Révision des taux de chômage régionaux et départementaux (Octant n° 91)

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Chaque année, ces taux sont révisés pour tenir compte des résultats nationaux de la dernière enquête emploi et des nouveaux chiffres d'emploi départementaux fournis par l'UNEDIC.

Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Chômage
Révision des taux de chômage
régionaux et départementaux
e taux de chômage, est la propor- être sans emploi, c’est à dire ne pas de ce taux ne sont pas régulièrement
avoir travaillé, ne serait-ce qu’une observées et font l’objet d’estimations.Ltion de chômeurs au sein de la po-
pulation active (notion qui comprend heure, durant la semaine dite “de
référence” Au niveau national, le nombre de chô-non seulement les actifs ayant un em-
ploi, mais aussi les militaires et les être disponible pour travailler sur un meurs au sens du BIT est connu une fois
emploi salarié ou non salarié par an avec les résultats de l’enquêtechômeurs).
être à la recherche d’un travail emploi. Toutefois, malgré sa taille im-
portante (150 000 individus), l’échantil-Le chômage est un concept a priori
simple, mais il n’existe pourtant pas de lon de l’enquête emploi est insuffisant
pour la production de résultats aux ni-définition unique. Afin de permettre les
Pourquoi effectuercomparaisons internationales, le taux veaux régional et infra-régional.
de chômage français se base sur les cri- une révision ?
tères retenus par le Bureau International Les taux de chômage régionaux et dé-
partementaux sont établis par recoupe-du Travail (BIT). Selon ces critères, un
Il n’existe pas de source statistique qui ment entre le chômage national issu dechômeur est une personne en âge de
l’enquête emploi, les évolutions localestravailler (âgée de 15 ans ou plus) qui permette le calcul direct du taux de
chômage. Les populations correspon- des demandeurs d’emploi en fin derépond simultanément aux trois
mois (DEFM) établies par l’ANPE et laconditions : dant au numérateur et au dénominateur
Comparaison ancienne série - nouvelle série France et régions
Ancien Nouveau Différence Ancien Nouveau
Mars 2002 taux taux (en point) classement classement
France 9,1 8,9 - 0,2 - -
Ile-de-France 8,2 8,1 - 0,1 8 10
Champagne-Ardenne 9,5 9,2 - 0,3 17 15
Picardie 10,8 9,9 - 0,9 18 17
Haute-Normandie 11,1 9,9 - 1,2 19 18
Centre 7,7 7,3 - 0,4 5 4
Basse-Normandie 8,7 8,3 - 0,4 12 12
Bourgogne 8,2 7,8 - 0,4 6 8
Nord-Pas-de-Calais 13,0 12,3 - 0,7 22 21
Lorraine 8,5 8,3 - 0,2 11 11
Alsace 6,1 6,2 0,1 1 1
Franche-Comté 7,5 7,4 - 0,1 3 3
Pays de la Loire 8,3 7,5 - 0,8 9 5
Bretagne 8,5 7,5 - 1,0 10 6
Poitou-Charentes 9,3 8,6 - 0,7 16 13
Aquitaine 9,2 9,1 - 0,1 14 14
Midi-Pyrénées 9,2 9,3 0,1 15 16
Limousin 6,5 6,7 0,2 2 2
Rhône-Alpes 7,6 7,6 0,0 4 7
Auvergne 8,2 8,0 - 0,2 7 9
Languedoc-Roussillon 12,2 13,7 1,5 21 22
Provence-Alpes-Côte d'Azur 11,5 11,8 0,3 20 20
Corse 8,9 10,8 1,9 13 19
Source : DRTEFP, Insee
Octant n° 91 - Octobre 2002 25Chômage
Taux de chômage en Bretagne - série révisée
Juin 2001 Septembre 2001 Décembre 2001 Mars 2002 Juin 2002
Côtes-d'Armor 7,2 7,3 7,5 7,4 7,6
Finistère 7,8 7,8 7,8 7,8 7,8
Ille-et-Vilaine 6,2 6,4 6,7 6,8 6,9
Morbihan 7,9 8,1 8,3 8,2 8,5
Bretagne 7,2 7,3 7,5 7,5 7,6
France 8,6 8,7 8,8 8,9 9,0
Source : DRTEFP, Insee
DARES (ministère du travail), et les évo- - Le deuxième porte sur la prise (- 11 % en mars 2002). Quant à la popu-
lutions locales du nombre de personnes lation active, elle est revue en hausse deen compte des résultats définitifs du re-
en emploi établies à partir du recense- + 0,6 %. Au total, en mars 2002, le nou-censement de la population 1999 qui a
ment et des sources administratives. veau taux régional est estimé à 7,5 %,conduit à rétropoler les séries d’emploi
contre 8,5 % selon l’ancien mode derégional et départemental depuis 1990.
