Innovation : la Bretagne tire son épingle du jeu (Octant Analyse n° 33)

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En Bretagne, les entreprises de 10 à 249 salariés recourent davantage à l’innovation, notamment dans les services technologiques et dans l’agroalimentaire. Ce résultat s’explique principalement par une dynamique propre, la structure de l’économie régionale n’étant que très légèrement plus porteuse qu’ailleurs. Ce recours plus fréquent à l’innovation est particulièrement net pour les innovations d’ordre technologique, beaucoup moins pour les innovations organisationnelles ou de marketing. Les PME les plus innovantes sont les entreprises exportatrices, dotées d’importantes capacités d’investissement, employant au moins cinquante salariés et appartenant à un groupe ou réseau d’enseignes. Le recours à l’innovation permet aux entreprises d’accroître leur marché et d’élargir leur gamme de produits. Le coût important de l’innovation en constitue le principal frein. Un tiers des innovations est ainsi réalisé en coopération avec des partenaires de marché.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INSEE
BRETAGNE Octant
N° 33 - Octobre 2012 Analyse
Entreprises
Innovation : la Bretagne tire son épingle du jeu
En Bretagne, les entreprises de 10 à 249 salariés recourent davantage à l’innovation,
notamment dans les services technologiques et dans l’agroalimentaire.
Ce résultat s’explique principalement par une dynamique propre,
la structure de l’économie régionale n’étant que très légèrement plus porteuse
qu’ailleurs. Ce recours plus fréquent à l’innovation est particulièrement net
pour les innovations d’ordre technologique, beaucoup moins pour les innovations
organisationnelles ou de marketing.
Les PME les plus innovantes sont les entreprises exportatrices, dotées
d’importantes capacités d’investissement, employant au moins cinquante salariés
et appartenant à un groupe ou réseau d’enseignes.
Le recours à l’innovation permet aux entreprises d’accroître leur marché et d’élargir
leur gamme de produits. Le coût important de l’innovation en constitue le principal
frein. Un tiers des innovations est ainsi réalisé en coopération
avec des partenaires de marché.
ans un contexte de mondialisation croissante, L’innovation s’entend ici au sens large : elle peut
les facteurs de compétitivité des entreprises concerner aussi bien la conception ou l’amélioration deDsont multiples. Parmi eux, la capacité à s’adap- biens et services, mais aussi porter sur les procédés de
ter aux évolutions du marché et à anticiper les nouveaux production, les modes d’organisation ou encore les
3besoins tiennent une bonne place. Ainsi, l’innovation, stratégies de vente . Ainsi, l’innovation ne se réduit pas
soutenue par les politiques territoriales, constitue un à l’invention et, souvent, les différents types d’innova-
ressort essentiel de la compétitivité économique. tion se combinent : un nouveau produit pourra être issu
d’un nouveau procédé de production et sa mise en
vente accompagnée d’un nouveau plan marketing.
Les PME bretonnes innovent
plus qu’ailleurs, surtout dans les secteurs Cette plus forte propension à innover en Bretagne s’ob-
technologiques serve dans tous les secteurs, mais l’écart est particuliè-
rement sensible dans les services technologiques.Selon les résultats de l’enquête communautaire sur l’in-
1 2novation (CIS) , près de six PME bretonnes sur dix dé- Ceux-ci regroupent les secteurs d’activité par essence
les plus innovants tels l’édition, les télécommunications,clarent avoir innové au cours de la période 2008 - 2010,
tous secteurs confondus. Ce résultat est supérieur à la
moyenne, qu’on le compare aux régions de province ou
1et2-Cf encadré « Source et champ »à la France métropolitaine qui inclut l’Île-de-France.
