Investissement direct à l'étranger et échanges extérieurs : un impact plus fort aux États-Unis qu'en France

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L'investissement direct à l'étranger (IDE) et l'activité étrangère des firmes multinationales se développent à un rythme soutenu. De tels investissements sont susceptibles de se substituer directement aux échanges, les exportations se trouvant remplacées par les ventes sur place des filiales implantées à l'étranger. Mais ils peuvent également accroître la compétitivité des firmes concernées sur le marché d'accueil, contribuant ainsi à favoriser les exportations en provenance du pays investisseur : l'IDE s'avère alors complémentaire des échanges internationaux. De la substitution (aux conséquences négatives pour l'activité de la firme ou du secteur économique dans le pays de départ) à la complémentarité (aux conséquences au contraire positives), bien des situations intermédiaires peuvent se rencontrer, suivant le niveau d'analyse retenu : micro ou macroéconomique, dans ce dernier cas, détail plus ou moins grand des nomenclatures d'activité suivant lesquelles sont appréhendés investissement et échanges. Au niveau microéconomique, l'effet de substitution serait prédominant : l'IDE constituerait pour la firme une alternative aux échanges de biens notamment lorsque les coûts de transport sont élevés. Á l'inverse, au niveau macroéconomique l'effet d'entraînement sur les exportations jouerait à plein et cela en contradiction avec le principe de substitution de Mundell. La controverse reste cependant ouverte, avec ses conséquences importantes du point de vue des économies d'origine et d'accueil des investissements. Une base de donnée portant sur les échanges et les IDE entre 1984 et 1994 permet d'y apporter quelques éléments de réponse, en testant les relations entre exportations, importations et solde commercial d'une part, et IDE d'autre part, dans le cas de la France et des États-Unis. L'IDE sortant s'avère alors avoir un impact sur les échanges beaucoup plus fort aux États-Unis. Des effets de substitution peuvent être compensés par les exportations induites par ...
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INVESTISSEMENT
Investissement direct à l’étranger
et échanges extérieurs : un impact
plus fort aux États-Unis qu’en France
L’investissement direct à l’étranger (IDE) et l’activité étrangère des firmesLionel
multinationales se développent à un rythme soutenu. De tels investissements sontFontagné
susceptibles de se substituer directement aux échanges, les exportations seet Michaël
trouvant remplacées par les ventes sur place des filiales implantées à l’étranger.Pajot*
Mais ils peuvent également accroître la compétitivité des firmes concernées sur le
marché d’accueil, contribuant ainsi à favoriser les exportations en provenance du
pays investisseur : l’IDE s’avère alors complémentaire des échanges
internationaux. De la substitution (aux conséquences négatives pour l’activité de la
firme ou du secteur économique dans le pays de départ) à la complémentarité (aux
conséquences au contraire positives), bien des situations intermédiaires peuvent se
rencontrer, suivant le niveau d’analyse retenu : micro ou macroéconomique, dans
ce dernier cas, détail plus ou moins grand des nomenclatures d’activité suivant
lesquelles sont appréhendés investissement et échanges.
Au niveau microéconomique, l’effet de substitution serait prédominant : l’IDE
* Lionel Fontagné est
professeur à l’université constituerait pour la firme une alternative aux échanges de biens notamment
Paris I (TEAM-CNRS) et lorsque les coûts de transport sont élevés. À l’inverse, au niveau
conseiller scientifique au
CEPII et Michaël Pajot macroéconomique, l’effet d’entraînement sur les exportations jouerait à plein et
est économiste à la Di-
cela en contradiction avec le principe de substitution de Mundell. La controverserection de la Prévision,
bureau des échanges reste cependant ouverte, avec ses conséquences importantes du point de vue des
extérieurs et membre de
économies d’origine et d’accueil des investissements.TEAM-CNRS.
Une base de données, portant sur les échanges et les IDE entre 1984 et 1994 permet
d’y apporter quelques éléments de réponse, en testant les relations entre
exportations, importations et solde commercial d’une part, et IDE d’autre part,
dans le cas de la France et des États-Unis.
L’IDE sortant s’avère alors avoir un impact sur les échanges beaucoup plus fort
aux États-Unis. Des effets de substitution peuvent être compensés par les
exportations induites par l’IDE dans d’autres branches (effets de stimulation).
