Revenus fiscaux des ménages en 2001 - Disparité des quartiers au sein des grandes villes bretonnes

De
Publié par

Parmi les plus grandes villes de Bretagne, les revenus déclarés sont les plus élevés à Rennes, Vannes et Quimper, les plus faibles à Lorient. A l'intérieur de chaque ville, la mixité sociale est plus ou moins prononcée. Entre beaux quartiers situés le plus souvent dans les centres historiques et quartiers plus modestes, les écarts de revenu ne sont pas partout les mêmes. C'est à Saint-Brieuc qu'ils sont les plus élevés tandis que Quimper est beaucoup plus homogène.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 20
Nombre de pages : 4
Voir plus Voir moins

Revenus
Revenus fiscaux des ménages en 2001
Disparité des quartiers
au sein des grandes villes bretonnes
Parmi les plus grandes villes de Bretagne, les revenus
déclarés sont les plus élevés à Rennes, Vannes et Quimper,
les plus faibles à Lorient. A l’intérieur de chaque ville,
la mixité sociale est plus ou moins prononcée. Entre beaux
quartiers situés le plus souvent dans les centres historiques
et quartiers plus modestes, les écarts de revenu ne sont pas
partout les mêmes. C’est à Saint-Brieuc qu’ils sont les plus
élevés tandis que Quimper est beaucoup plus homogène.
n Bretagne comme dans l’ensemble supérieures et des habitants aux revenus de la Bretagne, tandis que l’on obtientEdu pays les revenus les plus élevés très modestes voire nuls, ne subsistant des seuils plus élevés dans toutes ces
se situent dans l’espace urbain. Mais cet que grâce aux minima sociaux et autres villes (excepté à Lorient) : plus de
espace urbain n’est pas homogène. Les prestations sociales. 31 000€ à Rennes et Vannes, 29 000€
communes des couronnes périurbaines à Saint-Malo. Ainsi les écarts de revenus
sont généralement plus riches que les A Rennes, Brest, Quimper, Lorient, sont beaucoup plus importants dans ces
villes centres. Dans ces dernières, les Vannes, Saint-Malo et Saint-Brieuc, le communes qu’en moyenne en
1hauts revenus sont comparables à ceux revenu médian est compris entre Bretagne.
des couronnes ; en revanche les bas re- 13 400 et 15 700€, valeur au-dessus ou
venus y sont plus faibles et les inégalités en dessous de la médiane régionale de
par conséquent plus marquées. La po- 1 000€ environ. Alors que les plus fai-
pulation des communes périurbaines bles revenus sont inférieurs à un seuil de 1- La moitié de la population vit dans un ménage qui a
2 déclaré un revenu par unité de consommation infé-est une population relativement homo- 6 550€ au niveau de la région, ils sont
rieur en 2001 à une valeur comprise entre 13 400 etgène à revenus assez élevés alors que la encore plus bas dans ces villes puisque 15 700€.
population des villes centres est nette- 2- 10 % de la population vit dans un ménage qui a dé-la limite est plutôt autour de 5 000€.A
claré un revenu par UC inférieur à 6 550€ en 2001.ment plus diversifiée. On y trouve tout à l’opposé, les hauts revenus dépassent 3- 10 % de la population vit dans un ménage qui a dé-
3la fois des classes moyennes et une valeur de 26 880€ sur l’ensemble claré un revenu par UC supérieur à 26 880€ en 2001.
Octant n° 99 - octobre 2004 9Revenus
Revenus fiscaux déclarés par les ménages au titre de l’année 2001
3Revenu fiscal par unité de consommation (uc) Structure du revenu fiscal (en % du revenu déclaré)
Part des Part desPart des Part des1 er 2 e 2Médiane 1 décile 9 décile Rapport retraites, revenus desrevenus autres2(euros/uc) (euros/uc) (euros/uc) interdécile pensions professionssalariaux revenus
et rentes non salariées
Rennes 15 665 5 200 31 437 6,0 67,8 21,4 6,7 4,1
Brest 13 969 5 032 26 368 5,2 64,9 27,2 5,5 2,4
Quimper 15 298 6 341 28 826 4,5 64,2 24,1 8,4 3,3
Lorient 13 405 4 257 25 703 6,0 58,9 31,4 6,8 2,9
Vannes 15 472 5 481 31 259 5,7 59,8 27,1 9,1 4,0
Saint-Malo 14 149 5 367 29 069 5,4 55,1 30,8 9,3 4,8
Saint-Brieuc 14 127 4 441 28 608 6,4 58,3 29,5 8,6 3,6
Bretagne 14 336 6 554 26 883 4,1 61,0 25,3 10,0 3,7
1- À Rennes, la moitié de la population vit dans un ménage qui déclare un revenu fiscal inférieur à 15 665 euros par unité de consommation (uc).
