L'emploi de 1989 à 2002 en Bourgogne : croissance et transformation

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De 1989 à 2002, la Bourgogne gagne 37 100 emplois. Les emplois salariés augmentent alors que l'emploi non salarié diminue. La croissance du secteur tertiaire permet de compenser les pertes de l'industrie et de l'agriculture. Comparée à l'ensemble national, la hausse de l'emploi est nettement moins marquée dans la région : 6 % contre 11 %. Les services progressent moins mais l'industrie et l'agriculture résistent mieux. La Côte-d'Or et l'Yonne sont les plus dynamiques. Pour accéder aux résultats statistiques sur : La Bourgogne, La Côte-d'Or, La Nièvre, La Saône-et-Loire, L'Yonne.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INSEE N°112-Septembre2004-2,20eurosBOURGOGNE
L’emploi de 1989 à 2002 en Bourgogne :
croissance et transformation
De 1989 à 2002, la Bourgogne gagne 37 100 emplois. Les emplois salariés augmentent alors
que l’emploi non salarié diminue. La croissance du secteur tertiaire permet de compenser les
pertes de l’industrie et de l’agriculture. Comparée à l’ensemble national,
la hausse de l’emploi est nettement moins marquée dans la région:6% contre 11 %.
Les services progressent moins mais l’industrie et l’agriculture résistent mieux.
La Côte-d’Or et l’Yonne sont les plus dynamiques.
Évolution de l'emploi moins favorableu 31 décembre 2002, la Bourgogne
en BourgogneA compte 645 200 emplois salariés
et non salariés. C’est 37 100 de plus
Évolution de l'emploi (base 100 en 1989)qu’en 1989, soit une progression de
1206,1 % en 13 ans.
France**Emploi salarié
L’évolution de l’emploi n’est pas
régulière sur toute la période. Trois 110 Bourgogne
phases peuvent être distinguées. De
1989 à 1993, la région perd 14 000 100
emplois, soit 3 500 par an : la baisse
importante des effectifs de l’industrie et
90
de la construction n’est pas compensée
Emploi non salariépar la croissance des services. 80
De 1993 à 2000, l’emploi s’oriente à France**
la hausse, excepté en 1996, et la
70
Bourgogne gagne 49 500 emplois soit Bourgogne
7 000 par an en moyenne. Dans
60
l’industrie et la construction, l’emploi se 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001
stabilise et progresse même entre 1998 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002*
et 2000 ; il augmente dans le commerce
* Données provisoires en 2002.
et les services, surtout pendant les ** Métropole.
Source : INSEE - Estimations d'emploi.années fastes 1998-2000.
Forte croissance de l’emploi salarié féminin
En 2002, les femmes bourguignonnes occupent 47 % des emplois salariés contre 44 % en 1989. L’emploi salarié féminin a progressé de 22 %
en 13 ans, contre 7 % pour l’emploi masculin.
Les femmes ont plus souffert que les hommes de la réduction des effectifs salariés de l’industrie : - 15 % d’emplois féminins contre - 10 %
d’emplois masculins. Elles ont davantage profité de l’expansion du tertiaire. Les services comptent 32 % féminins supplémentaires,
soit 46 100 salariées de plus, alors que le nombre de salariés masculins progresse de 20 % soit 22 300 emplois. Les femmes représentent
désormais 58 % des salariés des services contre 56 % en 1989. Dans le commerce, la part des femmes s’est également accentuée : 49 % de
l’emploi salarié en 2002 contre 46 % en 1989, les 10 400 emplois salariés créés depuis 1989 étant pour les deux tiers des emplois féminins.
Malgré une légère progression, les femmes restent très minoritaires dans la construction (9 % de l’emploi salarié).INSEE N°112 -Sepembre 2004-2,20eurosBOURGOGNE
Pertes d’emploi dans l’industrie et gains dans le tertiaireDe 2000 à 2002, l’emploi se stabi-
lise : l’industrie perd de nouveau des
Évolution de l’emploi salarié entre 1989 et 2002*
emplois et la croissance du tertiaire
s’essouffle. L’emploi dans la construc-
Secteurs les plus créateurs Bourgogne France**
tion stagne. d'emplois salariés
Pendant ces treize années, l’agricul-
En effectif en % en %ture n’a cessé de perdre des emplois,
un peu plus de 1 000 par an en
moyenne. Santé, Action sociale +15064 +30 +25
En 2002, près de 90 % des emplois Services opérationnels (y compris l’intérim) + 13 789 + 105 + 107
de la région sont des emplois salariés
Administration publique +13475 +26 +25contre 84 % en 1989. Sur la période, la
Services personnels et domestiquesrégion gagne en effet 68 300 emplois + 11 221 + 100 + 97
salariés alors qu’elle perd 31 200 em-
plois non salariés, des emplois agrico-
Secteurs qui ont le plus perdu Bourgogne France**
les pour 60 % d’entre eux. Le recul de d'emplois salariés
l’emploi non salarié concerne aussi les
En effectif en % en %autres secteurs de l’économie et notam-
Industries des équipements du foyerment le commerce et la construction qui - 3 893 - 35 - 25
perdent respectivement 5 100 et 3 500 Habillement, Cuir - 3 824 - 68 - 56
non salariés.
