S'employer ici et ailleurs : dynamiques des zones d'emploi en Lorraine

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La population active constitue une richesse essentielle d'un territoire. Pour qu'elle se développe, il est essentiel que les actifs puissent travailler sur place ou disposer d'opportunités dans les zones avoisinantes. En Lorraine entre 1999 et 2004, la population active croît de 3,9% soit près de 40 000 personnes en raison d'une croissance conjuguée de l'emploi intérieur et du travail frontalier. Ces ressources humaines supplémentaires résultent d'un effet démographique positif, d'une progression des taux d'activité et de migrations résidentielles moins défavorables que par le passé. Au niveau infrarégional, de nombreuses navettes domicile-travail franchissent les frontières des zones d'emploi. Couplées avec la dynamique de l'emploi local, elles génèrent des modes de développement spécifiques et induisent des évolutions variables des populations actives des 17 zones d'emploi lorraines. Notamment, l'extraversion frontalière s'oppose à l'autonomie des zones d'emploi des Vosges de l'Ouest et de Remiremont-Gérardmer. Et tandis que Metz accroît son attractivité, Nancy s'appuie sur un développement plus endogène.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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°92 S’employer ici et ailleurs :N
La population active constitue une richesse essentielle d’un territoire.
Pour qu’elle se développe, il est essentiel que les actifs puissent travailler
sur place ou disposer d’opportunités dans les zones avoisinantes.
En Lorraine entre 1999 et 2004, la population active croît de 3,9% soit
près de 40 000 personnes en raison d’une croissance conjuguée de l’emploi
intérieur et du travail frontalier. Ces ressources humaines supplémentaires
résultent d’un effet démographique positif, d’une progression des taux d’activité
et de migrations résidentielles moins défavorables que par le passé.
Au niveau infrarégional, de nombreuses navettes domicile-travail franchissent
les frontières des zones d’emploi. Couplées avec la dynamique de l’emploi local,
elles génèrent des modes de développement spécifiques et induisent
des évolutions variables des populations actives des 17 zones d’emploi
lorraines. Notamment, l’extraversion frontalière s’oppose à l’autonomie
des zones d’emploi des Vosges de l’Ouest et de Remiremont-Gérardmer.
Et tandis que Metz accroît son attractivité, Nancy s’appuie
sur un développement plus endogène.
L’économie lorraine se situe réguliè- le théâtre d’un rapprochement sensible des
rement un cran en dessous de la moyenne na- dynamiques de la valeur ajoutée et de l’emploi.
tionale tout en étant également plus fortement La conséquence en est un enrichissement de
ballottée, comme en témoignent les creux des la croissance régionale en emploi tant en
années 1996 et 1999. En Lorraine, comme France qu’en Lorraine. Dans la région un point
en France, un retournement s’opère aux alen- supplémentaire de PIB crée 0,6 point de crois-
tours de mi-2001, faisant basculer le Produit sance de l’emploi total, soit deux fois plus que
Intérieur Brut (PIB) régional vers une pente l’a- lors de la décennie 1990-1999.
menant jusqu’à la croissance zéro, soit un
Le phénomène de tertiarisation de l’économie
point en dessous de la performance nationale.
lorraine s’approfondit, avec à titre d’exempleer
La période étudiée, allant du 1 janvier 1999
une croissance de +35% de la valeur ajoutéeer
au 1 janvier 2004, est donc marquée par
des services aux particuliers contre +14%
une inflexion sensible en 2001.
dans l’ensemble des branches, ce qui pèse
sensiblement sur la productivité du travail.
33 000 emplois supplémentaires
L’emploi total croît en Lorraine de 4,1% en
entre 1999 et 2004 cinq années soit à un rythme annuel moyen
La période 1999-2004 enchaîne une période de 0,8%. Cela se traduit par une progression
de croissancerapideetune phasederalentis- de 33 000 unités, soit 6 600 par an, et un
sement marqué. Ces cinq années sont aussi effectif total voisin de 845 000 postes en fin
Vde période. Plus précisément la sidence. Parmi eux, 230 000 tant de fixation et de développe-
croissance de l’emploi total résulte franchissent les limites de leur ment de la population active sur
d’unecroissancedel’emploisalarié zone d’emploi, dont 110 000 cel- une zone d’emploi donnée. Au ni-
qui atteint 790 000 en début lesdela régionycomprisles veau régional, l’opportunité du
2004 et d’un recul de l’emploi non 80 000 qui vont au-delà des fron- travail hors région, et en particu-
salarié à 55 000. Sectoriellement, tières du territoire national. Glo- lier au-delà des frontières cons-
l’apparition de 12 000 nouveaux balement,cesontprèsdeneuf titue un atout crucial.
