Une nouvelle carte de la mobilité professionnelle

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La fréquence des changements d'entreprise ou de catégorie socioprofessionnelle fournit une mesure de la mobilité professionnelle susceptible d'être mise en rapport avec le contexte conjoncturel dans lequel elle s'effectue. Si la mobilité professionnelle s'est légèrement intensifiée de 1985 à 1993, elle concerne essentiellement des passages entre catégories voisines. Cette intensification est plus sensible pour les femmes que pour les hommes et pour les moins de 40 ans. Les hommes demeurent cependant plus mobiles que les femmes. Leurs mouvements professionnels continuent à s'effectuer principalement selon trois filières de promotion : la mise à son compte, la filière administrative (itinéraire reliant les employés aux cadres administratifs), et la filière technique (des ouvriers qualifiés vers les techniciens, et de ces derniers vers les ingénieurs). La mobilité professionnelle des femmes tend à rattraper celle des hommes. L'avancement administratif demeure, pour elles, une voie privilégiée, que ce soit en entreprise ou dans la Fonction publique. Sur l'ensemble de la carrière, le brassage professionnel demeure finalement intense, même s'il résulte, pour l'essentiel, d'une succession de mouvements professionnels de faible amplitude tout au long de cette carrière. Par ailleurs, la mobilité est toujours sensiblement plus favorisée par une formation initiale générale que par une formation technique.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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ACTIVITÉ
Une nouvelle carte
de la mobilité professionnelle
Simone Chapoulie*
La fréquence des changements d’entreprise ou de catégorie socioprofessionnelle fournit
une mesure de la mobilité professionnelle susceptible d’être mise en rapport avec le
contexte conjoncturel dans lequel elle s’effectue.
Si la mobilité professionnelle s’est légèrement intensifiée de 1985 à 1993, elle concerne
essentiellement des passages entre catégories voisines. Cette intensification est plus
sensible pour les femmes que pour les hommes et pour les moins de 40 ans . Les hommes
demeurent cependant plus mobiles que les femmes. Leurs mouvements professionnels
continuent à s’effectuer principalement selon trois filières de promotion : la mise à son
compte, la filière administrative (itinéraire reliant les employés aux cadres
administratifs), et la filière technique (des ouvriers qualifiés vers les techniciens, et de ces
derniers vers les ingénieurs). La mobilité professionnelle des femmes tend à rattraper
celle des hommes. L’avancement administratif demeure, pour elles, une voie privilégiée,
que ce soit en entreprise ou dans la Fonction publique.
Sur l’ensemble de la carrière, le brassage professionnel demeure finalement intense,
même s’il résulte, pour l’essentiel, d’une succession de mouvements professionnels de
faible amplitude tout au long de cette carrière. Par ailleurs, la mobilité est toujours
sensiblement plus favorisée par une formation initiale générale que par une formation
technique.
* Simone Chapoulie est professeur de sciences économiques et sociales au lycée Janson de Sailly à Paris.
Les noms et dates entre parenthèses renvoient à la bibliographie en fin d’article.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 331, 2000 - 1 25a mobilité professionnelle recouvre une réalité succéder deux années de relative croissance avec
Lcomplexe dans laquelle interfèrent des para- baisse du chômage (1988-1989), et trois années de
mètres individuels (niveau de formation, ancienne- ralentissement pendant lesquelles le nombre de de-
té et expérience professionnelle) et économiques mandeurs d’emploi augmente (1990-1993). Le taux
(marché du travail). L’orientation du marché du tra- de chômage de 1993 dépasse celui de 1988. Les
vail est profondément affectée par les cycles conclusions de cet article doivent donc être relativi-
conjoncturels. Dans une période de récession, sées en tenant compte de ce contexte. Les évolutions
l’offre d’emploi se raréfiant et les licenciements se de la mobilité sont obtenues en comparant les résul-
multipliant, la mobilité est souvent contrainte : les tats de l’enquête de 1993 à ceux des enquêtes anté-
individus sont obligés d’accepter des changements rieures : 1970, 1977, et 1985.