3 - Cf encadré « Les quatre formes d’innovation »points à la moyenne métropolitaine et d’unLes PME bretonnes tirent leur épingle du jeu
point à l’ensemble des régions de province.dans tous les secteurs d'activité
Proportion de PME innovantes (innovation au sens large) (en %)
Ce taux s’explique principalement par l’in-
France France dustrie agroalimentaire qui compte près deBretagne
de province métropolitaine 60 % de PME innovantes en Bretagne contre
Industrie manufacturière 55,9 54,7 53,9 une moyenne de 51 % en France de pro-
dont industries agroalimentaires 59,5 50,6 47,9 vince. Ce secteur regroupe 30 % de l’emploi
Services technologiques 79,5 72,7 70,2 salarié des PME industrielles bretonnes. Il
dont édition, audiovisuel et diffusion 79,5 69,9 65,4 influe donc très positivement sur le taux d’in-
dont télécommunications, informatique novation général des PME industrielles dans
et services d'information 76,3 72,3 72,4 la région. Dans le reste de l’industrie en re-
dont recherche-développement scientifique 100,0 82,5 78,5 vanche, le taux d’innovation (54 %) est, en
Services intellectuels 65,2 61,5 61,7 Bretagne, légèrement inférieur à la moyenne
dont activité d'architecture et d'ingénierie 65,7 62,6 61,8 des autres régions.
Ensemble 58,7 56,8 57,3
Source : Insee, enquête CIS 2010 Le fort recours des PME agroalimentaires
bretonnes à l’innovation s’observe quelle que
soit leur taille. C’est toutefois dans les petites
l’informatique et les services de l’information. structures de 10 à 19 salariés que l’écart
Le taux d’innovation, déjà élevé au niveauLes quatre formes avec les autres régions est le plus important
national (70 %) ou dans l’ensemble des ré- (50 % d’entreprises innovantes, contre 42 %d’innovation
gions hors Île-de-France (73 %), y atteint au niveau national).
80 % en Bretagne. Ce résultat s’explique
- Innovation de produit : introduction principalement par la forte présence, dans la
sur le marché d’un produit (bien ou Un fort recours à l’innovationrégion, du secteur de l’édition et des entrepri-service) nouveau ou significative-
ses de 10 à 19 salariés des technologies de peu lié à la structurement amélioré au regard de ses carac-
téristiques essentielles. du tissu économique bretonl’information (télécommunications, informa-
tique et services d’information).- Innovation de procédé : mise en Les PME bretonnes sont à peine plus spécia-
œuvre d’un procédé de production, lisées que leurs homologues nationales dans
d’une méthode de distribution, d’une A un degré moindre, les PME bretonnes des les activités de pointe, où les taux d’innova-activité de soutien ou de support nou- services intellectuels, qui regroupent les acti- tion sont les plus élevés. La forte propensionveau ou significativement amélioré
vités d’architecture et d’ingénierie et la publi-pour les biens ou services. à innover des PME bretonnes ne s’explique
cité, déclarent également avoir plus innové donc pas par un tissu productif particulière-
- Innovation d’organisation : mise en qu’au niveau métropolitain ou à celui de la ment propice à l’innovation, mais par une dy-place d’un nouveau mode de fonc-
France de province. Ce sont principalement namique propre, et ce dans tous les grandstionnement, d’une nouvelle méthode
les entreprises d’architecture et d’ingénieried’organisation du travail ou des rela- secteurs d’activité.
tions externes qui doit résulter de dé- de moins de 50 salariés qui contribuent à ce
cisions stratégiques prises par la di- résultat. Dans les services technologiques, où le tauxrection.
d’innovation global est de 9,3 points supé-
- Innovation de marketing : mise en rieur au taux métropolitain, l’écart ne s’ex-
œuvre de concepts ou de stratégies Des PME de l’agroalimentaire
plique ainsi que très partiellement par lade vente nouveaux ou qui diffèrent si- particulièrement innovantes structure des PME régionales. Seul légergnificativement des méthodes de
vente existant auparavant. Dans l’industrie, les PME bretonnes sont avantage : une moindre présence en Bre-
également plus innovantes avec un taux d’in- tagne des activités relevant de la production
L’innovation technologique regroupe
novation global de 56 %, supérieur de deux de films et de programmes télévisuels,les innovations de produits et de pro-
cédés ainsi que les actions d’innova-
tion non abouties dans ces domaines.
L’innovation non technologique re- Une dynamique d'innovation propre en Bretagne
groupe les innovations d’organisation
Décomposition de la propension des entreprises à innoveret de marketing.
en effets structurel et régional (en %)
Une entreprise innovante est une en-
treprise déclarant avoir procédé à une Taux d'innovation Écart
innovation technologique ou non
technologique. On parle d’innova- France Effet Effet
Bretagne Totaltion au sens large. métropolitaine structurel régional
Ces définitions sont issues du Manuel Industrie manufacturière 55,9 53,9 0,8 1,2 2,0
d’Oslo, principale source internatio- Services technologiques 79,5 70,2 0,5 8,8 9,3
nale de principes directeurs en ma- intellectuels 65,2 61,7 0,0 3,5 3,5tière de collecte et d’utilisation d’in-
Lecture : le taux d'innovation des PME industrielles bretonnes est supérieur de 2 points à celui de la France métropolitaine.formations sur les activités
Cette différence s'explique pour 0,8 point par la structure de l'économie bretonne (tailles et secteurs d'activité des PME) et pour 1,2d’innovation.
point par une dynamique purement régionale.
