Une réévaluation du travail frontalier lorrain au Luxembourg : lapport de données longitudinales

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Le travail frontalier lorrain vers le Luxembourg n’a pas d’équivalent dans les autres régions françaises. Il impacte considérablement l’activité dans le nord de la Lorraine. Les mesures usuelles de ces flux quotidiens en fournissent une vision partielle, voire sous-estimée. Une réévaluation sur la base de données longitudinales révèle l’ampleur de l’impact humain et professionnel de ce phénomène. En Lorraine, plus de 140 000 personnes ont été concernées par le travail frontalier vers le Luxembourg sur la période 2001-2006. Ces actifs connaissent au Grand-Duché des parcours hétérogènes. Certains y ont travaillé épisodiquement, en intérim notamment, ceux-là même qui subissent les conséquences de la crise économique actuelle. En revanche, près de 45 000, spécifiques en termes d’âge et de secteur d’activité, étaient engagés dans des trajectoires professionnelles durables au Luxembourg entre 2001 et 2006. Toutefois, les trajectoires longues sont diversement favorables sur le plan salarial en fonction de caractéristiques individuelles telles que le salaire initial, le secteur d’activité, l’âge et le genre. Ainsi, «toutes choses égales par ailleurs», le fait d’être une femme ou un senior de plus de 55 ans freine les évolutions du revenu salarial. Des mobilités résidentielles accompagnent les trajectoires professionnelles des frontaliers. Ces déménagements ne paraissent pas obéir à des stratégies systématiques de relocalisation réduisant les coûts de transport liés aux navettes domicile-travail. Sommaire Décollage de l’activité et du travail frontalier Plus de 140 000 frontaliers lorrains vers le Luxembourg ! Des nouveaux frontaliers chaque année Des parenthèses frontalières Une conjoncture moins favorable au travail frontalier Des carrières longues qui se dessinent Spécificités des frontaliers lorrains à trajectoire longue Des trajectoires favorables ? Des évolutions salariales vives, et dispersées en fonction des caractéristiques personnelles et professionnelles 20% des frontaliers à trajectoire longue en mobilité sectorielle Impact confirmé, bien qu’ambigu, du salaire initial Impact renforcé du genre Des effets sectoriels révélés Mobilités professionnelles et résidentielles Décollage de l’activité et du travail frontalier Plus de 140 000 frontaliers lorrains vers le Luxembourg ! Des nouveaux frontaliers chaque année Des parenthèses frontalières Une conjoncture moins favorable au travail frontalier Des carrières longues qui se dessinent Spécificités des frontaliers lorrains à trajectoire longue Des trajectoires favorables ? Des évolutions salariales vives, et dispersées en fonction des caractéristiques personnelles et professionnelles 20% des frontaliers à trajectoire longue en mobilité sectorielle Impact confirmé, bien qu’ambigu, du salaire initial Impact renforcé du genre Des effets sectoriels révélés Mobilités professionnelles et résidentielles
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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www.insee.fr/lorraine
°N194-195 Une réévaluation du travail frontalier
lorrain au Luxembourg :
Le travail frontalier lorrain vers le Luxembourg n’a pas d’équivalent dans les autres
régions françaises. Il impacte considérablement l’activité dans le nord de la Lorraine.
Les mesures usuelles de ces flux quotidiens en fournissent une vision partielle, voire
sous-estimée. Une réévaluation sur la base de données longitudinales révèle
l’ampleur de l’impact humain et professionnel de ce phénomène. En Lorraine,
plus de 140 000 personnes ont été concernées par le travail frontalier vers
le Luxembourg sur la période 2001-2006. Ces actifs connaissent au Grand-DuchéL’Insee Lorraine remercie
l’Inspection générale des parcours hétérogènes. Certains y ont travaillé épisodiquement, en intérim
de la sécurité sociale (IGSS)
notamment, ceux-là même qui subissent les conséquences de la crise économique
du Luxembourg
pour sa coopération actuelle. En revanche, près de 45 000, spécifiques en termes d’âge et de secteur
et la transmission du fichier d’activité, étaient engagés dans des trajectoires professionnelles durables
exploité dans cette étude.
au Luxembourg entre 2001 et 2006. Toutefois, les trajectoires longues sont
diversement favorables sur le plan salarial en fonction de caractéristiques individuelles
telles que le salaire initial, le secteur d’activité, l’âge et le genre. Ainsi, “toutes choses
égales par ailleurs”, le fait d’être une femme ou un senior de plus de 55 ans freine
les évolutions du revenu salarial. Des mobilités résidentielles accompagnent
les trajectoires professionnelles des frontaliers. Ces déménagements ne paraissent
pas obéir à des stratégies systématiques de relocalisation réduisant les coûts
de transport liés aux navettes domicile-travail.
La proximité du Luxembourg et le phéno- dents s’est clairement modifiée en faveur de
mène frontalier associé ont des impacts majeurs ceux où l’opportunité de travail frontalier est la
sur l’économie et la société lorraines : polarisa- plus élevée. À l’issue de ce phénomène, la po-
tion démographique le long du sillon lorrain et de pulation active est plus vivement concentrée
la frontière luxembourgeoise, reconfiguration ter- dans le nord du sillon lorrain et la bande fronta-
ritoriale de l’activité et de l’emploi autour de ces lière, territoires qui recoupent largement ceux
territoires, accroissement significatif des revenus abritant le plus grand nombre de travailleurs
des zones frontalières, etc. frontaliers vers le Luxembourg (cf. carte). Le tra-
vail frontalier stimule le taux d’activité du nord
Décollage de l’activité lorrain selon plusieurs canaux. Il est facteur
et du travail frontalier d’attractivité résidentielle dans une région qui
Entre 1990 et 2006, la hiérarchie des cantons en est plutôt dépourvue, comme en témoigne
lorrains en termes de taux d’activité des rési- l’origine géographique des frontaliers lorrains
Vvers le Luxembourg. L’aire de recru-
142 000 Lorrains concernés par le travail frontalier vers le Luxembourg
tement géographique des frontaliers
lorrains vers le Luxembourg est visi- Mesures du travail frontalier des résidents lorrains au Luxembourg
Effectifs160 000blement plus diversifiée. Parmi eux,
Fenêtre 2001-2006des effectifs significatifs proviennent
140 000
d’un autre département de la région,
d’une autre région de métropole, 120 000
voire de l’étranger hors Luxembourg
100 000(340 de Belgique, 210 du Portugal, etc.).
