Projections de la population active - de moins en moins d'actifs sauf si...

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Si les comportements des Bas-normands vis à vis de l'activité se maintiennent, le nombre d'actifs baisserait progressivement dans la région à partir de 2007. En 2015, il manquerait ainsi 25 000 actifs par rapport à 2003. Les zones d'emploi de Cherbourg, de Coutances et de Caen-Bayeux seraient relativement épargnées, alors que la baisse serait sévère dans le Bocage. Les tensions entre offre et demande de main-d'oeuvre pourraient s'accroître, de façon très variable selon les territoires et les secteurs économiques, mais les effets sur l'activité économique et le chômage restent difficiles à cerner. Si les taux d'activité des femmes et surtout des plus de 55 ans progressaient, la baisse du nombre d'actifs serait contrecarrée. De même, un marché du travail porteur pourrait inciter les actifs, notamment les jeunes, à rester dans la région.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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n° 126 - novembre 2003
Projections de population active
DE MOINS EN MOINS D’ACTIFS
SAUF SI ... % Si les comportements des
Bas-normands vis à vis de l’activité
se maintiennent, le nombre d’actifs
baisserait progressivement dans laa population bas-normande croî- par an à partir de 2007. Sur la période
région à partir de 2007. En 2015, iltrait de près de 2 % entre 2003 et 2007-2015, la population active
manquerait ainsi 25 000 actifs parL2015 si les comportements pas- bas-normande baisserait ainsi de
rapport à 2003.sés de la population dans les domaines 29 000 personnes. Pour mémoire, entre
de la fécondité, de la mortalité et des 1990 et 1999, elle avait crû de 11 200
mouvements migratoires se prolon- personnes.
geaient (voir méthodes en page 5). En
Sous ces hypothèses, le nombre de % Les zones d’emploi de Cher-
revanche, sur la même période et sous
bourg, de Coutances et defemmes actives reculerait beaucoup
réserve de la poursuite des tendances Caen-Bayeux seraient relativementmoins d’ici à 2015 que celui des hom-
observées sur les taux d’activité, la po- épargnées, alors que la baisse se-mes actifs : -2%(-6000 femmes)
pulation active bas-normande se rédui- rait sévère dans le Bocage.contre - 5,5 % (- 19 000 hommes).
rait de 4 %, soit une baisse de plus de
Ce scénario, qu’on qualifiera de « ten-25 000 personnes en situation de pos-
danciel », n’est qu’un des avenirs pos-tuler à un emploi. Le nombre d’actifs
sibles. Des variantes ont été testées.commencerait par croître à un rythme % Les tensions entre offre et de-
Ainsi, par exemple, si les taux d’activi- mande de main-d’œuvre pourraientrelativement fort, pour culminer en
té masculins et féminins restaient cons- s’accroître, de façon très variable2006 à 4 000 personnes de plus qu’en
selon les territoires et les secteurstants, égaux à leur niveau de 1999, la2003. Il diminuerait ensuite de 0,5 %
économiques, mais les effets surpopulation active
l’activité économique et le chômagediminuerait davan-
restent difficiles à cernertage d’ici à 2015
(- 33 000 personnes
au lieu de - 25 000)
et légèrement plus % Si les taux d’activité des fem-
tôt, puisque la
mes et surtout des plus de 55 ans
baisse s’amorcerait
progressaient, la baisse du nombre
dès 2006. A l’in- d’actifs serait contrecarrée. De
verse, une crois- même, un marché du travail porteur
sance des taux pourrait inciter les actifs, notam-
d’activité plus forte ment les jeunes, à rester dans la ré-
que la tendance ac- gion
tuelle n’empêche-
rait pas la baisse du
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 126. . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
nombre des actifs, mais en retarderait De plus, en Basse-Normandie, les mi-
l’échéance (voir l’encadré “des varian- grations accentuent le vieillissement
tes fondées sur la remontée de l’activi- naturel de la population, et ont un im-
té” en page 4). pact négatif sur l’évolution de la popu-
lation active. Tout d’abord, si les
La population vieillit, comportements passés se poursuivent,
les départs en retraite le déficit migratoire des jeunes de
se multiplient
moins de 25 ans persisterait pour se
Le décalage entre la poursuite de la solder par une perte nette pour la région
croissance de la population totale, de 24 000 jeunes entre 2003 et 2015.
