L'Année Économique et Sociale en 2008

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L'année économique et sociale est un bilan régional, réalisé chaque année par l'INSEE de Franche-Comté en collaboration avec les services statistiques des ministères en région, la Trésorerie générale du Doubs, la Direction régionale du commerce extérieur et la Banque de France. Cette publication constitue désormais un rendez-vous traditionnel du mois de juin. Elle offre aux décideurs privés et publics, mais aussi à tous les observateurs de l'économie de la région, les chiffres et analyses de référence sous la forme d'un état des lieux complet et actualisé de la situation économique et sociale régionale. En 2008 la crise économique mondiale a frappé l'économie franc-comtoise. Quelles en ont été les répercussions sur la situation de l'emploi dans la région ? Quels sont les secteurs de l'économie franc-comtoise qui ont été les plus touchés ? Comment se situe la Franche-Comté par rapport aux autres régions ?
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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nº 21
Sommaire
SOMMAIRE
Synthèse régionale
Environnement économique Conjoncture nationale Commerce extérieur
Approches sectorielles Agriculture Industrie Construction Tertiaire marchand Tourisme
Appareil productif Démographie des entreprises
Marché du travail Emploi
Intérim Chômage Politiques demploi
Conditions de vie Formation
Surendettement Action sociale
Finances publiques Gestion publique
3
6 9
13 16 20 22 25
28
30 33 36 39
43 47 50
54
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Synthèse régionale
SYNTHÈSE RÉGIONALE La crise économique frappe léconomie franc-comtoise
La crise économique devient mondiale en 2008
Après la crise de la « bulle internet » des années 2001-2002, la crise des « subprimes », amorcée pendant lété 2007 aux États-Unis, se révèle être en 2008 une crise systémique. La crise financière de 2007 accompagnée dune forte hausse du prix des matières premières (pétrole et produits agricoles) ont été les éléments déclencheurs de lentrée en récession en cascade de la quasi-totalité des pays. La crise financière, aggravée à lautomne 2008 par la faillite de la banque dinvestissement LEHMAN BROTHERS, a provoqué une perte de confiance supplémentaire, qui na fait quaggraver létat de léconomie mondiale.
Léconomie française entre progressivement en récession durant lannée
À la fin de lannée 2008, tous les principaux indicateurs socio-économiques de la France sont au rouge : le déficit extérieur saccentue tandis que la demande sur le marché intérieur saffaiblit. Le PIB baisse de 1,2% au cours du 4etrimestre 2008. Suite à cet important recul de lactivité, de nombreux emplois sont supprimés. Au total, 90 000 emplois sont détruits durant lannée en France. Le taux de chômage repart ainsi à la hausse, atteignant 7,8% fin 2008. Léconomie franc-comtoise, très industrielle, avec une forte proportion demplois intérimaires, est rapidement affectée par cette crise économique.
Une balance commerciale régionale toujours excédentaire
Malgré de bons résultats sur les trois premiers trimestres, les exportations de la Franche-Comté ont stagné par rap-
port à 2007, tandis que ses importations augmentaient. Le maintien des exportations régionales na été assuré que par les bonnes performances du secteur des équipe-ments mécaniques et de celui des moteurs, génératrices et transformateurs électriques. La hausse de ces exportations a ainsi pu atténuer la crise sévère qui touche la principale industrie de la région, lindustrie automobile, ainsi que les principaux clients de la Franche-Comté, les pays de lUnion européenne.
Lagriculture franc-comtoise sous tension
Lagriculture franc-comtoise subit également les conséquences de la mauvaise conjoncture mondiale. À léchelle internatio-nale, les fonds spéculatifs quittent les marchés financiers pour sinviter sur les marchés des matières premières agricoles. Au niveau national, la consommation des ménages ralentit, les consommations de produits lactés et de viande fraîche baissent. Cette nouvelle donne crée une grande instabilité sur les prix des marchés agricoles nationaux et locaux, en particulier sur ceux du lait et de la viande.
Lactivité industrielle franc-comtoise se dégrade sauf dans les biens déquipements
À linstar de la France, lindustrie franc-comtoise ralentit lors du 1ersemestre et se replie nettement à partir de lété. Les secteurs les plus touchés par la dégradation de la de-mande nationale et étrangère sont les biens intermédiaires et lindustrie automobile. Face à leffondrement du marché automobile au 4etrimestre et à laugmentation des stocks, les entreprises du secteur automobile, constructeurs et équi-pementiers, multiplient les mesures de chômage partiel. En 2008, seule lindustrie des biens déquipements confirme les bons résultats enregistrés lannée précédente.