Fenêtre annuelle
L’autre canal est celui de la dé-
80 000
pense des revenus des frontaliers,
Fenêtre mensuelle
60 000en moyenne plus élevés, et qui sti-
mulent vraisemblablement l’éco-
40 000
nomie résidentielle.
20 000
Entre 1990 et 2006, les effectifs de
0travailleurs frontaliers lorrains vers
2001 2002 2003 2004 2005 2006
le Luxembourg sont passés de
Source : IGSS, calculs Insee
15 000 à 60 000, soit une multiplica-
tion par quatre (x4). Ce bond spec-
Le travail frontalier : un facteur majeur d'activitétaculaire à destination du Grand-
Duché est toutefois légèrement infé-
Modification de la hiérarchie régionale des cantons en termes de taux d'activité
rieur à celui observé pour les rési- entre 1990 et 2006 (Rang du canton en 2006 - Rang du canton en 1990) (couleurs)
et effectifs de frontaliers vers le Luxembourg en 2006 (cercles)dents allemands (x4,7)mais
supérieur à celui des résidents wal-
lons (x2,7). Cette croissance sur-
passe aussi celle des flux frontaliers
les plus significatifs en provenance
de régions françaises, qu’il s’agisse
de ceux entre le Nord-Pas-de-Calais
et la Belgique (x3,2), de l’Alsace
vers l’Allemagne (x1,1)oude
Rhône-Alpes vers la Suisse (x1,4).
Calculée comme le rapport des ef-
fectifs de frontaliers toutes destina-
tions confondues au nombre total
d’actifs occupés résidents, "l’intensi-
té" frontalière lorraine est inégalée :
9% dans la région contre 8% en
ÉcartAlsace, 4% en Franche-Comté, 3%
91en Rhône-Alpes, etc.
44
6Plus de 140 000
Nombre de frontaliers
-22frontaliers lorrains vers le Luxembourg
en 2006
-58vers le Luxembourg !
5453
-90Aussi probants que soient ces indi- 380
Fait avec Philcarto - http://philcarto.free.fr/
cateurs, ils sous-estiment toutefois
Source : Insee, recensements de la population 1990 et 2006l’emprise humaine et économique
Encadré1:Un fichier historique de l’IGSS
Le fichier utilisé ici a été construit par l’Inspection Générale de la Sécurité Sociale du Luxembourg (IGSS) dans le cadre du projet REDIS. Ce projet a
pour premiers objectifs de recueillir ou reconstituer des informations permettant de connaître le revenu annuel des ménages, de réaliser des simula-
tions des politiques socio-fiscales luxembourgeoises et des projections.
La spécificité de ce fichier est de contenir de l’information longitudinale ou historique sur les individus. Par exemple, tous les salariés d’un employeur
immatriculé au Luxembourg sont suivis à l’aide d’un identifiant individuel et anonymisé. Dès lors, est disponible leur trajectoire d’emploi en termes de
nombre de mois travaillés, de salaires perçus, de secteurs d’activité, de même que des caractéristiques personnelles telles que l’âge, le sexe, le lieu
de résidence. En revanche, aucune information n’est disponible sur l’activité (emploi en Lorraine, chômage ou inactivité) des frontaliers lorrainsen
dehors des années de présence dans le fichier, tant entre 2001 et 2006 qu’en dehors de cette période. Dès lors, les individus à trajectoire frontalière
longue, c’est-à-dire présents les 6 années, sont par construction les mieux suivis et observables.
Le fichier mis à disposition de l’Insee couvre le champ des frontaliers résidant en Lorraine sur la période 2001-2006, avec un niveau d’informations
suffisamment agrégé (maillon cantonal pour le lieu de résidence) afin d’éviter les risques d’identification des individus. Ce fichier a été mis à disposi-
tion par l’IGSS dans le cadre d’un partenariat et d’un accord de confidentialité entre l’État du Grand-Duché de Luxembourg et l’Insee Lorraine.
2qu’exerce le travail frontalier sur la renseigne sur le fait que les fronta- Des nouveaux frontaliers
population active lorraine. Une ap- liers d’un mois donné sont les mê- chaque année
proche fondée sur les trajectoires mes ou diffèrent par rapport à ceux
professionnelles, et non plus sur du mois suivant. La réconciliation de ces trois indica-
les effectifs en emploi au cours teurs passe par l’analyse des trajec-
La nouvelle information exploitéed’un mois donné, aboutit à une toires professionnelles des
ici (cf. Encadré 1) diffère en celaréévaluation significative : plus de frontaliers sur la période 2001-2006.