Source : Insee, enquête CIS 2010
2 Insee Bretagne - Octant Analyse n° 33 - Octobre 2012secteur faiblement innovant au niveau natio- niveau national. De même, les PME du Paradoxalement, exporter semble, par
nal au regard du reste des services secteur des produits métalliques, peu inno- contre, un désavantage en matière d’innova-
technologiques. vantes en moyenne nationale, sont peu pré- tion pour les entreprises bretonnes à marché
sentes sur le territoire régional (elles regrou- principalement régional : moins de 20 % de
La dynamique propre des PME bretonnes en pent 10 % des salariés des PME industrielles celles qui ont exporté au moins 1 % de leur
françaises, contre seulement 5 % dans les chiffre d’affaires déclarent avoir innové,matière d’innovation explique plus de 90 %
de l’écart (8,8 points sur un total de 9,3). Cel- PME industrielles bretonnes). Toutefois, ces contre 37 % dans le cas contraire. Gagner
éléments structurels n’expliquent que 40 % des parts à l’international peut engendrer desles-ci sont en effet plus innovantes que dans
les autres régions dans presque tous les sec- de l’écart de 2 points existant entre la région coûts importants semblant freiner l’inno-
et la moyenne métropolitaine, en termes de vation.teurs d’activité, et pour toutes les tailles d’en-
treprise. C’est en particulier le cas dans l’en- recours à l’innovation des PME industrielles.
semble des secteurs de pointe (informatique Après la dimension du marché, le taux d’in-
et services d’information, recherche et déve- vestissement constitue le deuxième facteur
La dimension du marchéloppement scientifique, édition) présents sur discriminant les entreprises innovantes des
premier déterminantle territoire régional dans des proportions autres : plus celui-ci est élevé, plus la pro-
de l’innovationcomparables au reste du pays. pension à innover l’est également. Les PME
bretonnes, plus portées que dans les autresLa dimension du marché visé par l’entreprise
Ce constat s’observe également dans les (régional, national, international) constitue le régions vers l’innovation technologique doi-
vent engager des moyens financiers spécifi-services intellectuels. Leur structure en Bre- principal clivage entre les PME innovantes et
tagne est très proche de celle du niveau les autres. Le taux d’innovation au sens large ques aux développements d’innovation. Ce
type d’innovation n’est ainsi principalementnational ; la région est toutefois mieux posi- des PME bretonnes s’élève à 35 % pour cel-
tionnée dans l’activité d’architecture et d’in- les dont le marché est essentiellement local, accessible qu’aux entreprises ayant de
solides capacités financières.génierie, mais cet avantage est contrebalan- contre 55 % pour celles dont le marché est
cé par une moindre présence du secteur de avant tout national, et même 79 % pour cel-
la publicité. les exportant à l’international. Exporter im- Pour l’ensemble des PME françaises, la ca-
plique en effet une adaptation à un marché pacité à investir est un facteur important d’in-
L’intégralité de l’écart entre les taux régio- extérieur concurrentiel souvent exigeant, et novation, moins toutefois que le secteur d’ac-
donc une nécessité accrue d’innover. Dans tivité. En effet, certains secteurs d’activité denaux et nationaux (3,5 points) en faveur de la
Bretagne s’explique donc, là encore, par une les autres régions comme au sein du seul pointe (notamment dans les services techno-
champ de l’innovation technologique, la di- logiques) sont plus enclins que d’autres à in-propension à innover supérieure chez les
PME bretonnes. Les écarts sont en particu- mension du marché apparaît comme le nover. Si ce facteur n’apparaît pas au niveau
principal facteur discriminant les PME régional, c’est en raison d’une plus grandelier très nets dans les entreprises de 10 à 49
salariés des activités d’architecture et innovantes des autres. homogénéité des secteurs en Bretagne en
matière d’innovation. Comme les secteursd’ingénierie.