2- 10 % de la population vit dans un ménage qui déclare moins de 5 200 euros par uc et, a contrario, 10 % appartient à un ménage déclarant plus
de 31 437 euros par uc. Le rapport entre ces deux seuils est de 6,0.
3- Sur 100 de revenu déclaré 67,8 sont d’origine salariale, 21,4 proviennent de retraites, 6,7 de revenus de professions indépendantes et 4,1
d’autres revenus (du patrimoine surtout).
Source : Insee - DGI - Revenus fiscaux localisés des ménages en 2001
modestes sont géographiquement pro-Beaux quartiers et quartiers Pas de schéma urbain
ches du centre.défavorisés dominant
En revanche si l’on s’intéresse à la dis-
persion des revenus, le schéma sembleA l’intérieur des villes, les contrastes so- L’analyse des quartiers selon le revenu
partout assez clair : les quartiers où lesciaux s’accompagnent souvent d’une médian ne fait pas apparaître d’organi-
écarts sont les plus grands se situent làséparation entre beaux quartiers et sation géographique qui serait com-
où les bas revenus sont particulièrementquartiers défavorisés voire déshérités, mune aux sept villes étudiées ici. Il ne se
faibles. Dans les quartiers aisés, situésces derniers faisant l’objet de politiques dégage pas de typologie générale du
généralement dans les centres histori-publiques spécifiques comme les aides type « beaux quartiers groupés au
ques, la forte dispersion tient surtout auà la création d’emplois (zones franches) centre de la ville » et « quartiers plus
niveau particulièrement élevé des hautsou à la réhabilitation de l’habitat. De modestes à la périphérie ». On s’en ap-
revenus.manière générale les inégalités de reve- proche à Rennes mais c’est moins vrai
nus à l’intérieur des villes sont moins ailleurs. A Brest, une partie importante
prononcées dans les villes bretonnes de ménages à petits revenus se situent
que dans les grandes villes de la région près du centre, autour de l’Arsenal et du
parisienne, du nord de la France ou du port de Recouvrance. A Lorient, le quar-
Deux indicateurs ont été sélectionnés:pourtour méditerranéen. Cela dit, il tier du Polygone est inséré entre quatre
la médiane du revenu par UC, pour ap-existe bien en Bretagne comme ailleurs quartiers plus aisés. Même chose à
précier le niveau global de revenu, leune hétérogénéité des niveaux de reve- Quimper où les trois quartiers les plus
rapport interdécile pour en décliner la
nus entre quartiers.
dispersion. Des tranches identiques
ont été choisies afin de permettre de
comparer simultanément des quartiers
Niveau et dispersion du revenu entre eux à l’intérieur d’une même ville
et entre villes différentes. Ceci permet16 000
Rennes de mettre en évidence le faible niveau
des revenus de Lorient, comparés à
15 500 ceux de Rennes par exemple.Quimper
Vannes
Pour certains indicateurs les quartiers
15 000
sont à « blanc » :
pour la médiane du revenu par unité14 500
de consommation, il s’agit de quar-Saint-Malo Saint-Brieuc
tiers comptant moins de 50 ména-
14 000 ges (zones industrielles ou d’activi-
té, zones portuaires) ;
Brest
13 500 pour le rapport interdécile,ils’agit,
en plus de la contrainte des 50 mé-
Lorient nages, de quartiers comptant moins
13 000
de 2 000 habitants, pour lesquels on44,5 5 5,5 6 6,5 7
ne diffuse pas de données détailléesRapport interdécile
par déciles.