d’entreprise, de catégorie socioprofessionnelle ou
même de résidence, pour préserver leur emploi. À
La fréquence des changements d’établisse-l’inverse, une période de croissance laisse davan-
tage de latitude aux préférences individuelles, de par ments et de catégories sociales augmente
la plus grande abondance de l’offre d’emplois : la
mobilité est alors plus souvent volontaire. Les chan- Mesurée à la fréquence des changements d’établis-
gements professionnels sont appréhendés par une sements ou d’entreprises, la mobilité augmente
enquête : l’enquête Formation Qualification Profes- sensiblement entre l’enquête de 1985 et celle de
sionnelle (FQP) qui saisit la situation des personnes 1993 (cf. tableau 1). Elle retrouve ainsi un niveau
au moment où elles sont interrogées, cinq ans aupa- équivalent à celui qu’elle atteignait à l’enquête de
ravant, et au début de leur vie professionnelle (pre- 1970, après avoir sensiblement fléchi de 1972 à
mier emploi occupé) (cf. encadré). Elle ne fournit 1977 et de 1980 à 1985. Deux explications ont été
donc que trois points de repère et ignore les événe- avancées à ce fléchissement : d’une part, une chute
ments qui ont pu intervenir dans l’intervalle : chan- de la mobilité volontaire liée à la montée du chô-
gements de catégorie, période de chômage, mage de la fin des années 70 (Chenu, 1992),
interruption d’activité. D’autre part, les périodes de d’autre part, une raréfaction des promotions
la vie professionnelle qu’elle recouvre ont en géné- qu’aurait provoqué la concurrence des nouvelles
ral connu des retournements conjoncturels : l’en- générations plus diplômées (Goux, 1991). Mais en
quête de 1993 servant de matière à cet article permet s’accélérant à la fin des années 80 et au début des
de rapprocher la situation des personnes interrogées années 90, le bouleversement des activités produc-
en 1988 et en 1993. Cette période de cinq ans voit se tives et de l’organisation des entreprises a, au
Tableau 1
Changement d’établissement ou d’entreprise et changement de catégorie sociale
selon le sexe et l’âge (1985-1993)
En %
Changement d’établissement ou d’entreprise Changement de catégorie sociale (1)
1980-1985 1988-1993 1980-1985 1988-1993
Hommes
20-24 ans 41,0 80,8 40,1 51,2
25-29 ans 48,7 62,2 28,5 32,7
30-34 ans 38,3 49 19,9 22,8
35-39 ans 30,1 37,6 15,6 20,2
40-45 ans 24,4 31,8 11,8 15,6
45-49 ans 20,6 22,4 9,8 10,9
50-54 ans 16,3 24,4 6,3 12,0
55-59 ans 13,0 13,8 5,5 7,1
60-64 ans 6,4 10,9 (2) 3,5 10,2 (2)
Total 29,0 35,4 15,1 18,0
Femmes
20-24 ans 53,9 88,1 24,2 28,3
25-29 ans 39,1 58,7 12,8 26,1
30-34 ans 30,3 45,9 12,7 16,1
35-39 ans 25,5 33,8 10,5 13,5
40-45 ans 19,8 28,0 7,7 13,1
45-49 ans 17,6 22,3 5,4 11,5
50-54 ans 16,1 24,2 6,1 9,0
55-59 ans 11,4 15,0 4,4 6,6
60-64 ans 5,9 19,8 (2) 1,3 8,8 (2)
Total 24,5 33,6 9,3 14,0
1. Catégories socioprofessionnelles : nomenclature PCS regroupée en 7 postes.
2. L’augmentation du taux pour les 60-64 ans concerne des actifs beaucoup moins nombreux en 1993 qu’en 1985.
Lecture : 41 % des hommes âgés de 20 à 24 ans en 1985 ont changé d’établissement ou d’entreprise entre 1980 et 1985.
Champ : actifs occupés en 1980 et 1985 ou en 1988 et 1993.
Source : enquête FQP, Insee.
26 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 331, 2000 - 1contraire, engendré un regain de mobilité : ce que que le nombre de cadres et de professions intermé-
suggère l’enquête FQP 1993. À partir de 1985, diaires des deux sexes, ainsi que celui des
s’est développée progressivement une certaine employés femmes augmente, les agriculteurs, les
flexibilité de l’emploi : cela explique l’augmenta- artisans commerçants, ou les ouvriers s’avèrent des
tion de la fréquence des changements d’établisse- catégories en déclin, ceci quel que soit le sexe
ments ou d’entreprises, qui relèveraient alors (cf. tableau 2).
davantage d’une mobilité contrainte que volon-
taire. Cette progression est spectaculaire pour les En dehors de la mobilité, les effectifs des différen-
20/24 ans, et plus sensible pour les femmes que tes catégories socioprofessionnelles résultent des
pour les hommes. facteurs suivants : entrées des jeunes sur le marché
du travail, départs en retraite, retraits temporaires
La modification de la structure des emplois a favo- et retours en activité des femmes. L’importance
risé les changements de catégories socioprofes- relative de ces différents mouvements permet de
sionnelles qui se font aussi de nouveau plus caractériser le degré d’ouverture ou au contraire de
nombreux. De 1988 à 1993, et mesuré au niveau le fermeture de chaque groupe. Les graphiques I-A à
plus agrégé de la nomenclature (PCS en sept pos- I-G décrivent l’importance des mouvements
tes), plus de 16 % des actifs ont changé de catégorie d’entrée ou de sortie qui ont affecté en cinq ans (de
sociale. Ce pourcentage est nettement supérieur à 1988 à 1993) certains groupes.
