Reims : les emplois métropolitains supérieurs... en quête de métropole Les emplois métropolitains supérieurs à Reims : les grandes tendances

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Reims concentre un emploi métropolitain supérieur (EMS) sur trois de la Champagne-Ardenne. Le secteur de la recherche-enseignement supérieur connaît la plus forte progression de ces fonctions supérieures. La majorité de ces emplois se trouve dans la ville centre, et leur progression (22%) est supérieure à la moyenne régionale (11%) et nationale (15%).
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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ARTICLE 1
 par Monique Saliou, INSEE
Champagne-Ardenne
LES EMPLOIS MÉTROPOLITAINS
SUPÉRIEURS À REIMS : LES GRANDES
TENDANCES
En Champagne-Ardenne, Reims concentre un emploi Chiffres Clés
métropolitain supérieur sur troisAire urbaine de Reims
 37% des emplois supérieurs
Première par sa population et ses emplois avec respectivement de Champagne Ardenne
 22% de croissance des 291 735 habitants et 117 781 emplois, Reims arrive également en tête
EMS entre 1990 et 1999
des aires urbaines champardennaises pour ses emplois métropolitains  64% de croissance de la
fonction « Enseignement supérieurs (8 200 en 1999). Classée au rang des ‘’Grandes villes’’ de
supérieur Recherche » France (voir encadré ci-contre), la cité rémoise se place ainsi loin
devant Troyes (3 000 emplois supérieurs), Charleville-Mézières et
Châlons-en-Champagne (environ 1 600 chacune).Classifi cation des
aires urbaines En 1999, plus de 37% des emplois supérieurs champardennais se
concentrent dans l’aire urbaine de Reims, et cette part a augmenté de Principales métropoles françaises :
- plus de 400 000 emplois 3,5 points entre 1990 et 1999. En effet, sur les 2 600 emplois supérieurs
Autres métr
créés dans les années quatre-vingt-dix en Champagne-Ardenne, près - de 150 000 à 400 000 emplois
Grandes villes de France : de 1 500 (soit 57%) l’ont été dans l’aire urbaine rémoise.
- de 45 000 à 150 000 emplois
Au total, ce sont 7% des emplois rémois qui sont dévolus à des cadres Villes moyennes et petites :
- moins de 45 000 emplois. au plus haut niveau de qualifi cation ou à des ingénieurs. Dans la
région, ce taux est inférieur à 5%. Au niveau national, il est de 9% si l’on
inclut Paris mais seulement de 6% dans les villes de province. Reims
se place donc au 25è rang des villes françaises les mieux dotées en
emplois stratégiques.
Surtout la fonction recherche
Comme partout en France, les fonctions supérieures sont surtout
nombreuses dans les secteurs des « services aux entreprises » et de
la « recherche-enseignement supérieur ». Reims n’échappe pas à la
règle : les services aux entreprises prédominent avec près de 24%
des emplois supérieurs, devant les fonctions recherche-enseignement
supérieur (22%) et commerce (13%).
Bien que ‘’la recherche-enseignement supérieur’’ ne représente que
la seconde fonction stratégique rémoise, elle a connu une plus forte
progression entre 1990 et 1999 (+64%). Dans cette fonction, Reims est
proportionnellement mieux pourvue que les autres villes de Champagne-
Ardenne et que l’ensemble des aires urbaines métropolitaines : leurs
parts des emplois supérieurs sont respectivement de 15,2% et 15,5%.
L’importance de l’enseignement supérieur est liée au renforcement du
pôle universitaire rémois.
La fonction ‘’services aux entreprises’’, reste l’activité la mieux
représentée dans la région. Elle est désormais bien implantée dans les villes de Champagne-Ardenne et constitue 24% du total des
emplois supérieurs. La part à Reims est inférieure de 8 points à celle
de l’ensemble des villes de France. Cet écart résulte sans doute de la
moindre dotation en emplois tertiaires de Reims et de la Champagne-
Ardenne en général. Les ingénieurs et les cadres d’études techniques
ainsi que les professionnels des activités juridiques ou comptables,
les conseillers en système informatique composent l’essentiel de la La notion d'aire urbaine
fonction ‘’services aux entreprises’’.