qu’elle introduit un suivi individuel140 000 actifs lorrains ont été fron- Si certains individus participent mois
des travailleurs frontaliers lor-taliers vers le Luxembourg entre après mois et année après année à
rains au Luxembourg sur une pé-2001 et 2006. la force de travail du Grand-Duché,
riode de six années successives d’autres y contribuent plus épisodi-Les statistiques essentiellement (2001 à 2006). Pour une année quement.commentées sur le travail frontalier donnée, quelles que soient la
lorrain au Luxembourg reposent sur C’est pourquoi 91 700 frontaliers lor-durée infra-annuelle de l’emploi
une fenêtre d’observation men- rains différents sont identifiés en 2006occupé et l’éventuelle succession
suelle. Par exemple, 60 300 Lor- alors que la moyenne des mesuresde missions distinctes, un indivi-
rains différents ont travaillé au mensuelles est de 61 450 au coursdu n’est comptabilisé qu’une
Luxembourg au cours du mois de de cette même année. Le mêmeseule fois. En 2006 par exemple,
mars 2006. Comme vu plus haut, schéma se reproduit année après91 700 frontaliers lorrains diffé-
cet indicateur a régulièrement pro- année : en tout 142 000 individus lor-rents ont travaillé au Luxembourg
gressé, notamment entre 2001 et rains différents sont passés par le tra-(cf. courbe rouge). De façon ana-
2006 (cf. graphique p.2, courbe bleue). vail frontalier au Luxembourg alorslogue sur l’ensemble de la pé-
que la moyenne des statistiques an-Toutefois, les valeurs successives riode 2001-2006, 142 000
nuelles est de 85 200.prises par cet indicateur constituent résidents lorrains distincts ont
autant de mesures mensuelles indé- travaillé au moins une fois au Entre deux années consécutives (net
pendantes. Aucune information ne Luxembourg (cf. courbe verte). n+1), des rotations de main-d’œuvre
s’opèrent. Tandis que de nouveaux
frontaliers entrent (absents en n et pré-
83% des frontaliers lorrains de 2001 présents en 2002 sents en n+1) et que d’autres sortent
(présents en n et absents en n+1), la ma-
Rotations de main-d’œuvre entre 2001 et 2002
jeure partie est permanente dans
90 000
l’emploi (présents en n et n+1). Ainsi
80 000
parmi les 74 113 individus présents
70 000 Entrants14 911
en 2001, 61 549 le sont toujours en
60 000
2002, les 12 564 autres en sortent,
50 000
tandis que 14 911 nouveaux fronta-
40 000
liers lorrains entrent dans l’emploi au
61 549 Permanents 61 54930 000
Luxembourg. Relativement stables
20 000
temporellement en dépit des fluctua-
10 000
tions qui ont secoué l’économie0
Sortants -12 564 luxembourgeoise au cours de la pé-
-10 000
riode, ces rotations entre deux an--20 000
2001 2002
nées consécutives révèlent toutefois
Source : IGSS, calculs Insee la montée en charge du phénomène
frontalier entre 2001 et 2006 : les
taux de sortie reculent (-2 points)au41 399 individus présents une seule fois sur la période
profit d’un taux de permanence dans
Répartition des effectifs selon le nombre de présences annuelles
l’emploi et d’un taux d’entrée légère-entre 2001 et 2006
ment renforcés (+1 point).
Effectifs
50 000
44 905
41 39945 000 Des parenthèses
40 000 frontalières
35 000
Sur la période 2001-2006, 41 399
30 000
frontaliers lorrains ne sont identifiés22 056
25 000
qu’une seule année dans l’emploi
20 000
13 796 luxembourgeois. Si certains d’entre
15 000 11 038 9 902
eux ont pu éventuellement être pré-
10 000
sents avant 2001 ou après 2006
5 000
sans que les données disponibles
0
12 34 56 permettent de l’indiquer, les autres
Nombre de présences annuelles
n’ont donc fait qu’une brève appari-
Source : IGSS, calculs Insee
3tion dans l’économie grand-ducale. 2003-2004 au Luxembourg, qui a années suivantes. Toutefois, les
De tels parcours renvoient à un em- affecté l’activité économique et taux de sortie se réduisent au cours
ploi précaire et sont de nature à plus fortement l’emploi intérieur, le du temps : 11% en 2003, 8% en
nourrir les appréhensions à l’égard travail frontalier a peu fléchi. En 2004, 6% en 2005, et seulement 5%
du travail frontalier en Lorraine. Un particulier, des frontaliers lorrains en 2006. Finalement, 60% des fron-
rapide détour par la crise actuelle ont pu s’inscrire durablement dans taliers de 2001 sont présents cinq
réveille la crainte que les travailleurs l’emploi grand-ducal entre 2001 et ans plus tard. La réduction progres-
frontaliers lorrains puissent jouer le 2006. sive des taux de sortie laisse augu-
rôle de variable d’ajustement, à rer que les individus ayant passé le
l’instar de l’emploi intérimaire dans cap des premières années réalisentDes carrières longues
l’économie française. des trajectoires professionnellesqui se dessinent
durables au Luxembourg.
À côté de ces parenthèses frontaliè-
Une conjoncture
res, des carrières longues se dessi- Un autre phénomène observable
moins favorable nent au cours de la période est celui d’allers-retours de cer-
au travail frontalier 2001-2006. Environ 17% des fronta- tains frontaliers lorrains. Ainsi, à
liers de 2001 ne le sont plus en ces 44 905 individus présents auUn changement de régime moins
2002, les sorties de cette cohorte se long des six années entre 2001 etfavorable au travail frontalier s’o-
poursuivant au fur et à mesure des 2006 s’ajoutent environ 5 300 per-père au Luxembourg. Alors que la
crise économique actuelle freine la
Un impact plus marqué de la conjoncture luxembourgeoisecroissance de l’emploi salarié
sur le travail frontalier, particulièrement lorraingrand-ducal, celle du travail fronta-
lier, particulièrement celui origi- Élasticité Glissement annuel (%)
1,6naire de Lorraine, est davantage
9
1,4affectée. Jusqu’à mai 2009, l’élas-
ticité du travail frontalier est en- 1,2
7
core supérieure à l’unité, signifiant 1,0
que les frontaliers continuent à ga-
0,8 5
gner du terrain dans l’économie
0,6
luxembourgeoise. L’élasticité du 3
0,4
travail frontalier des actifs lorrains
0,2
1est en revanche inférieure à l’unité
0,0dès le début de 2008, révélant un
2008 2009-0,2 -1recul relatif de ces derniers. C’est
mars mai juillet sept. nov. janv. mars maijanv.
fév. avril juin août oct. déc. fév. avril juinmême un recul absolu qui s’opère
entre juin 2008 et juin 2009.