celui de l’enquête de 1985 (12,9 %) et à celui de
1977 (14,5 %). Là encore, la hausse est plus pro- Entre 1988 et 1993, les agriculteurs constituent
noncée pour les femmes, dont la mobilité reste ainsi une catégorie particulièrement close : la dimi-
cependant encore inférieure à celle des hommes nution de ses effectifs résulte de l’importance des
(cf. tableau 1). Concernant toutes les tranches départs en retraite, de la faiblesse du renouvelle-
d’âges, cette hausse est plus accentuée pour les ment par entrées en activité de lycéens ou d’étu-
plus jeunes. Ce sont eux en effet dont l’insertion diants (issus, évidemment, des filières techniques
professionnelle est le plus tributaire de la conjonc- appropriées), et de l’insignifiance des échanges
ture économique. La dégradation de cette dernière avec d’autres PCS. Au total, 90 % des hommes de
s’accompagne du développement des premières cette profession en 1993 y appartenaient déjà en
embauches sur des contrats de courte durée, ou sur 1988 (cf. graphique I-A).
des postes sous-qualifiés par rapport à leur
diplôme. Ces conditions d’insertion défavorables La légère diminution du nombre d’artisans, com-
conduisent ultérieurement certains jeunes à chan- merçants et chefs d’entreprise recouvre en fait
ger d’établissements. Dans d’autres cas ils bénéfi- d’importants mouvements vers et surtout en
cieront de reclassements de qualification. provenance d’autres PCS (ouvriers notamment).
La faiblesse des entrées de jeunes issus de
l’appareil scolaire n’est pas surprenante : l’ins-
Des catégories sociales moins fermées sur tallation à son compte est favorisée par la déten-
elles-mêmes… tion d’un minimum d’expérience professionnelle
et de capital. Aussi concerne-t-elle des hommes
L’évolution des effectifs est assez contrastée d’une de plus de 40 ans dans presque la moitié des cas
catégorie socioprofessionnelle à l’autre. Alors (cf. graphique I-B).
Encadré L’ENQUÊTE FQP 1993
Les données sur la mobilité professionnelle utilisées ici mouvements éventuels survenus entre ces deux dates
proviennent principalement des résultats des enquêtes sont donc ignorés. La position professionnelle est
FQP, dont la dernière date de 1993. Cette enquête, qui appréhendée selon le code des PCS. Ce dernier com-
a été réalisée pour la première fois en 1964, a été renou- porte trois niveaux de précision croissante emboîtés les
velée sous des formes voisines en 1970, 1977 et 1985. uns dans les autres. Le plus fin, celui des professions
L’enquête de 1993 diffère des précédentes par la taille comporte 489 postes élémentaires repérés par un code
de l’échantillon, plus restreinte (22 500 individus contre à 4 chiffres. Ces professions peuvent être rassemblées
45 000 précédemment), par une technique d’échantil- en 32 grands regroupements, repérés par un code à
lonnage un peu différente, et par une restriction du deux chiffres. Nous y faisons référence dans cet article
champ de l’enquête aux personnes âgées de 20 à 64 sous le nom de nomenclature à deux chiffres. Le dernier
ans. Elles permettent de mesurer la mobilité profession- regroupement, en sept catégories socioprofessionnel-
nelle sur 5 ans : changements d’établissements, les, est le plus fréquemment utilisé (1).
d’entreprises, de catégories sociales, entrées et sorties
d’activité. L’enquêté a été interrogé sur sa situation pro- 1. Sur le code des professions et catégories-
fessionnelle en mai 1988 et en mai 1993 : les les, se reporter à Desrosières et Thévenot (1996).
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 331, 2000 - 1 27Les deux catégories des cadres et des professions Le nombre d’employés et d’ouvriers qualifiés de
intermédiaires manifestent davantage d’ouverture. sexe masculin a peu varié. Ici l’apport des débu-
En cinq ans elles accueillent environ 30 % de nou- tants est resté stable. Ces deux groupes entretien-
veaux arrivants (cf. graphiques I-C et I-D). L’aug- nent des échanges intenses avec d’autres catégories
mentation de leurs rangs recouvre à la fois une socioprofessionnelles : dans le cas des employés,
intensification du recrutement direct de jeunes ces mouvements sont bilatéraux, alors que dans
en provenance du système scolaire, et des arri- celui des ouvriers les départs vers d’autres horizons
vées en provenance d’autres PCS. Comme par- sociaux l’emportent de beaucoup sur les arrivées.
