Une économie résidentielle dominante

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La majorité des bassins de vie offre avant tout des emplois au service de la population locale. A cette économie résidentielle s'ajoute parfois une vocation touristique. Les bassins de vie du littoral, en particulier sur la côte Fleurie, voient ainsi grossir considérablement leur population en période estivale ainsi que le volume des emplois. La filière agricole est encore un pilier de l'économie locale dans une quinzaine de bassins de vie, mais elle perd du terrain. Enfin, et encore dans une quinzaine de bassins de vie, c'est l'industrie manufacturière qui se distingue.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Uneéconomie
résidentielle
dominante
La majorité des bassins de vie offre avant tout
des emplois au service de la population locale. A
cette économie résidentielle s’ajoute parfois une
vocation touristique. Les bassins de vie du litto-
ral, en particulier sur la côte Fleurie, voient ainsi
grossir considérablement leur population en
période estivale ainsi que le volume des emplois.
La filière agricole est encore un pilier de l’écono-
mie locale dans une quinzaine de bassins de vie,
mais elle perd du terrain. Enfin, et encore dans
une quinzaine de bassins de vie, c’est l’industrie
manufacturière qui se distingue.
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La Basse-Normandie entre villes et campagnes>>>
Le bassin de
L’économie résidentielle offre plus La Haye-du-
Puits de la moitié des emplois
En Basse-Normandie, comme en France ment inférieur à 25 %, puisque seuls 10
métropolitaine, les activités destinées bassins de vie sur les 1 745 que compte
à satisfaire les besoins des populations la France métropolitaine ne l'atteignent
locales (comme le commerce, les acti- pas. Pourtant, deux d'entre eux sont• 22 communes
vités financières et immobilières, les bas-normands. Il s'agit des bassins cen-
• 7917 habitants
services aux particuliers, l'éducation, la trés sur Beaumont-Hague et sur Le Theil,
• 2276 emplois santé, l'action sociale et l'administra- où l'économie résidentielle ne repré-
tion) sont le plus souvent prédomi- sente respectivement que 19 et 16 % de• Déclin démographique
nantes dans les bassins de vie des l'emploi local.confirmé
bourgs ou des petites villes. Cette éco-• Economie fortement
nomie que l'on qualifiera de résiden-résidentielle et agri-
tielle représente en effet 53 % desalimentaire
emplois dans l'espace constitué par les• Faiblement autonome
74 bassins de vie de la région. Cette pro-
• Niveau d’équipement
portion est de 52 % en moyenne dans les
concurrentiel : très bon bassins de vie français (hors grandes
non concurrentiel : bon agglomérations).
santé : faible La part des emplois locaux consacrés à
éducation : moyen l’économie résidentielle est très rare-
• 80 emplois pour 100 actifs Une majorité de bassins de vie
résidents
à dominante résidentielle
• Accès aux équipements et à
l’emploi : assez rapide La majorité des bassins de vie bas-nor- de la moitié de leurs emplois consa-
mands (40 sur 74) affichent une voca- crés à satisfaire les besoins de leur
tion fortement résidentielle, avec plus population locale.
• Vingt-deux bassins de vie fortement
résidentiels sans autre dominance
La majorité des bassins de vie forte- guent par une orientation secondaire,
ment résidentiels (22 sur 40) ne pré- en lien avec le tourisme, "l'agri-ali-
sente pas d'autres caractéristiques mentaire" (agriculture et industries
économiques fortes. En moyenne, agricoles et alimentaires - IAA) ou l'in-
l'économie résidentielle y pèse envi- dustrie.
