L'innovation des entreprises en Picardie

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Les investissements des entreprises dans la recherche et développement semblent s'être bien tenus en 2004. Les recrutements de cadres dans la R&D continuent leur progression et la demande des entreprises est restée forte auprès des acteurs régionaux spécialisés dans l'accompagnement du développement technologique. Par contre, la création d'entreprises de technologie reste en panne.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INDUSTRIE
Une conjoncture stimulée
par la demande intérieure
Un climat favorable à presque tous les secteurs
L’année 2004 a été marquée elon l’opinion des chefs d’entrepri- premiers trimestres et s’est accélérée en finSses et compte tenu de la structure d’année. La demande a été le moteur depar une amélioration
industrielle de la région, l’année 2004 a été cette croissance.de la conjoncture. Soutenue
marquée par une amélioration de lapar une demande intérieure
conjoncture par rapport à 2003. L’activitévigoureuse, l’activité Le bois, le papier et le textile
erdes entreprises a redémarré au 1 trimes-des entreprises a redémarré en sérieuse difficulté
tre de 2004 et est restée active tout le resteerau 1 trimestre de 2004
de l’année marquant, toutefois un temps Dans le secteur des biens intermédiai-et est restée dynamique toute
de pause au troisième trimestre. La de- res, l’activité a bien été orientée principale-
l’année, marquant toutefois
mande intérieure a été le moteur de cette ment en raison du bon comportement de la
eune pause au 3 trimestre. demande intérieure. Deux branches ontreprise d’activité. La demande étrangère
Tous les secteurs ont bénéficié era bien réagi au 1 semestre de 2004 mais accusé de forts replis de production. Dans
de ce climat plus favorable, eà partir du 2 trimestre celle-ci a été moins l’industrie du bois ou du papier, l’activité s’est
en particulier ceux des biens active. Les carnets de commandes se sont redressée au premier semestre, mais a re-
d’équipement et de l’automobile. étoffés au cours des trois premiers trimes- chuté au second. À l’opposé, l’activité dans
Malgré cette amélioration tres pour se stabiliser en fin d’année. Ce- l’industrie textile qui ne cessait de reculer
conjoncturelle, la majorité pendant, les entrepreneurs les jugent sur les six premiers mois de l’année, a re-
des entreprises a été confrontée encore insuffisamment remplis. Parallèle- pris au troisième trimestre et a fortement
ment, les stocks se sont allégés durant les augmenté au quatrième. Dans les autresà une érosion régulière
neufs premiers mois de l’année pour se branches, la situation conjoncturelle a étéde ses marges. Un suivi
plus favorable.reconstituer en fin d’année.rigoureux de leur trésorerie
Dans le secteur des biens de consom-a permis aux entreprises
ermation, l’activité a redémarré au 1 trimes-Bon résultats pour les biensdu secteur des biens
tre 2004 stimulée par une demande plusd’équipement d'équipement et l'automobile
e eforte. Elle a fléchi au 2 et 3 trimestre car laet de consommation
Tous les secteurs ont profité de ce cli- demande s’est essoufflée. De meilleurs ré-
de redresser leur situation
mat plus favorable, en particulier ceux des sultats ont été obtenus en fin d’année car la
financière en fin d’année 2004. demande intérieure a été nettement plus dy-biens d’équipement et de l’automobile. En Eu-
rope, la reprise entamée à la mi-2003 a mar- namique. Les branches de l’imprimerie,
qué également le pas au troisième trimestre presse, édition et les industries de l’équipe-
2004 sous l’effet d’un fléchissement des ex- ment du foyer ont éprouvé de sérieuses dif-
portations. La croissance y était fragile en ficultés en 2004. Pour les industries de
raison d’une demande intérieure encore fai- l’équipement du foyer, des replis d’activité
ble. Sur ce plan, la France fait exception avec ont été constatés sur les neuf premiers mois
une consommation des ménages vigou- de l’année. Dans les trois derniers mois, l’ac-
reuse. Son repli temporaire et des facteurs tivité a enfin redémarré. Pour l’imprimerie,
ponctuels ont accentué le ralentissement de presse, édition, ces reculs d’activité ont été
l’activité au troisième trimestre. enregistrés au premier semestre, l’activité
Dans les biens d’équipement, la pro- se redressant au second. Dans les autres
erduction qui s’était stabilisée au 1 trimestre branches, la situation conjoncturelle a été
a fortement augmenté les trimestres sui- mieux ressentie.
vants grâce à une demande de plus en plus
active. Toutes les branches ont bénéficié Amélioration dans les IAA (hors
d’un climat porteur. Cependant, dans l’in- viande et lait) en fin d’année
dustrie des équipements électriques et élec-
troniques, l’activité a faibli au dernier L’activité est demeurée ralentie dans
trimestre de 2004. Dans l’automobile, l’acti- les IAA en raison d’une demande atone et
de carnets de commandes insuffisammentvité a été plus soutenue au cours des trois
INSEE PICARDIE - Bilan économique et social 2004 21INDUSTRIE
remplis. Au dernier trimestre cependant la vité industrielle, en Picardie et pour l’en-
demande a été un peu plus active et les semble des régions, a ralenti au cours
carnets de commandes apparaissent un des trois derniers mois. La demande glo-
+ $ % . peu moins dégarnis. Dans la viande et le bale a nettement marqué le pas et les
- / ! 3 lait, après une mauvaise année 2003, l’ac- carnets de commandes déjà dégarnis # 3
tivité est restée molle durant les trois pre- sont encore moins remplis qu’au trimes-
miers trimestres de l’année 2004 et a tre précédent. Les stocks se sont alour-


