L'économie sociale et solidaire en Nord-Pas-de-Calais : L'emploi salarié dans l'économie sociale et solidaire

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À la fin de l'année 2000, près de 8 600 établissements du secteur de l'économie sociale et solidaire occupent 107 600 salariés non occasionnels, soit 8% des salariés tous secteurs confondus y compris l'administration d'État. L'économie sociale et solidaire apparaît comme un secteur non négligeable de l'activité régionale. Quelle que soit la grandeur observée, elle représente environ 10% du secteur privé et semi-public, soit autant que le commerce de détail.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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L’emploi salarié dans l’économie sociale et solidaire
À la fin de l’année 2000, près de 8 600 établissements du secteur de l’économie
sociale et solidaire (cf. tableau 1) occupent 107 600 salariés non occasionnels (cf.
encadré 1), soit 8% des salariés tous secteurs confondus y compris l’administration
d’État.
8% de l’ensemble des L’économie sociale et solidaire apparaît comme un secteur non négligeable de
salariés de la région l’activité régionale. Quelle que soit la grandeur observée, elle représente environ 10%
du secteur privé et semi-public (cf. encadré 2 « Champ couvert »), soit autant que le
commerce de détail. En effet, au cours de l'année 2000, ses quelque 212 milliers de
contrats de travail représentent 11% de l’ensemble du secteur privé ou semi-public et
un peu moins de 9% en termes de masse salariale brute, avec près de 2 000 millions
d’euros par an.
L’importance de ce domaine dépasse toutefois le seul aspect salarial. En effet,
mesurer le poids de l’économie sociale et solidaire uniquement sous cet angle, c’est
sous-estimer tout le temps donné par de nombreux bénévoles qui participent à la vie
associative (cf. encadré 1).
Encadré 1 : Économie sociale et solidaire et bénévolat
Le bénévolat est une des principales caractéristiques des organismes de l’économie sociale et solidaire. S’il est
souvent lié au monde associatif, il est également présent dans l’ensemble du secteur de l’économie sociale et
solidaire, qu’il s’agisse des caisses mutuelles locales, des structures d’insertion ou de développement local,…
Ces bénévoles jouent des rôles très variés : ils peuvent être élus ou mandataires, responsables d’activités,
adhérents et financeurs, même parfois à la fois usagers et intervenants.
Différents travaux ont été menés pour estimer l’importance de ce bénévolat. D’après la dernière enquête « vie
associative » de l’Insee, en 2002, 12 millions de personnes de 15 ans et plus ont eu une activité bénévole en
France, dont presque 10 millions au sein des associations. Les formes de bénévolat et d’engagement se sont
modifiées au cours des dernières années, mais leur développement, notamment dans le milieu associatif,
témoigne du besoin renouvelé d’engagement concret des citoyens. L’économie sociale et solidaire est ainsi un
élément essentiel de citoyenneté économique et sociale.
Des quatre composantes de l’économie sociale et solidaire, le secteur associatif est
largement prédominant, en occupant plus de 91 000 salariés en fin d'année. Bien que
(1)Tableau 1 : Les établissements employeurs, les emplois et la masse salariale brute
dans le Nord-Pas-de-Calais en 2000.
(1)Nombre d’établissements Effectifs salariés Nombre de contrats Masse salariale brute
employeurs au 31.12.2000 de travail en 2000 annuelle en 2000
Nombre % Milliers % Milliers % Millions d’euros %
Coopératives 696 8 11,2 10 16,8 8 303,8 16
Mutuelles 287 3 3,6 3 4,8 2 91,5 5
Associations 7 404 86 91,0 85 187,2 88 1 528,3 78
Marges 184 2 1,8 2 2,9 1 32,3 2
Ensemble de l’économie
sociale et solidaire 8 571 100 107,6 100 211,6 100 1 955,9 100
Services hors économie
(2)sociale et solidaire 20 759 26 172,9 18 548,3 32 4 087,7 20
Autres secteurs 58 356 74 785,9 82 1 158,5 68 16 528,1 80
Tous secteurs hors économie
sociale et solidaire 79 115 100 958,8 100 1 706,7 100 20 615,8 100
Ensemble Nord-Pas-de-Calais 96 257 1 066,4 1 918,3 22 571,7
(1)
non compris l’emploi occasionnel (cf. encadré 2).