ron six emplois sur dix. En revanche,
certains bassins résidentiels se distin-
Typologie économique des bassins de vie bas-normands
nombre denombre de Population 1999 Emplois 1999
communesbassins
Nombre % Nombre %
Bassins fortement résidentiels 40 970 646 220 45,4 226 170 41,8
Bassins fortement résidentiels et touristiques 7 68 67 340 4,7 22 670 4,2
Bassins fortement résidentiels et industriels 5 285 180 710 12,7 69 150 12,8
Bassins fortement résidentiels et agri-alimentaires 6 106 48 680 3,4 14 130 2,6
Bassins fortement résidentiels sans autre dominance 22 511 349 490 24,6 120 220 22,2
Bassins agri-alimentaires 14 270 126 040 8,9 41 330 7,6
Bassins agri-alimentaires à tendance agricole 9 174 80 850 5,7 26 870 4,9
Bassins agri-alimentaires à tendance agroalimentaire 5 96 45 190 3,2 14 460 2,7
Bassins industriels 14 270 163 760 11,5 66 550 12,3
Bassins très industriels monospécialisés 1 15 6 680 0,5 8 700 1,6
Bassins très industriels non monospécialisés 3 37 23 250 1,6 10 080 1,9
Bassins plutôt industriels et monospécialisés 5 70 42 350 3,0 14 080 2,6
Bassins plutôt industriels et non monospécialisés 5 148 91 480 6,4 33 690 6,2
Bassins "diversifiés" 6 128 54 820 3,9 18 300 3,4
Référentiel "bassins de vie bas-normands" 74 1 638 990 840 69,7 352 350 65,1
Basse-Normandie entière 1 814 1 422 190 100,0 541 310 100,0
Source : Insee, recensement de la population 1999 et inventaire communal 1998
28
La Basse-Normandie entre villes et campagnes
9 emplois sur 10 : c'est le
poids de l'économie
résidentielle dans le bassin
de vie le plus résidentiel
de la région
(Bagnoles-de-l'Orne) >>> >>>
Le bassin de
60 HonfleurRésidentielle
50
Agri-alimentaire
40 Industrie
Diversifié
30
20
• 12 communes
10
• 15 638 habitants
0
Basse-Normandie Bretagne Pays de la Loire Métropole • 5928 emplois
Source : Insee, recensement de la population 1999
• Dynamique démographiqueRépartition du nombre de bassins de vie
selon l’orientation économique irrégulière ou modérée
• Sept bassins de vie fortement résidentiels et touristiques • Economie fortement
résidentielle sans autre
toute l'année (4,7 % de la population
dominante
régionale) et leur économie est forte de
• Autonome22 700 emplois (soit 4,2 % de l'emploi
bas-normand). • Niveau d’équipement
Dans le Grand-ouest, la Bretagne et les concurrentiel : moyen
Pays de la Loire sont, de deux manières non concurrentiel : très bon
différentes, des régions plus touristiques santé : bon
que la Basse-Normandie. La géographie éducation : bon
n'est pas neutre : en raison de sa confi- • 100 emplois pour 100 actifs
Dans sept des 40 bassins à orientation guration péninsulaire, la Bretagne dis- résidents
résidentielle, le tourisme joue un rôle pose d'un littoral très étendu. Ainsi, • Accès aux équipements et à
très important. Ces bassins disposent nombre de ses bassins de vie (19 sur 134) l’emploi : rapide
en effet de suffisamment de résidences sont fortement résidentiels et touris-
secondaires, de terrains de camping et tiques. Exemple, ceux de Quiberon et
de chambres d'hôtels pour que leur Carnac dans le Morbihan sont capables
population soit potentiellement multi- d'accueillir près de sept fois l'équivalent
pliée par plus de 2,5 en période de forte de leur population résidente, soit davan-
activité touristique. Malgré l'existence tage que les bassins les plus touristiques Le bassin de
d'un tourisme vert (voir le zoom sur le de Basse-Normandie. Le bassin de Sar- Isigny-sur-Mer
tourisme en milieu rural page 64), les zeau, toujours dans le Golfe du Morbi-
bassins fortement résidentiels et touris- han, est quant à lui à peine moins équipé
tiques se situent le plus souvent sur le lit- sur ce plan que les bassins bretons qui
toral. Le long de la côte Fleurie, les viennent d'être cités, à hauteur du bassin
bassins centrés sur Trouville-sur-Mer et bas-normand de Trouville-sur-Mer.