rechuté en fin d’année. Dans les autres dis. Dans ce contexte, alimenté pour #
IAA, l’activité s’est stabilisée au premier partie par le niveau élevé du cours du
esemestre. Au 3 trimestre, elle a diminué pétrole, les industriels ne sont pas opti-

sensiblement. En fin d’année, une reprise mistes quant à l’évolution de leur acti-
d’activité s’est esquissée. vité au début de l’année 2005.

Un premier trimestre 2005

peu prometteur

C # C # C # C # C # Jean-Marie DUFOURSelon les chefs d’entreprise interrogés

à l’enquête trimestrielle d’avril 2005, l’acti- Insee
La situation financière des entreprises
Pour en savoir plus
n dépit de l’amélioration conjonctu- printemps 2004, avec un impact favorableE relle observée jusqu'à la rentrée de des mesures engagées dès le second se-
septembre 2004, la majorité des entrepri- mestre où les recours à de nouveaux fi-
ses a encore été confrontée à une érosion nancements à court terme enregistraient
régulière des marges, notamment dans les une diminution. Ainsi, les secteurs des
secteurs des biens d’équipement ainsi que biens d’équipement et de consommation
dans les industries agro-alimentaire et ont témoigné d’un redressement de leur
automobile. Face à un environnement con- trésorerie sur la fin de l’année 2004.
currentiel plus agressif que par le passé, Néanmoins, l’ensemble des entrepri-
* Enquête de tendance
les entrepreneurs n’ont pu que très par- ses a prioritairement orienté ses ressour-
Parution mensuelle
tiellement répercuter la hausse importante ces vers le désendettement et/ou
Enquête conduite en Picardie auprès des prix des matières premières (dérivés l’autofinancement, et non vers des pro-
d’entreprises de l’industrie, du bâtiment et
du pétrole et acier entre autres) sur les prix grammes d’investissement. Au total, les in-
des travaux publics, du commerce, des
de vente. Ainsi, en dépit d’efforts de pro- vestissements de l’année ont été contenus
services ductivité et d’extension du portefeuille com- aux nécessaires dépenses de renouvelle-
mercial, les résultats d’exploitation se sont ment, de mise en conformité et d’accrois-
*Enquête sur le comportement des entrepri-
inscrits en repli, alors que les besoins en sement de la productivité, les enveloppes
ses Industrielles
fonds de roulement avaient tendance à allouées aux accroissements de capacité
Parution annuelle s’alourdir sous l’effet d’un allongement des ayant été de faible ampleur.
Données chiffrées sur l’exercice 2004 et
délais clients.
estimations pour 2005
En réponse à cette tendance, un suivi
Sylvie CORNAGGIAtrès rigoureux des trésoreries a été mis en
www.banque-france.fr Banque de Franceplace par les responsables à partir du
INSEE PICARDIE - Bilan économique et social 200422
$ 3 F &$GINDUSTRIE
Délocalisations et désindustrialisation
u cours de l’année 2004, le phé-La diminution des barrières On assiste, par exemple, de la part desA nomène des délocalisations a été grands groupes internationaux à une mised’échanges, le progrès
largement médiatisé. La presse française en concurrence de leurs sites de produc-technologique, la fragmentation
a publié quelque 4 000 articles traitant des tions implantés dans les pays développés.des processus productifs,
délocalisations en 2004 contre 900 en En ce qui concerne les PME, dans de nom-le poids croissant de certains
2003 et 200 en 2000. Il est difficile de breux secteurs (textile, mécanique,grands pays émergents
mesurer l’ampleur des délocalisations au plasturgie…), celles qui réussissent à s’endans le commerce mondial
sens strict (cf. encadré) mais le faisceau sortir ont à la fois un site de productionet la stratégie d’expansion