Les taux d’innovation moyens observés sur naturellement les plus innovants au niveau
national (informatique et services d’informa-Dans l’industrie, les entreprises de l’agroali- l’ensemble de l’Hexagone et hors
Île-de-France sont cependant moins élevés tion, recherche et développement scienti-mentaire de 50 à 249 salariés, plus innovan-
fique) le sont tout autant au niveau régional, iltes que les autres PME industrielles, sont qu’en Bretagne. Les PME bretonnes dont le
marché est national ou international innovent en résulte que les secteurs les moinscertes relativement plus présentes en Bre-
innovants dans l’Hexagone le sont plus entagne où elles regroupent plus de 9 % des ainsi sensiblement plus que celles des autres
régions. Bretagne.salariés des PME industrielles contre 3 % au
Taille et appartenance
à un groupe : deux autres
La propension à innover progresse avec la taillede l’entreprise facteurs favorables à l’innovation
Proportion de PME innovantes (innovation au sens large) (en%) En Bretagne comme dans toutes les autres
80 régions françaises, tous secteurs confondus,
70 le taux d’innovation progresse avec la taille
des entreprises : 49 % des entreprises bre-
60
tonnes de 10 à 19 salariés déclarent avoir
50 procédé à une innovation ; ce taux passe à
62 % pour les entreprises de 20 à 49 salariés40
et à 73 % pour celles de 50 à 249 salariés.
30
Particularité régionale, le taux d’innovation
20 est sensiblement plus fort que dans les au-
tres régions pour les entreprises de 20 à 4910
salariés.
0
Bretagne France de province
Appartenir à un groupe ou à un réseau d’en-50à249 salariés10 à 19 salariés 20 à 49 salariés
seignes assure aux entreprises un accès
Source : Insee, enquête CIS 2010
Insee Bretagne - Octant Analyse n° 33 - Octobre 2012 3Hiérarchisation des déterminants de l’innovation :
l’arbre de segmentation
La méthode statistique utilisée pour mettre en évidence les déter- ? l’appartenance à un groupe (oui / non) ;
minants de l’innovation est l’arbre de segmentation. Le modèle
? la dimension de marché (régionale, nationale,part de l’ensemble des entreprises. Il identifie la variable qui
internationale) ;scinde le mieux la population en groupes distincts, du point de
vue de la variable expliquée (i.e. le taux d’innovation). On répar-
? le chiffre d’affaires en 2009 (en 4 tranches) ;
tit ainsi le groupe initial en autant de sous-groupes que de moda-
1lités de la variable ainsi retenue. On continue en appliquant cette ? le taux d’exportation en 2009 (en 4 tranches) ;
méthode séquentiellement à chaque sous-groupe, ce qui permet
? le taux d’investissement en 2009 (en 4 tranches) ;de construire étape par étape l’arbre de segmentation.
? le taux d’endettement en 2009 (en 3 tranches) ;
La variable expliquée est ici le taux d’innovation (au sens large ou
? la part des emplois en 2009 dans la fonction conception /technologique). Les variables explicatives sont :
recherche (en 4 tranches).
? le secteur d’activité (en A38) ;
? la taille de l’entreprise, en trois tranches (10 à 19 salariés,
20 à 49 salariés, 50 à 249 salariés) ; 1- Chiffre d'affaires à l'exportation / chiffre d'affaires total
Dimension du marché et taux d'investissement sont les principaux déterminants de l'innovation des PME bretonnes
Proportion de PME innovantes en % (Innovation au sens large)
59 %
Dimension du marché
International National Régional
79 % 55 % 35 %
Taux d'exportation (%)Taux d’investissement (%) Taux d’investissement (%)
Moins de 1 Entre 1 et 3 3 ou plus Moins de 1 1 ou plus Moins de 1 1 ou plus
19 %
70% 77 % 42 %
84% 61%
37 %
Part des emploisTaux Taux Taille de l’entreprisePart des cadres (%) Part des cadres (%)conception/recherche (%)d’endettement (%) d’endettement (%) (nombre de salariés)
de 10 à 19
<75 >75 0 > 0 < 3 > 3 < 3 > 3 <40 >40 de 20 à 49 et de 50 à 249
70% 86 %74% 33 %32 % 51%
77 % 48 %88 %
57 %
Source : Insee, enquête CIS 2010
Lecture : 59 % des PME bretonnes innovent. Le premier déterminant de l'innovation est la dimension du
marché sur lequel intervient principalement l'entreprise.Ainsi, le taux d' des PME bretonnes dont le est essentiellement local est de 35 %, contre 79 % pour celles dont le marché est essentiellement
international. La taille des rectangles est proportionnelle
au nombre de PME concernées.