Élasticité du travail frontalier lorrain à l'emploi luxembourgeois (gauche)
Glissement annuel du travail frontalier lorrain (droite)
Au moins deux facteurs permettent de l'emploi salarié au Luxembourg (droite)
Élasticité du travail frontalier à l'emploi luxembourgeois (gauche)d’expliquer le fait que l’emploi fron-
Glissement annuel du travail frontalier (droite)
talier ait ralenti plus rapidement
Note de lecture : L'emploi salarié au Luxembourg a crû de seulement 1% entre juin 2008 et juin 2009,que l’emploi résident. Tout d’a- tandis que le glissement annuel de l'emploi frontalier au Luxembourg n'est plus que de 0,6% et celui
de l'emploi frontalier lorrain de -0,8%. À mi-2009, l'élasticité de l'emploi frontalier à l'activité économiquebord, les travailleurs frontaliers
grand-ducale est alors réduite à 0,65 et celle de l'emploi frontalier lorrain devient négative à -0,2.
Ceci signifie qu'à une hausse de 1% de l'emploi total au Luxembourg correspond une baisse de -0,2%sont relativement plus présents
du travail frontalier lorrain.
dans le secteur privé que les rési-
Source : Statec, IGSS
dents, et donc plus sensibles à la
conjoncture économique. De plus,
60% des frontaliers de 2001 présents cinq ans plus tarden cas de retournement rapide de
l’activité, les entreprises réduisent Suivi des frontaliers de 2001
la partielaplusflexibledeleursef-
Effectifs
fectifs, notamment les effectifs in-
80 000
74 113
térimaires, qui sont occupés à 82%
70 000
par des travailleurs frontaliers et à 61 549
60 00069% par les seuls travailleurs fron- 54 707
50 516
taliers français. 47 45050 000 44 905
Depuis 2000, le poids de l’intérim 40 000
dans l’emploi frontalier lorrain a
30 000
crû rapidement, pour atteindre
20 0007,5% des effectifs totaux à
mi-2008, contre 4% de l’emploi ré- 10 000
sident en Lorraine et moins de 3%
0
de celui au Luxembourg. Toute- 2002 2003 2004 2005 20062001
fois,aucoursdelacrise de
Source : IGSS, calculs Insee
4sonnes présentes en début et en annuelle du travail, les 44 905 indivi- nelle (plus de 35 ans) tandis que les
fin de période mais ayant quitté dus présents les 6 années autres sont plus fréquemment des
provisoirement l’emploi au Luxem- consécutives, nommés par la suite in- jeunes actifs. Quant à l’activité pro-
bourg. Elles font partie des 97 000 dividus à trajectoire frontalière fessionnelle exercée, outre une
personnes ayant cumulé moins de longue, se distinguent : ils sont 98% à durée de travail annuelle plus
six présences annuelles dans le fi- travailler au cours des 12 mois de élevée, elle diffère en termes de po-
chier historique. Par exemple, l’année, contre deux tiers des autres. sitionnement sectoriel. Les individus
41 400 personnes ne sont identi- à trajectoire longue sont nettement
fiées qu’une seule année sur l’en- plus présents dans les secteurs deSpécificités
semble de la période. Toutefois, la construction, de l’industrie et de
des frontaliers lorrains
elles ont pu être présentes à d’au- l’intermédiation financière, mais net-
à trajectoire longuetres reprises en dehors de la pé- tement moins dans le secteur de
riode 2001-2006. l’intérim. Et ceci est vrai dès 2001,Les frontaliers à trajectoire longue
la proportion de frontaliers à trajec-À l’échelle d’une année, la participa- ont des caractéristiques spécifiques.
toire longue en situation d’intérimtion des individus à l’emploi n’est pas S’ils diffèrent peu du point de vue du
étant de 4,5%, avant de se réduire ànon plus permanente : au cours de genre, avec 64,5% d’hommes
3,8% en 2006, soit une sous-repré-l’année 2006, 15% des travailleurs contre 63,9% chez les autres fronta-
sentation évidente par rapport auxfrontaliers lorrains ont travaillé moins liers de 2006, ils sont en revanche
autres frontaliers (19,4% en 2006). Lede 9 mois, tandis que 85% ont travail- plus âgés. La majorité d’entre eux
choix durable du statut d’intérimairelé entre 10 et 12 mois, dont l’essentiel sont engagés dans la seconde
est donc une situation rare, ce quipendant 12 mois. Eu égard à la durée partie de leur carrière profession-
confirme le cantonnement de ce
type d’emploi au début de carrière.
Beaucoup d'emplois de longue durée annuelle
Au fur et à mesure des années, les
Répartition des frontaliers de 2006 par durée annuelle de travail intérimaires changent de secteur
d’activité (cf. plus loin l’analyse des
mobilités professionnelles). Dès 2001,
1-3 mois
les frontaliers à trajectoire longue5,3%
5,5%
4-6 mois ont des niveaux de salaire moyen et
4,6%
médian, 2 141 euros et 1 974 euros,
7-9 mois
supérieurs à ceux des autres fronta-
10-12 mois
liers, 1 376 euros et 1 192 euros
respectivement.
Des trajectoires84,6%
favorables ?
Bien que tous permanents dans l’em-
ploi luxembourgeois entre 2001 et
2006, les parcours professionnels de
Source : IGSS, calculs Insee
ces frontaliers lorrains à trajectoire
longue peuvent différer à plusieurs
L'intérim : surtout en début de trajectoire égards. Si les mobilités professionnel-
les sont couramment considérées
Répartition des frontaliers de 2006 par secteur d'activité comme favorables aux individus lors-
qu’elles sont choisies, certaines peu-
12,5Construction Trajectoires longues6,7 vent être subies et n’apporter aucune
Autres frontaliers 200618,7Industries manufacturières valorisation. En tout cas, c’est dans11,6
13,9Intermédiation financière les trajectoires professionnelles que
8,6
se joue largement la qualité de l’em-5,0
Santé et action sociale
4,2
ploi, notamment pour les individus (cf.