d’indices disponibles tend à relativiser le dans un pays à bas coût pour la fabrica-
des entreprises multinationales
phénomène. Ainsi, rares sont les entre- tion de grandes séries à faible valeur ajou-
sont autant de facteurs prises qui ont eu recours à ce procédé tée, et une usine en France pour des
qui expliquent l’essor des flux en Picardie en 2004 et qui ont réellement produits complexes, à forte technicité et à
mondiaux de commerce supprimé une ligne de production sur un forte valeur ajoutée. Pour ces produits, les
et d’investissement. site picard pour la transférer en Europe clients et les donneurs d’ordres sont en
Parmi ces flux, de l’Est, en Amérique du Sud ou en Chine effet prêts à payer le prix de la qualité et
les délocalisations suscitent par exemple. Une enquête menée par la d’une main-d’œuvre qualifiée, et sont de-
une inquiétude particulière. Mission Interministérielle aux Mutations mandeurs d’un service personnalisé, ainsi
Économiques en octobre 2004 a permisSouvent les conséquences que d’une grande souplesse et d’une forte
de recenser 3 cas en Picardie pour un réactivité.négatives, notamment sur le plan
total national de 27. Certaines entreprises, situées sur dessocial, sont localisées et visibles,
niches, proposant des produits innovantstandis que les retombées
et une offre de service globale, continuentpositives sont plutôt diffuses Une concurrence très rude
de tirer leur épingle du jeu, mais beaucoupet peu visibles.
Le constat est beaucoup plus préoc- d’autres sont fragilisées et luttent pour leur
cupant en matière de désindustrialisation : survie. Bien souvent, la dernière marge de
nombreuses sont les entreprises qui se manœuvre, après avoir gagné au maxi-
voient contraintes de réduire leur activité, mum en productivité, consiste à nouer des
voire de fermer leurs portes, victimes de partenariats avec des entreprises des pays
la concurrence de sociétés implantées émergents. Elles peuvent être aussi obli-
dans les pays à bas coût de main- gées d'accompagner, dans ces pays, les
d’œuvre. donneurs d’ordres, eux-mêmes soumis à
une concurrence très rude. Enfin, se con-
/ % " 01 centrer sur leur cœur de métier peut éga-
9# 3 F ?*?G lement permettre aux entreprises
d'accélérer leur développement.
8
8
Des gains de productivité
8
dans l'industrie
De nombreux éléments viennent ce-
pendant nuancer ce constat. À partir d’un
certain niveau de développement, la réduc-
?
tion du poids de l’industrie dans la richesse?
nationale est une tendance lourde, qui s’ex-*
* plique à la fois par des gains de producti-
) vité, par l’externalisation de certains
) services aux entreprises et par l’évolution ?*? ?? ?? ?? ?? ?? ?? ??( ??) ??* ???
de la structure de la consommation davan-

INSEE PICARDIE - Bilan économique et social 2004 23








INDUSTRIE
entendu la principale motivation des
entreprises qui délocalisent. La parité
euro/dollar pénalise les exportations euro-
péennes vers les pays de la zone dollar
(États-Unis et Asie). La flambée des cours 00/ ) & 0
du pétrole et des matières premières oblige9# F # G # C ??
les entreprises à rogner sur leurs marges.
Toutes ces raisons poussent les entrepri-
&2
ses, pour rester compétitives, à avoir re-
cours à des fournisseurs situés dans les
pays émergents. D’autres arguments,
comme la politique sociale, la réglemen-
tation en matière d’environnement, la fis-
calité, les aides d’État, mais aussi
l’accompagnement à l’étranger par les?
? sous-traitants de leurs donneurs d’ordre, ?? ?? ?? ?? ?? ?? ??( ??) ??* ???
sont souvent avancés par les industriels

