L'industrie en Haute-Normandie : Un secteur clé de l'économie régionale

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De par son poids dans l'économie et son ancrage historique, l'industrie est une composante essentielle de l'activité en Haute-Normandie. Elle entre pour plus de 30% dans la composition de la valeur ajoutée régionale et constitue l'essentiel des échanges régionaux de biens avec l'étranger. Du point de vue de l'emploi, la région regroupe 3,7% des effectifs industriels nationaux et se place ainsi en 4e position des régions industrielles françaises. L'activité industrielle haut-normande est nettement plus représentée qu'en France : elle occupe près de 152 000 salariés (soit un sur quatre contre moins d'un salarié sur cinq en france).
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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L’INDUSTRIE EN HAUTE-NORMANDIENOUS AVONS LU POUR VOUSNOUS A
Un secteur-clé
RTT : 300 000 CRÉATIONS D’EMPLOIS
La réduction du temps de travail s’est effectuée au de l’économie régionale
travers de dispositifs mis en place par trois lois succes-
sives : loi “Robien” et “Aubry 1" (dispositifs plutôt incita-
tifs) et la loi ”Aubry 2". Christian CAMESELLA
Fin décembre 2001, 8,8 millions de salariés sont
concernés par la réduction du temps de travail, soit
56% des salariés du secteur marchand.
En matière de création d’emplois, les dispositifs que ces effectifs sont comptabilisés dans
“Robien” et “Aubry 1" ont eu un effet direct estimé à De par son poids dans
le secteur tertiaire quelle que soit l’activité160 000 emplois, soit 6% à 7% d’emplois
supplémentaires. l’économie et son ancrage exercée.
Dans les entreprises qui n’ont pas bénéficié des
historique, l’industrie est uneaides incitatives (loi “Aubry 2" de janvier 2000), 150 000
emplois ont été créés. ÉVOLUTION DE L’EMPLOI SALARIÉ INDUSTRIELcomposante essentielle deAu total, ce sont 300 000 emplois nets créés dans le
secteur concurrentiel non agricole sur cinq ans, soit 101l’activité en Haute-Normandie.
18% des emplois créés de 1997 à 2001.
100La société française : données sociales 2002-2003 / Elle entre pour plus de 30% Emploi industriel nationalINSEE. - Paris : INSEE, 2002. - 654 p. : cartes , graph. ,
tabl. ; 26 cm 99dans la composition de la valeur
ajoutée régionale et constitue 98BAISSE D’ACTIVITÉ
Emploi industriel régionalDANS LE LOGEMENT COLLECTIF l’essentiel des échanges
97
Au 1er semestre 2002, on compte 3 291 logements
régionaux de biens aveccommencés, soit une progression des mises en chan-
96tier de 3% par rapport au 1er semestre 2001. En
l’étranger . Du point de vue deHaute-Normandie, cette reprise se traduit essentielle-
95ment dans le secteur du logement collectif qui pro-
l’emploi, la région regroupe 1995 1996 1997 1998 1999 2000gresse de 30%.
L’augmentation est beaucoup plus forte en 3,7% des effectifs industriels Source : INSEE - Unité : base 100 en 1995Seine-Maritime (+39%) que dans l’Eure (+10%).
Estimations d’emploi au 31 décembreLe secteur du logement individuel baisse dans les nationaux et se place ainsi en
deux départements de 6%.
Les autorisations de construire sont en baisse de 4e position des régions UNE ACTIVITÉ DIVERSIFIÉE TOURNÉE6% également par rapport au 1er semestre 2001. La
baisse touche de la même façon les deux départe- industrielles françaises. VERS LA PRODUCTION DE BIENS
ments (-5% dans l’Eure et -6% en Seine-Maritime).