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Lactivité dans le secteur de la construction seffrite
Le secteur de la construction neuve en Franche-Comté souffre également de la crise et du resserrement des crédits qui lac-compagne. Suivant la même tendance quau niveau national, les mises en chantiers dans la région ont été beaucoup moins nombreuses quen 2007, touchant autant lhabitat individuel que lhabitat collectif. Les ventes de logements neufs ont diminué de moitié. Toutefois, le prix du mètre carré, lun des plus bas de France, reste stable.
Les autorisations de construire en baisse en 2008 ne présu-ment pas dun regain dactivité en 2009.
Des indicateurs à la baisse dans les services marchands
Les premiers indicateurs du secteur tertiaire marchand sont conformes au ralentissement général de léconomie régionale. Si, sur lensemble de lannée 2008, les immatriculations de véhicules neufs se maintiennent par rapport à 2007, elles se replient nettement lors du dernier trimestre ( 13,9%). Le secteur des transports a dû faire face à la flambée des cours du pétrole au 1ersemestre et au repli de lactivité dans lindustrie et le BTP en fin dannée qui a fait chuter les volumes transportés. Seuls les services aux entreprises restent bien orientés en 2008, même si leur activité se dégrade en fin dannée. Lactivité touristique a moins subi les effets de la crise éco-nomique dans la mesure où la légère baisse de lactivité de plein air sexplique essentiellement par les mauvaises condi-tions météorologiques. La bonne santé de lactivité hôtelière franc-comtoise, grâce à une clientèle daffaires toujours plus importante, montre une certaine étanchéité du secteur à la conjoncture actuelle.
Un moindre renouvellement du tissu productif franc-comtois
Le contexte économique difficile (resserrement du crédit, baisse des débouchés) influe sur le renouvellement du tissu productif franc-comtois. Ainsi, pour la première fois depuis 2001, les créations dentreprises dans la région ont été moins nombreuses que lannée précédente. La Franche-Comté en-registre même la plus forte baisse des régions métropolitaines ( 4,7%). En revanche, laugmentation des défaillances a été trois fois moins forte quen France (+3,9% contre +12,7%). Les entreprises du secteur de la construction ont été les plus touchées par laugmentation de ces procédures qui doublent par rapport à 2007).
Synthèse régionale
Tous les secteurs perdent des emplois
Le monde du travail pâtit aussi directement de la crise éco-nomique. Comme attendu, lemploi salarié franc-comtois baisse en 2008 ( 2,6%). Aucun secteur nest épargné ; les services sont les plus touchés. Les recours au chômage partiel se sont multipliés, surtout en fin dannée. Sur les 8 000 postes supprimés en un an, 80% sont des emplois intérimaires.
Lintérim est la première variable dajustement suite à la dégradation de lactivité
En effet, lemploi intérimaire recule de 31,0% en un an pour atteindre un effectif de 10 400 postes (en équivalent temps plein). Le repli se concentre sur le dernier trimestre ( 25,0%). La baisse annuelle la plus spectaculaire intervient dans le secteur de lindustrie ( 37,7%) qui regroupe six intérimaires sur dix.
La Franche-Comté occupe la 2eplace des régions classées selon la hausse du taux de chômage
Le nombre de demandeurs demploi en Franche-Comté, toutes catégories confondues, progresse de 8,3% en un an, soit 3 points de plus quen France métropolitaine. La hausse se concentre essentiellement sur le dernier trimestre (+6,7%). Le taux de chômage localisé en Fran-che-Comté sélève à 7,6% au quatrième trimestre 2008, soit 0,7 point de plus quen 2007 à la même époque. Il sagit de la 2eplus forte augmentation parmi les régions métropolitaines.
27 000 entrées en mesure daide à lemploi en 2008
Avant larrivée de la crise économique et de la montée du chômage, un large éventail de mesures existait déjà pour améliorer linsertion professionnelle des publics en difficulté. En 2008, le nombre des entrées en mesure daide à lem-ploi sélève à 27 000 dans la région. Cest moins quen 2007, mais il faut sattendre à une nette augmentation en 2009 dans la mesure où les effets de la crise sont surtout intervenus en fin dannée. Ces aides à lemploi sappliquent essentiellement au sein du secteur marchand via des contrats en alternance.
