Une année en demi-teinte

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Après une année 2000 exceptionnelle, où la croissance de l'emploi avait été digne des Trente Glorieuses, l'emploi salarié marchand alsacien a progressé à un rythme conforme à la normale en 2001. Le ralentissement économique a freiné les embauches et a particulièrement touché l'intérim.

Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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EMPLOI
Une année en demi-teinte
parallèle avec le repli de l’investis- vité dans certaines spécialités chi-Après une année 2000
sement dans beaucoup de sec- miques ; l’entreprise a ainsi licenciéexceptionnelle,
teurs, et une baisse sensible des plus de 50 salariés. Dans l’industrie
où la croissance de l’emploi
exportations. La grande diversité de des composants électriques et
avait été digne l’industrie alsacienne permet ce- électroniques, le niveau des carnets
des Trente Glorieuses, pendant à ses effectifs salariés de de commandes a été jugé insuffi-
demeurer stables. Cette stabilité sant l’an dernier, ce qui a eu pourl’emploi salarié
globale masque de grandes dispari- conséquence de faire reculer les ef-marchand alsacien
tés sectorielles. fectifs.
a progressé à un rythme
conforme à la normale L’industrie de l’habillement a perdu A l’inverse, le secteur de la phar-
en 2001. presque 10 % des effectifs. Dans macie, parfumerie et entretien a
son sillage, le textile a enregistré maintenu un haut niveau de recru-Le ralentissement économique
une baisse de 6 %. Ainsi, Arts du fil, tement comme en 2000 ; l’effectifa freiné les embauches
atelier de l’entreprise DMC à Mul- du secteur progresse de presque
et a particulièrement
house, a fermé : 60 emplois ont été 8 % en 2001. En fin d’année, les
touché l’intérim. supprimés. Ces activités subissent capacités de production étaient ca-
toujours les effets conjugués des ractérisées par une quasi-satura-
délocalisations et de la concurrence tion. L’industrie automobile alsa-
des pays à bas coûts de cienne a continué d’embaucher :
a croissance de l’emploi en main-d’œuvre. Dans l’industrie des après une progression de 3,3 % enL Alsace a été faible en 2001 : biens intermédiaires, le nombre de 2000, les effectifs ont augmenté de
elle s’est élevée à 1,2 % (hors inté- salariés a reculé : par exemple, la 1,7 % en 2001. L’activité du secteur
rim), contre 4,2 % en 2000. L’en- chimie a connu une baisse de plus est demeurée dynamique, en parti-
semble des secteurs concurrentiels de 2 %. Rhodia à Mulhouse, dans la culier pour les véhicules de tou-
a souffert du fléchissement de l’acti- chimie, a pâti du cours élevé des hy- risme. Peugeot a connu un vif suc-
vité. L’évolution de l’emploi a nette- drocarbures et d’une baisse d’acti- cès avec la 206 et la 307.
ment ralenti dans le tertiaire et la
construction, alors qu’elle a été
nulle dans l’industrie. Mais l’intérim
Le tertiaire, toujours créateur d'emploisrecule fortement.
Évolution des emplois salariés par grand secteur
140Résistance de l’emploi salarié
Indice base 100 en 1989
dans l’industrie Tertiaire
130
En 2000, l’emploi salarié dans l’in-
dustrie manufacturière (hors intéri-
120
maires) avait fortement augmenté Construction
grâce à une conjoncture écono-
110mique favorable. L’année 2001 a été
Ensemble desplus difficile : le secteur a subi le ra-
secteurs marchands
lentissement économique mondial, 100
en particulier celui de notre voisin
Industrie
allemand. Ce ralentissement de
90
l’activité industrielle est à mettre en
80
1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
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Chiffres pour l'Alsace · dossier n° 3 · L'année économique et sociale 2001 · juillet 2002
Source : Insee, Épure-UrssafEMPLOI
Faible croissance de l'emploi salarié alsacien
Variation trimestrielle (en %) Variation Effectif au
2000-2001 1er janvier
Activité économique
au 31 décembre 2002Trimestre 1 Trimestre 2 Trimestre 3 Trimestre 4*
(en %) (en milliers)
Industries agricoles et alimentaires -2,6 0,7 2,0 -0,7 -0,6 21,9
Industries des biens de consommation 0,3 0,4 0,4 -1,2 0,0 25,8
Industrie automobile 1,5 0,6 -0,3 -0,1 1,7 20,8
Industries des biens d’équipement 1,7 0,9 -0,7 -0,2 1,6 37,2
Industries des biens intermédiaires -0,1 0,6 -1,1 -1,1 -1,6 61,7
Énergie -0,6 1,6 1,6 0,2 2,8 7,0
Construction -0,5 1,4 0,5 -0,8 0,5 36,6
Commerce -0,5 1,1 1,2 1,0 2,8 88,9
Transports 0,2 1,5 0,9 -0,9 1,7 32,8
Activités financières 0,0 2,8 0,0 -0,5 2,3 18,0
Activités immobilières -1,7 2,2 -0,1 2,4 2,8 11,2
Services aux entreprises -0,2 1,1 2,5 -1,6 1,7 58,0
Services aux particuliers -1,5 4,0 0,4 -1,2 1,6 40,7
