Performances macro-économiques et structures sociales européennes

Publié par

Les relations entre les structures sociales et les performances macro-économiques des pays européens peuvent être précisées à l'aide d'une analyse en composantes principales portant sur les principaux indicateurs du fonctionnement des marchés du travail, des structures familiales, des situations démographiques et macro-économiques. La carte statistique et sociale de l'Europe ainsi dessinée est très proche d'une carte géographique : les pays du Sud aux structures familiales traditionnelles, à la main-d'oeuvre peu qualifiée, aux taux d'activité réduits, surtout pour les femmes, et au chômage élevé, s'opposent aux pays scandinaves dont les caractéristiques sont inversées. La France est avec les pays de l'Europe de l'Ouest dans une position intermédiaire. Les structures familiales entretiennent des liens étroits avec les caractéristiques des marchés du travail. En revanche, il n'y a guère de relation entre les performances macro-économiques des différents pays européens dans les années quatre-vingt-dix et cette carte statistique et sociale de l'Europe. Les deux ensembles d'indicateurs, économiques et sociaux, s'avèrent nettement dissociés dans l'analyse des données, et la position des différents pays ne laisse apparaître aucune relation entre ces deux ensembles. Des pays proches du point de vue de leurs structures sociales peuvent avoir des performances macro-économiques très différentes alors que des pays dont les performances macro-économiques sont comparables peuvent différer fortement par leurs structures sociales.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 36
Nombre de pages : 10
Voir plus Voir moins

ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL
Performances macro-économiques
et structures sociales européennes
Yannick L’Horty et Christelle Rugani*
Les relations entre les structures sociales et les performances macro-économiques des
pays européens peuvent être précisées à l’aide d’une analyse en composantes principales
portant sur les principaux indicateurs du fonctionnement des marchés du travail, des
structures familiales, des situations démographiques et macro-économiques. La carte
statistique et sociale de l’Europe ainsi dessinée est très proche d’une carte géographique :
les pays du Sud aux structures familiales traditionnelles, à la main-d’œuvre peu qualifiée,
aux taux d’activité réduits, surtout pour les femmes, et au chômage élevé, s’opposent aux
pays scandinaves dont les caractéristiques sont inversées. La France est avec les pays de
l’Europe de l’Ouest dans une position intermédiaire.
Les structures familiales entretiennent des liens étroits avec les caractéristiques des
marchés du travail. En revanche, il n’y a guère de relation entre les performances
macro-économiques des différents pays européens dans les années quatre-vingt-dix et
cette carte statistique et sociale de l’Europe. Les deux ensembles d’indicateurs,
économiques et sociaux, s’avèrent nettement dissociés dans l’analyse des données, et la
position des différents pays ne laisse apparaître aucune relation entre ces deux
ensembles. Des pays proches du point de vue de leurs structures sociales peuvent avoir
des performances macro-économiques très différentes alors que des pays dont les sont comparables peuvent différer fortement par leurs
structures sociales.
* Yannick L’Horty appartient au Centre d’études des politiques économiques (EPEE) de l’Université d’Évry - Val d’Essonne. Au moment de
la rédaction de cet article, Christelle Rugani était chercheur à l’Université de Paris XII, La Varenne.
Les noms et dates entre parenthèses renvoient à la bibliographie en fin d’article.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 332-333, 2000-2/3 39l y a un contraste très net entre l’état de la retenus sont tous quantitatifs, on utilise la tech-
Iconvergence macro-économique et la diversité nique d’analyse en composantes principales. Ce
des structures sociales en Europe. Alors que les type permet de mettre en évidence des
performances macro-économiques se sont progres- associations ou des oppositions entre variables,
sivement rapprochées, les niveaux et la structure c’est-à-dire des corrélations, mais ne doit pas
des taux d’activité, d’emploi et de chômage diffè- s’interpréter en termes de causalité d’une ou plu-
rent sensiblement selon les états. Existe-t-il un lien sieurs variables sur une autre. On peut simplement
entre les caractéristiques des différents pays euro- en déduire que telle ou telle caractéristique sociale
péens en termes de structures familiales, de niveau est associée à telle ou telle écono-
d’éducation, de situation démographique, ou de si- mique (cf. encadré).
