L'analyse des technologies de l'information et de la communication de Lille Métropole et du Nord-Pas-de-Calais numéro 3

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Un partenariat a été mis en place entre l'INSEE, l'Agence de Développement et d'Urbanisme de Lille Métropole(ADULM),la CCI Lille Métropole (CCILM), la Chambre régionale de Commerce et d'Industrie (CRCI), DigiPort-TLM et la Direction régionale de l'Industrie et de la recherche (DRIRE) pour favoriser l'apport mutuel de compétences dans le secteur d'activité des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC). Cette volonté se traduit par un outil, destiné à l'ensemble des acteurs de la métropole lilloise et de la région, «l'Observ@toire », dont l'objectif est de mesurer les différents impacts du développement des activités liées aux TIC Dans la troisième édition de l'Observ@toire, sont présentés deux zooms. Le premier sur les entreprises et leurs dirigeants, le second sur l'E-administration et points d'accès publics à internet. Par ailleurs on y retrouvera les 10 indicateurs clés des TIC en Nord-Pas-de-Calais
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 003 Janvier 2004
’ ’L analyse des Technologies de l Information et de la Communication de Lille Métropole.
Sans doute plus encore que dans d’autres activités, le rôle En complément de cette analyse, L’Observ@toire conserve
des pouvoirs publics apparaît décisif en matière de l’architecture mise en place dans le cadre de ses deux
nouvelles technologies. premiers numéros. La première partie prolonge l’analyse
des caractéristiques de l’offre locale, en s’attachant plus
Cette implication se traduit naturellement par les effets des particulièrement à des indicateurs financiers et au profil
1fonctions législatives et réglementaires , mais aussi au des créateurs d’entreprises. Enfin, 10 chiffres clés (pages
travers de différentes actions permettant d’accompagner 14 et 15), permettent d’esquisser une première approche
ou de soutenir les Technologies de l’Information et de la de la filière des TIC en région.
Communication (TIC).
De façon conjoncturelle, dans une période où certains L’équipe de rédaction
marchés arrivent à maturité (cf. en particulier l’actualisa-
tion des données économiques en page 2 de ce numéro),
l’administration - comprise dans un sens large - représente
Zoom I pour les entreprises une clientèle à ne pas négliger. A titre
d’exemple, les estimations du Syntec (la Chambre syndi- Les entreprises
cale des SSII et des éditeurs) laissent apparaître des et leurs dirigeants
chiffres de croissance pour 2003 de + 3 à + 5 % pour le
2/3 Entreprises et emplois :secteur public. Sur la même période, le marché total des
évolution 2002-2003services informatiques devrait diminuer de 3 à 5 %.
4/5 La vitalité des TIC dans
Plus fondamentalement enfin, une utilisation volontariste
le Nord - Pas-de-Calais
de l’informatique par les pouvoirs publics, grâce à l’impact
6/9 Profil des créateurs de ceux-ci auprès de multiples acteurs, conditionne et
influence fortement de nombreuses pratiques liées aux d’entreprises TIC
nouvelles technologies. Le deuxième Zoom de ce numéro,
consacré à l’e-administration, offre un aperçu de l’effet Zoom II
d’entraînement de tels usages sur les entreprises comme
E-administration et sur les particuliers.
points d'accès publics
à Internet
10 Interview : Jacques Sauret
de l’ADAE
11 E–administration : Copernic,
un exemple de téléprocédure
du Ministère de l’Economie
12 / 1 3 Les points d’accès publics
à Internet au sein de la
1 Cf. éditorial de L’Observ@toire n°2 (juillet 2003) consacré au Communauté Urbaine de Lille
projet de Loi pour la Confiance dans l’Economie Numérique, juillet
2003.
Chiffres clés
14 / 1 5 Les TIC dans la métropole :
10 indicateurszoom I
Les entreprises et leurs dirigeants
Entreprises et emplois : évolution 2002-2003
L’aire urbaine de Lille, une métropole 001 - Ralentissement dès 2001 et repli en 2002.
de premier plan en matière de TIC… Evolution des salariés des activités TIC au cours de la période du
31/12/1997 au 31/12/2002 dans les 19 premières aires urbaines, hors
er Au 1 janvier 2003, le Nord - Pas-de- Paris (31/12/1997 : base 100).
