Recomposition du tissu productif de la région Nord-Pas-de-Calais - Mutation du tissu productif régional

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L'industrie régionale s'est diversifiée tout en maintenant depuis quinze ans sa part dans la production nationale de richesse. Les pertes d'emplois dans les secteurs traditionnels ne doivent pas occulter les gains dans l'automobile ou l'électronique. Le tertiaire s'est déployé en partie grâce aux externalisations de l'industrie qui occupe également une bonne moitié des intérimaires comptabilisés dans les services aux entreprises. La montée en puissance de fonctions d'appui, comme conseils et assistance ou recherche et développement ont contribué à élargir un éventail d'activités, toutefois disparate au niveau des zones d'emploi.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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L’industrie régionale s’est diversifiée tout en maintenant depuis quinze ans sa part dans la production
nationale de richesse. Les pertes d’emplois dans les secteurs traditionnels ne doivent pas occulter
les gains dans l’automobile ou l’électronique. Le tertiaire s’est déployé en partie grâce aux
externalisations de l’industrie qui occupe également une bonne moitié des intérimaires
comptabilisés dans les services aux entreprises. La montée en puissance de fonctions d’appui,
comme conseils et assistance ou recherche et développement ont contribué à élargir un éventail
d’activités, toutefois disparate au niveau des zones d’emploi.
L’actualité économique récente s’est fait l’écho de nombreuses questions quant à
l’évolution de l’industrie nationale dans un contexte d’élargissement de l’Union euro-
péenne et de ralentissement économique survenu depuis la fin de l’année 2001. Le
débat public se nourrit depuis plusieurs mois de thèmes afférents aux délocalisations, à la
désindustrialisation, à la mondialisation des économies, à une moindre attractivité du
territoire français face aux pays d’Europe centrale et orientale ou encore au décollage
économique de la Chine et de l’Inde. Au-delà de la prise de conscience de ces évolutions
économiques, qu’en est-il aujourd’hui de l’industrie nationale et que se passe-t-il au
niveau des territoires de la région Nord-Pas-de-Calais ? Pour essayer d’éclairer
les débats régionaux, un certain nombre d’éléments descriptifs de la structure du
système productif régional permettent de mettre en évidence les dynamiques en cours.
L’industrie française L’importance de l’industrie nationale dans l’économie mondiale est bien réelle. La
occupe le sixième rang France est le sixième pays dans le monde en termes de production industrielle [1]. La
mondial… part de marché de la France dans le marché mondial est restée à peu près stable sur
longue période entre 1970 et 1999. La production en volume a progressé régulière-
ment de 2,5% par an en moyenne depuis 1980, avec une baisse en 1993 et une
inflexion entre 2001 et 2003. Au total, même si elle est de nature différente, l’industrie
a conservé un poids dans le PIB national relativement stable depuis 20 ans : 21% en
1980 pour 19,8% en 2003 [2].
…etle Avec 254 240 salariés au 31 décembre 2003, le Nord-Pas-de-Calais se situe au quatrième
Nord-Pas-de-Calais rang des régions françaises en termes d’emplois salariés industriels, après
maintient son rang l’Île-de-France (576 330), Rhône-Alpes (465 350), et Pays de la Loire (268 900). La
parmi les régions région représente ainsi 6,9% de l’emploi industriel national et contribue à hauteur de
françaises 6,9% à la création de la valeur ajoutée industrielle nationale. Après une légère baisse
pendant la période de reconversion des années quatre-vingt, cette contribution régionale
est quasi stable depuis 1990. La région est également la deuxième région exportatrice
de France.
C’est par ailleurs la région de province à plus forte densité d’emplois industriels : 21
2emplois industriels sont présents au km dans le Nord-Pas-de-Calais, la moyenne
nationale étant de 7,1 (cf. carte 1).