2,3Administration publique
1,9 Encadré 2). Pour juger du caractère
Commerce, réparation
15,9
automobile, art. domestiques plus ou moins favorable d’une trajec-13,5
Services collectifs sociaux 2,1 toire professionnelle, l’évolution entre
et personnels 2,4
6,4 2001 et 2006 du salaire mensuelTransports et
communication 7,9
moyen perçu est un indicateur perti-
4,2
Hôtels et restaurants
5,8 nent et synthétique en cela qu’il cris-
19,0Immobilier, location et
tallise généralement les promotions37,4services aux entreprises
3,8 ou déclassements professionnels. Ildont Intérim
19,4
%
permet de mesurer l’évolution entre
0 5 10 15 20 25 30 35 40
2001 et 2006 des revenus salariaux
Source : IGSS, calculs Insee mensuels obtenus par les frontaliers
5à trajectoire longue (cf. Encadré 3). En trastées. Parmi elles, 18,8% ontDes évolutions salariales
termes de mobilités professionnelles subi une baisse de salaire au coursvives, et dispersées...
et/ou résidentielles, des changements de la période contre seulement 11%
Entre 2001 et 2006, 54% des travail-de secteur d’activité d’exercice et de des hommes. Elles sont également
leurs frontaliers lorrains ont eu unelieu de résidence des individus, sont plus nombreuses à avoir connu les
augmentation de leur salaire mensuelobservés au cours de la période évolutions salariales supérieures à
moyen comprise entre 10% et 40%. La2001-2006. Dans quelle mesure, ces 50% : 21,8% d’entre elles contre
croissance médiane est de 23%, soitmobilités et les évolutions salariales 14,3% des hommes.
4,2% en rythme annuel et la crois-sont-elles corrélées ? L’âge lui aussi joue un rôle. Les jeu-sance moyenne est de 38%, soit 6,7%
nes de 20-29 ans sont les plus en-en rythme annuel. Aux extrémités de la
Encadré2:L’analyse clins à avoir des évolutionsdistribution, un quart des frontaliers a
des trajectoires professionnelles salariales marquées, à la baisseconnu une progression supérieure à
comme à la hausse. Quant aux se-Recourir à l’analyse des trajectoires pro- 40%, soit près de 7% en rythme an-
fessionnelles, plutôt qu’à une observa- niors de plus de 55 ans, ils consti-nuel, tandis que la progression sala-
tion de l’emploi en coupe instantanée, tuent le deuxième groupe d’âgeriale de l’autre quart s’est cantonnée àest crucial à plusieurs titres. Ce type d’a-
soumis aux moindres performances10% au mieux, soit environ 2% ennalyse permet d’instruire la probléma-
salariales.tique de la dualité du marché du travail. rythme annuel. À titre de référence, l’in-
Ce dernier serait composé de deux seg- dice des prix à la consommation a pro- Outre ces caractéristiques person-
ments : le premier rassemblant les sala-
gressé de 10% entre 2001 et 2006 en nelles, celles de l’emploi intervien-
riés en emploi stable, le second
France, soit un rythme annualisé nent également. En l’occurrence,regroupant les actifs dans des formes
moyen un peu supérieur à 1,9%. les frontaliers lorrains disposant desparticulières d’emploi et subissant les
ajustements conjoncturels. plus faibles salaires mensuels
Pour les individus, l’inscription favo- moyens en début de période ont... en fonction des caracté-
rable de l’emploi dans le temps est une connu les plus fortes évolutions sa-ristiques personnellescomposante essentielle de sa qualité : lariales : pour plus de la moitié
et professionnelles* elle évite la précarisation consistant à d’entre eux, une hausse salariale de
enchaîner de façon rapide et récur-
plus de 50%, soit près de 8,5% enCette dispersion varie selon plu-rente plusieurs emplois sans capitali-
rythme annuel. En même temps, lasieurs dimensions. Les femmessation professionnelle et/ou salariale ;
deuxième catégorie la moins rému-connaissent des situations plus con-* elle est garante de la permanence et de
la stabilité des revenus individuels ;
Environ la moitié des évolutions de salaires comprises* elle est essentielle à moyen et long
entre 10% et 40%terme pour l’obtention de droits so-
ciaux fondamentaux (santé, retraite). Distribution des frontaliers à trajectoire longue selon la croissance salariale
entre 2001 et 2006
Du côté des entreprises, sans appro-
fondir ici le sujet, l’analyse peut différer Effectifs7 000
selon qu’on se situe au niveau d’une
6 000unité ou de celui de l’ensemble de l’é-
conomie : 5 000
* au niveau microéconomique, la sta-
4 000
bilité et la fidélisation des salariés
3 000sont sources de performance pour
l’entreprise ;
2 000
* au niveau macroéconomique, des tra-
1 000
jectoires professionnelles plus ouver-
0tes, orientées sur des compétences
transversales et des métiers émer-
gents, et permettant les nécessaires
réallocations de main-d’œuvre et
d’emplois au sein et entre secteurs,
sont favorables à l’adaptation du tissu
productif. Source : IGSS, calculs Insee
Encadré 3 : Les salaires dans les fichiers de l’IGSS et l’indicateur de salaire retenu
Dans le fichier fourni par l’IGSS, les individus dont les salaires sont enregistrés regroupent les salariés, les travailleurs intellectuels indépendants,
les artisans et commerçants, les fonctionnaires, les parents en congé parental, les chômeurs indemnisés, et les préretraités. Les revenus pris en
compte sont les salaires et gratifications, les indemnités pécuniaires de maladie, de maternité et d’accident, ainsi que les indemnités d’apprentis-
sage et les indemnités de chômage. Pour une année donnée, est disponible pour chaque individu la somme des salaires bruts perçus au cours de
l’année et le nombre de mois au cours desquels il a reçu un salaire. Ces salaires sont bruts, au sens où ils intègrent la part salariale des cotisations
sociales et sont fournis avant retenue des impôts sur le revenu. L’indicateur retenu dans cette étude, et dont on mesure les variations, est la
somme annuelle des salaires perçus rapportée au nombre de mois d’activité. C’est un indicateur de revenu salarial mensuel au sens où il permet
de mesurer les salaires effectivement perçus lors des mois d’activité au Luxembourg. De tels indicateurs évalués au niveau des ménages par unité
de consommation, et après prise en compte de la redistribution, permettent d’estimer les disparités des revenus au sein de la population, dont les
taux de pauvreté.