tuation des marchés du travail, et leurs performan-
ces économiques ? La diversité des structures Cet article concerne 13 pays de l’Union euro-
sociales en Europe peut-elle faire obstacle à la péenne (l’Europe des quinze hors Finlande, du fait
poursuite du mouvement de convergence ma- d’une insuffisance de données, et hors Luxem-
cro-économique ? Peut-on mettre en évidence un bourg). Les données décrivant les caractéristiques
modèle social qui favorise une croissance forte et sociales portent sur la deuxième moitié des années
durable ? quatre-vingt-dix et s’avèrent très stables dans le
temps. Les données qui retracent les performances
Pour tenter de répondre à ces questions, il faut macro-économiques sont le plus souvent des
s’interroger sur les liens qu’entretiennent les per- moyennes sur les années quatre-vingt-dix, de façon
formances macro-économiques et les disparités à annuler l’influence des aléas conjoncturels (les
des structures sociales en Europe. Mais il s’agit là premiers points remontent parfois au milieu des
de deux domaines complexes, et difficiles à mettre années quatre-vingt). On se place donc à un
en rapport. Il importe en premier lieu d’en définir moment où l’intégration des marchés de biens et de
les limites. On entend ici par performances capitaux et celle des politiques macro-économi-
macro-économiques l’ensemble des agrégats ques est largement acquise (1). qui sont parties prenantes
d’une croissance forte et durable. Cela recouvre le
rythme de lui-même, mais aussi ses prin-
Une carte statistique de l’Europecipaux déterminants macro-économiques : rythme
du progrès technique et des investissements, qui
sont parties prenantes dans l’évolution de la crois- e premier axe de l’analyse s’interprète sans dif-
sance potentielle, équilibre des finances publiques Lficulté. Il n’est corrélé avec aucune variable de
et équilibre extérieur, indicateurs des tensions performance macro-économique, alors que de
inflationnistes tels que l’évolution des salaires, des nombreux indicateurs des structures familiales
prix et des coûts unitaires de production. et de la situation des marchés du travail le
sont (2). Cet axe oppose famille traditionnelle à
On entend par structure sociale les éléments carac- famille éclatée, main-d’œuvre peu qualifiée à
térisant la situation démographique des pays, les main-d’œuvre qualifiée, et niveaux élevés des taux
structures familiales et le fonctionnement des mar- d’activité et d’emploi aux faibles niveaux dans ce
chés du travail. Pour ces derniers, on ne prend pas domaine. Il y a ainsi un lien étroit entre les caracté-
en considération la diversité des cadres institution- ristiques des marchés du travail et celles des struc-
nels mais seulement celles des réalisations en ter- tures familiales en Europe. Il s’agit là d’une
mes de niveaux et de structures de l’emploi, du relation structurelle : on retrouve, avec une
chômage, de la population active, par genre, âge, décennie d’intervalle, un résultat mis en évidence
secteurs d’activité et niveaux de formation. On dans l’étude de Marchand et Barrère-Maurisson
considère aussi le niveau et la structure des dépen- (1990).
ses pour l’emploi ainsi que la nature et la durée
moyenne du travail (recours au temps partiel, tra- Plus précisément, les plus fortes corrélations avec
vail atypique...) (cf. encadré pour l’énumération ce premier axe factoriel sont obtenues pour les
détaillée de ces variables). variables suivantes : taux d’activité moyen, taux
d’activité des femmes, taux d’emploi, taux de sala-
Pour décrire les disparités sociales et économiques riat, taux de temps partiel, part des adultes ayant
en Europe au travers d’un grand nombre d’indica-
teurs, le recours à l’analyse des données, qui four- 1. Les dernières entraves aux mouvements de capitaux ont été
levées avec la phase I de l’UEM qui s’est achevée fin 1993.nit une représentation synthétique des interactions
2. On a retenu 0,7 comme seuil de significativité pour le commen-
au sein d’un vaste ensemble de variables, est parti- taire des coefficients de corrélation linéaire entre les variables et
culièrement approprié. Comme les indicateurs les axes factoriels.
40 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 332-333, 2000-2/3Graphique
Une carte statistique de l’Europe
A - Pays
Facteur 2
Facteur 1
B - Variables
Facteur 2
Facteur 1
Lecture : les variables de performances macro-économiques sont soulignées. Les autres variables concernent les structures familiales et le marché
du travail. Pour la signification des abréviations, se reporter à l’annexe.
Source : calcul des auteurs.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 332-333, 2000-2/3 41Encadré
MÉTHODES ET SOURCES
On utilise trois ensembles de données. Tout d’abord, les Enfin, les indicateurs de performances macro-écono-
données relatives aux structures démographiques et miques retracent le rythme de croissance, celui de la
familiales sont issues des statistiques productivité, de l’inflation, des salaires et des coûts de
d’Eurostat et portent sur les années 1995 et 1996. production, de l’équilibre extérieur et du déficit public.
Ensuite, les données relatives au marché du travail sont On a retenu la variation annuelle moyenne du volume du
extraites des enquêtes sur les forces de travail, harmo- PIB entre 1986 et 1996, l’indice d’inflation moyen entre
nisées par Eurostat, et portent sur les années 1996 et 1987 et 1997, la productivité totale des facteurs dans les
1997. Les indicateurs de ces premiers ensembles sont secteurs marchands entre 1979 et 1997, et le degré
très proches de ceux retenus dans l’étude de Bar- d’ouverture moyen de l’économie entre 1990 et 1996.
rère-Maurisson et Marchand (1990) dont les données On a aussi utilisé des indicateurs rapportés au PIB : le
portaient essentiellement sur les années 1987 et 1989, montant des investissements, celui du déficit public
ce qui facilite la comparaison des résultats dans le entre 1990 et 1996, et de la balance extérieure. On uti-
temps. Le troisième groupe d’indicateurs ne figurait pas lise enfin, en taux de croissance annuel moyen entre
dans cette étude. Il s’agit des données relatives aux per- 1990 et 1997, la rémunération réelle par tête et les coûts
formances macro-économiques qui sont tirées des pers- unitaires de la main-d’œuvre dans les secteurs mar-
pectives économiques de l’OCDE et portent sur l’année chands.
1996 ou sur des moyennes en longue période lorsqu’il
s’agit d’indicateurs trop sensibles aux inflexions La méthode utilisée a pour objet de fournir une repré-
conjoncturelles (1). sentation synthétique de cet ensemble de données dans
l’espace, sous la forme de nuages de points. Les princi-
Pour décrire les structures démographiques,on pes généraux de l’analyse en composantes principales
retient la structure par âge de la population, l’indice sont les suivants. On exprime tout d’abord toutes les
conjoncturel de fécondité qui correspond au nombre variables sous une forme centrée et réduite (2) et l’on
moyen d’enfants par femme, (en 1965, 1975, 1985 et calcule la matrice des coefficients de corrélation linéaire
1995), et le taux de solde migratoire annuel (différence en prémultipliant le tableau centré-réduit par son trans-
entre l’accroissement total et l’accroissement naturel, posé. L’analyse consiste alors à chercher les vecteurs
rapportée à la population) à ces différentes dates. propres et les valeurs propres de cette matrice, qui four-
nissent autant de facteurs successifs permettant de
Pour décrire les structures familiales, les indicateurs décomposer le tableau initial. Le premier axe factoriel
utilisés sont le taux brut de nuptialité, le taux de divortialité, est construit de façon à ce que le nuage s’y projette avec
le taux de naissances hors mariage, le pourcentage de la plus grande dispersion (il capture la plus grande
ménages d’une seule personne, le pourcentage de cou- inertie possible ou encore, il maximise la variance
ples sans enfant, ceux avec au moins un enfant, la part de mesurée par la somme des carrés des distances entre
ménages comportant deux adultes ou plus et des les points pris deux à deux). Le deuxième axe factoriel
enfants, ainsi que la part de familles monoparentales. lui est orthogonal par construction et rend compte de la