4 Insee Bretagne - Octant Analyse n° 33 - Octobre 2012
59 %
75 %facilité à des moyens permettant d’innover : moyenne dans les autres régions françaises. La Stratégie régionale
deux tiers des PME bretonnes étant dans ce Les PME bretonnes se montrent particulière-
de développementcas déclarent avoir innové au cours de la pé- ment innovantes en produits : 32 % d’entre
économique et d’innovationriode 2008 - 2010, ce qui est supérieur au ré- elles déclarent avoir introduit sur leur marché
sultat global (60 % de PME innovantes). Par un nouveau produit ou service, contre 19 %
ailleurs, les PME indépendantes de la région pour l’ensemble des PME françaises et 28 % Par l’élaboration d’une Stratégie ré-
gionale de développement écono-innovent aussi plus fréquemment que l’en- pour hors Île-de-France. Le résul-
mique et d’innovation (SRDEI), re-semble des PME de métropole. Ce bon ré- tat est également à l’avantage des PME bre-
fonte de ses deux documents de
sultat s’explique par le très fort taux d’innova- tonnes si on s’intéresse à l’innovation en référence en matière de soutien au
tion des PME bretonnes indépendantes dans procédés (28 % contre respectivement 20 % développement économique et à l’in-
novation (SRDE 2006 et SRI 2008), lales services technologiques et intellectuels. et 26 %).
Région Bretagne revoit sa feuille de
route à l’horizon 2020.
Ces bons résultats régionaux se vérifient
Des PME bretonnes L’objectif de la Région Bretagne estaussi bien pour l’industrie, que pour les servi-
de partager, avec ses partenaires, uneparticulièrement performantes ces technologiques et intellectuels. Les sec- vision des enjeux à moyen terme pouren innovation technologique teurs d’activité qui se distinguent le plus sont consolider une stratégie et des plans
d’actions en bonne articulation avecdes secteurs phares de l’économie régio-Quel que soit le type d’innovation auquel on
tous les acteurs régionaux.s’intéresse, les PME bretonnes se montrent nale : les industries agroalimentaires, les
technologies de l’information et de la commu-plus innovantes que leurs homologues L’Index régional de l’innovation est
nationales. nication et les activités de recherche et déve- un outil statistique soutenant la dé-
marche de SRDEI. Base de données,loppement scientifique.
groupe de travail et publication,
Plus de quatre PME bretonnes sur dix décla- l’Index permet de positionner la Bre-
rent avoir procédé à une innovation technolo- Par ailleurs, comme au niveau national, les tagne dans son contexte national et
européen sur ses composantes de re-PME bretonnes procèdent principalement àgique au cours de la période 2008 - 2010.
cherche et développement (R&D) etL’innovation technologique regroupe les in- des innovations organisationnelles et, là en-
d’innovation.
core, le taux d’innovation est supérieur ennovations de produits et de procédés, elle se
L’enquête communautaire sur l’Inno-confond donc avec l’acception intuitive du Bretagne à la moyenne métropolitaine (36 %
vation apporte un éclairage précieuxcontre 29 %). Toutefois, l’écart est plus mo-terme « innovation ». Ce résultat est sensi-
sur le volet « innovation » de cet outil.
