Premiers résultats de l'exploitation complémentaire du recensement de la population de 1999 - Faible croissance de l'emploi et qualifications en hausse

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L'emploi qualifié a crû fortement dans les années quatre-vingt-dix mais la Basse-Normandie n'a pas encore complètement rattrapé son retard en la matière. Pour occuper les nouveaux emplois très qualifiés, la Basse-Normandie recrute souvent hors de ses frontières. En 1999, les ouvriers bas-normands étaient 10 700 de moins qu'en 1990, mais représentaient encore un actif sur trois. Les employés, surtout des femmes, étaient 22 200 de plus qu'en 1990. Dans l'Orne et dans la Manche, l'augmentation du nombre de salariés ne compense pas la baisse du nombre d'agriculteurs, d'artisans et de commerçants.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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n° 101 - novembre 2001
Premiers résultats de l'exploitation complémentaire
du Recensement de la population de 1999
pour la Basse-Normandie
FAIBLE CROISSANCE DE L'EMPLOI
ET QUALIFICATIONS EN HAUSSE L'emploi qualifié a crû forte-
ment dans les années quatre-vingt-
dix mais la Basse-Normandie n'antre 1990 et 1999, l'emploi en entre 1990 et 1999 en Basse-Norman-
pas encore complètement rattrapéBasse-Normandie n'a augmenté die, alors que la croissance françaiseE
que de 2 100 postes de travail. Pendant a été de 3,3 %. Dans le même temps, la son retard en la matière.
les premières années de la décennie, population active régionale, compre-
les branches en croissance n'ont pas nant les chômeurs, a connu une pro-
compensé le reflux de l'emploi dans gression de 2,1 %. Pendant cette Pour occuper les nouveaux
les secteurs en déclin. En revanche, à période, les mutations socioprofes-
emplois très qualifiés, la Basse-
partir de 1997, la croissance s'est géné- sionnelles de l'emploi ont accompa-
Normandie recrute souvent hors deralisée à presque tous les secteurs d'ac- gné la recomposition de l'économie.
ses frontières.tivité. Le nombre de postes de travail Ainsi, le développement des services
n'aura progressé toutefois que de 0,4 % est allé de pair avec l'augmentation du
En 1999, les ouvriers bas-
Évolution de la population de 15 ans ou plus par sexe
normands étaient 10 700 de moins
et catégorie socioprofessionnelle entre 1990 et 1999
qu'en 1990, mais représentaient
Agriculteurs exploitants encore un actif sur trois. Les em-
Artisans, commerçants et chefs d'entreprise ployés, surtout des femmes, étaient
Cadres supérieurs 22 200 de plus qu'en 1990.
Professions intermédiaires
Employés
Dans l'Orne et dans la Manche,Ouvriers
l'augmentation du nombre de sa-Retraités
lariés ne compense pas la baisseAutres sans activité professionnelle
du nombre d'agriculteurs, d'arti-
-20 000 -10 000 0 10 000 20 000 30 000
sans et de commerçants.
En nombre
Hommes Femmes
Source : Insee, recensements de la population de 1990 et 1999
CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 101••••••••• •••••••••nombre des employés, au détriment Part des actifs ayant un emploi par sexe
des ouvriers, et la croissance de et catégorie socioprofessionnelle en 1999
branches comme l'électronique ainsi
que le décollage des nouvelles tech- Agriculteurs exploitants
nologies de l'information et de la com-
munication se sont accompagnés d'une Artisans, commerçants et chefs d'entreprise
forte augmentation des postes de travail Cadres et professions
intellectuelles supérieuresles plus qualifiés.
Toutefois, même avec une croissance Professions intermédiaires
du nombre de cadres supérieurs de
Employés24 % contre 18 % en France, la Basse-
Normandie ne fait que combler par-
Ouvriers
tiellement son retard. En 1999, les
010 20 30 40 50 60emplois de cadres supérieurs ne repré-
En %
Hommes Femmessentaient encore que 8,2 % des postes
Source : Insee, recensements de la population de 1990 et 1999de travail en Basse-Normandie, contre
13,1 % en France.