Chimie, Caoutchouc, Plastiques -3121 -16 -8
Activités immobilières -1934 -29 -4
Croissance assurée
Industries des produits minéraux - 1 922 - 23 - 22par les services
Métallurgie, Transformation des métaux -1595 -8 -14
Industries des équipements mécaniquesEn 2002, plus des 2/3 des emplois -1383 -8 -6
relèvent du secteur tertiaire, c’est-à-dire * Données provisoires pour 2002.
** Métropole. Source : INSEE - Estimations d’emploi.des services (54 %) et du commerce
(14 %). La croissance de l’emploi de ces
emplois non salariés. sécurité ou encore l’assainissement ettreize dernières années est avant tout
Quatre secteurs des services ga- la gestion des déchets), l’administrationassurée par les services qui gagnent
gnent plus de 10 000 emplois sala- publique et les services personnels et68 400 emplois salariés tout en ne per-
riés et assurent plus des 3/4 de la domestiques. Dans le cas des servicesdant que 1 700 emplois non salariés. Le
commerce est aussi créateur d’emploi croissance : la “santé-action sociale”, opérationnels et des services person-
salarié (+ 10 500), principalement le les services opérationnels aux entrepri- nels, les gains d’emplois représentent de détail et réparations ses (qui comprennent le travail tempo- un doublement de leurs effectifs.
(+ 9 300), mais perd par ailleurs 5 100 raire, les activités de nettoyage et de Parallèlement l’industrie ne cesse
de perdre des emplois : en 2002 elle
compte près de 18 400 emplois de
Les services assurent l'essentiel de la croissance de l'emploi moins qu’en 1989, essentiellement des
emplois salariés, soit une baisse deEmploi total par secteur en 1989 et en 2002* - Bourgogne
12 % de ses effectifs.400 000
Les secteurs les plus touchés sont
350 000 les industries des équipements du foyer
et l’habillement-cuir qui perdent chacun300 000
plus de 3 800 emplois salariés, suivis de
250 000
la chimie-caoutchouc-plastiques (- 3 100)
puis des industries des produits minéraux200 000
(- 1 900), de la métallurgie-transformation
150 000 des métaux (- 1 600) et des industries des
équipements mécaniques (- 1 400). Quel-100 000
ques secteurs enregistrent cependant
50 000
1989 des résultats positifs et en premier lieu la
*2002 pharmacie, parfumerie et entretien dont0
Agriculture Industrie Construction Commerce Services les effectifs salariés progressent de 54 %
soit un gain de 1 100 emplois. De bons ré-
* Données provisoires en 2002. sultats sont également à noter pour les in-
Source : INSEE - Estimations d'emploi.
dustries des équipements électriques et
© INSEE Bourgogne - 2004 - L’emploi de 1989 à 2002 en Bourgogne 2INSEE BOURGOGNE N°112-Septembre2004-2,20euros
Les services moins dynamiques en Bourgogne
Salariés Non salariés Emploi total
Bourgogne France** Bourgogne France** Bourgogne France**
1989 2002* Évol. % Évol. % 1989 2002* Évol. % Évol. % 1989 2002* Évol. % Évol. %
Agriculture 10 114 14 914 + 47,5 + 22,6 41 570 22 800 - 45,2 - 46,9 51 684 37 714 - 27,0 - 32,0
Industrie 141 230 124 890 - 11,6 - 13,1 7 470 5 438 - 27,2 - 23,1 148 700 130 328 - 12,4 - 13,6
Construction 32 436 33 470 + 3,2 - 4,7 10 234 6 686 - 34,7 - 29,9 42 670 40 156 - 5,9 - 9,5
Commerce 67 508 77 959 + 15,5 + 17,7 15 900 10 778 - 32,2 - 30,8 83 408 88 737 + 6,4 + 9,5
Services 258 956 327 352 + 26,4 + 32,1 22 628 20 906 - 7,6 - 4,2 281 584 348 258 + 23,7 + 29,3
Total 510 244 578 585 + 13,4 + 16,6 97 802 66 608 - 31,9 - 27,5 608 046 645 193 + 6,1 + 10,7
* Données provisoires pour 2002.