INTERMÉDIAIRES ET D’ÉQUIPEMENTContrairement à ce qui se passe pour les logements L’activité industrielle
commencés, c’est le secteur collectif qui connaît la plus
grosse baisse d’activité (-10%) et ce, de façon similaire haut-normande est nettement
Les secteurs les plus importants sontdans les deux départements.
plus représentée qu’en France :Le logement en Haute-Normandie / Direction régionale la chimie (premier pourvoyeur d’emplois
de l’équipement de Haute-Normandie. - In : les don-
industriels), l’énergie, la pharmacie, l’au-elle occupe près de 152 000nées. - (2002, 1er semestre) ; 42 p.
tomobile, l’électricité et l’électronique,salariés (soit un sur quatre
COMPTES RÉGIONAUX : LES APUL l’aéronautique et le spatial ainsi que
contre moins d’un salarié surHAUT-NORMANDES SOUS LES MOYENNES l’agro-alimentaire.
NATIONALES cinq en France). La Haute-Normandie est la première
Le poids des administrations publiques locales
(APUL) dans les économies régionales se définit par le région française pour le raffinage de pé-
montant de leurs recettes (impôts directs et indirects, trole. Elle comporte trois grandes raffine-
dotations de l’Etat, revenus domaniaux) et de leurs dé-
ries qui traitent le tiers du pétrole brutpenses (frais de fonctionnement, investissements, epuis un quart de siècle, la ten-
intérêts). Ddance tant en France qu’en importé en France. De même, la produc-
En 1999, les APUL haut-normandes ont dépensé
Haute-Normandie est à une croissance tion électrique, notamment grâce aux2 112 euros par habitant et les recettes ont été de
2 225 euros par habitant. Ces montants se situent un des emplois tertiaires et à la baisse de deux centrales nucléaires de Paluel et de
peu en dessous des moyennes nationales (2 224 euros
Penly, contribue à faire de la région unl’emploi industriel. Ce mouvement sur l’in-pour les dépenses et 2 295 euros pour les recettes).
Des disparités entre régions existent. Ainsi, les re- des grands fournisseurs françaisdustrie s’est certes ralenti avec l’améliora-
cettes et les dépenses des administrations publiques
tion de la conjoncture entre 1997 et 2000 d’énergie (11% de la production natio-locales sont plus élevées en Corse, dans le sud-est et
en Ile-de-France. A l’inverse, ces montants sont beau- mais globalement, l’évolution de l’emploi nale). Les grands noms du secteur de la
coup plus faibles dans le quart nord-est du pays, en Pi-
industriel est plus défavorable dans la chimie et de la pharmacie (Atofina, Bayercardie, en Pays de la Loire et en Bretagne. Ces diffé-
rences s’expliquent en partie par la présence et le Elastomères, Chevron Oronite, Elf Antar,région que dans l’ensemble du pays. Cette
poids des communes de plus de 10 000 habitants.
Exxonmobil, Lubrizol, Rhône-Poulenc,mutation de l’économie se traduit par uneAinsi, les recettes et les dépenses des APUL sont plus
élevées dans les régions fortement urbanisées ou dans tertiarisation croissante de l’activité : servi- Millenium Inorganics Chemicals...) sont
les régions les plus touristiques.