forme sur place que treize et en laisse après des études engagées dans d'autresBasse-Normandie
partir quinze. Ainsi, un cadre bas-nor- métropoles, où qu'ils quittent Caen à
cherche cadre mand sur quatre s'est installé dans la l'issue de leur cursus. Si les nouveaux
Les besoins des entreprises en cadres région entre 1990 et 1999. Et les cadres arrivants comblent donc en partie les
supérieurs ne peuvent souvent être représentent 20 % des nouveaux actifs départs, l'afflux de cadres entre 1990 et
satisfaits qu'en allant chercher des can- installés dans la région depuis 1990 1999 a aussi été dopé par la croissance
didats à l'extérieur de la région, ne pour seulement 8 % de la population de l'offre d'emplois dans cette catégo-
serait-ce que pour compenser les active bas-normande. Les cadres supé- rie, surtout dans la Fonction publique,
départs, eux aussi très nombreux. rieurs ayant choisi de quitter la Basse- dans les organismes de recherche scien-
C'était déjà le cas dans les années Normandie paraissent plus jeunes que tifique et dans les métiers de l'infor-
quatre-vingt et le phénomène a per- les nouveaux arrivés, les moins de mation, des arts et des spectacles
duré sans toutefois s'amplifier. En fait, 35 ans formant 40 % de cette dernière (+ 36 %), et dans des proportions plus
pour augmenter de dix son effectif de catégorie mais la moitié des départs. modestes dans les autres entreprises
cadres supérieurs, la Basse-Norman- La Basse-Normandie semble donc pei- de l'industrie, des services et de la
die doit en attirer douze venant de l'ex- ner à conserver ses plus jeunes cadres construction (+ 11 %). Ces dernières
térieur, dans la mesure où elle n'en supérieurs, qu'ils ne reviennent pas emploient moins d'un tiers des cadres
POPULATION DE 15 ANS OU PLUS PAR CATÉGORIE SOCIOPROFESSIONNELLE
Unité : nombre et %
Évolution Part des Part selon la tranche d'âge en 1999 (%)
Effectif
Catégorie socioprofessionnelle 1990-1999 femmes 50 ans
en 1999 15-29 ans 30-49 ans
(%) en 1999 (%) et plus
Ensemble 1 164 600 + 4,4 52,0 24,4 34,5 41,1
Agriculteurs exploitants 31 582 - 43,2 38,1 7,4 54,1 38,5
Artisans, commerçants, chefs d'entreprise 42 264 - 8,2 32,8 8,7 57,5 33,8
Cadres et professions intellectuelles supérieures 47 290 + 24,1 34,3 10,6 60,0 29,4
Professions intermédiaires 120 762 + 19,5 46,0 20,1 59,7 20,2
Employés 179 829 + 14,1 79,9 25,5 56,5 18,0
Ouvriers 194 294 - 5,2 20,6 26,5 58,2 15,3
Retraités 290 333 + 19,8 53,3
27,6 8,2 64,2}Autres personnes sans activité professionnelle 258 246 - 4,3 65,4
Source : Insee, Recensements de la population de 1990 et 1999
CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 101••••••••• •••••••••intermédiaires ont augmenté de prèsArrivées et départs par catégorie socioprofessionnelle
de 20 000 personnes entre 1990 et(en proportion de l'effectif 1999)
1999. Les nouveaux emplois des pro-
fessions intermédiaires se concentrent
Agriculteurs exploitants
dans les services administratifs et com-
Artisans, commerçants et chefs d'entreprise merciaux des entreprises (+ 36 %), en
Cadres supérieurs lien notamment avec le dynamisme des
Professions intermédiaires activités financières, du conseil et de
l'assistance, la croissance étant plusEmployés
faible dans l'administration, la santé et
Ouvriers
les services sociaux (+ 13 %). Dans
Retraités les entreprises, le nombre de techni-
Autres sans activité professionnelle ciens a, quant à lui, crû de 17 %, en
0 5 10 15 20 25 30 particulier pour répondre aux besoins
En % d'emplois dans l'électronique et dansArrivées Départs
Source : Insee, recensements de la population de 1990 et 1999 le secteur des combustibles, tandis que
l'effectif des contremaîtres et des agents
de maîtrise s'est effrité, les départs en
supérieurs bas-normands et continuent pas même les 2 %. Dans le tertiaire, la retraite étant particulièrement nom-
de manquer d'emplois très qualifiés. recherche, les activités financières et le breux dans ces catégories depuis 1990.