Les variables relatives au marché du travail sont le
1. Le tableau de données se situe en annexe 1.
taux d’activité, le taux d’emploi, le taux de salariat, le
2. Centrer les variables d’un tableau consiste à leur soustraire
taux d’emploi dans différents secteurs d’activité leur moyenne et réduire une variable à diviser cette
(industrie et tertiaire), le taux de chômage et la part de variable par son écart-type
chômeurs de longue durée (au-delà d’un an). Pour cer-
Diagramme
taines de ces variables, on distingue entre les hommes
Pays du Nord, pays du Sud et pays
et les femmes, selon le niveau d’éducation (inférieur,
intermédiaires : une classificationégal ou supérieur au second degré), et selon l’âge
ascendante hiérarchique(moins de 25 ans, 25-49 ans, plus de 50 ans). Pour
décrire la flexibilité du travail, on utilise le taux de Classification hiérarchique directe
temps partiel, le taux de contrats à durée déterminée, la Espagne
durée du travail et les taux des différentes formes de tra-
Grèce
vail atypique tels que le travail de nuit, le soir, le samedi
Italieet le dimanche. On y a adjoint des indicateurs de la poli-
tique de l’emploi tirés des perspectives de l’emploi de Portugal
l’OCDE : le total des dépenses publiques pour l’emploi, Irlande
les dépenses pour la formation professionnelle, celles Suède
en faveur des jeunes, les dépenses pour l’aide à
Danemark
l’embauche, celles pour l’indemnisation du chômage
Pays-Bas(toutes ces dépenses étant exprimées en pourcentage
du PIB). Royaume-Uni
Autriche
Le niveau d’éducation sera décrit par le pourcentage
Allemagne
de 15-64 ans titulaires d’un diplôme du second cycle du
Francesecondaire et par le pourcentage analogue relatif aux
Belgiquetitulaires d’un diplôme du premier cycle de l’enseigne-
Source : calcul des auteurs.ment supérieur.
42 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 332-333, 2000-2/3complété un cycle d’études secondaires, part de en va de même de celle qui a atteint l’enseignement
l’emploi tertiaire, taux de divortialité, taux de nais- supérieur. L’emploi est occupé plus qu’ailleurs
sance hors mariage, dépenses publiques pour dans les secteurs agricole et industriel : la part
l’emploi et dépenses pour la formation profession- occupée par le secteur tertiaire est la plus faible.
nelle rapportées au PIB. Une corrélation négative L’activité féminine est très peu développée (avec
s’observe pour le taux de chômage, la part des chô- des taux d’activité inférieurs à 50 % dans tous
meurs de longue durée et le taux de travail aty- ces pays, excepté au Portugal). L’emploi à temps
pique (du samedi). Cet axe oppose très nettement partiel est peu fréquent et la part de travail à
les pays de l’Europe du Sud aux pays scandinaves partiel contraint est importante. Le chômage est
(cf. graphique). élevé, en particulier pour les femmes et les jeunes :
les taux de chômage féminins et juvéniles (moins
de 25 ans) sont dans ces pays les plus élevés
Les structures sociales des pays d’Europe. La part de chômage de longue durée est
méditerranéens… forte également.
Les pays méditerranéens (Espagne, Italie, Grèce et
Portugal) se situent à gauche du plan factoriel. Ils …s’opposent à celles des pays scandinaves
se différencient des autres pays par une structure
familiale traditionnelle, une main-d’œuvre peu À l’opposé de ces pays méditerranéens, se trouvent
qualifiée et un chômage élevé. S’agissant des les pays scandinaves qui se situent à droite sur le
structures familiales, tout d’abord, les taux de premier graphique. Ces pays ont une structure
divorce, les taux de naissances hors mariage et les familiale éclatée, une main-d’œuvre qualifiée, et
taux de famille monoparentale sont les plus bas de un marché du travail dynamique. Concernant la
l’Union européenne, alors que le pourcentage de structure familiale, tout d’abord, la Suède et le
ménages avec enfants est assez important (autour Danemark présentent les taux les plus élevés de
de 28 % des ménages). D’un point de vue démogra- naissances hors mariages (autour de 50 %) et des
phique, ces pays sont en transition entre deux taux importants de divorces (supérieurs à 2,5 ‰).