postes dans l’éducation, santé, ac- salariés lorrains sur dix qui quit-
tion sociale et l’administration pu- tent leur commune pour travailler La population active
bliquecompenseune pertede et trois sur dix leur zone d’emploi. lorraine stimulée
même ampleur dans l’industrie et Cette part est très variable, de par l’emploi
l’agriculture, tandis que les servi- 13% dans la zone de Nancy jus-
Entre 1999 et 2004, l’emploices marchands (commerce, trans- qu’à plus de 50% dans celle de
progresse sensiblement et cons-
ports, services financiers et Briey.
titue la première contribution à la
immobiliers, aux entreprises et
Les zones sont différemment tou- hausse de 3,9% de la population
aux ménages) constituent le cœur
chées par ces mobilités de active surlapériode.Silephéno-de la croissance de l’emploi. Toute-
grande ampleur. En effet, les en- mène du travail frontalier est tou-fois, cette croissance n’a pas été
trées et les sorties d’actifs se jours présent, il n’occupe plus leau rendez-vous dans l’ensemble
compensent rarement et connais- premier rôle comme cela a été ledes zones d’emploi.
sent des évolutions différentes. cas entre 1990 et 1999. Au
Ainsi, tout comme l’emploi locali- cours de cette période, l’emploi
Trois salariés sur dix sé sur le territoire, la possibilité avait augmenté à un rythme plus
travaillent hors de leur de trouver un travail dans les zo- modéré (2 500 unités en rythme an-
nes voisines est un facteur impor- nuel). Dans ce contexte, la crois-zone d’emploi
La croissance de l’emploi s’est ac- L'attrait du Luxembourg
compagnée d’un développement pour les salariés du Pays Haut et de Thionville
des navettes domicile-travail, en
Taux de franchissement de la zone d'emploi par les actifs occupés résidents
nombre et en distance. Au niveau
national en 2004, près de trois Longwy
salariés (à l’exception de ceux em- Thionville
ployés par la fonction publique d’État Meuse du Nord
Briey
et les particuliers employeurs)sur
Bassin- Sarreguemines
Houillerquatre quittent leur commune de Metz
résidence pour aller travailler.
CommercyCette proportion varie largement
SarrebourgBar-le-Ducselon les types d’espace, et peut
Toul Nancydépasser 90% dans les couron-
Lunéville
nespériurbainesdes airesurbai-
nes de moins de 50 000
habitants et dans les couronnes
Vosges-de-
Saint-Diédes pôles d’emploi de l’espace à l'Ouest
Épinal Taux de franchissement (en %)
dominante rurale.
43,1ou plus
Remiremont- de 27,3 à moins de 43,1
En Lorraine, les salariés réalisent Gérardmer moins de 27,3
quotidiennement 660 000 navet-
teshorsdeleurcommune de ré- Source : Insee
Rapprochement sensible des dynamiques de l'emploi et du PIB
%5 Évolutions annuelles de l'emploi et du PIB en Lorraine et dans l'hexagone
4
PIB France métropol.
3
Emploi
France métropol.
2 (moyenne annuelle)
1
PIB Lorraine
0
-1 Emploi Lorraine
(moyenne annuelle)
19981991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1999 2000 2001 2002 2003-2
Source : Insee - comptes régionaux et nationaux et estimations d'emploi
2
©IGN-Insee 2007variations annuelles (en millier)
variations annuelles (en millier)
sance des navettes domicile-
Un moindre impact des navettes
travail hors des frontières natio- entrantes et sortantes de la région
nales, près de 3 600 supplémen-
Les équilibres du marché du travail en Lorraine : 1990-1999 et 1999-2004
taires par an, avait constitué une
véritable bouée de sauvetage et 10
Période 1990 - 1999permis de contenir la hausse du 8 1999 - 2004
chômage. Ce dernier s’était tout
6
de même élevé de 0,4 point sur
4
la décennie.