Si l'industrie des composants élec- conseil se détachent toutefois avec Pour l'essentiel, ces postes sont occu-
triques ou électroniques et le secteur entre 13 et 15 % d'emplois d'ingénieurs pés par des actifs qui résident depuis
de l'énergie emploient un nombre ou de cadres supérieurs administratifs. plus de dix ans dans la région (à 86 %)
important d'ingénieurs (respectivement En outre, les effectifs des professions mais la mobilité à l'intérieur même de
12 % et 9 % de leurs effectifs), ils font libérales ont crû de 7 %, principale- la région est importante pour cette caté-
figure d’exception. En effet seuls 3 % ment dans le secteur de la santé et dans gorie socioprofessionnelle. En outre,
des postes de travail du reste de l'in- les activités juridiques et comptables. les départs vers d'autres régions sont
dustrie sont des emplois d'ingénieurs, Avec une progression moindre plus nombreux que les arrivées. Ainsi,
les branches phares de l'agroalimen- (+ 20 %) que celle des cadres supé- pour obtenir une augmentation des
taire et de l'automobile ne dépassant rieurs, les effectifs des professions effectifs de dix personnes, il faut comp-
EMPLOI AU LIEU DE TRAVAIL SELON LE STATUT, LA CATÉGORIE SOCIOPROFESSIONNELLE
ET LE SECTEUR D'ACTIVITÉ EN 1999
Unité : nombre et %
Secteur d'activité
Évolution
Statut Effectif Tertiaire
1990-1999
Catégorie socioprofessionnelle en 1999 Agriculture Industrie Construction dont
(%) Ensemble
commerce
Salariés 460 384 + 7,1 11 186 104 106 26 775 318 317 56 232
Non salariés 79 486 - 26,4 31 675 6 521 6 713 34 577 13 416
Ensemble 539 870 + 0,4 42 861 110 627 33 488 352 894 69 648
Agriculteurs exploitants 31 065 - 43,9 31 065 0 0 0 0
Artisans, commerçants, chefs d'entreprise 38 835 - 12,1 528 6 197 6 650 25 460 12 469
Cadres et professions intellectuelles supérieures 44 461 + 22,1 157 6 397 705 37 202 3 220
Professions intermédiaires 111 084 + 16,4 970 22 296 3 095 84 723 12 775
Employés 151 355 + 14,7 752 8 596 1 665 140 342 23 279
Ouvriers 163 070 - 6,4 9 389 67 141 21 373 65 167 17 905
dont Ouvriers qualifiés 95 368 - 1,2 968 39 655 15 533 39 212 11 900
Ouvriers non qualifiés (y.c. ouvriers agricoles) 67 702 - 13,1 8 421 27 486 5 840 25 955 6 005
Source : Insee, Recensements de la population de 1990 et 1999
CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 101••••••••• •••••••••CALVADOS : L'envolée de l'emploi qualifié
Concerné au même titre que les autres
départements bas-normands par la baisse Évolution de la population de 15 ans ou plus par sexe
du nombre d'agriculteurs, d'artisans et de et catégorie socioprofessionnelle entre 1990 et 1999
commerçants, le Calvados se distingue par
une forte augmentation de sa population
salariée, qui profite largement aux catégo-
Agriculteurs exploitantsries socioprofessionnelles les plus quali-
Artisans, commerçantsfiées. Ainsi, les nouveaux cadres supérieurs
et chefs d'entreprisebas-normands sont aux deux tiers calvado-
siens, les effectifs de cette catégorie ayant Cadres supérieurs
bondi de 30 % depuis 1990 dans le
Professions intermédiaires
Calvados. C'est l'agglomération caennaise
qui concentre l'essentiel de l'infrastructure Employés
de recherche et de développement régiona-
Ouvriersle et qui profite de ce fait du dynamisme des
télécommunications et des services infor- Retraités
matiques liés aux nouvelles technologies,
secteurs à la recherche d'une main d'œuvre Autres sans activité professionnelle
très qualifiée. Enfin, c'est dans le Calvados
-6 000 -4 000 -2 000 0 2 000 4 000 6 000 8 000 10 000 12 000 14 000
que la croissance des industries des com-
En nombreposants électroniques a attiré des ingé- Hommes Femmes
nieurs venant souvent d'autres régions. Les
effectifs des professions intermédiaires ont
Source : Insee, recensements de la population de 1990 et 1999
également plus augmenté dans le Calvados
que dans les autres départements bas-nor-
mands, les emplois d'administratifs et de
commerciaux dans les entreprises ayant crû ve ayant, elle, crû de plus de 6 %, notam- la part du travail ouvrier qualifié étant
ment en raison de l'arrivée d'une population cependant la plus faible de la région.de près de 40 %. En revanche, la croissan-
nombreuse et qualifiée d'âge adulte. L'industrie viroise étant largement tournéece du nombre d'employés a été proche de
celle de la Manche et de l'Orne tandis que À côté d'un bassin de Caen champion bas- vers la sous-traitance, les cadres supérieurs
les pertes d'emplois ouvriers non qualifiés normand des créations d'emplois surtout et les professions intermédiaires se trouvent
non agricoles ont été aussi nombreuses, dans les services, le bassin d'emploi de Vire sous-représentées dans le bassin. Pour sa
affirme sa double vocation agricole et part, le bassin de Lisieux est caractérisé parconséquence d'une profonde mutation du
industrielle. La part des emplois agricoles une forte proportion d'employés du com-tissu industriel. Au total, la forte croissance
des emplois dans le Calvados (+ 4,4 %) est (exploitants et ouvriers agricoles) y atteint merce et des services, secteurs d'activité
restée inférieure à l'essor de la main 15 % (deux fois plus que la moyenne régio- en développement grâce au tourisme.