modèles : leur fécondité était la plus forte en 1965 Dans ces pays, au début de la vie familiale, il existe
(avec un indicateur conjoncturel supérieur à 2,2 une période plus ou moins longue de cohabitation
enfants par femme), et est devenue la plus basse en entre l’homme et la femme, c’est-à-dire une vie
1995 (l’indicateur est inférieur à 1,4 enfant par commune sans mariage. Le pourcentage de cohabi-
femme). S’agissant des caractéristiques des mar- tation hors mariage est très important en Suède,
chés du travail, ces pays ont la main d’œuvre la alors qu’il est insignifiant en Italie. On pourrait
moins qualifiée : la part de la population en âge de s’attendre à une relation inverse entre fécondité et
travailler qui a achevé le second cycle de l’ensei- activité féminine, mais il n’en est rien : dans les
gnement secondaire est la plus faible d’Europe et il pays scandinaves où l’indice de fécondité a un
Encadré (fin)
plus grande dispersion résiduelle du nuage. Le principe algorithmique (critère de Ward). Le résultat de cette
est identique pour les axes suivants. Chaque pays peut classification est un arbre hiérarchique des pays. Il suffit
être ainsi représenté comme un point dans l’espace ensuite de tronquer l’arbre à un niveau ou un autre pour
dirigé par les variables et chaque variable comme un obtenir une ou plusieurs partitions. On a retenu un
point dans l’espace dirigé par les pays (les coordonnées découpage en quatre groupes : les pays du Sud, avec
des points-variables sont les coefficients de corrélation l’Espagne, l’Italie, le Portugal et la Grèce ; les pays
entre les variables et les axes factoriels). Les proximités scandinaves, avec le Danemark et la Suède ; l’Irlande,
entre les s’interprètent en termes de corréla- toute seule ; les autres pays européens (cf. diagramme).
tions et les proximités entre les pays s’interprètent en ter-
mes de similitudes des valeurs centrées réduites Le résultat de l’analyse en composantes principales est
correspondantes. Il devient possible de déterminer quels figuré par le graphique. Le premier axe factoriel explique
sont les pays qui se ressemblent, ou qui diffèrent, et le 32 % de l’inertie du nuage. Il est représentatif du marché
bilan des liaisons entre les variables permet de détermi- du travail, de la structure familiale et de la situation
ner celles qui sont liées, et celles qui s’opposent. démographique, et permet d’opposer de façon significa-
tive les pays du Sud et du Nord de l’Europe. Le
Afin de faciliter l’interprétation des résultats, on a fait une deuxième axe explique 15 % de l’inertie du nuage et est
classification ascendante hiérarchique sur la base de représentatif des performances macro-économiques
l’ensemble des données retenues. Elle permet de des différents pays.
regrouper les différents pays, selon un procédé
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 332-333, 2000-2/3 43niveau encore élevé en 1995 (entre 1,7 et 1,8 nuptialité faible, sa divortialité et ses naissances
enfant par femme), l’activité féminine est très hors mariage élevés, mais c’est l’Allemagne qui se
répandue ; dans les pays du Sud où cet indice est situe le plus à l’opposé des pays du Sud par la fré-
d’environ 1,25, l’activité féminine est peu fré- quence (élevée) des familles monoparentales et par
quente. Dans les pays scandinaves, l’activité fémi- celle, faible au contraire, des ménages avec
nine est la plus développée et c’est d’ailleurs enfants. La France, située avec la Belgique au
dans ces pays que les taux d’activité masculin et centre du graphique, serait le pays « le plus inter-
féminin sont les plus proches. Dans ces pays de médiaire ». Elle se distingue néanmoins des autres
forte activité, les taux d’emploi sont parmi les pays par le plus faible pourcentage d’activité juvé-
plus élevés et le chômage est moins développé, nile (28 %) et le plus important taux de travail à
même s’il a fortement augmenté dans les années temps partiel contraint (39,6 %). Avec son taux de
quatre-vingt-dix. De même, le chômage de longue chômage et sa durée du travail élevés, la France est
durée est très faible, alors qu’il est très répandu proche des pays du Sud de l’Europe, alors que le
dans les pays du Sud. Les dépenses publiques pour poids important du secteur tertiaire et la forte parti-
l’emploi sont les plus élevées dans ces pays, et en cipation des femmes au marché du travail la rap-
particulier pour la formation professionnelle. Par proche des pays du Nord de l’Europe.
ailleurs, l’activité féminine va de pair avec une part
importante de temps partiel (des taux supérieurs à
20 %) qui est choisi plus souvent qu’ailleurs (les
Disparités sociales et performances
taux de temps partiel contraint sont les plus fai-
macro-économiquesbles). L’importance du temps partiel est également
à rapprocher du poids des services, très développés
dans les pays nordiques (où ils représentent 70 % e deuxième axe de l’analyse factorielle reflète
des emplois). Les taux de salariat sont très élevés Lles performances macro-économiques des dif-
(supérieurs à 87 %) au Danemark et en Suède, alors férents pays de l’Union. L’interprétation devient
qu’ils sont très bas dans les pays du Sud (inférieurs donc ici différente de celle proposée dans l’étude
à 75 %). La durée du travail est assez faible au de Marchand et Barrère-Maurisson (1990) où ne
Danemark et en Suède, ce qui peut être relié au figuraient pas d’indicateurs de performances
poids du secteur tertiaire, où la durée du travail est macro-économiques (3). Les variables qui sont le
plus courte, et à l’importance du travail à temps plus corrélées à ce deuxième axe sont le rythme du
partiel. Ces pays ont également pour caractéris- progrès technique (4), le taux de croissance moyen
tique une main-d’œuvre plus qualifiée : les pour- du PIB entre 1986 et 1996, le degré d’ouverture des
centages de personnes adultes ayant complété leur économies et l’excédent extérieur rapporté au PIB.
second cycle du secondaire (niveau baccalauréat) Une forte corrélation négative apparaît également
sont de 74,7 % en Suède et de 62 % au Danemark, avec le rythme moyen de l’inflation sur la période
contre 31,3 % en moyenne dans les pays du Sud. 1987-1997. Les pays sont beaucoup moins disper-
C’est aussi en Suède que la proportion de person- sés sur cet axe qu’ils ne le sont sur le précédent.
nes titulaires d’un diplôme de l’enseignement L’opposition la plus nette est entre l’Irlande d’un
supérieur est la plus importante d’Europe (28,3 %). côté, et la Grèce, de l’autre.
