L'investissement direct et les entreprises françaises

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Depuis le milieu des années 80, l'investissement direct de la France s'est fortement accru. Selon l'OCDE, la France occupait, en 1997, le quatrième rang des pays d'accueil et le cinquième rang des pays investisseurs. Globalement, la France a rattrapé son retard, à partir de la seconde moitié des années 80, pour se situer, aujourd'hui, en tête des pays les plus dynamiques en termes d'investissement direct. Comme les autres pays développés, elle investit principalement dans la zone OCDE même si, depuis le début de la décennie, la part à destination de l'Asie et de l'Amérique latine progresse nettement. L'investissement direct étranger en France provient essentiellement des pays développés. Il concerne pour l'essentiel les secteurs industriels à forte valeur ajoutée tels que l'électronique et la parachimie. Le tertiaire marchand et notamment les services occupe une place centrale dans l'investissement direct français avec plus des deux tiers du stock d'investissement. De même, la France investit fortement dans ces secteurs à l'étranger, surtout dans le domaine des services aux entreprises. Au niveau microéconomique, les entreprises françaises internationales - entreprises françaises contrôlées par un investisseur étranger ou entreprise françaises contrôlant au moins une filiale à l'étranger - sont singulières. Elles ont recours à une main-d'oeuvre plus qualifiée, plus productive et mieux payée. Par rapport à leurs concurrentes nationales, leurs marges sont supérieures dans tous les secteurs et dans l'industrie elles réalisent aussi des profits plus importants. Elles sont également plus dynamiques à l'exportation. Cependant, elles sont plus endettées et doivent provisionner davantage pour faire face aux risques qu'elles encourent. En général, elles ne sont pas plus rentables. Lorsqu'on tient compte, en plus de la taille et du secteur d'activité, de l'appartenance à un groupe et de la structure de qualification des emplois, ces différences de performances s'atténuent...
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INVESTISSEMENT
L’investissement direct
et les entreprises françaises
Depuis le milieu des années 80, l’investissement direct de la France s’est fortement
accru. Selon l’OCDE, la France occupait, en 1997, le quatrième rang des pays
Michel d’accueil et le cinquième rang des pays investisseurs. Globalement, la France
Houdebine et a rattrapé son retard à partir de la seconde moitié des années 80, pour se situer,
Agnès aujourd’hui, en tête des pays les plus dynamiques en termes d’investissement
Topiol-Bensaïd* direct. Comme les autres pays développés, elle investit principalement dans la zone
OCDE même si, depuis le début de la décennie, la part à destination de l’Asie et
de l’Amérique latine progresse nettement. L’investissement direct étranger en
France provient essentiellement des pays développés. Il concerne pour l’essentiel
les secteurs industriels à forte valeur ajoutée tels que l’électronique et la
parachimie. Le tertiaire marchand et notamment les services occupe une place
centrale dans l’investissement direct français avec plus des deux tiers du stock
d’investissement. De même, la France investit fortement dans ces secteurs à
l’étranger, surtout dans le domaine des services aux entreprises.
Au niveau microéconomique, les entreprises françaises internationales –
entreprises françaises contrôlées par un investisseur étranger ou entreprise
françaises contrôlant au moins une filiale à l’étranger – sont singulières. Elles ont
recours à une main-d’œuvre plus qualifiée, plus productive et mieux payée.
Par rapport à leurs concurrentes nationales, leurs marges sont supérieures dans
tous les secteurs et dans l’industrie elles réalisent aussi des profits plus importants.