Chaque année, ces taux sont révisés calcul. Cette révision à la baisse estCette rétropolation affecte le dénomina-
pour tenir compte des résultats natio- l’une des plus importantes, juste der-teur du taux de chômage (à savoir l’esti-
naux de la dernière enquête emploi et rière la Haute-Normandie et devant lamation de la population active).
des nouveaux chiffres d’emploi départe- Picardie.
mentaux fournis par l’UNEDIC. Habi-
tuellement, ces révisions ne modifient
pas en profondeur les valeurs intiale- Dans l’Ouest, le niveau
ment calculées. Peu d’incidencedu taux de chômage
sur l’évolutionrevu à la baisse
Par contre, en 2002, la révision est de
du taux de chômageplus grande ampleur car elle intègre
deux autres changements : Entre ces deux facteurs, c’est la prise en
Si cette révision modifie le niveau du- Le premier porte sur la caté- compte de nouvelles catégories de de-
gorie de DEFM (demandeurs d’emploi taux de chômage, en revanche, elle n’amandeurs d’emploi qui joue le rôle le
que très peu d’incidence sur son évolu-en fin de mois) mobilisée pour ventiler plus important dans les modifications.
tion. En effet, selon la nouvelle série, lelocalement le chômage BIT national. Les plus fortes révisions à la baisse inter-
taux de chômage breton est resté stableviennent en général dans des régions oùJusqu’à présent, les DEFM de catégorie
entre décembre 2001 et mars 2002“1+6” (cf. encadré) servaient à cette la part des demandeurs d’emploi à acti-
(l’ancienne série indiquait une baisse devité réduite est élevée. Ce sont souventventilation. Or, depuis la fin de l’année
0,1 point). Sur un an, de mars 2001 à2001, l’Insee dispose de séries de DEFM des régions de fort développement de
mars 2002, ce taux a progressé de- l’emploi intérimaire (Grand-Ouest no-conceptuellement plus proches du chô
0,5 point, résultat identique à celui demage BIT. Ce sont les DEFM dites tamment). La ventilation des DEFM
l’ancienne série.“1+2+3” (hors activité réduite). Il s’agit “1+6” tendait à y surestimer le chômage
de l’ensemble des demandeurs d’em- au sens du BIT. A l’inverse, les plus for-
ploi à la recherche d’un emploi quel tes révisions à la hausse ont lieu dans France entière, et quelle que soit la
que soit le type d’emploi demandé, ex- des régions où la part des DEFM à acti- série, le taux de chômage a augmenté
cepté ceux qui ont eu une activité ré- vité réduite est relativement faible. de 0,1 point entre décembre 2001 et
duite au cours du mois écoulé. Ce sont mars 2002. La hausse sur un an est de
désormais ces séries qui sont utilisées 0,2 point, alors que l’ancienne sérieEn Bretagne, l’utilisation des catégories
pour l’estimation du chômage BIT au l’estimait à 0,4 point.de chômeurs “1+2+3” (hors activité ré-
niveau national, régional et départe- duite) au lieu des catégories “1+6” en-
mental. Marie-Paule LE BRIStraîne une forte révision du chômage
Les différentes catégories de demandeurs d’emploi en fin de mois (DEFM)
Catégorie 1 : personnes sans emploi à la recherche d’un emploi à durée indéterminée à temps plein
Catégorie 2’un emploi à durée indéterminée à temps partiel
Catégorie 3’un emploi à durée déterminée
Catégorie 4 : personnes non disponibles
Catégorie 5 : personnes ayant un emploi
Catégorie 6 : personnes de la catégorie 1, qui exercent une activité mensuelle supérieure à 78 heures
Catégorie 7 : personnes de la catégorie 2, qui exercent une activité mensuelle supérieure à 78 heures
Catégorie 8 : personnes de la catégorie 3, qui exercent une activité mensuelle supérieure à 78 heures
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