L’IDE d’une branche industrielle à destination de l’étranger stimule autant les de cette dernière que celles du reste de l’industrie, et cet effet
d’entraînement est encore plus marqué pour l’IDE réalisé en France par
Les noms et dates entre l’étranger. Aux États-Unis, qu’il soit entrant ou sortant, l’IDE favorise le déficit
parenthèses renvoient à
commercial. Enfin, l’IDE entrant est en moyenne plus défavorable que l’IDEla bibliographie en fin
d’article. sortant à la balance commerciale.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7 71a division internationale du travail a ré- des effets défavorables pour la balance com-L cemment profondément évolué. L’usine merciale du pays d’origine de cet IDE. Toute-
est devenue globale : différentes filiales d’un fois, cette complémentarité peut également
même groupe, localisées dans différents pays, concerner les importations en provenance du
concourent à la production d’un même bien. pays hôte. Ainsi, dans le cas d’une délocalisa-
Une part importante des échanges internatio- tion, une partie de la production à l’étranger
naux portent donc sur des produits destinés à pourra être réexpédiée par la filiale vers l’éco-
retourner dans les processus de production : nomie d’origine. Il est toutefois difficile de dis-
biens intermédiaires, composants ou pièces cerner dans ce dernier cas les effets sur
détachées. Les économies tendent alors à se l’activité dans le pays d’origine. Sans délocali-
spécialiser verticalement sur certains stades du sation, la production aurait pu être amenée à
processus de production, plutôt que sur des disparaître tout ou partie, en raison de la perte
branches. Et au sein même des branches, les d’avantage macroéconomique de l’économie
échanges croisés se développent rapidement, d’origine. Finalement, assimiler l’effet net de
en particulier ceux associés à des positionne- l’IDE sur la balance commerciale à un indica-
ments de gamme différents (voir Fontagné et teur des changements du niveau d’activité qu’il
Freudenberg, dans ce numéro). Plus générale- induit dans le pays d’origine revient à en gon-
ment, la technologie, l’éducation, l’innovation fler de manière exagérée les effets négatifs.
apparaissent comme les clés de la compétitivi-
té dans la nouvelle société de l’information. Cette question de la complémentarité entre in-
vestissement direct et échanges internationaux
Mais surtout, l’investissement direct à l’étran- a été examinée par un groupe de travail de
ger (appelé IDE dans ce qui suit) (1), et l’activi- l’Organisation Mondiale du Commerce
té étrangère des firmes multinationales se (OMC), mis en place lors de la Conférence
développent à un rythme soutenu. Ils touchent de Singapour à la fin 1996 et ayant rendu ses
tous les secteurs : agriculture, industrie, servi- conclusions deux ans plus tard (WTO, 1998).
ces. Les flux d’IDE ont enregistré une augmen- Elles soulignent que la complémentarité est
tation record de 19 % en 1997, et à nouveau de pour l’IDE un contexte beaucoup plus fréquent
10 % en 1998, pour atteindre environ 440 mil- que celui de substitution. Toujours à l’OMC,
liards de dollars. Environ 450 000 filiales de c’est également le point de vue de Drabek
firmes multinationales sont installées dans le (1998) qui réfute l’inquiétude des politiciens
monde (UNCTAD, 1998). Ces filiales repré- voyant dans les interrogations sur la nature de
sentent aujourd’hui 6 % du Produit Intérieur cette relation un motif de refus d’un accord
Brut (PIB) mondial, chiffre à comparer à 2 % international sur l’investissement : (« la plupart
en 1982 (Hummels et al., 1998). Le commerce des auteurs laissent à penser que la complémen-
intra-firme représente un tiers des exportations tarité est le cas courant ») (p.11).
mondiales et les ventes des filiales étrangères
augmentent plus vite que les exportations mon- Ces affirmations tranchent avec les conclusions
diales. Les exportations totales des filiales ont plus nuancées de la littérature. C’est la complé-
atteint le chiffre de 2 000 milliards de dollars en mentarité qui semblerait ainsi prévaloir au ni-
1997, et leurs ventes sur place 9 500 milliards. veau macroéconomique, alors que les relations
entre IDE et échanges au niveau microécono-
Ces bouleversements justifient que l’on s’inter- mique ou au niveau sectoriel détaillé sont plus
roge sur les relations entre échanges internatio- complexes. Les effets nets sur la balance com-
naux et IDE (cf. encadré 1). Du point de vue du merciale du pays d’origine et du pays hôte méri-
pays d’origine (2) de l’IDE, si l’investissement tent également d’être examinés attentivement.
direct est un substitut aux échanges, les expor- Enfin, les déterminants communs de l’IDE et du
tations seront partiellement remplacées par des commerce doivent être pris en compte. Investir
ventes sur place des filiales implantées à et exporter dans une même branche ne signifie
l’étranger. Le niveau d’activité dans le pays pas nécessairement qu’il y ait complémentarité
d’origine en sera affecté et avec lui l’emploi
dans la branche concernée (3). À l’opposé, en 1. Par convention, la détention par l’investisseur de plus de 10 %
du capital de l’entreprise destinataire de son apport financiercas de complémentarité, investir à l’étranger si-
(cible de l’investissement) constitue le critère permettant de
gnifiera une plus grande compétitivité sur le distinguer l’IDE des investissements internationaux de
marché d’accueil, donc des exportations ac- portefeuille. Se reporter à l’encadré 1.