Elles sont également plus dynamiques à l’exportation. Cependant, elles sont plus
endettées et doivent provisionner davantage pour faire face aux risques qu’elles
encourent. En général, elles ne sont pas plus rentables. Lorsqu’on tient compte, en plus
de la taille et du secteur d’activité, de l’appartenance à un groupe et de la structure de
* Au moment de la
qualification des emplois, ces différences de performances s’atténuent mais persistent.rédaction de cet article,
Michel Houdebine et
Agnès Topiol-Bensaïd
appartenaient à la division
Marchés et stratégies
d’entreprises de l’Insee. l’instar de la plupart des pays de années 80. Pour l’importance des flux de capi-Àl’OCDE, les investissements directs taux, la France se place en quatrième position,
français se sont fortement accrus à partir du après les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Alle-
milieu des années 80. Selon l’OCDE, en 1997, magne. D’après un rapport publié récemment
la France a investi 208 milliards de francs à par l’association Invest in France, elle est de
Les noms et dates entre l’étranger et accueilli 135 de francs plus considérée comme un pays d’accueil
parenthèses renvoient à
d’investissements directs tandis que ces flux attractif : en 1998, la Datar a enregistré un nom-la bibliographie en fin
d’article. de capitaux n’étaient respectivement que de bre record de 700 projets de localisation d’in-
36 milliards et de 19 milliards au début des vestissement.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327 1999 - 6/7 113La mondialisation des économies alimente mesure, dans les pays d’Europe centrale et
depuis quelques années de nombreux débats éco- orientale. Ces flux d’investissements se sont
nomiques et politiques. Le sujet est complexe, développés nettement plus vite que les échan-
mal délimité et les études statistiques portant ges commerciaux. Plusieurs facteurs semblent
sur la France restent encore peu nombreuses. influencer la décision d’investir à l’étranger : la
Les analyses macroéconomiques mettent en fiscalité, la qualité des infrastructures, le ni-
avant le fort développement des investisse- veau de qualification et les effets d’aggloméra-
ments directs et la position centrale des pays de tion. Les droits de douane et les coûts de
l’OCDE dans ces investissements : première transports, au contraire, ne semblent pas jouer
zone à investir à l’étranger, mais aussi première un rôle prépondérant. Les analyses microécono-
zone d’accueil des investissements directs (cf. miques telles que celles, de Markusen (1995, 1998)
encadré 1). Toutefois, de nouvelles tendances pour l’économie américaine caractérisent les mul-
émergent depuis le début de la décennie avec un tinationales. Pour s’internationaliser, l’entreprise
développement rapide des investissements en doit atteindre une taille critique, investir fortement en
Asie, en Amérique latine et, dans une moindre R&D et innover. Les entreprises internationales
Encadré 1
L’INVESTISSEMENT DIRECT ET LE POIDS CROISSANT DES ENTREPRISES MULTINATIONALES
les Pays-Bas et la France figurent parmi les princi-
Depuis une vingtaine d’année, les investissements paux pays investisseurs à l’étranger bien que leur
directs se sont très fortement développés. Ainsi, les contribution soit nettement plus faible que celle des
flux d’investissements directs ont été multipliés par pays anglo-saxons. La part de l’Allemagne, de la
2,8 entre 1984 et 1990, puis par 1,7 de 1990 à 1996 France et des Pays-Bas dans les flux d’investisse-
pour atteindre environ 331 milliards de dollars. Cet ment direct sortants s’est érodée à partir de 1993.
essor traduit le poids croissant des entreprises multi- Cette diminution est cependant nettement moins im-
nationales dans l’économie mondiale. Aujourd’hui, portante que celle ayant affecté les flux du Japon qui
près de 75 millions de personnes travaillent dans ont été divisés par trois, probablement en raison de
une telle entreprise dont 40 % sont salariés de filia- la crise financière qui secoue l’archipel depuis près
les situées en dehors du pays d’originedelamaison de 10 ans (cf. tableau A).
mère (OCDE, 1995).
En dehors des pays de l’OCDE, ce sont ceux d’Asie
Depuis dix ans, l’évolution des investissements et d’Amérique latine qui ont le plus investi à l’étran-
directs permet de distinguer trois phases : un fort ger. En Asie, le Japon mis à part, la Chine,
développement au milieu des années 80 jusqu’au Singapour, la Thaïlande et la Corée du Sud sont le
début des années 90, un fléchissement marqué de plus représentés à l’étranger. Ensemble, ils totali-
cette tendance au début des années 90, suivi d’une sent les deux tiers des flux d’investissement direct à
nette reprise (cf. graphique du texte). Que l’on con-
sidère les pays de l’OCDE dans leur ensemble ou
les pays européens, l’évolution des investissements Tableau A
directs à l’étranger a été trèssimilaire,même si
Part des principaux pays développés dans les fluxl’augmentation au début des années 90 des flux de
d’investissement directces investissements est intervenue plus tôt aux
En %
États-Unis que dans les pays européens en raison
d’une reprise plus précoce de la croissance.
Flux entrants Flux sortants
1990 1992 1994 1996 1990 1992 1994 1996Les États-Unis et le Royaume-Uni
investissent le plus à l’étranger
France 6,6 12,9 7,0 6,1 14,6 16,3 9,0 8,3
Allemagne 1,3 1,6 0,7 -1,0 10,2 10,3 6,8 8,7Bien que leur poids ait diminué depuis le début des
années 80, les pays de l’OCDE, restent les princi-
Japon 0,9 1,6 0,4 0,1 21,2 9,1 7,2 7,4
paux investisseurs à l’étranger, réalisant plus de
90 % du flux d’investissement direct soit 294 mil- Pays-Bas 6,1 4,6 3,1 2,1 6,5 7,5 6,9 6,7
liards de dollars en 1996 (FMI, 1997). Les États-Unis
Royaume-
et le Royaume-Uni sont les pays qui investissent le
Uni 16,2 9,5 3,9 9,8 8,1 9,9 13,4 14,0
plus à l’étranger. Leur poids, en augmentation de-
puis 1990, est respectivement de 28 % et 14 % dans États-Unis 23,9 10,6 19,3 23,3 12,6 22,3 27,4 27,6
le total des flux d’investissement direct sortants et de
30 % et 15 % dans les flux d’investissement direct Lecture : En 1990,la France représentait 6,6% des flux
d’investissementdirectentrantsdespaysdel’OCDEet12,9%en1992.sortants des pays de l’OCDE. L’Allemagne, le Japon,
Source:(FMI, 1997).
