Salaires féminins en Bourgogne : un éventail moins ouvert que celui des salaires masculins

De
Publié par

Le salaire net moyen des femmes atteint 7,84 € de l'heure en 2000. Comme chez les hommes, il varie avec la qualification, l'âge et selon le type d'établissement où s'exerce l'activité. Mais les disparités salariales sont moins marquées chez les femmes que chez les hommes. En particulier, les «hauts salaires» féminins sont bien moins élevés, probablement pour des raisons liées aux difficultés du parcours professionnel des femmes.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 31
Nombre de pages : 4
Voir plus Voir moins
BOURGOGNE INSEE
N° 102  Mars 2003  2,20 euros
Salaires féminins en Bourgogne : un éventail moins ouvert que celui des salaires masculins
Le salaire net moyen des femmes atteint 7,84de l’heure en 2000. Comme chez les hommes, il varie avec la qualification, l’âge et selon le type d’établissement où s’exerce l’activité. Mais les disparités salariales sont moins marquées chez les femmes que chez les hommes. En particulier, les “hauts salaires” féminins sont bien moins élevés, probablement pour des raisons liées aux difficultés du parcours professionnel des femmes.
net de l’heure, tel est 7,84 le salaire moyen des 236 300 postes de travail occupés par des Bourguignonnes en 2000. Ce ni veau de rémunération classe la Bour gogne parmi les cinq régions où les femmes perçoivent moins de 8,00, en compagnie de sa voisine la FrancheComté et de trois régions litto rales (BasseNormandie, Bretagne et Pays de la Loire). Ici comme ailleurs, les femmes ga gnent moins que les hommes en moyenne : l’écart de salaire atteint 19 % dans notre région. Néanmoins, à profil identique, c’estàdire à âge, catégorie socioprofessionnelle, taille d’établisse ment et secteur d’activité comparables, cette différence n’est plus que de 11 %. Huit femmes sur dix perçoivent un salaire compris entre 5,33et 11,33, c’estàdire situé dans un rapport de 1 à 2,1. Pour les hommes, la dispersion des salaires est plus importante et ce rap port est de 1 à 2,7, car huit hommes sur dix gagnent entre 5,67et 15,00. L’éventail des salaires féminins est moins ouvertque celui des salaires masculins, essentiellement à cause de la faiblesse relative des rémunérations féminines les plus élevées.
L’éventail des salaires s’ouvre avec l’âge, mais beaucoup moins pour les femmes Salaires horaires nets 252015Femmes 1050
252015Hommes 105er 1 décile 0Moyenne e 9 décile18 à 25 ans26 à 35 ans56 ans et plus36 à 45 ans46 à 55 ans Source : INSEE - DADS 2000. Note de lecture : après 55 ans, le salaire horaire net moyen des femmes s'élève à 8,85; une femme sur dix gagne moins de 5,33et une sur dix plus de 13,33. Au même âge, le salaire horaire net moyen des hommes atteint 13,13; un homme sur dix gagne moins de 6,00et un sur dix plus de 24,67.
BOURGOGNE INSEE
La hiérarchie salariale du monde féminin est identique à celle de l’univers masculin : rémunération moyenne et dispersion augmentent avec la qualifi cation. Les cadres arrivent en tête suivies des professions intermédiaires, des ou vrières qualifiées, des employées et des ouvrières non qualifiées. Une femme cadre gagne ainsi 2,2 fois le salaire d’une ouvrière non qualifiée. L’éventail des rémunérations s’avère plus ouvert pour les qualifica tions les plus élevées. Huit femmes ca dres sur dix gagnent entre 6,33et 21,33; pour les ouvrières non quali fiées, cette fourchette s’étend de 5,00à 8,00. A qualification identique, les salai res fémininssont inférieurs aux salaires masculins du fait notamment de la rela tive faiblesse des “hauts salaires” chez les femmes. La différence est particuliè rement marquée pour les cadres où les plus hautes rémunérations féminines sont inférieures de 31 % aux plus hau tes rémunérations masculines : les plus hautes rémunérations, celles qui concernent les 10 % de salariés les mieux payés, commencent à 30,67de l’heure pour les hommes contre 21,33femmes. Or, il y a propour les portionnellement deux fois plus de cadres parmi les salariés de sexe mas culin que parmi ceux de sexe féminin. Ces deux faits se conjuguent pour parti ciper à la différence de rémunération constatée entre hommes et femmes.