d'œuvre départementale, la population acti- nale) et celle des ouvriers culmine à 37 %,
EMPLOI AU LIEU DE TRAVAIL SELON LE STATUT, LA CATÉGORIE SOCIOPROFESSIONNELLE
ET LE SECTEUR D'ACTIVITÉ EN 1999
Unité : nombre et %
Secteur d'activité
Évolution
Statut Effectif Tertiaire
1990-1999
Catégorie socioprofessionnelle en 1999 Agriculture Industrie Construction dont
(%) Ensemble
commerce
Salariés 216 804 + 8,9 4 271 44 817 10 907 156 809 28 209
Non salariés 30 340 - 19,2 8 799 2 679 2 736 16 126 5 716
Ensemble 247 144 + 4,4 13 070 47 496 13 643 172 935 33 925
Agriculteurs exploitants 8 501 - 41,4 8 501 0 0 0 0
Artisans, commerçants, chefs d'entreprise 17 055 - 10,7 261 2 508 2 712 11 574 5 272
Cadres et professions intellectuelles supérieures 24 420 + 29,0 37 3 275 345 20 763 1 885
Professions intermédiaires 53 491 + 19,2 350 9 702 1 379 42 060 6 904
Employés 71 984 + 15,6 311 3 481 751 67 441 11 523
Ouvriers 71 693 - 6,9 3 610 28 530 8 456 31 097 8 341
dont Ouvriers qualifiés 42 979 + 0,4 439 16 956 6 140 19 444 5 519
Ouvriers non qualifiés (y.c. ouvriers agricoles) 28 714 - 16,0 3 171 11 574 2 316 11 653 2 822
Source : Insee, Recensements de la population de 1990 et 1999
CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 101••••••••• •••••••••MANCHE : Forte hausse de l'emploi feminin dans les services
Dans la Manche, le taux d'activité des
femmes a fortement augmenté entre 1990 et Évolution de la population de 15 ans ou plus par sexe
1999, rattrapant en partie le retard sur les et catégorie socioprofessionnelle entre 1990 et 1999 autres départements bas-normands. La
cause principale en est la spectaculaire pro-
gression de l'emploi dans les services aux
Agriculteurs exploitants
particuliers (+ 58 %), secteur fortement fémi-
nisé. Dans les entreprises, les professions Artisans, commerçants et chefs d'entreprise
intermédiaires en croissance concernent les
Cadres supérieursadministratifs et les commerciaux, comme
dans les autres départements bas-nor- Professions intermédiaires
mands, mais assez peu les techniciens de
production, à la différence du Calvados et de Employés
l'Orne. C'est l'effet des restructurations
Ouvriersindustrielles voire du repli d'industries tradi-
tionnellement puissantes dans la Manche (la Retraités
construction navale, l'agroalimentaire, cer-
Autres sans activité professionnelletaines branches de l'électronique). Pour les
mêmes raisons, l'emploi ouvrier est en bais-
-8 000 -6 000 -4 000 -2 000 0 2 000 4 000 6 000 8 000 10 000
se sensible et, à la différence des autres
En nombre
Hommes Femmesdépartements bas-normands, l'emploi
ouvrier qualifié chute aussi de plus de 6 %.