Calais compte 3 220 établissements
2002TIC , employant 30 546 salariés.L’aire
urbaine de Lille concentre à elle seule 180
55 % de ces établissements et 63 % des
effectifs (soit 19 337 salariés). 160
èmeLa métropole se positionne ainsi au 5
140rang des agglomérations de province
après Lyon (35 063 salariés), Toulouse
120(30 002 salariés), Marseille (23 744 sala-
riés) et Grenoble (20 979 salariés). Ce
100
positionnement apparaît d’autant plus
remarquable que le poids relatif des TIC 80
1997 1998 1999 2000 2001 2002dans l’ensemble de l’économie lilloise
(équivalent à 5,4 % de l’emploi total) reste
Source : INSEE – UNEDIC 1998/2002.Services immatériels (Lille)3 inférieur à celui de la moyenne des
Seriels (19 aires)
19 aires urbaines françaises hors Paris
Ensemble TIC (Lille)
(6,2 % de l’emploi total).le TIC (19 aires)
Autres activités hors TIC (Lille)
… malgré un repli plus important que
ATIC (19 aires)
dans les autres aires urbaines en 2002
002 - L'industrie des TIC est la plus touchée par la
Après une période de forte croissance et baisse. Evolution des effectifs (en %) dans les différents
un premier fléchissement en 2001, l’année segments d’activités entre le 31/12/2001 et le 31/12/2002 au sein
2002 est marquée par un repli des
de plusieurs aires urbaines françaises.
effectifs salariés, sensible tant dans la
10 %métropole (- 7,4 %) que dans l’ensemble
des principales agglomérations (- 3,9 %)
(graphique 001). 0 %
Ce recul des effectifs salariés au sein
- 10 %des 19 aires urbaines hors Paris,
concerne l’ensemble des activités TIC,
mais toutes ne sont pas affectées dans les
- 20 %
mêmes proportions (graphique 002).
- 30 %
- 40 %Piste de recherche :
Les évolutions actuelles : un prolonge-
ment de la pause, mais une croissance
attendue sur le long terme ? Source : INSEE – UNEDIC 2001/2002.
Variation des effectifs “TIC fabrication”
Variation des effectifs “TIC services liés à des biens”
Varvices immatériels”
Varectifs “TIC édition imprimerie”
Variation total TIC
Nice
Toulouse
Lille
Marseille
Aix-en-Provence
Bordeaux
Lyon
Nantes
Grenoble
Rennes
Ensemble
des 19 aires
urbaineszoom I
0000 0000 0000 0001
En raison à la fois d’une croissance soutenue et de leur Tant en valeur absolue qu’en valeur relative par
part prépondérante dans l’ensemble de la filière rapport aux autres activités TIC, l’essentiel de la
(tableau 003), les activités liées aux services immatériels décroissance des effectifs salariés en métropole
ont représenté pendant plusieurs années la source lilloise est imputable aux activités de fabrication.
4principale de nouveaux emplois . En 2002, celles-ci En cela, le phénomène est conforme à la tendance 3
observée dans la moyenne des 19 premières restent relativement épargnées, avec une baisse plus
agglomérations. Mais le recul de l’emploi total TIC,faible de leurs effectifs (- 1,0 %). A l’opposé, après une
légèrement supérieur dans l’aire urbaine de Lille,année 2001 où le nombre de salariés était déjà en baisse
s’explique également par une diminution proportion-de 0,9 %, les activités TIC relevant de la fabrication appa-
nellement plus sensible des services immatériels raissent particulièrement touchées par le retournement de
(- 4 %) et de l’édition imprimerie (- 8 %), deux activi-la conjoncture (repli de - 8,8 % en 2002). Du fait de ces
tés par ailleurs sur-représentées dans l’économiedifficultés, liées essentiellement à un déficit des exporta-
5 locale (respectivement 53 et 27 % de l’emploi totaltions , la fabrication représente ainsi à elle seule 67 % de
contre 43 et 20 % pour la moyenne des 19 airesla totalité des emplois perdus dans l’ensemble de la filière
urbaines).des nouvelles technologies au cours de l’année 2002
Comparativement aux effectifs, la baisse du (contre, respectivement 11 % pour les services liés à des
nombre d’établissements TIC apparaît moins biens, 10 % pour les services immatériels et 12 % pour
marquée au cours de l’année 2002 : - 2,1 % dans lal’édition-imprimerie).
métropole contre - 7,4 % pour les effectifs. Cette
baisse du nombre d’établissements est toutefois plus003 -Le poids des activités de services
forte qu’au niveau national qui se situe à - 0,1 %. Une
dans les TIC au 31/12/2002.
analyse plus fine, basée en particulier sur les taux de
Répartition des effectifs (en %) dans les différents
créations pures, permettrait de préciser la part de la
segments d’activités. diminution du nombre de salariés au sein des
entreprises existantes et la part de disparitions/
créations d’établissements dans l’évolution globale
des effectifs.