2
=+ + +Entre 1999 et 2004, le chômage
0
régresse légèrement en Lorraine
-2
VariationVariation de la Variation des Variation du Variation du soldesuivant des évolutions symétri-
population active de l'emploi militaires du chômage des navettes
-4
contingentques à celles du PIB régional et
-6
de l’emploi. Évalué à 10,2% en
Source : Inseedébut d’année 1999, le taux de
chômage régional atteint le plan-
Équilibrage des facteurs d'évolution
cher de 7,7% au milieu de
de la population active
l’année 2001 avant de remonter
Les équilibres sociodémographiques en Lorraine : 1990-1999 et 1999-2004
à 9,7% en début 2004. Ce profil
est globalement suivi dans l’en-
10
Période 1990 - 1999semble des zones d’emploi,
8 1999 - 2004même si certaines accusent un
6
taux de chômage de fin de pé-
4
riode sensiblement supérieur au
2niveau de départ.
=+ +
0
-2Les migrations Effet tauxVariation de la Effet
Effetpopulation active démographique d'activité
-4résidentielles migrations
résidentielles-6pèsent moins
Source : InseeLa croissance de la population ac-
tive s’appuie sur des ressources
L'emploi des femmes au premier rang
humaines supplémentaires. Cel-
Les équilibres du marché du travail en Lorraine en 1999-2004les-ci peuvent provenir d’un ap-
chez les femmes et les hommes
port démographique comme de
9 en millier
Hommes
phénomènes socioéconomiques 8
Femmes
7liés à la participation au marché
Ensemble
6du travail et aux migrations rési-
5
dentielles.
4
3Entre 1999 et 2004, l’effet dé-
2
mographique est positif, les géné-
1
rations entrantes sur le marché = ++ +
0
du travail sont plus nombreuses -1
Variation de la Variation de Variation des Variation du-2 Variation duque celles qui le quittent. En
militaires du chômage solde despopulation active l'emploi
contingent1999, tandis que plus de navettes
Source : Insee160 000 personnes sont âgées
de 15à19ans,unpeu plus de
Une forte poussée des taux d'activité féminins
100 000 se situent dans la
Les équilibres sociodémographiques en Lorraine en 1999-2004tranched’âge de 55à59ans.
chez les femmes et les hommes
Lesarrivées surlemarchédu
9 en millier
Hommes
travail plus nombreuses que les 8
Femmes
départs génèrent alors un impor- 7
Ensemble
6tant gisement d’actifs potentiels
5supplémentaires.
4
3À cet effet démographique s’a-
2
joute l’impact des taux d’activité
1
=+ +qui progressent sensiblement 0
entre 1999 et 2004 en Lorraine -1
Variation de la-2 Effet Effet taux d'activité Effet migrationsen particulier pour l’ensemble des
population active démographique résidentielles
femmes et pour les hommes de
Source : Insee55à59ans.Parmi ces deuxpo-
3pulations, il s’agit de phénomènes tués notamment dans les activi- période tandis que celle des
de rattrapage de situations anté- tés du commerce, de l’éduca- hommes atteint seulement 2,4%.
rieures : vagues de préretraites tion, de la santé et de l’action
et de cessations progressives sociale concernent majoritaire- Des synergies
d’activité chez les seniors, ment ces nouvelles salariées. différentes selon
sous-activité structurelle des fem- les zones d’emploiCette croissance des offres d’em-mes, tout particulièrement dans
plois à destination des femmes Au niveau infrarégional, la popula-des zones historiquement
est une incitation forte à leur par- tion active progresse dans toutesindustrielles.
ticipation au marché du travail, les zones d’emploi lorraines, se-
Quant aux migrations résidentiel- preuve en est la hausse du taux lon une configuration plus favo-
les, elles ne produisent plus des d’activité comme premier déter- rable que celle qui avait prévalu
fuites d’actifs de même ampleur minant de la hausse de la popula- au cours de la décennie 1990,
quepar le passé.Lesolde migra- tion active féminine. Cette toutefois à des rythmes diffé-
toire régional fait état d’un départ dernière progresse de 6% sur la rents. Si les zones frontalières
annuel net de 1 000 actifs au
cours de la période 1999-2004, L'Est mosellan, les Vosges centrales et l'Ouest meusien
sur un déficit total de 2 000 mi- àlapeine
grants tous âges confondus. Population active en 2004
La configuration est donc bien
Longwy
différente de la période
Thionville
1990-1999. Par rapport à cette Briey
dernière, les migrations résiden- Meuse du Nord
Sarregueminestielles pèsent nettement moins
Metz Bassin-
Houilleret les effets démographique et
de taux d’activité s’équilibrent.