tout, le passage par le chômage a pris davantage Enfin, les effectifs d’ouvriers non qualifiés
d’ampleur. connaissent une érosion s’expliquant par un
Graphique I
Évolution les plus remarquables des catégories socioprofessionnelles
Autres PCSA - Agriculteurs (hommes de 20 à 64 ans)
22 32
Effectifs (42) (48)
Taux de stabilité1993 Stables514 Étudiants 11921
Retraiteen 1993 : 90 %en 1993 : 461élèves
(28) (58)
en 1985 : 724 en 1985 : 91 %1985 796
B - Artisans, commerçants, chefs d’entreprises
Autres PCS(hommes de 20 à 64 ans)
115 285
Effectifs (98) (256)
Stables Taux de stabilité11081993 91Étudiants 30
en 1993 : 762 en 1993 : 69 % Retraite
élèves
(56)(23) en 1985 : 74 %en 1985 : 8771985 1186
44 27
(39)
(14)Chômage
C - Cadres (hommes de 20 à 64 ans)
Autres PCS
Effectifs 294131
(175)(65)
1993 1839
Stables Taux de stabilité
Étudiants 195 134
1985 en 1993 : 71 % Retraiteen 1993 : 13141390 élèves
(106) (115)
en 1985 : 1078 en 1985 : 78 %
57 37
(26) (10)Chômage
D - Professions intermédiaires (hommes de 20 à 64 ans)
Autres PCS
Effectifs
492393
(295)(360)
1993 2719 Stables Taux de stabilité
316Étudiants 198
en 1993 : 70 % Retraiteen 1993 : 1990élèves1985 2333 (220) (197)
en 1985 : 72 %en 1985 : 1690
146 35
(57) (14)Chômage
28 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 331, 2000 - 1tarissement des entrées de jeunes issus du système catégorie : on l’appelle taux de stabilité, et, sauf
scolaire, et par une hémorragie vers d’autres caté- indication contraire, il est calculé pour chaque
gories, les départs à destination de ces dernières enquête FQP, en rapprochant la situation des per-
s’avérant presque deux fois plus nombreux que les sonnes interrogées à la date de l’enquête, de celle
arrivées. De ce fait, seuls 64 % des ouvriers non occupée cinq ans avant. Cet indicateur est en géné-
qualifiés de 1995 l’étaient déjà en 1988. ral plus faible pour les femmes que pour les hom-
mes. Leur mobilité professionnelle est inférieure,
Le degré de fermeture d’une catégorie sur mais leur risque de chômage est accentué et leurs
elle-même au cours d’une période donnée peut être passages par l’inactivité restent nombreux. Même
mesuré par le pourcentage d’actifs occupés qui, en si l’ensemble des taux d’activité féminin croissent,
début de période, appartenaient déjà à cette de tels retraits d’activité demeurent importants
Graphique I (suite)
E - Ouvriers qualifiés (hommes de 20 à 64 ans)
Autres PCS
Effectifs
539374
(434)(415)
33681993 Étudiants Stables Taux de stabilité
257élèves
en 1993 : 2617 en 1993 : 78 % Retraite
1985
3389 250 (227) (240)en 1985 : 77 %en 1985 : 2613
213 122
(206) (46)Chômage
F - Ouvriers non qualifiés (hommes de 20 à 64 ans)
Autres PCS
Effectifs 174335
(125)(449)
1993 1217 Stables Taux de stabilité
Étudiants 176 61
Retraiteen 1993 : 775 en 1993 : 64 %élèves1985 1466 (203) (161)en 1985 : 71 %en 1985 : 1053
175 84
(193) (35)
Chômage
G - Employés (femmes de 20 à 64 ans)
Autres PCS
Effectifs 304427
(183)(285)
Étudiants Stables Taux de stabilité43991993 élèves 174
Retraiteen 1993 : 2925 en 1993 : 67 %
(174)462 (678) en 1985 : 69 %1985 4096 en 1985 : 2816
350 224320 389
(246) (317)(193) (227)
Chômage inactivité
Lecture : ces graphiques retracent les flux d’entrées et de sorties de la catégorie. Pour chaque individu on dispose de sa situation à la date
de l’enquête et cinq ans auparavant. Sur les 514 000 agriculteurs de 1993, 461 000 l’étaient déjà en 1988 (et sont qualifiés de stables) ;
21 000 le sont devenus au sortir de leurs études et 32 000 proviennent d’autres catégories. 119 000 agriculteurs de 1988 ont pris leur
retraite entre 1988 et 1993 tandis que 22 000 ont abandonné l’état d’agriculteur au profit d’une autre catégorie pendant la même
période (graphique I-A) .
Chiffres en milliers. Chiffres de 1985 entre parenthèses.
Champ : hommes (resp. femmes) de 20 à 64 ans, actifs (resp. actives) à l’une au moins des deux dates (1988 ou 1993).