Source : Insee, recensements de la population de 1990 et 1999
L'augmentation des emplois de cadres
supérieurs est voisine de celle de la France
(+ 12 %), mais elle tient exclusivement à la 1999. La chute de l'emploi agricole devrait que la proportion d'emplois ouvriers quali-
progression des cadres de la Fonction cependant se poursuivre dans les pro- fiés est la plus forte, comme celle des tech-
publique et des professions intellectuelles et chaines années. En effet, 38 % des agricul- niciens (7 % contre 4 % pour la Basse-
artistiques, le nombre d'emplois de cadres teurs avaient dépassé 50 ans en 1999 et les Normandie). Combinant dynamisme indus-
supérieurs dans les entreprises étant quant installations de jeunes agriculteurs restent triel et développement touristique, le sud du
à lui en légère baisse. Au final, largement peu nombreuses. D'autre part, la progres- département accueille quant à lui une forte
concentrée dans les secteurs féminisés des sion vigoureuse du nombre d'ouvriers agri- proportion de salariés dans le commerce et
services et du commerce, la progression de coles (+ 29 % entre 1990 et 1999) ne repré- les services, surtout autour de Granville
l'emploi salarié (+ 5,9 %) a été moins impor- sente pour l'instant qu'une création d'emploi (14 % des emplois), les emplois d'ouvriers
tante que la chute de l'emploi non salarié (- pour quinze emplois d'exploitants disparus. étant plutôt concentrés autour d'Avranches.
30,8 %), qui concerne surtout les agricul- Avec le recul de la construction et de l'in- Dans le bassin de Coutances, les agricul-
teurs mais aussi les artisans et les commer- dustrie navale, le bassin d'emploi de teurs et salariés agricoles représentent enco-
çants. Malgré la baisse de 45 % de leur Cherbourg a continué de perdre des emplois re 17 % des emplois tandis que Saint-Lô est
nombre, les agriculteurs représentaient d'ouvriers (27 % des emplois en 1999 contre l'image fidèle de la Basse-Normandie en
encore 7,2 % des actifs dans la Manche en 32 % en 1990), mais c'est dans ce bassin terme de catégories socioprofessionnelles.
EMPLOI AU LIEU DE TRAVAIL SELON LE STATUT, LA CATÉGORIE SOCIOPROFESSIONNELLE
ET LE SECTEUR D'ACTIVITÉ EN 1999
Unité : nombre et %
Secteur d'activité
Évolution
Statut Effectif Tertiaire
1990-1999
Catégorie socioprofessionnelle en 1999 Agriculture Industrie Construction dont
(%) Ensemble
commerce
Salariés 149 292 + 5,9 4 180 33 074 10 455 101 583 18 108
Non salariés 30 978 - 30,8 14 630 2 357 2 408 11 583 4 835
Ensemble 180 270 - 2,9 18 810 35 431 12 863 113 166 22 943
Agriculteurs exploitants 14 445 - 45,7 14 445 0 0 0 0
Artisans, commerçants, chefs d'entreprise 13 566 - 12,5 169 2 281 2 379 8 737 4 533
Cadres et professions intellectuelles supérieures 12 733 + 12,4 80 1 868 221 10 564 860
Professions intermédiaires 36 853 + 13,0 356 8 380 1 150 26 967 3 540
Employés 49 884 + 14,9 241 3 130 575 45 938 7 618
Ouvriers 52 789 - 6,2 3 519 19 772 8 538 20 960 6 392
dont Ouvriers qualifiés 31 392 - 6,4 291 12 244 6 360 12 497 4 209
Ouvriers non qualifiés (y.c. ouvriers agricoles) 21 397 - 6,0 3 228 7 528 2 178 8 463 2 183
Source : Insee, Recensements de la population de 1990 et 1999
CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 101••••••••• •••••••••ORNE : Les postes qualifiés en progression, de l'ouvrier au cadre
Alors que les replis de l'électroménager et
du textile-habillement ont entraîné la perte Évolution de la population de 15 ans ou plus par sexe
de près d'un emploi d'ouvrier non qualifié
et catégorie socioprofessionnelle entre 1990 et 1999 sur cinq entre 1990 et 1999, la consolidation
d'autres secteurs, traditionnels (métallurgie,
agroalimentaire) ou d'implantation plus Agriculteurs exploitants
récente (plasturgie), s'est accompagnée de
Artisans, commerçants et chefs d'entreprisela progression du nombre d'emplois quali-
fiés. Ainsi, dans les entreprises, le nombre Cadres
de cadres supérieurs a augmenté de 8 % et
celui des techniciens de plus d'un tiers. Professions intermédiaires
Même le nombre d'ouvriers qualifiés, de
Employés
contremaîtres et d'agents de maîtrise a éga-
lement crû. Avec 34 % des emplois, l'Orne Ouvriers
reste ainsi le département le plus ouvrier de
RetraitésBasse-Normandie. Les bassins de Flers et
de Mortagne-au-Perche se distinguent en Autres sans activité professionnelle
ce domaine (39 % d'ouvriers) avec en fait
-6 000 -4 000 -2 000 0 2 000 4 000 6 000une proportion plus forte d'ouvriers non
qualifiés que dans les bassins voisins. En En nombre
Hommes Femmes
revanche, le nombre d'employés a progres-
sé moins vite que dans la Manche et dans le Source : Insee, recensements de la population de 1990 et 1999
Calvados, en raison d'un moindre dévelop-
pement des services aux particuliers et perdu près de 3 000 emplois entre 1990 et naires et les sexagénaires étaient plus de
d'une baisse de l'emploi de ce niveau de 1999, 7 500 exploitants agricoles, artisans et 1 500 en 1990. L'arrivée de nouveaux actifs
qualification dans les entreprises. Dans la commerçants ayant cessé leur activité. Très dans le département aura facilité le maintien
Fonction publique et la santé, les effectifs présent dans le secteur de la production, de nombreux petits commerces, mais l'Orne
d'employés ont quant à eux progressé sen- notamment dans le travail des métaux, l'ar- attire également des salariés très qualifiés.