6
de -100% à -90%
de -90% à -80%
de -80% à -70%
de -70% à -60%
de -60% à -50%
de -50% à -40%
de -40% à -30%
de -30% à -20%
de -20% à -10%
de -10% à 0%
de 0% à +10%
de +10% à +20%
de +20% à +30%
de +30% à +40%
de +40% à +50%
de +50% à +60%
de +60% à +70%
de +70% à +80%
de +80% à +90%
de +90% à +100%
de +100% à +110%
de +110% à +120%
de +120% à 130%
de +130% à +140%nérée, entre 1 000 et 2 000 euros, ment de faibles durées d’emploi, et Les frontaliers employés en 2006
est la plus soumise aux baisses de variables au cours du temps. Les dans les secteurs de l’hôtellerie,
salaire. évolutions extrèmes de revenus sa- restauration, cafés, du commerce,
lariaux, àlabaisse commeàla et de l’immobilier, location et servi-
Les durées d’emploi mensuelles hausse, sont vraisemblablement as- ces aux entreprises sont propor-
sont ici en cause. Les frontaliers sociées à des fluctuations des du- tionnellement en plus grand
ayant des bas salaires ont fréquem- rées mensuelles d’emploi. nombre à avoir obtenu les meilleu-
res augmentations salariales. Ils
sont également plus sujets à desDes évolutions salariales plus dispersées dans l'hôtellerie,
réductions de rémunérations sala-restauration, cafés et le commerce
riales mensuelles.
Répartition de l'évolution du salaire moyen mensuel entre 2001 et 2006
par secteur d'activité en 2006
20% des frontaliers
Baisse de salaire à trajectoire longue
Hôtel., restau., cafés
Hausse jusqu'à 10% en mobilité sectorielle
Entre 10% et 20%Commerce
Entre 20% et 30% L’existence d’une mobilité profes-
Immo., location, Entre 30% et 40%
services aux entr. sionnelle au cours de la période, à
Entre 40% et 50%
Santé, act. soc. savoir un changement de secteurPlus de 50%
d’activité, semble avoir un impact
BTP
modéré sur les évolutions salariales
Transports,
au cours de la période. Une fré-communication.
quence supérieure des progressionsIndustrie
salariales supérieures à 50% et une
Finance
fréquence inférieure des progres-
%
020 40 60 80 100 sions comprises entre 0 et +10%
entre 2001 et 2006 sont observées.
Source : IGSS, calculs Insee
L’indicateur de mobilité profession-
nelle utilisé ici est toutefois partiel
Croissances plus fortes pour les bas salaires dans la mesure où il ne capte que
les changements de secteur
Répartition de l'évolution du salaire moyen mensuel entre 2001 et 2006
d’activité, et non les changementspar tranche de salaire (en euros) en 2001
d’entreprise.
Total Baisse de salaire Mesurées au niveau des 16 sec-
Hausse jusqu'à 10% teurs de l’activité économique, les
Entre 10% et 20%Plus de 4 000
mobilités sectorielles concernent unEntre 20% et 30%
Entre 30% et 40% peu moins d’un individu sur cinq3 000-3 999
Entre 40% et 50% parmi les frontaliers à trajectoire
Plus de 50%
2 000-2 999 longue. Les “mobiles” sont significa-
tivement plus jeunes que les autres
1 000-1 999
frontaliers à trajectoire longue, la
catégorie des 25-29 ans étant surre-0-999
% présentée au détriment de celles
0 20 40 60 80 100
au-delà de 40 ans. Les secteurs qui
Source : IGSS, calculs Insee
“perdent” le plus d’effectifs au cours
de la période 2001-2006 sont ceux
Des évolutions salariales plus dispersées pour les jeunes de l’immobilier, location et services
aux entreprises, puis du commerceRépartition de l'évolution du salaire moyen mensuel entre 2001 et 2006
par tranche d'âge et de l’industrie. Mais seul le pre-
mier secteur est fortement impacté
Plus de 55 ans
Baisse de salaire en proportion de ses effectifs de dé-
Hausse jusqu'à 10%50-54 ans part, avec un taux de sortie de 30%.
Entre 10% et 20%
Entre 20% et 30% Cette même intensité de sortie est45-49 ans
Entre 30% et 40% observable sur le seul secteur des
40-44 ans Entre 40% et 50%
services aux entreprises qui abrite
Plus de 50%
35-39 ans l’activité d’intérim, indiquant que
cette forme d’emploi peut constituer30-34 ans
un marchepied pour s’employer
20-29 ans
dans un autre secteur de l’économie
Total luxembourgeoise. En l’occurrence,
%
le secteur de l’intermédiation0 1020 30 40 50 6070 8090 100
Source : IGSS, calculs Insee
7financière, suivi de la construction et
Des évolutions salariales plus dispersées pour les femmesde l’industrie, en constituent des
destinations préférentielles. Répartition de l'évolution du salaire moyen mensuel entre 2001 et 2006
par genre
Impact confirmé,
Baisse de salairebien qu’ambigu,
Hommes Hausse jusqu'à 10%
du salaire initial Entre 10% et 20%
Entre 20% et 30%
Toutefois, toutes ces dimensions in-
Entre 30% et 40%
teragissant, il est nécessaire d’isoler Entre 40% et 50%
Femmes Plus de 50%leur impact “toutes choses égales
par ailleurs” (cf. Encadré 4), afin de
revisiter les précédents enseigne-
ments. Cette analyse permet de dé-
Total
gager plusieurs effets “propres” des
variables. En l’occurrence, le salaire %
010 20 30 40 50 60 70 80 90 100en début de période a le plus grand
pouvoir explicatif : le fait de com-
Note de lecture : 18,8% des femmes frontalières à trajectoire longue ont connu une baisse de salaire
entre 2001 et 2006, contre 11,0% des hommes. Et 21,8% d'entre elles ont bénéficié d'une hausse de salairemencer en bas de l’échelle des sa-
supérieure à 50%.
laires semble propice à une plus
Source : IGSS, calculs Insee
forte croissance salariale. Il est vrai-
semblable que ce processus tran-
Des seniors qui demeurent mieux rémunéréssite par une augmentation de la
durée de travail mensuelle, qui est
Répartition des frontaliers à trajectoire longue par âge et par tranche de salaire
bien souvent partielle chez les plus
en 2006
bas salaires.