Sources : enquête FQP, Insee.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 331, 2000 - 1 29pour les employées et les ouvrières (1) (cf. gra- catégorie en début de période). La période consi-
phique I-F). dérée est encore celle des cinq années précédant la
date de l’enquête. Cette approche se limite aux
actifs occupés en début et en fin de période, en
…surtout chez les moins de 40 ans l’occurrence en 1988 et en 1993 pour l’enquête
FQP de 1993. Elle néglige, évidemment, les événe-
Les moins de quarante ans cumulent les facteurs de ments qui ont pu intervenir au cours des années
renouvellement : plus grande vulnérabilité au chô- intermédiaires dans la trajectoire professionnelle
mage, changements fréquents de profession, pro- des personnes enquêtées.
pension à l’inactivité des jeunes femmes au
moment de la venue des enfants. Au-delà de 40 ans, La comparaison de la table de recrutement sur cinq
la mobilité se réduit, les entrées se raréfient, la ans à l’enquête de 1993, avec celles des deux
composition des catégories se stabilise. Au sein de enquêtes précédentes, indique une légère intensifi-
chaque catégorie, les plus de 40 ans diffèrent donc cation du renouvellement de la plupart des catégo-
des plus jeunes à la fois par leur plus grande stabi- ries. Cette évolution est plus marquée pour les
lité et par leur moindre niveau de diplôme. moins de 40 ans en fin de période dans les catégo-
ries suivantes : artisans, cadres, professions inter-
La mobilité peut être analysée au moyen de tables médiaires et employés (cf. tableaux 3-A et 3-B).
de recrutement (catégorie socioprofessionnelle en
début de période des personnes appartenant à une
1. Cette progression connaît une exception majeure récente. Depuiscatégorie donnée au moment de l’enquête), ou de
juillet 1994, la possibilité de toucher l’allocation parentale d’éducation
tables de destination (catégorie socioprofession- (APE) dès le deuxième enfant a provoqué une chute spectaculaire
des taux d’activité des mères de jeunes enfants (Afsa, 1999).nelle au moment de l’enquête en fonction de la
Tableau 2
Nombre d’actifs occupés selon la catégorie socioprofessionnelle (niveau détaillé) et le sexe, en
1988 et en 1993
En milliers
Hommes Femmes
Catégorie socioprofessionnelle détaillée
1988 1993 1988 1993
11. Agriculteurs sur petite exploitation 258 116 177 107
12. Agriculteurs sur moyenne exploitation 267 185 147 106
13. Agriculteurs sur grande exploitation 262 269 142 139
1. Agriculteurs exploitants 787 570 466 352
21. Artisans 627 587 210 217
22. Commerçants 420 415 351 307
23. Chefs d’entreprise de 10 salariés et plus 96 123 19 22
2. Artisans, commerçants et chefs d’entreprise 1 143 1 125 580 546
31. Professions libérales 192 212 84 104
33. Cadres de la Fonction publique 179 194 56 75
34. Professeurs, professions scientifiques 249 298 222 326
35. Professions de l’information, des arts et des spectacles 82 102 72 66
37. Cadres administratifs et commerciaux d’entreprise 493 529 153 229
38. Ingénieurs et cadres techniques d’entreprise 447 522 44 65
3. Cadres et professions intellectuelles supérieures 1 642 1 857 631 865
42. Instituteurs et assimilés 306 278 501 502
43. Professions intermédiaires de la santé et du travail social 179 196 555 623
44. Clergé, religieux. 19 18 1 2
45. Professions intermédiaires de la Fonction publique 180 206 192 224
46. Professions intermédiaires adm. et commerciales d’entreprise 643 646 493 593
47. Techniciens 681 748 79 89
48. Contremaîtres, agents de maîtrise 504 502 39 44
4. Professions intermédiaires 2 512 2 594 1 860 2 077
52. Employés civils et agents de la Fonction publique 385 382 1437 1501
53. Policiers et militaires 385 426 26 32
54. Employés administratifs d’entreprise 369 332 1585 1620
55. Employés de commerce 162 167 549 564
56. Personnels des services directs aux particuliers 161 155 851 951
5. Employés 1 462 1 462 4 448 4 668
62. Ouvriers qualifiés de type industriel 1274 1276 190 205
63. Ouvriers qualifié de type artisanal 1164 1284 83 106
64. Chauffeurs 523 518 15 23
65. Ouvriers qualifiés de la manutention, du magasinage et du transport 343 320 17 26
67. Ouvriers non qualifiés de type industriel 957 745 588 449
68. Ouvriers non qualifiés de type artisanal 542 411 228 265
69. Ouvriers agricoles 198 169 49 58
6. Ouvriers 5 001 4 723 1 170 1 132
Total 12 547 12 331 9 155 9 640
Source: enquête Emploi, Insee.