Le zonage en aires urbaines, construit
à partir des trajets domicile-travail,
permet d’étudier l’organisation de Concentration des emplois supérieurs dans la ville centre
l’espace autour des villes et dans
leur zone d’infl uence immédiate.
En général, dans les aires urbaines, les taux d’emplois métropolitains
L’aire urbaine est un ensemble supérieurs diminuent lorsqu’on s’éloigne de la ville centre. Reims suit
de communes d’un seul tenant et sans
ce modèle : 8% dans la commune rémoise, 5% en banlieue et 4% enclave, constituée d’un pôle urbain
dans sa couronne péri-urbaine (voir encadré ci-contre). et de sa couronne péri-urbaine.
La majorité des personnes occupant une fonction supérieure travaille
Le pôle urbain est une donc dans la ville centre plutôt qu’en banlieue ou à la périphérie de
agglomération (unité urbaine)
la ville. Sur dix emplois supérieurs de l’aire urbaine de Reims, huit se offrant au moins 5 000 emplois. Sa
délimitation repose sur une notion situent en ville centre, un en banlieue et un en couronne péri-urbaine.
de continuité du bâti. Le pôle urbain
Malgré le nombre d’emplois stratégiques peu important en banlieue est composé d’une ville centre
(Reims) et de sa banlieue (Bétheny, et en périphérie, la fonction ‘’commerce’’ domine. A l’extérieur de
Cormontreuil, Saint-Brice-Courcelles,
Reims, plus d’un quart des cadres hautement qualifi és sont affectés Taissy, Tinqueux, Saint-Léonard).
essentiellement dans le commerce de gros, de fournitures et
La couronne péri-urbained’équipements industriels, de minerais et de métaux ou de céréales et
est déterminée en fonction des
d’aliments pour bétail. La présence en banlieue du commerce de gros déplacements quotidiens des actifs qui
de machines et d’équipements utilisés dans l’industrie est sans doute y résident : 40% d’entre eux travaillent
dans le pôle urbain ou dans une autre à rapprocher de la tradition industrielle de la Champagne-Ardenne. Le
commune de la couronne péri-urbaine.
commerce de gros de céréales et d’aliments pour bétail est localisé
dans la couronne péri-urbaine. La valorisation et le traitement des
céréales sont assurés par les secteurs agroalimentaires. De structures
essentiellement coopératives, ils sont installés près des zones
agricoles.
Une croissance de 22% en neuf ans
Entre 1990 et 1999, les emplois supérieurs se sont développés en
France, beaucoup plus rapidement que l’emploi total. Dans les villes de
Champagne-Ardenne, la progression a été plus lente que la moyenne
des villes de province : +11,3% contre +17,9%. La faiblesse relative
de ce mouvement se retrouve dans quasiment toutes les régions de
l’Est. Mais Reims a néanmoins connu des évolutions supérieures aux
moyennes régionale et nationale. Le nombre d’emplois métropolitains
supérieurs y a augmenté de 22,3% pendant que l’emploi progressait
de 6,8%. Parmi les quelque 1 500 emplois qualifi és créés dans l’aire
urbaine rémoise, 1 000 l’ont été dans la commune de Reims, 200 en
banlieue et 300 dans la couronne péri-urbaine. Ces créations ont surtout
page 5profi té aux fonctions ‘’recherche-enseignement supérieur’’ avec 700
emplois supplémentaires et ‘’art’’ avec 280 emplois supérieurs de plus.
Ces emplois sont principalement concentrés dans le pôle universitaire
et les établissements socio-culturels, les écoles et associations de
musique, de danse ou de théâtre.
En 1999
Les EMS de
Serv. aux entrep.
l’aire urbaine
Recherche
de Reims se
Commerceconcentrent
Banque Assurancedans la ville
centre Art
Gestion Industrie
Transports
Commercial Industrie
Télécommunications
Information
Informatique Industrie
0 500 1 000 1 500 2 000
en nombre
REIMS BANLIEUE COURONNE PERI-URBAINE
En 1990
Serv. aux entrep.
