Structure et évolution de la population active selon l'âge

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Depuis le début des années soixante, la population active a augmenté avec l'arrivée des générations du « baby-boom » et le développement de l'activité féminine. Jusqu'au début des années soixante-dix, les créations d'emplois ont absorbé ces actifs supplémentaires. Puis, les études se sont allongées rapidement et face à la montée du chômage, l'âge de cessation d'activité a été abaissé ; l'activité s'est ainsi concentrée sur les âges intermédiaires jusqu'au milieu des années quatre-vingt-dix. Ensuite, avec le problème du financement des retraites et la baisse annoncée de la population en âge de travailler, c'est le maintien dans l'emploi de seniors de plus en plus nombreux qui est devenu un objectif. Après 2010, la population en âge de travailler diminuera. Mais l'activité des seniors pourrait progresser pour augmenter les durées de cotisation à la retraite. La baisse du nombre d'actifs interviendrait alors plus tard.
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Population, famille 1
Structure et évolution
de la population active selon l’âge
Claude Minni*
Depuis le début des années soixante, la population active a augmenté
avec l’arrivée des générations du « baby-boom » et le développement
de l’activité féminine. Jusqu’au début des années soixante-dix,
les créations d’emplois ont absorbé ces actifs supplémentaires.
Puis, les études se sont allongées rapidement et face à la montée
du chômage, l’âge de cessation d’activité a été abaissé ; l’activité
s’est ainsi concentrée sur les âges intermédiaires jusqu’au milieu
des années quatre-vingt-dix. Ensuite, avec le problème
du financement des retraites et la baisse annoncée de la population
en âge de travailler, c’est le maintien dans l’emploi de « seniors »
de plus en plus nombreux qui est devenu un objectif.
Après 2010, la population en âge de travailler diminuera.
Mais l’activité des seniors pourrait progresser pour augmenter
les durées de cotisation à la retraite. La baisse du nombre
d’actifs interviendrait alors plus tard.
lors que la population 1911, le recensement de la popu- lions de 1911 à 1962, mais les
active avait augmenté lation dénombre 20 millions taux d’activité baissent. Selon les
eA durant le XIX siècle, le d’actifs, contre 13 millions en recensements (encadré 1), la po-
nombre d’actifs a ensuite peu va- 1806. La population en âge de pulation active représente 69 %
rié pendant une cinquantaine travailler, définie ici comme les des 15-64 ans en 1962 contre
d’années. En 1962 comme en 15-64 ans, augmente de 3,3 mil- 78 % en 1911. L’activité fémi-
* Claude Minni est chargé d’études à la direction de l’Animation, de la Recherche et des Études statistiques du ministère de l’Emploi, de la
Cohésion sociale et du Logement.
Données sociales - La société française 23 édition 2006
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1 Population, famille
nine est en recul à tout âge, car
Encadré 1
le poids relatif de l’agriculture
Sources et définitionsdiminue. En effet les femmes
vivant sur une exploitation agri- Enquête Emploi : cette enquête est comme les personnes âgées de 15 à
cole se déclarent souvent actives. réalisée tous les ans par l’Insee. Elle 64 ans. La borne inférieure corres-
permet depuis 1975 de déterminer pond à un an près à l’âge de fin deÀ partir de 1921, les taux d’acti-
précisément la situation des indivi- scolarité obligatoire depuis les an-vité desjeuneshommes(15 à
dus sur le marché du travail nées soixante, alors que la borne
24 ans) et des plus âgés (au-delà conformément aux normes du Bu- supérieure correspond à l’âge légal
de 60 ans) sont eux aussi orien- reau international du travail (BIT), de départ à la retraite jusqu’en
notamment selon leur âge. Jusqu’en 1983.tés à la baisse. Cependant, envi-
2002, l’enquête Emploi était réaliséeron sept hommes sur dix de 15 à
durant un mois précis de l’année, Taux d’activité, d’emploi et de
24 ans, comme de 60 à 64 ans,
généralement en mars, auprès d’en- chômage : le taux d’activité d’une
sont encore actifs en 1962 (Mar- viron 150 000 personnes de 15 ans classe d’âge est le rapport du
chand, Thélot, 1997). ou plus. Depuis 2002, elle est réa- nombre d’actifs (actifs occupés +
lisée en continue tout au long de chômeurs) à la population totale
l’année auprès d’environ de la même classe d’âge. C’est la
100 000 personnes qui sont interro- somme du taux d’emploi (rapport
Le début des années gées six trimestres consécutifs avec du nombre d’actifs occupés à la
un questionnaire rénové. population totale) et de la part desoixante : avancée
chômage (rapport du nombre deen âge des générations
Recensements : les données des chômeurs à la population totale).
du baby-boom, afflux recensements de la population de Le taux de chômage rapporte
1896 à 1968 ont été mobilisées. Le quant à lui le nombre de chômeursmigratoire et décollage
concept d’activité est différent de au nombre d’actifs de la tranche
de l’activité féminine celui du BIT, mais homogénéisé d’âge considérée.