même affaiblie par rapport aux décen- Même si ces départs pourraient légère-
nies quatre-vingt et quatre-vingt-dix, et ment ralentir pour passer de 2 000 en
la baisse de la population active, plus 2003 à 1 700 en 2015, c’est à la fois une
ou moins rapprochée selon les hypo- main-d’œuvre et des jeunes parents po-
thèses, s’explique principalement par tentiels qui quitteraient la Basse-Nor-
l’inévitable vieillissement de la popu- mandie. En revanche, les migrations de
lation. Les personnes de plus de 60 ans personnes de 25 à 59 ans continue-
seront plus nombreuses au fur et à me- raient d’être favorables en apportant
sure que les générations très fournies 12 000 Bas-normands supplémentai-
nées à l’issue de la Seconde Guerre res. Mais ces installations seraient pour
mondiale pendant les années du plus de la moitié le fait de personnes
“baby-boom” atteindront cet âge. Dans âgées de 55 à 59 ans, au taux d’activité
le même temps, l’arrivée sur le marché beaucoup plus faible que celui des
du travail des jeunes, nés entre le mi- 25-54 ans. Ces arrivées supplémentai- sonnes en 2015 soit 14 000 personnes
lieu des années quatre-vingt et le mi- res de personnes en fin d’âge actif tra- sur la période 2003 à 2015.
lieu des quatre-vingt-dix ne duisent une certaine attractivité
La Basse-Normandie perdrait donc dessuffira pas à compenser ces départs en résidentielle pour la région, mais sont
actifs à la fois par simple effet du rem-retraite. La région, comme du reste loin de compenser le déficit des jeunes.
placement des générations et par lesl’ensemble du territoire national, subi- Enfin, l’excédent migratoire des per-
départs plus nombreux que les arri-ra de plein fouet la baisse des naissan- sonnes de 60 ans et plus augmenterait
vées. Si la baisse de la population ac-ces constatée sur les trente dernières un peu, passant d’un millier de person-
tive semble programmée dans toutesannées. nes par an jusqu’en 2007 à 1 300 per-
les régions françaises, elle ne serait ef-
fective en 2015 par rapport à 2003, que
dans quatorze d’entre elles. A cette
date, la France ne devrait d’ailleurs
compter que 100 000 actifs de moins
qu’en 2003 (- 0,4 %). La baisse de po-
pulation active serait la plus forte dans
le centre de la France (Auvergne et Li-
mousin) et dans l’est (Lorraine, Cham-
pagne-Ardenne, Bourgogne et
Franche-Comté). Le recul serait plus
limité dans le Grand-Ouest. Il serait
d’ailleurs moins fort dans les Pays de la
Loire (- 0,9 %), en Bretagne (- 1,6 %) et
en Haute-Normandie (- 1,9 %) qu’en
Basse-Normandie (-4 %) ou en Poi-
tou-Charentes (- 4,5 %). En revanche,
le sud de la France et, dans une
moindre mesure l’Alsace et
l’Ile-de-France, compteraient en 2015
une population active toujours supé-
rieure à celle de 2003, même si la ten-
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 126. . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
dance à la baisse se sera déjà amorcée fiche également des évolutions très
dans certaines régions. Le retourne- différentes selon le sexe : les femmes
ment interviendrait en 2009 pour actives y resteraient en nombre
l’Aquitaine, 2011 pour l’Alsace, 2013 presque égal, alors que les hommes ac-
pour Midi-Pyrénées. tifs seraient moins nombreux de 6 % en
2015.
