L'année économique et sociale 2009

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L'année économique et sociale 2009 2 L’année économique et sociale 2009 - Dossier n°155 La crise marque d'une empreinte forte l'année 2009. L'Année Économique et Sociale établit le bilan de la région Rhône-Alpes pour cette année "hors norme". Cette publication, coordonnée et réalisée par l'INSEE Rhône-Alpes, permettra au lecteur de trouver les principaux points de comparaison avec les années précédentes. Si la croissance démographique se poursuit en Rhône-Alpes, l'année 2009 est caractérisée par la dégradation de l'économie régionale. Pour la deuxième année consécutive, l'emploi diminue, avec en corollaire un chômage qui se renforce sur tout le territoire régional. La baisse de l'activité est particulièrement vive dans l'industrie ; c'est le secteur qui perd le plus d'emplois. L'analyse sectorielle proposée montre que tous les secteurs économiques sont touchés, excepté l'activité touristique qui montre, dans sa globalité, une certaine stabilité. Ce dossier, qui réunit les contributions de différents services de l'État en région, avec la collaboration de la Banque de France, bénéficie du soutien du Conseil Régional Rhône- Alpes. Que chacun des partenaires en soit ici chaleureusement remercié.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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L'année
économique
et sociale 20092 L’année économique et sociale 2009 - Dossier n°155La crise marque d'une empreinte forte l'année 2009. L'Année
Économique et Sociale établit le bilan de la région Rhône-Alpes
pour cette année "hors norme". Cette publication, coordonnée
et réalisée par l'INSEE Rhône-Alpes, permettra au lecteur de
trouver les principaux points de comparaison avec les années
précédentes.
Si la croissance démographique se poursuit en Rhône-Alpes,
l'année 2009 est caractérisée par la dégradation de l'économie
régionale. Pour la deuxième année consécutive, l'emploi
diminue, avec en corollaire un chômage qui se renforce sur
tout le territoire régional. La baisse de l'activité est
particulièrement vive dans l'industrie ; c'est le secteur qui perd
le plus d'emplois. L'analyse sectorielle proposée montre que
tous les secteurs économiques sont touchés, excepté l'activité
touristique qui montre, dans sa globalité, une certaine stabilité.
Ce dossier, qui réunit les contributions de différents services
de l'État en région, avec la collaboration de la Banque de
France, bénéficie du soutien du Conseil Régional Rhône-
Alpes.
Que chacun des partenaires en soit ici chaleureusement
remercié.
Vincent Le Calonnec
Directeur de l’Insee Rhône-Alpes
L’année économique et sociale 2009 - Dossier n°155 3Synthèse régionale
Rhône-Alpes face aux effets d'une crise qui se prolonge
' année 2009 est marquée par un contexte international Dans ce climat de grave dégradation du marché du travail,L de forte récession. En France la baisse de l'activité le nombre de créations d'entreprises s'accroit fortement
est de 2,2 %, soit la pire baisse depuis l'après-guerre. dans la région, comme au plan national, grâce au nouveau
Des signes avant coureurs de normalisation éclaircissent régime d'auto-entrepreneur. 58 500 entreprises sont créées
toutefois un climat général de grande morosité. Le dans la région en 2009, dont 55 % sous ce nouveau statut.
dynamisme des économies émergentes semble susciter
Différentes mesures gouvernementales viennent apporterun rebond de l'activité mondiale. Ce frémissement est
de l'aide aux entreprises et soutenir l'emploi. Le plan deconforté par les effets des plans de relance mis en place
relance français favorise la commercialisation de véhiculesdans les économies avancées, par une relative
particuliers neufs (prime à la casse) et la vente denormalisation de l'activité des marchés financiers et une
logements neufs (dispositif Scellier). Le secteur de lalégère reprise des marchés immobiliers.
restauration bénéficie de la baisse de la TVA à compter du
En Rhône-Alpes, la dégradation de l'activité économique er1 juillet 2009. Les mesures d'insertion se développent
se propage à la quasi-totalité des secteurs. Les effets de encore atteignant 84 000 nouveaux contrats aidés. Destiné
la crise sur l'emploi salarié privé constatés dès l'automne aux très petites entreprises, le dispositif "Zéro charges"
2008 se confirment en 2009 : hors intérim, la région perd permet l'embauche de 80 700 personnes dans la région.