Bar-le-Duc Commercy
SarrebourgToul
Des dynamiques très Nancy
190 000
différentes entre les
Lunéville
30 000hommes et les femmes
Vosges-de-L’analyse des facteurs d’évolution
l'Ouest
Saint-DiéÉvolution de la population activeet de leur équilibrage par sexe
1999 - 2004
fait apparaître des situations sen-
évolution forte (plus de 1,25%) Épinal moyenne (entre 0,75 et 1,25%)siblement différentes. La primau-
évolution faible (moins de 0,75%) Remiremont-té du solde des flux domicile-
Gérardmer
travail reste de rigueur chez les
Source : Insee
actifs masculins qui bénéficient
de près des deux tiers des aug-
mentations de navettes frontaliè- Les trois quarts des hausses d'emploi
res. La hausse de l’emploi ont concerné des femmes
n’apparaît qu’en deuxième posi- er er
Évolution de l'emploi total entre le 1 janvier 1999 et le 1 janvier 2004
tion selon la même configuration par secteur d'activité
Administrationqu’en 1990-1999. En revanche, Femmes
Hommesla hausse massive de l’emploi ré- Éducation, santé, action sociale
gional des femmes alimente à elle Services aux particuliers
seulelacroissancedelapopula- Services aux entreprises
tion active féminine pendant que Activités immobilières
la hausse de leurs navettes com-
Activités financières
pense quantitativement la réduc-
Transports
tion de leur chômage.
Commerce
Entre 1999 et 2004, trois Construction
quarts des 33 000 nouveaux Énergie
emplois sont occupés par des Ind. biens intermédiaires
femmes. En fait, deux phénomè- Industries des biens d'équipement
nes se cumulent. D’une part, de Industrie automobile
nombreux emplois, principale-
Ind. biens consommation
ment masculins, disparaissent
Industries agricoles et alimentaires
dans les secteurs industriels
Agriculture, sylviculture, pêche
des biens intermédiaires et de
-10 000 -5 000 0 5 000 10 000 15 000 20 000
l’énergie par exemple. D’autre
part, les nouveaux emplois si- Source : Insee, estimations d'emploi
4
©IGN-Insee 2007connectées avec le Luxembourg ment issues des revenus de leur Commercy et Bassin Houiller, les
connaissent les croissances les expatriation quotidienne. Cet effet résultats sont plus nuancés.
plus dynamiques, la proximité de est d’autant plus significatif que
Dans le premier groupe, alors
l’Allemagnen’a paslemêmeeffet ces navettes atteignent une
que Longwy et Thionville dépen-
positif. Au contraire, ces zones masse critique et que la zone
dent essentiellement du phéno-
se situent en retrait au même d’accueil des frontaliers possède
mène frontalier, la moitié des
titre que les territoires les plus un avantage économique compa-
nouveaux flux provenant de la
excentrés de la Meuse et des ratif tant en termes d’évolution
zone de Briey sont internes à la
Vosges. conjoncturelle que de conditions
région. En 2004, ses actifs occu-
de rémunération. Alors que
Des situations très différentes ap- pés se dirigent presque à parts
l’économie luxembourgeoise croît
paraissent. Ainsi la population ac- égales vers le Luxembourg, la
à plus de 6% en rythme annuel
tive de Longwy ne croît que par le zone de Thionville et celle de
entre 1999 et 2004, ce taux est
solde de ses navettes essentielle- Metz.
inférieur à 2% dans les deux
ment frontalières, reposant ainsi
Länder allemands. À Briey et Thionville, l’impact des
sur une forte dépendance exté-
navettes est doublé par une
rieure.