2. Dans le pays d’accueil les effets devraient en principe êtrecrues, ce qui devrait bénéficier à l’activité et à
symétriques, s’il n’y avait pas d’effet sur les échanges avec
l’emploi dans l’économie d’origine. Récipro- pays tiers.
quement, l’investissement entrant devrait avoir 3. Et non dans l’économie : nous raisonnons en équilibre partiel.
72 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7Encadré 1
IDE ET COMMERCE : COMPLÉMENTARITÉ OU SUBSTITUTION ?
L’IDE se distingue des investissements internatio- peu trop systématique adopté par le MITI. En effet,
naux de portefeuille par la volonté de l’investisseur substitution et complémentarité jouent conjointe-
de prendre une part à la gestion de l’entreprise ment sans que l’on puisse dire, à priori, quelle
destinataire de son apport financier (cible de l’in- force l’emportera : d’ores et déjà, alors que l’usine
vestissement). Par convention, la détention par Toyota en France ne produit pas encore, le produc-
l’investisseur de plus de 10 % du capital est le teur japonais vend plus de Yaris dans notre pays
seuil le plus souvent retenu. Les bénéfices réin- que si l’implantation n’avait pas été décidée. Il
vestis ou les prêts à long terme entre maison mère s’agit là de complémentarité puisqu’aucune Toyota
et filiales sont des IDE. Pour les nouveaux investis- produite en France ne se substitue pour l’instant à
sements, on distingue le « greenfield » correspondant une exportation du Japon. Il est même probable
à une implantation ex nihilo (la nouvelle usine de que d’autres modèles de la marque se vendent
Toyota en France) des fusions acquisitions. Enfin mieux en France. Dans un deuxième temps, d’au-
les flux annuels d’IDE doivent naturellement être tres firmes de l’industrie automobile japonaise que
distingués des stocks en fin d’année(les « posi- Toyota seront amenées à exporter vers la France.
tions »). Cet article privilégie une approche en Il en ira ainsi de certains fournisseurs du construc-
termes de flux d’IDE. Une difficulté dans la mesure teur. Encore ne s’agit-il que des relations de
de ces derniers réside dans la différence entre les complémentarité au sein de l’industrie automobile.
déclarations du pays hôte et celles du pays desti- Mais les relations IDE-commerce « débordent »
nataire. Nous prenons ici en considération les très largement de cette industrie : on parlera dans
données du pays investisseur. la suitedecet articlede « spillovers ». Ainsi, des
exportations japonaises de machines outils et de
Une mesure pertinente de l’importance de l’activité robots nécessaires à la fabrication en France de la
des firmes multinationales est fournie par le rap- Yaris ne manqueront pas d’être enregistrées.
port de l’IDE à l’investissement domestique. Il est
de 5,5 % au niveau mondial. Un chiffre à comparer Cet exemple permet de percevoir la distinction entre
avec respectivement 8 % et 11 % pour l’IDE en- complémentarité et substitution entre IDE et com-
trant et sortant de France (cf. tableau). merce au niveau micro-économique (Toyota), au
niveau de l’industrie automobile japonaise, au ni-
L’IDE est susceptible de se substituer au commerce, veau de l’ japonaise dans son ensemble
ce qui peut se percevoir aussi bien en termes de (point de vue du MITI). Enfin, un investissement
flux qu’en termes de stock de l’investissement. dans les services peut avoir un impact sur l’indus-
trie (Carrefour vend notamment des produits
L’implantation en France de Toyota servira d’exemple français à Rio de Janeiro) : il s’agit cette fois d’une
pour percevoir la différence entre complémentarité complémentarité macro-économique entre IDE et
et substitution. Du point de vue de Toyota au Ja- commerce. La difficulté centrale concernant la
pon, une substitution IDE-commerce signifierait complémentarité macro-é est de distin-
que la vente en France de Yaris fabriquées en guer ce qui relève de l’impact de l’IDE, de ce qui
France se substituerait en totalité ou en partie à relève des conditions macro-économiques généra-
celle de Yaris fabriquées au Japon. C’est la pers- les. L’IDE et le commerce sont apparemment
pective adoptée par le MITI japonais (MITI, 1997) complémentaires au niveau macro-économique
lorsqu’il fait ses calculs : un dollar de production dans les relations franco-allemandes. Mais il s’agit
en France est considéré détruire un dollar d’expor- en grande partie d’une illusion statistique : ce sont
tations japonaises. La complémentarité signifie au simplement les mêmes déterminants qui expliquent
contraire que les ventes sur place de Yaris, ou l’ex- l’IDE et les échanges. Les deux pays sont proches,
portation vers la France de composants pour les ont une frontière commune, ont désormais une
fabriquer, s’ajouteraient aux exportations initiales monnaie commune, sont tous les deux de grande
de Toyota vers la France. Une telle perspective taille (en termes économiques), ont un revenu par
prend ses distances par rapport au point de vue un tête élevé,etc.