114 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7ont généralement recours à un personnel quali- directs étrangers après les États-Unis, le
fié composé de cadres et de professions intel- Royaume-Uni et l’Allemagne et le cinquième
lectuelles supérieures comme les chercheurs. plus grand investisseur à l’étranger. Le stock
Les actifs incorporels de ces entreprises (logi- d’investissement direct entrant (de l’ordre de
ciels, brevets, etc.) sont aussi plus nombreux. 750 milliards de francs), tout comme le stock
La plupart d’entre elles sont pérennes depuis d’investissement direct sortant (de l’ordre de
plusieurs années et opèrent sur des marchés dyna- 1 000 milliards de francs) ont augmenté de
miques, soumisàuneforteconcurrenceinternationale. 47 % depuis le début de la décennie. Ainsi, les
investissements français à l’étranger et les
En mobilisant diverses sources de données investissements étrangers en France se sont
macroéconomique et microéconomique, cette fortement accrus, le poids du stock d’investis-
étude examine la pertinence de ces faits stylisés sements directs entrants et sortants représente
dans le cas français. Elle cherche à établir un bilan 8 % du stock total d’investissements directs
descriptif de l’investissement direct en France à réalisés par les pays de la zone OCDE, soit une
partir de différentes mesures de ce phénomène. part plus grande que le poids de la France dans
le PIB de cette zone (6 %).
La France est le cinquième Comparé à celui des États-Unis ou du Royaume-
investisseur à l’étranger Uni, le développement des investissements
directs en France est plus récent. Après avoir
Avec un stock de 135 milliards de francs d’in- accueilli les investissements américains dans
vestissements des pays étrangers sur son terri- les années 50, puis européens dans les années
toire et un investissement d’environ 208 60, les flux entrants se sont réduits dans les
milliards de francs en dehors de ses frontières, années 70, probablement en liaison avec les
le solde structurel français des investissements procédures de contrôle des changes et l’obliga-
directs est négatif. La France est aujourd’hui le tion d’une autorisation administrative pour
quatrième pays d’accueil des investissements investir dans l’hexagone. À partir du milieu des
Encadré1(suite) Mexique, pays d’investissement direct privilégié des
États-Unis (près de 8 % des flux américains en
1997), l’Argentine et le Brésil ont exercé un attrait
l’étranger de cette zone. La Chine dont les flux d’in- important. Si la part des investissements directs en
vestissement direct ont plus que doublé depuis 1990 Europe de l’Est s’est fortement accru depuis 1990,
ne représente que 12 % du total de ces investisse- l’attraction de cette zone reste encore modeste avec
ments. En Amérique latine, deux pays se seulement 5 % des flux d’investissements.
distinguent : le Brésil et le Chili.
Tableau B
Part des principales zones économiques
La nouvelle attraction de l’Asie dans les flux d’investissement direct
et de l’Amérique latine En %
Flux entrants Flux sortants
Si la zone OCDE reste encore la principale zone
d’accueil des investissements directs, son attraction
1990 1992 1994 1996 1990 1992 1994 1996s’est fortement réduite au profit de l’Asie, des pays
d’Amérique latine et de l’Europe de l’Est (cf. tableau B).
Ainsi, les pays de l’OCDE n’accueillent plus que
59 % des flux d’investissement direct totaux en OCDE 84,3 70,0 58,3 58,6 95,4 93,5 93,0 92,5
1996 contre 84 % au début de la décennie. Dans le
Afrique etmême temps, la part des pays asiatiques (à l’excep-
Moyention du Japon) est passéede9 à 22 % et celle de
Orient 2,1 2,8 3,0 2,1 0,2 1,6 0,9 0,6
l’Amérique latine de 4 à 12 %. Parmi les pays
asiatiques qui bénéficient le plus de ces investisse- Asie 9,2 15,3 23,8 22,3 0,4 4,5 4,8 5,4
ments, la Chine occupe une place toute
particulière ; depuis le début de la décennie, les flux Europe
de l’Est 0,2 3,3 3,3 4,9 0,0 0,1 0,1 0,2d’investissement direct orientés vers ce pays ont été
multipliés par 11,5 et atteignent près de 40 milliards
Amériquede dollars en 1996, soit près des deux tiers des flux
latine 4,2 8,5 11,6 12,1 0,4 0,4 1,2 1,2
d’investissement direct à destination de pays d’Asie.