entre les recensements (Marchand,
Thélot, 1997). Espérance d’activité, d’emploi etLe premier phénomène qui
de chômage : l’espérance d’activi-
conditionne l’évolution et la Âges : la définition de l’âge retenue té (respectivement d’emploi, de
structuredelapopulationactive dans cet article est l’âge en années chômage) est la somme des taux
er
révolues au 1 janvier de l’année d’activité (respectivement tauxjusqu’à aujourd’hui, et pour en-
de l’enquête. On a défini les jeunes d’emploi, part de chômage) parcore une trentaine d’années, est
comme les 15-29 ans, les seniors âge détaillé sur la classe d’âge
un choc démographique, le baby- les 50-64 ans, et donc les considérée. L’espérance d’activité
boom quiasuivilaseconde âges intermédiaires comme les s’interprète comme un nombre
guerre mondiale. Dès la fin de la 30-49 ans. moyen d’années passées en activité
aux conditions du moment et per- et jusqu’au milieu des an-
Population en âge de travailler : met de contrôler les effets de struc-nées soixante, la fécondité est
elle est définie, dans cet article, ture démographique.
particulièrement élevée. Ensuite
elle chute. Mais comme les pre-
mières générations du baby-boom
arrivent à l’âge d’avoir des en- continue de l’espérance de vie cherché à limiter la venue d’Algé-
fants, le nombre des naissances tende à en augmenter l’âge riens, tout en favorisant l’arrivée
ne diminue pas avant 1974. De moyen. La croissance de la po- de travailleurs d’autres nationali-
1946 à 1973, on compte ainsi de pulation active dans les années tés, en particuliers espagnols,
800 000 à 900 000 naissances par soixante est aussi favorisée par puis portugais et marocains.
an.Puislenombredenaissances les mouvements migratoires. Le
annuelles tombe à 750 000 en deuxième grand afflux migratoire Au total, de 1962 à 1990, selon
moyenne, les 800 000 n’étant dé- après celui des années vingt les recensements, le nombre de
passées qu’en 1980 et 1981. commence dans la deuxième personnesde15 à 64 anscroît
partie des années cinquante et de 300 000 par an en moyenne.
À partir de 1962, les générations s’achève en 1974 avec la crise Ensuite, la progression est
nombreuses du baby-boom attei- économique. Avec la fin de la moins rapide car ce sont les gé-
gnent l’âge de travailler. La popu- guerre d’Algérie, les pieds-noirs nérations nées après 1973,
lation en âge de travailler quittent massivement l’Algérie en moins nombreuses, qui arrivent
augmente alors rapidement et sa 1962 (+ 300 000 actifs) et de à l’âge de travailler. Mais comme
structure par âge se modifie. Elle nombreux Algériens arrivent aus- ces générations remplacent cel-
se rajeunie dans un premier si en France de 1961 à 1963. les très peu nombreuses nées de
temps, bien que la hausse Ensuite les pouvoirs publics ont 1932 à 1945, la population en
Données sociales - La société française 24 édition 2006
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Population, famille 1
âge de travailler continue à aug- près de 400 000 au cours de la1975-1995 :
menter : + 140 000 par an en première moitié des annéesles seniors et les jeunes
moyenne de 1990 à 2004, pour quatre-vingt, puis encore de
« écartés » du marché
approcher 40 millions en 2004. 500 000 de 1991 à 1993, alors
du travailDans un premier temps le poids que dans les phases de reprise
des jeunes, les 15-29 ans, aug- (76-79, 86-91) l’emploi ne pro-
mente, puis de 1975 à 1995, ce Du début des années soixante au gresse qu’à un rythme proche de
sont les adultes de 30 à 49 ans premier choc pétrolier, le nombre celui des années soixante. Il en
qui deviennent relativement plus d’emplois a progressé rapidement résultelamontéed’unchômage
nombreux. À partir de 1996, les et à un rythme proche de celui massif et persistant.
premières générations du baby- de la population active. Le ralen-
boom arrivant àlacinquantaine, tissement de l’activité écono- Face à ces difficultés un consen-
c’est au tour du poids des seniors mique met fin à cette situation. sus social s’instaure pour abais-
(50-64 ans) de croître (figure 1). Le nombre d’emplois chute de ser l’âge de cessation d’activité.
C’est aussi au début des années
Figure 1 - Répartition de la population totale et de l'activité parsoixantequecommenceledéve-
tranche d'âge
loppement de l’activité féminine. population en milliers, répartition en %
Il concerne d’abord l’ensemble
1975* 1985* 1995* 2004*desfemmesdemoins de 35 ans
et celles de 35 à 40 ans ayant au
Population en âge de travailler 32 121 35 692 37 100 39 241
plus un enfant : leur taux d’acti-
dont :vité augmente légèrement entre
15-29 ans 38,3 35,3 32,1 29,6les recensements de 1954 et
1962. Puis à partir du milieu des 30-49 ans 38,6 39,6 45,2 43,8
années soixante, la hausse des 50-64 ans 23,1 25,1 22,7 26,6
taux d’activité féminins aux âges
Population active (15-64 ans)** 21 851 23 937 24 968 27 379intermédiaires prend toute son
ampleur : le taux d’activité des dont :
femmesde25 à 54 ansest de 15-29 ans 36,9 33,1 26,3 23,8
54 % au recensement de 1975,
30-49 ans 43,8 49,1 58,3 55,4
soitdixpointsdeplusqu’en
50-64 ans 19,3 17,8 15,4 20,8
1968. La participation des fem-
mes adultes au marché du travail Population active occupée (15-64 ans) 21 039 21 485 22 071 24 651
continue ensuite à progresser, dont :
toujours rapidement de 1975 à
15-29 ans 36,2 30,3 24,2 22,0
1996, puis plus lentement ensuite
30-49 ans 44,3 51,2 59,8 56,6(figure 2). Aujourd’hui, plus de
50-64 ans 19,5 18,5 16,0 21,4huit femmes sur dix sont actives
entre30et49ans et la part des
Chômeurs (15-64 ans) 812 2 452 2 897 2 728
femmes dans la population active,
dont :
qui était d’environ 35 % de 1900
15-29 ans 55,9 57,3 42,5 39,8à 1968, atteint 46 % en 2004.