Nice 28 10 46 16
2 Toulouse 33 7 48 12 Pour une définition de la filière des Technologies de
l’Information et de la Communication (TIC) retenue pourLille 910 54 27
cette analyse, cf. la page encartée dans ce numéro.
Marseille - Aix 35 9 40 16
3 er Au 1 janvier 2001, 5,7 % des emplois de l’aire urbaine de
Bordeaux 34 8 39 19
Lille étaient liés aux TIC contre, en moyenne, 6,5 % dans
Lyon 20 10 53 17 les 19 premières aires urbaines de province
(cf. L’Observ@toire N°1, novembre 2002).Nantes 23 11 52 14
4 Entre 2001 et 2002, le taux de croissance pour les Grenoble 55 3 32 10
services immatériels atteignait encore en moyenne 9 %
Rennes 25 6 44 25 pour les principales aires urbaines de province
(cf. L’Observ@toire N°2, juillet 2003).19 premières 29 9 43 19
5 Cf. : "Le secteur français des technologies de l’informationaires urbaines
et de la communication en chiffres" ; édition 2003, SESSI
www.industrie.gouv.fr/sessi.Source : INSEE – UNEDIC 2002.
Fabrication
Services liés
à des biens
Services
immatériels
Edition
imprimerieLa vitalité des TIC dans le Nord - Pas-de-Calais
Une analyse des indicateurs financiers comme la productivité du travail ou le chiffre d’affaires renseigne sur la
vitalité des activités TIC au sein de la région.
Quatre établissements TIC sur cinq dépendent d’une situées dans la métropole lilloise.Pour la plupart
entreprise régionale d’entre elles (92 %), la totalité de leurs effectifs travaillent
dans le Nord - Pas-de-Calais. Pour les autres entreprises,
En 2000, dans le Nord - Pas-de-Calais, 77 % des au moins 80 % de leurs salariés travaillent dans la région.
établissements ayant une activité relevant des
Technologies de l’Information et de la Communication La productivité apparente du travail, égale à la valeur
6 8dépendent d’une entreprise monorégionale et 5 % ajoutée par salarié, mesure la richesse moyenne créée
relèvent d’une entreprise régionale ayant aussi des sur l’année par un salarié. Elle dépend à la fois des
établissements hors de la région. Les autres établisse- moyens de production utilisés, des effectifs et du secteur
ments sont rattachés à une entreprise non régionale. d’activité. En 2000, pour les entreprises TIC de la région,
elle est identique à celle de l’ensemble des activités du
Les activités d’édition, d’imprimerie et de reproduction champ marchand (soit 43 000 euros par salarié,
regroupent la plus forte proportion d’établissements graphique 004 ). Au sein du secteur TIC, elle est plus
dépendant d’une entreprise monorégionale (soit 86 %). En élevée dans les services d’édition, d’imprimerie et de
revanche, les établissements TIC exerçant une activité de reproduction (46 000 euros par salarié) que dans les
fabrication ou rendant des services immatériels sont plus services liés à des biens (39 000 euros par salarié). Quelle
nombreux à être rattachés à des entreprises non que soit l’activité prise en compte, la productivité
régionales, respectivement 25 % et 21 %. apparente du travail est légèrement plus faible en
Nord - Pas-de-Calais que dans l’ensemble des régions
Contrairement à d’autres indicateurs, les agrégats de province où elle atteint en moyenne 46 000 euros par
financiers les plus couramment commentés ne peuvent salarié dans le secteur des TIC.
être perçus qu’au niveau des entreprises. En effet, des
éléments comme la valeur ajoutée ou l’excédent brut 004 - Données financières dans les entrepri-
d’exploitation ne sont pas connus au niveau des établisse- ses des Technologies de l'Information
ments. Afin de parvenir à une analyse plus pertinente, et de la Communication dans le Nord -
seules les entreprises disposant d’un siège dans le Nord - Pas-de-Calais et l'ensemble des régions
Pas-de-Calais ont donc été retenues dans les chapitres de province en 2000. (En milliers d’euros et
suivants.
en %)
Les activités d’édition, d’imprimerie et de reproduction
ont une forte productivité apparente du travail
7En 2000, les 1 920 entreprises TIC ayant établi leur siège
dans le Nord - Pas-de-Calais ont contribué à hauteur de
près de 3 % au chiffre d’affaires dégagé par l’ensemble
Ensemble des régions 159 46 30des entreprises régionales du champ marchand. Leur
de provinceparticipation à la création de la valeur ajoutée avoisine
également les 3 %.Pour ces deux indicateurs, la Nord - Pas-de-Calais 183 43 24
moyenne des régions de province se situe respectivement
à 3,9 % et 3,8 %. Parmi ces 1 920 entreprises, 52 % sont
Source : INSEE – FICUS 2000.