Lecture : l’OCDE représentait 84,3% de l’ensemble des fluxD’autres pays, comme la CoréeduSud et Singa-
d’investissement direct entrants en 1990 et 70 % en 1992.pour, ont connu un fort développement des
Source:(FMI,1997).investissements étrangers. En Amérique latine, le
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327 1999 - 6/7 115années 80, avec l’instauration du marché uni- le Royaume-Uni et l’Allemagne contribuent le
que et la mise en place de nombreuses mesures plus à ce stock. Les pays d’Amérique du Nord
pour attirer les capitaux étrangers, l’investisse- réalisent 20 % des investissements et les États-
ment direct s’est fortement développé dans Unis restent le premier pays investisseur en
l’hexagone. Entre 1990 et 1995, avec le ralen- France. La part des autres pays demeure très
tissement de l’activité en Europe et plus géné- faible (cf. tableau 1).
ralement dans l’ensemble de l’OCDE, les
investissements directs en France ont sensible- La France est également un important pays
ment régressé. Depuis 1995, ils progressent à investisseur à l’étranger. En 1997, plus de 208
nouveau. milliards de francs ont été investis à l’étranger,
soit environ 2,6 % du PIB. L’effort d’investis-
sement direct à l’étranger n’avait jamais été
Les pays de l’OCDE, partenaires aussi important. Les investissements directs à
privilégiés de la France l’étranger ont été multipliés par quatre entre
1986 et 1990 (cf. graphique). Les flux d’inves-
Ce sont principalement les pays de l’OCDE qui tissements directs sortants se sont ensuite
ont investi sur le territoire national. Ceux de réduits, probablement du fait de la faible crois-
l’Europe des Quinze arrivent en première posi- sance en France et en Europe au début des
tion. Ils détiennent 64 % du stock total d’inves- années 90. À partir de 1996, la tendance est à
tissements étrangers en France. Les Pays-Bas, nouveau orientée à la hausse. Le stock d’inves-
Tableau 1
Répartition géographique du stock d’investissement direct français entrant et sortant
Stock entrant Stock sortant
1990 1992 1994 1996 1990 1992 1994 1996
Valeur (en milliards de francs)
Stock OCDE 418,6 518,6 638,7 742,4 519,4 668,7 748,4 777,9
Stock total 443,7 551,7 662,3 753,8 564,8 774,1 871,8 1 010,6
Part dans le stock total (en %)
OCDE 94,3 94,0 96,4 96,5 92,0 86,4 85,8 77,0
Non OCDE 5,7 6,0 3,6 3,5 8,0 13,6 14,2 23,0
Europe des Quinze (1) 60,6 62,7 66,2 63,7 59,3 59,3 56,5 49,1
Amérique du Nord (2) 21,2 18,8 19,1 20,9 23,9 19,2 20,8 20,4
Asie 3,0 3,7 2,6 2,0 2,5 3,1 2,9 2,9
Afrique et Moyen Orient 1,3 1,7 1,0 0,6 3,0 2,0 2,1 2,3
Amérique latine 0,5 0,7 0,4 0,4 2,5 3,1 2,9 9,0
PECO (3) 0,4 0,8 0,7 0,5 0,0 0,3 0,4 1,1
Autres (4) 13 11,6 10 11,9 8,8 13 14,4 15,2
Part dans le stock de l’OCDE (en %)
Amérique du Nord 22,4 20,0 19,8 21,7 26,0 22,2 24,3 26,5
Europe des Quinze (1) 64,3 66,7 68,7 66,0 64,5 68,7 65,8 64,0
Autres pays de l’OCDE (5) 13,3 13,3 11,5 12,4 9,6 9,1 9,9 9,7
1. Europe des Quinze : Europe des Quinze non compris la France.
2. Amérique du Nord : USA et Canada.
3. PECO : pays d’Europe de l’Est (Pologne, Hongrie, République Tchèque, Tchécoslovaquie, Pays Baltes, Bulgarie, Russie, Slovénie,
Slovaquie, Ukraine, Roumanie ou l’URSS selon les dates).
4. Autres : pays de l’OCDE non inclus dans les autres zones géographiques (Suisse, Islande, Nouvelle-Zélande, Australie, Norvège)
plus le stock non ventilé par l’OCDE au niveau géographique.
5. Autres pays de l’OCDE : Australie, Nouvelle-Zélande, Suisse, Norvège et Islande.
Lecture : en 1990, les paysdel’OCDE ont investi en France 418,6 milliards de francs, soit 94,3% du stock total d’investissement
direct. Les pays européens ont, quant à eux, réalisé 64,3% de ce total.
Source : (OCDE, 1998).
116 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7Graphique
tissements directs français à l’étranger place la
Évolution comparée des flux
France en cinquième position du palmarès
d’investissement direct de la France, de
mondial, après les États-Unis, le Royaume-l’Europe et des pays de l’OCDE*
Uni, l’Allemagne et le Japon. Plus des trois
A - Flux entrants quarts des investissements français restent
300 000 concentrés dans la zone OCDE (essentiellement
en Europe et aux États-Unis) même si tendanciel-250 000
lement cette part se réduit depuis quelques an-
200 000
nées. Ainsi, la présence française en Asie et en
150 000 Amérique latine est de plus en plus marquée.
