L'année économique et sociale 2004 : Comptes des entreprises

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Chapitre : Comptes des entreprises - Une situation financière qui s'améliore, des investissements stables en 2004

Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Comptes des entreprises
Une situation financière qui s'améliore,
des investissements stables en 2004
En 2004, en liaison avec la baisse régulière du coût du crédit et la maîtrise de l'endettement, la
solvabilité des entreprises s'est améliorée. Les trésoreries se sont ainsi progressivement assouplies,
de manière plus marquée pour les grandes entreprises que pour les PME. Cette évolution est
également constatée au niveau national.
restés prudents, privilégiant davantage la productivité, laprès trois années de baisse, les excédents bruts
mise en conformité ou les opérations financières (LBO)A d'exploitation (EBE) ont progressé de 3,2 % en
que les programmes d'extension de leurs capacités de2004, plus sensiblement pour les unités de moins de
production.200 personnes (+7,8 %) que pour celles de plus de
200 salariés (+1,1 %). Cette évolution est liée à la reprise
Cette stabilité globale recouvre, à la fois, une baisse desde l'activité économique, portée principalement par le
investissements en immobilisations corporelles (-1,6 %),dynamisme de l'exportation, en dépit d'un contexte de
et une hausse des investissements immatériels (+5 %).flambée des cours des matières premières et du pétrole.
Les budgets en recherche-développement ont ainsiLa répercussion sur les prix de vente a été réalisée de
continué de progresser (+7,9 %), de même que ceuxmanière contrastée selon les secteurs en fonction de
consacrés à l'informatique (+3,5 %). Une diminution desl'environnement concurrentiel.
investissements totaux dans les PME (-4,3 %) a toutefois
Le taux d'autofinancement s'est accru compte tenu été constatée alors qu'ils ont progressé dans les grandes
du redressement des comptes des entreprises et de la entreprises (+1 %). Ils ont été réalisés à 86,7 % sur le
faiblesse des dépenses d'investissement. territoire national.
En effet, après deux années de recul et des prévisions
émises par les chefs d'entreprises en hausse de 1,3 %, Pour 2005, les industriels anticipent une évolution
l'investissement s'est finalement stabilisé en 2004. En positive des dépenses en investissements de 6,7 %,
matière de dépenses d'équipement, les dirigeants sont avec une prépondérance en investissements corporels
Progression des EBE Après plusieurs années de recul,
après trois années de baisse une stabilisation des investissements
Rhône-Alpes industrie Rhône-Alpes industrie
Taux de variation des excédents bruts d'exploitation Taux de variation des investissements totauxen %en %
1214
12,0 10 8,811,612 7,98 Inv. corporels : 1,7 6,7
10 Inv. matériels : 5,168,9
8 4
2,2
2
6
<200 salariés : 7,8 0
-0,1>200 salariés : 1,14 -0,83,2 -2
2,4
2 -4
-5,0-6 -5,80
-8
-0,9-1,0-2 -10-1,9* : EBE = valeur ajoutée - charges de personnel -9,9
-12-4
1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005
prévisions
Source : BDF - T endances régionales hors série mars 2005" les entreprises en 2004- perspectives 2005 " Source : BDF - T endances régionales hors série mars 2005" les entreprises en 2004 - perspectives 2005 "
L’année économique et sociale 2004 - Dossier n° 149 17Comptes des entreprises
(+9 %) et une légère baisse des investissements à
Les trésoreries se sont amélioréesl'étranger. Toutefois un certain attentisme va prévaloir, en
attente de la confirmation d'une consommation solide, de
Trésorerie des entreprisesSoldela moindre volatilité des marchés de change et de la baisse
d'opinions
du prix des matières premières. Dès lors, les chefs 80
d'entreprises prévoient de réaliser les investissements plutôt 60
au cours du second semestre, en particulier dans les
40
grandes unités.
20
Le taux d'utilisation des capacités de production a 0
atteint, en juin et pour la première fois depuis novembre -20
2001, sa moyenne de longue période, dénotant une reprise
-40
de l'activité économique et même une saturation de l'outil
-60
de production dans certaines industries, des biens
-80d'équipement notamment.
M JS D M JS D M JSD M JS D M JS D
2000 2001 2002 2003 2004
Les chefs d'entreprises ont été interrogés sur l'influence
Source : BDF - T endances régionales hors série mars 2005" les entreprises en 2004 - perspectives 2005 "favorable, défavorable ou neutre, de trois facteurs sur leurs
Note : la courbe ne traduit pas une mesure statistique, mais la situation de trésorerie des entreprises, endécisions futures en matière d'investissement :
fin de période, telle qu'elle est appréciée par les banques. La ligne " zéro " matérialise le niveau jugé
- les anticipations de la demande joueraient da- normal.
vantage sur les perspectives d'investissement que
les années précédentes. Cependant, pour moins d'un
tiers des entreprises interrogées, les dépenses ne Une économie au coeur de l'internationalisation.
dépendront pas en 2005 de l'évolution du volume Rhône-Alpes est la deuxième région française, après
d'affaires, l'Ile-de-France, en terme d'importations (9 % de la part
- le niveau d'endettement, en diminution, semble moins nationale) et d'exportations (11,2 %). Le commerce
influencer les décisions d'investissement qu'en 2004. extérieur de la région est structurellement excédentaire
- le niveau des taux d'intérêt, qui sont restés bas et le solde commercial contribue pour environ 4 % au PIB
en 2004, ne joue plus un rôle déterminant pour plus régional. Les partenaires commerciaux de la région sont
des 2/3 des sociétés. majoritairement les membres de l'Union européenne (en
tout premier lieu, l'Allemagne puis l'Italie, l'Espagne, le
Ces résultats sont confirmés par les enquêtes trimestrielles Royaume-Uni) et les États-Unis.
menées auprès des établissements de crédit : interrogés
sur le comportement des entreprises, ces derniers La région connaît une présence importante
constatent une amélioration de la trésorerie des sociétés d'entreprises à capitaux étrangers avec, en 2002,
en 2004. Ce redressement a été particulièrement marqué 1 083 établissements dont le plus petit emploie
pour les grandes entreprises tandis que la situation des 113 salariés, soit plus de 10 % des entreprises résidentes
PME apparaissait moins satisfaisante. " investies " au niveau national. L'emploi sous " contrôle
Cette évolution résulte de la progression des Résultats étranger " représente près de 7 % des effectifs régionaux.