(2) services aux particuliers et aux entreprises, hors établissements relevant de l’économie sociale et solidaire.
Source : Insee - DADS 2000
Dossiers de Profils N°77 - Juin 2004 19 Insee Nord-Pas-de-CalaisL’emploi salarié dans l’économie sociale et solidaire
seules 40% des associations soient employeurs, le secteur associatif occupe près de
85 % des effectifs salariés de l’économie sociale et solidaire. Viennent ensuite les
coopératives, avec 11 200 salariés, qui représentent 10% des salariés de l’économie
sociale et solidaire. Les effectifs salariés des mutuelles représentent 3% du total de
l’économie sociale et solidaire, soit environ 3 600 personnes.
En grande partie dans Les zones d’emploi de Lille et Roubaix-Tourcoing offrent 40% des emplois (en fin
la métropole lilloise d'année) de l’économie sociale et solidaire régionale, contre 34% des
établissements. Aucune autre zone ne regroupe plus de 10% des salariés de ce
secteur.
Certaines zones pèsent plus dans l’économie sociale et solidaire que dans
l’ensemble de l’emploi régional : Lille, Dunkerque, Lens-Hénin, Artois-Ternois et
Berck-Montreuil. Ce sont aussi celles où la part de l’emploi dans ce domaine est la
plus forte. A contrario, d’autres zones sont sous représentées : le Calaisis et
Béthune-Bruay.
Le poids du secteur social et solidaire, en termes d’emploi, varie du simple au triple
selon les zones d’emploi. Ainsi, aux extrêmes, le Calaisis ne compte que 6%
d’emplois au sein de ce secteur tandis que la zone d’emploi de Berck-Montreuil monte
à 18%. La fourchette s’élargit considérablement en descendant au niveau des
intercommunalités (cf. carte 1). A cet échelon, la part de l’emploi social et solidaire
fluctue de zéro à un peu moins de 50%. Ainsi un quart des Etablissements Publics de
Coopération Intercommunale (E.P.C.I.) ont moins de 5% de leurs salariés dans ce
domaine. Elles sont disséminées sur plusieurs zones d’emploi, dont un bon nombre
dans le Cambrésis ou la Sambre-Avesnois. A l’autre extrême, un huitième des
intercommunalités regroupent plus de 15% de leurs salariés dans l’économie sociale
et solidaire. Elles se trouvent principalement dans les zones d’emploi de
Berck-Montreuil et de Sambre-Avesnois.
Si les associations occupent en moyenne 85% des salariés de l’économie sociale et
solidaire, des spécificités territoriales apparaissent. En Artois-Ternois, par exemple,
les coopératives ainsi que les mutuelles, occupent une plus grande place, faisant
reculer la part des associations de 12 points. Par contre, d’autres zones d’emploi ont
un secteur associatif renforcé qui dépasse les 90% de l’emploi du secteur. C’est le cas
du Douaisis, de Lens-Hénin et du Cambrésis.
(*)Carte1 : Part des contrats relevant de l'économie sociale et solidaire par EPCI
au 31.12.2000
(*) Établissements Publics de Coopération Intercommunale au 1er janvier 2003
Contour blanc : communes hors EPCI
Souce : Insee - DADS 2000
Insee Nord-Pas-de-Calais 20 Dossiers de Profils N°77 - Juin 2004L’emploi salarié dans l’économie sociale et solidaire
Encadré 2 : différentes formes d’emploi dans les DADS
Le champ couvert
Les Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS) couvrent l’ensemble des salariés et des employeurs à
l’exclusion des salariés de l’agriculture, des agents de l’État et du personnel domestique. Compte tenu des délais
d’exploitation, les données issues de cette source administrative se rapportent au 31 décembre de l’année 2000.