100 000 Les investissements directs français dans ces
zones représentaient à peine 5 % du stock d’in-50 000
vestissements français à l’étranger en 1990, ils
0
19971986 1988 1990 1992 1994 1996 avoisinent aujourd’hui les 12 %. En revanche, les
B - Flux sortants investissements directs dans les pays de l’Europe
de l’Est et en Afrique restent peu développés.
400 000
350 000
L’importance des services se confirme300 000
250 000
Près des deux tiers du stock d’investissements200 000
étrangers en France concernent les activités ter-150 000
tiaires. Ils sont principalement à destination du100 000
secteur bancaire et financier (40 %) et du com-50 000
merce (10 %). Dans ces secteurs, la France0
1986 1988 1990 1992 1994 1996 1997 apparaît comme un pays d’accueil très attractif
OCDE Europe France en comparaison avec d’autres pays développés.
Dans l’industrie, ce sont les secteurs de la chi-
mie (stock de 117 milliards de francs), de
*Les flux concernant l’ensemble des paysdel’OCDE et l’Eu- l’agro-alimentaire (58 de francs) et de
rope des Quinze (hors France) sont exprimés en millions de l’électronique (38 milliards de francs) qui ont
dollars, les flux concernant la France en millions de francs. Les
été les plus pénétrés (cf. tableau 2).flux pour 1997 sont des données provisoires.
Source:(OCDE, 1998).
Tableau 2
Répartition sectorielle du stock d’investissement direct français entrant et sortant
En %
Stock entrant Stock sortant
1990 1992 1994 1996 1990 1992 1994 1996
Agriculture et pêche 0,3 0,1 0,1 0,1 0,2 0,1 0 0
Mines et exploitation 6,1 5,1 4,2 3,9 8,1 7,2 9,8 6,9
Industrie manufacturière 37,0 35,7 34,8 38,3 41,0 40,3 36,0 36,1
Électricité, gaz et eau 0 0 0,6 0,5 0 0,1 0,2 0,4
Construction 0,5 0,3 0,2 0,2 0,1 0,2 0,1 0,6
Ensemble Industrie 43,6 41,1 39,9 42,9 50,4 50,3 49,1 47,5
Commerce et réparation 11,9 10,6 10,4 9,5 6,1 6,4 6,9 3,5
Hôtels, restaurants 0 0,5 0,4 0,6 0 2,5 1,4 2,6
Transports et télécommunications 0,6 0,7 0,5 0,8 1,2 1,0 1,3 2,5
Activités financières 18,3 42,2 45,0 40,1 25,2 35,8 36,9 25,6
Activitésd’entreprises et immobilier 0 1,5 1,1 1,7 0 0,7 0,3 17,9
Autres services 24,7 3,3 3,2 4,8 16,8 4,2 5,9 3,0
Ensemble Tertiaire 55,5 58,8 60,6 57,5 49,4 50,5 52,7 52,5
Non ventilé 0,7 0 - 0,6 -0,5 0,2 - 1,0 - 1,9 0
Valeur totale (en milliards de francs) 443,7 551,8 662,3 753,8 564,8 774,1 871,8 1 010,6
Lecture : en 1990,la France a réalisé 50,4% de son stock d’investissement direct à l’étranger (stock sortant) dans l’industrie.
Source:(OCDE,1998).
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327 1999 - 6/7 117Lesinvestissementsdirectsfrançaisàl’étran- appartenant à un groupe réduit ces écarts (20 %
ger concernent pour moitié des activités dans l’industrie et 40 % dans le commerce)
industrielles et pour moitié des activités ter- mais ne les fait pas disparaître. Par ailleurs,
tiaires, même si le poids du tertiaire s’accroît l’intensité capitalistique de ces entreprises est
(il passe de 49,4 % en 1990 à 52,5 % en très forte dans tous les secteurs : la médiane de
1996). Sur la période récente, les activités cet indicateur varie entre 660 000 francs par
commerciales et financières ont reculé au salariés dans l’industrie et 5 millions de francs
profit des services aux entreprises (18 % du dans les services. Ces montants sont nettement
stock sortant en 1996). Dans l’industrie, plus élevés que pour l’ensemble des entreprises
outre l’agro-alimentaire, la France a égale- (de 1,5 fois à 40 fois supérieurs) et que pour les
ment investi dans les secteurs de la chimie, de entreprises appartenant à un groupe. Si le parc
la mécanique et de l’électronique. d’équipements productifs de ces entreprises est
plus important ou de meilleure qualité que dans
les autres entreprises, la productivité du capital
Contrôlées par un groupe étranger y est toujours plus faible.