L’Irlande et la Grèce :Les autres pays ont des structures sociales
des performances macro-économiquesintermédiaires
opposées malgré certaines parentés sociales
Les autres pays d’Europe ont des caractéristiques
intermédiaires entre les pays méditerranéens et les L’Irlande se situe à part de l’ensemble des autres
pays scandinaves. Certaines distinctions s’impo- pays. Certaines de ses caractéristiques sociodémo-
sent cependant à l’intérieur de ce groupe. Du point graphiques la rapproche pourtant des pays du Sud.
de vue du marché du travail, les Pays-Bas et le L’Irlande a une structure familiale très tradition-
Royaume-Uni sont les plus proches des pays du nelle, avec la part la plus importante de ménages
Nord du fait de leur faible taux de chômage, du avec enfants (34,3 % des ménages), qui est liée à
taux important de travail à temps partiel, de l’acti- une fécondité très élevée (l’indice conjoncturel de
vité féminine et du poids des services. Pour la qua-
3. Dans l’étude de Marchand et Barrère-Maurisson (1990), lelification de la main-d’œuvre, ces pays sont
deuxième axe factoriel était d’une interprétation plus délicate. Il
également proches des pays scandinaves et il en va correspondait à une opposition sectorielle entre pays à prédomi-
nance industrielle et pays à prédominance tertiaire, oppositionde même de l’Allemagne. Du point de vue des
déjà concrétisée par le premier axe.structures familiales, le Royaume-Uni est à nou-
4. L’indicateur de progrès technique est la productivité totale des
veau le plus proche des pays nordiques par sa facteurs calculée par l’OCDE.
44 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 332-333, 2000-2/3fécondité est le plus fort de l’Union depuis 1965). Il illustrent donc l’état de la convergence réelle des
y a peu de naissances hors mariage. L’activité économies européennes dans les années
féminine est peu répandue (49,7 %). De plus, le quatre-vingt-dix.
chômage de longue durée, ainsi que le nombre
d’heures hebdomadaire de travail se situent dans
…et sans lien apparent avec les disparitésles mêmes proportions que dans les pays du Sud.
Mais les performances économiques de l’Irlande la de structure sociale
situent à l’opposé de ces pays. Le rythme moyen de
croissance entre 1986 et 1996 y est trois fois supé- Il n’y a pas de relation apparente entre les caracté-
rieur à la moyenne de l’Union européenne et il en ristiques sociales des différents pays européens et
est de même du rythme du progrès technique. Cette leurs performances macro-économiques. D’une
forte croissance s’est produite dans un contexte de part, si l’on en juge par la forme du nuage des
relative stabilité des prix, avec un taux d’inflation pays, les disparités au sein de l’Europe sociale
moyen de 2,8 %. L’Irlande possède de surcroît le sont beaucoup plus nettes que celles des perfor-
déficit public moyen entre 1990 et 1996 le plus mances macro-économiques des états. D’autre
bas de l’Union et l’excédent extérieur le plus part, les pays se disposent de façon plutôt hori-
élevé (ce pays est aussi le plus ouvert sur l’exté- zontale que diagonale. Des pays aux structures
rieur, après la Belgique). La rémunération familiales et aux caractéristiques du marché du
moyenne par actif occupé dans les secteurs mar- travail proches, ont donc des performances
chands a progressé à un rythme soutenu dans les macro-économiques très différentes. C’est le cas
années quatre-vingt-dix, mais le coût unitaire de la de l’Espagne et de la Grèce, par exemple, ou de
main-d’œuvre a diminué plus fortement qu’ailleurs l’Irlande et du Portugal. Inversement, des pays
du fait des gains de productivité. aux performances macro-économiques compara-
bles peuvent avoir des situations sociales très dif-
La situation économique de la Grèce est à l’opposé férentes. C’est le cas notamment du Royaume-Uni
de celle de l’Irlande. La croissance grecque est et de l’Italie ou encore de l’Espagne et des
l’une des plus faible de l’Union et le rythme du pro- Pays-Bas. Subsistent cependant, dans quatre
grès technique est le plus bas. Le déficit public est domaines au moins, des spécificités nationales
le plus fort ainsi que le rythme d’inflation. La encore fortes.