Ensemble hors intérim -0,2 1,3 0,6 -0,5 1,2 460,3
Intérim -8,0 6,1 1,7 -18,4 -19,1 23,6
*Ces chiffres sont provisoires
Pour l'ensemble du secteur indus- plantés en Alsace, travaillent prin- Tertiaire :
triel, un ralentissement serait cer- cipalement dans des entreprises croissance modérée
tainement perceptible, si l’on pou- allemandes. Ainsi, le secteur a
de l’emploi salarié
vait apprécier le recul de l’emploi vraisemblablement souffert du ra-
intérimaire. En effet, 60 % des mis- lentissement économique tant en
Tous les grands secteurs du ter-sions d’intérim sont conclues dans France qu'en Allemagne.
tiaire continuent de jouer un rôlel’industrie.
prépondérant dans la créationConstruction :
d’emploi. Le commerce a maintenuL’intérim s’essouffle peu de création d’emplois
un rythme de croissance élevé de
Après plusieurs années de forte La construction n’a pas poursuivi l’emploi, avec + 2,8 %, grâce à la
augmentation, l’emploi intérimaire sur la lancée de l’année 2000. demande des ménages demeurée
semble avoir été la première va- L’activité du bâtiment s’est tassée soutenue. L’emploi dans le com-
riable d’ajustement de la demande au premier trimestre 2001. Sur merce lié à l’automobile et à sa ré-
de travail au retournement de l’acti- l’ensemble de l’année 2001, les paration a progressé, mais ce sec-
vité. Il est en effet très sensible à la entreprises de la construction ont teur souffre également d’une pé-
conjoncture. accru leurs effectifs de 0,5 % seu- nurie de main-d’œuvre.
lement.
Le travail temporaire, en lien La hausse de l’emploi dans le
étroit avec le niveau d’activité de La pénurie de main-d’œuvre de- secteur des activités financières
l’industrie, a enregistré une dimi- meure cependant un frein à l’évolu- est en partie le fait des banques.
nution très sensible sur l’année tion des effectifs : le secteur souffre Elles ont recruté, tout particulière-
(près de 19 %). En fait, les effectifs toujours d’un déficit d’image, mais ment des jeunes, pour des fonc-
ont réellement chuté au dernier tri- également de l’attrait des salaires tions commerciales.
mestre. Par ailleurs, une partie des outre-Rhin. Comme pour l’in-
intérimaires employés par des so- dustrie, il n’est pas possible d’éva- Les transports, après une pro-
ciétés de travail temporaire im- luer l’emploi intérimaire du secteur. gression exceptionnelle en 2000,
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Chiffres pour l'Alsace · dossier n° 3 · L'année économique et sociale 2001 · juillet 2002
Source : Insee, Épure-UrssafEMPLOI
L’intérim recule
Évolutions des emplois salariés entre 2000 et 2001
15
En %
10
5
0
-5
-10
-15
-20
-25
2000 2001
ont créé à nouveau des emplois en professionnelle, ainsi que les dis-
2001. Le secteur rencontre lui aus- positifs visant à l’allègement des
si des difficultés de recrutement, cotisations sur les bas salaires,
en particulier de personnes quali- peuvent également avoir contribué
fiées, certainement imputables aux à la création de certains emplois.
conditions de travail réputées diffi-
ciles.
Christophe RAFRAF
Effet modéré de la politique
en faveur de l’emploi
Épure
Les effets de la réduction du
Le système d’information ÉPUREtemps de travail se sont atténués,
(Extension du projet Urssaf sur les re-
compte tenu du rythme de passage venus et l’emploi) est construit à partir
aux 35 heures et des délais d’em- des données fournies par les établis-
sements aux Urssaf, lors du paiementbauches. En 2000, cette réduction
de leurs cotisations.
du temps de travail avait certaine-
Le champ des bordereaux récapitula-
ment contribué à la hausse de
tifs de cotisations, adressés par les
l’emploi marchand. En 2001, cet ef- établissements à leur Urssaf de tutelle,
couvre les établissements de toutesfet est à tout le moins beaucoup
tailles et inclut, notamment, les établis-
plus modeste. sements de moins de 10 salariés, per-
mettant ainsi d’avoir une vision de l’en-
semble des emplois salariés du sec-Par ailleurs, les différentes mesu-
teur marchand (hors établissements
res d’allègement fiscal, portant no- dépendant de la Mutualité sociale agri-
tamment sur la TVA et sur la taxe cole).
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Chiffres pour l'Alsace · dossier n° 3 · L'année économique et sociale 2001 · juillet 2002
IAA
Biens de
consommation
Industrie
automobile
Industries des
biens d’équipement
Industries des
biens intermédiaires
Énergie
Construction
Commerce
Transports
Activités
financières
Activités
immobilières
Services aux
entreprises
Services aux
particuliers
Intérim
Source : Insee, Épure-Urssaf

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