Premier bilan de l'emploi sur l'année 2000 - Petites et grandes entreprises embauchent

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Avec 14 200 emplois salariés créés et un taux de chômage ramené à 8,5 % en décembre, la Basse-Normandie a connu en 2000 une très bonne année pour l'emploi, la croissance des effectifs salariés étant légèrement plus forte qu'au niveau national. Les services créent un emploi nouveau sur deux mais un tiers sont des emplois intérimaires. Intérim compris, l'emploi salarié industriel a augmenté en moyenne de 2,5 % en 2000, presque autant que dans les services (+ 2,7 %). En matière de créations d'emplois, les très petites entreprises sont les plus dynamiques, mais les grandes entreprises industrielles ont également joué un rôle déterminant en 2000. Encore une fois, le Calvados se taille la part du lion dans l'emploi créé. Industrie et tourisme y cohabitent et apportent leur lot d'emplois nouveaux.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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n° 94 - juin 2001
Premier bilan de l’emploi sur l’année 2000
PETITES ET GRANDES
ENTREPRISES EMBAUCHENT % Avec 14 200 emplois salariés
créés et un taux de chômage rame-
né à 8,5 % en décembre, la
Basse-Normandie a connu en 2000a croissance de l’emploi est entre fin 1999 et fin 2000, ce qui cor-
une très bonne année pour l’emploi,restée forte en Basse-Nor respond à la création de plus de 14 000-
la croissance des effectifs salariésLmandie en 2000. Les nombreu postes de travail. C’est un bon millé- -
étant légèrement plus forte qu’au ni-ses annonces de plans sociaux qui ont sime pour la troisième année consécu-
veau national.fait l’actualité des dernières semaines tive, car en 1999 déjà les records de
obscurcissent donc un panorama de créations d’emplois avaient été battus, % Les services créent un emploi
croissance de l’emploi sans précédent. avec une progression de 2,9 % dépas-
nouveau sur deux mais un tiers sont
En fait, la poursuite du développement sant elle-même les 2,3 % de 1998. En
des emplois intérimaires.
économique s’accompagne de celle de trois années, le nombre d’emplois sala-
la mutation du tissu productif et, si les riés aura ainsi augmenté de près de
effectifs au travail augmentent globa 38 000 dans la région.- % Intérim compris, l’emploi sala-
lement, les conditions d’emploi se rié industriel a augmenté en
transforment. L’année 2000 n’en aura La Basse-Normandie est donc bien ins- moyenne de 2,5 % en 2000,
pas moins été une bonne année, les ef tallée dans le mouvement national de presque autant que dans les servi- -
fectifs salariés augmentant de 3 % création d’emplois et fait même mieux ces (+ 2,7 %).
% En matière de créations d’em-
plois, les très petites entreprises
sont les plus dynamiques, mais les
grandes entreprises industrielles
ont également joué un rôle détermi-
nant en 2000.
% Encore une fois, le Calvados
se taille la part du lion dans l’emploi
créé. Industrie et tourisme y cohabi-
tent et apportent leur lot d’emplois
nouveaux.