La question de l’âge
Comme celui des Bourguignons, le salaire horaire net moyen des Bourgui gnonnes croît avec l’âge, mais à tout âge, les femmes sont moins bien payées que les hommes.Au cours de la vie professionnelle, l’éventail des salai res féminins s’ouvre beaucoup moins que celui des hommes. Entre 18 et 25 ans, les fourchettes de rémunérations des jeunes gens et des jeunes filles ont une amplitude relative égale (1,7). Chez les seniors de 56 ans et plus, cette am plitude vaut 2,5 pour les femmes contre 4,1 pour les hommes. Cette différence importante pourrait provenir d’effets de génération et d’événements non obser vés ici, qui influencent défavorablement
N° 102  Mars 2003  2,20 euros
Un éventail de salaires plus ouvert pour les femmes cadres Salaires horaires nets 25
20
15
10
5
0Cadre Profession Employée OuvrièreOuvrière non intermédiaire qualifiéequalifiée er e 1 décileMoyenne 9décile Source : INSEE - DADS 2000. Note de lecture : le salaire horaire net moyen des femmes cadres s'élève à 13,58; une cadre sur dix gagne moins de 6,33et une sur dix plus de 21,33.
les parcours professionnels féminins, comme par exemple, ceux liés aux in terruptions d’activité, pour cause de maternité notamment (voir encadré).
Les rémunérations les plus élevées dans les activités financières
Les femmes de la région travaillant dans les activités financières gagnent 9,76de l’heure. C’est aussi le secteur où les salaires masculins sont les plus élevés et où les disparités hommes  femmes sont maximales : les salaires moyens des femmes sont inférieurs de 32 % à ceux de leurs collègues mascu lins. Les industries des biens d’équipe ment, celles des biens intermédiaires ainsi que le secteur de la santé et de l’action sociale et celui des services aux entreprises arrivent ensuite avec des rémunérations horaires moyennes des Bourguignonnes comprises entre 8,00et 8,50. Sept autres branches leur offrent un salaire moyen variant de 7,02à 7,99: transports, industrie automobile, construction, activités im mobilières, industries des biens de consommation, commerce et industries agricoles et alimentaires. Enfin, en der nière place, arrivent les services aux
©INSEE Bourgogne  2003  Salaires féminins en Bourgogne
particuliers, où les femmes touchent 6,29de l’heure. C’est dans ce secteur également que l’éventail des rémunérations est le plus restreint : 80 % des femmes ga gnent ici entre 5,00et 8,00. Les dis parités les plus importantes se rencontrent dans le secteur de la santé et de l’action sociale, qui enregistre aus si les effectifs féminins les plus impor tants, avec un rapport de 1 à 2,4 entre les rémunérations perçues par les 10 % de femmes du haut de l’échelle (au moins 12) et celles perçues par les 10 %du bas de l’échelle (5). Parmi les autres branches, les activités finan cières, les industries des biens d’équi pement etl’industrie automobile offrent les éventails de salaires les plus vastes (rapport de 1 à respectivement 2,28, 2,17 et 2,13), tandis que le commerce et les services aux entreprises se révèlent plus homogènes (taux respectifs de 1,93 et 1,94). La taille de l’établissement em ployeur n’exerce qu’un effet limité sur le salaire horaire moyen des femmes : ce luici varie de 7,07dans les petites entreprises de moins de dix salariés à 8,60dans ceux de 200 salariés ou plus. Les disparités y sont également relativement stables : les gains les plus élevés représentant un peu plus de deux fois les moins élevés. Ici aussi,
2
1 femme sur 10 gagne moins de
Salaire moyen
Tout sur les Bourguignonnes
INSEE BOURGOGNE
Salaires et disparités élevés dans les activités financières
Salaire moyen
Structure* en %
Source : INSEE - DADS 2000.
6,29 7,05 7,02 7,62 7,95 7,99 7,67 8,00 7,96 7,84 8,12 8,15 8,50 9,76
1 femme sur 10 gagne moins de 5,00 5,00 5,00 5,33 5,33 5,33 5,33 5,67 5,33 5,33 5,67 5,00 5,67 6,00
L’éventail dans lequel se situent 8 femmes sur 10 va de 1 à 1,60 1,93 2,00 2,00 2,06 2,06 2,06 1,94 2,13 2,13 2,06 2,40 2,17 2,28
Services aux particuliers Commerce Industries agroalimentaires Industries des biens de consommation Construction Transports Activités immobilières Services aux entreprises Industrie automobile Ensemble Industries des biens intermédiaires Éducation, santé, action sociale Industries des biens d’équipement Activités financières *Certains secteurs ne figurent pas dans cette liste.