Chiffre
d'affaires
par salarié
Productivité
apparente
du travail
Taux
de valeur
ajoutéezoom I
0000 0000 0000 0001
Les entreprises TIC dégagent un chiffre d’affaires Un taux de valeur ajoutée plus élevé dans les
par salarié un peu plus élevé que dans l’ensemble services immatériels
des autres activités
La part de la valeur ajoutée dans le chiffre d’affaires
Le chiffre d’affaires par salarié est supérieur dans mesure la production de l’entreprise réalisée par ses
les entreprises TIC de la région (183 000 euros propres moyens. Généralement, plus l’entreprise est
contre 179 000 euros (graphique 005) dans l’ensemble grande, plus elle fait appel à des services extérieurs et 5
des activités du champ marchand). Ce ratio recouvre plus le taux de valeur ajoutée est faible.
bien sûr des disparités entre les quatre groupes Dans le Nord - Pas-de-Calais, en 2000, la part de la
d’activités du secteur des TIC. Il est nettement plus valeur ajoutée dans le chiffre d’affaires est relati-
élevé dans les services liés à des biens que dans les vement proche de celle dégagée par l’ensemble
services immatériels ou les activités de fabrication et des activités (23,7 % contre 24,2 %). Ce ratio est plus
d’édition. faible que celui observé au niveau de la moyenne des
Le chiffre d’affaires par salarié dégagé par les entre- régions de province qui se situe à 29,8 %. Les services
prises TIC dans le Nord - Pas-de-Calais est également immatériels ont le taux de valeur ajoutée le plus
au-dessus de la moyenne des régions de province élevé (39,5 %), contrairement aux services liés à des
(soit 159 000 euros par salarié). biens pour lesquels la sous-traitance est certainement
davantage utilisée.
005 - Chiffre d'affaires et productivité
apparente par salarié en 2000
dans les activités TIC. (En milliers 6 Une entreprise monorégionale est une entreprise dont le
d’euros)
siège et tous les établissements sont situés dans la région.
Une entreprise régionale a son siège basé dans la région
et possède au moins un établissement situé en dehors de
Ile-de-France
la région. Une entreprise non régionale a son siège installé
dans une autre région et possède au moins un établisse-Midi-Pyrénées
ment situé dans le Nord - Pas-de-Calais.
7Rhône-Alpes Les entreprises (sociétés ou entreprises individuelles)
doivent remplir chaque année un formulaire pour la déter-
Bretagne
mination de l’impôt sur les bénéfices. Pour les entreprises,
Provence- l’administration fiscale distingue trois catégories de
Alpes-Côte d'Azur bénéfices : les bénéfices non commerciaux (BNC), les
Nord - bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et les
Pas-de-Calais bénéfices agricoles (BA). Le champ retenu ici comporte
Aquitaine l’ensemble des entreprises imposées au titre des deux
premières catégories. Ne sont pas prises en compte les
0 200 25050 100 150 micro-entreprises.
8 La valeur ajoutée brute au coût des facteurs est la valeurChiffre d’affaires par salarié
Valeur ajoutée par salarié ajoutée hors taxes à laquelle on ajoute les subventions
d’exploitation et de laquelle on déduit les impôts, taxes et
Source : INSEE – FICUS 2000. versements assimilés.Profil des créateurs d’entreprises TIC
Les créateurs d’entreprises TIC : très diplômés,
anciens actifs ou anciens chômeurs de courte durée
Une centaine d’entreprises ont été créées dans le
erdomaine des TIC au cours du 1 semestre 2003. Plus de
la moitié d’entre elles exerce une activité dans les
services immatériels. Parmi ces entreprises, 90 sont des
créations pures. Qui en sont les créateurs ? Leur profil
9peut être approché à l’aide de l’enquête SINE ,
effectuée auprès d’un échantillon de créateurs
d’entreprises régionaux.