pour motiver le transfert de leurs activités,
voire leur implantation à l’étranger.
La principale question soulevée par les
industriels est le biais introduit dans la
compétition économique du fait de règles
tage orientée vers les services aux per- institutionnelles différentes suivant les
sonnes. pays, y compris au niveau européen. A
La France a surtout été le lieu, ces contrario, il ne faut pas oublier que cer-
dernières décennies et particulièrement tains de ces aspects, perçus comme des
dans les années 1980, d’une très forte aug- contraintes par les chefs d’entreprises, sont
mentation de la productivité, bien plus éle- autant de facteurs de compétitivité et
De quoi parle-t-on ? vée que dans les services. Le progrès d’attractivité du territoire : par exemple la
technologique est ainsi la cause de pertes qualité de vie liée à la protection de l’envi-Avant tout, il convient de préciser ce qu’on
d’emplois industriels sans doute bien su- ronnement, au droit social, au droit du tra-entend par le concept de délocalisation. Ce terme
périeures aux délocalisations, même s’il vail, les bénéfices de la démocratieregroupe deux phénomènes principaux.
Premièrement la délocalisation au sens strict, procure parallèlement une capacité cer- participative, etc.
qui consiste à transférer, par un investissement taine de résistance à la concurrence mon-
direct à l’étranger, une partie ou l’intégralité d’une diale. En France, la baisse de l’emploi Une compétition qui s’accélère,
production réalisée en France pour approvision- industriel a été de 34 % entre 1980 et 2003, une compétitivité qui augmentener le marché français. mais la valeur ajoutée dégagée par l’indus-
Deuxièmement la désindustrialisation, qui trie reste en forte progression. En Picar- Il apparaît inévitable que de nombreux
s’exprime par le recours à la sous-traitance in- die, la baisse de l’emploi industriel a été secteurs d’activité industrielle en France
ternationale ou par l’implantation des activités de de 22 % de 1989 à 2004 et la progression voient leur activité fortement se réduire,
production hors de France. de la valeur ajoutée de l’industrie a été de voire disparaître dans les années à venir.
Les délocalisations prennent pour l’essentiel
11 % de 1990 à 2002. En volume, on ob- C’est le cas dès 2005 au niveau du textile.
la forme d’un déplacement d’activités intensives
serve une stagnation de la valeur ajoutée Les entreprises picardes qui ont résisté à
en main-d’œuvre vers des pays émergents à bas
industrielle. la crise des dix dernières années sont très
coûts. En pratique, il est extrêmement difficile de
Par ailleurs, les échanges profitent fortement impactées par la suppressionfaire la part des différents phénomènes, car les
aussi aux pays importateurs : les consom- des quotas sur les importations en prove-entreprises combinent dans le temps les diffé-
mateurs bénéficient en effet de prix plus nance de Chine depuis janvier 2005.rentes stratégies.
bas et l’emploi global n’est pas affecté si Certains autres secteurs de l’industrie
chaque pays s’adapte en se spécialisant, soulèvent également des inquiétudes, no-
dans les productions pour lesquelles l’in- tamment pour la production en grande sé-
dustrie nationale possède des avantages rie. Les Chinois, en particulier, sont de plus
comparatifs. en plus compétents, autant que les sala-
riés picards. Leurs produits gagnent cons-
tamment en technicité et en qualité. LesPourquoi se délocaliser ?
machines (pour l’industrie textile, pour le
On peut trouver diverses causes de travail des métaux par exemple) sont dé-
fond au phénomène de délocalisation. La sormais identiques à celles utilisées en
recherche de la baisse des coûts de pro- Europe ou aux États-Unis, mais avec des
duction – et notamment la recherche de coûts de main-d’œuvre en moyenne 10 fois
coûts salariaux plus bas – constitue bien inférieurs.
INSEE PICARDIE - Bilan économique et social 200424