IDE entrant et sortant en pourcentage de la FBCF domestique pour quelques pays (1996)
Entrant Sortant Entrant Sortant
Économies industrialisées 3,6 5,2 Économies en 8,7 3,3
développement
États-Unis 7,0 6,9 Afrique 7,3 0,4
Canada 6,2 8,2 Amérique latine, Caraïbes 12,8 0,7
Royaume-Uni 14,6 19,1 Europe centrale et orientale 19,9 1,8
France 8,2 11,3 Asie 7,4 4,3
Source:UNCTAD (1998) Annexes.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7 73entre ces deux modes d’internationalisation : ... compensées par de nouvelles exportations ?
les exportations auraient pu être encore plus
élevées sans IDE ; de même, un pays exporte et En ce qui concerne les implications réelles de
investit à l’étranger dans les branches pour les- l’IDE, la question est de savoir s’il déplace
quelles les firmes multinationales domestiques l’activité et l’emploi en se substituant aux
ont un fort avantage spécifique. L’objectif de échanges. De ce point de vue, différents méca-
cet article est de procéder à un examen minu- nismes peuvent être invoqués (cf. encadré 1)
tieux de ces relations, en utilisant des données pour identifier la coexistence d’effets de substi-
d’IDE et d’échanges commerciaux désagré- tution et de complémentarité. Il reste alors à
gées par partenaire et par secteur, et ceci dans évaluer l’importance quantitative de ces deux
une optique comparative France/États-Unis. types d’effet pour en connaître l’impact net.
Les économistes abordent généralement la
Des conséquences financières négatives question en partant du point de vue microéco-
pour l’investissement... nomique de la firme. Exportation et IDE sont
alors deux stratégies alternatives de pénétration
Depuis Stevens et Lipsey (1992), il est usuel de des marchés étrangers (Barlet, 1992). Sous
distinguer entre conséquences financières et l’angle de la gestion (voir la recension en la ma-
réelles de l’IDE. Les premières ont un impact tière de Blomström et Kokko, 1994) les au-
assez indirect sur les échanges, au contraire des teurs, plus nuancés, placent au cœur de
secondes. l’analyse le taux de survie des exportations (Ex-
port Survival Rate) défini comme la proportion
Les interactions financières de l’IDE se réfè- de vente sur place des filiales qui aurait pu être
rent à une substitution possible entre investisse- conservée sans IDE (c’est-à-dire par des expor-
ment direct à l’étranger et investissement dans tations). Les taux avancés, très bas, n’attei-
l’économie d’origine. Si les arguments théori- gnent 10 % que dans quelques rares cas. Deux
ques ne permettent pas de trancher, un certain effets font l’objet d’une attention toute particu-
nombre de travaux empiriques aboutissent à lière : le gain de part de marché étranger associé
une relative prédominance de la substitution , à l’IDE, et l’importance des exportations de
sur données de firmes américaines, Stevens et parties et composants vers les filiales.
Lipsey (1992), et Belderbos (1992) sur données
de firmes néerlandaises. À long terme, une telle Les analyses économiques se placent sur un
substitution peut modifier l’avantage du pays plan différent : il s’agit généralement de mesu-
investisseur, ou se traduire par un moindre ac- rer le sens et l’importance de l’effet net de com-
croissement de la production nationale et donc plémentarité/substitution (cf. encadré 2).