Recherche
Commerce
Banque Assurance
Gestion Industrie
Transports
Commercial Industrie
Art
Télécommunications
Information
Informatique Industrie
0 500 1 000 1 500 2 000
en nombre
REIMS BANLIEUE COURONNE PERI-URBAINE
Source : INSEE - Recensement de la populationGRILLE SIMPLIFIÉE DES ONZE FONCTIONS MÉTROPOLITAINES
SUPÉRIEURES
Services aux entreprises : Cadres, professions intellectuelles supérieures et chefs
d’entreprises de 10 salariés ou plus travaillant dans les services aux entreprises
Recherche et enseignement supérieur : Enseignants et cadres de l’enseignement supérieur, Ingénieurs et
cadres techniques de recherche publique et privée, études ou développement dans les établissements industriels
Commerce : Commerçants, chefs d’entreprise de 10 salariés ou plus, ingénieurs et
cadres des commerces de gros et des intermédiaires du commerce
Banque-Assurance : Cadres, professions intellectuelles supérieures et chefs d’entreprise de
10 salariés ou plus de l’intermédiation fi nancière et de l’assurance sauf le crédit bail
Art : Artisans d’art, artistes dans le domaine culturel, professionnels de la musique,
de la danse, du cinéma et de la vidéo, professeurs d’art hors scolaire
Gestion : Cadres de direction, d’administration et de fi nance des établissements industriels
Transports : Chefs d’entreprise de 10 salariés ou plus , ingénieurs et cadres des activités
liées aux transports et services auxiliaires de transport et de routage
Commercial dans l’industrie : Ingénieurs et cadres commerciaux, technico-commerciaux et de la publicité dans l’industrie
Télécommunications : cadres et ingénieurs des postes et télécommunications
Information : Cadres et emplois supérieurs de l’information c’est-à-dire journaliste, artiste de la presse écrite, de
l’édition, de la radio et de la télévision, société de production, agence de presse, et impression de journaux
Informatique : ingénieurs et cadres spécialisés de l’informatique des établissements industriels
Emplois Emplois métropolitains supérieurs
Nombre en Evolution Nombre en Taux en 1999 Taux en 1990 Evolution
1999 90/99 (%) 1999 (%) (%) 90/99 (%)
518 371 -0,2 22 067 4,3 3,7 13,6Champagne-Ardenne
Aire urbaine
117 781 6,8 8 185 6,9 6,1 22,3
de Reims
Aire urbaine
69 338 -2,7 3 044 4,4 4,4 -2,1
de Troyes
Aire urbaine de
42 265 0,4 1 587 3,8 3,7 2,3
Charleville-Mezières
Aire urbaine de
34 367 -0,7 1 634 4,8 4,2 12,2
Châlons-en-Champagne
Ensemble des aires ur-
367 220 0,9 17 822 4,9 4,4 11,3
baines de Champagne-
Aires urbaines de la
13 413 501 5,6 858 916 6,4 5,7 17,9
France de province
Air
18 531 447 3,8 1 675 453 9,0 8,2 14,8
France métropolitaine
Source : INSEE - Recensements de la population
Plus d’un emploi métropolitain supérieur
champardennais sur trois est situé dans
l’aire urbaine rémoise
page 7TYPOLOGIE DES 70 GRANDES AIRES URBAINES FRANÇAISES
Une typologie des aires urbaines françaises, au regard du taux d’emplois métropolitains supérieurs de chaque
fonction dans l’emploi total, fait d’abord apparaître cinq aires au profi l exceptionnel. Les autres aires urbaines se
classent en cinq catégories.
Cinq aires urbaines très particulières
Paris
L’aire urbaine de Paris concentre à elle seule 49% des emplois métropolitains supérieurs des 354 aires urbaines. A
titre de comparaison, Lyon arrive en seconde position avec 5%. Les emplois métropolitains supérieurs représentent
16% de l’emploi total à Paris, part qui n’est approchée dans aucune autre agglomération, quelle que soit sa taille.
Paris se distingue surtout par un taux d’emplois supérieurs très élevé dans les services aux entreprises : 5,8% de
l’emploi total, soit près de 300 000 emplois. Mais la capitale fi gure également parmi les dix premières aires urbaines
pour la recherche et l’enseignement supérieur, qui est maintenant beaucoup plus décentralisée. Elle fi gure au
premier rang pour les taux d’emplois supérieurs dans le commerce, l’information et l’art.