Lannée économique et sociale 2008 en Franche-Comté
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Les parcours scolaires des jeunes Francs-Comtois de plus en plus orientés vers le monde du travail
Les jeunes Francs-Comtois sorientent de plus en plus vers ce type de formation, en étroite relation avec le monde du travail. Au terme de ces formations courtes, linsertion professionnelle est souvent au rendez-vous. Elle reste néan-moins fragile dans la mesure où les emplois décrochés sont souvent précaires. Le sexe, le niveau de diplôme et la nature de la formation déterminent linsertion professionnelle et la précarité des emplois.
Des dossiers de surendettement moins nombreux en Franche-Comté
La crise économique na pas encore eu dimpact sur lévolu-tion du nombre de dossiers de surendettement en Franche-Comté. Pour la deuxième année consécutive les dossiers déposés ont été moins nombreux que lannée précédente. Par contre, le nombre de dossiers déposés augmente de 3% au cours du dernier trimestre en France, sans doute du fait de la dégradation de la conjoncture économique.
Synthèse régionale
LÉtat consacre 56 millions deuros à laide et à laction sociale en Franche-Comté
Même si lÉtat transfère de plus en plus ses compétences aux collectivités territoriales dans le cadre de la décentralisation, il nen reste pas moins présent en région. Ainsi, dans le domaine de laction sociale et plus précisément de la partie gérée par les services des affaires sanitaires et sociales, lÉtat a dépensé 56 millions deuros en Franche-Comté pour aider les plus vulnérables, soutenir les enfants et les familles en difficulté et accompagner les populations immigrées.
Seules les dépenses dintervention de lÉtat au profit des acteurs économiques ont augmenté significativement en 2008
Du côté des comptes publics, même si la crise économique nest pas encore perceptible à travers les recettes collectées (+5,6% par rapport à 2007), lÉtat a augmenté significati-vement ses dépenses dintervention en direction des acteurs économiques que sont les collectivités territoriales, les entre-prises et les ménages (+14,3%).„
Gilles ZEMIS (INSEE)
Lannée économique et sociale 2008 en Franche-Comté
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Environnement économique
CONJONCTURE NATIONALE Un repli généralisé de lactivité fin 2008
Le recul de lactivité mondiale samplifie en 2008, suite à la crise financière. En France, le commerce extérieur ralentit nettement, de même que linvestissement des ménages et des entreprises. La production industrielle recule fortement en fin dannée, en raison dun important mouvement de déstockage. En 2008, 90 000 emplois ont été détruits et le taux de chômage repart à la hausse. La croissance sétablit à +0,7% sur lannée mais lactivité devrait se replier au premier semestre 2009.
Le commerce mondial chute fin 2008
Durant lété 2007, une crise financière débute aux États-Unis sur le marché des prêts hypothécaires aux emprunteurs les plus risqués (dits «subprimes »). Elle sétend ensuite à lensemble des marchés financiers et atteint lensemble de léconomie mondiale à la fin de lannée 2008. À la suite de la faillite de la banque américaine dinvestissement LEHMAN BROTHERS au troisième trimestre 2008, la crise financière sintensifie. Celle-ci entraîne une crise de confiance qui touche lensemble des agents économiques. Au niveau mondial, les ménages accroissent leur épargne de précaution, tandis que laccès au crédit devient plus difficile. Linvestissement des ménages et des entreprises recule en conséquence et la baisse de la demande entraîne une contraction du commerce mondial. Ce dernier se replie en effet de 6,0% au quatrième trimestre 2008 (en glissement annuel), soit la plus forte baisse enregistrée au cours des quarante dernières années. Cette chute du commerce mondial saccompagne dun fort recul du produit intérieur brut (PIB) des économies avancées au quatrième trimestre. Elle népargne pas non plus les pays émergents dont lactivité pâtit de la chute des débouchés à lexportation. Dans un contexte de contraction de la demande mondiale, les exportations françaises ralentissent en 2008 (+1,1% après +3,2% en 2007). Elles reculent de façon importante au quatrième trimestre ( 3,7%). La hausse des importations
se réduit aussi (+2,0% après +5,9% en 2007). Le commerce extérieur ampute ainsi la croissance française de 0,3 point en 2008. La dégradation des échanges extérieurs saccompagne dune contraction de la demande sur le marché intérieur.