• 21 communessur Dives-sur-Mer sont capables d'ac- La bande côtière des Pays de la Loire est
• 8922 habitantscueillir l'équivalent de cinq à six fois leur nettement moins vaste. Du coup, seuls
population résidente, ce qui en fait les dix des 128 bassins de vie de cette région • 2955 emplois
bassins les plus touristiques de la région. sont très résidentiels et touristiques. Mais
• Déclin démographique
Le long de la côte de Nacre (autour de cette orientation est très marquée pour confirmé
Courseulles-sur-Mer) et de la façade quelques uns d'entre eux. Ainsi, autour
• Economie agri-alimentaire à
ouest de la Manche (Barneville-Carteret, de La-Tranche-sur-mer et de Saint-Jean-
tendance agricole
Agon-Coutainville et Montmartin-sur- de-Monts, la population sur place peut
• AutonomeMer), les capacités d'accueil sont moins potentiellement et ponctuellement être
développées (2,5 à 3 fois le nombre de multipliée respectivement par près de • Niveau d’équipement
résidents permanents). S'y ajoute, à l'in- 18 et par 13 pendant la saison touris- concurrentiel : très bon
térieur des terres, Bagnoles-de-l'Orne tique. Sur la base de ce critère, ces deux non concur
e e
pour ses activités liées cette fois au ther- bassins de vie sont les 7 et 11 bassins santé : moyen
malisme. Son orientation touristique les plus touristiques de France métro- éducation : faible
n'en est pas moins très marquée puis- politaine. A un degré moindre, mais à • 99 emplois pour 100 actifs
qu'elle est très proche de celle observée hauteur des bassins les plus touristiques résidents
sur la côte Fleurie. La zone d'influence de de la Basse-Normandie, on peut égale-
• accès aux équipements et à
ces bassins est très limitée géographi- ment citer les bassins de vie organisés l’emploi : rapide2
quement (480 km environ au total, soit autour d'Aiguillon-sur-Mer, de Turballe,
moins de 3 % de la superficie régionale), de Noirmoutier ou encore de
mais plus de 67 000 personnes y vivent Saint-Gilles-Croix-de-vie.
29
La Basse-Normandie entre villes et campagnes>>>
Le bassin de
• Six bassins de vie fortement résidentiels Lessay
et agri-alimentaires
Par ailleurs, six bassins de vie de bourgs
ou de petites villes bas-normandes où
domine une économie dite résidentielle
• 7 communes
ont une sphère agri-alimentaire plus
• 6841 habitants développée que la moyenne. L'agricul-
ture et les IAA y représentent plus d'un• 2754 emplois
emploi sur six et occupent une place plus• Croissance démographique
importante que l'industrie au sens large.plus ou moins récente
A une exception près (le bassin de Sées),
• Economie agri-alimentaire à
les bassins en question se situent dans la moindre, celui de Pontorson appartient
tendance agricole
Manche, autour de Périers, de La Haye- aussi à ces bassins fortement résiden-
• Autonome du-Puits et de Bricquebec. A un degré tiels et agri-alimentaires.
• Niveau d’équipement
• Cinq bassins de vie fortement
concurrentiel : très bon
résidentiels et industriels
non concurrentiel : moyen
Enfin, les cinq derniers bassins fortementsanté : bon
éducation : moyen résidentiels ont quant à eux un pan
important de leur emploi (au moins un• 110 emplois pour 100 actifs
tiers) qui est généré par les industries etrésidents
leurs services connexes. Ils sont tous
• Accès aux équipements et à
centrés sur un pôle urbain ou un impor-l’emploi : rapide
tant pôle rural. A l'exception de celui de
Lisieux, ils sont tous ornais : Flers, Argen-
tan, L'Aigle et Mortagne-au-Perche. Dans
ces bassins, les secteurs de l'économie
résidentielle pèsent à peine plus d'un sens large jusqu'à 40 % et la sphère agri-
emploi sur deux, ceux de l'industrie au alimentaire jamais plus de 15 %.