Les territoires bas-normands Des enjeux différents
inégalement touchés selon la zone d’emploi
Selon le scénario “tendanciel”, toutes La baisse de la population active peut
les zones d’emploi de Basse-Nor- être considérée comme un handicap
mandie connaîtront un début de baisse pour les territoires qui la subissent. Elle
de leur population active d’ici à 2015. indique entre autre un risque d’aug-
Dans les zones d’emploi “les plus jeu- mentation des difficultés de recrute-
nes”, l’année du retournement est la ment dans certains secteurs,
plus tardive. Ainsi, à Cherbourg et notamment en période de conjoncture
Caen-Bayeux, le nombre d’actifs ne haute. Toutefois, en Basse-Nor-
devrait respectivement baisser qu’à mandie, comme dans les autres régions
partir de 2010 et 2009. En 2015, il res- 2015 (respectivement - 4 %,-7%et de France d’ailleurs, la “réserve” de
terait même légèrement supérieur à son - 6 %), mais c’est avant tout parce que main d’œuvre reste très importante.
niveau de 2003 dans le Nord-Cotentin. le recul commencerait en 2006 ou en Fin décembre 2002, plus de 54 000
Le nombre de femmes actives y aug- 2007, soit un peu plus tard que dans le bas-normands étaient inscrits à
menterait encore de 4 %, tandis que ce- Bocage et à Alençon-Argentan. Toute- l’ANPE, et disponibles pour travailler
lui des hommes actifs diminuerait de fois, dans le Pays d’Auge, des installa- à temps plein immédiatement (près de
2 %. A Caen-Bayeux, la baisse de la tions d’actifs compenseraient presque 84 000 si l’on inclut les demandeurs
population active serait limitée à 1 %. les départs, et permettraient d’amoin- d’emploi ayant travaillé au cours de ce
drir l’effet du vieillissement de la po- mois, et ceux cherchant un emploi àDans la zone d’emploi de Coutances, la
pulation. La situation est différente temps partiel ou en contrat à durée dé-poursuite de l’augmentation de l’acti-
dans le Perche, où les départs à la re- terminée). L’accompagnement de lavité féminine et le maintien d’un excé-
traite prendraient le pas sur un solde baisse de la population active, dont ladent migratoire d’actifs permettraient
migratoire d’actifs qui resterait positif cause est essentiellement démogra-de limiter la baisse. Celle-ci s’engage-
sur la période 2003-2015. Comme phique, par la baisse du chômage est unrait en 2008, mais serait encore à peine
Cherbourg et Coutances, Lisieux af- scénario possible. Il met cependantperceptible en 2015, où elle est estimée
à - 1 % seulement (soit un recul de
moins de 200 personnes). Le nombre TROIS ZONES D’EMPLOI DÉJÀ TOUCHÉES
de femmes actives progresserait de Scénario tendanciel
plus de 2 %.
Évolution de la population active entre Évolution
Année du 2003 et 2015 (en %) entre 2003En revanche, les zones d’emploi de
Zone d’emploi retournement et 2015 en
Vire, de Saint-Lô, de Flers et d’Alen- de tendance nombre deEnsemble Hommes Femmes
personnesçon-Argentan subiraient dès 2003 ou
ε - 2 + 4Cherbourg 2010 4202004 la baisse du nombre des actifs. En
- 1 - 3 + 2Coutances 2008 - 1602015, elle atteindrait 10 % à Flers, à
- 1 - 2 + 1Saint-Lô et à Alençon-Argentan, et Caen-Bayeux 2009 - 1 850
même 11 % à Vire. Les départs massifs - 4 - 6 - 1Lisieux 2007 - 2 080
de jeunes, et l’arrivée à l’âge de la re- - 6 - 7 - 3L’Aigle-Mortagne-au-Perche 2006 - 2 070
traite d’une fraction importante des ac- - 7 - 8 - 6Avranches-Granville 2006 - 3 380
tifs, se feraient durement sentir dans - 10 - 10 - 9Saint-Lô 2003 - 3 870
ces territoires bas-normands. La situa- - 10 - 11 - 9Alençon-Argentan 2003 - 4 670
tion n’est guère différente à Lisieux,
- 10 - 11 - 9Flers 2004 - 4 920
Avranches-Granville et L’Aigle-Mor-
- 11 - 12 - 10Vire 2003 - 2 630
tagne-au-Perche. Ces trois zones
- 4 - 5 - 2Basse-Normandie 2007 - 25 210
d’emploi affichent certes des baisses
Source : Insee - Omphale scénario tendanciel, recensements de la populationd’actifs moins importantes à l’horizon
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 126. . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
Des variantes fondées serait très inégalement réparti sur le territoire régional, l’ampleur
dépendant de l’écart constaté entre l’activité des femmes dans lasur la remontée de l’activité
zone d’emploi considérée et l’Ile-de-France début 2000. Seul le
Des marges de remontée de l’activité Nord Cotentin, où l’activité des femmes est aujourd’hui parmi les
existent. Plusieurs scénarios ont été testés plus faibles de la région, profiterait vraiment d’une telle remontée
des taux d’activité féminins. L’effet est très atténué dans les zonespour en mesurer les effets.