30-49 ans 30,5 31,1 47,1 45,0Pour leshommesaux âgesextrê-
mes (15-24 ans et 60-64 ans), la 50-64 ans 13,6 11,6 10,4 15,2
baisse de l’activité se poursuit
Inactifs (15 à 64 ans) 10 270 11 755 12 132 11 862après 1962. Au recensement de
dont :1975, 55 % des hommes de ces
deux classes d’âge sont actifs. 15-29 ans 41,2 39,9 44,0 43,0
30-49 ans 27,6 20,1 18,1 17,0
Au total, de 1962 à 1975, la po-
50-64 ans 31,2 40,0 37,9 40,0
pulation active s’accroît de plus
* Données à la date des enquêtes en 1975, 1985 et 1995 et en moyenne annuelle en 2004.de deux millions de personnes,
er** Concepts : activité au sens du BIT, âge atteint au 1 janvier de l'année de l'enquête.soit près de 200 000 par an en
Source : Insee, enquêtes Emploi.
moyenne.
Données sociales - La société française 25 édition 2006
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1 Population, famille
Desformulesdedépartanticipé aussi bien pour les hommes que Lesjeunesde25 à 29 anssont
de l’entreprise sont développées, pour les femmes. peu concernés car ils sont peu
financées par les pouvoirs pu- nombreux à poursuivre leurs
blics, mais aussi souvent à l’initia- Sur cette même période de études initiales : en 2002, à l’âge
tive des entreprises (encadré 2). 20 ans, 1975-1995, le taux d’ac- de 25 ans, moins d’un sur dix
L’âge légal de la retraite est tivité des jeunes de 15 à 29 ans est encore en formation initiale.
abaissé de 65 à 60 ans en 1983 baisse aussi beaucoup, passant L’activité masculine entre 25 et
(encadré 3). Enfin, à partir de de 66 % à 55 % (figure 2). L’al- 29 ans est quasi générale, bien
1984, les chômeurs de 55 ans ou longement des études, particu- qu’en légère baisse tendancielle,
plus sont, sous certaines condi- lièrement rapide de 1986 au alorsque lesjeunesfemmes
tions, dispensés de recherche début des années quatre-vingt- passent en moyenne 3,5 années
d’emploi tout en continuant à dix, se traduit par une baisse sur 5 en activité en 2004, contre
percevoir des indemnités. En parallèle de l’activité : modérée 3 années en 1975 (figure 6).
vingt ans, de 1975 à 1995, le taux de 1975 à 1986, puis plus ra- Pour les 15-19 ans et les
d’activité des seniors chute de pide ensuite (encadré 4 et fi- 20-24 ans, filles comme gar-
57 % à 46 %, la baisse étant par- gure 5). Si les jeunes peuvent çons, l’espérance d’activité
ticulièrement prononcée de 1980 être incités par leurs difficultés baisse entre une et une année
à 1984 (figure 2). d’insertion à prolonger leurs et demie en vingt ans.
études, ce mouvement est sur-
Les«jeunes»seniors,âgésde tout favorisé par les pouvoirs La période 1975-1995 se caracté-
moinsde55ans,nesontpas publics à partir de 1985 avec la rise donc par une concentration
concernés par les mesures de volonté d’amener 80 % d’une de la population en âge de tra-
cessation anticipée d’activité. génération au niveau du bacca- vailler sur les âges intermédiaires
Leur comportement d’activité lauréat et le développement des et par une baisse des taux d’acti-
évolue comme pour les âges in- baccalauréats professionnels. vité aux âges extrêmes. Il en ré-
termédiaires : l’activité féminine
augmente tandis que l’activité
masculine baisse légèrement (fi- Figure 2 - Taux d'activité par sexe et âge depuis 1975
gure 4). Avec le boom des prére-
traites entre 1980 et 1984, le
en %nombre moyen d’années passées
en activité (espérance d’activité) 100
par les hommes entre 55 et
59 ans baisse de quatre à trois 90
ans sur cette courte période,
pour se stabiliser ensuite. Pour
80
lesfemmesdumêmeâge,moins
concernées par les préretraites
70que les hommes, la hausse géné-
rale de l’activité et les retraits an-
60ticipés se compensent : sur toute
la période, elles passent en
moyenne deux années sur cinq 50
en activité. Pour les 60-64 ans,
la baisse de l’activité, entamée 40
au milieu des années soixante, 1975 1977 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003
se poursuit ensuite, d’abord
Femmes 15-64 ans Hommes 15-64 ans Ensemble 15-64 ansavec le développement des pré-
Femmes 30-49 ans 30-49 ans Ensemble 15-29 ansretraites, puis avec l’abaisse-
Ensemble 50-64 ansment de l’âge de la retraite à
60 ans. La baisse est moins pro-
erNote : activité au sens du BIT, âge atteint au 1 janvier de l'année de l'enquête, données à la date de l'enquêtenoncée pour les femmes et, en
de 1975 à 2002 et en moyenne annuelle de 2002 à 2004.