ces et commerce concernent aujourd’hui implantés dans la basse vallée de Seine ;
Les comptes régionalisés des administrations publi-
ques locales en 1999 / Ostric P. - In : INSEE première. - près de sept emplois sur dix. Il est vrai que beaucoup de ces établissements sont
N° 871 (2002, nov.) ; 4 p. très liés aux quatre raffineries. Le secteurle recours à l’intérim est important dans la
Florence PIMENTA automobile est également bien représen-région (notamment dans le secondaire) et
4 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 20 - Décembre 2002
ECONOMIEté avec Renault et ses quatre grands éta- L’EMPLOI SALARIÉ INDUSTRIEL EN 2000
blissements implantés à Sandouville, Haute-Normandie France
Cléon, Grand-Couronne et Dieppe. Le Nombre % Nombre %
Industries agricoles et alimentaires 15 311 10,1 572 587 13,8constructeur français attire à sa suite un
Habillement, cuir 2 261 1,5 134 191 3,2
tissu important d’équipementiers et de Édition, imprimerie, reproduction 5 769 3,8 218 094 5,2
Pharmacie, parfumerie, entretien 8 790 5,8 142 321 3,4
PME sous-traitantes. Avec de grands
Équipement du foyer 4 220 2,8 220 627 5,3
groupes tels que Snecma Moteurs à Industrie automobile 16 301 10,7 293 901 7,1
Construction navale, aéronautique et ferroviaire 3 722 2,5 144 653 3,5Vernon, Hispano-Suiza Aérostructures à
Équipements mécaniques 16 333 10,8 445 897 10,7
Gonfreville-l’Orcher, TRW systèmes aé- Équipements électiques et électroniques 6 552 4,3 247 440 6,0
Produits minéraux 6 794 4,5 171 348 4,1ronautiques à Saint-Marcel, Connec-
Textile 2 016 1,3 117 957 2,8
teurs électriques Deutsch à Evreux, Bois et papier 6 316 4,2 183 288 4,4
EADS Révima à Caudebec-en-Caux et Chimie, caoutchouc, plastiques 21 692 14,3 353 280 8,5
Métallurgie, transformation des métaux 14 516 9,6 459 756 11,1
Matra Systèmes et Information à Composants électriques et électroniques 10 060 6,6 203 309 4,9
Combustibles, carburants 3 743 2,5 33 907 0,8Val-de-Reuil, l’activité aéronautique et
Eau, gaz, électricité 7 446 4,9 211 664 5,1
spatiale est également importante. Elle Ensemble 151 842 100,0 4 154 220 100,0
s’est organisée récemment en filière Source : INSEE - Estimations d’emploi au 1er janvier 2001
dont l’objectif principal est de se regrou-
per sur des sujets de recherche com-
muns mais aussi de renforcer les
sous-traitants, notamment en les aidant
à se former aux spécificités de leurs mé-
tiers sur des technologies de plus en plus
sophistiquées.
Les activités très liées aux grandes
plate-formes industrielles, telles que la
maintenance et les installations électri-
ques, les constructions électriques et élec-
troniques (Schneider Electric Industries
SA, Legrand) sont aussi fortement implan-
tées dans le système productif haut-nor-
mand. Outre ces filières d’excellence,
d’autres secteurs sont bien représentés
comme la plasturgie (Valois SA au Neu-
bourg, Plastic Omnium à
Saint-Romain-de-Colbosc, Tramico à
Brionne), l’industrie papetière (Chapelle
Darblay à Grand-Couronne, M-Real à
Alizay) ou l’industrie verrière (Saint Gobain
Desjonquères au Tréport, Verreries Pochet
du Courval à Hodeng-au-Bosc).
UNE INDUSTRIE DÉPENDANTE
DES GRANDS GROUPES
L’industrie régionale se caractérise
par la présence des grands établisse-
ments : près de 30% des effectifs se trou-
vent dans les 41 unités de plus de 500
salariés (contre 26% en France).
La présence de ces grandes unités
de production s’accompagne d’une forte
dépendance de l’extérieur, nettement su-
périeure à celles d’autres régions indus-
trielles telles que la Picardie ou l’Alsace.