ou implantées à l’étranger,
ces entreprises sont différentes
... comme les entreprises françaises
La comparaison des profils des entreprises implantées à l’étranger
internationales, que l’on s’intéresse aux
entreprises françaises contrôlées par un Les entreprises françaises contrôlant au moins
groupe étranger ou aux entreprises françaises une filiale à l’étranger sont également des
implantées à l’étranger, fait apparaître des entreprises plus productives. Comparées à l’en-
différences marquées avec les autres entre- semble des entreprises de taille et de secteur
prises françaises. En 1987 comme en 1995, identiques, la productivité apparente du travail
ces entreprises sont plus productives, plus ca- est plus élevée dans tous les secteurs. Cet écart
pitalistiques et ont une activité exportatrice estplussensibledanslecommerce(+43%)et
plus dynamique. Elles font appel à une main- les services (+ 26 %). Toutefois, par rapport
d’œuvre plus qualifiée et les fonctions admi- aux entreprises qui contrôlent une filiale, en
nistratives et commerciales y sont nettement France ou à l’étranger, ces entreprises interna-
plus développées que les fonctions producti- tionales n’ont pas une productivité apparente
ves. Le coût du travail moyen y est également du travail plus élevée sauf dans le commerce.
plus élevé. Plus endettées que leurs concur- Seule l’intensité capitalistique reste sensible-
rentes nationales, elles réalisent des provi- ment plus forte dans tous les secteurs. Au
sions plus élevées pour s’assurer contre les milieu des années 80, ces différences étaient
risques auxquels elles sont soumises. En moins marquées.
général, mais c’est surtout le cas dans l’in-
dustrie et les services, elles ont des taux de La productivité du travail supérieure dans les
marge plus élevés et la part du résultat net entreprises internationales est confirmée par
dans le chiffre d’affaires est également plus un coût moyen du travail plus élevé. Ainsi
élevée. Toutefois, ces entreprises ne sont pas dans ces entreprises, les salaires par tête sont
plus rentables. Si la prise en compte de l’appar- supérieurs à ceux des autres entreprises. Si
tenance à un groupe atténue une partie de ces l’on considère les implantations étrangères
écarts, elle ne les fait pas disparaître. en France, les écarts observés avec l’ensem-
ble des entreprises et avec les seules entrepri-
ses appartenant à un groupe s’échelonnent
Les entreprises étrangères implantées respectivement entre 16 % et 12 % dans l’in-
en France sont plus productives... dustrie et 56 % et 54 % dans le commerce.
Dans les entreprises contrôlant une filiale à
La productivité apparente du travail apparaît l’étranger, les salaires par tête sont, quel que
nettement plus élevée pour les entreprises inter- soit le secteur considéré, plus élevés que dans
nationales. Dans l’industrie, plus de la moitié les autres entreprises, notamment dans le
des entreprises étrangères localisées en France commerce (une différence de 44 % avec les
ont une productivité apparente du travail supé- salaires par tête des autres entreprises) et
rieure de 30 % à celle de l’ensemble des entre- dans les services (une différence de 36 %
prises françaises similaires. Les écarts dans le avec les salaires par tête des autres entrepri-
commerce sont encore plus forts, de l’ordre de ses). Ces écarts semblent s’être accrus depuis
50 %. La comparaison aux seules entreprises 1987.
118 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7Tableau 3
Performances comparées des implantations étrangères en France en 1995*
A - Comparaison avec l’ensemble des entreprises de même taille et de même secteur (référence 1 )
Industrie manufacturière Commerce Services
Médianes
Population 1 Référence 1 Population 1 Référence 1 Population 1 Référence 1
Productivité des facteurs (en milliers de francs)
Valeur ajoutée par tête 384,0 297,2 437,9 291,3 334,6 289,4
Intensité capitalistique 659,5 368,2 564,5 205,1 5 047,9 125,7
Part de la valeur ajoutée dans le capital immobilisé 58,9 81,4 68,3 133,8 1,2 152,3
Salaire annuel par tête 175,4 151,2 229,0 147,2 263,9 179,3
Performances économiques et financières (en %)
Taux de valeur ajoutée 31,2 36,5 13,6 17,6 43,8 59,1
Impôts dans la valeur ajoutée 1,2 1,3 1,6 1,9 0,4 0,2
Taux de marge 27,4 20,8 26,9 19,9 79,8 16,3
Part du résultat net dans le chiffre d’affaires 2,1 1,9 0,5 1,0 0,9 2,5
Rentabilitééconomique globale 11,4 12,2 8,2 12,6 3,8 11,1