Lindustrie heurtée de plein fouet
La production de lensemble des branches progresse de 0,9% en 2008, après 2,5% en 2007. Ce ralentissement est surtout lié au recul de la production manufacturière, qui se replie de 7,6% au dernier trimestre 2008, après avoir déjà baissé lors des deux trimestres précédents (respectivement  1,5% et  0,3%). Lindustrie automobile est la plus touchée par le recul de lactivité ( 23,4%), suivie par lindustrie des biens intermédiaires ( 10,5%). Ce repli de la production industrielle atteint un niveau record. Au cours des trente dernières années, lactivité industrielle ne sest jamais contractée de plus de 2,2% en un trimestre. La baisse rapide de la production sexplique en partie par un déstockage important, lié à la dégradation des perspectives de demande (notamment dans le secteur automobile et celui des biens intermédiaires). Sur lensemble de lannée 2008, la contribution des stocks à la croissance est négative ( 0,2 point, après +0,2 point en 2007). Elle atteint même  0,9 point au quatrième trimestre. Lactivité se dégrade aussi dans la construction. La faiblesse de la demande et donc la sous-utilisation des capacités de production entraînent une réduction de la crois-
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sance des investissements des entreprises, encore accentuée par le durcissement des conditions de financement (+1,5% en 2008 contre +7,3% en 2007). Au final, le PIB se contracte de 1,2% au cours du quatrième trimestre 2008, en raison de la très forte baisse de la pro-
Les marchés financiers toujours en attente de normalisation
La dégradation de lactivité et des perspectives de croissance et la crise financière ont conduit les banques centrales à baisser leurs taux directeurs. Ces taux dintérêt influent sur la demande des ménages et sur linvestissement des entreprises. Leurs niveaux déterminent en effet celui auquel les banques commerciales prêtent aux ménages et aux entreprises. Depuis septembre 2007, la Réserve fédérale américaine (Fed) a baissé massivement son taux directeur, le ramenant de 5,25% à une fourchette comprise entre 0 et 0,25%. La Banque centrale européenne (BCE) a, quant à elle, ramené son taux directeur de 4,25% en octobre 2008 à 1,5% en mars 2009. La poursuite attendue du recul de linflation et de la dégradation de la conjoncture devraient se traduire par un nouvel assouplissement des politiques monétaires dici la fin du premier semestre 2009. Parallèlement à la baisse de leurs taux directeurs, les principales banques centrales alimentent massivement les marchés en liquidités depuis le début de la crise financière. De leur côté, les États apportent leur garantie pour assurer le refinancement des banques. Ils prévoient aussi des plans de recapitalisation du système bancaire, en apportant des fonds propres pour faire face aux pertes. Ces plans sont généralement accompagnés de contreparties, visant à plafonner les rémunérations des dirigeants et, en France, à desserrer les conditions doctroi du crédit.
Conjoncture nationale
duction manufacturière. Sur lensemble de lannée 2008, la croissance du PIB sélève à +0,7%, après +2,1% en 2007.
90 000 destructions demploi en 2008
En raison du recul de lactivité, 90 000 emplois ont été dé-truits en France en 2008. Les secteurs marchands perdent des emplois dès le deuxième trimestre et 159 000 postes sont supprimés au second semestre. Cette forte baisse est principalement imputable au tertiaire marchand et en parti-culier à lintérim. Ainsi, 139 000 emplois sont détruits dans lintérim, alors que 59 000 postes sont créés dans les autres secteurs tertiaires. Le fort repli de lemploi intérimaire est lié à la baisse de lactivité dans lindustrie et la construction, qui emploient les deux tiers des intérimaires. Les pertes demploi dans lindustrie sélèvent à 73 000 postes. Quant au secteur de la construction, il crée seulement 13 000 emplois en 2008 (contre 59 000 en 2007). Les secteurs non marchands pour-suivent, pour leurs parts, leur croissance en créant 36 000 postes en 2008. La baisse du chômage, observée depuis 2006, est enrayée avec le retournement conjoncturel au deuxième trimestre 2008. Au second semestre 2008, le chômage repart ainsi nettement à la hausse. Au quatrième trimestre 2008, 7,8% de la population active française est au chômage (contre 7,5% fin 2007).