100
Cependant, si cet effet positif 90
moyen est confirmé, il ne doit pas
80
éluder qu’une partie des frontaliers
70
lorrains à trajectoire longue dispo-
60sant de bas salaires initiaux sont
50aussi les plus susceptibles d’avoir
subi des baisses de salaire sur la 40
période. Globalement, la dispersion
30
des revenus salariaux mensuels
20
s’est plutôt approfondie entre 2001
10
et 2006 selon plusieurs indicateurs,
0en raison essentiellement du déve-
20-29 ans 30-34 ans 35-39 ans 40-44 ans 45-49 ans 50-54 ans Plus de 55
loppement de très faibles revenus ans
Plus de 4 000 euros
1000à2000eurossalariaux. Ce phénomène est vrai- 3000à4000euros
2000à3000euros 0 à 1 000 eurossemblablement lié au développe-
ment d’emplois à faibles, voire très Source : IGSS, calculs Insee
faibles, durées mensuelles.
Débuts de trajectoires frontalières en bas de l'échelle
Impact renforcé des salaires pour les femmes
du genre Répartition des femmes et des hommes par tranche de salaire en 2001
100
3,5% 5,1%Le opère aussi “toutes cho- 5,9%
9,0% 9,4%90ses égales par ailleurs”, en défa- 9,7%
veur des femmes. L’effet est 80
23,5%nettement plus marqué que ne
70
35,1% Plus de 4 000 eurosl’indiquaient les statistiques des- 41,5%
60 3000à4000euroscriptives précédentes sur les ré-
50 2000à3000eurospartitions de croissance salariale
par genre. En effet, la forte pré- 1000à2000euros40 48,7%
sence des femmes en début de 0à1000euros
30 43,6%
période au sein des frontaliers à
40,8%
20bas salaires, dont les progres-
10sions de rémunérations sont les 15,3%
2,1% 6,8%plus fortes, masquait en partie 0
Femmes Hommes Totalleur désavantage “toutes choses
égales par ailleurs”. Source : IGSS, calculs Insee
8La situation défavorable des plus de 55 sur l’ancienneté. Ils conservent toute- Des effets sectoriels
ans est confirmée “toutes choses éga- fois les meilleurs niveaux de salaires révélés
les par ailleurs” et semble se mettre en en 2006. De même, la situation plus fa-
En revanche, l’analyse sectorielleplace dès la tranche d’âge 45-49 ans vorable des jeunes est confirmée. Ce
apporte de nouvelles informa-pour s’approfondir au fur et à mesure phénomène peut quant à lui traduire
tions. Ainsi, la finance et la santé,des années. Ce phénomène peut révé- les fréquents déclassements des jeu-
action sociale apportent des meil-ler une gestion des carrières individua- nes à l’embauche et les rattrapages qui
leures progressions “toutes cho-lisée, moins systématiquement fondée s’en suivent.
ses égales par ailleurs”. Mais en
raison de salaires de départ plus
élevés, les frontaliers à trajec-
Les déterminants de l’évolution de salaire
toire longue dans le secteur de laentre 2001 et 2006 en rythme annuel
finance connaissent globalement
EffetsVariables explicatives des progressions relativement
modérées.Constante +3,6%
Genre Dans la santé, action sociale, le ni-
Femme -2,1 points veau également élevé des salaires
Homme Réf. initiaux et la présence élevée de
femmes semblent freiner la dyna-Âge
mique salariale propre au secteur.20-24 ans +3,2
25-29 ans +0,8 Symétriquement, l’effet propre très
défavorable du secteur des servi-30-34 ans +0,5
ces collectifs sociaux et person-35-39 ans ns
nels est compensé par un faible40-44 ans Réf.
niveau des salaires initiaux. Quant
45-49 ans -0,5
à l’effet positif d’un changement de
50-54 ans -1
secteur, il révèle plutôt un bénéfice
Plus de 55 ans -2,6
associé aux mobilités profession-
Salaire en 2001 nelles, tout en s’avérant moins si-
Entre 0 et 1 000 euros +13,4 gnificatif que les effets propres
Entre 1 000 et 2 000 euros +1,4 précédents.
Entre 2 000 et 3 000 euros ns
Entre 3 000 et 4 000 euros Réf. Mobilités
Plus de 4 000 euros ns professionnelles
Secteur d’activité en 2006 et résidentielles
Industrie Réf.
Une partie des frontaliers lorrains
Construction -0,7 à trajectoire longue, un peu plus
Commerce ns d’un sur cinq, a réalisé une mobi-
Hôtels et restaurants -1,1 lité résidentielle au cours de la
Immobilier, location, services aux entreprises -0,7 période 2001-2006. Ces mobilités
semblent partiellement associéesFinance +2,7
aux changements sectoriels : par-Santé, action sociale +3,7
mi les individus ayant effectuéServices domestiques -7,3
une telle mobilité professionnelle,
Changement de secteur
27% ont déménagé, un peu plus
Pas de changement Réf.
que parmi ceux demeurés dans le
Changement +3,2 (2%)
même secteur durant toute la pé-
Part de variance expliquée par le modèle 20,6% riode (20%).