** Métropole. Source : INSEE - Estimations d’emploi.
électroniques et les industries agricoles et tivités de conseil et assistance, l’hôtel- L’industrie résiste un peu mieux en
alimentaires qui gagnent chacune 700 sa- lerie-restauration ou les transports se Bourgogne. Les pertes d’emploi dans
lariés sur la période étudiée. développent moins dans la région de le textile ou dans l’édition-imprimerie-
même que le secteur postes et télécom- reproduction y sont plus limitées. Quel-
munications, stable en Bourgogne alors ques secteurs affichent une bien meil-L’industrie et l’agriculture
qu’il progresse de 14 % en France. A l’in- leure santé en Bourgogne qu’au niveaurésistent davantage
verse, les activités récréatives, culturel- national : la pharmacie-parfumerie-
en Bourgogne les, sportives ou les activités associatives entretien dont les effectifs salariés pro-
se développent davantage en Bourgogne gressent seulement de 3,4 % au ni-
La croissance de l’emploi de 1989 à tout comme la recherche, mais elles re- veau national, ou encore les industries
2002 est moins importante en Bourgogne présentent relativement moins d’emplois. des équipements électriques et élec-
que sur l’ensemble du territoire : La santé-action sociale progresse égale- troniques qui gagnent des emplois en
+ 6,1 % contre + 10,7 %. Le développe- ment davantage en Bourgogne : + 30 % Bourgogne alors qu’elles en perdent
ment du secteur tertiaire y est moins contre 25 % au niveau national. sur l’ensemble national.
marqué : 20 % d’emplois de plus contre Le commerce gagne moins d’emplois L’agriculture a également mieux
25 %. L’essoufflement de la croissance en Bourgogne que dans l’ensemble na- résisté dans la région, l’emploi salarié
du tertiaire, constaté en Bourgogne en tional avec une baisse de l’emploi non sa- s’y développant davantage.
2001 et 2002, se manifeste moins nette- larié un peu plus marquée dans la région Ces évolutions différenciées ren-
ment sur le plan national. et une hausse de l’emploi salarié plus forcent le profil particulier des emplois
En termes d’emplois salariés, les ac- modérée. bourguignons, sur-représentés dans
Connaître l’emploi : le recensement et d’autres sources statistiques
Les recensements de la population (ceux de mars 1990 et de mars 1999 pour la présente étude) constituent la seule source exhaustive concernant
l’emploi. A partir de ceux-ci, sont constituées des bases d’emplois (ramenées au 31/12/1989 et au 31/12/1998) par zone géographique et par secteur
d’activité. L’emploi est comptabilisé au lieu de travail.
Ces bases servent de point de départ aux estimations annuelles d’emploi au cours des périodes intercensitaires. On calcule des indices d’évolution qui
sont appliqués la première année aux données du recensement, puis chaque année aux estimations annuelles de l’année précédente.
Les indices d’évolution sont établis à partir de différentes sources statistiques.
- Pour les salariés : la principale source d’information annuelle dont dispose l’INSEE pour le secteur privé est le fichier des ASSEDIC. Il couvre tous les
établissements du secteur privé à caractère industriel et commercial.
Des données complémentaires sont utilisées pour couvrir les secteurs ou des catégories d’actifs qui ne figurent pas dans les statistiques des ASSEDIC:
les grandes entreprises nationales (EDF-GDF, La Poste, France Télécom, la SNCF etc…) , les administrations d’État, les Collectivités Territoriales,
communiquent chaque année à l’INSEE leurs effectifs salariés. Les effectifs de l’agriculture sont fournis par la Mutualité Sociale Agricole.
- Pour les non salariés, les données proviennent des différents organismes assurant leur couverture sociale. L’ACOSS (Agence Centrale des
Organismes de Sécurité Sociale) fournit des statistiques globales qui sont ensuite réparties entre l’industrie, la construction et le tertiaire grâce aux
statistiques régionales de la CANCAVA (Caisse Autonome Nationale de Compensation de l’Assurance Vieillesse Artisanale) et de la CANAM (Caisse
Nationale d’Assurance Maladie des professions indépendantes).
Les effectifs non salariés de l’agriculture sont estimés à partir de statistiques fournies par l’AMEXA (Assurance Maladie des Exploitants Agricoles) et les
PFA (Prestations Familiales Agricoles).