Le décompte des emplois
Un emploi correspond à un contrat de travail. En fonction des caractéristiques du contrat, il est possible de
distinguer plusieurs notions d’emplois. Un salarié ayant occupé deux emplois dans l’année chez deux employeurs
différents est compté pour deux emplois. C’est également le cas pour une personne ayant cumulé deux emplois
dans deux établissements différents sur une même période. Les emplois jeunes sont inclus dans l’étude de même
que toutes les formes d’emplois aidés donnant lieu à rémunérations.
Différentes catégories d’emploi
Trois grandes catégories d’emploi sont appréhendées en fonction du volume de travail effectué (cf. tableau 2).
D’un côté, les salariés présents toute l’année et travaillant à temps complet (c’est-à-dire au moins 80% de temps
plein) constituent l’emploi permanent. D’un autre côté, les salariés ayant un contrat très court ou ayant travaillé
très peu d’heures ou ayant perçu une rémunération particulièrement faible constituent l’emploi occasionnel que
l’on pourrait également qualifier d’emploi annexe. Entre ces deux catégories, se trouve non permanent
(et non occasionnel). Cette situation intermédiaire peut se décliner de diverses façons :
ou emplois permanents, c’est-à-dire postes de travail occupés
Contrats permanents à temps complet (y compris à temps partiel 80%) du 01/01
au 31/12 de l’année.
ou emplois non permanents et non occasionnels, c’est-à-direContrats non occasionnels
emplois non dépassant les seuils fixés pour les occasionnels.
Exemples :
Contrats - poste à temps complet pendant 8 mois
non permanents - poste à temps partiel (80%) toute l’année
- poste sur 2 mois rémunérés au SMIC
- emploi intermittent (alternance de périodes travaillées et
non travaillées, cas des intérimaires)
- emploi saisonnier (au-delà des seuils des emplois+ occasionnels)
Nombre d’heures salariés inférieur à 50 heures ou durée
d’emploi inférieure à 12 jours ou rémunération nette ramenée
à l’année à 10 200 F ou salaire horaire inférieur à
10 F ou nombre d’heures travaillées par jour inférieur à
1 heure.
ou poste de travail « annexe »
Contrats occasionnels
c’est-à-dire poste tel que :
Exemples :
- travail très saisonnier ou très intermittent
- emploi secondaire par rapport à une activité principale qui
peut être hors champ des DADS(non salariés, agents de
l’Etat, étudiants, inactifs partiels…)
Dossiers de Profils N°77 - Juin 2004 21 Insee Nord-Pas-de-CalaisL’emploi salarié dans l’économie sociale et solidaire
Moins d’emplois L’emploi, appréhendé ici au travers du volume de travail effectué, peut se ventiler en
permanents que dans trois grandes catégories (cf. encadré 2). Au travers de ces indicateurs de volume de
l’ensemble des travail effectué, l’emploi dans l’économie sociale et solidaire apparaît moins stable
établissements que pour l’ensemble des activités économiques régionales. 30% des contrats y sont
régionaux occasionnels, contre 21% pour l’ensemble (cf. graphique 1 et tableau 2). Les contrats
permanents, offrant une continuité d’activité sur toute l’année, sont également en
retrait par rapport à l’ensemble (25% contre 35%).
En dehors des coopératives, les activités de l’économie sociale et solidaire se situent
plus dans le champ du secteur tertiaire. Une comparaison possible est alors celle des
services, comprenant les services aux particuliers et les services aux entreprises.
Avec cette référence, les contrats de l’économie sociale et solidaire sont alors en
moyenne plus stables que ceux des services, puisque dans le secteur des services
hors économie sociale et solidaire, 36% des contrats sont occasionnels et seulement
16% des contrats sont permanents. Ceci s’explique par le fait que les services aux
entreprises comprennent les activités intérimaires, où les contrats sont plus courts par
nature.