hausse significative de l’emploi
Du cercle vertueux
Au contraire, l’emploi interne à la sur zone. Alors que les industries
de croissancezone de Metz galvanise sa popula- traditionnelles poursuivent leur re-
à la dynamiquetion active ainsi que celle des zo- cul, comme en témoigne la perte
nes voisines. Cette attractivité de plus de 1 000 emplois dans larésidentielle pure
conforte le rôle de Metz comme métallurgie à Thionville, la recon-
Pour sept zones d’emploi, l’évolu-grand pôle d’emploi de la région. version qu’offre l’automobile est
tion des navettes est le premier génératrice sur la période d’un gi-
D’autres configurations favora- moteur de la population active. sement de nouveaux postes, aux-
bles, comme celles des zones de L’intensité du phénomène, plus quels s’ajoutent ceux engendrés
Briey et de Thionville, reposent marquée dans le premier groupe par le bond des services opéra-
sur une complémentarité forte (à droite sur le graphique ci-dessous) tionnels (nettoyage, sécurité, gestion
entre l’emploi local et celui offert constitué des zones d’emploi limi- des déchets, etc.) et du commerce
dans les zones voisines et notam- trophes que sont Longwy, Briey de détail.
ment frontalières. Cette synergie et Thionville, débouche sur les
peut s’expliquer par le fait que les Ainsi un cercle vertueux de crois-meilleures performances en ter-
nombreux navetteurs, transfron- sance articulant économie pro-mes de population active.
taliers ou non, stimulent l’éco- ductive et économie résidentielle
nomie et les emplois des zones Dans le second groupe (en bas sur aboutit à des augmentations
où ils résident par leurs dépenses le même graphique), les zones conséquentes de la population ac-
de consommation et d’investisse- d’emploi de Lunéville, Sarrebourg, tive, s’accompagnant d’une réduc-
Les zones frontalières au Luxembourg se démarquent
Composantes des variations de la population active par zone d'emploi entre 1999 et 2004
10
Effet des variations de l'emploi (%)
9
Metz
8
7
6
Briey
Épinal Toul5
Vosges de l'Ouest
Meuse du NordNancy
4 Lorraine
ThionvilleSaint-Dié
3 Remiremont-Sarreguemines
Gérardmer
2 Bar-le-Duc
Sarrebourg
1
Effet des variations des soldes de navettes (%) Lunéville
0
Commercy
-1 Longwy
-2
Bassin Houiller
-3
-4
-5
-6
-6 -5 -4 -3 -2 -1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Source : Insee
5tion notable de leur taux de Lunéville est tournée vers Nancy l’extraction des charbons exerce
chômage. et Commercy vers Bar-le-Duc puis un fort effet dépressif sur l’emploi
vers Toul et Nancy, de nombreux des hommes et l’évolution de laÀ Longwy dont l’industrie de-
actifs de Sarrebourg travaillent en population active masculine. Aumeure centrée sur la filière des
Alsace. Du côté du Bassin Houil- contraire, les femmes profitentmétaux, la quasi-totalité des sec-
ler, une inflexion s’opère, la dyna- presque exclusivement desteurs accuse une réduction d’ef-
mique des navettes orientées emplois créés dans les services.fectifs salariés, à l’exception des
vers les zones d’emploi de Metzservices du commerce de détail,
et Sarreguemines prenant le pas Des marchés de l’emploide la santé et de l’action sociale.