Des poussées inflationnistes au 1ersemestre 2008
En 2008, linflation saccentue ; elle sélève à 2,8% en moyenne après 1,5% en 2007. La flambée des prix du
2008 : année de retournement conjoncturel France : équilibre ressources-emplois en volume aux prix de lannée précédente chaînés, données CVS-CJO, moyennes trimestrielles ou annuelles (en %)
2007
2008
T1 T2 T3 T4 Total T1 T2 T3
T4
Produit intérieur brut +0,5 +0,6 +0,7 +0,4+2,1 1,2 +0,1  0,3+0,4  Importations +2,1 +2,1 +1,0  0,9+5,9+1,9  0,4 +1,1  2,2 Dépenses de consommation des ménages +0,6 +0,9 +0,8 +0,6+2,50,0 +0,1 +0,1 +0,5 Dépenses de consommation des administrations** +0,3 +0,4 +0,3 +0,3+1,3+0,4 +0,5 +0,8 +0,1 Formation brute de capital fixe (FBCF) totale +1,1 +0,8 +0,7 +1,2+4,9  0,2  1,1+0,6  1,6 dont : ENF +1,8 +1,3 +1,3 +1,4+7,3 1,5 +0,1  1,1+0,6  Ménages +0,5 +0,3 +0,3 +0,5+3,0 0,3 0,6  2,7 +0,7  Exportations +0,6 +1,7 +0,4 +0,4+3,2 +1,0  3,7+2,0  1,9 Contributions : Demande intérieure hors stocks +0,6 +0,7 +0,7 +0,7+2,7 +0,2 0,2+0,2  0,0 Variations de stocks*** +0,3 0,0 +0,2  0,6+0,2+0,2 +0,3 0,0  0,9 Commerce extérieur  0,4  0,2  0,2 +0,4 0,8 0,3 0,40,0   0,0 * Prévisions ** Dépenses de consommation des APU et des ISBLSM *** Les variations de stocks sont y compris acquisitions nettes dobjet en valeur Source : INSEE
Total
2009*
T1 T2
+0,7 1 5  0,6 , +2,0 1,5 3,3  +1,3+0,2 +0,1 +1,6+0,9 +0,7
+0,4
+1,5  1,1 +1,1
+1,2  0,2  0,3
 3,3  5 1 ,  1,0  5,8  0,4  0,6  0,5
L nnée économique et sociale 2008 en Franche-Comté a
 2,2  3,4  1,1  2,5  0,2  0,2  0,2
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pétrole et des matières premières alimentaires au premier semestre explique cette hausse. Cependant, les prix reculent nettement à partir de lété 2008, suivant ainsi le reflux des prix de lénergie (le prix du «Brent» est divisé par trois entre
juillet 2008 et février 2009). En raison de la dégradation des perspectives demploi et sous leffet du ralentissement de leur pouvoir dachat, les ménages français freinent nettement leurs dépenses de consommation (+1,3%, après +2,5% en 2007). Ils favorisent en effet la constitution dune épargne de précaution. Linvestissement des ménages, principalement leurs achats de logement, baisse de 1,1%, alors quil avait progressé de 3,0% en 2007.
La récession se prolongerait au 1ersemestre 2009
Les perspectives pour le premier semestre 2009 sont peu favorables. La récession mondiale se prolongerait, pénalisant de fait les exportations françaises. Le repli de la production industrielle se poursuivrait (respectivement  7,0% et  3,0% aux premier et deuxième trimestres 2009) et serait suivi dune baisse dactivité dans les services et la construction. Le PIB français reculerait ainsi de 1,5% au premier trimestre et de 0,6% au deuxième trimestre. Linvestissement des entreprises et des ménages serait toujours en baisse et linflation refluerait jusquà lété. Le recul de lemploi saccélèrerait, avec plus de 330 000 postes supprimés au premier semestre 2009. Le chômage poursuivrait sa hausse et sétablirait à 8,8% en moyenne au deuxième trimestre 2009.