Source : Insee - DGI - Revenus fiscaux localisés des ménages en 2001
10 Octant n° 99 - octobre 2004
MédianeRevenus
La Bretagne se situe en bonne place au sein des régions françaises
Comparée aux autres régions, la Bretagne se situe en bonne dans la France de province. Pour schématiser, les Bretons les
place, 6e sur 22, pour le revenu médian des ménages. Surtout, plus riches sont plutôt moins riches que dans les autres ré-
elle est la moins inégalitaire de toutes. Le rapport entre les re- gions et les Bretons les plus pauvres sont moins pauvres
venus les plus élevés et les plus faibles est de 4,1 contre 5,1 qu’ailleurs.
Revenus fiscaux déclarés par les ménages au titre de l’année 2001
3Revenu fiscal Structure du revenu fiscal
par unité de consommation (uc) (en % du revenu déclaré)
Part des Part des
1 er 2 e 2 Part des Part desMédiane 1 décile 9 décile Rapport retraites, revenus des
2 revenus autres(euros/uc) (euros/uc) (euros/uc) interdécile pensions professions
salariaux revenuset rentes non salariées
France
14 650 5 469 29 943 5,5 66,0 22,4 7,6 4,0métropolitaine
Ile-de-France 17 982 5 581 38 912 7,0 73,2 16,9 5,6 4,3
France de
14 103 5 446 27 637 5,1 63,7 24,2 8,2 3,9province
Bretagne 14 336 6 554 26 883 4,1 61,0 25,3 10,0 3,7
1- En Bretagne, la moitié de la population vit dans un ménage qui déclare un revenu fiscal inférieur à 14 336 euros par unité de consommation
(uc).
2- 10 % de la population vit dans un ménage qui déclare moins de 6 554 euros par uc et, a contrario, 10 % appartient à un ménage déclarant
plus de 26 883 euros par uc. Le rapport entre ces deux seuils, ou rapport inter déciles, donne une indication sur la dispersion des revenus.
3- Sur 100 euros de revenu déclaré 61 sont d’origine salariale, 25,3 proviennent de retraites, 10 de revenus de professions indépendantes, 3,7
d’autres revenus (du patrimoine surtout).
Source : Insee - DGI - Revenus fiscaux localisés des ménages en 2001
Robert Le Verre
Sources Pour en savoir plus
L’Insee diffuse depuis 2003 de nouvelles statistiques lo- Version interactive de cet article avec tableaux
cales sur les revenus. Ces statistiques sont établies à par- détaillés et cartes supplémentaires
tir des fichiers des déclarations de revenus et de la taxe sur insee.fr/bretagne, rubrique Publications
d’habitation.
Les revenus fiscaux de l’agglomération de
Saint-Brieuc : de fortes différences entre laLes indicateurs diffusés permettent de décrire le niveau
ville-centre et la périphérie/Isabelle Le Boëtté;et les disparités des revenus des ménages à travers la
Insee-Bretagne - Octant n° 96 - Janvier 2004médiane et les déciles ainsi que la composition du
revenu. Revenus fiscaux des ménages - Année 2000 :
France métropolitaine par commune - Année 2001 :
Les données sont disponibles pour des découpages géo- France métropolitaine par commune et iris/Insee -
graphiques (quartiers, communes, regroupements de 2 cédéroms - Juin 2004
communes) comptant au moins 2 000 habitants au re-
Les revenus déclarés par les Bretons au titrecensement de 1999 (ce seuil est réduit à 50 ménages
de l’année 2001/Serge Le Guen ; Insee-Bretagne -pour le revenu médian). Le respect des règles de confi-
Flash d’Octant n°100 - Juillet 2004 ; existe aussidentialité limite la disponibilité des résultats à ces zones
en version interactive (avec tableaux supplémentai-géographiques.
res) sur insee./fr/bretagne, rubrique Publications
18 Octant n° 99 - octobre 2004
nRevenus
Définitions
Un ménage est défini comme l’ensemble indemnités de maladie, allocations de compositions différentes. Le nombre
des occupants d’un même logement. chômage et de préretraite, revenus per- d’UC d’un ménage est évalué selon la
Dans les sources fiscales on peut théori- çus à l’étranger) ; définition utilisée par l’Insee et par
quement reconstituer les ménages par le Eurostat :
regroupement des foyers fiscaux (fichier les revenus des professions non sala-
des déclarations de revenus) répertoriés riées (revenus nets de déficits des indé- le premier adulte du ménage
dans un même logement (fichier de la pendants, comprenant les bénéfices compte pour 1 UC ;
taxe d’habitation). Cette reconstitution est agricoles, industriels, commerciaux et
toutefois imparfaite. C’est pourquoi on non-commerciaux) ; les autres personnes de 14 ans ou
utilise plutôt le terme de ménages fiscaux plus comptent chacune pour 0,5
les retraites (hors minimum vieillesse),pour éviter la confusion avec les ménages UC ;
pensions d’invalidité, pensions alimen-repérés au recensement.