Bruts d'Exploitation et de la meilleure maîtrise des Besoins Sur un total de 12 milliards d'euros, en légère progression
en Fonds de Roulement, en liaison avec une gestion par rapport à 2001, Rhône-Alpes occupe fin 2002 la
rigoureuse des stocks et des délais, en dépit du deuxième place dans le classement national après la
renchérissement des matières premières et du pétrole. Les région Ile-de-France. En valeur, le Rhône abrite 76 % du
entreprises ont ainsi limité leur recours aux lignes de crédit stock d'investissements directs, suivi par la Haute-Savoie
à court terme. Les difficultés de paiement se sont et l'Isère. 55 % de ce stock provient des investisseurs du
globalement atténuées au second semestre. secteur de l'immobilier et des services aux entreprises et
30 % de l'industrie manufacturière. L'Allemagne est de
Dans le même temps, et après plusieurs trimestres de loin le premier pays investisseur devant la Suisse, le
recul, les crédits d'investissement ont, à nouveau, Royaume-Uni et les États-Unis.
èmeenregistré une faible progression à partir du 3 trimestre.
Les investissements directs de la région Rhône-AlpesIls ont concerné des dépenses d'amélioration de la
à l'étranger atteignent, quant à eux, 7,4 milliardsproductivité, des opérations financières ou immobilières et
d'euros à fin 2002 ; Le Rhône, la Loire et la Haute-Savoiequelques programmes d'envergure.
ont réalisé la majeure partie de ces opérations. En nombre,Les prévisions font état d'une reprise des demandes de
celles-ci concernent, en premier lieu, l'industrieprêts à moyen et long terme en fin d'année, laissant augurer
manufacturière ; en valeur, le secteur de l'immobilier etune reprise des projets en 2005.
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des services aux entreprises représente 56,4 % des
investissements. L'Union européenne constitue en Méthodologie
nombre, la première destination des investisseurs
rhônalpins. En valeur, le continent américain arrive en tête Le recensement repose, en premier lieu, sur l'identification des participations
avec une part de 49,5 % et 6,5 % des encours sont réalisés supérieures ou égales à 10 % dans le capital social d'une entreprise non-
résidente. Cette information est fournie par la Banque de France (Directionen Asie.
des Entreprises, Direction des Établissements de crédit, Direction de laGlobalement, le stock d'investissements directs entrants
Balance des paiements). Il s'appuie, en second lieu, sur les données comp-excède le stock d'investissements sortants. Pour la région,
tables des entreprises ainsi identifiées. Afin de limiter la charge statistique duun solde positif est donc dégagé notamment pour le
recensement à fin 2002, ne sont visées que les entreprises françaises dont
Rhône, l'Isère et la Haute-Savoie. En revanche, il s'avère
le poste " immobilisations financières " au bilan est au moins égal à 10 millions
négatif pour la Savoie, et surtout, la Loire. d'euros (3 millions en 2001).
Notre analyse traite uniquement des capitaux propres de l'entreprise
Les prévisions nationales 2003 font état d'une progression investie, y compris les bénéfices réinvestis sur place par l'investisseur.
de 11 % du stock d'investissements étrangers entrants
et de 9 % pour les investissements vers l'extérieur.
Pour comprendre les résultats
Avertissement
Martine Maire-Piechnik Notre analyse repose sur une enquête rapide menée au début de l'année
Direction des Affaires régionales de la 2005 ; la Banque de France a interrogé 2 545 unités de production industriel-
Banque de France les situées en Rhône-Alpes et représentant 60,4 % des effectifs régionaux.
L'échantillon constitué est modifié chaque année dans sa composition en
fonction des nouvelles adhésions et des éventuelles radiations ou dispari-
tions d'entreprises. Cette enquête est complétée par des informations plus
qualitatives extraites d'entretiens trimestriels réalisés auprès des établisse-
ments de crédit et des entreprises industrielles de la région.
Pour en savoir plus
" Tendances Régionales hors série - mars 2005 " Les entreprises en 2004
- perspectives 2005 "
" Tendances Régionales hors série - septembre 2004 " Les investisse-
ments directs étrangers "
Les anticipations de demande, joueraient davantage sur les perspectives d'investissement en 2005
Déterminants de l'investissement
Perpectives de la demande Niveau d'endettement Niveau des taux d'intérêt
2005 2005 2005
1,1
18,119,6
31,6
22,9
32,1 48,3
67,3
59,0
Favorable Nulle défavorable Favorable Nulle défavorable Favorable Nulle défavorable
Source : BDF - T endances régionales hors série mars 2005" les entreprises en 2004 - perspectives 2005 "
Guide lecture : En 2005, 48 % des chefs d’entreprises interrogés estiment que les perspectives de la demande sont favorables à l’investissement (46 % en 2004
et en 2003) ; 32 % les estiment neutres (35 % en 2004, 28 % en 2003) ; 20 % les jugent défavorables (19 % en 2004, 26 % en 2003).
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