blement supérieur à celui observé en deste, et on observe un taux d’innovation
Les PME bretonnes surtout performantes en innovation technologique
Proportion de PME innovantes selon la forme d’innovation (en %)
Produits Produits
Industrie manufacturière 40 Industrie agroalimentaires 40
30 30
20 20
10 10
0Marketing 0 Procédés Marketing Procédés
Organisation Organisation
Bretagne France de province
Produits Produits
Services technologiques 60 Services intellectuels 60
40 40
20 20
MarketingMarketing 0 Procédés Procédés0
OrganisationOrganisation
Source : Insee, enquête CIS 2010
Insee Bretagne - Octant Analyse n° 33 - Octobre 2012 5organisationnelle légèrement supérieur dans élargir son offre doit être un moyen pour les Selon les PME bretonnes, le premier frein à
l’ensemble France de province (37 %). Seu- PME de gagner de nouveaux marchés. l’innovation est le coût : plus d’un tiers d’entre
les les PME des technologies de l’information Accroître sa part de marché est cité comme elles déplorent soit un manque de moyen fi-
et de la communication se distinguent nette- premier objectif par huit PME innovantes sur nancier interne ou externe, soit un coût d’ac-
ment de leurs homologues nationales. dix des services technologiques, contre seu- cès à l’innovation trop important. Sont
lement une sur deux pour les PME des servi- concernés en premier lieu les services tech-
Enfin, l’innovation en marketing est la moins ces intellectuels. Il en est de même au niveau nologiques dans lesquels les investisse-
métropolitain. ments nécessaires à l’innovation sont trèsfréquente : 27 % des PME bretonnes décla-
rent avoir procédé à une innovation de ce lourds.
type, niveau supérieur à la moyenne métro- Les objectifs poursuivis ensuite par les PME
politaine (22 %) et à celle hors Île-de-France bretonnes sont l’amélioration de la qualité Par ailleurs, une PME bretonne sur cinq dé-
(25 %), même si l’écart au profit de la Bre- des biens ou des services (pour 45 % des clare s’être heurtée à des obstacles liés au
tagne est ici le plus faible. Ce résultat s’ob- PME innovantes en technologie), puis le manque de connaissance : ces PME ont vu
serve dans pratiquement tous les secteurs remplacement de produits ou procédés dé- leurs activités d’innovation freinées ou aban-
d’activité (et notamment les industries agroa- passés (32 %). Là encore, les PME breton- données soit par manque de personnel quali-
limentaires). Toutefois si les PME bretonnes nes ne se distinguent pas de celles des fié, soit par manque d’informations sur les
sont globalement plus innovantes que celles autres régions françaises. technologies ou les marchés, soit, enfin, par
des autres régions, ce n’est pas particulière- l’absence de partenaires pour coopérer. Ce
ment grâce à des investissements dans le sont les PME industrielles qui déplorent le
Les coûts, premiers freinsmarketing. plus le manque de connaissance, en particu-
à l’innovation lier les PME de la fabrication de matériel de
transport, avec un taux d’entreprises ayantMettre en place une innovation nécessite
Accroître son marché ou élargir connu ce type de frein proche de 30 %.souvent que les PME disposent de moyens
sa gamme, premiers objectifs importants, qu’ils soient humains ou finan-
des PME innovantes ciers ; ne pas les posséder peut ainsi s’avérer
Une innovation sur troisLes PME bretonnes qui investissent dans un frein très important au développement
réalisée en coopérationl’innovation, que ce soit en produits ou en d’innovation. De fait, 60 % des PME breton-
procédés, visent principalement à accroître nes déplorent avoir rencontré au cours de la L’absence de partenaires pour coopérer s’a-
leur part de marché ou à élargir la gamme de période 2008 - 2010 des difficultés élevées vère un frein important à l’innovation. Les
biens ou de services. Chacun de ces deux ayant freiné voire découragé leurs activités échanges entre acteurs d’horizons différents
objectifs est cité par plus de six PME inno- d’innovation. Ce niveau est un peu supérieur sont en effet souvent fructueux car ils per-
vantes sur dix. Ces deux objectifs peuvent à celui observé sur l’ensemble de la mettent de diversifier les sources d’informa-
être ciblés simultanément et sont très liés : métropole et des régions de province. tion et de compétence. Ainsi, 37 % des PME
bretonnes innovantes ont coopéré avec d’au-
tres entreprises ou organismes pour réaliser
leurs activités d’innovation, taux légèrement
supérieur à celui observé au niveau national.
Les principales motivations des PME bretonnes
Celles-ci déclarent à une forte majoritésont d'accroître leurs parts de marché et d'élargir leur gamme
(88 %) avoir coopéré avec un de leurs parte-Objectifs jugés d’importance par les PME bretonnes innovantes
naires de marché, ce qui est également leen produits ou procédés (en %)
cas dans une proportion très proche pour
Accroître les parts de marché l’ensemble des PME françaises. Coopérer
avec des fournisseurs, des clients, desÉlargir la gamme (biens ou services)
concurrents ou des consultants pour innover
Améliorer la qualité (biens ou services)
est donc très fréquent.