Grèce est aussi l’une des économies les moins
ouvertes de l’Union et celle dont le déficit extérieur
La flexibilité n’est pas directement liéerapporté à son PIB est le plus important. C’est enfin
le seul pays de l’Union où les salaires réels ont aux structures sociales et aux performances
diminué depuis 1990. macro-économiques
Le degré de flexibilité du marché du travail peut se
Ailleurs, des performances mesurer à l’importance du temps partiel, des con-
macro-économiques peu contrastées… trats à durée déterminée, et à celle des formes aty-
piques d’emploi. Si l’on met à part le taux de temps
Les autres pays se distinguent peu du point de vue partiel qui s’est révélé fortement corrélé avec l’axe
de leurs performances macro-économiques. En social, ni le taux de recours au contrat à durée
l’absence de l’Irlande et de la Grèce, l’Europe forme déterminée ni la fréquence du travail atypique
un groupe de pays assez homogène. Il ne s’agit pas n’ont de signification claire au regard de la carte
ici d’une conséquence mécanique des critères de statistique et sociale de l’Europe. La part de sala-
convergence mis en place dans la phase II de riés en contrat à durée déterminée est très élevée en
l’Union économique et monétaire (UEM). Certes, Espagne (33,6 %) mais ce n’est pas le cas dans les
les critères se sont imposés entre 1994 et 1998, et autres pays méditerranéens. Elle est très faible en
cette période recouvre en partie celle retenue pour Belgique ou au Royaume-Uni (respectivement
le calcul de nos indicateurs. Mais les critères de 5,9 % et 6,9 %) mais ce n’est pas le cas dans les
convergence sont essentiellement nominaux (à autres pays intermédiaires. Elle se situe à un niveau
l’exception du critère de déficit public excessif qui moyen dans les pays scandinaves et n’est guère
combine le ratio de dette et celui de déficit public) plus forte en Irlande qu’en Grèce. Bref, elle n’est ni
alors que les dix indicateurs utilisés ici sont réels, à corrélée avec les caractéristiques sociales ni avec
l’exception du rythme d’inflation. Seul le rythme les performances macro-économiques. Il en va de
d’inflation et le niveau du déficit public en points même des indicateurs décrivant le travail atypique :
de PIB appartiennent aux deux ensembles. Les le travail le samedi est plus répandu dans les pays
positions des pays relativement à l’axe vertical méditerranéens alors que le travail le soir, la nuit et
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 332-333, 2000-2/3 45le dimanche est plus développé dans les pays scan- PIB. Il s’est avéré que ces indicateurs n’étaient pas
dinaves. Ces indicateurs de flexibilité externe du corrélés, dans un sens ou dans l’autre, avec les per-
travail relèveraient donc de spécificités nationales formances macro-économiques des états et qu’ils
sans relations avec les structures sociales et les per- ne l’étaient pas non plus, de façon négative, avec le
formances macro-économiques des états. premier axe factoriel. En revanche, une corrélation
positive est apparu avec ce premier axe : les pays
dont la main-d’œuvre est la plus qualifiée et où les
La croissance sans rapport direct avec les problèmes d’emplois sont les moins importants
disparités de chômage d’un pays à l’autre consacrent la part la plus forte de leur PIB aux
dépenses pour l’emploi. C’est en effet dans les
En ce qui concerne le lien entre le taux de chômage pays scandinaves que les dépenses pour l’emploi
et les indicateurs de performances macro-économi- sont les plus importantes alors que c’est dans les
ques, on aurait pu s’attendre à une corrélation pays du Sud qu’elles sont les plus faibles. En outre,
négative du taux de chômage avec l’axe décrivant les pays qui ont la main-d’œuvre la plus qualifiée
les performances macro-économiques. C’est au consacrent la part la plus forte de leur dépenses
contraire avec l’axe social que cette corrélation a pour l’emploi à la formation professionnelle et
été constatée. L’examen des coefficients de corré- ceux qui ont la main-d’œuvre la moins qualifiée
lation entre variables permet d’interpréter ce résul- font l’inverse.
tat. Le taux de chômage et le taux d’emploi sont
liés par une corrélation négative très forte (- 0,81).
Les critères de convergence ont aussiLe taux d’emploi est lui même fortement et positi-
contribué à une certaine homogénéitévement corrélé avec le taux d’activité (+ 0,96), et
ce dernier est lié à la participation des femmes sur sociale de l’UEM
le marché du travail, qui n’est pas indépendante des
structures familiales. Des structures familiales peu L’analyse factorielle permet de placer dans une
traditionnelles peuvent favoriser l’activité des fem- perspective nouvelle le processus de sélection
mes, ce qui est favorable à l’emploi et peut donc des pays membres de l’Union économique et
réduire le chômage. Une interprétation allant dans monétaire en examinant la position sur le gra-
le même sens est que les pays où les structures phique des onze pays membres du « premier
familiales sont les moins traditionnelles et où les cercle » de l’UEM et celle des quatre pays qui n’en
femmes sont les plus actives sont aussi les pays où font pas partie. La Grèce a été écartée du groupe
erla main-d’œuvre est la plus qualifiée, ce qui favo- des pays qui ont adopté l’euro au 1 janvier 1999
rise un faible taux de chômage. Quoi qu’il en soit, il parce qu’elle ne respectait aucun des critères de
reste que la croissance du PIB entre 1986 et 1996 convergence. L’analyse situe ce pays dans une
n’est pas du tout corrélée avec le niveau du taux de position extrême du point de vue des performan-
chômage en 1997 (0,07) et est même inversement ces macro-économiques ce qui suggère
(mais faiblement) corrélée avec le taux d’emploi et le qu’au-delà des critères nominaux, les divergen-
taux d’activité. La croissance du PIB est en ces réelles de la Grèce sont profondes. Le
revanche corrélée avec la variation du chômage Royaume-Uni, le Danemark et la Suède n’ont
entre 1987 et 1997 (- 0,58). Une croissance soutenue pas adopté l’euro parce qu’ils le souhaitaient (les
est donc effectivement associée à une réduction du deux premiers pays ont utilisé la clause de
chômage à l’intérieur des différents pays. Elle est l’ « opting out » ; la Suède, de surcroît, ne satis-
en revanche sans relation avec les écarts de taux faisait pas aux critères). Ces trois pays se situent
de chômage entre pays européens en 1997. Ce également dans une position extrême dans
constat confirme la nature structurelle du chômage l’analyse, mais cette fois-ci du point de vue de
européen. leurs caractéristiques sociales : main-d’œuvre
plus qualifiée, structures familiales éclatées,
taux d’activité et d’emploi élevés, forte partici-
Les dépenses en faveur de l’emploi pation des femmes sur le marché du travail, etc.
contribuent davantage à réduire le chômage Dès lors, si l’absence de la Grèce participe d’une
qu’à améliorer les résultats économiques plus grande homogénéité de l’Union monétaire
du point de vue économique, celle du
Cet article n’utilise que des indicateurs assez rudi- Royaume-Uni, du Danemark et de la Suède con-
mentaires des politiques de l’emploi, qui rappor- tribue à rendre cette union plus homogène du
tent différents postes de dépenses de ce type au point de vue des situations sociales.