34 600 emplois (- 2,1 %), principalement dans l'industrie Au-delà des seuls contrats aidés, les entreprises de
où 24 600 emplois disparaissent (- 5,5 %). Le secteur de Rhône-Alpes en difficulté peuvent avoir recours au chômage
la construction n'est pas épargné et perd 4 800 salariés, partiel cofinancé par l'État (11 millions d'heures
en baisse de 3,1 %. Le secteur tertiaire est moins impacté consommées, soit 18 % du total national) ou à une mesure
avec une baisse de 0,5 %. Seules quelques activités de de formation en phase de chômage partiel cofinancée par
service restent créatrices d'emploi. Au final, la crise ramène l'État et l'Unédic (25 000 salariés).
le niveau de l'emploi régional hors intérim à celui de
l'année 2002. Au final, tous les secteurs d'activité de l'économie
rhônalpine ont été touchés par la crise, mais à des degrés
L'emploi intérimaire se maintient en 2009, grâce à un divers.
rebond enregistré au second semestre. Mais ce secteur a
dû faire face à une chute brutale de 40 % de ses effectifs L'agriculture souffre énormément en 2009 du fait d'une
entre début 2008 et la fin du premier trimestre 2009. Ce demande globalement en baisse, de niveaux de prix
retour à une dynamique plus favorable mérite d'être inférieurs à ceux des années précédentes et de coûts de
confirmé en 2010. production croissants. Les producteurs laitiers sont les
principales victimes et obtiennent en fin d'année la mise
En conséquence, le taux de chômage enregistre une
en place de mesures gouvernementales de soutien.
forte progression annuelle (+ 2 points contre + 1,8 à
l'échelon national) ; il s'établit au quatrième trimestre 2009 La contraction du volume des affaires dans l'industrie,
à 9 % (9,6 % en moyenne nationale), un niveau jamais amorcée dès l'été 2008, s'accentue nettement en 2009 du
atteint depuis dix ans. Sous le coup de la crise économique fait du repli de la demande nationale et internationale. La
mondiale, les atouts traditionnels de la région (forte dégradation, très marquée dans l'industrie automobile, est
présence industrielle, ouverture à l'international) s'avèrent également significative pour les biens intermédiaires et
défavorables. Le nombre croissant de licenciements d'équipement. Parmi eux, les équipements mécaniques,
économiques et le recul important de l'intérim conduisent la métallurgie et les composants connaissent une année
à une forte augmentation du nombre de demandeurs particulièrement difficile. Le repli est plus modéré dans les
d'emploi. Le chômage de longue durée ne cesse de biens de consommation du fait d'une activité soutenue dans
progresser au cours de l'année, à un rythme plus élevé la pharmacie, compensant en partie les diminutions
qu'à l'échelon national. observées dans l'imprimerie et l'équipement du foyer. Seules
les industries alimentaires, bénéficiant d'un maintien de
En Rhône-Alpes, aucun territoire n'échappe aux
leurs volumes d'activité, enregistrent une stabilité voire une
destructions d'emploi. Le nord-est de la région, jusqu'ici
amélioration de leur rentabilité pour la majorité d'entre elles.
relativement épargné par le chômage, connaît une
Le repli des investissements est plus important que celui
dégradation plus forte.Synthèse régionale
de l'an dernier, et affecte tous les secteurs industriels. Le Ainsi, le nombre de dossiers déposés auprès des
report ou le gel des programmes est particulièrement commissions de surendettement de Rhône-Alpes
notable dans l'automobile et dans les biens intermédiaires. augmente-t-il de 22 % par rapport à 2008, soit 7 points de
plus qu'au niveau national.