Les emplois et les activités proposés par l’économie sociale et solidaire répondent
sans doute à des demandes non satisfaites par les secteurs plus traditionnels privés
et publics. Ceci pourrait expliquer en partie ce nombre important de contrats plus
courts qui peut correspondre à une diversité d’activités, ou répondre sans doute à des
besoins ponctuels. Mais il peut également traduire une certaine fragilité des emplois
due à des financements plus aléatoires. Cette approche mériterait d’être complétée
par une étude sur le type de contrat (CDI, CDD, …), donnée indisponible dans les
fichiers utilisés.
Tableau 2 : Les différentes formes d’emploi de l’économie sociale et solidaire dans le Nord-Pas-de-Calais en 2000
Unité : millier
Nombre de contrats non occasionnels
Nombre de contrats Nombre de contrats
Secteurs Nombre de contrats Nombre de contrats occasionnels de travail sur l’année
Total
permanents non permanents
Coopératives 8,4 7,0 15,4 1,4 16,8
Mutuelles 2,6 1,8 4,4 0,4 4,8
Associations 41,9 83,5 125,3 61,8 187,2
Marges 1,0 1,3 2,3 0,6 2,9
Ensemble économie sociale et solidaire 53,8 93,5 147,4 64,2 211,6
(1)
Services hors économie sociale et solidaire 88,4 261,4 349,8 198,5 548,3
Autres secteurs 522,4 488,8 1 011,2 147,3 1 158,5
Ensemble Nord-Pas-de-Calais 664,6 843,7 1 508,3 410,0 1 918,3
(1) services aux particuliers et aux entreprises, hors établissements relevant de l’économie sociale et solidaire.
Guide de lecture : Parmi les 211 600 contrats de l’économie sociale et solidaire, 53 800 sont des contrats permanents (à temps complet toute l’année), 64 200 sont des
contrats occasionnels (volume de travail inférieur à 50 heures ou 12 jours par exemple). Les 93 500 restants sont donc des contrats non occasionnels et non per-
manents (cf. encadré 2).
Source : Insee - DADS 2000
Insee Nord-Pas-de-Calais 22 Dossiers de Profils N°77 - Juin 2004L’emploi salarié dans l’économie sociale et solidaire
Graphique 1 : Répartition des différentes formes d'emploi par secteur en 2000
* : services aux particuliers et aux entreprises, hors établissements relevant de l'économie sociale et solidaire
Guide de lecture : dans les coopératives, 8% des contrats sont permanents, 50% sont occasionnels et les 42% restants
sont non permanents et non occasionnels.
Source : Insee - DADS 2000
Une diversité de
Selon les familles de l’économie sociale et solidaire, les pratiques divergent. Dans lessituations selon les
coopératives et mutuelles, moins d’un salarié sur dix occupe un emploi occasionnel,familles
tandis que plus de la moitié sont sur des contrats permanents. Par ailleurs, les
mutuelles versent 16% de la masse salariale tout en ne représentant que 8% des
contrats (cf. graphique 2).
Les emplois offerts par les associations sont moins stables. Elles ont ainsi plus
souvent recours à des emplois occasionnels puisqu’un tiers de leurs salariés sont
concernés. L’emploi permanent y est aussi plus rare : il ne représente que 22% des
contrats. Les associations offrent d’ailleurs 78% de la masse salariale, pour 88% des
Graphique 2 : Répartition du nombre de contrats de travail et de la masse salariale
dans l'économie sociale et solidaire par secteur dans le Nord-Pas-de-Calais en 2000
Guide de lecture : Si les coopératives ne représentent que 8% des contrats de travail, quel que soit leur type, elles pèsent
près de 16% de la masse salariale dans l'économie sociale et solidaire.