© INSEE Bourgogne - 2004 - L’emploi de 1989 à 2002 en Bourgogne 3INSEE BOURGOGNE N°112-Septembre2004-2,20euros
l’agriculture et l’industrie, sous-repré- Croissance de l'emploi plus forte en Côte-d'Or et dans l'Yonne
sentés dans les services. En 2002,
Évolution de l'emploi total par département (base 100 en 1989) pèse pour près de 6 %
dans l’emploi (contre 4 % au niveau na-
115
tional) l’industrie pour 20 % (contre
17 % ) et les services pour 54 %
Côte-d’Or60 %). La construction comme le com-
110
merce ont la même place relative au
Yonne
sein de l’emploi bourguignon et de l’em-
Bourgogne
ploi national respectivement 6 % et
105
Nièvre14 % des emplois.
Saône-et-Loire
100Moindre croissance en
Saône-et-Loire et dans
la Nièvre 95
C’est en Côte-d’Or que l’évolution
de l’emploi est la plus favorable avec 90
*une progression de 10 % en treize ans, 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002
suivi de l’Yonne (+ 9 %). La progression
* Données provisoires en 2002.
de l’emploi est plus faible dans la Nièvre
Source : INSEE - Estimations d'emploi.et en Saône-et-Loire (respectivement
+ 3 % et + 2 %).
La croissance des services est ma-
nifeste dans tous les départements. réparation automobile. de ses effectifs salariés et dans les
Elle est plus marquée dans l’Yonne L’emploi industriel a baissé partout équipements du foyer (- 38 %). A l’in-
(+ 29 % contre + 24 % pour l’ensemble mais il s’est davantage dégradé en verse, la Côte-d’Or bénéficie de la pré-
de la Bourgogne). Elle l’est moins en Saône-et-Loire et cette dégradation sence des secteurs industriels les plus
Côte-d’Or (+ 21 %) mais génère davan- pèse lourd dans ce département où résistants (équipements mécaniques,
tage d’emplois car ici les services repré- l’industrie représente encore 23 % de électriques-électroniques et pharmacie-
sentent 58 % de l’emploi (contre 54 % l’emploi total (contre 20 % pour parfumerie-entretien).
pour l’ensemble de la Bourgogne). l’ensemble de la Bourgogne). Dans ce
Stéphane Adrover.
C’est aussi dans l’Yonne que l’em- département, presque tous les secteurs
ploi dans le commerce progresse le industriels perdent des emplois. La
plus alors qu’il diminue dans la Nièvre. baisse est marquée dans les biens de
Toutes les composantes du commerce consommation et notamment dans
progresse dans l’Yonne : détail, gros ou l’habillement-cuir, qui perd plus des 3/4
INSEE - BOURGOGNE
POUR EN SAVOIR PLUS 2, rue Hoche - BP 1509
21035 Dijon Cedex
- L’emploi de 1989 à 2002 en Bourgogne, en Côte-d’Or, dans la Nièvre, en
Tél : 03 80 40 67 67
Saône-et-Loire, dans l’Yonne - INSEE Bourgogne Résultats statistiques - n° 51 à
Fax : 03 80 40 68 00
55 - septembre 2004.
Directrice de la publication : Véronique Moyne
- L’emploi départemental et sectoriel de 1989 à 2002 - INSEE Résultats société - Chef du Service Études et Diffusion :
n° 31 - Cédérom inclus - juillet 2004 Christian Bonsacquet
Rédactrice en chef : Christine Ricci- Emploi : Stabilité de l’emploi salarié - L’année 2003 en Bourgogne - INSEE
Maquette PAO : Patricia LallemandBourgogne Dimensions Dossier - n° 37 - juin 2004.
Abonnement :
Sur Internet : 8 numéros par an + Bilan économique
et social annuel : 22 euros abonnement France- Estimations d’emploi salarié et non salarié par région et zone d’emploi -
27 euros abonnement étrangerwww.insee.fr - Rubrique La France en faits et chiffres - Travail-emploi.
2,20 euros le numéro- d’emploi salarié et non salarié en Bourgogne par département
Impression : AZ Média - Chenôve
et secteur d’activité - www.insee.fr/bourgogne - Rubrique La région en faits et
Dépôt légal : à parution
chiffres - Travail-emploi.
ISSN 1246-483 X
Code Sage D0411216
Les INSEE Première, les INSEE Bourgogne Dimensions et les notes de
 INSEE 2004
conjoncture figurent dès parution sur le site internet de l’INSEE : www.insee.fr.
© INSEE Bourgogne - 2004 - L’emploi de 1989 à 2002 en Bourgogne 4

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