moins de variété ou de qualité offerte. Au total, Lipsey et Weiss (1984) observent, sur données
la part de marché serait réduite (Erkel-Rousse individuelles de firmes américaines, que 1 dol-
et al., 1999). lar de production locale est associé à des expor-
tations américaines additionnelles à hauteur de
Du point de vue du pays d’accueil, la théorie ne 9 à 25 cents. Mais c’est la Suède, au bénéfice de
donne pas davantage d’orientation dans un sens la base de données originale entretenue par
ou dans l’autre. Les entrées d’IDE peuvent l’Industrial Institute for Economic and Social
évincer l’investissement domestique, dans la Science Research de Stockholm, qui a fait l’ob-
mesure où les firmes étrangères bénéficient jet des études les plus poussées. Swedenborg
d’un avantage initial tant sur le marché des (1979 et 1982) conclut que l’IDE n’a pas d’ef-
biens ou services vendus, que sur le marché des fet significatif sur les exportations de la maison
facteurs (accès aux capitaux, à la main-d’œuvre mère suédoise, les ventes sur place se substi-
qualifiée). À contrario, les retombées positives tuant à ces exportations mais en impliquant de
en matière technologique augmentent le rende- nouvelles, portant sur des biens intermédiaires
ment du capital dans cette économie d’accueil ou finis. Un dollar de vente sur place se substi-
et y favorisent donc l’investissement. À nou- tue à 2 cents d’exportations mais crée 12 cents
veau, la réponse est de nature empirique. de nouvelles exportations, soit un effet net de
Borenzstein et de Gregorio (1995) mettent en complémentarité de 10 cents. Finalement, plus
évidence un effet positif : l’IDE promeut l’in- qu’à un impact sur la valeur des exportations,
vestissement domestique dans l’économie c’est bien à une modification de la nature des
d’accueil, l’accroissement final de l’investisse- exportations suédoises (notamment vers plus
ment total représentant une fois et demie à deux de biens intermédiaires) que conduit l’IDE sor-
fois l’entrée initiale d’IDE. tant. Blomström, Lipsey et Kulchycky (1988)
74 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7concluent également à un effet de complémen- prise en compte de cet arbitrage (appelé dans la
tarité, tandis que la prise en compte des mar- littérature « proximity-concentration trade
chés tiers, sur lesquels les ventes de la filiale off ») sont essentiels pour l’analyse empirique
peuvent se substituer à celles de la maison de la relation nous intéressant. Lorsque les coûts
mère, conduit Svensson (1993) à observer un fixes spécifiques à la firme sont élevés, et les coûts
léger effet de substitution, effet qui pourrait tou- fixes associés à chaque unité de production limités,
tefois être lié, selon l’auteur, aux conditions parti- la multinationale localise ses unités de production à
culières de la période d’observation. Andersson proximité de ses marchés et l’IDE se substitue au
(1993) ou Blomström et Kokko (1994) confir- commerce si les coûts de transport sont non négli-
ment que c’est la structure des exportations geables (Markusen et Venables, 1995). L’exemple
suédoises qui est affectée plus que le volume. de Coca-Cola illustre cette configuration.
Au total, la validation empirique de l’hypo-
L’effet d’entraînement sur les exportationsthèse microéconomique de substitution est fai-
ble. D’ailleurs, de nombreux développements joue d’abord au niveau macroéconomique
de l’approche standard montrent que le schéma
de substitution IDE/commerce ne résiste pas à Dans cette partie, nous essayons d’évaluer l’or-
la concurrence imparfaite (Helpman, 1984), à dre de grandeur des relations de complémenta-
la concurrence simultanée sur plusieurs marchés rité entre flux d’IDE et de commerce au niveau
(Gara, 1997) ou encore à l’introduction de l’in- macroéconomique. À cette fin, nous estimons
certitude (Becuwe, Mathieu et Sevestre, 1997). une équation d’exportation pour 21 pays de
l’OCDE. Cette équation est alors utilisée en si-
mulation pour construire un univers théorique (dé-
Un substitut au commerce pour la firme nommé « anti-monde »), dépourvu d’IDE,
si ses coûts de transport sont élevés ? servant de référence pour apprécier l’ordre de
grandeur de l’effet de complémentarité.
Les nouvelles approches du commerce interna-
tional, plaçant la concurrence imparfaite au Nous modélisons les exportations de 21 pays
cœur de l’analyse, soulignent le rôle central des OCDE vers leurs 20 partenaires appartenant au
économies d’échelle et des coûts de transport même échantillon, sur la période 1980-95. La
dans le processus de décision des firmes. Les valeur des exportations bilatérales est détermi-
rendements croissants limitent le nombre née par la taille du marché de destination (le
d’unités de production efficaces, tandis que les PIB normalisé du partenaire), la différence de
coûts de transport, et plus généralement, l’en- PIB et de PIB par tête entre le pays exportateur
semble des obstacles aux échanges, jouent en et son partenaire, une variable de « résistance »
sens opposé. Le type de relation observé dé- (les coûts de transport approchés par la distance
pend donc à priori de l’activité de la firme et géographique séparant le principal centre éco-
des difficultés d’accès au marché étranger nomique du déclarant de celui de son parte-
(Brainard, 1993a). La compréhension et la naire), la dimension « régionale » représentée
Encadré 2
ESTIMER LE SENS ET L’IMPORTANCE DE LA RELATION ENTRE L’IDE ET LE COMMERCE
Deux stratégies peuvent être développées contrôlant les déterminants communs de ces deux
modes d’internationalisation (taille des pays, etc.).