Grenoble, Montpellier et Toulouse
Ces trois aires urbaines présentent des profi ls très proches. Comme à Paris, la part des emplois métropolitains
supérieurs dans l’emploi total y est globalement élevée (entre 11% et 13%). De plus, elles se distinguent de toutes
les autres, par un très fort taux d’emplois supérieurs dans la recherche et l’enseignement (entre 3,5% et 4%).
Grenoble présente également un taux d’emplois supérieurs très élevé dans les trois fonctions relatives à l’industrie
(commerce, gestion, informatique).
Niort
Niort est une aire urbaine particulière en raison de sa spécialisation dans la fonction banque-assurance, qui regroupe
1 700 emplois (3,1% de l’emploi total) parmi les 3 800 emplois métropolitains supérieurs que compte la ville.
Les cinq catégories d’aires urbaines
Les autres aires urbaines se classent selon cinq profi ls que l’on retrouve dans le tableau ci-dessous.
1 - La première catégorie regroupe toutes les aires urbaines de plus de 200 000 emplois (à l’exception des 4 aires
exceptionnelles de Paris, Grenoble, Montpellier et Toulouse), plus Orléans (155 000 emplois) et Annecy (85 000
emplois). Ces aires urbaines sont, à proprement parler, des ‘’grandes métropoles ‘’ par la taille, mais également par
les fonctions assurées : le nombre et le taux d’emplois métropolitains supérieurs y sont plus élevés qu’ailleurs pour
l’ensemble des fonctions, et en particulier pour les services aux entreprises (entre 2% et 3,5% de l’emploi total). La
plupart, à l’exception d’Annecy et Nice, sont des capitales régionales.
2 - La 2ème classe regroupe sept aires urbaines de plus petite taille (entre 85 000 et 170 000 emplois), la plupart
capitales régionales (sauf Brest, Nancy et Pau), mais comportant des taux particulièrement élevés dans la recherche-
enseignement, en général grâce à leurs fonctions universitaires, et dans l’information.3 - Le 3ème groupe est celui des aires proches de la moyenne pour l’importance des fonctions métropolitaines. Il
s’agit de villes de tailles diverses (46 000 à 200 000 emplois), dont cinq capitales régionales : Amiens, Besançon,
Limoges, Metz et Rouen. Une ville de Champagne-Ardenne fait partie de ce groupe, Reims. Cette agglomération
a connu une croissance rapide de l’emploi supérieur au cours de la dernière décennie (plus de 22% d’emplois
supérieurs supplémentaires).
4 - Le 4ème groupe est proche du précédent, mais s’en distingue par des taux très faibles dans la recherche
et l’enseignement. La croissance de l’emploi supérieur est plus faible dans ce groupe que dans les autres aires
urbaines : inférieure à 15%, sauf à Saint-Brieuc et Vannes (23% à 24%).
5 - Les aires urbaines du dernier groupe, enfi n, comportent des taux d’emplois supérieurs globalement faibles, en
particulier dans les services tertiaires : banque-assurance, services aux entreprises, commerce. On y retrouve des
villes de tradition industrielle, notamment dans le Nord et dans l’Est. En Champagne-Ardenne, Troyes fi gure dans
ce groupe. Cette agglomération n’a pas bénéfi cié de la hausse générale du niveau des qualifi cations. Les emplois
supérieurs comme tous les autres ont baissé de plus de 2% en dix ans. Un taux d’emplois tertiaires inférieur à la
moyenne et la hausse du chômage expliquent en partie cette évolution.
Seules les 70 aires urbaines françaises comptant plus de 45 000 emplois ont été retenues dans la typologie. En deçà
de ce seuil, en effet, les effectifs sont très faibles dans certaines fonctions et donc peu signifi catifs.
Deux aires urbaines de Champagne-Ardenne ont donc été intégrées à la typologie. Parmi celles qui n’y fi gurent pas,
deux comptent plus de 1 000 emplois métropolitains supérieurs : Charleville-Mézières (1 590 emplois métropolitains
supérieurs pour 42 260 emplois) et Châlons-en-Champagne (1 630 emplois supérieurs pour 34 370 emplois). Leurs
profi ls sont différents : les emplois supérieurs de Charleville-Mézières ont légèrement progressé (+2,3%) tandis que
l’ensemble des emplois demeurait stable (+0,4%). Châlons-en-Champagne a vu croître ses emplois métropolitains
de 12,2% pendant que l’emploi total diminuait de 0,7%.
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