Notes de lecture : Les effets sont issus du modèle explicatif de la variation de salaire
Les mobilités résidentielles ob-entre 2001 et 2006 à partir des variables correspondantes en première colonne. Les
modalités de chaque variable correspondent généralement à celles utilisées dans les servées ne révèlent pas des stra-
statistiques descriptives précédentes. Sont conservées dans ce tableau les modalités
tégies systématiques dedont les effets sont significatifs à 1% (ou à 2% lorsque c’est indiqué). Autrement, ns in-
dique que l’effet est non significatif. réduction des navettes domi-
L’individu de référence est un homme de 40-44 ans travaillant dans le secteur de l’in- cile-travail et des coûts de trans-
dustrie, de salaire compris entre 3 000 et 4 000 euros, et n’ayant pas changé de
port associés. L’essentiel dessecteur au cours de la période 2001-2006. L’évolution salariale entre 2001 et 2006 en
rythme annuel de tels individus est en moyenne de 3,6%. Les effets de chaque facteur déménagements s’opèrent entre
sont estimés en écart à cette référence. Par exemple, un frontalier à trajectoire longue
cantons limitrophes, vraisembla-
ne se distinguant que par son genre, donc une femme de 40-44 ans travaillant dans le
blement à courte distance.secteur de l’industrie, au salaire compris entre 3 000 et 4 000 euros, et n’ayant pas
changé de secteur au cours de la période 2001-2006, connaît une évolution salariale
Il faut rappeler ici que les mobilitésinférieure de 2,1 points, soit +1,5% en rythme annuel.
Champ : frontaliers à trajectoire longue entre 2001 et 2006 résidentielles d’un individu répon-
dent généralement à plusieursSource : IGSS, calculs Insee
9contraintes du ménage, parmi les- Un ancrage temporel et individuel,Savoir plus :
quelles la situation professionnelle par opposition à un emploi pré-
du conjoint. caire et peu valorisant, est source
- “Les salaires des seniors du privé :
d’attractivité pour le territoire et
plus élevés en moyenne, mais de À l’issue de ces mobilités rési-
d’une implantation durable de mé-moindres perspectives d’augmenta- dentielles, certains cantons ont
tion”, Insee, France, portrait social, nages actifs en Lorraine. Ce pro-bénéficié d’apports supplémentai-
Édition 2009 cessus devrait produire aussi uneres d’actifs, à l’image de Catte-
- “L’économie luxembourgeoise en intégration humaine et écono-nom et Metzervisse. D’autres,
2008 et l’évolution conjoncturelle ré- mique croissante du territoire de lacomme Yutz ou Longwy, ont glo-cente”, Statec, Note de conjoncture
Grande-Région autour de son
1/2009 balement pâti de ces migrations
centre qu’est le Luxembourg.
- “La population active lorraine à l’hori- résidentielles de frontaliers à tra-
zon 2020 : des inflexions à soutenir jectoire longue. Ces tendances
pour enrayer une baisse engagée dès se renforceront-elles en dessi-
2006", Économie Lorraine n°178, juillet
nant une cartographie de territoi-
2009
res plus ou moins attractifs au
- “Les revenus des ménages nord-lor-
travail frontalier ? Gérard MOREAUrains : ”boostés" par les salaires fronta-
liers", Économie Lorraine n°154, Le travail frontalier des Lorrains au Gilles HOUNYEME
janvier 2009
Luxembourg, bien que chahuté au
cours de la crise actuelle, s’inscrit
dans des trajectoires durables et glo-
Sites internet :
balement favorables d’un point de
- www.insee.fr
vue salarial. Ceci ne doit pas occulter
l’élargissement de la dispersion des
revenus salariaux, particulièrement
en bas de la hiérarchie.
Ministère de l’Économie,
de l’Industrie et de l’Emploi
Insee
Institut National de la Statistique
Encadré 4 : Les déterminants des évolutions de salaireset des Études Économiques
Direction Régionale de Lorraine Afin d’isoler les déterminants des variations de salaire, on utilise des mo-
15, rue du Général Hulot
dèles de régression quantitative. Pour une équation de variation de sa-
CS 54229
laire, on utilise la formalisation suivante :
54042 NANCY CEDEX
ln(salmens2006/salmens2001)=a+Xb+Tél : 0383918585
Fax: 0383404561 où :
www.insee.fr/lorraine
* ln est la fonction logarithme
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION * a et b les coefficients à estimer
Jean-Paul FRANÇOIS
* X les variables explicatives utilisées dans ce modèle (genre, catégorie
Directeur régional de l’Insee
d’âge en 2006, salaire en 2001, secteur d’activité en 2006, change-
COORDINATION RÉDACTIONNELLE ment de secteur entre 2001 et 2006).
Christian CALZADA
Les coefficients obtenus fournissent les effets propres de chaque va-
Gérard MOREAU
riable, ou effet “toutes choses égales par ailleurs”, le “toutes choses” se
limitant en fait aux autres variables intégrées au modèle. L’absence deRESPONSABLE ÉDITORIALE
catégories socioprofessionnelles dans les fichiers luxembourgeois faitET RELATIONS MÉDIAS
défaut pour l’analyse des salaires et de leurs variations.Brigitte VIENNEAUX
Les modèles de variation de salaires ont généralement un faible pouvoir
RÉDACTRICE EN CHEF
explicatif global. En effet, les variations de salaires dépendent de nom-
Agnès VERDIN
breux facteurs individuels tels que le niveau de formation initiale, l’accès
à une formation continue, l’existence d’une promotion professionnelle,RÉALISATION DE PRODUITS
autant de variables rarement et difficilement observables. Toutefois, laÉDITORIAUX
qualité globale du modèle obtenue ici, qui est de 20,6%, signifiant queÉdith ARNOULD
20,6% des variations sont expliquées, est proche de celle obtenue par N.Marie-Thérèse CAMPISTROUS
Bignon et M. Goussé (cf. Pour en savoir plus).
ISSN : 0293-9657
© INSEE 2009
10

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