INDUSTRIE
Le phénomène de délocalisation s’est de pôles de compétitivité, la spécialisation
Pour en savoir plus accentué en 2004 et risque de s’accélérer sur des secteurs de haute technologie, la
encore dans les années à venir. Néan- constitution de réseaux d’entreprises au
www.picardie.drire.gouv.fr
moins, à moyenne échéance, la course rayonnement international sont autant
effrénée à la baisse des coûts devrait trou- d’axes de travail qui devraient contribuer
à freiner le phénomène des délo-ver une fin d’elle-même, du fait notamment
de la hausse du niveau de vie dans les calisations.
pays émergents, de la meilleure prise en
compte de la demande sociétale et
environnementale (selon les principes du
Laurence CHEYROUdéveloppement durable), ou des tensions
David SENETsur le cours des matières premières. La
DRIREpromotion de l’innovation, la mise en place
Extrait de "Délocalisation et réductions d'effectifs dans l'industrie française"
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Dans ce rapport, l’évaluation des délocalisations se fait au niveau micro-économique par les importations industrielles. La délocalisation corres-
pond à la substitution de production étrangère à une production française, résultant de l’arbitrage d’un producteur qui renonce à produire en France
pour produire ou sous-traiter à l’étranger. « L’emploi délocalisé » correspond au nombre d’emplois détruits suite à une délocalisation sur une période
donnée, non au total de tous les emplois détruits dans le passé.
La présomption de délocalisation correspond à la satisfaction concomitante de deux conditions :
Condition 1 : un groupe ou une entreprise indépendante réduit fortement les effectifs employés dans l’un de ses établissements industriels au
cours d’une période de temps. Cette réduction d’effectifs correspond soit à une forte réduction du volume de travail (au moins 25% du volume initial),
soit à la fermeture de l’établissement.
Condition 2 : dans le même temps, ce groupe augmente ses importations, en provenance d’un pays étranger donné, du même type de bien qui
était auparavant produit en France. Le montant de cette augmentation d’importation représente au moins une certaine fraction de la production
française supprimée. Cette fraction dépend du pays d’origine : elle vaut 100% ou moins, selon que les coûts salariaux dans les pays sont compara-
bles ou inférieurs à ceux de la France.
INSEE PICARDIE - Bilan économique et social 2004 25INDUSTRIE
L’innovation des entreprises en Picardie
Les investissements e recrutement de cadres dans la En 2004, le recrutement de cadres enL R&D continue sa progression con- Picardie a représenté 2,1 % du total natio-des entreprises
solidant ainsi les capacités régionales à nal, ce qui est encore insuffisant pour com-dans la recherche
créer de la valeur ajoutée. bler le retard en encadrement de l’industrieet développement semblent
En 2004, toutes fonctions confondues, picarde.s’être bien tenus
le nombre de recrutements de cadres en Pour ce qui concerne le recrutementen 2004. Les recrutements
France est resté stable par rapport à 2003. de cadres dans la recherche et dévelop-de cadres dans la R&D
La chute enregistrée depuis 2001 est donc pement, l’année 2004 enregistre au plancontinuent leur progression
stoppée. national un fort accroissement de 57 %
et la demande des entreprises
Pour la Picardie, toutes fonctions con- par rapport à 2003, essentiellement sous
est restée forte auprès
fondues, une légère baisse de 5 % est la poussée des recrutements de R&D
des acteurs régionaux enregistrée entre 2003 et 2004. Contrai- dans les services aux entreprises et l’in-
spécialisés dans rement à la tendance nationale, le recru- formatique. Les recrutements ont été éga-
l’accompagnement tement de cadres en Picardie a toujours lement plus nombreux dans la R&D en
du développement été maintenu à la hausse depuis 1999. industrie sans toutefois rejoindre les vo-
technologique. Par contre, lumes de recrutement du début des an-
la création d’entreprises nées 2000.
de technologie reste en panne. Dans ce contexte, la Picardie conti-
nue de se comporter de façon plus dyna-
mique que les moyennes nationales.
Les recrutements dans la R&D ont
doublé en 2004 par rapport à 2003. La
Picardie a représenté plus de 5 % des re-Doublement du nombre de recrutements de cadres dans la R&D en 1 an
crutements de cadres de R&D en France
Évolution du nombre de recrutements de l’ensemble des cadres
et le poids de la région ne cesse d’aug-et de cadres dans la R&D en Picardie