Remplacer les produits
ou procédés dépassés
Les structures institutionnelles sont moinsAugmenter la capacité de production
sollicitées : seule une PME bretonne sur
Réduire le coût du travail par unité produite
deux déclare avoir innové en collaboration
Améliorer la flexibilité de la production avec le monde universitaire ou un organisme
Améliorer la santé public de R&D. Cette part est cependant su-
ou la sécurité des employés
périeure en Bretagne à celle du niveauBretagne
Réduire les impacts environnementaux
France de province national (43 %).
Réduire les coûts de matériel
et d’énergie par unité produite
0 10 20 30 40 50 60 70
Frédéric Pellet - Insee
Source : Insee, enquête CIS 2010
6 Insee Bretagne - Octant Analyse n° 33 - Octobre 2012Pour comprendre ces résultats
Source
? L’enquête communautaire sur l’innovation (CIS 2010) est menée dans l’ensemble de l’Union européenne. Elle permet de décrire le processus d’inno-
vation, d’en mesurer les effets et d’apprécier ses mécanismes (coopération, moyens, freins...). L’édition 2010 porte sur la période 2008 - 2010. Cette en-
quête, réalisée en France par l’Insee tous les deux ans, a fait l’objet en 2010 d’une extension dans dix régions, dont la Bretagne, afin d’obtenir des résul-
tats pertinents à l’échelon régional.
L'extension régionale de l'enquête CIS 2010 est portée en partenariat par l'Insee Bretagne et par Bretagne Développement Innovation (BDI), avec le
soutien de la Région, de la Préfecture et de l'Union européenne (Feder).
Champ
? Le champ retenu pour cette étude est celui des unités légales de 10 à 249 salariés exerçant leur activité principale dans l’industrie ou les services dits
technologiques ou intellectuels. Les services technologiques sont l’édition, la production de film, vidéo, musique, la programmation et la diffusion, les té-
lécommunications, le conseil et l’informatique, les services d’information, la recherche et le développement scientifiques. Les services intellectuels com-
prennent les activités d’architecture et d’ingénierie et la publicité.
Le champ est également restreint aux entreprises mono ou quasi-monorégionales, c’est-à-dire celles dont au moins 80 % de l’effectif salarié est localisé
dans la région.
Par commodité, dans cette étude, on appellera PME les entreprises de 10 à 249 salariés. Cette définition diffère de la nouvelle définition introduite par
décret en 2008 qui définit les PME comme les entreprises de moins de 250 salariés (y compris les moins de 10 salariés) et qui ont un chiffre d’affaires an-
nuel n’excédant pas 50 millions d’euros ou un total de bilan n’excédant pas 43 millions d’euros.
Pour en savoir plus
? Innover pour résister à la crise ou se développer à l'export / Anthony ? Manuel d’Oslo : Principes directeurs pour le recueil et l’interprétation des
Bouvier. - Dans : Insee première ; n° 1420 (2012, oct.).-4p. données sur l’innovation. 3e édition / OCDE. - Paris : OCDE, 2005. -
186 p.
? Index régional de l’innovation : La Bretagne dans son contexte national
et européen / BDI. - Rennes : Développement Innovation, ? BDI (www.bdi.fr)
2012. - 24 p.
? Portail de l'innovation (www.bretagne-innovation.tm.fr)
? Les déterminants régionaux de l'innovation / Benoît Buisson, Lionel
Doisneau, Claire Kubrak…[et al.] . - Paris : INSEE, 2012. - ( Document ? Insee Bretagne (www.insee.fr/fr/regions/bretagne)
de travail ; n° G2012-01). - 57 p.
? Insee (www.insee.fr)
? Schéma régional d'innovation / Conseil régional de Bretagne ; Bretagne
Innovation. - Rennes : Conseil régional de Bretagne, 2008. - 147 p.
Directeur de la Publication : Michel Guillemet INSEE Bretagne
36, place du Colombier
Rédacteur en chef : Jean-Marc Lardoux
CS 94439
Composition : Jean-Paul Mer 35044 RENNES Cedex
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eISSN 2105-1151 - © Insee 2012 - Dépôt légal : 4 trimestre 2012 09 72 72 40 00 (tarification appel local)
Insee Bretagne - Octant Analyse n° 33 - Octobre 2012 7

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