Source : Insee - DADS 2000
Dossiers de Profils N°77 - Juin 2004 23 Insee Nord-Pas-de-CalaisL’emploi salarié dans l’économie sociale et solidaire
Une proportion de La forte présence des femmes dans le secteur social et solidaire apparaît nettement.
femmes plus élevée En effet, elles représentent 56% des contrats non occasionnels de l’économie sociale
et solidaire, contre 39% pour l’ensemble des activités économiques. Les femmes sont
en majorité dans tous les secteurs, à l’exception des coopératives où la présence
féminine n’est que de 39%, en raison de l’importance des agricoles et de
production, où la main d’œuvre est majoritairement masculine. Les familles des
mutuelles et des marges sont les plus féminisées avec deux tiers des contrats.
(1)Graphique 3 : Part des femmes parmi les salariés selon les secteurs en 2000
(1) emplois non occasionnels en fin d'année.
(2) services aux particuliers et aux entreprises, hors établissements relevant de l'économie sociale et solidaire.
Source : Insee - DADS 2000
Les 45-54 ans plus
L’âge moyen des salariés non occasionnels est plus élevé dans l’économie sociale et
représentés que dans
solidaire ; il s’y établit à 37,5 ans contre 36 ans pour l’ensemble des activités. Les
le reste de l’économie
salariés âgés de 45 à 54 ans y sont plus nombreux : 26% dans sociale et
solidaire, contre 23% pour l’ensemble des activités économiques (cf. graphique 4). En
revanche, les salariés très jeunes sont moins nombreux : 10% ont moins de 25 ans
contre 15% dans l’ensemble.
Graphique 4 : Répartition en pourcentage des salariés (1) selon leur âge
(1) emplois non occasionnels en fin d'année.
Source : Insee - DADS 2000
Insee Nord-Pas-de-Calais 24 Dossiers de Profils N°77 - Juin 2004L’emploi salarié dans l’économie sociale et solidaire
Cette faible proportion de jeunes est plus nette pour les mutuelles avec seulement 8%
de moins de 25 ans. En revanche, les coopératives emploient davantage de jeunes
(15%), surtout des femmes : ainsi 21% des salariées de ce secteur ont-elles moins de
25 ans.
Un temps partiel plus Le recours au temps partiel est important dans l’économie sociale et solidaire. Les
répandu : autant pour emplois à temps partiel correspondent ici à ceux inférieurs à 80% d’un temps complet,
les hommes que pour que ce soit un temps partiel imposé par l’employeur ou un choix personnel du salarié.
les femmes Plus de 4 salariés de ce secteur sur 10 travaillent à temps partiel, contre moins de 3
sur 10 sur l’ensemble des activités économiques (cf. graphique 5). Ainsi près de la
moitié des femmes (contre 39% dans l’ensemble) et près d’un homme sur trois (contre
19% dans l’ensemble) exercent une activité à temps partiel. L’écart de situation entre
les sexes est plus réduit dans l’économie sociale et solidaire, les hommes y travaillant
davantage à temps partiel. Ces proportions importantes du temps partiel dans
l’économie sociale et solidaire sont toutefois à relativiser puisque, dans les activités
de service, le travail à temps partiel masculin y est encore plus développé.
Les situations divergent fortement selon les familles. Les salariés des coopératives et
mutuelles travaillent plus rarement à temps partiel, quelque soit leur sexe ; ceux des
associations y sont presque dans la moitié des cas.
(1)Graphique 5 : Part en % des salariés travaillant à temps partiel en 2000
(1) emplois non occasionnels en fin d'année.
(2) services aux particuliers et aux entreprises, hors établissements relevant de l'économie sociale et solidaire.
Source : Insee - DADS 2000
Dans l’économie sociale et solidaire, les catégories socioprofessionnelles les plusDes employés
nombreuses sont les employés qui représentent 34% des salariés et les professionssur-représentés
intermédiaires (29%) (cf. graphique 6). Tandis que ces deux catégories regroupent la
moitié des emplois régionaux, elles concernent 63% des salariés de l’économie
sociale et solidaire. Cette sur représentation est logique car les activités de ce secteur
sont principalement situées dans le secteur tertiaire. De la même façon, les ouvriers
sont moins présents avec 19% des salariés permanents, contre 39% dans l’ensemble
de l’économie. Tirée par le secteur associatif, l’économie sociale et solidaire emploie
également plus souvent des stagiaires ou apprentis.