d’emploi de Caen-Bayeux, de Lisieux et de Mortagne-au-Perche.En premier lieu, les comportements des plus âgés est une source
En revanche, dans les zones d’emploi où les taux d’activité sontd’incertitude. La France se distingue en Europe par un taux d’acti-
d’ores et déjà très hauts (Vire, Avranches-Granville et Saint-Lô),vité faible pour les personnes de 55 ans et plus, particulièrement
l’impact de cette variante est quasi nul.dans les régions de province dont la Basse-Normandie. La dé-
Au total, l’effet cumulé des deux variantes accroît de6%letente sur le marché du travail, entre 1997 et 2001, ne s’est pas tra-
nombre d’actifs issu du scénario tendanciel en 2015, soit deduite par un changement très marqué quant à l’activité des
38 000 personnes (8 000 sur la période 1999 à 2003 et 30 000personnes en fin de carrière. Il faudrait sans doute un contexte so-
pour les années 2004 à 2015). Alors que le nombre d’actifs bais-cio-économique profondément modifié pour qu’une remontée des
serait de 25 000 dans le scénario tendanciel entre 2003 et 2015,taux d’activité, au-delà de 55 ans, soit observée. L’allongement de
les variantes cumulées permettraient d’aboutir finalement à unla durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite en-
surcroît de 5 000 actifs en 2015 par rapport à 2003. Cette margetière pourrait être un élément de changement, pour autant que les
importante illustre la latitude qui existe entre une évolution dudispositifs tels que celui des pré-retraites évoluent aussi. Si en
nombre d’actifs gagée sur les seules tendances lourdes obser-Basse-Normandie le taux d’activité des 55-59 ans parvenait à l’ho-
vées jusqu’à présent et une évolution intégrant des changementsrizon 2015 au niveau des 50-54 ans, la population active croîtrait
notables de comportements.jusqu’en 2008, et diminuerait moins fortement par la suite. En
2015, les actifs seraient encore 2 % plus nombreux qu’en 2003.
Cette variante aboutit à un niveau de population active plus élevé
de 5 % que celui du scénario « tendanciel ». Cet effet positif serait
bien réparti sur toute la Basse-Normandie, avec un léger bonus
pour Coutances et Cherbourg.
On peut aussi envisager que l’activité féminine se développe à un
rythme supérieur à celui constaté ces dernières années. Au ni-
veau français, les taux d’activité féminins pourraient ainsi re-
joindre ceux prévalant actuellement dans les pays nordiques, et,
dans les régions où ils sont les plus faibles, atteindre ceux des ré-
gions où ils sont d’ores et déjà élevés. La Basse-Normandie pré-
sente des taux d’activité féminins plutôt supérieurs aux autres
régions de province mais dispose de marges de progression pos-
sible chez les femmes de 25 à 35 ans, où l’écart avec
l’Ile-de-France reste important. Par exemple, 87 % des femmes
de 29 ans sont actives en Ile-de-France, contre 80 % seulement
en Basse-Normandie. Un scénario a donc été testé, supposant la
montée des taux d’activité féminins au niveau de ceux de
l’Ile-de-France à l’horizon 2015. Dans ce scénario, le retourne-
ment de tendance interviendrait quand même en 2007 et le gain
d’actifs par rapport au scénario “tendanciel” n’atteindrait pas
même 1 % en 2015 (soit 5 000 femmes actives de plus). Ce gain
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clairement en avant la question de
Un élément de réflexion pour bâtirl’adaptation du niveau de qualification
le Plan Régional de Développementdes personnes en recherche d’emploi
de la Formationaux postes proposés. Ce pourrait ainsi
être un enjeu fort des prochaines an- En avril 2003, le Conseil Régional de Basse-Normandie a réuni
un groupe de travail pour la mise en place du Plan Régional de Déve-nées, sur lequel les pouvoirs publics
loppement de la Formation, associant plusieurs organismes publics (Con-pourront intervenir au moyen des pro-
seil Régional, CESR, Errefom, DRTEFP, Rectorat, Insee). Chaque organisme a apporté
grammes de formation continue et
les éléments d’information qu’il collecte ou qu’il analyse en vue d’éclairer les décisions
d’aide à l’insertion. Le recul du chô- publiques en matière de formation.