sur celle des flux frontaliers. Tou-Cet ajustement de type “dyna- autonomes dans les
tefois, en niveau, les flux fronta-mique résidentielle pure” se ré- Vosges de l’Ouest et à
liers représentent encore lavèle insuffisant et la bonne Remiremont-Gérardmermoitié de l’ensemble des flux sor-dynamique de la population active
tants. Les trois zones d’emploi queest entachée d’une hausse du
sont Bar-le-Duc, Saint-Dié et lachômage dans la zone d’emploi Dans ces territoires, l’emploi local
Meuse du Nord bénéficient d’a-entre 1999 et 2004. progresse faiblement et régresse
bord de la croissance de leurmême à Commercy au profit du
emploi interne, puis de l’accès àchômage, et plus sensiblementLes navettes
des emplois des zones voisinesencore dans le Bassin Houiller.intrarégionales pour fixer leur population active.Certaines activités, notamment la
au secours d’une faible Elles continuent à perdre deconstruction et le commerce de
l’emploi agricole, particulière-progression de l’emploi détail se développent entre 1999
ment les zones meusiennes, laÀ l’instar des trois précédentes, et 2004 mais résistent difficile-
part de ce secteur se rappro-quatre autres zones bénéficient ment aux pertes d’emplois indus-
chant de la moyenne régionale.d’abord de la croissance des na- triels, dans l’habillement-cuir, les
vettes sortantes, internes au ter- produits minéraux et le meuble, à Àl’instardelapériode
ritoire national cette fois. Pour Sarrebourg, Lunéville et Commer- 1990-1999, elles sont encore
Lunéville, Sarrebourg et Commer- cy respectivement. Dans le Bas- engagées dans un schéma de
cy, il s’agit d’une poursuite des dy- sin Houiller, la perte de près de déclin rural, amplifié par le recul
namiques passées. Tandis que 4 500 postes dans le secteur de des secteurs industriels des
Les différentes composantes des dynamiques des zones d’emploi
Variation du solde des navettesVariation annuelle Variation du taux
Évolutions 1999-2004 Variation de l’emploi
de la population de chômage dont dontpar zone d’emploi (en effectifs) Totalactive (en %) (en points) national frontalier
Longwy > à 1,25 0,2 -401 2 926 194 2 732
Briey > à 1,25 -1,4 1 672 2 334 1 008 1 326
Thionville > à 1,25 -1,3 4 813 7 875 244 7 631
Lunéville 0,75 < > 1,25 -0,1 253 1 054 1 008 46
Nancy 0,75 < > 1,25 -0,9 7 163 -332 -460 128
Toul 0,75 < > 1,25 -0,7 1 430 19 -25 44
Metz 0,75 < > 1,25 -1,4 10 955 -5 742 -7 229 1 487
Bassin Houiller < à 0,75 1,1 -2 621 3 503 4 413 -910
Sarreguemines < à 0,75 0,6 1 074 -674 -351 -323
Sarrebourg 0,75 < > 1,25 0,1 339 1 717 1 717 0
Meuse du Nord 0,75 < > 1,25 -1,4 1 320 784 236 548
Bar-le-Duc < à 0,75 0,2 560 157 125 32
Commercy 0,75 < > 1,25 0,5 -37 822 822 0
Vosges de l’Ouest 0,75 < > 1,25 -0,1 1 170 -72 -72 0
Épinal < à 0,75 -0,7 3 356 -807 -807 0
Remiremont-Gérardmer < à 0,75 0,1 893 6 6 0
Saint-Dié 0,75 < > 1,25 -0,1 1 127 736 736 0
Note de lecture : Entre 1999 et 2004, la zone de Metz connaît une croissance annuelle de sa population active comprise entre 0,75% et 1,25%.
Son taux de chômage a décru de 1,4 point tandis que près de 11 000 emplois supplémentaires sont disponibles dans la zone.
Pendant que 1 500 actifs supplémentaires vont travailler au Luxembourg, les entrées nettes d’actifs provenant d’autres zones d’emploi ont progressédeplus
de 5 700.
Source : Insee
6biens de consommation et inter- transports et des services vices opérationnels ont généré à
médiaires. En revanche, le dé- opérationnels. eux seuls 1 500 emplois, soit
clin est atténué à des degrés près de la moitié de l’augmenta-
divers par une évolution favo- tion totale.Des effets
rable du tertiaire principalement d’agglomération
non marchand en Meuse du Moindre accès
intenses à Metz
Nord, ainsi que par le développe- au travail frontalier
La zone de Metz connaît la plusment significatif des services à Sarreguemines
vive progression de l’emploi sur laopérationnels dans la zone de
La zone d’emploi de Sarreguemi-période. Plus de 11 000 postesSaint-Dié.