Dans le Nord-Pas-de-Calais, contrairement à d’autres régions, le contraste est plus
important entre le profil des salariés de l’économie sociale et solidaire et celui des
autres services. En effet, les services de la région sont davantage qu’ailleurs marqués
Dossiers de Profils N°77 - Juin 2004 25 Insee Nord-Pas-de-CalaisL’emploi salarié dans l’économie sociale et solidaire
par une forte présence d’ouvriers et une plus forte proportion d’hommes. Cela tient à
la sur représentation, dans la région, de certains secteurs, comme les « services
opérationnels ». Sous cette appellation, sont regroupés, entre autres, les services liés
à l’externalisation, le travail temporaire, le traitement des déchets ou encore la
maintenance de matériel de production.
Les mutuelles, et dans une moindre mesure les coopératives, se distinguent par la
part élevée des employés. Près de la moitié des salariés des mutuelles sont des
employés ; en revanche cette famille compte très peu d’ouvriers, contrairement aux
associations qui en emploient 20%. De plus, elles ont davantage recours aux
apprentis ou stagiaires : même si leur part est inférieure à 10% des salariés, elle
double par rapport à la moyenne régionale.
Graphique 6 : répartition des emplois salariés (1) du Nord - Pas - de - Calais
dans l'économie sociale et solidaire par catégorie socio-professionnelle en 2000
(1) emplois non occasionnels en fin d'année.
(2)
services aux particuliers et aux entreprises, hors établissements relevant de l'économie sociale et solidaire.
Source : Insee - DADS 2000
(1)Tableau 3 : Répartition des emplois salariés par catégorie socioprofessionnelle en 2000
Unité : millier
Professions Apprentis et
Secteur Cadres Employés Ouvriers Ensemble
intermédiaires stagiaires
Coopératives 2,0 5,0 5,2 2,9 0,4 15,4
Mutuelles 0,6 1,4 2,1 0,2 0,1 4,4
Associations 11,7 35,8 40,8 25,2 11,9 125,3
Marges 0,3 0,8 0,8 0,3 0,1 2,3
Ensemble économie sociale et solidaire 14,6 43,0 48,9 28,5 12,3 147,4
(2)
Services hors économie sociale et solidaire 28,6 54,9 107,4 152,1 6,7 349,8
Autres secteurs 82,4 200,0 278,9 403,6 46,3 1 011,2
Ensemble Nord-Pas-de-Calais 125,7 297,9 435,1 584,2 65,4 1 508,3
(1) emplois non occasionnels en fin d’année.
(2)
services aux particuliers et aux entreprises, hors établissements relevant de l’économie sociale et solidaire.
Source : Insee - DADS 2000
Insee Nord-Pas-de-Calais 26 Dossiers de Profils N°77 - Juin 2004L’emploi salarié dans l’économie sociale et solidaire
Une diversité de Au sein de sociale et solidaire, pour les contrats de travail non
situations salariales occasionnels, les différences salariales sont très fortes selon les sous-secteurs. Les
coopératives et les mutuelles offrent, en moyenne, les salaires les plus importants
(plus de 19 700 euros). Les salaires moyens les plus faibles se situent dans les
secteurs des associations et des marges (14 100 et 14 500 euros en moyenne).
Globalement, le salaire annuel net moyen perçu par les salariés de l’économie sociale
et solidaire est inférieur de presque 10% à celui des salariés tous secteurs de
l’économie confondus. Ainsi, un salarié de l’économie sociale et solidaire a perçu, sur
l’année 2000 en moyenne 15 100 euros, contre 16 700 euros pour l’ensemble des
secteurs, quel que soit le temps travaillé (cf. tableau 4). Ce salaire moyen est
également inférieur à celui des services hors économie sociale et solidaire et à celui
des autres secteurs. C’est en grande partie lié au fait que le temps partiel y est très
répandu. En effet, en ne considérant que l’ensemble des salariés à temps complet,
l’écart se réduit à 4,4%. En raisonnant en termes de salaires horaires moyens, l’écart
global n’est plus que de 3,5%. Par ailleurs, le niveau de qualification explique aussi en
partie le niveau de salaire : la proportion d’employés étant notamment plus élevée
dans l’économie sociale et solidaire.