Des bassins à vocations multiples
Cherbourg
Le Havre
Trouville-sur-Mer
Rouen
ElbeufBayeux
Louviers
Caen
Saint-Lô Lisieux
Coutances
Evreux
VireGranville
Avranches Argentan L'AigleFlers Dreux
Saint-Malo
Mortagne-au-Perche
Typologie des bassins de vie selon l'orientation économique Alençon Chartres
Agri-alimentaire à tendance agricole
Agri-alimentaire à tendance alimentaire
Diversifié
Très industriel non monospécialisé
Très industriel monospécialisé
Plutôt industriel et non monospécialisé Rennes
Plutôt industriel et monospécialisé Laval
Fortement résidentiel et sans autre dominance
Résidentiel touristique
Fortement résidentiel et agri-alimentaire
Le Mans
Fortement résidentiel et industriel
Unités urbaines de 30 000 habitants ou plus
© IGN - Insee 2004Périphérie dépendante des unités urbaines
de 30 000 habitants ou plus Source : Insee, recensement de la population 1999
30
La Basse-Normandie entre villes et campagnes>>> >>>
Le bassin de
L'agriculture et l'industrie agroalimentaire Lisieux
sont le plus souvent minoritaires
Les trois quarts de l'espace régional bourgs ou des petites villes bas-nor-
sont consacrés à l'agriculture (voir le mands, ce qui représente un emploi sur
zoom sur la production agricole page six (17 %) dans ce référentiel. Cette pro-
• 63 communes
62), la place des activités qui relèvent portion n'atteint que 15 % en moyenne
• 48 484 habitantsde la production agricole et de sa trans- dans les bassins de vie français.
formation recule régulièrement (en • 18 831 emplois
termes d’emplois). La restructuration • Dynamique démographique
de ces activités provoque une forte irrégulière ou modérée
diminution du nombre d’exploitations
• Economie fortement
agricoles, et par là-même d’actifs tra-
résidentielle et industrielle
vaillant dans ce secteur. Pour autant,
• Autonomel’assise reste assez forte dans la région.
En ajoutant aux emplois agricoles, • Niveau d’équipement
ceux liés aux activités de transforma- concurrentiel : moyen
tion, environ 59 000 actifs travaillent non concurrentiel : bon
dans la sphère agri-alimentaire dans santé : moyen
l'ensemble des bassins de vie des éducation : très bon
• 103 emplois pour 100 actifsMais quatorze bassins de vie ont une résidents
orientation "agri-alimentaire" marquée • Accès aux équipements et à
l’emploi : rapide
L'agriculture et l'industrie agroali- quart et la moitié des emplois sont
mentaire conservent encore de issus de la sphère agri-alimentaire.
manière localisée une place impor- Autour d'Isigny-sur-Mer, de Villers-
tante. C'est le cas dans 14 bassins de Bocage et de Lessay, cette dernière
vie de bourgs ou de petites villes bas- occupe même plus d'actifs que l'éco-
normands. Sur ces territoires, entre un nomie résidentielle.
Le bassin de• Neuf bassins de vie "agri-alimentaires"
Livarotà tendance agricole
liées à l'agriculture, la pêche ou la
sylviculture prévalent, en termes
d'emplois, sur les industries agricoles
et alimentaires. Très largement par-
• 20 communes
fois, comme c’est le cas dans la
• 5225 habitantsManche. Dans les bassins de Brécey,
Gavray, Lessay et Saint-Vaast-la- • 1680 emplois
Hougue, le rapport varie ainsi de cinq • Déclin démographique
à dix contre un. Autour d'Isigny-sur- confirmé
Mer, du Molay-Littry, de Villedieu-les-
• Economie agri-alimentaire à
Dans la plupart de ces bassins "agri- Poêles, de Domfront et de Gacé, le tendance agroalimentaire
alimentaires" (9 sur 14), les activités rapport est plus équilibré.
• Dépendant
• Cinq bassins de vie "agri-alimentaires" • Niveau d’équipement
à tendance IAA
concurrentiel : bon
non concurrentiel : très faible
Pour les bassins de Livarot et Mézi- santé : très faible
éducation : faibledon-Canon dans le Calvados et de
Carentan et Sainte-Mère-Eglise dans • 83 emplois pour 100 actifs
la Manche, la balance penche, mais de résidents
peu, vers l'industrie agroalimentaire. • Accès aux équipements et à
Celle-ci, avec un millier d'emplois, l’emploi : rapide
prend nettement le pas dans le bassin
centré sur Villers-Bocage.