nes subit àlafois une fortere-sont créés, dont 9 sur 10 dans
montée du chômage au cours deLa situation est plus délicate pour le tertiaire, et tout particulière-
la période et une faible évolutionla zone de Bar-le-Duc qui ne ment dans les services aux entre-
de sa population active. Deux phé-semble pouvoir compter que sur prises, services opérationnels, de
nomènes y concourent. D’unel’emploi public pour maintenir son conseil et d’assistance. C’est aus-
part,lacroissancedeson emploiniveau d’activité et subit l’adosse- si la zone où le chômage recule le
intérieur, réelle bien qu’inférieurement àl’ouest àdes territoires plus, son taux passant de 10,6%
à la moyenne régionale, profitepeu dynamiques tant démographi- à 9,2%, en dessous de la
pour partie à des actifs provenantquement qu’économiquement. moyenne régionale. Elle exerce
du Bassin Houiller. D’autre part,une attraction puissante sur les
Dans les zones des Vosges de les actifs résidents de la zone dezones limitrophes, attirant plus de
l’Ouest et de Remiremont-Gérard- Sarreguemines ne parviennent8 500 actifs. En sens inverse, ce
mer, le très faible impact des na- pasà profiter desgrandscou-sont 1 500 actifs de plus qui pro-
vettes domicile-travail dans la rants d’emploi de Metz et dufitent du travail frontalier.
dynamique de la population active Luxembourg du fait de leur situa-
sur la période 1999-2004 En comparaison, la zone de Nan- tion géographique excentrée. La
conforte le mode de fonctionne- cy n’accroît pas son rayonne- zone subit au contraire l’atonie du
ment du marché du travail de ces ment au cours de cette période travail frontalier en direction de
territoires. Ces deux zones sont mais le développement de sa po- l’Allemagne.
caractérisées par une forte auto- pulation active va de pair avec
Gérard MOREAUnomie vis-à-vis de l’emploi. Les son emploi intérieur. Ainsi, les
taux de navettes entrantes et sor- 7 200 emplois supplémentaires,
tantes rapportées à la population également très concentrés dans
active de la zone d’emploi figurent les services aux entreprises, ont
parmi les plus faibles de la ré- vraisemblablement trouvé les
gion. Et les actifs bénéficient de compétences nécessaires sur
taux de chômage inférieurs à la place, notamment grâce à la
moyenne lorraine et départemen- présence du pôle universitaire.
tale. En effet, même parmi les plus di-
ème
plômés (3 cycle et grandes éco-
La bonne tenue de l’emploi dans les), les sortants de formation
les Vosges de l’Ouest s’appuie à initiale sont près de 40% à ne
la fois sur l’industrie agroalimen- pas avoir quitté la région Lor-
taire, qui permet de compenser raine au cours de leurs trois
le recul du secteur du meuble, et premières années de vie active.
sur les services opérationnels
Quant à la zone d’emploifournis aux entreprises.
chef-lieu qu’est Épinal, elle fait
La zone de Toul est structurelle- preuve d’une plus grande attrac-
ment très ouverte sur l’extérieur. tivité au cours de la période
Elle “envoie” un actif occupé rési- 1999-2004, avec 2 000 actifs
dent sur deux travailler à l’exté- supplémentaires provenant es-
rieur en 2004, dont l’essentiel sentiellement des autres zones
vers Nancy. Toutefois, un déve- vosgiennes. Cette arrivée de
loppement plus endogène de son main-d’œuvre externe répond à
marché du travail se met en unecroissancedel’emploisupé-
placeaucoursdeladernièrepé- rieure à la moyenne régionale,
riode. Elle attire même des actifs tandis que la population active
supplémentaires provenant de reste atone. Si les secteurs tra-
Commercy et Nancy grâce à une ditionnels ont reculé, qu’il s’a-
des croissances de l’emploi les gisse de l’agriculture ou des
plus dynamiques de la région, no- industries historiques de l’habil-
tamment dans les secteurs des lement-cuir et du textile, les ser-
7Savoir plus :
MÉTHODOLOGIE- Les déplacements domicile-travail
amplifiés par la périurbanisation,
Insee Première n°1129 - mars
2007
Les zones d’emploi
- L’évolution des marchés locaux du
travail de 1962 à 1999 : quatre
Une zone d’emploi est un espace géographique à l’intérieur duquel la plu-
grands types de zones d’emploi,
part des actifs résident et travaillent. C’est une partition du territoire
Insee Première n°908 - Juillet 2003
fondée principalement sur les déplacements domicile-travail. Elle est
adaptée aux études locales sur l’emploi et son environnement. Le décou-- Génération 2001 en Lorraine.
page respecte nécessairement les limites régionales, et le plus souventQuand l’école est finie..., Grée,
les limites départementales. La Francemétropolitainecomporteactuel-OREFQ de Lorraine - 85 p - Mai
lement 348 zones d’emploi et la Lorraine en compte 17. Elles sont de2006
taille inégale, de moins de 20 000 actifs pour la zone de Commercy à
www.insee.fr/lorraine près de 190 000 pour la zone de Nancy.