Avec 26,1% de son emploi privé marchand dédié à l’industrie, le Nord-Pas-de-Calais
occupe la quinzième place dans le classement des régions en termes de part des emplois
dans l‘industrie (cf. tableau 1). La moyenne des de province se situe à 26,0%
sur un éventail de 38,2% pour la Franche-Comté, à 13,8% pour Provence-Alpes-Côte
d’Azur et 8,3% pour la Corse. En 2002, la part de la valeur ajoutée créée par l’industrie
représente 25,0% de la valeur ajoutée globale, contre 29,1% en 1990. C'est une évolution
tout à fait comparable à l'évolution nationale, ce qui explique que la contribution de la
région à la création de la valeur ajoutée nationale ait peu évolué.
Insee Nord-Pas-de-Calais 5 Dossiers de Profils N° 80 - Mars 2006Carte 1 : Densité des emplois industriels
Tableau 1 : Répartition des emplois salariés du secteur privé marchand (hors agriculture) fin 2003 (p)
Nord-Pas-de-Calais Régions de Province Métropole
Activité
Répartition en % Répartition en %Nombre Répartition en %
Industrie 254 244 26,1 26,0 23,2
Construction 76 680 7,9 8,7 8,0
Commerce 189 941 19,5 19,3 19,0
Services 453 419 46,5 46,0 49,8
Ensemble 974 284 100,0 100,0 100,0
(p) Données provisoires.
Source : Unedic
Dossiers de Profils N° 80 - Mars 2006 6 Insee Nord-Pas-de-CalaisÉvolution des effectifs De fin 1990 à fin 2003, quelque 57 300 emplois ont été perdus dans l’industrie régionale.
salariés : moins dans Cette évolution de l’emploi industriel s’est effectuée par paliers : baisse jusqu’en
l’industrie et plus 1993, relative stabilité des effectifs jusqu’en 2000 suivie d’un recul jusqu’en 2002,
dans le tertiaire s’accentuant en 2003 et 2004 [3]. Dans le même temps, le nombre d’emplois dans
l’ensemble du tertiaire, privé marchand ou public, augmente de 31,4% entre fin 1990
et fin 2003, contre une baisse de 18% dans l’industrie (cf. graphique 1). En plus de
l’apparition de nouvelles activités, le tertiaire bénéficie d’un transfert progressif de
fonctions que les entreprises industrielles assuraient auparavant, comme les services
d’entretien, de maintenance, de logistique ou encore de comptabilité. Les
opérationnels représentent 51% des emplois de services aux entreprises fin 2003.
Les besoins de l’industrie constituent un moteur de croissance du tertiaire, qui se dé-
veloppe en partie pour faire vivre l’industrie.
Graphique 1 : Évolution du nombre de salariés dans l'emploi total
du Nord-Pas-de-Calais entre fin 1990 et fin 2003
(p) Données provisoires
Source : Insee - Estimations d'emploi au 31 décembre de chaque année
Un emploi intérimaire S’il est indiscutable que l’emploi direct industriel diminue de façon importante, le dia-
sur deux est utilisé par gnostic ne doit pas s’arrêter là. En effet, sur la même période, le nombre d’emplois
le secteur industriel intérimaires en équivalents temps plein (EETP) dans la région Nord-Pas-de-Calais
est passé de 20 900 en 1995 à 41 300 en 2003 soit une progression de 97% (cf. encadré
« L’intérim : correctif aux évolutions sectorielles »). La région a suivi en cela la ten-
dance nationale qui connaît une hausse du même ordre (+90%). Dans les sources
mesurant l‘emploi, tous les intérimaires sont comptabilisés dans le secteur tertiaire et plus
précisément dans la branche des services aux entreprises. En allouant ces emplois
intérimaires dans les secteurs utilisateurs, 22 200 emplois sont réaffectés en 2003
dans l’industrie, qui aurait accru son volume de main-d’œuvre intérimaire d’environ
11 000 personnes de 1996 à 2003. La réintégration de ces emplois dans les effectifs
industriels permet de relativiser ainsi les pertes d’emploi industriel, qui sont de l’ordre
de 15 500 emplois sur cette même période de 1996 à 2003.
Une diversification Cette analyse nous conduit à penser à une modification du tissu productif. L’emploi dans
affirmée des activités les secteurs traditionnels régresse mais se développe dans d’autres secteurs d’activité.