Cet article a bénéficié de l’assistance de recherche de Nathalie Politi et des remarques de Nathalie Greenan.
46 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 332-333, 2000-2/3BIBLIOGRAPHIE
Barrère-Maurisson M-A. et Marchand O. (1990), Statistiques en bref, Population et conditions
« Structures familiales et marchés du travail dans sociales, n° 5.
les pays développés », Économie et Statistique,
n° 235, septembre. Eurostat (1997), « L’activité des femmes dans
l’Union européenne », Statistiques en bref, Popula-
tion et conditions sociales, n° 1.Cadiou L., Guichard S. et Maurel M. (1999),
« La diversité des marchés du travail en Europe :
quelles conséquences pour l’Union monétaire ? », Eurostat (1997), « Les responsabilités familiales -
Document de travail, n° 11, juin, Cepii. Comment sont-elles partagées dans les ménages
européens ? », Statistiques en bref, Population et
Commissariat Général au Plan, « Emploi, négo- conditions sociales, n° 5.
ciations collectives, protection sociale : vers quelle
Europe sociale ? », rapport du groupe présidé par Eurostat (1997), « L’emploi à temps partiel dans
Joël Maurice. l’Union européenne », Statistiques en bref, Popula-
tion et conditions sociales, n° 13.
Eichengreen B. (1993), « European Monetary Inte-
gration », Journal of Economic Literature, vol XXXI. OCDE (1998), Perspectives de l’emploi, juin.
Eurostat (1996), « Vivre sous le même toit, OCDE (1998), Perspectives économiques de
modèles familiaux dans l’Union européenne », l’OCDE, n° 63, juin.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 332-333, 2000-2/3 47Abrévia-
tions
Suède
Royaume-Uni
Portugal
Pays-Bas
Italie
Irlande
Grèce
France
Espagne
Danemark
Belgique
Autriche
Allemagne
ANNEXE
SÉLECTION DES DONNÉES UTILISÉES
Structures familiales et démographie
% de moins de 15 ans en 1995 16,3 17,6 18 17,3 16,9 19,6 17,1 24,7 15,1 18,4 18 19,4 18,9 <15
% de 15-64 ans en 1995 68,3 67,3 66,2 67,4 68 65,4 67,5 63,8 68,5 68,4 67,6 64,9 63,6 1564
% de plus de 65 ans en 1995 15,4 15,1 15,8 15,3 15,1 15 15,4 11,5 16,4 13,2 14,4 15,7 17,5 >64
Indicateur conjoncturel de fécondité en 1995 (1) 1,25 1,4 1,55 1,8 1,18 1,7 1,32 1,86 1,17 1,53 1,4 1,7 1,73 fé95
Solde migratoire en % de la population en 1995 4,87 0,92 0,26 5,47 1,21 0,69 2 1,08 1,58 0,96 0,54 1,83 1,31 migr
Taux brut de nuptialité en 1995 5,3 5,3 5,1 6,6 5 4,4 6,1 4,3 4,9 5,3 6,6 5,5 3,8 nupt
Taux brut de divortialité en 1995 2,1 2,3 3,5 2,5 0,8 2 1,1 “ 0,5 2,2 1,2 2,9 2,6 div
Proportion de naissances hors mariage en 1995 16,1 27,4 15 46,5 10,8 37,2 3 22,7 8,1 15,5 18,7 33,6 53 nHM
% de ménages d'une seule personne en 1996 34,8 29,6 27,3 “ 12,5 29,9 21,5 22 23 30,5 14,9 28,8 “ seul
% de ménages avec 2 adultes avec enfants en 1996 15,6 17,2 18,5 “ 18,3 18,8 16,8 20,6 18,3 18,1 17,2 18,2 “ cou+
% de ménages avec enfants en 1996 20,2 25,1 24,2 “ 32 25,2 25,5 34,3 25,8 22,6 30,1 23,5 “ Fam
% de ménages avec 2 adultes sans enfants en 1996 31 27 29,7 “ 23,3 30 29,1 22,5 24,4 33,1 25,9 31 “ couS
% de familles monoparentales en 1996 2,3 2,4 2,3 “ 0,8 2,6 0,8 2,7 1,1 1,9 1,5 5,2 “ mono
Marché du travail
Taux d'activité en 1997 (2) 70,4 70,9 62,6 79,8 61,9 67,1 60,8 62,7 57,7 71,5 68,2 76,2 76,8 act
Taux d'emploi en 1996 (3) 64,5 67,3 56,3 74 47,6 59,2 54,9 54,8 50,6 65,4 62,3 69,8 71,6 empl
Taux de salariat en 1996 (4) 89,4 85,6 82 90,7 74,8 86,8 54,3 79,1 71,2 87,7 71,6 86,6 87,8 sala
Taux de temps partiel en 1996 (5) 16,5 12,6 14 21,5 7,7 16 5,3 11,6 6,6 36,5 8,7 24,6 23,6 TP
Taux de temps partiel contraint en 1996 (% TP) 11,9 9,3 26,5 14,5 22,5 39,6 39,6 29,9 37,6 6,2 21,5 12,6 29,5 TPc
Taux de croissance du TP entre 1986 et 1996 27,9 90,9 48,9 -9,3 32,8 36,7 -8,6 87,1 32 23,7 45 13,9 0,4 cTP
