. PIB par habitant en 2004
INSEE Nord-Pas-de-Calais Dossiers de Profils N°82 - Juin 2006
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conséquence d’une moindre insertion …sur le marché du travail
Quels éléments peuvent alors être invoqués pour expliquer la relative faiblesse des
ressources par habitant en Nord-Pas-de-Calais ? Contrairement à une idée reçue, le niveau
moyen des salaires n’est pas inférieur à celui des autres régions. De même, la part des bas
salaires dans l’ensemble des actifs salariés est comparable à celle observée en moyenne
nationale.
Bénéficier d’un salaire implique cependant d’avoir réussi son insertion sur le marché du
travail. Or l’obtention d’un emploi stable est plus difficile en Nord-Pas-de-Calais. Au cours des
quinze dernières années, le taux de chômage régional a été continûment au delà de la
moyenne française, avec un écart pouvant atteindre 4,5 points. En 2006, le taux de chômage
régional est passé sous la barre des 12,5% ; France entière, il descendait en deçà de 9,0%.
Si les allocations de chômage recouvrent initialement une grande partie du salaire perçu
antérieurement, leur montant décroît avec le temps. Or les situations de chômage de longue
durée sont plus nombreuses dans la région qu’ailleurs : au 31 décembre 2005, près de 35% des
demandeurs d’emploi du Nord-Pas-de-Calais étaient au chômage depuis plus d’un an, et 7%
depuis plus de trois ans, contre respectivement 31% et 5% en moyenne nationale. C’est surtout
le premier pas vers le marché du travail qui semble le plus difficile en Nord-Pas-de-Calais : les
jeunes de moins de 25 ans, dans la région, représentent près de 15% des demandeurs d’emploi
depuis plus d’un an (soit plus de 10 000 jeunes dans cette situation), contre 9% en France.
De plus, la part des adultes ayant un emploi ou à la recherche d’un travail est parmi les plus
faibles du pays. Sur la tranche d’âge des 15 à 64 ans, le taux d’activité calculé dans la région en
2004 est de 67% contre environ 72% en France métropolitaine. Cet écart reflète principalement
une moindre participation des femmes de la région au marché du travail : en Nord-Pas-de-
Calais, 59% des femmes occupent un emploi ou déclarent en chercher un, alors qu’en France,
ce chiffre s’élève à 67%.
e revenu disponible brut, L une prise en compte des transferts
Le PIB par habitant ne doit cependant pas être assimilé à un indicateur des revenus dont
dispose effectivement la population d’une région : il ne tient en effet pas compte des revenus
de transfert comme les retraites, les allocations de chômage ou les prestations sociales. Selon les
régions, ces transferts peuvent être d’importance variable et susceptibles d’atténuer des dispa-
rités territoriales.
Pour prendre en compte les transferts sociaux, l’indicateur pertinent développé par la comp-
tabilité nationale est le revenu disponible brut (RDB). Ce dernier prend en compte :
• Le revenu que les ménages de la région tirent de leur contribution à l’activité économique,
soit directement (revenu d’activité salariée ou non salariée), soit indirectement (revenu de
placement mobilier ou immobilier).
•Les transferts reçus par les ménages résidant dans la région, à savoir l’ensemble des
prestations sociales (y compris les pensions de retraite et les indemnités de chômage).
• Les impôts courants sur le revenu et le patrimoine, ainsi que les cotisations sociales versées par
les ménages.
Le RDB correspond donc à un revenu corrigé des transferts et net de redistribution. Il repré-
sente de la sorte le montant qui reste à la disposition des ménages de la région, pour la consom-
mation et l’épargne. PIB et RDB n’obéissent pas à la même logique : richesse produite et
approche territoriale pour le premier, revenu disponible et approche par habitant pour le
second.