On peut estimer séparément deux équations d’ex- C’est ce que fait l’essentiel de la littérature, quitte à
portation et d’IDE et calculer la corrélation des instrumenter la variable d’IDE (Swenson, 1999). Se
résidus ou, de façon équivalente, régresser le résidu pose alors la question de l’arbitrage entre coupe ou
de l’équation de commerce sur l’IDE. Si les équa- panel, et dans ce dernier cas le choix des effets. On
tions sont correctement spécifiées la corrélation des a retenu ici la solution du panel. Obtenir des élasti-
résidus capte la relation de complémentarité/substi- cités est difficile lorsque l’on travaille sur des
tution évoquée ici, toutes choses égales par ailleurs. données de flux d’IDE, en raison des désinvestisse-
C’est la solution de Eaton et Tamura (1994), Gra- ments interdisant de log-linéariser les équations. Il
ham (1996), ou Brenton, Di Mauro et Lücke (1998). faut alors transformer la variable d’IDE avant d’en
prendre le logarithme (cf. encadré 3), ce qui interdit
Une alternative réside dans l’introduction de l’IDE une lecture directe des élasticités. Aussi parlerons-
dans des équations de commerce. On obtient alors nous ici de l’effet d’un dollar d’IDE sur la valeur en
l’effet d’une variation de l’IDE sur le commerce, en dollars des exportations ou importations.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7 75par des variables muettes de frontière com- tage comparatif entre ces deux pays) va à l’en-
mune et d’appartenance commune à l’Union contre des exportations bilatérales (voir sur ce
européenne. Enfin, la prise en compte des point Fontagné et al., 1998). Sans surprise,
flux d’IDE bilatéraux totaux entrants et sor- l’appartenance à l’Union européenne favo-
tants, en plus des variables explicatives précé- rise les échanges entre les différents partenai-
dentes, permet d’avancer des éléments de res, une fois contrôlés leur taille, les coûts de
réponse à la question soulevée. Il s’agit donc transport ou leur caractère contigu.
d’une variante de l’équation de gravitation classi-
que. Une telle méthode fondée sur les travaux de Considérant les deux variables d’IDE total,
Bergstrand (1989) est aujourd’hui largement uti- nous obtenons des élasticités proches de 0,5 (cf.
lisée. Nous lui adjoignons un effet fixe (4) pour encadré 3), celle associée à l’IDE sortant étant
chaque pays déclarant, afin de tenir compte de plus élevée que celle associée au flux symétri-
l’influence des déterminants des échanges non que. Ceci signifie par exemple que les IDE
contrôlés par ailleurs. Enfin un effet fixe sur les français aux États-Unis entretiennent une rela-
périodes contrôle le cycle des affaires. Le détail tion de complémentarité plus forte avec les ex-
des variables est donné en annexe. L’équation portations françaises à destination du marché
est log-linéarisée, ce qui impose une transfor- américain que les IDE en provenance des États-
mationdelavariabled’IDE(cf.encadré 3). Unis (équation 1 dans l’encadré 4).
Outre les résultats standards (effet positif de 4. Le test statistique approprié rejette les Moindres Carrés
Ordinaires. Et compte tenu de la nature des effets à contrôler,la taille du marché (5), effet négatif des coûts
relevant de déterminants structurels plutôt que de
de transport, effet positif de l’existence d’une comportements individuels aléatoires, une formulation à effets
frontière commune), on retiendra que la dif- fixes est préférable à une formulation à effets aléatoires, ce qui
est confirmé si l’on calcule le test correspondant.férence de revenu par tête entre le pays expor-
5. En interprétant l’élasticité qui y est associée, on notera qu’il
tateur et le marché de destination (qui est une nes’agitpasd’uneélasticitédesexportationsàlademande,mais
mesure de l’intensité de la différence d’avan- à la demande normée.
Encadré 3
TRANSFORMATION DE LA VARIABLE IDE (LOG-LINÉARISATION)
Le modèle macroéconomique permettant de quantifier IDE
IDE 0 1 1 TOUT 0
5 000un univers théorique dépourvu d’IDE et pouvant, de ce
fait servir de référence (« anti-monde ») subit une
IDEtransformation log-linéaire : un problème apparaîtdès
IDE 0 1 1 TOUT 0
5 000lors que les données d’IDE sont nulles ou négatives
(désinvestissement net). La solution adoptée ici con-
La même transformation est appliquée à l’investisse-siste à définir une nouvelle variable bénéficiant de
ment entrant.propriétés satisfaisantes par rapport à notre objectif de
log-linéarisation, à savoir, des données strictement po-
sitives. La transformation effectuée est la suivante, par
exemple pour l’investissement sortant :
Graphique
IDE Transformation de la variable IDE
TOUT log 1
5 000 par log-linarisation*
510000
Le plus important désinvestissement net de notre
8000 4échantillon est de – 4 600 millions de dollars. Les
observations étant toutes strictement supérieu-
6000 3
IDE
res à– 5 000 millions de dollars, le ratio sera
4000 25 000
strictement supérieur à– 1 et par conséquent,
2000 1
IDE
1 est strictement positif. La nouvelle variable 0
05 000 0
peut subir une transformation logarithmique (cf. gra-
-2000 -1
phique).