Fiche d’identité
Créateurs régionaux d’entreprises TIC : les femmes
mieux représentées que dans l’ensemble de la
France Créateur : Rodolphe Dietrich
Secteur d’activité : Société de production de films
Les femmes sont plus créatrices dans le Nord - Pas-de-
et séries documentairesCalais. Pour les TIC en 2002, 28 créateurs sur 100 sont
des femmes. Ce n’est pas une proportion différente de Spécificités : Coproductions internationales,
ce que l’on observe pour les autres créateurs de la
réalisation de films d’auteur,région. Par contre, cette proportion est plus importante
que celle observée pour les créateurs TIC sur la France de découverte et animaliers,
entière (16 %). Avec un taux de chômage plus élevé que de documentaires et
celui des hommes, les difficultés particulières des fem-
de programmes pour enfantsmes à trouver leur place dans le monde salarié ont sans
doute favorisé le développement de formes différentes Effectif : 3 personnes
d’activité et les incitent à créer leur propre entreprise.
Contact : zornproduction@wanadoo.fr
Les hommes créateurs dans le secteur des TIC sont
plus jeunes de quelques mois que l’ensemble des
Observ@toire TIC : Quel âge avez-vous et quel est
créateurs. Le phénomène est plutôt inverse chez les
votre parcours professionnel ?
femmes qui sont légèrement plus agées que l’ensemble
des créatrices.
Rodolphe Dietrich : J’ai 40 ans et je suis originaire
d’Alsace. Je suis diplômé de l’Ecole Supérieure d’Art
Suite page 8... Dramatique du Théâtre National de Strasbourg. J’ai débuté
par la réalisation puis la production de films institutionnels
pendant près de quinze ans avant de créer ma propre
9 société.Enquête réalisée par l’Insee en 1994, 1998 et 2002 sur un
échantillon d’entreprises du champ Industrie, Commerce,
er Service (ICS) créées, reprises ou réactivées au 1 semestre,
ayant déclaré leur création au CFE (Centre de Formalité des
Entreprises) et ayant vécu au moins un mois. Cette enquête
est réalisée par vague. Elle permet de suivre les entreprises
et d’étudier leur survie à 3 et 5 ans.zoom I
0000 0000 0000 0001
Observ@toire TIC : Vous êtes le créateur de la prendre la mesure de notre métier qui, aujourd’hui, est
société Zorn Production. Pouvez-vous nous parler complètement inscrit dans cette formidable industrie
de la création de votre société ? mondiale qui est celle des contenus, qu’ils soient musi-
caux, multimédia ou audiovisuels.
Rodolphe Dietrich : Zorn Production a été créée il y a
une dizaine d’années en Alsace. Nous réalisions plus Observ@toire TIC : Comment projetez-vous l’évolu-
spécifiquement des films institutionnels. Nous avons tion de votre entreprise ?
décidé de changer de cap pour nous lancer dans la
production de films documentaires en coproduction Rodolphe Dietrich : Justement, je viens d’évoquer le
internationale, et de fait nous nous sommes installés terme “multimédia”, il est évident que notre métier de
dans le Nord depuis trois ans. Nous sommes à la fois producteur doit tenir compte de ces nouvelles techno-
des "industriels" (production/réalisation) et des conteurs logies et de la démultiplication des modes de diffusion
d’histoires utilisant les médias traditionnels, mais aussi (CD-Rom, Web, DVD…). C’est en intégrant l’ensemble
les nouvelles technologies. Zorn Production produit trois de ces technologies que nous pourrons créer des
à cinq heures de films documentaires par an. univers (thématiques ou par âge) offrant l’accès à des
ressources culturelles, informatives, éducatives ou
Observ@toire TIC : Pourquoi avez-vous choisi la ludiques. Zorn Production doit donc nécessairement
région Nord - Pas-de-Calais pour vous installer ? intégrer la gestion de contenus numériques off-line ou
on-line, à l’exemple des producteurs anglo-saxons qui 7Rodolphe Dietrich : Nous avons bénéficié des proposent des produits audiovisuels packagés (série
10conseils du CRRAV que j’avais rencontré lors d’un TV + Web + CD-Rom…) à leurs clients diffuseurs.
marché européen et qui m’a "vanté" le positionnement
international de Lille. En effet, la proximité de Paris, de Observ@toire TIC : Quels sont vos prochains projets ?