Taux d’endettement 26,1 22,4 28,6 32,1 48,8 27,8
Taux d’autofinancement 94,6 93,4 83,3 113,8 36,0 131,0
Taux d’investissement 10,2 8,9 4,2 4,9 0,3 1,6
Part des provisions dans les investissements 47,4 32,8 160,7 65,6 225,7 49,6
Taux d’exportation 32,3 14,4 3,2 0,1 0,0 0,0
Structure des emplois (en % de l’effectif total)
Cadres administratifs et commerciaux (CA) 12,1 8,5 42,4 25,0 57,1 25,0 de conception (CP) 19,1 16,5 10,5 6,1 6,6 7,4
Employés (EA) 9,6 7,8 20,5 22,8 19,9 20,0
Ouvriers (EP) 55,7 63,0 9,6 29,8 0,4 0,3
B- Comparaisonavecl’ensembledesentreprisesdemêmetailleetdemêmesecteuretappartenantàungroupe(référence2)
Industrie manufacturière Commerce Services
Médianes
Population 1 Référence 2 Population 1 Référence 2 Population 1 Référence 2
Productivité des facteurs (en milliers de francs)
Valeur ajoutée par tête 384,0 318,3 437,9 310,9 334,6 316,9
Intensité capitalistique 659,5 424,6 564,5 236,9 5 047,9 238,2
Part de la valeur ajoutée dans le capital immobilisé 59,5 75,3 68,0 122,8 1,1 71,8
Salaire annuel par tête 175,4 155,6 229,0 148,6 263,9 205,3
Performances économiques et financières (en %)
Taux de valeur ajoutée 31,2 34,4 14,4 15,9 44,0 51,1
Part des impôts dans la valeur ajoutée 1,1 1,2 1,4 2,4 0,3 0,2
Taux de marge 27,4 23,4 27,0 23,4 79,1 21,2
Part du résultat net dans le chiffre d’affaires 2,1 2,2 0,4 1,1 0,9 2,3
Rentabilitééconomique globale 11,4 12,3 8,4 12,7 4,3 9,0
Taux d’endettement 26,1 21,6 27,6 32,9 49,4 20,9
Taux d’autofinancement 94,6 90,8 83,3 92,8 36,0 94,0
Taux d’investissement 10,1 9,5 4,1 4,7 0,1 2,0
Part des provisions dans les investissements 47,4 34,9 160,7 95,5 225,7 44,0
Taux d’exportation 32,3 17,2 3,2 0,1 0,0 0,0
Structure des emplois (en % de l’effectif total)
Cadres administratifs et commerciaux (CA) 12,1 8,8 42,4 26,6 57,1 25,3 de conception (CP) 19,1 17,2 10,5 6,3 6,6 9,5
Employés (EA) 9,5 8,1 20,5 24,4 19,9 15,4
Ouvriers (EP) 55,7 62,1 9,6 28,5 0,4 0,0
* Pour les définitions précises des populations et références , se reporter à l’encadré 2 et à l’annexe.
Source : échantillons d’entreprises construits à partir des données de LIFI, des données BIC et de l’ESE,1995, Insee.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327 1999 - 6/7 119Tableau 4
Performances comparées des entreprises françaises implantées à l’étranger en 1995*
A - Comparaison avec l’ensemble des entreprises de même taille et de même secteur (référence 1)
Industrie manufacturière Commerce Services
Médianes
Population 2 Référence 1 Population 2 Référence 1 Population 2 Référence 1
Productivité des facteurs (en milliers de francs)
Valeur ajoutée par tête 350,3 297,5 400,7 280,6 368,9 293,7
Intensité capitalistique 633,2 389,6 902,4 208,4 3 749,5 142,4
Part de la valeur ajoutée dans le capital immobilisé 54,8 77,3 42,3 130,2 6,9 154,5
Salaire annuel par tête 169,5 152,1 208,4 144,2 253,0 185,6
Performances économiques et financières (en %)
Taux de valeur ajoutée 36,1 36,2 17,2 16,9 46,5 59,7
Part des impôts dans la valeur ajoutée 2,2 1,3 2,1 1,9 0,1 0,3
Taux de marge 24,9 20,9 31,0 20,4 39,8 14,5
Part du résultat net dans le chiffre d’affaires 2,9 2,1 1,7 0,9 3,4 2,5
Rentabilitééconomique globale 10,2 11,5 10,0 12,7 7,2 11,6
Taux d’endettement 24,3 21,6 33,4 28,9 18,6 26,6
Taux d’autofinancement 114,7 95,4 161,7 102,2 151,1 137,5
Taux d’investissement 9,2 8,9 3,8 4,9 3,3 2,1
Part des provisions dans l’investissement 67,3 37,7 154,3 62,6 207,1 52,1
Taux d’exportation 34,6 16,9 9,8 0,2 0,1 0,0
Structure des emplois (en % de l’effectif total)
Cadres administratifs et commerciaux (CA) 11,8 8,3 37,3 23,3 48,9 27,5 de conception (CP) 17,7 16,2 7,6 5,8 9,3 8,6
Employés (EA) 10,0 8,1 25,5 24,0 19,1 20,0
Ouvriers (EP) 55,6 62,9 15,8 28,1 0,9 0,6
B - Comparaison avec l’ensemble des entreprises de même taille et même secteur et appartenant à un groupe (référence 2)
Industrie manufacturière Commerce Services
Médianes
Population 2 Référence 2 Population 2 Référence 2 Population 2 Référence 2
Productivité des facteurs (en milliers de francs)
Valeur ajoutée par tête 350,3 343,6 400,7 337,0 368,7 337,0
Intensité capitalistique 633,2 613,5 902,4 682,1 3 749,5 2 209,3
Part de la valeur ajoutée dans le capital immobilisé 55,1 54,8 41,7 45,4 6,6 10,0
Salaire annuel par tête 169,5 163,7 208,4 163,8 253,1 219,3
Performances économiques et financières (en %)
Taux de valeur ajoutée 36,3 34,1 17,1 14,2 46,4 49,8