1995, le nombre d’années pas- Lecture : en 2004, en moyenne annuelle, 81,6 % des femmes de 30 à 49 ans sont actives, en emploi ou au
chômage.sées en activité entre 60 et
Source :Insee, enquêtes Emploi.
64 ans est d’une demi-année,
Données sociales - La société française 26 édition 2006
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Population, famille 1
sulte une forte concentration de l’emploi sur les âges intermédiai-Stabilisation
la population active sur les res est enrayé ; la part desdu comportement
30-49 ans, spécifique à la 30-49 ans dans la population ac-
d’activité des jeunes
France (Elbaum et Marchand, tive est en légère baisse depuis
et des seniors après 19951993). Ces derniers représentent 1997 (55 % en 2004).
60 % de la population active en
1995 contre 40 % vingt ans au- Depuis 1996, ce mouvement de Le taux d’activité des jeunes
paravant. concentration de l’activité et de cesse de baisser après 1996 ; de
Encadré 2
Les dispositifs publics de cessation anticipée d’activité :
préretraites totales et dispenses de recherche d’emploi
Les premières mesures de cessa- stock de préretraités de plus de compensant la baisse des
tion anticipée d’activité datent du 60 ans ne diminue donc que pro- bénéficiaires de l’ASFNE : allocation
milieu des années cinquante. Elles gressivement pour devenir nul en de remplacement pour l’emploi
avaient pour objectif de réduire le 1994 (figure 3). (ARPE), cessation d’activité de cer-
nombre de travailleurs de plus de tainstravailleurssalariés(CATS),
60 ans dans les mines de charbon Les préretraites totales ont été éten- cessation anticipée d’activité des tra-
et la sidérurgie. Jusqu’en 1972, dues aux salariés de 55 à 59 ans en vailleurs de l’amiante (CAATA) et
moins de 15 000 personnes étaient 1977 dans la sidérurgie. À partir de congédefin d’activitépour les
concernées. Les partenaires so- 1979, cette mesure est étendue à l’en- agents des trois fonctions publiques
ciaux instaurent alors un système semble des salariés d’au moins 56 ans (CFA). Le nombre de 55-59 ans en
de revenu de remplacement pour et 2 mois : allocation spéciale du fonds préretraite totale est stable aux envi-
les salariés licenciés de plus de national pour l’emploi (ASFNE). Puis rons de 180 000 personnes tout au
60 ans : garantie de ressource li- début 1982, ce sont tous les salariés de long des années quatre-vingt-dix,
cenciement (GRL). En 1977, ils l’é- 55 à 59 ans qui peuvent démissionner puis baisse à partir de 2001 avec la
tendent à tous les salariés qui le de leur emploi tout en bénéficiant d’un suppression de l’ARPE pour s’établir
souhaitent : garantie de ressource revenu de remplacement : contrat de à 120 000 fin 2004.
démission (GRD). solidarité de préretraite démission
(CSPRD). Cette dernière mesure En mars 1984 une nouvelle mesure
Le nombre de préretraités de plus connaît un succès considérable, entraî- est introduite, la dispense de re-
de 60 ans augmente à partir de nant le retrait de l’activité de cherche d’emploi (DRE) : les chô-
1973 et dépasse 400 000 en 1983 200 000 personnes en deux ans (1982 meurs de 55 ans ou plus peuvent
(non compris les bénéficiaires de et 1983). Mais le coût financier sup- continuer à percevoir des indemni-
préretraites progressives qui de- porté par l’Unedic est très important, tés de chômage tout en étant dis-
meurent actifs). Avec l’abaissement et avec la politique de rigueur, l’accès pensés de chercher activement un
de l’âge légal de départ à la retraite aux CSPRD est supprimé fin 1983. emploi. Ils doivent toutefois rem-
er
à 60 ans, à partir du 1 avril 1983, Seule l’ASFNE est maintenue. Le plir certaines conditions d’ancien-
la possibilité d’entrée directe en nombre total de préretraités de 55 à neté de travail et, jusqu’à 57 ans et
garantie de ressource est sup- 59 ans, qui atteignait 285 000 fin 1984, demi, de cotisations. Le nombre de
primée, mais les préretraités pro- diminue alors jusqu’en 1991 (190 000). dispensés de recherche d’emploi
venant des dispositifs concernant D’autres dispositifs de cessation anti- augmente jusqu’en 1994, puis
les 55-59 ans et atteignant 60 ans cipée d’activité ont été créés dans la après 1997, pour s’élever à 409 000
continuent d’y être intégrés. Le deuxième moitié des années 1990, fin 2004.