31
La Basse-Normandie entre villes et campagnes
1 emploi sur 2 : c'est le
poids de l'agriculture et des
industries agro-alimentaires
dans le bassin de vie le plus
agri-alimentaire de la
région (Isigny-sur-Mer) >>> >>>
Le bassin de
L'économie industrielle (hors IAA) Luc-sur-Mer
est plus présente
Malgré une persistance de la sphère manufacturière est quasi-absente
agri-alimentaire dans l'économie des (moins d'un emploi sur dix) autour d'Isi-
bassins de vie des bourgs ou des petites gny-sur-Mer, de Pontorson et à
• 8 communes villes bas-normands, les activités indus- Bagnoles-de-l'Orne. Elle est en revanche
• 15 402 habitants trielles au sens large (industries, sec- dominante (plus d'un emploi sur deux)
teurs de l'énergie, des transports, de la dans la région de Condé-sur-Noireau,• 3046 emplois
manutention, ainsi que les services aux de Athis-de-l'Orne et surtout du Theil et
• Dynamique démographique
entreprises mais IAA non comprises) de Beaumont-Hague (où trois emploisassez forte et régulière
ont souvent pris le dessus. En Basse- sur quatre sont liés à l'industrie).
• Economie fortement
Normandie, comme en France métro-
résidentielle sans autre
politaine, elles représentent trois
dominante
emplois sur dix en moyenne. C'est donc
• Autonome presque le double de ce que génèrent les
• Niveau d’équipement secteurs de l'agriculture et de l'agroali-
mentaire. Le poids des activités liées àconcurrentiel : bon
l'industrie varie assez peu d'un bassin denon concur
vie à l'autre. Pour la moitié d'entre eux,santé : très bon
éducation : très bon il s'échelonne de 21 % à 33 % de l'em-
ploi total. Cependant, quelques bassins• 49 emplois pour 100 actifs
se démarquent nettement : l'industrierésidents
• Accès aux équipements et à Mais seuls quatorze bassins de vie ont
l’emploi : assez rapide
un profil industriel
Malgré la nette prépondérance de l'in- du Cotentin donc (autour de Beau-
dustrie au sens large sur la sphère agri- mont-Hague et des Pieux) et au sud
alimentaire dans l'économie régionale, du Perche (bassins de Bellême et du
seuls 14 bassins de vie de bourgs ou Theil). Les bassins centrés surLe bassin de
petites villes bas-normands peuvent Argences et sur Orbec constituent desLe Mêle-sur-
être qualifiés d'industriels. C'est donc cas plus isolés géographiquement. Ces
Sarthe autant que de bassins agricoles ou 14 bassins ont en commun une impor-
agroalimentaires. Ces bassins sont tante implantation industrielle, dont
concentrés pour l'essentiel dans une le poids en termes d'emplois (au moins
large zone aux confins des départe- un sur trois sur le territoire) est supé-
ments de la Manche, du Calvados et rieur à celui des secteurs de la sphère
• 17 communes
de l'Orne. Mais ils se situent égale- agri-alimentaire. Mais leurs économies
• 4625 habitants ment aux deux extrémités d'une dia- ne présentent pas toutes le même
• 1340 emplois gonale courant du nord-ouest au degré d'industrialisation.
sud-est de la région, sur la façade ouest• Croissance démographique
plus ou moins récente
• Quatre bassins de vie très industriels
• Economie "diversifiée"
Quatre bassins sont ainsi très indus-
• Faiblement autonome
triels, au sens où plus de la moitié de
• Niveau d’équipement leurs emplois sont dirigés vers l'in-
dustrie au sens large. Au cœur de laconcurrentiel : bon
non concurrentiel : moyen région, les zones d'influence de Condé-
santé : bon sur-Noireau et d'Athis-de-l'Orne cor-
éducation : moyen respondent à ce profil. Le bassin du
Theil l'est de manière plus accentuée• 84 emplois pour 100 actifs
encore, puisque l'industrie y offre lesrésidents
trois quarts des débouchés, pour l'es-• Accès aux équipements et à
sentiel dans le secteur automobile. comme peut l'être le bassin de Beau-l’emploi : assez long
Aucun de ces trois bassins n'est cepen- mont-Hague. Le secteur de l'énergie
dant dépendant d'un seul secteur y représente en effet environ 40 % de
(autrement dit monospécialisé), l'emploi total.