30 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 331, 2000 - 1Tableau 3
Mobilité professionnelle des actifs occupés âgés de 25 à 39 ans : table de recrutement*
A - Hommes
En %
PCS à la date de l’enquête
Artisans,
Professions Ouvriers
PCS 5 ans avant Date de Agricul- commerçants Ouvriers
Cadres intermé- Employés non
la date de l’enquête l’enquête teurs et chefs qualifiés
diaires qualifiés
d’entreprise
1977 89,2 0,9 0,0 0,3 0,6 0,5 1,0
1985 89,4 0,4 0,0 0,1 0,2 0,2 0,9Agriculteurs
1993 87,0 0,9 0,0 0,2 0,0 0,2 0,6
1977 0,3 53,9 0,5 1,4 1,1 1,0 0,5Artisans, commerçants
1985 0,4 57,7 0,5 1,4 0,8 1,1 0,9
et chefs d’entreprise
1993 1,5 49,5 0,4 1,5 1,1 1,8 0,5
1977 0,0 5,3 70,9 0,7 0,3 0,1 0,2
1985 0,1 4,3 74,9 1,1 0,2 0,0 0,0Cadres
1993 0,0 3,7 66,8 1,9 0,4 0,0 0,4
1977 1,4 12,0 22,6 73,8 3,9 1,0 0,1
Professions 1985 2,2 9,4 20,3 76,2 4,8 0,9 1,3
intermédiaires 1993 1,0 14,2 24,7 71,9 4,1 1,2 2,1
1977 0,5 5,0 4,3 9,2 79,2 2,1 1,9
1985 0,7 4,3 3,4 8,7 80,2 1,8 0,9Employés
1993 2,3 5,2 5,5 9,4 76,7 2,9 5,2
1977 3,4 17,6 1,2 10,9 9,6 84,5 9,9
1985 3,0 18,9 0,2 10,5 7,5 85,0 9,5Ouvriers qualifiés
1993 0,5 25,6 1,9 12,7 9,1 85,5 12,4
1977 5,2 5,3 0,5 3,7 5,3 10,8 86,4
1985 4,2 5,0 0,7 2,0 6,3 11,0 86,5Ouvriers non qualifiés
1993 7,7 0,9 0,7 2,4 8,6 8,4 78,8
1977 100 100 100 100 100 100 100
1985 100 100 100 100 100 100 100Total
1993 100 100 100 100 100 100 100
* Comparaison des enquêtes de 1977, 1985 et 1993.
Lecture : 87 % des hommes agriculteurs en 1993 étaient déjà agriculteurs en 1988.
Champ : actifs occupés en 1988 et en 1993 résidant sur le territoire.
Source : enquête FQP, Insee.
B - Femmes
En %
PCS à la date de l’enquête
Artisans,
Profes- Ouvriers
PCS 5 ans avant Date de Agricul- commerçants Ouvriers
Cadres sions inter- Employés non
la date de l’enquête l’enquête teurs et chefs qualifiés
médiaires qualifiés
d’entreprise
1977 91,6 0,5 0,0 0,3 0,6 1,1 2,4
1985 90,4 0,2 0,0 0,1 0,1 0,0 0,1Agriculteurs
1993 87,3 0,0 0,0 0,1 0,1 0,0 0,3
1977 1,1 73,5 0,0 0,8 1,4 1,3 0,2
Artisans, commerçants
1985 1,7 64,4 0,4 0,2 1,0 0,0 0,9et chefs d’entreprise
1993 0,0 57,7 1,4 0,4 1,0 0,0 2,0
1977 0,9 0,0 75,3 1,1 0,2 0,0 0,2
1985 0,2 1,5 75,8 0,5 0,1 0,0 0,0Cadres
1993 0,0 0,0 74,7 2,8 0,0 0,0 0,0
1977 0,9 3,9 17,3 84,6 1,8 0,7 0,5
Professions 1985 2,1 2,1 16,3 84,7 2,1 0,4 0,0
intermédiaires
1993 1,2 1,6 16,5 75,3 2,8 1,7 2,7
1977 3,2 16,1 6,5 12,4 90,7 8,3 7,0
1985 4,8 28,5 6,6 13,8 93,1 4,2 4,7Employés
1993 6,9 37,6 7,4 16,9 90,1 14,9 11,5
1977 0,0 1,4 0,0 0,4 1,4 77,7 0,9
1985 0,0 1,6 0,5 0,5 0,7 77,3 0,5Ouvriers qualifiés
1993 0,0 0,0 0,0 3,4 1,3 73,4 3,5
1977 2,3 4,6 0,9 0,4 3,9 10,9 88,8
1985 0,8 1,7 0,4 0,2 2,9 18,1 93,8Ouvriers non qualifiés
1993 4,6 3,1 0,0 1,1 4,7 10,0 80,0
1977 100 100 100 100 100 100 100
1985 100 100 100 100 100 100 100Total
1993 100 100 100 100 100 100 100
* Comparaison des enquêtes de 1977, 1985 et 1993.