Dans le commerce et les services, l'activité connaît
également un fort ralentissement général en 2009. Mais erEntré en vigueur au 1 juin 2009 en France métropolitaine,
celui-ci est considéré comme moins important que celui le Revenu de Solidarité Active (RSA) poursuit sa montée
de 2008. Certains signes laissent toutefois espérer une en charge tout au long du second semestre. Le Rhône fait
possible amélioration : le niveau des stocks se stabilise, partie des départements expérimentant la nouvelle mesure
les prévisions de commandes sont plus optimistes et le dès le début de l'année. Versé aussi aux actifs occupés et
niveau des prix ralentit sa baisse. dont les revenus sont limités, le montant du RSA dépend
à la fois de la situation familiale et des revenus du travail.
La contraction sans précédent du commerce mondial en
Au 31 décembre 2009, 125 700 foyers rhônalpins en sont
2009 se traduit, pour le commerce extérieur régional,
bénéficiaires (7,4 % du total national) dont près des deux
par une rupture drastique avec l'évolution enregistrée au
tiers au titre du "socle seul" (principalement les allocataires
cours des cinq années précédentes. En croissance
n'ayant aucun revenu d'activité). Au premier trimestre 2010,
continue de 2004 à 2008, les exportations chutent en 2009
on assiste à une très légère augmentation du nombre de
de près de 23 % et les importations de plus de 15 % ; la
bénéficiaires (+ 3,5% en 3 mois) par rapport à fin 2009, la
balance commerciale régionale, qui enregistrait auparavant
montée en charge du dispositif n'étant sans doute pas
des excédents annuels de l'ordre de 6 à 7 milliards d'euros,
terminée.
tombe à moins de 2 milliards d'euros.
En Rhône-Alpes, les communes maîtrisent leurs charges
L'année 2009 est contrastée pour la construction. Si les de fonctionnement, en faible hausse de 0,8 %. Dans le
ventes de logements neufs enregistrent une reprise même temps, la fiscalité directe locale s'accroit
soudaine (+ 43 % par rapport à 2008) grâce au succès du modérément (2 %), à un rythme inférieur à la tendance
dispositif "Scellier", il n'en demeure pas moins que les nationale (5,2 %). Les communes freinent leurs
promoteurs restent dans une réserve prudente. Les mises investissements pour la deuxième année consécutive
en chantier subissent une baisse de 19 % par rapport à (- 1,9 % après - 7,3 %), même si un grand nombre d'entre
l'année précédente, touchant aussi bien le secteur des elles ont adhéré au plan de relance leur permettant d'obtenir
logements que celui des locaux à usage autre qu'habitation. une compensation de la TVA mise en œuvre.
Le marché de l'amélioration-entretien qui représente 50 %
de l'activité reste, lui aussi, très contrasté même s'il
bénéficie du soutien du prêt à taux zéro écologique, dont
les effets commencent à se manifester au cours du
quatrième trimestre 2009.
Tous les modes de transport sont affectés par la Thierry Geay
conjoncture défavorable. En revanche, l'activité trouve un Insee Rhône-Alpes
soutien auprès des nouvelles modalités que sont le "low
cost" pour l'aérien (en augmentation de 16 %) et le transport
multimodal pour le ferroviaire.
La fréquentation touristique reste stable par rapport à
l'année 2008. Dans un contexte de relative stagnation du
pouvoir d'achat des ménages, les campings et les
hébergements collectifs affichent un réel dynamisme au
préjudice des hôtels.