la Belgique et de l’Angleterre, était primordiale pour
nous qui souhaitions développer des films documentaires Rodolphe Dietrich : Nous allons créer une licence
en coproductions et en diffusions internationales. multimédia avec le projet “Jouons” et déployer une
L’Europe bénéficie d’un réseau actif de producteurs et gamme d’outils autour de ce projet (CD-Rom ludo-édu-
de diffuseurs au sein duquel nous voulions renforcer catif, livre, CD audio, boîte de jeux…). Ce sera un
notre présence. premier essai de diversification multimédia autour d’un
projet TV qui a déjà réuni douze partenaires financiers
Observ@toire TIC : Quelles ont été les conditions (chaînes de télévision) dans le monde. D’autres séries
de la création de Zorn Production ? TV sont en préparation avec déjà la signature des
accords internationaux de coproduction et de diffusion,
Rodolphe Dietrich : Concernant la création, nous notamment sur la toute prochaine série sur les miné-
n’avons pas eu de difficultés particulières. C’est plutôt raux "Rock’Art", une série plus ludique comme le "Tour
dans l’exercice de notre activité quotidienne que nous du monde en 80 vaches" ou des formats plus longs en
manquons souvent d’accompagnement : par exemple fiction.
en matière d’ingénierie financière internationale, de
droits et de gestion des droits sur un plan international
et surtout un manque de soutien sur l’innovation de
services. Toutefois, une compréhension de nos problé- Le projet “Jouons” est un carnet de voyage à la
matiques de développement commence à exister. Elle rencontre des jeux de rue des enfants de 7 à 12 ans à
doit être poursuivie afin de permettre aux producteurs travers des séries documentaires de 13 x 13 minutes.
de contenus de se consolider et de se développer. La série “Jouons” réunit des partenaires prestigieux
Nous exerçons un métier d’artisan/d’ensemblier en (UNICEF, CCRAV…) et plus d’une dizaine de télévi-
définitive encore peu connu. Il serait intéressant que les sions à travers le monde (France 5, TV5, RTBF, Rai
différents partenaires institutionnels et privés puissent Sat…).
10 CRRAV : Centre Régional des Ressources Audio Visuelles
à Tourcoing (www.crrav.com). Organisme associé au
Conseil Régional du Nord - Pas-de-Calais, le CRRAV
travaille au développement du cinéma, de l'audiovisuel et
du multimédia. Il propose des aides aux associations, des
formations, de la documentation, l'accueil de tournages.... Suite de la page 6
Profil des créateurs d’entreprises TIC
Les créateurs TIC sont plus diplômés
Comme au plan national, les créateurs d’entreprises TIC
sont plus diplômés que la moyenne. Ce secteur innovant
demande un savoir-faire technique important et nécessite
une formation préalable plus élevée. Alors que près de
15 % des créateurs régionaux sont sans diplôme en 2002,
ils sont moins de 3 % dans les TIC. Le niveau national se
situe à 7 %. De même, 59 % ont poursuivi leurs études au
delà du bac, contre 28 % pour l’ensemble des autres
créateurs régionaux. Ces chiffres sont comparables au
niveau national.
Avant la création, les créateurs des TIC du Nord - Pas-
de-Calais sont très souvent d’anciens salariés et
d’anciens chômeurs de courte durée
En 2002, 7 créateurs d’entreprises TIC nordistes sur 10
sont d’anciens salariés, en activité ou au chômage. Ils sont
un peu moins de 6 sur 10 au niveau national et un peu
plus de 6 sur 10 pour l’ensemble des activités de la région.
Ils sont aussi plus souvent encore en études ou anciens
chefs d’entreprise que pour la moyenne des activités du
Fiche d’identitéNord - Pas-de-Calais.
Alors qu’un quart des créateurs nordistes étaient aupara-
vant chômeurs de longue durée ou sans activité profes- Créateurs – associés de la société :
sionnelle, seulement 15 % de créateurs d’entreprises TIC
Françoise Hildesont dans ce cas. Ce sont pour plus d’un quart d’entre eux
des chômeurs de moins d’un an. C’est plus que la moyenne Alain Gourcerol
des activités régionales (20 %) et que la moyenne des
Alain Croain
créateurs TIC français (16 %).