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 94. . . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
que nombre de régions : les effectifs sa services marchands augmentent leurs dans les services opérationnels aux-
lariés dans le secteur concurrentiel hors effectifs de5%en accentuant là aussi entreprises sont des emplois d’intéri-
agriculture ont progressé de 3,6 % en la tendance nationale (+ 4,5 %). maires qui s’ajoutent donc en fait aux
France, mais de 4,0 % en Basse-Nor créations d’emplois sur contrat à durée-
Un emploi nouveau sur deux
mandie. Un gain supérieur dans la ré déterminée et à durée indéterminée-
dans les services
gion qui confirme le fort dynamisme dans les secteurs utilisateurs le plus
déjà noté en 1999. A l’exception du Comme en 1998 et en 1999, les servi souvent industriels. Une autre part cor- -
commerce, les grands secteurs d’acti ces apparaissent comme les grands respond à l’externalisation de fonc- -
vité affichent tous une croissance de pourvoyeurs d’emplois nouveaux (une tions comme le nettoyage (450 emplois
l’emploi plus vive qu’au niveau natio création d’emploi sur deux). Les servi nouveaux), le gardiennage ou le condi- - -
nal : loin d’être un phénomène plus ou ces aux entreprises confirment leur dy tionnement, un nombre croissant d’en- -
moins conjoncturel lié à quelques fleu namisme, avec des progressions treprises confiant ces tâches à des-
rons régionaux, le bon résultat bas-nor d’emplois de près de 7 % dans le agences spécialisées. C’est d’ailleurs-
mand apparaît donc plutôt comme la conseil et l’assistance et de plus de aussi le cas dans les secteurs du conseil
conséquence de la croissance de l’acti 10 % dans les services opérationnels. et de l’assistance aux entreprises, avec-
vité économique dans toutes ses com Ainsi, la Basse-Normandie rattrape une mention spéciale pour des services-
posantes. Hors intérim, l’effectif année après année le retard qu’elle informatiques dopés en 2000 par le dé-
industriel croît de 2,6 % : c’est un peu avait accumulé dans ces secteurs dans collage de jeunes entreprises investis-
plus que dans l’ensemble des régions les années quatre-vingt. La progression sant le monde de l’internet, du
métropolitaines (+ 1,6 %). L’emploi de l’emploi dans les services masque multimédia ou des télécommunica-
salarié dans la construction fait quant à cependant en partie celle des secteurs tions. L’augmentation de l’emploi
lui un bond de 7,7 %, soit là encore net plus traditionnels, au premier rang des dans les secteurs des services aux en- - -
tement mieux que l’ensemble du terri quels l’industrie et la construction. En treprises prend donc directement appui-
toire national (+ 5,2 %). Enfin, les effet, un tiers des nouveaux emplois sur la croissance de l’activité dans les
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autres branches, et sans doute peut-on l’industrie. Mais qu’il s’agisse de gentes ne sont donc pas les seules, loin
voir dans la forte progression de l’em “mauvaises surprises” ou de la pour s’en faut, à avoir offert de nouveaux- -
ploi bas-normand dans les services aux suite d’un lent déclin, les stagnations emplois en 2000. Dans tous ces sec-
entreprises un impact direct du dyna ou les baisses de l’emploi dans ces secteurs teurs qui réalisent également des gains-
misme de l’industrie et du bâtiment. font quand même figure d’exception. de productivité importants, la crois-
sance de l’emploi intérimaire a encore
Certes, tous les secteurs de l’industrie
Les fleurons industriels renforcé l’augmentation des effectifs
ne sont pas en expansion. Des secteurs
tirent la croissance au travail.
traditionnels confirment même leur re-
pli, comme l’habillement, qui perd 6 % De leur côté, les fleurons de l’industrie De son côté, la construction continue
de ses emplois, le secteur du bois et du bas-normande affichent des créations sur sa lancée. La croissance de l’activi-
papier, qui en laisse échapper 3 % et la d’emplois records : près de 600 em- té a été telle que les effectifs salariés
construction navale, dominée par la plois nouveaux dans les composants ont fait un bond de 7,7 %, après un es-
Direction des Constructions Navales à électriques et électroniques (+ 9 %), sor de 4,5 % en 1999. Ceci représente
Cherbourg, où l’emploi se tasse à nou 800 emplois de plus dans l’automobile- au total plus de 3 500 embauches sur
veau (– 2 %). D’autres industries (+ 9 %) et 600 dans l’agroalimentaire deux ans.