économiques Tous les secteurs industriels n’ont pas connu les mêmes évolutions (cf. graphique 2).
Les 24 800 emplois industriels en moins entre fin 1993 et fin 2003 sont à rapprocher de la
baisse de 21 300 emplois dans les seuls secteurs de l’habillement, cuir et du textile
(cf. tableau 2). En revanche, les secteurs de l’automobile ou de la chimie ont contribué
respectivement à créer 6 800 et 1 900 emplois supplémentaires.
Insee Nord-Pas-de-Calais 7 Dossiers de Profils N° 80 - Mars 2006Graphique 2 : Évolution des salariés dans quelques secteurs d'activité du secteur privé marchand
Un ensemble d'activités (à l'intérieur du cône grisé) connaît des
fluctuations proches de celles de l'ensemble de l'industrie, avec un
indice en 2003 s'échelonnant de 78 à 109. Sur l'ensemble de la
période, ont ainsi évolué, par ordre décroissant de l'indice en 2003 :
- Construction navale, aéronautique et ferroviaire : 109
- Industries agricoles et alimentaires : 108
- Chimie, caoutchouc, plastiques : 105
- Industrie des composants électriques et électroniques : 95
- Industries des équipements mécaniques : 92
- Métalllurgie et transformation des métaux : 91
- Industrie des produits minéraux : 91
- Pharmacie, parfumerie et entretien : 90
- Édition, imprimerie, reproduction : 88
- Industries des équipements du foyer : 86
- Industrie du bois et papier : 80
- I des électriques et électroniques : 78
Tableau 2 : Gains et pertes d'effectifs entre fin 1993 et fin 2003 dans l'industrie
Sur les 24 800 emplois perdus :
Habillement, cuir -12 800 Industrie automobile + 6 800
Industrie textile -9 500 Chimie, caoutchouc, plastiques + 1 900
Industries du bois et du papier -2 700 Industries agricoles et alimentaires + 1 700
Métallurgie et transformation des métaux -2 500 Industrie des composants électriques et électroniques + 1 500
Source : Unedic
Ainsi, le tissu productif ne repose plus sur quelques secteurs prépondérants comme
pendant les « Trente Glorieuses » avec les trois piliers constitués par le textile, le charbon
et la sidérurgie. Plus de secteur dominant ; l’industrie régionale présente seulement
des spécificités dans quelques activités, comme l’automobile, la métallurgie et trans-
formation des métaux ou encore les industries des produits minéraux et le textile
(cf. graphique 3).
Si une partie des activités tertiaires se sont développées grâce à l’externalisation de
certains secteurs industriels, une autre partie résulte de fonctions d’entraînement,
comme conseils et assistance (+67% entre 1990 et 2003) et recherche et développe-
ment (+80% entre 1990 et 2003). Ainsi un nouvel équilibre apparaît entre les grandes
fonctions de production dans l’économie nationale comme dans l’économie régionale :
une baisse des fonctions de production manufacturière et une hausse des fonctions
de conception et de services.
Ces multiples évolutions conduisent à une diversification du tissu productif. Globale-
ment, toutes les régions se sont diversifiées entre 1990 et 1999 (cf. tableau 3).La
structure productive des régions dépend donc de moins en moins de leurs secteurs
prépondérants. C’est en fait une dispersion d’activités secondaires jadis confondues
dans une principale qui s’est opérée. Cette tendance à la diversification tendrait
cependant à se stabiliser depuis 1997 pour l’ensemble des régions. Au sein de cette
diversification, le Nord-Pas-de-Calais est la région qui s’est le plus diversifiée depuis
1990 (3,6 points de plus en 1990 par rapport à 1999) (cf. tableau 3) [4].
