Salaires bourguignons : juste en dessous de la moyenne provinciale

De
Publié par

En 2000, en Bourgogne, le salaire horaire net moyen atteint 8,92 € soit l'équivalent de 1,8 fois le SMIC. Ce montant se situe un peu en dessous de la moyenne provinciale. Le principal déterminant du salaire est la catégorie socioprofessionnelle, loin devant l'âge, le secteur d'activité et la taille de l'établissement. Les disparités départementales s'expliquent largement par les caractéristiques de leurs salariés et entreprises.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 39
Nombre de pages : 4
Voir plus Voir moins
BOURGOGNE INSEE
N° 96  Décembre 2002  2,20 euros
Salaires bourguignons : juste en dessous de la moyenne provinciale
En 2000, en Bourgogne, le salaire horaire net moyen atteint 8,92, soit l’équivalent de 1,8 fois le SMIC. Ce montant se situe un peu en dessous de la moyenne provinciale. Le principal déterminant du salaire est la catégorie socioprofessionnelle, loin devant l’âge, le secteur d’activité et la taille de l’établissement. Les disparités départementales s’expliquent largement par les caractéristiques de leurs salariés et entreprises.
n moyenne, pendant l’année 2000, E les salariés bourguignons ont ga gné 8,92net de l’heure, primes com prises (champ observé : tous les salariés, à l’exception des salariés agri coles, des personnels des services domestiques, des agents de la fonction publique d’État et des agents des collectivités territoriales. Ceci corres pond à un salaire brut moyen de 11,18, soit près de 1,8 fois le SMIC. La moitié des travailleurs de la région perçoivent entre 6,33et 10net de l’heure, un quart d’entre eux se situant en deçà de cette fourchette et un autre quart audelà. Ce salaire horaire net e moyen classe la Bourgogne au 15 rang parmi les vingtdeux régions mé tropolitaines, ex aequo avec la région LanguedocRoussillon. En France, le salaire moyen s’élève à 10,16, soit 12 % de plus que dans la région. Mais l’IledeFrance se distingue nettement (12,81), tirant vers le haut la moyenne nationale. Le salaire moyen provincial, lui, n’est guère plus élevé que celui des Bourguignons (9,25). Les disparités salariales entre les ré gions sont très largement imputables aux différences de profil de leurs entre prises et de leurs salariés : sans l’IledeFrance et à caractéristiques identiques, l’écart maximal entre la Bourgogne et une autre région n’atteint pas 4 %.
Salaires plus élevés dans les régions du Nord et du SudEst
Indice de salaire “toutes choses égales par ailleurs” Plus de 102 De 100,6 à 102 IledeFrance : 112,5 100 ou non significativement différent de 100 Moins de 99,3 © IGN  Insee 2002 Source : INSEE  DADS 2000. Note de lecture : les différences de salaire entre les régions sont calculées “toutes choses égales par ailleurs” c’estàdire si les profils des salariés (âge, sexe, catégorie socioprofessionnelle) et des entreprises (taille, secteur) étaient les mêmes d’une région à l’autre. Le salaire moyen de la Bourgogne est pris comme référence (indice=100). Pour l’IledeFrance, l’indice est de 112,5 autrement dit le salaire moyen dans cette région dépasse de 12,5 % le salaire moyen bourguignon, “toutes choses égales par ailleurs”.
BOURGOGNE INSEE
Le salaire moyen régional cache des disparités importantes. En Bour gogne comme dans les autres régions, les femmes sont globalement moins payées que les hommes, et les cadres, plus rémunérés que les autres catégo ries socioprofessionnelles. Les rému nérations croissent avec l’âge du salarié ou la taille de l’entreprise. Et cer tains secteurs d’activité s’avèrent beau coup plus rémunérateurs que d’autres. Cependant, ces différents critères ne sont pas indépendants les uns des au tres : il est bien connu, par exemple, que les femmes sont plus rarement ca dres et plus souvent employées que les hommes. Des modèles économétri ques prennent en compte les interac tions entre les différents facteurs. Ils isolent et estiment l’effet de chacun d’entre eux sur les salaires, indépen damment de tous les autres. C’est ce que les statisticiens appellent, dans leur jargon, une analyse “toutes choses égales par ailleurs”.