connaissent quant à elles une stagna (+ 3 %). Avec 200 embauches en 2000,-
Dotée d’un secteur industriel qui orgation inquiétante, comme celle des biens la plasturgie bas-normande a continué -
nise sa croissance autour des trois pôd’équipement qui représente pourtant de se muscler tandis que la métallurgie -
les automobile, électronique etun enjeu pour le développement régio a accru ses effectifs de 5 % (500 em- -
agroalimentaire et bénéficiant d’unnal. Fortes de 13 500 salariés, les entre plois) et que l’industrie textile-
secteur de la construction en pleinprises régionales de ce secteur n’ont elle-même semble retrouver le chemin
boom, la Basse-Normandie a égalepas su profiter l’an dernier de la forte de la croissance avec une cinquantaine -
ment su tirer partie de son orientationprogression des investissements dans d’emplois créés. Les industries émer-
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Une forte contribution de l’intérim à la croissance de l’emploi,
particulièrement dans l’industrie
Si l’on réaffecte les intérimaires dans le secteur d’activité “utilisateur”, la croissance de l’emploi en moyenne
annuelle dans l’industrie n’apparaît pas très éloignée de celle des services (+ 2,5 % contre + 2,7 %), la hiérarchie étant même ren-
versée dans le Calvados et dans l’Orne. La progression de l’emploi total en moyenne sur l’année est quant à elle estimée à 15 700 pos-
tes de travail, soit + 3,3 %, contre 14 200 et + 3,0 % en glissement de décembre à décembre, le nombre d’intérimaires étant plus faible
en fin d’année qu’en période estivale. L’intégration des intérimaires dans leur secteur d’activité réel fait également apparaître une assez
forte contribution de l’intérim à la croissance de l’emploi dans le commerce.
Évolution de l’emploi salarié entre 1999 et 2000 en moyenne annuelle
Unité : %
Calvados Manche Orne Basse-Normandie
Emploi Emploi Emploi EmploiSecteur
salarié Emploi salarié Emploi salarié Emploi salarié Emploid’activité Intérim Intérim Intérim Intérim
hors total hors total hors total hors total
intérim intérim intérim intérim
+ 55,6 - 29,2 + 25,8Agriculture - 1,8 - 1,6 - 1,3 - 2,0 - 4,6 + 644,4 - 2,4 - 2,3 - 2,0
+ 21,0 + 13,1 + 16,5Industrie + 2,0 + 3,3 + 0,5 + 1,3 + 1,4 + 13,5 + 2,5 + 1,4 + 2,5
+ 2,1 + 8,8 + 7,1Construction + 6,8 + 6,4 + 5,2 + 5,4 + 6,7 + 20,2 + 7,4 + 6,1 + 6,2
Commerce + 3,5 + 28,7 + 4,2 + 3,7 + 28,8 + 4,0 + 2,2 0,0 + 2,1 + 3,3 + 25,6 + 3,7
+ 18,8 + 23,4 + 11,6Services + 3,0 + 3,1 + 2,3 + 2,4 + 2,2 - 10,6 + 2,0 + 2,6 + 2,7
+ 17,9 + 12,7 + 14,9Ensemble + 3,0 + 3,8 + 2,2 + 2,8 + 2,0 + 11,8 + 2,9 + 2,5 + 3,3
Source : Insee, estimations provisoires d’emploi, données intérim UNEDIC-DARES.
touristique. Malgré une saison estivale compagne d’un engagement à la créa 1999. D’autres indicateurs montrent-
en demi-teinte, les effectifs salariés l’amélioration générale sur le front detion ou à la préservation d’emplois
dans les hôtels et restaurants ont aug l’emploi, comme la baisse des suppres- mais ne suppose pas de chiffrage précis -
menté de 8 % entre décembre 1999 et sions d’emplois liées à des plans sode l’impact sur les effectifs des entre --
décembre 2000 et les acteurs des sec ciaux dans les entreprises de plus de- prises. La direction régionale du Tra-
teurs du sport, des loisirs et de la cul dix salariés, la diminution des licencie- vail et de la Formation professionnelle -
(1)ture, souvent des associations , ont ments économiques (- 18 %) et la divide Basse-Normandie note toutefois -
recruté 400 nouveaux salariés. Si la fré sion par deux des journées- que le nombre de salariés bas-nor-
quentation touristique reste détermi indemnisées au titre du chômage par- mands concernés par la réduction du -
nante pour ces secteurs pendant l’été, tiel. Enfin, alors que le nombre d’offrestemps de travail a augmenté de 70 % en
les modifications de mode de vie per d’emploi déposées à l’ANPE a aug- 2000, ce qui indique une croissance -
mises par l’augmentation du temps menté de 2,5 % en 2000, il a progresséforte du potentiel de créations d’em-
libre constituent aussi à l’évidence des de 7,2 % pour les emplois durables tan-plois nouveaux au titre de compensa-
opportunités nouvelles pour leur déve dis qu’il baissait pour les emplois tem- -tion de la RTT.