Dossiers de Profils N° 80 - Mars 2006 8 Insee Nord-Pas-de-CalaisGraphique 3 : Part des emplois salariés dans l'industrie
des principaux secteurs d'activité au 31 décembre 2003
Source : Insee - Estimations d'emploi 2003
Tableau 3 : Évolution de la spécialisation entre 1990 et 1999 par région,
triée par en 1999 décroissante
Indicateur de spécialisation (basé sur le nombre de salariés)
Région Indicateur Différence 1999-1990
en 1990 en % en 1999 en % en points
Corse 43,6 40,3 -3,3 Spécialisée
Franche-Comté 42,2 38,8 -3,4
Limousin 31,8 29,7 -2,1
Picardie 31,1 28,7 -2,4
Champagne-Ardenne 31,0 28,6 -2,3
Auvergne 29,9 27,9 -2,0
Île-de-France 25,9 27,9 2,0
Bretagne 27,7 26,5 -1,3
Lorraine 26,6 25,7 -0,9
Basse-Normandie 27,4 24,9 -2,5
Haute-Normandie 25,2 24,6 -0,6
Bourgogne 25,0 24,2 -0,8
Poitou-Charentes 25,2 24,1 -1,2
Languedoc-Roussillon 25,1 23,5 -1,7
Provence-Alpes-Côte d’Azur 24,3 22,3 -2,0
25,4 21,8 -3,6Nord-Pas-de-Calais
Centre 22,8 21,3 -1,5
Pays de la Loire 22,6 21,0 -1,6
Alsace 23,1 20,9 -2,1
Aquitaine 22,5 19,7 -2,8
Midi-Pyrénées 21,0 18,9 -2,1
Rhône-Alpes 17,5 16,3 -1,3 Diversifiée
Guide de lecture : entre 1990 et 1999, l'indicateur de spécialisation pour la région Nord-Pas-de-Calais a diminué de 3,6 points, la
région s'est donc diversifiée.
Source : Insee - Recensements de la population
Insee Nord-Pas-de-Calais 9 Dossiers de Profils N° 80 - Mars 2006Des disparités La logique observée au niveau régional est la synthèse de situations territoriales très
territoriales d’évolution diverses. Les zones d’emploi de Lille et de Roubaix-Tourcoing sont celles qui ont enregis-
au sein de la région tré le recul le plus important de l’emploi industriel sur la période de fin 1993 à fin 2003,
respectivement -26% et -33% (cf. tableau 4). Dans le même temps, la progression des
emplois dans les activités de services aux entreprises y est importante et atteint respecti-
vement +98% et +118%. La part de l’emploi dans les services aux entreprises atteint ainsi
24% de l’emploi privé marchand dans la zone d’emploi de Lille en 2003, dépassant la part
de l’emploi industriel de 10 points.
En revanche, la zone d’emploi de Valenciennes renforce sur la même période ses
effectifs industriels (+20%) tout en connaissant une assez forte progression des acti-
vités de services aux entreprises (+139%). De même, la zone d’emploi de Douai se
caractérise par un maintien des effectifs industriels tout en connaissant l’une des plus
fortes hausses des activités de services. Pour ces deux zones, l’industrie automobile
est très certainement à l’origine de ces évolutions.
De fortes augmentations d’emploi dans les services sont enregistrées dans le Calaisis
(+132%) portant la part de cet emploi à 22% de l’emploi privé marchand. L’industrie a
connu dans cette zone un recul de 13% sur la même période. C’est dans les zones
d’emploi de Dunkerque, du Boulonnais et de l’Artois-Ternois que les évolutions des
effectifs des services aux entreprises sont les plus faibles, respectivement : +51%,
+65% et +60%.
La diversité de situations constatée au niveau des zones d’emploi de la région montre
que la logique de développement des services n’est pas liée uniquement aux évolutions
de l’industrie. Sur ces territoires, les recompositions du tissu productif sont la concrétisa-
tion d’opportunités de localisation ou d’évènements dans la vie des entreprises. Elles
peuvent être crées, cesser leur activité, faire l’objet de prise de participations, déménager.