mage pourrait par ailleurs entraîner
Dans ce cadre, le Conseil Régional et l’Insee ont passé une convention pour la réalisa-
une modification des comportements tion d’un dossier sur les projections de population active en Basse-Normandie. Ce dos-
d’activité, en favorisant l’arrivée sur le sier a été remis aux membres du groupe de travail en juin dernier. Le numéro présent de
la revue Cent pour cent en est une synthèse.marché du travail de couches de la po-
pulation qui renoncent aujourd’hui à Les projections de population active, réalisées sous la responsabilité de l’Insee, combi-
nent, pour chaque sexe et âge, les dernières projections de population totale (modèlerechercher un emploi. Enfin, les flux
Omphale), utilisant les résultats du recensement de 1999, et de nouvelles projections demigratoires peuvent s’infléchir sous
taux d’activité, actualisées à la lumière des observations récentes.
l’effet d’événements économiques ou
La population active projetée regroupe les “actifs occupés” et les “actifs au chômage”,d’actions entreprises par les pouvoirs
sans emploi, disponibles et recherchant effectivement un emploi. Elle n’inclut ni les pré-
publics, comme par exemple l’élargis-
retraités, ni les personnes dispensées de recherche d’emploi.
sement des filières de formation et
Pour les projections de population, les hypothèses suivantes ont été retenues :
l’amélioration des infrastructures rou-
- maintien de la fécondité à son niveau de 1999 ;tières (on peut citer en exemple la créa-
- baisse de la mortalité au rythme observé au cours des trente dernières années ;tion d’ici à 2005 de l’autoroute A88 qui
- maintien des comportements migratoires moyens de la période 1982 à 1999.reliera Caen à Alençon, et de l’A28
entre Alençon et Rouen). Le dévelop- Dans le scénario tendanciel, les taux d’activité par sexe et par âge résultent d’une modé-
lisation économétrique qui isole une tendance lourde et lui superpose plusieurs facteurspement des formations et la création
d’inflexion (dont la réforme de 1993 du régime général de retraite).d’emplois correspondant, dans la ré-
Un autre scénario part de l’hypothèse de la stabilisation des taux d’activité à leur niveaugion, pourraient également, plus que
de 1999.par le passé, permettre à des actifs, no-
Enfin, deux variantes portant sur les taux d’activité, supposant une montée de l’activitétamment des jeunes, de rester en
des femmes au-delà de celle constatée ces dernières années, et une augmentation deBasse-Normandie. En ce sens, on peut
l’activité chez les 55-59 ans, ont en outre été testées.
au moins s’attendre à un développe-
ment des activités de services aux per-
sonnes, consécutif à l’accroissement
l’emploi, particulièrement accentuée gains de productivité dans ce secteur de
du nombre de seniors dans la région.
dans le bassin de Vire, pourrait laisser l’économie, s’ils se maintenaient, limi-
Ces projections ne sont donc qu’un des
penser que dans les années futures le teraient les besoins en main-d’œuvre.
futurs possibles de la région, destinées
recul de la population active accompa- Pour ces zones d’emploi, l’enjeu serait
à mettre en lumière l’enchaînement des
gnera le tassement de l’activité dans ainsi de renouveler les effectifs salariésmécanismes en œuvre dans le lien entre
ces zones, sans tension majeure sur le et d’augmenter le niveau de qualifica-population, activité, emploi et migra-
marché du travail, mais au prix de leur tion, dans un contexte difficile de dispo-tion.
dévitalisation. Cependant, en regar- nibilité de la main d’œuvre.