loppement et pour la création d’em poraires ou occasionnels. Cette forte-
Plus ou moins de tensionsplois. progression de l’offre d’emplois dura-
sur le marché du travail ? bles a même entraîné une augmenta-
L’effet “35 heures” sur le niveau de
tion du taux d’insatisfaction de cetteLe premier effet de l’augmentation des
l’emploi est cependant difficile à me- offre (18 % en 2000 contre 15 % eneffectifs au travail est bien sûr la baisse
surer, puisque la signature d’accords 1999), les employeurs potentielsspectaculaire du chômage, le taux de
au titre de la deuxième loi Aubry s’ac- n’ayant semble-t-il pas tous trouvé lechômage au sens du BIT passant de
candidat à recruter. En revanche, le10 % en décembre 1999 à 8,5 % en dé-
nombre de personnes oscillant entrecembre 2000. Le nombre de deman-
(1)
Les associations ont également embauché chômage et emploi, et, par conséquent,deurs d’un emploi à temps plein
une grande partie des 1 700 jeunes recrutés
pour beaucoup d’entre elles, en situaimmédiatement disponibles a régressé -dans le cadre du dispositif “nouveaux servi-
ces-emplois jeunes”. tion de précarité, continue de s’acde 9 000, après une baisse de 9 600 en -
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croître mais à un rythme moindre qu’en qu’ils aient développé par ailleurs une progression de l’intérim en 1998 et
1998 et 1999. Ainsi, le nombre de per politique d’embauches fermes comme 1999 s’apparentait à la forte croissance-
sonnes inscrites à l’ANPE mais non l’automobile (l’intérim y croît de 45 % qu’il avait déjà connu lors des années
immédiatement disponibles ou à la re et l’effectif salarié sur contrat de 8 %) 1994-1995, et pouvait s’analyser de-
cherche d’un emploi à temps partiel ou ou l’agroalimentaire (+ 20 % et+3%), prime abord comme un effet de l’atten-
sur contrat de courte durée était en aug ou qu’ils connaissent au contraire une tisme des chefs d’entreprises face à la-
mentation de 6,5 % fin décembre stagnation voire une baisse des effec reprise, son accentuation en 2000 dans-
(1)
2000 , contre + 42,1% en 1998 et tifs permanents, comme l’industrie du l’industrie semble indiquer l’installa-
(2)
+ 25,1 % en 1999. La persistance de la bois et du papier ou la mécanique .Le tion de façon durable de nouveaux mo-
croissance du nombre de ces inscrits à nombre d’intérimaires est cependant des de gestion de la main d’œuvre dans
l’ANPE indique que l’amélioration de très variable selon les secteurs. S’il des entreprises de plus en plus souvent
la situation de l’emploi n’empêche pas reste peu important dans la mécanique, soumises à l’obligation d’ajustements
le maintien de difficultés d’insertion il représente plus de 15 % de l’effectif rapides. Par ailleurs, les deux dernières
sur le marché du travail pour certaines total au travail dans la filière automo années montrent une très forte progres- -
populations. bile. Il demeure l’outil privilégié pour sion de l’intérim dans le tertiaire
la régulation du volume de la main (+ 20 % en 1999 et + 23% en 2000). LaEn effet, si l’offre d’emplois temporai-
d’œuvre dans de nombreuses entrepri pratique se développe surtout dans leres ou occasionnels enregistrée à -
(4)
ses et acquiert de nouvelles fonctions, commerce , l’augmentation étant del’ANPE est en baisse, l’intérim
servant par exemple de support pour la 29 % en 2000, mais aussi dans lescontinue de son côté à gagner du ter-
sélection du personnel à recruter sur transports et dans le conseil et l’assisrain dans les entreprises. Selon le mi --
contrat. Aussi, si l’intérim a conservé tance aux entreprises.nistère de l’Emploi et de la Solidarité,
son caractère saisonnier avec le pic esle travail temporaire aurait représenté -
(3) Petites ou grandestival du nombre d’intérimaires ,ilest15 500 emplois en équivalent temps
entreprises :resté à un niveau exceptionnellementcomplet en Basse-Normandie sur
presque toutes embauchentélevé à l’automne 2000, certaines enl’année 2000. Comme les années pré --
(5)treprises choisissant de conserver uncédentes, la progression de l’intérim Les très petites entreprises (TPE)
fort volant d’intérimaires. L’existence(+ 15 %) est bien supérieure à celle de sont celles qui ont le plus embauché en
d’un niveau élevé d’intérim “permal’emploi stable (+ 4 % dans la sphère -
nent” dans un secteur d’activité n’exconcurrentielle). Le recours accru au -
(1) Ces personnes étaient au nombre declut d’ailleurs nullement les variationstravail temporaire est le fait de prati-
20 900 en Basse-Normandie fin dé-
brutales entreprise par entreprise. Si laquement tous les secteurs industriels, cembre 2000, alors que l’ANPE comptabi-
lisait à cette date 50 400 demandeurs d’un
emploi à temps plein immédiatement dis-
ponibles.