Les créations et les défaillances font régulièrement l’objet d’études, que ce soit de ma-
nière conjoncturelle [5] ou structurelle [6]. En complément de ces travaux, ce dossier
apportera donc des éclairages sur les deux derniers phénomènes cités : le fait d’apparte-
nir ou non à un ensemble d’entreprises plus vaste, et de dépendre de centres de décision
extérieurs à la région ou au contraire contrôler des salariés d’autres régions d’une part,
la propension à la mobilité des établissements dans la région d’autre part.
Tableau 4 : Nombre de salariés du secteur privé marchand fin 2003 et évolution entre fin 1993 et fin 2003
Évolution du nombre de salariésPart des
Nombre de salariés Part de l’emploi entre fin 1993 et fin 2003 en%services aux
du secteur privé industrielZones d’emploi entreprises dans dans les servicesmarchand fin 2003 (p) fin 2003
fin 2003 l’industrie aux entreprises
Roubaix-Tourcoing 115 906 22,3 18,6 -33,3 +117,9
Lille 247 386 14,4 24,3 -25,7 +98,3
Lens-Hénin 73 295 19,5 19,2 -15,1 +120,0
Cambrésis 35 906 31,9 12,8 -14,8 +116,7
Calaisis 35 244 21,4 22,0 -12,9 +132,0
Sambre-Avesnois 39 965 40,0 11,0 -11,2 +89,1
Flandre-Lys 24 154 38,8 9,0 -5,4 +154,7
Douaisis 51 007 32,0 17,0 -4,2 +148,5
Dunkerque 64 699 33,3 14,3 -3,8 +51,3
Artois-Ternois 53 722 23,0 13,8 -1,2 +60,5
Saint-Omer 31 935 47,8 6,7 -0,2 +68,7
Béthune-Bruay 60 366 42,0 10,7 +0,1 +111,9
Boulonnais 36 364 27,5 11,8 +0,9 +64,8
Berck-Montreuil 21 836 18,4 7,8 +1,4 +176,5
Valenciennois 83 693 34,8 16,6 +19,7 +139,0
Région Nord-Pas-de-Calais 975 478 26,1 17,3 -10,6 +103,4
(p) Données provisoires.
Source : Unedic
Dossiers de Profils N° 80 - Mars 2006 10 Insee Nord-Pas-de-CalaisL’intérim : correctif aux évolutions sectorielles
De 1995 à 2003 l’effectif intérimaire a doublé
Le nombre d’emplois intérimaires en équivalents emplois temps plein (EETP) dans la région Nord-Pas-de-Calais est passé
de 20 900 en 1995 à 41 300 en 2003 soit une augmentation de 97%. La région a suivi en cela la tendance nationale qui
connaît une hausse du même ordre (+90%).
Graphique : Évolution du nombre d’intérimaires
en équivalents temps plein
Source : Unedic - Dares
Avertissement : ordinairement, un effectif est fourni comme un stock à une date donnée, le plus souvent au 31 décembre. Pour l’intérim,
cela n’a guère de sens compte tenu de la volatilité de cet effectif qui fluctue de jour en jour en fonction des débuts et fins de missions et qui
est aussi marqué par un fort effet saisonnier. Un des motifs principaux de recours à l’intérim consiste justement à satisfaire des besoins en
main-d’œuvre occasionnels ou saisonniers.
L’effectif intérimaire en équivalents emplois à temps plein (EETP) sur une année complète constitue un bon indicateur de la quantité de tra-
vail, vu sous l’angle facteur de production, que le secteur de l’intérim met à disposition des autres branches d’activité. Il peut être assimilé à
un stock moyen annuel de personnel à temps plein.
De plus, cet indicateur est disponible selon une définition stable sur la période 1995-2003. Pour une ventilation par secteur, les sources
sont de bonne qualité à compter de l’année 1996.
Atténuation de la chute des effectifs de l’industrie
Dans les sources mesurant l’emploi, la mise à disposition de personnel relève d’une activité de services ; tous les intérimaires
sont comptabilisés dans le secteur tertiaire et plus précisément dans la branche des services aux entreprises.
Néanmoins, les agences d’intérim possèdent des informations sur l’établissement utilisateur. Cette main-d’œuvre réaffectée
aux secteurs utilisateurs représente 22 200 emplois dans l’industrie et près de 7 000 dans la construction pour l’année 2003.