siblement au même rythme que dans les tisanat ornais a connu, semble-t-il, des diffi- Ainsi, la part des nouveaux arrivants est par-
autres départements. Aussi, dans l'Orne, cultés aiguës entre 1990 et 1999. Le nombre ticulièrement élevée pour les professions
42 % des nouveaux employés ont été recru- d'artisans a en effet baissé de façon plus intermédiaires (24 %) et les cadres supé-
tés par l'État, les collectivités territoriales ou prononcée dans ce département, alors rieurs (35 %) en raison de la croissance de
les établissements de santé, contre 31 % même que la proportion d'artisans âgés était l'offre d'emplois et du faible développement
seulement en Basse-Normandie. C'est à plus importante dans le Calvados et dans la des structures de formation supérieure dans
Alençon que la proportion d'employés de Manche en 1990. L'artisanat reste toutefois ce département. À l'exception d'Alençon, où
l'État, des collectivités territoriales et des très dynamique dans les bassins de L'Aigle sont concentrés les cadres de la Fonction
établissements de santé est la plus forte de et de Mortagne-au-Perche. La relève des publique, la proportion de cadres supérieurs
la région, avec 14 % des postes de travail. petits commerçants a été quant à elle mieux reste cependant très faible dans le départe-
Au final, malgré une forte progression du assurée, leur nombre n'ayant baissé que de ment, surtout à Flers et à Mortagne-au-
nombre de salariés (+ 7,3 %), l'Orne aura 600 personnes, alors que les cinquante- Perche, où elle ne dépasse pas 5 %.
EMPLOI AU LIEU DE TRAVAIL SELON LE STATUT, LA CATÉGORIE SOCIOPROFESSIONNELLE
ET LE SECTEUR D'ACTIVITÉ EN 1999
Unité : nombre et %
Secteur d'activité
Évolution
Statut Effectif Tertiaire
1990-1999
Catégorie socioprofessionnelle en 1999 Agriculture Industrie Construction dont
(%) Ensemble
commerce
Salariés 94 288 + 7,3 2 735 26 215 5 413 59 925 9 915
Non salariés 18 168 - 26,4 8 246 1 485 1 569 6 868 2 865
Ensemble 112 456 - 2,5 10 981 27 700 6 982 66 793 12 780
Agriculteurs exploitants 8 119 - 43,2 8 119 0 0 0 0
Artisans, commerçants, chefs d'entreprise 8 214 - 14,2 98 1 408 1 559 5 149 2 664
Cadres et professions intellectuelles supérieures 7 308 + 18,6 40 1 254 139 5 875 475
Professions intermédiaires 20 740 + 15,6 264 4 214 566 15 696 2 331
Employés 29 487 + 12,2 200 1 985 339 26 963 4 138
Ouvriers 38 588 - 6,1 2 260 18 839 4 379 13 110 3 172
dont Ouvriers qualifiés 20 997 + 4,2 238 10 455 3 033 7 271 2 172
Ouvriers non qualifiés (y.c. ouvriers agricoles) 17 591 - 16,0 2 022 8 384 1 346 5 839 1 000
Source : Insee, Recensements de la population de 1990 et 1999
CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 101••••••••• •••••••••l'emploi, proche de 50 %, dans les ser-
vices aux particuliers. Dans ce secteur,L’exploitation complémentaire
du Recensement de la population : où plus d'un salarié de 1990 sur cinq est
L’e du Recensement de la parti en retraite, le mouvement d'em-
population de 1999 permet d’obtenir les résultats sur
bauches a été particulièrement vigou-les questions non traitées avec l’exploitation principale,
comme la catégorie socioprofessionnelle et l'activité écono- reux, soutenu par la mise en place du
mique de l'entreprise où travaille un actif. chèque emploi-service. Le nombre
Elle complète ainsi la première exploitation statistique (dite "exploitation principa-
d'employés de la Fonction publiquele"), qui donnait une répartition précise de la population par sexe et âge, diplôme,
type d’activité et statut professionnel, nationalité, ainsi que les migrations et une augmente quant à lui de 11 %, et celui
description détaillée des caractéristiques des logements. des employés du commerce de 14 %,
À l’exception de certaines zones pour lesquelles l’exploitation est exhaustive
en lien notamment avec l'extension du(DOM, Corse, Zones Urbaines Sensibles de moins de 2 000 habitants et environ
70 communes de métropole), l’exploitation complémentaire procède par sondage temps partiel dans ce secteur. En effet
au quart et ne fournit des résultats significatifs que pour des zones géographiques 44 % des employés de commerce tra-
d’une certaine taille.