(2) Par mécanique, on entend ici la produc-
tion de biens d’équipements mécaniques
professionnels (constructions métalli-
ques, chaudronnerie, fabrication de pom-
pes, turbines, machines-outils…).
(3) Le nombre d’intérimaires dans les en-
treprises a culminé à 18 600 en juin 2000
et s’établit à 16 000 en moyenne chaque
mois.
(4) Dans le commerce de détail, la crois-
sance de l’emploi à temps partiel semble
en revanche stoppée.
(5) Seules les entreprises du secteur
concurrentiel, hors agriculture et entrepri-
ses de travail temporaire, sont examinées
ici. Les effectifs ne comprennent par les
intérimaires. Les très petites entreprises
(TPE) ont moins de 10 salariés, les petites
et moyennes entreprises (PME) ont entre
10 et 499 salariés, les grandes entreprises
ont entre 500 et 4 999 salariés et les très
grandes entreprises 5 000 salariés ou
plus.
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2000, leurs effectifs se renforçant de (avec 300 nouveaux emplois), les TPE La situation dans l’industrie est plus
quelques 5 100 salariés. En revanche, étant présentes dans l’expertise comp contrastée. Là aussi les TPE se distin- -
les 80 très grandes entreprises implan table, le conseil pour les affaires et la guent par un dynamisme important,-
tées en Basse-Normandie n’ont fait que gestion et le contrôle technique des vé notamment dans le secteur artisanal de-
maintenir leurs effectifs bas-nor hicules (avec 150 emplois nouveaux). la boulangerie et de la pâtisserie qui a-
mands, la progression de l’intérim, créé plus de cent emplois salariés. En
sensible dans les grands établissements Dans le commerce, les TPE sont deve outre, les TPE se développent égale- -
industriels, compensant dans une cer nues également l’un des moteurs des ment dans la mécanique et la métal- -
taine mesure cette absence globale de créations d’emplois salariés, la baisse lurgie, l’impact sur l’emploi restant
créations d’emplois. Les petites et des effectifs étant très nette dans les toutefois modeste avec un total de 250
moyennes entreprises (PME) ont pour magasins bas-normands des très gran embauches pour quelques 500 TPE-
leur part accru leurs effectifs mais dans des entreprises spécialisées en vente de dans les secteurs concernés (soit néam-
des proportions modestes (+ 3,4 %). meuble, en habillement ou en brico moins une augmentation de 15 % de-
Ces entreprises, au nombre de 4 500 lage. L’augmentation des effectifs des l’effectif salarié total de ces entrepri-
employaient 47 % des salariés bas-nor TPE est vive dans les métiers liés à ses). Mais comme les TPE, les grandes-
er
mands au 1 janvier 2001. Leur contri l’automobile (le commerce des véhicu entreprises industrielles ont aussi aug- - -
bution aux créations d’emplois pour les, leur entretien et leur réparation, et menté fortement leurs effectifs salariés
2000 est de l’ordre de 4 500 postes de le commerce de détail de carburant) où (+ 3,2 %, intérimaires non compris) en
travail. Moins nombreuses, les grandes les créations d’emplois salariés appro réalisant 20 % des embauches indus- -
entreprises ayant une activité en chent les 350. Le constat est le même trielles. Très présentes dans les sec-
Basse-Normandie ont augmenté leurs en pharmacie (+ 140 emplois) tandis teurs en croissance comme
effectifs de 4,3 %, embauchant plus de que dans le petit commerce tradition l’automobile, les composants et les-
1 600 nouveaux salariés. nel, l’emploi salarié augmente dans les équipements électriques et électroni-
magasins de meubles et d’équipements ques, elles constituent, avec les très
Le dynamisme des très petites entrepri-
de la maison, dans les maisons de la grandes entreprises de ces mêmes sec-
ses s’observe surtout dans les secteurs
presse, en librairie, en optique et chez teurs, les véritables moteurs du renou-
de la construction et des services.