L’éventail dans lequel se situent 8 femmes sur 10 va de 1 à 2,31 2,00 2,13 2,07 2,13
1 femme sur 10 gagne plus de
des hommes, l’Yonne arrive en se conde place (20%), puis la Côted’Or (18 %) et enfin la Nièvre (15 %).
N° 102  Mars 2003  2,20 euros
5,33 8,36 5,33 7,60 5,00 7,59 5,00 7,47 5,33 7,84 Source : INSEE - DADS 2000.
©INSEE Bourgogne  2003  Salaires féminins en Bourgogne
12,33 10,67 10,67 10,33 11,33
par secteur d’activité, en euros
1 femme sur 10 gagne plus de 8,00 9,67 10,00 10,67 11,00 11,00 11,00 11,00 11,33 11,33 11,67 12,00 12,33 13,67
Côted'Or Nièvre SaôneetLoire Yonne Bourgogne
Les salaires analysés dans cette étude sont connus grâce aux DADS (Déclarations Annuelles de Données Sociales) que les entreprises adres sent à l’administration. Tous les sala riés, présents tout ou partie de l’année, sont concernés, à l’excep tion des salariés agricoles, des per sonnels des services domestiques et des agents de la fonction publique d’État. L’étude présentée ici exclut en outre les agents des collectivités territoriales, ainsi que les apprentis et stagiaires (lesquels comprennent les emploisjeunes qui sont donc ex clus aussi). Les informations portent sur l’ensemble des femmes salariées (temps complet et temps non com plet), soit 236 289 postes (un poste = un salarié dans un établissement) correspondant à 302 143 819 heures rémunérées en 2000. Les salaires nets comprennent les primes et in demnités diverses et sont nets de toutes cotisations sociales, y compris CSG (Contribution Sociale Généra lisée) et RDS (Remboursement de la Dette Sociale).
par département,en euros
Côted’Or : en tête pour les salaires et leur dispersion
Pour connaître les salaires : les Déclarations Annuelles de Données Sociales
6,9 16,7 3,6 4,7 1,3 2,5 1,2 14,5 0,4 100,0 9,4 28,4 2,0 3,3
l’éventail de rémunération féminin est toujours un peu moins ouvert que celui des salaires masculins. La localisation géographique de l’employeur influence également les rémunérations féminines. La Côted’Or arrive en tête avec un salaire moyen de 8,36tandis que l’Yonne se classe au dernier rang (7,47). La Nièvre et la SaôneetLoire offrent toutes deux un salaire quasi identique un peu plus éle vé que ce dernier (respectivement 7,60et 7,59). La dispersion des ré munérations en Côted’Or s’avère très légèrement supérieure à celle des au tres départements. En termes d’inéga lités salariales liées au sexe, le classement départemental est différent : en SaôneetLoire le salaire féminin est inférieur de 21 % à celui
Un dossier sur les femmes en Bour gogne est en cours d’élaboration. Il traitera, tableaux et commentaires à l‘appui, les thèmes suivants : démo graphie, santé, formation, travail, … A paraître en 2003.
Chantal Berthier
3
INSEE BOURGOGNE
N° 102  Mars 2003  2,20 euros
Beaucoup d’inconnues dans les déterminants du salaire des femmes
Le modèle économétrique mis en oeuvre explique moins du tiers des variations de salaire constatées chez les Bourguignon nes alors que le même modèle appliqué aux hommes parvient à expliquer près de la moitié de la variance. Les facteurs dé terminants du salaire ne sont donc pas tout à fait identiques selon le sexe. Les causes de variation des rémunérations des femmes sont moins bien connues que celles des hommes. On peut suppo ser que des facteurs non observés dans la source utilisée interviennent, comme par exemple les interruptions d’activité, pour cause de maternité notamment, qui conduisent à des parcours profession nels moins linéaires que ceux des hom mes. Le principal déterminant connu du salaire des Bourguignonnes reste la catégorie socioprofessionnelle : elleconditionne près des trois quarts des différences de rémunération expliquées. En second lieu vient l’âge, qui explique 13 % d’entre el les, puis l’activité et la taille de l’établisse ment qui contribuent respectivement pour 7 % et 5 %. Le département dulieu de travail n’intervient qu’à hauteur de 1,4 % tandis que la condition d’emploi (temps complet ou non) a un effet quasi inexistant. Cette hiérarchie des facteurs diffère quelque peu de celle constatée chez les hommes : importance moindre du facteur catégorie socioprofessionnelle (73,2 % pour les femmes contre 76,2 %
pour les hommes) et poids plus grand accordé aux facteurs secteur d’activité et département.