-4000 -2
Cette transformation permet d’obtenir des données
-6000 -3
négatives, nulles ou positives, selon que la valeur de
l’IDE est respectivement négative, nulle ou positive :
*Cettetransformationestappliquéeauxvariablesentrantetsortant
d’IDE, à savoir les FOUT et FIN (cf. annexe AI) de l’équation 1,IDE
IDE 0 1 1 TOUT 0 devenant TOUTetTIN.5 000
76 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7
Cette équation peut être utilisée en simulation grandeur très importants dans le cas des rela-
pour rendre compte d’un univers théorique dé- tions entre États-Unis et Japon, notamment
pourvu d’IDE : cet « anti-monde » servira de concernant les exportations japonaises vers les
référence pour juger de la situation réelle. On États-Unis (149 %). Cet écart ne semble pas cor-
peut ainsi apprécier le pourcentage d’accroisse- roborer les inquiétudes manifestées par le MITI
ment des exportations bilatérales associé à japonais à l’encontre de l’IDE (cf. encadré 1).
l’existence de flux d’IDE entre chaque paire de Les relations commerciales entre Royaume-Uni
pays (cf. tableau 1). On obtient des ordres de et États-Unis apparaissent également fortement
Encadré 4
LES EXPORTATIONS AU SEIN DE L’OCDE : UNE ÉQUATION D’EXPORTATION BILATÉRALE
L’équation suivante est estimée entre 21 pays OCDE sur la période 1980-1995. Le déclarant est notéi,le
partenaire j et la période t .
Les pays sélectionnés sont les suivants :
Allemagne, Belgique-Luxembourg, Danemark, France, Irlande, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Grèce, Suède,
Espagne, Portugal, Autriche, Finlande, Norvège, Suisse, Canada, États-Unis, Australie, Japon et Nouvelle-Zélande.
ln X 12,76 0,689.lnGDPPN 0,291 . DFGDPP 0,048.ln DFGDPPH
ijt jt ijt ijt
120,19 85,36 7,95 6,21
0,718.ln DIST 0,838.ln ADJ 0,109.lnUE
i j i j ijt
58,51 18,90 2,87
0,529.ln TOUT 0,438.ln TIN e e [1]
ij t i j t i t
8,29 6,25
n : 3011
Indice de conditionnement : 28,90 15,60 sansconstante
2R ajusté: 89,43 % Test de Lagrange : 71 558
F Value: 653,63 Test de Hausman : 133
Statistique de Student entre parenthèsesprob F : 0,0001
Tableau 1
Accroissement des échanges bilatéraux associé à l’IDE en 1994
(Exportations de i vers j)
En %
i j EU Jap All R-U Fra Ita P-B Blx Dan Fin Nor Suè Irl Aut Sui Esp Por Grè Can Aus Nzl
États-Unis(EU) - 86 70 98 63 35 0 32749 14 15 4 47 18 2 0 99 17 6
Japon (Jap) 149 - 12 22 5 2 16 9 . 001402 . . . 8 13 1
Allemagne (All) 9 1 - 38 21 - 7 20 12 0 - 2 - 1 - 3 10 7 . 841000
Royaume-Uni(R-U) 101 3 21 - 14 9 626217951 -1 8 3 . -3 33 6
France(Fra) 42 2 19 35 - 14 15 26110 -2416 . 1120 .
Italie(Ita) 6147 11 - 146100010371110 .
Pays-Bas(P-B) 17 0 17 3876 - 17113 2092 20 4 . . 3 3 .
Belgique et
Luxembourg (Blx) - 1 - 4 44 -26 35 - 5 14 - 2 0 - 1 30 1 - 13 - 7 - 13 - 1 - 1 4 - 3 0
Danemark (Dan) 11 0 3 13 2054 - 3 119702 1000100
Finlande (Fin) 3 0 4 10 3 0 10 2 15 - 2 5 . . - 1 . . . 1 0 .
Norvège(Nor) 14113 003073 - 0 0 0 100000 .
Suède (Suè) 101 -4 6-10 0 58005 -2 - -527 . . . 0 . .
Irlande (Irl) .... ........- ........
Autriche(Aut) 10710001 . . . 0 . - 1 . 0 . 1 . .
Suisse(Sui) 47 -2 16 23 111 1141 . . 8 . . - -1 . . . 0 .
Espagne (Esp) 21 3 15 - 1 14 9 12 100100106 - 5000 .
Portugal (Por) 1 . 3 0 1011 . . . 0 . . . 2 - . 0 . .
Grèce (Grè) ................ . - . . .
Canada (Can) 86 6 . - 14 ..............- ..
Australie(Aus) 20 2 0 29 3 . 3 2 .... 0 ... . . 2 - 4
Nouvelle-Zélande (Nzl) 7002 . . 11 0 ........ . . 12 12 -
Source : simulation fondée sur l’équation 1 (cf. annexe II).