Plusieurs aléas pèsent fortement sur cette prévision : lévolu-tion de la situation financière et du comportement des ban-ques reste incertaine, de même que limpact des différents plans de relance mis en place par les gouvernements.„
Catherine PERRIN (INSEE)
Daprès INSEE, La récession se prolonge, Note de conjoncture, mars 2009, disponible sur :
http://www.insee.fr/fr/indicateurs/analys_conj/archives/mars2009_ve.pdf
Conjoncture nationale
Une baisse globale de la production automobile
Au cours de lannée 2008, lactivité de lindustrie automobile se contracte fortement dans les principales économies avancées. Au quatrième trimestre, selon les pays, le niveau de production est inférieur de 20 à 40% à celui observé un an plus tôt. Cette baisse est liée en partie à un fort reflux des immatriculations :  35% aux États-Unis,  17% en zone euro et  14% au Japon. Dans un premier temps, jusquen juillet 2008, les ménages ont réduit leurs achats dautomobiles, suite à la forte hausse du prix du pétrole qui renchérit le coût dusage des véhicules. Ils se sont ensuite davantage restreints en raison des contraintes sur leur revenu et sur laccès au crédit, dus à lamplification de la crise financière. Jusquà fin 2007, lindustrie automobile des pays de la zone euro bénéficiait du dynamisme de la demande en Espagne et dans les pays dEurope centrale et orientale. Le recul des immatriculations début 2008 en Italie et en Espagne a ensuite pesé sur la production des principaux exportateurs automobiles au sein de la zone euro, en particulier la France et lAllemagne. Ainsi, les exportations de véhicules français et allemands commencent à se replier dès mai 2008. Les constructeurs des deux pays réduisent alors leur production, bien que la demande intérieure reste dynamique jusquen juillet en Allemagne et jusquen septembre en France. En France, la production automobile se contracte de 23% au quatrième trimestre 2008. Pour les deux tiers, cette diminution résulte dun important mouvement de déstockage.
Sur lensemble de lannée 2008, la production de la branche automobile française baisse de 7% (contre +2,1% en 2007). La demande intérieure en automobile a été quelque peu soutenue par le système de bonus-malus. De fait, la France subit une diminution des immatriculations moins prononcée que les autres principaux pays avancés. Cependant, ce soutien à la demande favorise davantage les importations que la production nationale. En 2008, la contribution du commerce extérieur à la production automobile est négative, les importations reculant nettement moins que les exportations (respectivement  2,2% et  10,2%). Au final, en France, la chute de la production automobile ampute le PIB de 0,5% au 4etrimestre, en particulier par ses effets indirects (réduction des consommations intermédiaires provenant dautres secteurs). En Allemagne et au Japon, où le poids du secteur automobile dans léconomie est également important, limpact aurait été encore beaucoup plus fort :  1,6% et  1,5%. Il découle, directement, de la diminution des immatriculations domestiques ainsi que des ventes à lexportation et, indirectement, des effets sur la production des autres secteurs, biens intermédiaires en tête.
Lannée économique et sociale 2008 en Franche-Comté
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Environnement économique
COMMERCE EXTÉRIEUR Un arrêt brutal de la croissance des échanges commerciaux au dernier trimestre 2008
Après trois premiers trimestres très positifs, le dernier trimestre 2008 met brutalement fin à lenvolée des échanges commerciaux en Franche-Comté. Fin 2008, la balance commerciale régionale reste toutefois excédentaire (4,2 milliards deuros). Les très bonnes performances des secteurs des équipements mécaniques, des moteurs, génératrices et transformateurs électriques et, dans une moindre mesure, des industries alimentaires compensent les grandes difficultés rencontrées par lautomobile. Parmi les clients de léconomie franc-comtoise, la part des pays extra-européens progresse tandis que celle des clients traditionnels recule.
Avertissement
Lanalyse des données du commerce extérieur automobile appelle deux mises en garde. Dune part, les exportations des sites automobiles de Franche-Comté ne sont pas toujours déclarées au départ de la région. Elles peuvent être établies avec celles dautres sites du groupe. Dautre part, les importations automobiles peuvent, elles aussi, être comptabilisées en dehors de la région, notamment e n Î l e - d e - Fr a n c e q u i concentre de nombreuses centrales dimportations. Ces centrales répartissent e n s u i t e l e s v é h i c u l e s i m p o r t é s a u p r è s d e s c o n c e s s i o n n a i r e s d e s autres régions. De même, les flux internes de produits automobiles importés ne sont pas recensés.
Jusquen septembre 2008, le commerce extérieur franc-com-tois échappe à la crise économique. Les chiffres cumulés des exportations (sur le dernier trimestre 2007 et les trois premiers trimestres 2008) franchissent ainsi la barre des 10 milliards deuros. En revanche, dès le quatrième trimestre 2008, les exportations franc-comtoises chutent. Fin 2008, la région parvient seulement à maintenir son niveau de 2007 (9,7 milliards deuros dexportations). Elle garde cependant une balance commerciale excédentaire (4,2 milliards deuros). La participation de la Franche-Comté aux exportations na-
tionales sélève à 2,4% ( 0,1 point en un an) et place la région au 15erang national, comme en 2006.