(1)Tableau 4 : Salaire annuel net moyen perçu par secteur et condition d’emploi
Unité : euros
Temps complet
Secteur Temps partiel Ensemble
dont permanents
Coopératives 21 093 22 386 12 093 20 490
Mutuelles 20 555 20 877 14 061 19 736
Associations 16 144 16 792 9 597 14 072
Marges 15 754 16 666 10 472 14 485
Ensemble économie sociale et solidaire 17 150 17 889 9 767 15 111
(2)
Services hors économie sociale et solidaire 18 015 20 209 9 891 15 738
Autres secteurs 17 997 18 886 11 709 17 170
Ensemble des activités 17 934 18 980 10 898 16 732
(1) contrats de travail non occasionnels.
(2) services aux particuliers et aux entreprises, hors établissements relevant de l’économie sociale et solidaire.
Source : Insee - DADS 2000
Toutefois, à niveau de qualification identique, les écarts de salaire entre l’économie
sociale et solidaire et l’ensemble des activités économiques sont assez variables.
S’ils sont en moyenne relativement faibles pour la catégorie des employés ou des
cadres, ils sont plus élevés pour les ouvriers. Ceci pourrait s’expliquer par des
différences de qualification au sein de la catégorie, ou de nature des contrats.
Des salaires très Les dispersions salariales sont plus fortes dans l’économie sociale et solidaire que
dispersés pour l’ensemble des activités. Les salaires les plus modestes y sont en plus grande
proportion que dans l’ensemble de l’économie. Alors qu’un quart des salariés gagnent
moins de 11 100 euros dans l’ensemble de l’économie, ce sont 38% des salariés de
l’économie sociale et solidaire qui sont dans cette situation (cf. tableau 5).
Existent aussi dans l’économie sociale et solidaire de très hauts niveaux de salaires,
puisque 5% des salariés y gagnent plus de 31 500 euros ; ce qui est proche de la part
constatée sur l’ensemble des salariés.
De nombreux facteurs, tels que la nature des contrats, peuvent expliquer cette forte
dispersion des salaires et mériteraient une analyse approfondie.
Dossiers de Profils N°77 - Juin 2004 27 Insee Nord-Pas-de-CalaisL’emploi salarié dans l’économie sociale et solidaire
(1)Tableau 5 : Dispersion des salaires annuels net perçus
Unité : euros
Salaire annuel net perçu (1)
Fractile
Économie sociale et solidaire Ensemble des activités économiques
5% 5 153 6 254
10% 5 799 7 773
25% 8 330 11 108
50% 13 522 14 696
75% 18 679 19 480
90% 25 374 26 218
95% 31 495 32 670
(1)
pour les contrats de travail non occasionnels
Guide de lecture : Un quart des salariés de l’économie sociale et solidaire gagnent moins de 8 300 euros par an, alors que
dans l’ensemble des secteurs de l’économie, le salaire en dessous duquel se situe un quart des salariés est égal à 11 100
euros.
Source : Insee - DADS 2000
Encadré3:la mesure des salaires
Pour décrire les salaires, l’optique des individus (salaire perçu) a été préférée à celle des emplois (salaire offert).
Elle exclut les apprentis et stagiaires ainsi que les salariés occasionnels dont le cumul de l’activité sur l’année est
inférieur à certains seuils (travail très saisonnier par exemple). Le salaire annuel net moyen perçu est le salaire
moyen perçu, net de prélèvement à la source (cotisations sociales, contribution sociale généralisée et cotisation
pour le remboursement de la dette sociale). Il comprend les primes, avantages en nature et indemnités versés en
complément de rémunération.
Insee Nord-Pas-de-Calais 28 Dossiers de Profils N°77 - Juin 2004

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