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7 77








stimulées par l’IDE. La lecture de la première li- ou de l’agriculture (8) (nous parlerons d’« in-
gne de ce tableau reflète la répartition géographi- dustrie » par commodité dans la suite) sur 11 an-
que des IDE américains. L’Allemagne et la nées (1984-94). La nomenclature américaine
France s’y trouvent largement distancés par le ne comporte que 22 secteurs y compris les ser-
Royaume-Uni et le Canada. La complémentari- vices et agrège le secteur de l’agriculture dans
té entre flux d’IDE et flux commerciaux se vé- « autres industries ». Nous disposons alors de
rifie surtout pour les couples de pays situés six secteurs « industriels » dont la liste est don-
dans le quadrant Nord-Ouest du tableau. Ce née dans le tableau 6. Nous utilisons la même
constat s’inscrit en faux des argumentaires période que pour la France et considérons 38
usuellement développés : la complémentarité pays partenaires.
ne présente aucun caractère systématique.
Si l’on se réfère aux approches théoriques rap-
Cette relation, obtenue en utilisant des données pelées au début de cet article, le degré de com-
d’IDE total, doit maintenant être réexaminée au plémentarité ou de substitution entre flux
niveau des branches. d’IDE et d’échanges dépend largement du
niveau d’analyse retenu. La substitution joue à
plein au niveau de la firme. À l’autre extrémité,
Une nouvelle approche fondée sur des c’est au niveau macroéconomique global que la
données d’IDE sectorielles et bilatérales complémentarité s’avère maximum, les don-
nées individuelles de branches et les données
On se limite maintenant à une comparaison de l’industrie considérée globalement consti-
des cas américain et français. Ces deux pays tuant des cas intermédiaires. Aussi la stratégie
entretiennent en effet des bases statistiques d’estimation des équations d’exportation et
relatives à l’IDE suffisamment détaillées au d’importation bilatérales doit-elle tenir compte
niveau sectoriel et bilatéral, et sur une période de cette particularité.
suffisamment longue, pour autoriser une ana-
lyse approfondie. L’IDE est encore appréhendé La démarche comporte trois étapes : dans un
en flux. À nouveau, des équations d’échange de premier temps, estimation de la relation entre
type gravitationnel sont estimées en panel, IDE et échanges internationaux au niveau des
séparément pour chacun de ces deux pays fai- branches industrielles considérées séparément
sant face à ses différents partenaires. au sein d’un panel. Dans un second temps, nous
traitons l’industrie comme un tout et réexami-
À cette fin, nous avons construit une base de nons cette relation. À cette occasion, la diffé-
données d’échange et de flux bilatéraux d’IDE, rence entre les coefficients estimés et ceux
utilisant une nomenclature commune pour les obtenus à l’étape précédente nous renseigne sur
deux types de flux. Les données françaises l’intensité des effets de stimulation de branche
d’IDE étant plus détaillées, nous pouvons utili- à branche : un investissement dans l’automo-
ser la nomenclature française pour travailler bile peut avoir des retombées positives en matière
sur les données françaises ; la comparaison en- d’exportation de composants électroniques. Si
tre résultats pour la France et pour les États- nous traitons l’industrie comme un tout, la rela-
Unis se fera alors en utilisant une nomenclature tion IDE-échanges observée rendra compte de
commune, moins détaillée (6). Le degré de dé- cette retombée positive. Enfin, si nous traitons
composition sectorielle de la nomenclature doit l’ensemble des secteurs comme un tout, nous
en effet être le même si l’on veut pouvoir com- captons d’éventuelles retombées entre les
parer les coefficients estimés. IDE dans les activités de services et les
échanges de biens. Cette méthode assure ain-
À la différence de l’approche globale du para- si une cohérence aux décontractions de
graphe précédent, les équations ne seront pas l’équation globale en équations relatives à des
log-linéarisées (7). En effet, plus l’on descend à
un niveau fin, plus le nombre de valeurs d’IDE
6. Cette opération implique une perte d’information et réduit la
nulles ou négatives augmente : les problèmes qualitédesestimations.Lesdonnéesfrançaisesn’enregistraient
de correction deviendraient trop importants. pas les bénéfices réinvestis jusqu’à 1996. De plus, les données
françaises considèrent comme secteur de destinaiton des IDELes coefficients obtenus ne devront donc pas
sortantslesecteurinvestisseur,etlesecteurdelafilialefrançaise
être interprétés comme des élasticités. en cas d’IDE entrant. Dans le cas des États-Unis au contraire, le
Bureau of Economic Analysis considère systématiquement le
secteur de la filiale.La base de données française comporte 20 812
7. Fontagné et Pajot (1998) proposent des estimations
observations correspondant à 43 pays partenai- log-linéarisées et soulignent les difficultés de l’exercice.
res et 44 secteurs dont 19 relevant de l’industrie 8. Voir la liste de ces secteurs dans le tableau 10.
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