Confirmant les difficultés rencontrées par les ménages
rhônalpins face à la crise, le surendettement progresse.Sommaire
ECONOMIE
Contexte national Une récession profonde, suivie d'une timide reprise de l'activité 8
et international A. Dupré - Insee
Emploi Fort recul de l'emploi salarié privé 10
P-J. Chambard - Insee
Chômage Hausse spectaculaire du chômage dans la région 12
C. Jakse, J-M. Dupont - DIRECCTE
Politique de l'emploi Mobilisation de la politique de l'emploi face à la crise 14
Commerce extérieur Forte dégradation pour les échanges extérieurs de Rhône-Alpes 16
A. Chadebec - DIRECCTE
Comptes des entreprises Traditionnellement ouverte sur l'extérieur et plutôt orientée 18
vers l'industrie, l'économie rhônalpine a été particulièrement
impactée par la récession mondiale
F. Hess - Direction des Affaires Régionales-Banque de France
Créations d'entreprises Le nombre de créations d'entreprises s'accroît fortement 20
grâce aux auto-entrepreneurs
B. Grillot - Insee
Collectivités locales Les communes de la région Rhône-Alpes maîtrisent leurs charges 22
de fonctionnement et préservent leurs marges d'autofinancement
V. Ouedraogo - DRFiP du Rhône et de la région Rhône-Alpes
Crédit Le crédit en Rhône-Alpes : segmentation et évolutions récentes 24
F. Hess - Direction des Affaires Régionales-Banque de France
POPULATION - SOCIETE
SDémographie Fécondité toujours forte et mortalité en hausse 26
M. Domenge - Insee
Éducation Un nombre d'élèves stable en Rhône-Alpes 28
B. Magistrali - Rectorat de l'académie de Grenoble
6 L’année économique et sociale 2009 - Dossier n°155Sommaire
Surendettement Le surendettement en Rhône-Alpes :
une progression importante du nombre de dossiers 30
F. Hess - Direction des Affaires Régionales-Banque de France
SECTEURS D’ACTIVITE
SECTEURS D'ACTIVITE
Agriculture L'année 2009 marquée par la crise laitière 32
Pôle conjoncture SERSIP - DRAAF
Industrie Forte contraction de la production industrielle 34
C. Battu - Insee
Commerce et Services En Rhône-Alpes, comme au niveau national, 36
l'activité du commerce connaît un fort ralentissement
C. Battu - Insee
Tourisme L'hôtellerie, victime de la crise ? 38
M. Bel, J-P. Guinet - Insee
Construction L'activité soutenue par le plan de relance 40
et la construction durable
L. Herbeaux - CERA - Observatoire régional du BTP
Y. Pothier - DREAL
Transports Tous les modes de transport touchés par une 42
conjoncture globalement défavorable
Y. Pothier - DREAL
L’année économique et sociale 2009 - Dossier n°155 7Contexte national et international
Une récession profonde, suivie d'une timide reprise de l'activité
En 2009, toutes les économies avancées ont enregistré une profonde récession. Leur activité s'est
repliée de 3,5 %. Si la récession a été globale, sa sévérité a varié selon les pays. La baisse s'est
limitée à 2,2 % en France - représentant pourtant la plus forte baisse depuis l'après-guerre - et à
2,4 % aux États-Unis ; elle a atteint environ 5 % en Allemagne, en Italie, au Royaume-Uni et au
Japon. Le dynamisme des économies émergentes a suscité un rebond du commerce international
en cours d'année et les économies avancées en ont bénéficié pour amorcer une sortie de crise.
La situation à l'international
u deuxième trimestre 2009, l'activité s'est quasiment même, les critères d'octroi du crédit aux ménages restentA stabilisée dans les économies avancées (- 0,1 %), stricts, même si les banques annoncent leur stabilisation.
après le fort repli des trimestres précédents. En France comme Si la crise immobilière continue de déprimer les
en Allemagne, elle s'est même inscrite en hausse de 0,3 %. volumes des transactions, des signes d'accalmie se font
Les économies avancées ont bénéficié du rebond de jour. Ainsi, en Espagne, la baisse des prix se modère. En
la demande en provenance des pays émergents, France, les ventes de logements neufs ont augmenté au
notamment du sud-est asiatique : en particulier, la croissance premier semestre, grâce à la baisse des taux d'intérêt et au
chinoise a été soutenue par la mise en œuvre d'un plan de dispositif "Scellier", et les stocks se sont repliés. En Irlande,
relance et par l'assouplissement des conditions d'accès au les mises en chantiers de logements semblent se stabiliser
crédit. Le commerce mondial, qui s'était effondré au tournant depuis le début de l'année, mais à un niveau très déprimé.
de 2009, s'est stabilisé au deuxième trimestre, tiré par les Les marchés immobiliers américains et britanniques sont
importations des pays émergents (+ 1,8 %), et plus nettement mieux orientés, après avoir enregistré une
particulièrement des pays asiatiques (+ 5,0 %). Il a également correction brutale : sur le marché américain, les ventes
été soutenu par l'intensification des échanges de produits de enregistrent un rebond et les prix semblent se stabiliser aux
l'industrie automobile suite à la mise en œuvre de primes à États-Unis alors qu'ils sont déjà en hausse au Royaume-
la casse dans de nombreux pays. Cette embellie du Uni. Toutefois, une rechute est toujours possible à ce stade,
commerce a profité aux économies très dépendantes du du fait de conditions de financement toujours difficiles et de
commerce extérieur comme l'Allemagne et plus encore le la dégradation des marchés du travail.