Lecture : 87,3 % des femmes agricultrices en 1993 étaient déjà agricultrices en 1988.
Champ : actives occupées en 1988 et en 1993 résidant sur le territoire.
Source : enquête FQP, Insee.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 331, 2000 - 1 31Graphique II :
Carte de la mobilité masculine
Cadres adm.39 (8)Ingénieurs Professeursd’entreprise353 24 (16) 292495
27
(5)
21
(2)31
15 45(27) 17
(40)(7)
21
27
(2)Prof.
22 (11) intermédiaires Instituteurs
Techniciens adm. 233
671 19 commerciales
632
26
55 Mouvements (en milliers)
19 (23) (34)
Plus de 953239
EmployésContremaitres (20)(46)
44 à moins de 95Agents 238 adm. Commerçants
de maîtrise d’entreprise 389
497 30 à moins de 44
52 45
17(21)(37)
20 à moins de 3029
15 à moins de 20
146 (35)Ouvriers qualifiés 63 (58)Ouvriers qualifiés Entre parenthèses,
Artisansde type industriel les chiffres de 1985de type artisanal
52932 (22)1146 26 (17)1024
22 Effectifs (en milliers)
(14)
22
500(21)
63
200
(121) Ouvriers 31
qualifiés 30(72)
(13)manutention 21
22 transport (7)(17)
18
Chauffeurs316(18)
438
22
(5)
18
Ouvriers 22 (21) Employésnon qualifiés 22 (20) 20 (9)
248 Fonct. pub.de type industriel 17 (45)
349506
ONQ de type artisanal
Lecture : flux entre catégories détaillées de la nomenclature PCS de 1982. Pour chaque homme, on compare sa position professionnelle au
moment de l’enquête et cinq ans auparavant. Seul les mouvements concernant au moins 15 000 hommes ont été répertoriés.
L’aire de chaque cercle est proportionnelle à l’importance numérique des catégories en 1993.
Chiffres de l’enquête de 1993. Entre parenthèses, chiffres de l’enquête de 1985.
Champ : hommes de 25 à 64 ans.
Sources : enquête FQP, Insee.
32 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 331, 2000 - 1Graphique III
Cadre de la mobilité féminine
Ingénieurs Cadres Professeurs20651 adm. 278
d’entreprise
14 16
(2)20
(18)
31
11(27)
9
Prof. interm.
Prof. interm.de laTechniciennes Prof. Institutrices de la santé et18 Fonction publiqueintermédiaires du travail social39895 adm. 521
212commerciales
506
1312
105(9)
24(60) Mouvements (en milliers)
34 Plus de 95
44 à moins de 95
26 Employées
30 à moins de 4421administratives Commerçantes
389d’entreprise
20 à moins de 30
321259
17 12 (8) 12 à moins de 20
10Ouvrières Entre parenthèses,24
17 qualifiées les chiffres de 198517
243
(16)19
99 Effectifs (en milliers)(12)
(34)19 500
(28) Employées
200Fonction publique
101810
4519
(23) 3516
(16) 13(5)
20 12 (5)
13Ouvrières Employées
non qualifiées de commerce1010 (5)564 21 32522
(28) (9)
64
(27)
Personnels 18(4)
des services directs Artisanes
aux particuliers 14 (9) 155
541
Lecture : flux entre catégories détaillées de la nomenclature PCS de 1982. Pour chaque femme, on compare sa position professionnelle au
moment de l’enquête et cinq ans auparavant. Tous les mouvements concernant au moins 12 000 femmes, et certains mouvements de taille
inférieure ont été répertoriés et figurent en pointillé.
L’aire de chaque cercle est proportionnelle à l’importance numérique des catégories en 1993.
Chiffres de l’enquête de 1993. Entre parenthèses, chiffres de l’enquête de 1985.
Champ : femmes de 25 à 64 ans.