32
La Basse-Normandie entre villes et campagnes
3 emplois sur 4 : c'est le poids
de l'industrie manufacturière
dans le bassin de vie le plus
industriel de la région
(Beaumont-Hague) >>> >>>
Le bassin de
• Cinq bassins de vie plutôt industriels et monospécialisés Mézidon-Canon
large y sont en effet moins nombreux
que ceux de l'économie résidentielle.
Ils contribuent cependant à modeler
ces territoires. C'est le cas notamment
• 13 communesde ceux pour lesquels un secteur pré-
cis de l'industrie domine largement • 9408 habitants
tous les autres. Ces bassins plutôt • 2235 emplois
industriels et monospécialisés sont au
• Dynamique démographique
nombre de cinq en Basse-Normandie. irrégulière ou modérée
Il s'agit de Ducey (automobile), de
• Economie agri-alimentaire àOrbec et Tinchebray (métallurgie et
tendance agroalimentaire
Les autres bassins industriels (10 au transformation des métaux), de Mor-
• Dépendanttotal) le sont moins nettement que les tain (composants électriques et élec-
quatre qui viennent d'être évoqués. troniques), enfin des Pieux (eau, gaz, • Niveau d’équipement
Les emplois liés à l'industrie au sens électricité). concurrentiel : faible
non concurrentiel : bon
santé : bon• Cinq bassins de vie plutôt industriels et bispécialisés
éducation : faible
• 65 emplois pour 100 actifs
diversifiée, s'appuyant souvent sur résidents
deux créneaux à la fois. Sont repré-
• Accès aux équipements et à
sentées parmi eux, l'industrie des équi-
l'emploi : assez long
pements mécaniques (bassins
d'Argences, de Vire et de Torigni-sur-
Vire), l'industrie du bois et du papier
(bassins de Torigni-sur-Vire et de Saint-
Hilaire-du-Harcouët), l'industrie chi-
mique et des caoutchoucs et plastiques
(bassins d'Argences et de Bellême), la Le bassin de
métallurgie et la transformation des Le Molay-Littry
Les autres bassins plutôt industriels métaux (bassins de Vire et Saint-
(cinq également) ont une industrie plus Hilaire-du-Harcouët).
• 17 communes
• 6732 habitants
• 1815 emplois
• Croissance démographique
plus ou moins récente
• Economie agri-alimentaire à
tendance agricole
• Faiblement autonome
• Niveau d’équipement
concurrentiel : moyen
non concur
santé : moyen
éducation : moyen
• 71 emplois pour 100 actifs
résidents
• Accès aux équipements et à
l’emploi : assez rapide
33
La Basse-Normandie entre villes et campagnes• Les orientations économiques
Les emplois (actifs ayant un emploi, tels que déclarés lors du recensement de 1999, ont été classés selon leur activité éco-
nomique) ont été répartis en trois grandes catégories :
- les secteurs de l'économie résidentielle : commerce et réparation automobile, commerce de détail, bâtiment, transports
ferroviaires, transports routiers de voyageurs, agences de voyage, activités financières et immobilières, services marchands
aux particuliers, éducation, santé, action sociale et Administration ;
- les secteurs de la sphère agri-alimentaire : agriculture, sylviculture et pêche, industries agricoles et alimentaires ;
- les secteurs de l'industrie au sens large : industrie de biens de consommation, industrie automobile, industrie de biens
d'équipement, industrie des biens intermédiaires, énergie, commerce de gros et intermédiaires, travaux publics, trans-
port routier de marchandises, transports par eau, transports aériens, transport spatial, manutention, entreposage, gestion
d'infrastructures, organisation du transport de fret, services aux entreprises.