vaillaient à temps partiel en 1999 (dont
Catégorie socioprofessionnelle : les six premières distinguent la profession 14 % à mi-temps ou moins) contre
déclarée des actifs ayant un emploi et des chômeurs ayant déjà travaillé : 28 % en 1990. En revanche, les emplois
- " Agriculteurs exploitants "
administratifs d'entreprise voient leur- " Artisans, commerçants et chefs d’entreprises "
- " Cadres et professions intellectuelles supérieures " nombre baisser de près d'un millier
- " Professions intermédiaires " (- 3 %). Parmi toutes ces professions,
- " Employés "
celles où les emplois non qualifiés sont- " Ouvriers "
La catégorie des " retraités " regroupe tous les anciens actifs. les plus nombreux (commerce et ser-
La catégorie des " autres personnes sans activité professionnelle " englobe les vices) représentent désormais un
chômeurs n’ayant jamais travaillé, les militaires du contingent, les élèves et étu-
employé sur deux, contre 43 % seule-diants ainsi que toutes les personnes sans activité professionnelle quel que soit
leur âge (sauf les retraités). ment en 1990. Les arrivées d’autres
régions sont moins fréquentes pour les
Nouveaux arrivants en Basse-Normandie (ou dans un département de cette
employés que pour les personnes excer-région) : personnes recensées le 8 mars 1999 en Basse-Normandie (ou dans un
département de cette région), au titre de leur résidence principale quelle que soit çant une profession intermédiaire et
leur nationalité et qui ont déclaré ne pas habiter en Basse-Normandie (ou dans ce surtout les cadres. En effet, seulement
même département) au 1er janvier 1990, tout en habitant en France métropolitaine
un employé résidant en Basse-Nor-à cette date.
mandie sur dix n'habitait pas la région
Départs de Basse-Normandie (ou d'un département de cette région) : per- en 1990. En fait, les nouveaux emplois
sonnes recensées le 8 mars 1999 en France métropolitaine mais pas dans en
dans cette catégorie socioprofession-Basse-Normandie (ou pas dans un département de cette région) au titre de leur
résidence principale quelle que soit leur nationalité et qui ont déclaré habiter en nelle trouvent le plus souvent preneur
Basse-Normandie (ou dans ce même département) au 1er janvier 1990. parmi la population active résidente,
et le plus souvent parmi les femmes,Emploi au lieu de travail : ensemble des personnes qui ont une profession et qui
l’exercent sur le territoire français au moment du Recensement, comptabilisées qui occupent 80 % des emplois. Si
dans leur commune de lieu de travail. Le nombre d'emplois par catégorie socio- l'emploi féminin s'est très fortement
professionnelle est différent du nombre de personnes dans cette catégorie socio-
accru parmi les cadres depuis 1990,professionnelle, la différence étant constituée, pour l'essentiel, des chômeurs ayant
déjà travaillé. L'autre différence, que l'on peut constater pour une zone géogra- une femme active sur deux reste
phique donnée, tient au fait que le nombre d'emplois est comptabilisé au lieu de employée en 1999.
travail alors que la population active l'est au lieu de résidence.