La moitié des effectifs salariés des éta-
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 20 - Décembre 2002 5L’EMPLOI SALARIÉ INDUSTRIEL PAR GRAND SECTEUR D’ACTIVITÉ
Taux d’encadrement Taux de qualification Part des moins de 30 ans Part des 45 ans et plus Part des 50 ans et plus
France France France France France
Secteur d’activité Haute- (hors Haute- (hors Haute- (hors Haute- (hors Haute- (hors
(NES 16) Normandie Ile-de-France) Normandie Ile-de-France) Normandie Ile-de-France) Normandie Ile-de-France) Normandie Ile-de-France)
Industries agricoles et alimentaires 5,2 6,1 53,7 57,3 30,2 28,3 27,0 27,1 15,0 14,8
Industrie des biens de consommation 9,8 9,6 63,1 57,5 19,9 19,4 32,2 33,7 17,2 18,0
Industrie automobile 4,2 6,4 60,6 75,2 10,8 17,6 58,0 41,2 31,7 22,8
Industrie des biens d’équipement 12,4 13,9 80,7 74,5 16,4 19,7 37,9 35,0 20,2 19,6
Industrie des biens intermédiaires 7,5 8,2 63,8 62,0 17,5 19,7 37,0 35,3 20,7 20,0
Énergie 12,8 10,8 84,1 84,5 12,4 11,6 39,7 38,1 20,7 18,9
Ensemble 8,5 9,2 65,4 64,1 17,7 20,3 38,0 34,3 20,8 19,0
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unité : %
blissements haut-normands dépendent trouvent dans le secteur des biens haut-normande (12% chez les cadres).
d’entreprises ayant leur siège social en d’équipement, notamment dans les bran- Par ailleurs, les plus de 45 ans totalisent
dehors de la région. De ce fait, elle ches qui concernent l’informatique et les 38% des salariés de l’industrie haut-nor-
connaît une forte pénétration des grou- NTIC. C’est le cas, par exemple, de la mande. Leur part n’est que de 34% dans
pes en raison, notamment, de la vague construction aéronautique ou de la fabri- les professions intermédiaires mais
de décentralisation industrielle de cation de matériel informatique qui ont s’élève à 42% chez les cadres. Ils sont
l’après-guerre et de sa situation géogra- des taux d’encadrement supérieurs à particulièrement nombreux dans l’in-
phique (proche de l’Ile-de-France) offrant 20%. Mais les secteurs où les taux d’en- dustrie automobile (58%) et arrivent
des débouchés maritimes grâce à la cadrement de l’industrie régionale dé- même à représenter deux tiers des ou-
Seine. passent significativement les taux vriers non qualifiés du secteur.
nationaux restent des exceptions. La L’industrie haut-normande est moins
main-d’oeuvre ouvrière est, quant à elle, féminisée qu’en France. L’industrie
DES TAUX D’ENCADREMENT globalement plus qualifiée en lourde, largement présente dans la
ASSEZ FAIBLES Haute-Normandie. Cette supériorité région, occupe essentiellement une
n’est cependant pas uniforme. Elle existe main-d’œuvre masculine. Mis à part les
L’industrie haut-normande emploie, dans les biens d’équipement, les biens employés où les femmes sont nettement
dans la plupart des secteurs, une intermédiaires et les biens de consom- majoritaires, la sous-représentation fémi-
main-d’œuvre moins qualifiée qu’au mation ou le raffinage mais pas dans les nine croît avec la qualification. Les
niveau national. Les cadres sont plus IAA ni dans l’automobile. femmes représentent en effet 40% des
rares et les ouvriers plus nombreux. La ouvriers non qualifiés ; leur part chute à
distribution des taux d’encadrement varie moins de 20% pour les autres catégories
beaucoup avec le secteur d’activité. UNE MAIN-D’ŒUVRE VIEILLISANTE socio-professionnelles (seulement 13%
Ainsi, par exemple, on compte un cadre ET PEU FÉMINISÉE pour les cadres). Néanmoins, la part des
sur huit salariés dans l’énergie et un sur femmes dans l’industrie a tendance à
vingt dans les IAA et l’automobile. Les Les moins de 30 ans ne représentent progresser au cours du temps
taux d’encadrement les plus élevés se que 18% des salariés de l’industrie
Pour en savoir plus
www.industrie-hn.org
6 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 20 - Décembre 2002

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