Selon le poids dans l'économie locale de ces trois catégories d'emplois, on distingue d'abord les bassins fortement rési-
dentiels, dans lesquels l'économie résidentielle domine avec plus de 50 % des emplois. Parmi ceux-ci, on repère, le cas
échéant, la présence d’une tendance industrielle ou d’une tendance agri-alimentaire. Cela conduit, d’une part, à mettre en
évidence des bassins associant activités résidentielles majoritaires et poids non négligeable de l’industrie ou de la sphère
agri-alimentaire et, d’autre part, à isoler les bassins où seule l'économie résidentielle domine. Une frange de ces derniers
est marquée par une forte activité touristique, repérée par une capacité d’accueil touristique supérieure à 1,5 lit par rési-
dent permanent, soit un potentiel de croissance de 150 % de la population locale durant la saison touristique.
Les autres bassins, où l’économie résidentielle n’est pas dominante, sont répartis en fonction du poids qu’y occupent l’éco-
nomie industrielle et l’économie agri-alimentaire.
Parmi les bassins à tendance industrielle (et peu résidentiels), on distingue, d’une part, ceux où cette tendance industrielle
est fortement marquée (l’emploi industriel représente plus de 50 % de l’emploi local) et, d’autre part, les bassins à indus-
trie monospécialisée.
De leur côté, les bassins à tendance agri-alimentaire (et peu résidentiels) sont répartis en fonction du poids des emplois
agricoles relativement aux emplois agroalimentaires.
Finalement, il reste quelques bassins ne satisfaisant à aucune des conditions précédentes et considérés comme
« diversifiés ».
Les 11 types d'orientation économique des bassins de vie
Nombre de bassins de vie des bourgs et petites villes
Orientation économique Règles de classification
France Basse-Normandie
Bassins fortement résidentiels et touristiques Er > 1/2 ; T>= 1,5 192 7
Bassins fortement résidentiels et industriels Er > 1/2 ; T< 1,5 ; Ei > Ea ; Ei > 1/3 154 5
Bassins fortement résidentiels et agri-alimentaire Er > 1/2 ; T< 1,5 ; Ea > Ei ; Ea > 1/6 167 6
Autres bassins fortement résidentiels (sans autre dominante) Autres cas où Er > 1/2 et T< 1,5 464 22
Bassins agri-alimentaires à tendance agricole Er <= 1/2 ; Ea > Ei ; Ea > 1/6 ; Agr/AA > 1/2 1379 9
Bassins agri-alimentaires à tendance agroalimentaire Er <= 1/2 ; Ea > Ei ; Ea > 1/6 ; Agr/AA < 1/2 51 5
Bassins très industriels monospécialisés Ei >= 1/2 ; Pid >= 1/2 90 1
Bassins très industriels non monospécialisés Ei >= 1/2 ; Pid < 1/2 78 3
Bassins plutôt industriels monospécialisés Er <= 1/2 ; Ei > Ea ; 1/3 <= Ei < 1/2 ; Pid >= 1/2 118 3
Bassins plutôt industriels non monospécialisés Er <= 1/2 ; Ei > Ea ; 1/3 <= Ei < 1/2 ; Pid < 1/2 202 5
Bassins diversifiés Autres cas où Er <= 1/2 92 5
Ensemble 1 745 68
Rapport de l'Insee (avec la participation de IFEN, INRA, SCEES) pour la DATAR - juillet 2003
Légende :
- Er : correspond à la part des emplois résidentiels dans les emplois du bassin (source : recensement 1999) ;
- Ea : cort des emplois agri-alimentaires dans les emplois du bassin (source : recensement 1999) ;
- Ei : cort des emplois industriels au sens large dans les emplois du bassin (source : recensement 1999) ;
- T : est le ratio de la capacité d'accueil touristique (capacité d'hébergement en hôtels, sur terrains de camping et en rési-
dences secondaires - source : inventaire communal 1998) rapporté à la taille de la population résidente (source : recense-
ment 1999) ;
- Agr/AA : correspond à la part des emplois agricoles dans les emplois agri-alimentaires (source : recensement 1999) ;
- Pid : correspond au poids du secteur industriel le plus important en termes d'emplois parmi les secteurs industriels (au
sens strict et hors industries agroalimentaires) de la NES36 (source : recensement 1999).
34
La Basse-Normandie entre villes et campagnes

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