Figure 3 - Bénéficiaires de mesures de cessation anticipée totale d'activité de 1984 à 2004
1984 1992 2000 2004
Ensemble des bénéfiaires au 31 décembre (en milliers) 685 430 523 528
dont :
Préretraites totales 60-64 ans 399 26 /// /// totales 55-59 ans 286 163 174 119
Dispenses de recherche d'emploi (DRE) /// 241 349 409
Part dans la population des 55-59 ans des DRE et préretraites totales (55-59 ans) (en %) 9,6 14,3 18,7 15,1
Sources : données administratives, exploitation Dares.
Données sociales - La société française 27 édition 2006
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1 Population, famille
Figure 4 - Espérances d'activité des seniors par sexe et tranche1997 à 2004 le nombre d’années
d'âge depuis 1975passées en activité entre 15 et
29 ans augmente même légère-
nombre d'années
ment, de 0,3 année pour les gar-
5
çons et 0,6 année pour les filles.
En effet, la durée des études
cesse d’augmenter à partir de 4
1996, et elle diminue même très
légèrement de 1997 à 2001 (enca-
3dré 4). De plus les situations de
cumul emploi-scolarité se déve-
loppent : le nombre d’apprentis
2
progresse de 220 000 à 350 000
de début 1994 à fin 1998 ; plus
récemment,lenombredejeunes 1
exerçant un emploi d’appoint
pendant leurs études a aussi aug-
0menté. Les espérances d’activité
1975 1977 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003se redressent alors à partir de
Femmes 50-54 ans Femmes 55-59 ans Femmes 60-64 ans1995 pour les 15-19 ans, et après
Hommes 50-54 ans Hommes 55-59 ans Hommes 60-64 ans
1997 pour les 20-24 ans (figure 6).
er
Note : activité au sens du BIT, âge atteint au 1 janvier de l'année de l'enquête, données à la date de l'enquête
de 1975 à 2002 et en moyenne annuelle de 2002 à 2004.
À partir de 1996, les seniors sont Lecture : en 1975, selon les conditions d'activité moyenne du moment, un homme est actif quatre années sur
cinq entre 55 et 59 ans.de plus en plus nombreux, avec
Source :Insee, enquêtes Emploi.l’arrivée à la cinquantaine des
Encadré 3
Les mesures législatives concernant l’âge de départ à la retraite et la durée de cotisation
Après la seconde guerre mondiale, et les finances publiques. La loi du vrait passer à 41 ans en 2012, puis à
l’ordonnance du 19 octobre 1945 22 juillet 1993 fait passer la durée de 41,75 ans en 2020. Une disposition
organise sur des bases nouvelles le cotisation nécessaire pour obtenir est aussi prise pour permettre, à
régime des assurances sociales. La une pension à taux plein de 37,5 à partir de 2004, aux personnes qui
Sécurité sociale est créée et le sys- 40 années. Cet allongement s’ef- ont commencé à travailler très jeu-
tème de retraites par capitalisation fectue au rythme d’un trimestre par nes de prendre leur retraite entre
d’avant la guerre est remplacé par an ; les 40 années de cotisation sont 56 et 59 ans si elles ont des durées
un système de répartition. Le ré- donc atteintes en 2003. La loi de de cotisations suffisantes.
gime général avec cotisations pla- 1993 concerne le régime général et 154 000 personnes ont profité de
fonnées à l’assurance vieillesse est ceux des salariés agricoles, des arti- cette possibilité en 2004. Par ail-
créé. Certains régimes spéciaux sans, des industriels et des commer- leurs, la loi incite à poursuivre son
subsistent, notamment pour les çants ; le secteur public n’est pas activité professionnelle au-delà de
non-salariés, les salariés agricoles concerné. Outre les périodes d’acti- 40 années de cotisation (un nou-
et le secteur public. vité professionnelle, certaines pério- veau mécanisme de « surcote »
des, dites « assimilées », sont prises contribue à augmenter la pension
En 1982, une ordonnance abaisse en compte pour les droits à la re- de 3 % par année supplémentaire
l’âge de départ à la retraite à taux traite : maladie, maternité, invalidi- cotisée). En même temps, les dé-
plein à 60 ans dans le régime géné- té, accident du travail, chômage parts avec des durées de cotisa-
ral et les régimes alignés à partir indemnisé et une partie du tions incomplètes sont rendus
er
du 1 avril 1983 et sous condition non indemnisé, service militaire. moins pénalisants (diminution à
d’une durée minimale d’assurance l’horizon 2015 de 10 à 5 % de la
de 150 trimestres, soit 37 années et En août 2003, les durées de cotisa- « décote » sur la pension par année
demie. tions du secteur public sont alignées de cotisation manquante). À 65 ans,
sur les 40 ans du privé, progressive- le départ à la retraite s’effectue
Devant le vieillissement prévisible ment jusqu’à 2008 au rythme de deux toujours sans « décote », même si
de la population, deux réformes vi- trimestres par an. Selon le principe la durée de cotisation est insuffi-
sent à limiter la progression à ve- que la durée d’activité doit augmenter sante. Il est aussi prévu que les in-
nir de la charge des retraites pour au même rythme que l’espérance de dividus puissent racheter une
la population en âge de travailler vieà60ans,laduréedecotisationde- partie de leurs années d’études.