L’équilibrage du marché du travail
La population active désigne l’ensemble des personnes âgées de 15 ans
ou plus présentes sur le marché du travail, qu’elles aient un emploi (actifs
occupés) ou qu’elles en recherchent un (chômeurs). Aucune mesure
nouvelle de la population active n’est disponible au niveau infrarégional
depuis le recensement de 1999. Cependant, deux méthodes d’estima-
er
tions par zone d’emploi sont utilisées sur la période qui s’étend du 1 jan-
er
vier 1999 au 1 janvier 2004.
* L’approche par le marché du travail reconstitue la variation de popula-
tion active en ajoutant les variations de l’emploi au lieu de travail, du
nombre de chômeurs sur le territoire et du solde des navettes domi-
cile-travail. Ce solde représente la différence entre le nombre d’actifs
non-résidents venant travailler sur le territoire (navettes entrantes) et
celui des actifs résidents travaillant en dehors de la zone (navettes sor-
tantes).
* L’approche sociodémographique décompose la variation de la popula-
tion en trois parties. D’abord, la variation du nombre d’actifs résulte de la
déformationdelapyramidedes âges. Cet effet démographique corres-
pond au renouvellement des générations : apport des classes d’âge en-Ministère de l’Économie,
trant sur le marché du travail et retrait d’activité des gens partant à lades Finances et de l’Industrie
retraite. Ensuite, la taille de la population active varie avec les change-
Insee
ments de comportement vis-à-vis de l’activité mesurés par les taux d’acti-
Institut National de la Statistique
vité. Enfin, elle évolue sous l’effet des migrations résidentielles
et des Études Économiques
c’est-à-dire des arrivées et des départs définitifs d’actifs du territoire.
Direction Régionale de Lorraine
er15, rue du Général Hulot L’estimation au 1 janvier 2004 est donc obtenue à partir des niveaux
erCS 54229 mesurés au 1 janvier 1999 et des variations des trois composantes de
54042 NANCY CEDEX chaque approche sur la période 1999-2004. Pour cela, diverses sour-
Tél :03 83 91 85 85 ces sont utilisées : les estimations annuelles d’emploi, les évolutions du
Fax :03 83 40 45 61 chômage au sens du BIT, les déclarations annuelles de données sociales
www.insee.fr/lorraine (DADS) et le fichier des agents de l’État pour les migrations alternantes.
Si ces méthodes d’estimation sont précises et convergentes au niveauDIRECTEUR DE LA PUBLICATION
régional, il n’en va pas de même au niveau infrarégional. En particulier, laJean-Paul FRANÇOIS
méthode sociodémographique est nettement plus fragile du fait de la mé-Directeur régional de l’Insee
connaissance en 2004 des taux d’activité et des effets des migrations
COORDINATION RÉDACTIONNELLE résidentielles entre zones d’emploi. De ce fait, seules des fourchettes
Christian CALZADA d’évolution de la population active peuvent être fournies à ce niveau géo-
Gérard MOREAU graphique.
RESPONSABLE ÉDITORIAL ET
RELATIONS MÉDIAS
Les évolutions plus récentes de l’emploi
Jacqueline FINEL
Depuis 2004, les évolutions sont nettement moins favorables comparati-RÉDACTRICE EN CHEF
vement à la période étudiée ici. La baisse de l’emploi entamée en 2003Agnès VERDIN
s’approfondit dans de nombreux secteurs d’activité. En particulier, les in-
SECRÉTARIAT DE FABRICATION dustries de l’automobile, de l’agroalimentaire et du meuble traversent
MISE EN PAGE - COMPOSITION des difficultés.
Marie-Thérèse CAMPISTROUS
Marie-Odile LAFONTAINE
ISSN : 0293-9657
© INSEE 2007
8

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