La profession : premier déterminant du salaire
En Bourgogne, le principal détermi nant du salaire est la catégorie socio professionnelle : elle conditionne près des trois quarts des différences de ré munération expliquées (voir encadré cidessous). En second lieu vient l’âge, qui explique 12 % d’entre elles, puis l’activité et la taille de l’établissement qui contribuent pour 5 % chacune. Le sexe du salarié n’intervient qu’à hauteur de 3,5 % tandis que le département du lieu de travail et la condition d’emploi (temps complet ou non) participent en core plus faiblement (respectivement
Ouvriers non qualifiés
Ouvriers qualifiés
Employés
Professions intermédiaires
Cadres
N° 96  Décembre 2002  2,20 euros
Salaires plus élevés pour les cadres Indice de salaire horaire net par catégorie socioprofessionnelle observé et “toutes choses égales par ailleurs” Base 100 = Salaire des ouvriers non qualifiés
100
111
108
149
224
117
115
155
Salaire “toutes choses égales par ailleurs” Salaire observé
261
0 100200 300 Source : INSEE  DADS 2000. Note de lecture : le salaire des ouvriers non qualifiés est pris comme référence (indice 100). Les autres salaires sont calculés en fonction de cette base. Le salaire des ouvriers qualifiés s'établit à 117, autrement dit les ouvriers qualifiés gagnent 17 % de plus que les ouvriers non qualifiés. Leur salaire “toutes choses égales par ailleurs” est de 111, soit 11 % seulement de plus que les ouvriers non qualifiés.
0,4 % et 0,2 %). Par rapport à la hié rarchie métropolitaine des facteurs, la valeur explicative de la catégorie socio professionnelle est légèrement minorée en Bourgogne, tandis que celles de l’activité, de la taille et du sexe pèsent davantage.
17,49pour les cadres
En Bourgogne, en 2000, le salaire horaire net moyen des cadres s’élève à 17,49, soit plus de deux fois et demie celui d’un ouvrier non qualifié (6,70).
Viennent ensuite les professions inter médiaires (10,40), puis les ouvriers qualifiés, les employés. La catégorie socioprofessionnelle apparaît comme la principale cause des disparités sala riales : plus la qualification est re connue, mieux on est payé et plus la dispersion des rémunérations est im portante. Mais, à autres caractéristi ques égales, ces différences sont moins importantes qu’au premier abord. Si les cadres avaient le même profil par sexe et âge que les ouvriers non qualifiés et s’ils travaillaient dans le même type d’établissement, la diffé
Un modèle pour analyser les disparités “toutes choses égales par ailleurs”
Le modèle économétrique mis en œuvre pour l’analyse des salaires bourguignons “toutes choses égales par ailleurs” lie le logarithme du salaire horaire net aux caractéristiques observables du salarié (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, condition d’emploi) et de l’établissement (secteur d’activité, taille, département d’implantation) et à un résidu représentant les caractéristiques non observables : diplôme, ancienneté, taux de syndicalisation de l’établissement ou mode de rémunération des salariés,… Les variables observées expliquent 43,6 % des disparités des salaires. Les coefficients de cette équation sont estimés par la méthode des moindres carrés ordinaires. Les salaires français et provinciaux sont analysés selon la même méthode, au facteur géographique près : le département d’implantation est ici remplacé par la région d’implantation. Ces modèles nous renseignent en outre sur l’importance relative de chacune des variables.
© INSEE Bourgogne  2002  Salaires bourguignons
Contribution de chacune des variables prises en compte aux disparités des salaires en Bourgogne
Age 12 % Profession 74 % Activité 5 % Taille de l'entreprise 5 % Sexe 4 % Département Condition d'emploi0,2 % 0 4 %
2
BOURGOGNE INSEE
100
81
69
89
56 ans et plus
26 à 35 ans
Salaire moindre pour les jeunes Indice de salaire horaire net par âge, observé et “toutes choses égales par ailleurs” Base 100 = Salaire des 56 ans et plus Salaire “toutes choses 18 à 25 anségales par ailleurs” 78 56 Salaire observé
100
98
94
Certains secteurs sont plus rému nérateurs que d’autres. En Bourgogne, en 2000, le salaire horaire net moyen dans les activités financières vaut plus d’une fois et demie celui perçu pour les services aux particuliers, secteur le moins rémunérateur. Viennent ensuite les industries des biens d’équipement, et celles des biens intermédiaires qui enregistrent un supplément de salaire supérieur à 35 %. Mais, à profils de sa lariés et d’établissements semblables, notamment si les secteurs d’activité avaient relativement le même nombre d’ouvriers, de cadres..., les écarts de salaires se resserrent et la hiérarchie des secteurs est sensiblement mo difiée. Les services financiers restent en tête, avec un surplus de 22 %, juste devant ses deux suivants (écart com pris entre 18 % et 20 %). Les services aux entreprises mais aussi la construc tion et les IAA montent dans le classe ment. Outre les services aux particuliers (secteur de référence), trois autres secteurs se classent parmi les moins rémunérateurs “toutes choses égales par ailleurs” : les transports, le
Services financiers : secteur le plus rémunérateur
N° 96  Décembre 2002  2,20 euros
86
46 à 55 ans
36 à 45 ans
0 100 Source : INSEE  DADS 2000. Note de lecture : le salaire des plus de 55 ans est pris comme base (indice 100). Les autres salaires sont calculés en fonction de cette base. Le salaire des 1825 ans s'établit à 56 soit 44 % de moins que le salaires des plus de 55 ans. A autres caractéristiques identiques, le salaire des 1825 ans est de 78, l'écart est donc réduit à 22 %.