Japon dont les échanges vers le reste de l'Asie sont très La sortie de récession s'est confirmée au second
importants. semestre. Après la stabilisation des économies avancées
Par ailleurs, dans les pays avancés, la mise en œuvre des au deuxième trimestre, leur activité s'est inscrite en hausse
plans de relance a soutenu la demande des ménages. modérée sur la fin de l'année. Combiné au rebond des
En revanche, l'investissement des entreprises s'est encore économies émergentes, ce mouvement est venu conforter
sensiblement replié, pénalisé par de très fortes surcapacités la reprise du commerce mondial.
de production et par des conditions de financement toujours Dans les économies avancées, l'inflation "sous-jacente"
difficiles ; le marché du travail a continué de se détériorer s'inscrit dans une tendance à la baisse mais reste
dans le sillage de la forte contraction de l'activité au tournant presque partout positive. La baisse de l'inflation tient d'abord
de l'année 2009. à la hausse du chômage et à la modération salariale qu'elle
Les marchés interbancaires se sont normalisés sous induit. Elle tient également à la faiblesse de la demande qui
l'effet de l'assouplissement marqué de la politique monétaire contraint les entrepreneurs, à modérer leurs prix pour
des banques centrales, via la baisse des taux, puis via l'achat conserver des clients. En conséquence, le ralentissement
direct de titres de dette, et sous l'effet de l'intervention massive des prix s'est poursuivi. Ainsi, l'inflation "sous-jacente" est
des États pour soutenir les établissements financiers. Le restée très faible aux États-Unis et elle a continué à ralentir
mouvement de détente s'est ensuite fait sentir sur les dans la zone euro. La France a suivi la même tendance.
marchés obligataires privés. Toutefois, les conditions de Le profil de l'inflation totale est encore dicté par les
financement des entreprises, tant bancaires que sur les prix de l'énergie. Avec un marché proche de l'équilibre, le
marchés, sont restées plus difficiles qu'avant la crise. De prix du pétrole a atteint environ 75 $ le baril après le rebond
8 L’année économique et sociale 2009 - Dossier n°155Contexte national et international
enregistré au premier semestre, porté par le dynamisme de Le pouvoir d'achat de l'ensemble des ménages marque
la demande chinoise. Il est donc nettement supérieur au le pas au second semestre 2009. En effet, les revenus
niveau d'environ 40 $ le baril atteint fin 2008. Ainsi, l'inflation d'activité ont stagné, les pertes d'emplois et la hausse du
énergétique s'est redressée fin 2009, entraînant dans son chômage pesant sur les salaires. De plus, le pouvoir d'achat
sillage le glissement annuel des prix à la consommation. a été moins soutenu qu'au premier semestre par le plan de
L'inflation française, en rythme annuel, s'est redressée à relance. Enfin, il est pénalisé par la remontée de l'inflation en
1,0 % en fin d'année contre - 0,2 % en août et celle de la fin d'année. En moyenne annuelle, sa croissance serait
zone euro a atteint 1,1 % contre - 0,2 % en août. pourtant plus importante en 2009 (+ 2,1 %) qu'en 2008
(+ 0,7 %) du fait du reflux de l'inflation.La situation en France
En lien avec la faiblesse des gains du pouvoir d'achat au
L'activité en France a connu une hausse modérée lors second semestre, la consommation des ménages a
des trois derniers trimestres 2009. Après le rebond progressé à un rythme très modéré (+ 0,8 % après + 0,9 %
enregistré au deuxième trimestre, l'économie française a en 2008). Sur 2009, la hausse du chômage a incité les
continué de croître sur un rythme modéré au second semestre. ménages à la prudence, leur taux d'épargne passant de
En particulier, la production industrielle a progressé et l'activité 15,3 % en 2008 à 16,4 %.