taires (déduction faite des pensions ver- les enfants de moins de 14 ans
sées) et rentes viagères ;Sont exclus des ménages fiscaux : comptent chacun pour 0,3 UC.
les autres revenus (essentiellement des les ménages de contribuables concer- Pour étudier le niveau de revenu, on
revenus du patrimoine).nés par un événement de type mariage, utilise la médiane du revenu fiscal par
décèsouséparation au cours de unité de consommation (UC) qui par-
Le revenu fiscal est un revenu avant redis-l’année étudiée ; tage les personnes en deux groupes : la
tribution. Il ne peut pas être assimiléà un moitié des appartiennent à
revenu disponible, qui supposerait que les ménages constitués de personnes un ménage qui déclare un revenu par
l’on ajoute les revenus sociaux non dé-ne disposant pas de leur indépendance UC inférieur à cette valeur et l’autre
clarés (minima sociaux tels que le RMI etfiscale (essentiellement des étudiants, moitié un revenu par UC supérieur.
le minimum vieillesse, prestations fami-inclus dans le ménage fiscal de leurs
liales, aides au logement) et que l’onparents) ; Pour mesurer la dispersion du revenu,
soustraie les impôts directs (impôtsur le on utilise le rapport interdécile du re-
revenu et taxe d’habitation). Le revenu les contribuables vivant en collectivité. venu fiscal par unité de consommation
fiscal ne permet donc pas de tirer de con- (UC), qui établit le rapport entre les
clusions en termes de niveau de vie desEn France métropolitaine, les ménages hauts revenus et les bas revenus.
ménages.fiscaux retenus représentent 95 % des
ménages, au sens du recensement. Le seuil des bas revenus correspond à
erLe revenu fiscal par unité de consomma- la limite du 1 décile : 10 % des per-
tion (UC) présente l’avantage de relativi-Le revenu déclaré aux services fiscaux, sonnes appartiennent à un ménage qui
ser le niveau de revenu en fonction de laplus simplement appelé revenu fiscal, est déclare un revenu par UC inférieur à
composition du ménage fiscal. Par rap-la somme des ressources déclarées par les cette valeur.
port au revenu d’une personne, il permetcontribuables sur leur déclaration de re-
de prendre en compte les économiesvenus, avant abattement. Il comprend Le seuil des hauts revenus correspond
ed’échelle résultant de la vie en groupe. Lequatre catégories de revenus : à la limite du 9 décile : 10 % des per-
revenu exprimé par UC devient un reve- sonnes appartiennent à un ménage qui
les revenus salariaux (salaires, droits nu par équivalent adulte, comparable déclare un revenu par UC supérieur à
d’auteur, avantages en nature, d’un lieu à un autre et entre ménages de cette valeur.
Avertissement
On s’intéresse ici aux seuls revenus déclarés au fisc. En effet, les revenus sociaux tels
que le RMI ou les prestations familiales et sociales ne sont pas soumis à déclaration,
comme également, une part notable des revenus du patrimoine. C’est le cas notam-
ment des revenus défiscalisés (comme le livret A de la Caisse d’épargne) ou des reve-
nus de valeurs mobilières soumis au prélèvement libératoire à la source. La réintégra-
tion de ces revenus dans les ressources des ménages et la déduction des impôts
directs, non encore réalisée statistiquement à ce jour, modifierait l’image qu’on peut
se faire des ressources réellement disponibles des ménages, ainsi que des écarts de re-
venus entre riches et pauvres. C’est pourquoi on ne tirera pas de conclusions hâtives
en terme de niveau de vie, les données présentées ici ne traitant que des revenus avant
redistribution. En particulier, par le jeu des prestations (majoritairement touchées par
les ménages modestes) et de l’impôt sur le revenu (prélevé surtout sur les tranches plus
élevées) les écarts de revenu disponible sont moins importants que ceux mesurés à
partir des seuls revenus déclarés.
Octant n° 99 - octobre 2004 19

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.