Sources : enquête FQP, Insee.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 331, 2000 - 1 33Sur cinq ans, ces catégories intègrent des pourcen- Les ouvriers qualifiés restent la plaque
tages croissants de nouveaux membres, ce dont tournante de la mobilité masculine…
témoigne la diminution des chiffres de la diago-
nale. Cependant, la proximité des catégories n’en L’intensité des échanges entre catégories ouvrières
est pas vraiment modifiée. En effet, l’intensifica- s’impose au vu de la carte de la mobilité masculine
tion de la mobilité recouvre toujours un renforce- (cf. graphique II). Le monde ouvrier s’organise
ment du recrutement de nouveaux membres en autour de deux pôles : celui des ouvriers qualifiés
provenance de la catégorie la plus proche : celle de type industriel, terminologie de la nomenclature
dont étaient déjà originaires l’essentiel des nou- des PCS de 1982 qui regroupe un personnel en
veaux arrivants aux enquêtes précédentes. Ainsi, général issu de l’enseignement technique, travail-
en cinq ans, 33 % de nouveaux venus viennent gros- lant dans des entreprises moyennes ou grandes de
sir les effectifs des cadres âgés de moins de 40 ans branches industrielles telles que la métallurgie, la
en 1993. Ce pourcentage n’était que de 25 % en chimie, le textile ou l’agro-alimentaire (Desrosiè-
1985. Ces nouvelles recrues sont toujours aussi res et Thévenot, 1996). Le second pôle est celui des
rarement d’anciens ouvriers ou d’anciens ouvriers qualifiés de type artisanal, souvent issus
employés. Par contre, le recrutement traditionnel de l’apprentissage, travaillant plus fréquemment
en provenance des professions intermédiaires se dans de petites entreprises, notamment du bâtiment
renforce. De même, les nouveaux artisans sont ou de la réparation automobile, qui offrent des
d’anciens ouvriers, tout comme le sont les nou- salaires en moyenne inférieurs. La circulation entre
veaux membres des professions intermédiaires et ces deux pôles s’est intensifiée : le flux qui conduit
les nouveaux employés. Au total, malgré l’aug- des ouvriers qualifiés de type artisanal vers les
mentation de la mobilité, la fréquence des mouve- ouvriers qualifiés de type industriel est de 1988 à
ments entre catégories socialement éloignées 1993 le plus important du graphique. Il a plus que
demeure insignifiante, pour les hommes comme quadruplé depuis l’enquête de 1985. Fait d’autant
pour les femmes. plus remarquable qu’il est douteux qu’il résulte
Tableau 4
Mobilité professionnelle des hommes de 25 à 39 ans actifs occupés : table de destinées*
En %
PCS à la date de l’enquête
Artisans,
Ouvriers
PCS 5 ans avant la Date de Agricul- commerçants Professions Ouvriers
Cadres Employés non Total
date de l’enquête l’enquête teurs et chefs intermédiaires qualifiés
qualifiés
d’entreprise
1977 88,7 1,4 0 1,8 1,4 3,8 2,9 100
1985 94,4 0,8 0 0,8 0,5 1,5 2,0 100Agriculteurs
1993 92,8 1,8 0 1,1 0,0 2,3 2,0 100
1977 0,3 82,5 0,9 6,2 2,3 6,6 1,2 100Artisans,
1985 0,3 83,7 0,9 5,4 1,7 6,4 1,6 100commerçants et
chefs d’entreprise 1993 1,3 73,3 0,9 7,5 2,6 13,2 1,2 100
1977 0,0 6,1 90,6 2,3 0,4 0,3 0,3 100
1985 0,1 4,5 92,0 2,8 0,4 0,2 0,0 100Cadres
1993 0,0 3,1 90,3 5,5 0,5 0,0 0,6 100
1977 0,3 4,6 9,5 81,3 2,1 1,7 0,5 100
Professions 1985 0,5 3,9 9,9 80,3 3,1 1,6 0,7 100
intermédiaires
1993 0,2 4,5 12,7 77,3 2,2 2,0 1,1 100
1977 0,2 3,1 3,0 16,8 69,2 5,8 1,9 100
1985 0,2 2,6 2,4 13,4 75,7 4,5 1,2 100Employés
1993 0,6 2,6 4,5 15,8 64,9 7,4 4,2 100
1977 0,4 3,9 0,3 7,0 2,9 81,5 4,0 100
1985 0,4 4,4 0,1 6,3 2,8 82,9 3,1 100Ouvriers qualifiés
1993 0,1 4,8 0,6 8,1 2,9 79,8 3,7 100
1977 1,3 2,3 0,2 4,6 3,2 20,3 68,1 100
Ouvriers non 1985 1,2 2,6 0,4 2,7 5,2 24,2 63,7 100
qualifiés
1993 2,2 0,4 0,5 4,2 7,3 21,0 64,4 100
* Comparaison des enquêtes de 1977, 1985 et 1993.
Lecture : sur 100 hommes actifs occupés en 1977 et qui étaient agriculteurs en 1972, 3,8 % étaient devenus ouvriers qualifiés en 1977. Sur
100 hommes actifs occupés en 1993 et qui étaient agriculteurs en 1988, 2,3 % étaient devenus ouvriers qualifiés en 1993.
Champ : actifs occupés en 1988 et en 1993 résidant sur le territoire.
Source : enquête FQP, Insee.
34 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 331, 2000 - 1

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