dans les travaux publics a été soutenue par la mise en œuvre Depuis la mi-2008, les ménages réduisent leur
du plan de relance. Au total, l'activité s'est contractée de investissement, principalement constitué d'acquisition de
2,2 % en 2009 après la très faible croissance de 0,3 % logements. Ce mouvement s'est maintenu tout le long de
en 2008. l'année (- 8,2 % par rapport à 2008) malgré un rebond des
Comme le commerce mondial, la demande étrangère ventes de logements neufs au deuxième trimestre, poussant
adressée à la France s'est redressée au deuxième ainsi les stocks à la baisse. Mais, du fait des délais habituels
trimestre. Par conséquent, les exportations françaises ont de construction, ces ventes ne généreront que
connu une reprise. Elles ont marqué toutefois un progressivement de l'activité dans le secteur.
ralentissement au quatrième trimestre du fait notamment de Les importations se sont redressées quelque peu. Au
la fin de la prime à la casse allemande. Après la poursuite de premier semestre 2009, les importations de biens et services
la baisse des exportations françaises au premier trimestre ont sensiblement reculé en lien avec l'affaissement de la
2009 (- 7,3 %), elles ont ensuite progressé de 0,5 %, 1,5 % demande intérieure et des exportations. Les importations
puis 0,5 % sur les trois trimestres suivants. Néanmoins, par de produits manufacturés se sont particulièrement repliées,
rapport à 2008, leur recul atteint 11,2 % sur l'ensemble de notamment celles de biens intermédiaires et d'automobiles.
l'année 2009. Au second semestre, elles progressent quelque peu,
En 2009, l'investissement des entreprises a reculé très entraînées par la reprise des échanges extérieurs et le
fortement (- 7,8 %). Pourtant, ce repli est nettement moins redressement, toutefois encore limité, de la demande
prononcé au second semestre qu'au premier. Si les capacités intérieure. Au total, par rapport à 2008 les importations ont
de production sont encore sous-utilisées, les conditions de reculé de 9,6 % en volume.
financement sont devenues progressivement moins difficiles En France, la reprise de la demande intérieure resterait
et les perspectives de demande se sont améliorées. hésitante au premier semestre 2010 et la croissance du
L'emploi est en forte baisse. Suite à la forte contraction PIB serait modérée : 0,2 % au premier trimestre et 0,3 % au
de l'activité constatée au premier trimestre, le marché du deuxième.
travail a continué à enregistrer, avec le retard habituel, L'appareil productif reste faiblement sollicité. Au premier
d'importantes baisses d'emplois sur le reste de l'année. semestre 2010, les entreprises relanceraient cependant
Cependant, elles se sont modérées progressivement avec quelque peu leurs projets d'investissement mis à mal par la
le retour de la croissance. Ainsi, l'emploi s'est replié au total crise, en s'appuyant sur l'amélioration progressive de leurs
de près de 300 000 postes en 2009, dont 36 000 sur le débouchés et de leurs conditions de financement. Le rythme
second semestre. Les secteurs marchands non agricoles des destructions d'emploi, atténué depuis l'été dernier, devrait
ont perdu 360 000 postes en 2009 après 170 000 en 2008. encore faiblir dans les mois qui viennent. La hausse du
L'emploi a nettement baissé tant dans l'industrie que dans la chômage se modèrerait ainsi sensiblement pour atteindre
construction et le tertiaire marchand. Le repli de l'emploi total 9,8 % en France métropolitaine à l'horizon de la mi-2010.
a été atténué par les secteurs non marchands, grâce La consommation des ménages stagnerait globalement au
notamment à la progression de l'emploi aidé. premier semestre 2010, fragilisée par la faiblesse du pouvoir
Le taux de chômage est nettement reparti à la hausse d'achat et le contrecoup de la prime à la casse.