menter depuis 2000. Cette évolution re-1999 2000 2001 2002 2003 2004
marquable indique que les capacités
Toutes fonctions
d’innovation dans la région se renforcent.
Nombre de recrutements 2 380 2 580 2 900 3 210 3 240 3 090 L’initialisation du cercle vertueux « recru-
Part Picardie/France en % 1,4 1,4 1,5 2,0 2,3 2,1 tement de R&D - innovation - création de
Fonction de R&D valeur ajoutée - création de richesse »
Nombre de recrutements 360 410 435 417 320 620 semble amorcée. Une vérification devra
être conduite en particulier pour tenirPart Picardie/France en % NC 1,5 1,6 3,0 4,4 5,5
compte de l’impact de la relocalisation de
Source : APEC – Perspectives de l’emploi cadre
sièges sociaux d’entreprises en région
Picardie (Valéo).
La création d’entreprisesForte augmentation des créations d'entreprises dans les IAA en 1 an
à technologie innovanteÉvolution du nombre de créations d’entreprises
est faibleÉvolution
1999 2000 2001 2002 2003 2004 2004/2003 en %
L’amélioration ressentie dans la créa-IAA 149 119 149 146 123 166 34,9
tion d’entreprises en 2003 s’est confirméeIndustrie
301 297 240 207 230 268 16,5(hors IAA) en 2004 mais le renouvellement du tissu
Services aux industriel reste insuffisant. La création
871 864 931 681 760 867 14,1entreprises d’entreprises de technologie est en
Source : Insee – Sirene données CVS panne.
INSEE PICARDIE - Bilan économique et social 200426INDUSTRIE
Au plan national, l’année 2004 a vu Les investissements
la création d’entreprises évoluer de façon des entreprisesPrès de 200 projets ont bénéficié d'une
très favorable et comparable à 2003 soit
contribution publique de 11 millions d'euros et les financements publics
+ 12 % entre 2003 et 2004. Pour les IAA,
pour la R&DRépartition des financements publics la hausse est de 14 % ; pour le secteur
(hors Crédit d’Impôt Recherche) des services aux entreprises, elle est de La demande des entreprises auprès
selon leur destination 13 % ; par contre, pour l’industrie hors des acteurs régionaux du développement
2004 IAA, elle n’est que de 6 %. technologique et de l’innovation est restée
Financement des projets d’innovation Pour la Picardie, la hausse pour la soutenue en 2004.
Nombre 98 création d’entreprises entre 2002 et 2003 Ainsi, un peu plus de 1 000 entrepri-
Montant en M€ 5,9 n’est que de 9 %. L’évolution entre 2003 ses ont été rencontrées dans le cadre du
et 2004 est meilleure en Picardie que sur Réseau de Développement TechnologiqueFinancement des recrutements
de R&D le plan national. On remarque en particu- en 2004, niveau comparable à celui de
lier la forte augmentation des créations 2003.Nombre 32
dans les secteurs des industries Le nombre d’entreprises concernéesMontant en M€ 0,6
agroalimentaires. par la dynamique de l’innovation continueFinancement des investissements
Toutefois, force est de constater que de croître puisque 300 d’entre elles ont étématériels
la région picarde présente un profil peu rencontrées pour la première fois en 2004.Nombre 61
dynamique dans la création d’entreprises En 2004, la contribution du finance-
Montant en M€ 4,4
innovantes au plan technologique. ment public aux investissements d’innova-
Financement total
Le nombre de candidats et de lau- tion hors Crédit Impôt Recherche s’est
Nombre 191 réats sont tendanciellement à la baisse montée à 11 M€ pour près de 200 pro-
Montant en M€ 10,9 ainsi que le poids de la Picardie au plan jets.
Source : Réseau de Développement national.
Technologique de Picardie, rapport d’activité 2004 Jacques PERES
Anvar Picardie
Baisse des candidats au concours de la création d'entreprise innovante en 2005
Évolution du nombre de candidats au Concours national de création
d’entreprises de technologies innovantes et typologie des projets
1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005
Nombre de candidats 26483838233420
Part de la Picardie/France en % 1,4 2,7 2,6 2,6 1,6 2,4 1,8
Part des projets
61 77 62 76 82 79 80d’origine picarde en %
Part des projets
27 25 24 31 33 35 25dans l’industrie en %
Part des projets dans les
23 33 26 26 43 29 30services aux entreprises en %
Nombre de lauréats 48 85423
Part de la Picardie/France en % 1,6 2,7 3,4 2,2 2,1 1,1 2,0
Nombre d’entreprises créées 26 48312
Source : Anvar Picardie 2004
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pour en savoir plus

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INSEE PICARDIE - Bilan économique et social 2004 27


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