Le RDB pose également la question de la redistribution de la richesse en fonction des
ressources de chacun et de son insertion au sein du système productif français. Cette notion
constitue un pas supplémentaire dans l’approche de la pauvreté, en apportant une mesure
globale de la masse des revenus disponibles sur un territoire, une fois pris en compte les
mécanismes de transfert.
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En 2003, le revenu disponible brut en France métropolitaine a atteint 1 000 milliards
d’euros. En Nord-Pas-de-Calais, il s’élève à 56,1 milliards d’euros soit près de 5,5% du total
des revenus de France métropolitaine. Cependant, le RDB par habitant reste particulièrement
en retrait de ce qui est observé dans les autres régions de province : avec 13 950 euros par habi-
tant, il est 15% en deçà de la moyenne des régions de province, proche de 16 100 euros par
habitant. Sur cet indicateur, le Nord-Pas-de-Calais se classe ainsi au dernier rang des régions.
a région n’est pas la principaleL bénéficiaire des transferts sociaux
Une analyse des mécanismes de redistribution permet de mieux comprendre ce résultat.
Les prestations sociales visent à redistribuer une partie des revenus du travail (et également
des placements avec la CSG) vers les retraités, les familles qui ont au moins deux enfants,
les familles monoparentales, les personnes en insertion professionnelle, etc. Ramenés au nom-
bre d’habitants, les transferts sociaux en Nord-Pas-de-Calais sont légèrement inférieurs à ceux
mesurés sur l’ensemble de la France de province. Si les prestations au titre du chômage,
des prestations familiales ou des minima sociaux sont importantes dans la région, la masse
des retraites versées est en effet faible, résultat de la jeunesse de la population régionale.
Par conséquent, les régions qui bénéficient le plus des prestations sont d’abord celles qui
comptent une proportion importante de retraités, comme en Languedoc-Roussillon, en
Limousin, en Auvergne.
Le Nord-Pas-de-Calais n’apparaît pas parmi les principaux bénéficiaires des transferts, et ce,
malgré son nombre élevé de familles nombreuses et de chômeurs. Pour les premières, l’impact
est faible compte tenu des montants en question, pour les seconds, le poids du chômage de
longue durée fait diminuer l’importance du montant global des indemnités versées.
Prendre en compte l’humain dans la mesure de la richesse
Dans des travaux depuis récompensés par un prix Nobel, l’économiste indien Amartya Sen a proposé d’élargir l’ana-
lyse du développement d’un territoire au-delà de la seule dimension économique, en prenant en compte les dimen-
sions éducatives et sanitaires. Ses recherches ont abouti à un indicateur de développement humain (IDH), calculé
à partir de trois indicateurs thématiques : le PIB par habitant, l’espérance de vie à la naissance et le taux d’alphabé-
tisation.
Le Programme des Nations unies pour le développement utilise aujourd’hui l’IDH pour réaliser des comparaisons
internationales. En passant d’une analyse uniquement fondée sur le PIB à une analyse multidimensionnelle apportée par
l’IDH, des pays voient leur position relative se dégrader fortement, n’ayant pas su traduire des ressources financières en
bien-être pour les habitants : c’est le cas par exemple de la Guinée équatoriale, qui perd 93 places sur l’ensemble des
pays dans le monde. À l’inverse, d’autres pays aux ressources économiques faibles voient leur position relative s’amélio-
rer : c’est le cas par exemple de Cuba, qui gagne 40 places, suite à l’attention particulière portée à la scolarisation.
De nouveaux travaux sont conduits aujourd’hui pour régionaliser l’IDH, renouvelant ainsi la vision de la région
Nord-Pas-de-Calais par rapport aux autres régions françaises et européennes.
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Pierre-Jean Lorens, directeur de la Prospective, du Plan et de l’Évaluation du Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais,
présente les initiatives prises par la Région pour contribuer à une mesure territoriale et multidimensionnelle du
développement.