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Population, famille 1
premières générations du baby-
Encadré 4
boom. Comme cette augmenta-
Durée des études et activité juvénile : un lien étroit tion concerne d’abord les plus
jeunes d’entre eux, c’est-à-dire lesEn France, les jeunes occupant d’échantillonnage de l’enquête
un emploi durant leurs études Emploi près (figure 5). Le coeffi- plus actifs, le taux d’activité des
initiales sont relativement peu cient de corrélation entre les 2 sé- 50-64 ans progresse rapidement,
nombreux. En mars 2002, moins ries est de 0,65 (0,92 après un
passant de 46 % en 1995 à 54 %
d’un jeune sur dix qui poursuit lissage des données de l’enquête
en 2004 (figure 2). Mais, hormisdes études initiales est actif avant Emploi par une moyenne mobile
19 ans et il s’agit surtout d’ap- temporelle d’ordre 3). Par exemple, pour lesfemmesde50 à 54 ans
prentis. Au-delà, les taux d’activi- c’est de 1987 à 1993 lorsque l’allon- pour lesquelles la dynamique de
té progressent avec l’âge, mais gement des études est à son maxi- l’activité féminine continue de
encore moins d’un jeune sur trois mum (+ 0,21 année en moyenne
jouer, les comportements d’activi-en formation initiale est actif à annuelle, soit un rythme de pro-
té des seniors sont particulière-24 ans. En revanche, pour ceux gression d’un an tous les cinq ans),
qui ont terminé leurs études, on que l’activité juvénile recule le plus ment stables ces dix dernières
compte déjà près de six actifs sur (– 0,19 année d’activité en années (figure 4). L’allongement
dix à 17 ans et plus de huit sur moyenne annuelle pour les
progressif des durées de cotisa-
dix à partir de 19 ans. Les écarts 16-25 ans). Lorsque les études ces-
tions retraites à 40 ans dans leentre les taux d’activité selon le sent de s’allonger en 1996, l’activité
fait d’être en formation initiale juvénile cesse de baisser. privé (1993) n’a pas conduit à
ou non sont donc considérables à élever l’âge de cessation d’activité
chaque âge. Il en résulte que Cependant, avec le développement jusqu’à présent. Les personnes
toute variation dans la durée des de l’apprentissage et une certaine
qui ont atteint 60 ans au coursétudes initiales, qui a augmenté progression des petits « boulots »
de ces dix dernières années ontde plus de 3 ans depuis 1975, a d’étudiant ces dernières années, on
un impact fort sur le taux d’acti- constate un certain décalage entre dans leur grande majorité termi-
vité des jeunes. le niveau des deux courbes : né leurs études avant 20 ans, ce
lorsque les études s’allongent, la
qui leur permet, si elles ont coti-
Ainsi, la comparaison entre l’évolu- baisse de l’activité est en général
sé continûment, de partir à la re-tion du nombre d’années passées de moindre ampleur en raison de
en activité entre 16 et 25 ans et la progression des situations mix- traite au taux plein dès 60 ans.
celle de la durée des études, per- tes activité/études initiales, ces si- En outre, 154 000 d’entre elles
met de constater que les deux sé- tuations de cumul étant classées ont bénéficié en 2004 de la possi-
ries présentent des évolutions en activité selon les recommanda-
bilité d’un départ entre 56 ettrès parallèles, aux fluctuations tions du BIT.
59 ansofferte parlaloi surles
retraites (encadré 2). Entre 30 etFigure 5 - Variation de la durée des études et de l'espérance
49 ans, l’activité féminined'activité des 16-25 ans de 1975 à 2002
continue de progresser après
variation en années 1995, mais à un rythme plus lent
0,35 (figure 2). Ce ralentissement s’ex-
0,30 plique en grande partie par l’ex-
0,25 tension de l’allocation parentale
0,20
d’éducation (APE). Introduite en
0,15
1985, l’APE permet aux femmes
0,10
ayant trois enfants, dont un de
0,05
moins de trois ans, de bénéficier0,00
d’une allocation si elles cessent- 0,05
Variation de la durée des études de travailler. Cette mesure est- 0,10
Variation de l'espérance d'activité des 16-25 ans, échelle inversée
- 0,15 étendue aux femmes ayant deux
Moyenne mobile d'ordre 3 de la variation de l'espérance d'activité
- 0,20 enfants en juillet 1994, ce qui in-
1975 1977 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 cite certaines d’entre elles à se
année de fin d'études
retirer, au moins provisoirement,
er du marché du travail. Ainsi, pourNote : concept enquête Emploi : activité au sens du BIT, âge atteint au 1 janvier de l'année de l'enquête,
er
données à la date de l'enquête de 1975 à 2001 et au 1 trimestre de 2002 et 2003 pour 2002 ; concept les femmes âgées de 27 à 41 ans
durée des études : espérance de scolarisation après 13 ans. (âges où la présence d’un
Lecture : la durée des études s'est allongée de 0,18 année pour les 16-25 ans qui les ont terminé en
deuxième enfant de moins de1992, par rapport à ceux les ayant terminé en 1991 ; l'espérance d'activité des jeunes de 16 à 25 ans a
baissé de 0,19 année de l'enquête Emploi 1992 à celle de 1993. trois ans est fréquente) concer-
Sources : Insee, enquêtes Emploi (espérance d'activité) et ministère de l’Éducation nationale, de nées par l’APE, l’espérance d’acti-
l’Enseignement supérieur et de la Recherche (durée des études).