à partir du deuxième trimestre 2008 avec la dégradation de
la conjoncture. Il s'est établi ainsi à 8,6 % en moyenne au Alain Dupré
premier trimestre 2009 en France métropolitaine contre un Insee Rhône-Alpes
point bas à 7,1 % début 2008. Cette hausse s'est poursuivie
Rédigé à partir des notes de conjoncture de l'Insee de décembre 2009 et de mars 2010 ; les estimationstoute l'année. Fin 2009, le taux de chômage s'établit ainsi à
ont été mises à jour à partir des résultats des comptes du quatrième trimestre 2009 parus le 2 avril 2010
9,6 % en France métropolitaine. (ces documents sont disponibles sur insee.fr).
L’année économique et sociale 2009 - Dossier n°155 9Emploi
Fort recul de l'emploi salarié privé
Les effets sur l'emploi salarié privé de la crise amorcée à l'automne 2008 se confirment en 2009 :
hors intérim, la région perd 34 600 emplois (- 2,1 %), dont sept sur dix dans l'industrie. Cependant,
quelques activités de service restent créatrices d'emploi. De son côté, l'intérim affiche une quasi-
stabilité sur 2009, grâce à un rebond au second semestre.
' emploi salarié privé hors intérim a connu une hausse L'érosion du secteur industriel, régulière au coursL annuelle de plus en plus forte entre 2005 et 2007. Le de la dernière décennie, est particulièrement forte
niveau de l'emploi s'est quasiment maintenu sur l'ensemble en 2009 : 24 600 emplois ont disparu (- 5,5 %). Rhône-
de l'année 2008, mais les conséquences de la crise, Alpes reste cependant la deuxième région industrielle
amorcée au second semestre, se sont amplifiées par la française, juste derrière l'Île-de-France. La production
suite : la région perd 34 600 emplois en 2009 (- 2,1 %), industrielle régionale est essentiellement traditionnelle
essentiellement au cours des neuf premiers mois de (fabrication d'équipements mécaniques, chimie,
l'année. Les pertes sont beaucoup plus limitées au métallurgie), mais aussi innovante (numérique,
quatrième trimestre, mais il est trop tôt pour conclure à biotechnologies). Cette forte implantation se retrouve dans
un arrêt de la chute. la structure régionale des emplois. Au début des années
2000, le tiers des salariés rhônalpins travaillait dansLa baisse de l'emploi en Rhône-Alpes, deuxième région
l'industrie. C'est encore le cas de 27 % d'entre euxfrançaise (un emploi sur dix) après l'Île-de-France, est
aujourd'hui, contre 22 % seulement au niveau national.comparable à celle enregistrée dans l'ensemble du pays.
Quasiment tous les secteurs industriels sont touchés parAucun département n'échappe aux destructions
les destructions d'emploi. L'ensemble constitué par lad'emploi. Le Rhône, un tiers de l'emploi régional, perd
métallurgie, la plasturgie, le textile, les industries9 050 salariés (- 1,6 %). La Haute-Savoie et l'Isère en
chimiques et du papier, connait la dégradation la plusperdent chacun 6 800, la Loire et l'Ain 4 950. L'Ardèche et
importante : - 7,5 %, soit 18 000 emplois. Les pertesla Savoie sont moins touchés (800 à 900 emplois en
atteignent 5 150 emplois (- 5,7 %) pour la fabricationmoins). La Drôme est le département qui résiste le mieux,
d'équipements électriques, électroniques et informatiques,avec une perte inférieure à 300 emplois.
Le secteur des services est le seulTous les départements
à conserver ses emplois en 2009perdent des emplois en 2009
Évolution de l'emploi salarié en Rhône-Alpesen % Évolution trimestrielle de l'emploi salarié hors intérim
par département en Rhône-Alpes
2,0 125
* èmeCJO-CVS , base 100 au 4 trimestre 20012007-2008 2008-2009
1201,0 Construction
115
0,0
Services
110
-1,0 Commerce
105
-2,0 Ensemble100
-3,0
95
-4,0 90
Industrie
-5,0 85
-6,0 80
Ain Ardèche Drôme Isère Loire Rhône Savoie Haute- Rhône- 20082001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2009
AlpesSavoie
* Corrigé des jours ouvrables et des variations saisonnières
Source : Insee-Epure Source : Insee, estimations d'emploi
10 L’année économique et sociale 2009 - Dossier n°155

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