© INSEE Bourgogne  2002  Salaires bourguignons
Salaires plus faibles chez les plus jeunes
3
Le salaire croît avec l’âge, deuxième déterminant des disparités salariales dans notre région. Ainsi, un jeune entre 18 et 25 ans perçoit une ré munération de 44 % inférieure à celle d’un senior de 56 ans ou plus. Mais une bonne partie de la différence est impu table aux autres caractéristiques soit du salarié, soit de l’établissement, puisque, à autres caractéristiques iden tiques, cette différence est réduite de moitié. Simultanément, l’éventail des rémunérations s’ouvre beaucoup avec
A profil de salariés et d'entreprises identique, les écarts de salaire par secteur sont peu élevés Indice de salaire horaire net selon le secteur, observé et “toutes choses égales par ailleurs” Base100 = Salaire dans les services aux particuliers Salaire “toutes choses égales par ailleurs” Salaire observé Services aux particuliers100 100 Éducation, santé, action sociale101 117 Commerce104 113 Transports108 119 Industries agroalimentaires110 114 Construction113 116 Industrie des biens de construction113 124 Services aux entreprises114 123 Industrie automobile114 125 Industrie des biens intermédiaires118 135 Industrie des biens d'équipement120 142 Activités financières122 163 0 100 Source : INSEE  DADS 2000. Note de lecture : le salaire dans les services aux particuliers est pris comme réfé rence (indice = 100). Les salaires dans les autres secteurs d’activité sont calculés par rapport à cette base. Dans les activités financières, le salaire s’établit à 163, soit 63 % de plus que dans les services aux particuliers. A autres caractéristiques iden tiques, cette différence est réduite à 22 %.
rence de rémunérations entre eux se réduirait de + 161 % à + 124 %. Ce cal cul “toutes choses égales par ailleurs” réduit également, mais dans une moindre mesure, l’écart de salaire entre les ouvriers non qualifiés et les autres catégories, à l’exception des employés. Ainsi, les ouvriers qualifiés gagnent 17 %de plus que les non qualifiés, et seulement 11 % à profil identique. A l’in verse, une fois contrôlés les effets âge, sexe et “entreprises”, le salaire des em ployés creuse plus nettement l’écart avec celui des ouvriers non qualifiés.
l’âge : la moitié des jeunes de 18 à 25 ans perçoivent un salaire horaire com pris entre 5,33et 7,00; pour les seniors de 56 ans et plus, cette four chette s’étend de 6,67à 12,67.
INSEE BOURGOGNE
secteur de l’éducation, de la santé et de l’action sociale (tous deux beaucoup mieux classés en écart observé), et le commerce, secteur peu rémunérateur tant en moyenne observée qu’à carac téristiques comparables.
Le salaire augmente avec la taille de l’établissement : de 7,84net de l’heure pour ceux de 1 à 9 salariés à 9,90dans ceux de 200 et plus. Là en core, d’autres facteurs que la taille de l’établissement jouent, puisque l’écart se réduit lorsque l’on effectue une com paraison à profils identiques. Mais la hiérarchie reste la même. La dispersion des salaires est en outre sensiblement plus importante dans les grands établis sements que dans les plus petits.