Le solde est utilisé par les autres branches du tertiaire. Cela conduit à relativiser les pertes d’emplois industriels ; en effet en
1996 l’industrie n’utilisait que 11 300 EETP sous statut intérim. De 1996 à 2003, l’industrie a donc accru son volume de
main-d’œuvre intérimaire d’environ 11 000 personnes. Pour le secteur de la construction l’accroissement est de 2 500 emplois.
Dans l’industrie, quatre branches regroupent près des trois quarts de ces emplois supplémentaires. L’automobile à elle seule
en représente 40% avec 4 300 EETP ; viennent ensuite les industries agricoles et alimentaires : 1 300 EETP, les industries
des équipements du foyer : 1 200 EETP et la chimie, caoutchouc, plastiques : 1 100 EETP.
La progression très forte de l’intérim s’explique probablement par deux facteurs : la conjoncture favorable de 1996 à 2000 a
favorisé le recours à l’intérim comme moyen de pourvoir rapidement les nouveaux postes de travail. Mais en fin de période, la
conjoncture nettement moins porteuse ne s’accompagne pas d‘une chute accentuée de l’intérim, mais plutôt d’une stabilisation.
L’intérim semble donc se développer aussi comme un outil de flexibilité dans la gestion des ressources en main-d’œuvre.
Michel Laithier -DRTEFP
À noter : Une analyse de l’emploi intérimaire est actuellement menée en partenariat par le service statistique de la DRTEFP
et par l’Insee. Ce travail donnera lieu à la publication d’une étude dans les lignes éditoriales de chacun des deux organismes
erau 1 trimestre 2006.
Insee Nord-Pas-de-Calais 11 Dossiers de Profils N° 80 - Mars 2006Pour comprendre ces résultats :
Source :
Les sources mesurant l’emploi utilisées sont de deux types : les estimations d’emploi total et les données provenant de
l’Unedic (Union nationale pour l’emploi dans l’industrie et le commerce). Cette dernière ne recense pas Ies salariés de l’État,
des collectivités locales, des secteurs agricoles et para-agricoles et des entreprises publiques à caractère industriel et
commercial dépendant de l’État.
Définitions :
Spécialisation d’un territoire : La spécialisation indique si la production d’une zone est plus ou moins orientée vers une
activité particulière. Ce concept est appréhendé d’un point de vue statistique par un outil, appelé « coefficient de
spécialisation ». Un faible coefficient de sera le signe d’un large éventail d’activités sur un territoire considéré
alors comme diversifié, tandis qu’un coefficient élevé traduira le poids important d’un petit nombre de secteurs et la du territoire. Le coefficient de spécialisation varie de 0 à 1. Il mesure la concentration (de type GINI) sectorielle
des activités d’une zone comparée à la structure d’un territoire de référence. Cette mesure est construite toutes activités
confondues.
Pour en savoir plus :
[1] OECD Main Economic indicators.
[2] La France, puissance industrielle. Une nouvelle politique industrielle par les territoires - Rapport de la DATAR -
Printemps 2004.
[3] Évolution de l’emploi salarié dans le secteur privé en 2004 - Insee - Les Pages de Profils n° 6, juin 2005.
[4] Du tissu productif à l’emploi - Insee - Les Dossiers de Profils n° 70, mars 2003.
[5] Informations conjoncturelles en ligne http://www.insee.fr/fr/insee_regions/nord-pas-de-calais/rfc/conjoncture.htm
[6] Créations d’entreprises en Nord-Pas-de-Calais : quelles spécificités ? - Insee - Les Pages de Profils n° 3, mars 2005.
- L’économie française - comptes et dossiers - édition 2005 - 2006 - Insee - Collection Références - juin 2005
- Les services aux entreprises dans le Nord-Pas-de-Calais - Insee - Les Dossiers de Profils n° 69, juin 2002.
Dossiers de Profils N° 80 - Mars 2006 12 Insee Nord-Pas-de-Calais

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