Nombre d'heures hebdomadaires en 1996 (6) 38,7 39,7 42,7 34 37,9 39,6 41,8 40,4 38,7 32,2 40,6 36,5 34,2 Hres
Taux de chômage en 1997 (7) 11,4 6,2 12,7 7,6 20,8 12,4 10,4 10,2 12,3 5,6 6,7 6,9 8 chom
Croissance du chômage entre 1987 et 1997 50 26,5 10,4 -1,3 4 18,1 40,5 -39,6 20,6 -30 -5,6 -32,3 281 cCHO
Part des chômeurs de longue durée en 1997 (8) 47,8c 28,7 60,5 27,2 55,5 41,2 55,7 57 66,3 49,1 55,6 38,6 29,6 LD
Pourcentage des salariés ayant un CDD en 1996 11 8 5,9 11,2 33,6 12,5 11 9,2 7,46 12 10,4 6,9 11,6 CDD
Travail le soir en 1996 (en % de l’ emploi) 17,7 12,9 12,9 19,6 “ 7,8 29,7 12,4 12,9 15,8 0,8 16,7 20,7 soir
Travail de nuit en 1996 (en % de l’ emploi) 6,8 8,4 5,1 7 4,8 3,6 3,9 6,7 4,9 2,1 0,8 6,3 6,7 nuit
Travail le samedi en 1996 (en % de l’ emploi) 22,7 25,1 18,5 25,9 38,2 24,2 43,4 30 41,2 27,3 32,6 24,3 18,6 same
Travail le dimanche en 1996 (en % de l’ emploi) 11,3 14,3 9,6 19 15,6 8,3 14,1 17,6 8 14,7 13,7 12,5 16,2 dima
Pourcentage de 25-64 ans ayant complété
ele 2 cycle du secondaire 83,7 69,5 53,5 62 28 68,4 42,5 47,2 34,9 61,2 20,1 75,9 74,7 2nd
un enseignement supérieur 22,6 7,9 24,6 20,4 16,1 18,6 17,4 19,9 8a 21a 11 21,5 28,3 supé
Dépenses pub. pour l’emploi en % du PIB en 1996 3,79 1,73 4,27 5,8 2,37 3,13 0,71 4,07 1,96 4,86 1,97 1,47 4,25 DEP
Dépenses publiques en % du PIB pour
la formation professionnelle en 1996 0,36 0,17 0,28 0,97 0,14 0,36 0,07 0,21 0,01 0,13 0,31 0,09 0,43 Dfor
Dépenses publiques en % du PIB en faveur
des jeunes en 1996 0,07 0,02 0,03 0,1 0,07 0,24 0,03 0,24 0,42 0,1 0,34 0,13 0,02 Djeu
Dépenses publiques en % du PIB pour l'aide
à l'embauche en 1996 0,34 0,07 0,84 0,31 0,2 0,48 0,05 0,88 0,61 0,42 0,12 0,02b 0,7 Demb
indemnisation du chômage en 1996 2,49 1,22 2,12 2,22 1,87 1,44 0,45 2,29 0,68 3,33 0,89 1,05 2,16 Dcho
Performances macro-économiques
PIB en volume (en % de variation annuelle
moyenne entre 1986 et 1996) 2,2 2,5 2,1 1,6 2,8 1,9 1,8 6,2 1,8 2,7 3,1 2,1 1,3 PIB
Formation brute de capital fixe (% du PIB
aux prix courants) 20,6 23,8 17,3 16,7 20,1 17,4 20,8 17,2 17 19,7 24,1 15,5 14,8 inve
Productivité totale des facteurs dans les
secteurs marchands en 1979-1997 (Tcam) (9) 0,6 1 1 0,7 1,7 1,3 -0,2 3,6 1,2 1 1 1,2 1,2 prod
Prix à la consommation 1987-1997 (Tcam) (9) 2,8 2,8 2,5 3 5,5 2,7 14,7 2,8 5,3 2,1 8,6 4,9 5,1 infl
Déficit public, moy 1990-1996 en % du PIB 3,05 3,6 5,4 2 5,1 4,3 11,7 2 9,25 3,6 5,3 5 5,3 mDP
Balance extérieure, moy 1990-1996 en % du PIB 0,5 0,2 2,9 4,9 -4,4 -0,7 -12 11 1,4 6,5 -10,9 -1,6 4,25 mDE
Degré d'ouverture, moy 1990-1996 26,1 47,6 72,2 35,3 27,2 27,7 25,3 66,3 20,7 54,3 42,9 27,4 30,8 mDO
Salaires réels (Tcam 1990-1997) (9) 1,3 1,2 1,6 1,5 1,7 1,1 -0,02 1,8 0,9 0,4 3,3 0,7 0,9 rému
Coûts unitaires réels de main-d'œuvre
en 1997, indice égal à 1 en 1990 0,985 0,991 1,001 0,998 0,996 0,993 0,99 0,977 0,99 0,991 1,002 0,996 0,983 couM
“ données manquantes
1. L’indicateur conjoncturel de fécondité est utilisé également pour les années 1965,1975 et 1985.
2. Le taux d’activité est aussi utilisé par genre, tranches d’âge et niveaux d’éducation.
3. Le taux d’emploi est aussi utilisé par tranches d’âge, niveaux d’éducation et secteurs d’activité (industrie et tertiaire).
4. Le taux de salariat est utilisé par genre.
5. Le taux de temps partiel est utilisé par genre.
6. La durée du travail hebdomadaire est utilisée par genre.
7. Le taux de chômage est utilisé par genre, tranche d’âge et niveau d’éducation.
8. La part de chômeurs de longue durée est utilisée par genre.
9. Taux de croissance annuel moyen.
Source : l’origine de ces données est détaillée en encadré.
48 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 332-333, 2000-2/3

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.