Femmes : 12 % de moins à profil identique
Le salaire d’un Bourguignon (9,64) est supérieur de 23 % à celui d’une Bourguignonne (7,84). Les femmes cadres enregistrent l’écart le plus fort, avec une différence de près de 28 %, alors que le salaire d’une ouvrière non qualifiée n’est inférieur que de 10 % à celui de ses homologues masculins. Mais, une fois neutralisés les effets âge, catégorie socioprofessionnelle et type d’entreprises, l’écart entre les femmes et les hommes diminue de moitié : il n’est plus que de 12 %, mais reste
N° 96  Décembre 2002  2,20 euros
supérieur à 10 % en faveur des hom mes dans notre région. Le salaire horaire net moyen dépar temental varie de 8,41dans la Nièvre à 9,40en Côted’Or. En fait, l’essen tiel des disparités départementales s’explique par les caractéristiques de l’emploi salarié dans chaque départe ment. En effet, à profils identiques, les
écarts résiduels sont très faibles. L’Yonne étant la référence, les Niver nais gagnent 1 % de moins, tandis que les salariés de SaôneetLoire bénéfi cient de 1 % supplémentaire et ceux de Côted’Or de 3 %. Chantal Berthier
Peu de différences de salaires selon les départements Salaire netÉcart observéÉcart “toutes horaire moyenà la référencechoses égales par (en euros)(%) ailleurs”(%) Côted’Or39,40 10 Nièvre8,41 12  SaôneetLoire8,82 31 Yonne8,57 00 Source : INSEE  DADS 2000. Note de lecture : le salaire horaire moyen en Côted’Or est 10 % plus élevé que le salaire moyen dans l’Yonne pris comme référence. Cet écart se réduirait à 3 % si le profil des entreprises (taille, secteur) et de leurs salariés (âge, qualification, sexe) étaient identiques dans les deux départements.
Pour connaître les salaires : les déclarations annuelles de données sociales
Les salaires analysés dans cette étude sont connus grâce aux DADS (Déclarations Annuelles de Données Sociales) que les entreprises adressent à l’administration. Tous les salariés, présents tout ou partie de l’année, sont concernés, à l’exception des salariés agricoles, des personnels des services domestiques et des agents de la fonction publique d’État. L’étude présentée ici exclut en outre les agents des collectivités territoriales, ainsi que les apprentis et stagiaires (lesquels comprennent les emploijeunes qui sont donc exclus aussi). Les informations portent sur un ensemble de salariés (temps complet et temps non complet) correspondant à 557 788 postes (un poste = un salarié déclaré dans un établissement) soit 751 964 581 heures rémunérées en 2000. Les salaires nets comprennent les primes et indemnités diverses et sont nets de toutes cotisations sociales, y compris CSG (Contribution Sociale Généralisée) et RDS (Remboursement de la Dette Sociale).
POUR EN SAVOIR PLUS  Les salaires dans les DADS en 2000 Cédérom INSEE  janvier 2003 (à paraître).  Insertion et début de carrière : quelles évolutions depuis 20 ans ? Données sociales  INSEE  novembre 2002.  Les salaires du secteur privé et semi public France, Portrait social 20022003, thème n°10  INSEE  octobre 2002.  Les salaires des entreprises Tableaux de l’Économie Française 20022003  INSEE  septembre 2002.  Les salaires du secteur privé et semi public, thème n°10 INSEE France, Portrait social 20022003  octobre 2002.  Les salaires dans l’industrie, le commerce et les services en 2000 INSEE Résultats Sociétés n°7  septembre 2002.  Les salaires dans les entreprises en 2000 : des salaires horaires toujours dynamiques INSEE Première n°833  mars 2002.  Femmes et Hommes Regards sur la parité  INSEE  mars 2002. Les INSEE Première, les INSEE Bourgogne Dimensions et les notes de conjoncture figurent dès parution sur le site Internet de l’INSEE :www.insee.fr.
© INSEE Bourgogne  2002  Salaires bourguignons
INSEE  BOURGOGNE 2, rue Hoche  BP 1509 21035 Dijon Cedex Tél : 03 80 40 67 67 Fax : 03 80 40 68 00 Directrice de la publication: Véronique Moyne Chef du Service Études et Diffusion: Christian Bonsacquet Rédactrice en chef: Christine Ricci Maquette PAO: Catherine Naslot Abonnement 2003 : 8 numéros par an + Bilan économique et social annuel : 22 euros abonnement France 27 euros abonnement étranger 2,20 euros le numéro Impression: AZ Média  Chenôve Dépôt légal : à parution ISSN 1246483 X Code Sage D029616 © INSEE 2002
4
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.