Secteur d’activité : Dématérialisation de
Des créations pures de petite taille documents électroniques
Services développés : Doc@Facilities :
Les nouvelles entreprises relevant du domaine des TIC
gestion des documents sont plus souvent des créations pures (95 %) que des
reprises (5 %) alors que pour l’ensemble des activités, la administratifs relatifs aux
part des reprises est nettement plus importante (28 %).
travaux sur le domaine Les entreprises nouvellement créées sont pour la
plupart, comme dans toute activité, de petites structures public par extranet
sans salarié (64 %). Comme pour l’ensemble des créa- Effectif : 7 personnes
tions régionales, les 3/4 des nouvelles entreprises TIC ne
Site Web : www.urbox.frcomptent pas plus d’un salarié.zoom I
0000 0000 0000 0001
Françoise Hilde
Alain Croain
Alain Gourcerol
Observ@toire TIC : Monsieur Gourcerol, vous êtes Observ@toire TIC : Quels ont été les freins à la
le dirigeant d’Urbann-Net-City, quel est votre profil création de votre société ?
et celui de vos associés ?
Urbann-Net-City : Les freins apparus dès le début du 9Urbann-Net-City : Mes deux associés et moi-même, projet ont été d’ordres structurels (période de l’éclate-
nous nous sommes rencontrés en 1995 à l’IAE de Lille ment de la bulle Internet) et financiers (difficulté pour
en passant une maîtrise en science de gestion que obtenir des subventions sur un service innovant).
nous avons obtenue tous les trois. Le développement
d’Urbann-Net-City a réussi grâce à une équipe Observ@toire TIC : Pouvez-vous décrire en
pluridisciplinaire : Françoise Hilde (57 ans - Nordiste) quelques mots l’évolution à long terme d’Urbann-
spécialiste en marketing et commercial, Alain Croain Net-City ?
(37 ans - Nordiste) spécialiste en accompagnement et
gestion par projet, et moi-même (45 ans - Parisien) qui Urbann-Net-City : Nous optons pour un positionnement
ai, sur quinze années au service d’opérateurs Télécom, sur le processus des téléservices et téléprocédures
acquis un savoir-faire sur les TIC. complexes, de plus nous nous adaptons le plus
possible au schéma existant des organisations avec
Observ@toire TIC : Pourquoi avez-vous opté pour lesquelles nous travaillons tout en œuvrant pour une
la région Nord - Pas-de-Calais pour la création de conduite du changement. Nous avons un prévisionnel
votre société ? d’embauche de 25 personnes sur la région Nord - Pas-
de-Calais, et nous désirons apporter notre contribution
Urbann-Net-City : Cela s’explique tout d’abord par un au développement local en recrutant et en formant des
attachement personnel depuis plus de 20 ans à la ex-salariés du monde du textile pour notre service
région. D’autre part, nous avons bénéficié des structures clients. A moyen terme nous souhaitons nous déployer
d’accueil et des organismes d’aide à la création : Nord en divers points géographiques pour couvrir le
Entreprendre, DigiPort, Lille Métropole Initiative, le territoire national d’ici 2007 car, pour nos clients, la
réseau des ruches (notamment la Ruche de proximité est un atout non négligeable dans notre
11Tourcoing )… Il est difficile de dire que l’un ou l’autre stratégie de développement.
de ces acteurs ait agit plus qu’un autre sur notre projet,
car ils travaillent en réseau, et ils ont apporté chacun
leur pierre au projet au moment opportun. Notre produit
répond bien à une attente et a pu être évalué grâce,
entre autres, aux tests avec des villes pilotes numé-
riques comme Lambersart, et des opérateurs de
réseaux nationaux présents sur la région. Ces divers
11éléments nous offrent aujourd’hui une longueur 26 % des dirigeants d’entreprise de la Ruche de Tourcoing
d’avance sur la connaissance du marché et sur sont des femmes, soit une entreprise sur quatre (extrait du
journal "Nord Eclair" du vendredi 19 septembre 2003).l’expertise de téléservices et téléprocédures.zoom II
E-administration et points d’accès publics à Internet
E-administration : Interview de Jacques Sauret, Directeur de l’Agence de Développement
12de l’Administration Electronique (ADAE)
Observ@toire TIC : Pouvez-vous nous donner une Observ@toire TIC : Quels sont les projets en cours ?
définition de l’e-administration ?