Moins d’actifs dant d’un peu plus près, la baisse du Le bassin de Cherbourg est dans une si-
pour moins d’emplois ? nombre d’emplois dans le passé récent tuation complètement opposée
est surtout le fait de l’agriculture.On peut tenter de mettre en parallèle puisque la population active continue-
L’emploi salarié a en effet progressé del’évolution projetée du nombre d’ac- rait d’y croître sans que l’emploi
façon significative, sauf à Alen-tifs, donc la future ressource en n’augmente. Dans les années
çon-Argentan, où la saignée des effec-main-d’œuvre, avec les créations d’em- quatre-vingt-dix, l’emploi salarié y
plois constatées dans les différents espa- tifs industriels est très pénalisante. avait même reculé de 2 %, situation
Dans les années de très bonne conjonc- unique en Basse-Normandie. Leces de la région. Si tout se prolongeait,
ture, de 1998 à 2000, les zones d’em- Nord-Cotentin pourrait profiter de lales bassins d’emplois de Vire, de Flers,
ploi de Vire et de Flers ont même présence d’une main d’œuvre forméed’Alençon-Argentan et de Saint-Lô
montré un fort dynamisme soutenu par sur place dans l’appareil de formationseraient en première approche les plus
supérieure pour relancer son activité.mal lotis. La baisse tendancielle de une industrie performante. Les forts
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A Cherbourg, l’enjeu serait donc de dy- pulation active pourrait gêner à terme
namiser le marché du travail pour gérer le dynamisme économique du
cet afflux de nouveaux actifs qui se Sud-Manche. C’est en effet dans cette
profile. partie de la Basse-Normandie que
l’emploi salarié a crû le plus fortement
Les zones d’emploi de Caen-Bayeux et
depuis 1990, augmentant du plus d’un
de Coutances devraient quasiment
quart.
maintenir leur nombre d’actifs à l’hori-
zon 2015. La progression de l’emploi Les zones d’emploi de Lisieux et de
salarié y étant forte, des tensions entre L’Aigle-Mortagne-au-Perche présen-
offre et demande de main d’œuvre tent un profil intermédiaire : baisse de
pourraient surgir dans certaines bran- la population active proche de la
ches. Elles pourraient être particulière- moyenne régionale et augmentation
ment vives dans les branches où le modérée de l’emploi. La gestion des
problème du renouvellement de la tensions engendrées par le décalage
main d’œuvre risque de se poser le plus entre offre et demande de travail pour-
fortement, comme l’industrie automo- rait y être moins difficile qu’ailleurs en
bile. En outre, à Caen, les départs de Basse-Normandie. La poursuite d’un
jeunes formés sur place pourraient se flux positif de migrations d’actifs très
réduire si des emplois plus nombreux à qualifiés devrait aider ces bassins
la hauteur de leur qualification leur d’emploi. Enfin, l’industrie étant pré-
étaient offerts, notamment dans le ter- dominante à l’Aigle-Mortagne-au-Perche,
tiaire. La population active s’en trou- les gains de productivité compenseront
verait étoffée d’autant. pour partie dans cette zone les besoins
en effectifs nouveaux.La situation est plus critique à Avran-
ches-Granville où le fort recul de la po- Michel MOISAN
“Projections de population à l’horizon 2030 :
baisse de la bas-normande après
2020", Lacuve (Jean-Luc) et Moralès (Daniel), Cent
pour cent Basse-Normandie, n° 104, décembre 2001.
“Projections de population à l’horizon 2030", Lacuve
(Jean-Luc), L’économie bas-normande, n° 32, novembre 2001.
“Projections de population active : un retournement progressif ”, Nauze-Fi-
chet (Emmanuelle) et Lerais (Frédéric), Insee première, n° 838, mars
2002.
DIRECTION REGIONALE DE L’INSEE CENT POUR CENT Basse-Normandie
93, rue de Geôle Directeur de la publication : Jean-Louis BORKOWSKI
14052 CAEN CEDEX 4 Rédacteur en Chef : Pascal CAPITAINE
Tél. : 02.31.15.11.11 Fax : 02.31.15.11.80 Secrétaire de Rédaction : Nadine GAUTIER
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Service statistique : Jean-Louis BORKOWSKI, par interim Abonnement 2003 (12 numéros) :
Service études et diffusion : Laurent DI CARLO - France : 20€
Attaché de presse : Pascal CAPITAINE - Étranger : 23€
ISSN 1267-2769 Dépôt légal : novembre 2003 Code SAGE : Cent12670 © Insee 2003

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