La prépondérance du secteur automobile pénalise le commerce extérieur régional
Lindustrie automobile garde un poids prépondérant dans
le commerce extérieur franc-comtois (voir avertissement). Elle représente 26,8% des exportations régionales (2,6 milliards deuros). Or, avec la crise économique, les ex-portations de produits de la construction automobile dé-croissent de 5,7% tandis que celles des équipements auto-mobiles diminuent de 5,4%.
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Commerce extérieur
Hors construction automobile, le bilan 2008 est plus positif. de produits en matière plastique sont stables (234 millions Les biens exportés par les industries alimentaires diverses deuros) malgré les fluctuations des cours mondiaux des (hors produits laitiers) progressent très fortement (+44,2%), matières premières. tout comme celles des équipements mécaniques (40,1%) qui devancent désormais les équipements pour automobile.Les importations continuent daugmenter Ce dernier résultat confirme la volonté de diversification industrielle qui conduit à la recherche de nouveaux marchés En 2008, les importations franc-comtoises progressent de et débouchés. Les exportations de « moteurs, génératrices 4,7% et atteignent 5,5 milliards deuros. Les hausses les et transformateurs électriques » et celles de matériel optique, plus fortes concernent, là encore, les produits des industries photographique et dhorlogerie augmentent respectivement alimentaires (+53,6%) et les équipements mécaniques de 21,7% et 4,5%. La filière « optique », en particulier la (+35,0%). Le Doubs est le principal importateur de produits lunetterie, sort dannées difficiles grâce à des innovations alimentaires en Franche-Comté (111 millions deuros, soit couplées à des performances à lexport. Enfin, les exportations 2,4 fois plus en deux ans). Cette place est notamment due
Les exportations déquipements mécaniques en nette augmentation Répartition et évolution des exportations franc-comtoises par produit en 2008 Exportations (en millions deuros) Évolution 2007/2008 2006 2007 2008 (en %) Total 8 5839 7089 709+0,0 Total hors construction automobile 6 3796 9487 106+2,3 01. Produits de la construction automobile 2 2042 7602 604 5,7 02. Équipements mécaniques 9811 0901 526+40,1 03. Équipements pour automobiles 1 2901 2131 1475,4 04. Matériel électrique 398429409 4,7 05. Produits de la chimie organique 4014144042,5 06. Matériel optique, photographique et dhorlogerie 342340355+4,5 07. Produits métalliques 329344352+2,3 08. Moteurs, génératrices et transformateurs électriques 242230280+21,7 09. Produits en matières plastiques 179233234+0,3 10. Produits de la sidérurgie et de la première transformation de lacier 18923019415,7 11. Produits laitiers et glaces 186204185 9,7 12. Produits des industries alimentaires diverses 87119172+44,2 Source : Douanes
Les équipements mécaniques deviennent le premier secteur importateur Répartition et évolution des importations franc-comtoises par produit en 2008 Importations(enmillionsdeuros)2É0v0o7l/ut2i0o0n82006 2007 2008 (en %) Ensemble 4 8955 2425 486+4,7 01. Équipements mécaniques 442497671+35,0 02. Équipements pour automobiles 631580571 1,6 03. Produits de la sidérurgie et de la première transformation de lacier 371436443+1,6 04. Produits métalliques 294295329+11,3 05. Matériel optique, photographique et dhorlogerie 311336321 4,5 06. Matériel électrique 338330319 3,4 07. Produits de la parachimie 318286305+6,7 08. Produits de la chimie organique 215234235+0,7 09. Métaux non ferreux 198229172 24,8 10. Produits de la construction automobile 104128146+14,0 11. Meubles 100114145+26,3 12. Produits des industries alimentaires diverses 6185130+53,6 Source : Douanes
Répartition en 2008 (en %) 100,0
73,2 26,8 15,7 11,8 4,2 4,2 3,7 3,6 2,9 2,4 2,0 2,0 1,8
Répartition en 2008 (en %) 100,0 12,2 10,4 8,1 6,0 5,9 5,8 5,6 4,3 3,1 2,7
2,6 2,4
Lannée économique et sociale 2008 en Franche-Comté10
à un poste frontière du département qui assure lapprovi-sionnement national en capsules de café pour machines «espresso de certaines matières premières». Lassemblage importées pour la production de produits transformés, sur-gelés, plats cuisinés ou conserves, à plus forte valeur ajoutée, serait une autre explication.