J.S : Plusieurs projets qui répondent à une forte attente de
Jacques Sauret : Selon l'OCDE, l'administration électro- nos concitoyens ont été engagés. Un service commun de
nique est "l'usage des technologies de l'information et changement d'adresse, accessible sur Internet et par
de la communication et en particulier de l'Internet en téléphone, simplifiera les démarches réalisées par l’usager
tant qu'outil visant à mettre en place une administration auprès des services publics lors d’un déménagement.
de meilleure qualité". Un point d’accès unique sur Internet pour les demandes de
L'administration électronique doit permettre aux usagers de subvention des associations permettra d’accélérer les
ne plus se déplacer de guichet en guichet. Elle doit centraliser procédures et d’harmoniser les modalités de traitement. De
et coordonner les procédures électroniques des différents plus, il diminuera le nombre de pièces justificatives à fournir.
ministères afin que celles-ci puissent être traitées de la L'objectif est de réussir à terme, l'instruction de toutes les
même façon quelle que soit leur origine. En outre, elle doit démarches par le biais de ce point d'accès unique.
permettre aux différentes administrations de se transmettre Actuellement, sur les 750 communes où ont lieu l'essentiel
des informations concernant un citoyen, avec l'accord et des naissances, environ 150 proposent la demande en ligne
sous le contrôle de celui-ci. de copies ou d'extraits d'actes d’état civil. L’agence a engagé
un projet de généralisation de ce service.
Observ@toire TIC : Quels sont les objectifs de l’Agence Le projet de "cartes de vie quotidienne" a rencontré un très
de Développement de l’Administration Electronique ? fort succès auprès des collectivités territoriales, il est révéla-
teur de la nouvelle démarche d’ensemble de l’administration
J.S : Si l’administration électronique est un formidable outil électronique. Lancée en mars 2003, la "carte de vie
d’amélioration des services rendus aux citoyens, elle quotidienne" doit offrir aux usagers particuliers, sur un
constitue également un des moyens majeurs de la moderni- territoire - ville ou département -, un bouquet de services
sation des administrations. L’administration électronique publics locaux facilement accessibles. Elle doit permettre, en
contribue en effet à la mise en œuvre de nouvelles compé- particulier, de remédier en partie à l’insuffisance de l'appli-
tences, de nouveaux modes de travail et de nouvelles cation du numérique dans l'administration et dans les
organisations pour un service public plus efficace. services de proximité en général. Treize collectivités ont été
Le programme RE/SO 2007, lancé par le Premier Ministre à retenues, reflétant une très grande diversité, afin de tester ce
l’automne 2002, vise à combler le retard français par nouveau produit, de l'automne 2003 à la fin 2005. Cette
rapport à nos voisins européens, dans l’utilisation des démarche, aux fortes potentialités et qui constitue un fort
nouvelles technologies, pour améliorer le fonctionnement effet de levier dans la généralisation de l’e-administration au
des services publics. Il prévoit notamment que chaque niveau local, représente un coût particulièrement modeste,
ministère mettra en place, chaque année, deux nouvelles eu égard à ses objectifs ; elle bénéficiera d’un million d'euros.
téléprocédures d’ici 2005. La mise en place de ce projet
nécessite l’implication de toutes les administrations et une Observ@toire TIC : Comment imaginez-vous l’évolution
coordination d’ensemble. de l’e-administration en France ?
C’est pourquoi il a été décidé de créer l’ADAE, rattachée au
Premier Ministre et mise à disposition du ministre chargé de J.S : L’objectif du gouvernement est de généraliser les télé-
la réforme de l’Etat. services. Cet objectif ne se veut pas la simple transposition
L’ADAE est un lieu de concertation et d’échanges entre de l’existant sur un nouveau média. La dématérialisation est
d’une part les administrations et, d’autre part, entre les l’occasion de repenser les processus de production et, donc,
administrations et les acteurs privés. Elle a une mission de simplifier les formalités.
d’impulsion, de soutien et d’évaluation des projets dans Avec la définition d’un compte électronique du citoyen,
le domaine de l’administration électronique. chacun pourra personnaliser son interface sur le futur site portail
L’ADAE adopte une approche par étapes tout en laissant aux service-public.fr (www.mon.service-public.fr) et accéder rapide-
administrations l’entière maîtrise de leur système d’information. ment aux informations qui l’intéressent le plus directement, en
Outre l’impulsion et le soutien financier des projets de recherche par thème ou par localisation géographique.
l’administration, l’ADAE a mis en place une structure Il s’agit donc de passer d’un traitement anonyme à un traite-
d’animation de réseaux afin d’être à l’écoute des usagers, ment individualisé, centré sur les besoins réels et individuels
des agents publics, des administrations et services publics de chaque usager et sous son contrôle, dans le cadre d’une
en France et à l’étranger. relation privilégiée avec les services publics.

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