les fleuristes, mais il baisse dans l’ha vellement industriel de la-
Comme elles sont très nombreuses
billement. Dans le commerce alimen Basse-Normandie. Côté très grandes-
dans ces deux secteurs, l’impact de leur
taire en revanche, l’avantage reste grandes entreprises, les pertes d’em-
croissance sur le niveau de l’emploi est
encore aux moyennes et grandes surfa plois chez Moulinex,àla DCN et dans-
très important. Dans la construction
ces, les hypermarchés et les supermar le secteur de l’énergie restent moins-
tout particulièrement, les TPE ont
chés ayant créé 700 emplois nombreuses que les gains d’effectifs
montré une forte réactivité face à la
supplémentaires en 2000 (+ 7 %). dans les secteurs en développement.
croissance importante de la demande
en augmentant leurs effectifs de plus de
14 % alors que les grandes et les très
grandes entreprises se contentaient de
Des estimations provisoires de l’emploi
les maintenir, ces entreprises n’étant
Les estimations de l’emploi salarié au 31 décembre 2000 sontsans doute pas tournées vers le même
encore provisoires. Ces estimations sont réalisées principalement àtype de clientèle. Au hit parade, les en-
partir des déclarations des employeurs aux URSSAF et à la MSA, l’inter-
treprises de couvreurs arrivent large- rogation directe de certaines entreprises pouvant compléter l’exploitation des fichiers
ment en tête, avec plus de 300 emplois administratifs. L’intérim est connu grâce aux déclarations des entreprises de travail
salariés créés par la profession ; tous temporaire à l’UNEDIC, qui sont ensuite traitées par le Ministère de l’Emploi et de la
Solidarité. L’emploi dans les secteurs de l’administration, de l’éducation, de la santé etles secteurs de l’artisanat dans le bâti-
de l’action sociale est estimé à partir de tendances nationales. Une version semi-défini-ment ont participé à la croissance de
tive des estimations d’emplois au 31 décembre 2000 sera disponible début 2002.
l’emploi salarié. Quant aux services,
Pour les évolutions par tranche d’effectifs salariés, chaque établissement est clasles TPE se détachent dans les domaines -
sé selon la tranche d’effectifs en 1999 de l’entreprise à laquelle il appartient, à l’excep-du sport et de la culture et rivalisent
tion des établissements appartenant à des entreprises créées en 2000. Ces derniers
avec les grandes entreprises tant dans
sont classés selon la taille de leur entreprise en 2000. Les calculs sont ensuite effec-
l’hôtellerie et la restauration que dans tués “à tranche de taille constante” entre 1999 et Ainsi, par exemple, l’ensemble
les services aux entreprises, mais sur “PME” est constitué des établissements appartenant à une PME en 1999, quelle que
des créneaux différents pour ces der soit la taille de ces mêmes entreprises en 2000.-
niers : le nettoyage industriel reste
l’apanage des grandes entreprises
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 94. . . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
Toutefois, hors intérim, l’augmenta-
tion des effectifs dépasse à peine 1 %.
En outre, cherchant à optimiser leur or-
ganisation interne, certaines de ces en-
treprises ont poursuivi une politique de
filialisation, à l’image de Moulinex qui
a réuni certaines activités dans la Com-
pagnie générale des moteurs électri-
ques,etd’Alcatel CIT qui a transféré
les actifs de son établissement de Cou-
tances à la société Alcatel Coutances.