Secteur d’activité : il s’agit de l’activité principale exercée par l’établissement Près d'un actif
employeur.
bas-normand sur trois
est ouvrier
ter sur huit arrivées, les départs étant au ployés qui ont le plus progressé entre La Basse-Normandie comptait, en
nombre de onze et les bas-normands 1990 et 1999. S'ils étaient près de 1999, 10 700 ouvriers de moins qu’en
formés sur place au nombre de treize. 22 000 de plus en 1999, c'est princi- 1990, soit un recul de 5 %. Mais on
Ce sont cependant les effectifs d'em- palement grâce à l'augmentation de comptait parmi eux davantage de chô-
CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 101••••••••• •••••••••meurs, l’emploi ouvrier dans les entre- diminue en Basse-Normandie deux fois et 1999) accompagne la concentration
prises de la région ayant perdu quant à moins vite qu'en France, le travail des exploitations agricoles. Aussi, les
lui 11 300 postes, soit un repli de 6,5 %. ouvrier y connaît les mêmes transfor- agriculteurs ne représentent-ils plus
C'est bien moins que la chute des effec- mations, comme en témoigne la dispa- que 5,1 % de la population active bas-
tifs dans l'industrie et la construction rition de près de 11 000 emplois normande en 1999, contre 9,2 % en
(- 10 %), deux secteurs pourtant com- d'ouvriers non qualifiés, tandis que 1990. Toutefois, l'agrandissement des
posés à 60 % d'ouvriers. Dans ces acti- l'emploi d'ouvriers qualifiés reste lui exploitations professionnelles a conduit
vités, les suppressions de postes de tra- presque stable. Titulaires de la plupart leurs chefs à faire appel plus largement
vail d'employés ou de salariés exerçant de ces emplois non qualifiés, les aux ouvriers agricoles dont le nombre
une profession intermédiaire ont été femmes ont particulièrement souffert de a augmenté de 8 % (soit près de 700
proportionnellement plus nombreuses, cette évolution, le caractère masculin du emplois) entre 1990 et 1999.
correspondant à l'externalisation de monde ouvrier s'en trouvant renforcé. Le nombre de retraités habitant en
fonctions annexes des entreprises. En 1999, 46 % des hommes actifs Basse-Normandie a augmenté de 19 %
D'autre part, le fort développement de étaient ouvriers en Basse-Normandie entre 1990 et 1999. Le vieillissement de
l'intérim a compensé en partie la baisse pour seulement 14 % des femmes la population et l'allongement de la
de l'emploi ouvrier dans les entreprises actives. durée de la vie n'expliquent pas seuls cet
utilisatrices et accroît le nombre La diminution du nombre d'artisans, de accroissement. En effet, si les 40 000
d'ouvriers dans le secteur tertiaire, commerçants et de chefs d'entreprise bas-normands âgés de 50 ans ou plus en
désormais presque aussi nombreux que s'est poursuivie, mais à un rythme 1990 ont participé au gonflement de
les ouvriers industriels. Parmi les modéré, inférieur à 1 % par an. En effet, l'effectif des retraités, quelque 21 000
11 300 intérimaires en mission dans un les reprises d'activité ont partiellement retraités de 1999 sont venus couler des
établissement de Basse-Normandie au compensé les cessations, rendues de jours heureux dans la région après 1990.
moment du passage de l'agent recen- leur côté plus nombreuses par les La région attire donc de nombreux
seur en mars 1999, 9 400 exerçaient départs en retraite intervenus dans la retraités ou personnes en passe de le
une profession ouvrière. À cette date, période 1990-1999. En effet, un tiers devenir. En revanche, les autres per-
sonnes de plus de 15 ans sans acti-les intérimaires représentaient donc 6 % des commerçants et près de 30 % des
de l'effectif total des ouvriers en activité, artisans avaient 50 ans ou plus en 1990. vité professionnelle sont moins nom-
ces contrats temporaires se concentrant La situation des agriculteurs est bien breuses qu'en 1990, malgré l'allonge-
sur les tâches de production demandant différente. Si leurs départs en retraite ont ment de la durée des études et l'ac-
le moins de qualification. Ainsi, si 43 % été encore plus massifs (un agriculteur croissement du nombre de jeunes à la
des ouvriers sous contrat occupaient sur deux avait 50 ans ou plus en 1990), recherche d'un premier emploi. Il faut
un poste d'ouvrier non qualifié en 1999, l'installation des jeunes n'a pas suivi. y voir l'impact de l'accroissement de
c'était le cas de 60 % des ouvriers inté- En fait, la baisse du nombre d'agricul- l'activité des femmes.
Michel MOISANrimaires. Même si le nombre d'ouvriers teurs exploitants (- 24 300 entre 1990
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