vité diminue de 11 années en
Données sociales - La société française 29 édition 2006
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1 Population, famille
1994 à 8,5 années en 1998 puis classe d’âge retenus. Ainsi, le du travail et le taux de chômage
se stabilise ensuite. Pour les au- taux de chômage atteint presque des seniors, 7,3 % en 2004, est
tres femmes, l’espérance d’activi- 17 % en 2004 pour les 15-29 ans, proche de celui des 30-49 ans.
té continue par contre à alorsqu’enfait 9 % desjeunesde En 1975, le chômage était encore
augmenter après 1994. 15 à 29 ans sont au chômage la peu important, mais la hié-
même année car ils sont nom- rarchie selon les classes d’âge
Au total, de 1975 à 2004, la po- breux à poursuivre des études était la même qu’aujourd’hui. Au
pulation active a augmenté de sans travailler (figure 7). Pour les total, en 2004, les seniors comp-
plus de 150 000 personnes par 15-24 ans, l’écart est encore plus tent pour 21 % des actifs de 15 à
an en moyenne. Environ sept fort entre les deux indicateurs, 64 ans, soit guère plus qu’à la fin
personnes âgées de 15 à 64 ans avec un taux de chômage de près des années soixante-dix (19,5 %).
sur dix sont actives en 2004 de 25 % et une part de chômage En intégrant les 65 ans ou plus
comme en 1975, la hausse de inférieure à 9 %. En effet, les ayant un emploi dans l’ensemble
l’activité féminine compensant la 15-24 ans présents sur le marché des actifs, la part des actifs âgés
baisse aux âges extrêmes. du travail sont peu diplômés, ou de 50 ans ou plus est la même
bien ont terminé leurs études en 1975 qu’en 2004 (21 %). En
très récemment, d’où un taux de effet l’activité après 64 ans, très
chômage particulièrement élevé. rare aujourd’hui, n’était pas négli-En 2004, 9,3 %
geable dans les années soixante-des jeunes et 4 % des
Lesseniorssont lesmoinsexpo- dix : les non-salariés qui travail-
seniors sont au chômage
sés au chômage : seulement 4 % laient jusqu’à un âge élevé étaient
de l’ensemble des 50-64 ans sont encore nombreux. Le taux d’activi-
Les jeunes sont les plus exposés au chômage en 2004. Mais ils té des 65-69 ans s’élevait ainsi à
au chômage, mais l’appréciation sont nombreux, préretraités ou 12 % en 1975.
de leur situation relative dépend dispensés de recherche d’emploi,
beaucoup de l’indicateur et de la à avoir été « écartés » du marché À la fin des années soixante-dix,
le taux de chômage des femmes
était plus du double de celui desFigure 6 - Espérances d'activité des jeunes par sexe et tranche
hommes pour les jeunes et lesd'âge depuis 1975
âges intermédiaires, l’écart étant
de moindre ampleur pour les se-
nombre d'années niors. Ces écarts se sont réduits
en trente ans pour tous les âges
5
et en 2004, 11,1 % des femmes
actives sont au chômage contre
4 9 % des hommes.
3
La population en âge
de travailler diminuera
2 après 2010, mais
la population active
1 pourrait continuer
à augmenter pendant
quelques années0
1975 1977 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003
Hommes 15-19 ans Femmes 15-19 ans
En 2010, la population en âge de 20-24 ans F 20-24 ans
travailler commencera à dimi-Hommes 25-29 ans Femmes 25-29 ans
nuer, à un rythme d’environ
er
Note : activité au sens du BIT, âge atteint au 1 janvier de l'année de l'enquête, données à la date de l'enquête 100 000 personnes par an. Les
de 1975 à 2002 et en moyenne annuelle de 2002 à 2004.
premières générations du baby-Lecture : en 2004, selon les conditions d'activité moyenne du moment, une jeune femme est active trois
années et demie sur cinq entre 25 et 29 ans. boom atteindront 64 ans cette
Source :Insee, enquêtes Emploi.
année là et seront remplacées
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Population, famille 1
par des générations moins nom- Le développement de l’activité fé- chômage, entraînait une partici-
breuses nées après 1973. Et, dès minine ne semble pouvoir déga- pation accrue des jeunes au mar-
2006, la population des 15-60 ans ger que des marges de ché du travail et une diminution
diminuera. Des projections de progression limitées. En effet, du volume des mesures de cessa-
population active ont été réali- alors que, pour les générations tion anticipée d’activité.