Les PME s’affirment quant à elles plu-
tôt dans des secteurs traditionnels de
l’industrie, à l’image des PME de
l’agroalimentaire, à l’origine de 600
créations d’emplois, et de celles de la
métallurgie (+ 700 emplois). De plus,
dans les secteurs de l’automobile ou de
la transformation des matières plasti-
ques, les PME ont tiré partie de la
croissance des donneurs d’ordre et du
marché de la sous-traitance et ont aug-
menté leurs effectifs au travail (de res-
pectivement6%et3%). La
contre-performance des PME spéciali-
sées dans la mécanique mise à part,
l’augmentation des effectifs dans ces
entreprises renforce le socle de l’in-
dustrie bas-normande. Au final, la
croissance de l’emploi salarié en
Basse-Normandie apparaît certes pour
partie comme la conséquence du dyna-
misme des très petites entreprises, dont
les artisans du bâtiment, les hôteliers et
les restaurateurs donnent la meilleure
image, mais il est aussi largement l’ef-
fet du développement des entreprises
moyennes ou grandes de l’industrie.
Créations d’emplois :
le Calvados se taille la part
du lion
57 % des nouveaux emplois bas-nor-
mands de l’année 2000 ont été créés
dans le Calvados. La Manche fait pâle
figure avec une progression des effec-
tifs salariés dans le secteur concurren-
tiel de 3 % seulement tandis que l’Orne
se situe dans la moyenne des départe-
ments français avec un essor de 3,6 %.
Loin de miser exclusivement sur le ter-
tiaire, le Calvados s’est distingué par le
dynamisme exceptionnel de son in-
dustrie. Il est vrai que c’est dans ce dé-
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 94. . . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSEANALYSE ANALYSE ANALYSE
partement que reste concentrée une années. En 2000, ce fut surtout le cas l’Orne, elle marque le pas dans la
grande partie du potentiel industriel ré dans l’industrie du tourisme, avec un Manche, sans doute en raison de be- -
gional, à travers l’industrie automobile millier d’emplois créés dans le cœur de soins moindres du côté des grandes en-
(+ 670 emplois dans le Calvados, hors la filière, les hôtels et les restaurants, et treprises industrielles et de la
intérim) ou celle des composants dans les secteurs du sport, de la culture construction implantées dans le Nord-
(+ 380 emplois). Mais ce département et des loisirs, soit quatre fois plus que Cotentin. Le Calvados semble donc
fait également la différence dans d’au dans la Manche ou dans l’Orne. Et si la avoir mieux su tirer partie de la-
tres branches où l’on ne l’attendait pas croissance des effectifs salariés dans le conjoncture exceptionnelle de l’année
forcément, comme l’agroalimentaire conseil et l’assistance aux entreprises 2000.
Michel MOISAN(+ 550 emplois), alors que les effectifs est vive dans le Calvados et dans
salariés stagnent dans ce secteur dans
l’Orne et dans la Manche, plus sévère-
ment touchés par la “crise de la vache
folle” en fin d’année. En revanche,
l’Orne affirme ses spécificités dans la
plasturgie (+ 160 emplois) et dans la
métallurgie (+ 100 emplois). L’in-
dustrie manchoise reste pour sa part
marquée par le repli de la construction
navale et la baisse des commandes des
grands donneurs d’ordre qui a frappé
de plein fouet les entreprises de
sous-traitance mécanique. L’emploi
dans ce secteur a encore baissé de 7 %
en 2000. A l’opposé, des secteurs
comme la carrosserie, le textile et les
équipements électriques sont en pleine
croissance dans ce département mais
n’apportent encore qu’un faible vo-
lume d’emplois nouveaux.
De plus, alors que les trois départe-
ments montrent sensiblement le même
dynamisme dans le secteur de la cons-
truction, le Calvados se détache dans
plusieurs secteurs des services, comme
il le fait maintenant depuis plusieurs
Les déplacements domicile-travail en Basse-Normandie en 1999
Les migrations des années quatre-vingt-dix et leur impact sur la Basse-Normandie
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