La Région Nord-Pas-de-Calais s’est engagée, avec l’aide de l’université de Lille 1 et du professeur Jean Gadrey, dans la
construction d’une vision globale du développement de la région. Les réflexions ont débuté il y a trois ans, lors des
premières assises nationales du développement durable. Elles se sont inscrites dans la lignée des travaux prospectifs du
schéma régional d'aménagement et de développement du territoire, et font écho à l’adoption de l’Agenda 21.
Nous avons, tout au long de nos recherches, gardé à l’esprit la finalité d’un indicateur : être en mesure de synthétiser
des phénomènes complexes, afin de faciliter la communication et de guider l’action. Le PIB remplit parfaitement cette
fonction, mais sur une unique dimension : le développement économique.
Nos travaux ont ainsi abouti à mettre en place un « bouquet d’indicateurs » à l’échelle du Nord-Pas-de-Calais :
l’indicateur de développement humain (IDH), l’indicateur de pauvreté humaine (IPH) et l’indicateur de participation des
femmes à la vie économique et politique (IPF). Afin de mettre en perspective ces chiffres, l’analyse a également été
conduite en Wallonie, avec l’aide de l’Iweps (institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique) et de
l’université de Liège. Pour l’IDH, nous avons de plus retracé les résultats au cours des vingt dernières années, et
comparé avec la situation pour la France et la Belgique. Un exemple de résultat : le développement humain du
Nord-Pas-de-Calais, mesuré par l’IDH, a une décennie de retard sur celui de la France, principalement à cause du niveau
de vie et de l’état de santé de la population.
Cette démarche a été conduite pour ouvrir le débat et sensibiliser tous les acteurs du développement régional : les élus,
les associations, les citoyens… Nous travaillons aujourd’hui à sensibiliser l’Association des Régions de France pour
généraliser, en coopération avec l’Insee, ce type d’analyse. Avec l’espoir de prolonger les recherches, pourquoi pas, à une
échelle encore plus locale, par exemple au niveau des communautés d’agglomération et des pays.
Pour en savoir plus : Etudes Prospectives Régionales n°10 - Des indicateurs régionaux de développement humain -
Juin 2006 - D2PE, Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais
Jérôme Accardo, chef de la division Conditions de vie des ménages, à l’Insee Paris, travaille sur une approche
complémentaire, « l’IDH micro », visant à rendre compte des inégalités au sein des territoires.
Reposant sur des indicateurs simples, disponibles dans l’ensemble des pays, l’IDH a été conçu pour faciliter les compa-
raisons internationales. Appliqué aux régions d’un même pays, en particulier à des régions dont le niveau de dévelop-
pement est relativement peu contrasté, l’indicateur perd de sa pertinence.
En France en particulier, le dispositif des statistiques publiques offre des informations plus fines, à partir d’enquêtes ou
de sources administratives, permettant de prendre en compte les inégalités internes aux territoires – qu’elles soient
économiques, éducatives ou sanitaires. Mobiliser des données pour chaque habitant ou pour chaque ménage permet en
effet de restituer la diversité des situations rencontrées par la population d’une région.
En lieu et place du PIB par habitant, il est possible de regarder le niveau de vie de chacun des ménages, mesuré par les
revenus disponibles. L’espérance de vie observée en moyenne laisse place à un indicateur individuel de santé. Au taux
d’alphabétisation se substitue un indice de compétences humaines, portant sur la capacité à lire, écrire et compter.
L’ensemble aboutit à un nouvel indicateur, appelé l’IDH microéconomique, ou « IDH micro ».
Que retenir de ces premières expérimentations ? Un message clé : les régions ayant le développement humain le plus
faible, relativement aux autres territoires, sont également celles où les inégalités de développement sont les plus
soutenues, c’est-à-dire celles qui comptent la plus grande diversité des situations au sein de leur population. C’est le cas,
en particulier, de la région Nord-Pas-de-Calais.
Dossiers de Profils N°82 - Juin 2006 INSEE Nord-Pas-de-Calais
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