sées en 2001 (Nauze-Fichet, nées jusqu’au milieu des années
2002), en supposant que le cinquante, l’activité féminine pro- Uneremontéedel’activitédes se-
contexte économique et institu- gresse à tout âge, les différences niors est beaucoup plus suscep-
tionnel serait stable et que les deviennent ensuite faibles dans tible d’enrayer le déclin de la
tendances passées se prolonge- les générations de la deuxième population active dans les pro-
raient en matière de fécondité, moitié des années cinquante, chaines années. Il faudra pour
mortalité, migrations et compor- lorsqu’elles atteignent 45 ans et cela que les mesures d’allonge-
tements d’activité. Sous ces hy- dans celles nées au début des an- ment des durées de cotisations
pothèses, la population active nées soixante lorsqu’elles attei- retraites produisent tous leurs ef-
aurait commencé à diminuer gnent la quarantaine. Certes, fets, ce qui n’est pas encore le
dès 2006-2008. Mais les évolu- l’activité féminine pourrait se dé- cas actuellement. Mais, selon une
tions les plus récentes et les velopper plus rapidement que les étude prospective prenant en
mesures prises en 2003 en ma- tendances passées ne le suggè- compte l’âge de fin d’étude (Buf-
tière de retraites conduisent à rent et atteindre le niveau record feteau, Godefroy, 2005), l’allonge-
revoir ce pronostic ; celle-ci de- despaysdunorddel’Europe(de ment de 37,5 à 40 années de
vrait spontanément accroître l’ordrede85%entre25et cotisations pour bénéficier de la
les taux d’activité aux âges éle- 54 ans) ; mais, à soi seul, cela retraite à taux plein dans le pu-
vés (Économie Française, n’empêcherait pas la population blic, décidé en 2003, pourrait re-
2004-2005). De nouvelles pro- active de diminuer après 2010. Il tarder de 2,2 années l’âge moyen
jections officielles de ressour- en serait de même si un contexte de départ à la retraite pour les
ces en main-d’œuvre seront économique plus favorable, avec salariés du public des généra-
disponibles à la mi-2006. une diminution importante du tions 1955-1974. Dans le privé, il
a été aussi constaté, sur la base
d’un échantillon inter-régime deFigure7- Taux et part de chômage par tranche d'âge depuis 1975
cotisants, quelenombremoyen
de trimestres de cotisations vali-
en %
désà31 anspourlaretraiteadi-
20
minué àpartirdelagénération
1950, avec l’allongement des étu-
des et les difficultés d’insertion
15 (Burricand, Kohler, 2005).
Au-delà de 2020-2030, il est diffi-
10 cile d’anticiper l’évolution de la
population active. Le déclin de la active pourrait être
enrayé, au moins partiellement.5
L’âge de cessation d’activité pour-
rait encore reculer en raison de
l’augmentation des durées de co-
0
1975 1977 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003 tisation ; le solde migratoire de
travailleurs pourrait s’accroître ;
Taux 15-29 ans Taux 30-49 ans Taux 50-64 ans
une augmentation de la féconditéPart 15-29 ans Part 30-49 ans Part 50-64 ans
dans les années qui viennent
er pourrait également jouer au-delàNote : activité au sens du BIT, âge atteint au 1 janvier de l'année de l'enquête, données à la date de l'enquête
de 1975 à 2002 et en moyenne annuelle de 2002 à 2004. de 2030. L’évolution de ces fac-
Lecture : en 1994, 19,8 % des actifs de 15 à 29 ans sont au chômage (taux de chômage) et 11 % de l'en-
teurs ne sera cependant pas in-semble des 15-29 ans sont au chômage (part de chômage).
Source :Insee, enquêtes Emploi. dépendante de la situation
générale du marché du travail.
Données sociales - La société française 31 édition 2006
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1 Population, famille
Pour en savoir plus
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« Conditions de départ à la retraite des jeunes au cœur des dynami- traites en 2004 », Premières Synthè-
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1945 à 1974 », Document de travail Insee, juillet 2005.
de la Direction des Synthèses Écono- Minni C., Topiol A., « Les entre-
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Insee, « Rapport sur les comptes leurs effectifs », Économie et Statis-
Burricand C., Kohler F., « Débuts de la Nation de 2003, L’Économie tique, n° 368, Insee, 2003.
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Résultats, n° 401, Drees, 2005. Nauze-Fichet E., « Projections de
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2004 : premiers éléments sur la vail en France 1800-2000 », Essais sources en main-d’œuvre »,
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résultats, n° 454, Drees, 2005. Insee, 2002.
Elbaum M., Marchand O., Marchand O., Minni C., Thélot C., « L’état de l’École 2004 », Direction
« Emploi et chômage des jeunes « La durée de vie active : un siècle de l’Évaluation et de la Prospective,
dans les pays industrialisés : la spé- d’évolution 1896-1997, projection ministère de l’Éducation nationale,
cificité française », Premières Syn- jusqu’en 2050 », Dossiers de la Da- de l’Enseignement supérieur et de
thèses, n° 34, Dares, 1993. res, n° 6/99, 2000. la Recherche.
Données sociales - La société française 32 édition 2006
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