Quelques clients « grand export » sannoncent sur léchiquier
Les échanges commerciaux de la Franche-Comté sont dabord marqués en 2008 par la perte de vitesse des clients traditionnels, situés essentiellement en Europe occidentale. Si lEspagne, lAllemagne et lItalie restent les premiers clients, leurs parts diminuent sensiblement :  1,7 point pour lItalie,  0,4 point pour lAllemagne et  0,3 point pour lEspagne. Seule la part des exportations à destination de la Belgique progresse (+0,3 points). Au total, la part des pays dEurope occidentale perd 3,6 points en un an. La contrepartie de cette baisse est la diversification de la clientèle des entreprises franc-comtoises, qui échangent de plus en plus avec des clients extra-européens. LIran est ainsi le client dont les achats augmentent le plus en un an (+248,5%), sous leffet des expéditions par PSA Peugeot-Citroën de « kits dassemblage ». Il sinstalle à la 7eplace (16erang en 2007).
LEspagne toujours en tête Les 20 premiers clients de la Franche-Comté en 2008
Total Franche-Comté Espagne Allemagne Italie Suisse Royaume-Uni Belgique Iran Pays-Bas Chine États-Unis Suède
Russie Portugal Koweït Autriche Pologne Algérie
Danemark Grèce
République tchèque Source : DRCE
Exportations (en millions deuros) 2006 2007 2008
8 5839 7089 7091 0431 1741 150914995965804926765648691676842895617407489514186136474423432423189452284176184239121184232135143215109168204475176113137152951371445094144172157128859511781110111
Évolution 2007/2008 (en %)
+0,0 2,1  3,1  17,4  2,1  31,1 +5,1 +248,5  2,2  37,1 +30,0 +26,5 +50,3 +21,2 +135,5 +11,0 +4,9 +53,2 18,6 +22,7 +1,6
Commerce extérieur
Les exportations vers les États-Unis progressent de 30%. Lors du séminaire « Réussir aux États-Unis », organisé sur linitiative des conseillers du commerce extérieur de la France en juin 2007, la Franche-Comté a réuni une cinquantaine de PME et PMI intéressées par ce marché. Les statistiques 2008 reflètent la tendance constatée lors de cette manifestation avec la concrétisation des premiers projets dexportation. Enfin, le commerce extérieur franc-comtois se caractérise par laccroissement des volumes déchanges avec quelques pays. La Franche-Comté séduit en effet de plus en plus de gros clients : 21 pays dépassent les 100 millions deuros dachats en 2008 ; ils étaient 14 en 2006 et 17 en 2007. Une forte progression des exportations dans le Territoire de Belfort
Le Doubs demeure le premier département exportateur de Franche-Comté puisquil réalise 46,1% des exportations régionales. Sa contribution est toutefois en nette diminution ( 6 points en un an), compte tenu des difficultés rencontrées par lindustrie automobile. Cette dernière rassemble 61,5% des exportations du Doubs. Le deuxième produit départe-mental exporté est le « matériel optique, photographique et dhorlogerie ». Il représente 6% des échanges, une part en augmentation régulière depuis trois ans.
LAllemagne, premier fournisseur de la Franche-Comté Les 20 premiers fournisseurs de la Franche-Comté en 2008
Total Franche-Comté Allemagne Italie Suisse Espagne Belgique États-Unis Chine Royaume-Uni Pologne République tchèque Pays-Bas Portugal Autriche France Slovaquie Hongrie Tunisie Japon Maroc
Suède Source : DRCE
Importations (en millions deuros) 2006 2007 2008
4 8951 028
62845743929125318631686991521518076385258292526
5 2421 077
6525084273602332103311361201691328478526366495231
5 4861 044
691576420349321277270192170164988170656464615838
Évolution 2007/2008 (en %)
+4,7  3,1 +6,1 +13,5  1,5  3,0 +37,6 +32,1  18,3 +41,0 +40,9  3,0  26,1  2,9  9,8 +23,8 +1,2 3,6 +23,6 +11,6 +21,0
Lannée économique et sociale 2008 en Franche-Comté11
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