Toutes choses égales par ailleurs
Une analyse à profil identique hors la va riable étudiée, analyse dite “toutes cho ses égales par ailleurs”, tend à réduire les disparités observées. L’écart entre les ouvrières non qualifiées et les autres catégories diminue. La catégorie socio professionnelle n’en demeure pas moins un facteur important de disparité : une femme cadre gagnant, “toutes choses égales par ailleurs”, deux fois le salaire d’une ouvrière non qualifiée. L’impact réel du seul facteur âge de la salariée, in dépendamment de toute interaction avec sa profession, l’activité de son établisse ment, sa taille ou sa localisation, s’avère également moins important qu’il ne paraît au vu des données brutes. Les écarts bruts de salaires constatés entre les différents secteurs d’activité proviennent également pour partie de dif férences de structure entre ces secteurs : taux d’encadrement plus ou moins élevé, taille moyenne des entreprises variable, etc. A caractéristiques identiques, les écarts de rémunération enregistrés entre les services aux particuliers (secteur le moins rémunérateur) et un autre secteur quel qu’il soit, se voient systématique
POUR EN SAVOIR PLUS
 Salaires bourguignons : juste endessous de la moyenne provinciale- INSEE Bourgogne Dimensions n°96 - décembre 2002.  Les salaires dans les DADS en 2000- Cédérom INSEE - janvier 2003.  Femmes et hommes  Regards sur la parité- INSEE - mars 2003 (internetégalement).  Les salaires dans les entreprises en 2000 : des salaires horaires toujours dynamiques- INSEE Première n°833 - mars 2002.  Les salaires des agents de l’État en 2000- INSEE Première n°818 - décembre 2001.  Les salaires dans les collectivités locales en 1999- INSEE Première n°811 -octobre 2001.  Les écarts de revenu salarial entre hommes et femmes en début de carrière-INSEE Première n°801 - août 2001.  Les différences de carrières salariales à partir du premier emploi-Économie et statistiques n°351 - août 2002. Les INSEE Première, les INSEE Bourgogne Dimensions et les notes de conjoncture figurent dès parution sur le site Internet de lINSEE :www.insee.fr.
© INSEE Bourgogne  2003  Salaires féminins en Bourgogne
ment réduits. Mais la hiérarchie secto rielle constatée ne varie guère. Seul le secteur de la santé et de l’action sociale doit la plus grande partie de son avan tage apparent à des interactions avec les autres facteurs et voit cet avantage appa rent disparaître. L’impact réel de la taille de l’établisse ment sur le salaire des femmes se voit également réduit. Il en est de même des disparités départementales de salaires qui proviennent essentiellement des caractéristiques de l’emploi salarié : seule la Côted’Or offre aux femmes des rémunérations légèrement supérieures à celles des autres départements. Le modèle économétrique mis en œuvre pour l’analyse des salaires des Bourgui gnonnes “toutes choses égales par ail leurs” lie le logarithme du salaire horaire net aux caractéristiques observées des salariées (âge, catégorie socioprofes sionnelle, condition d’emploi) et de l’éta blissement (secteur d’activité, taille, département d’implantation) et à un rési du représentant les caractéristiques non observées : diplôme, ancienneté, taux de syndicalisation de l’établissement ou mode de rémunération des salariés, interruptions de parcours professionnel, caractère urbain ou rural du lieu d’implan tation de l’établissement… Les coeffi cients de cette équation sont estimés par la méthode des moindres carrés ordinai res.
INSEE  BOURGOGNE 2, rue Hoche  BP 1509 21035 Dijon Cedex Tél : 03 80 40 67 67 Fax : 03 80 40 68 00 Directrice de la publication: Véronique Moyne Chef du Service Études et Diffusion: Christian Bonsacquet Rédactrice en chef: Christine Ricci Maquette PAO: Catherine Naslot Abonnement: 8 numéros par an + Bilan économique et social annuel : 22 euros abonnement France 27 euros abonnement étranger 2,20 euros le numéro Impression: AZ Média  Chenôve Dépôt légal : à parution ISSN 1246483 X Code Sage D0310216 © INSEE 2003
4
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.