Part des impôts dans la valeur ajoutée 2,4 2,2 1,9 2,1 0,1 0,2
Taux de marge 25,1 25,4 31,2 28,4 40,1 35,4
Part du résultat net dans le chiffre d’affaires 2,9 2,6 1,7 1,0 3,4 2,8
Rentabilitééconomique globale 10,1 10,3 9,9 9,1 7,1 8,1
Taux d’endettement 24,1 22,1 33,2 33,4 19,1 24,8
Taux d’autofinancement 114,7 106,3 161,6 126,7 151,1 114,7
Taux d’investissement 9,4 9,3 4,3 6,1 3,2 2,1
Part des provisions dans l’investissement 67,3 57,9 154,3 75,9 207,2 121,1
Taux d’exportation 34,6 25,7 9,8 0,5 0,1 0,0
Structure des emplois (en % de l’effectif total)
Cadres administratifs-commerciaux (CA) 11,8 10,9 37,3 25,3 48,9 45,2 de conception (CP) 17,7 17,3 7,6 7,1 9,4 7,6
Employés (EA) 10,0 9,9 25,5 26,8 19,1 20,5
Ouvriers (EP) 55,7 56,7 52,9 61,0 15,8 23,9
*Pour les définitions précises des populations et références, se reporter à l’l’encadré 2 et à l’annexe.
Source : échantillons d’entreprises construits à partir des données de LIFI, des données BIC et de l’ESE, 1995, Insee.
120 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7contrôlant une filiale à l’étranger emploientUne main-d’œuvre plus qualifiée explique
plus de cadres et moins de personnels d’exécu-les écarts de productivité du travail
tion dans l’industrie, moins d’ouvriers et plus
La structure des emplois des entreprises inter- de cadres administratifs et commerciaux dans
nationales est très différente de celle des autres les secteurs du tertiaire (cf. tableau 4-B).
entreprises. D’une part, elles ont recours à une
part plus importante de personnels qualifiés Si elles se différencient par leur structure d’em-
(cadres, professions intellectuelles supérieures ploi, les implantations étrangères en France
et techniciens) et, d’autre part, elles emploient n’ont pas pour autant opté pour des choix stra-
davantage de personnels dans les domaines de tégiques atypiques. La réduction des person-
la gestion, du commerce, du marketing et de la nels de production, le moindre recours à des
communication que dans le domaine de la pro- personnels non qualifiés, et le développement
duction. Dans l’industrie, la différence se tra- des fonctions administratives et commerciales
duit par un moindre recours aux ouvriers et aux dans l’entreprise sont des évolutions qui con-
personnels qualifiés de production au profit des cernent l’ensemble des entreprises du système
cadres administratifs et commerciaux. Si au productif français (cf. tableau 5). Toutefois, ces
milieu des années 80, ces différences s’obser- évolutions apparaissent plus marquées pour les
vaient principalement dans l’industrie, au- entreprises internationales. Mais, on peut pen-
jourd’hui, elles concernent tous les secteurs ser que les implantations étrangères, parce
d’activité. Dans le commerce, 42 % des effec- qu’elles sont le plus souvent des entreprises
tifs des entreprises françaises à capitaux étran- plus jeunes, ont pu adopté ces orientations plus
gers sont des cadres responsables de la gestion, rapidement que les autres entreprises (Com-
du commerce ou de la communication contre missariat Général du Plan, 1999).
seulement 25 % dans l’ensemble des entrepri-
ses du commerce (cf. tableau 3). Cette asymé-
Un effet propre de l’internationalisationtrie est encore plus marquée dans les services
où ces personnels représentent près des deux sur la productivité du travail
tiers des effectifs contre seulement un quart
dans l’ensemble des filiales de groupe. De la Le fort taux d’encadrement (défini comme le
même manière, les entreprises françaises rapport entre les cadres et professions intermé-
Tableau 5
Synthèse de l’ensemble des résultats obtenus pour 1987*
Référence 1 Référence 2
Population 1 Indicateurs de productivité plus élevés surtout Indicateurs de productivité plus forts dans le
Implantations étrangères l’intensité capitalistique et les salaires par tête. commerce et les services. Dans l’industrie,
en France Écarts encore plus nets dans le commerce et seuls les salaires sont plus élevés.
les services. La part du chiffre d’affaires à l’exportation est
Taux d’exportation plus élevés : 25 % dans plus élevée dans l’industrie et dans le
l’industrie contre 17 % et 6 % dans le commerce.
commerce 0,5 %. Dans tous les secteurs, la part des ouvriers est
Structure des emplois plus qualifiée dans plus faible qu’ailleurs et celle des cadres
l’industrie. Dans le commerce, il y a moins administratifs et commerciaux plus élevée.
d’ouvriers et plus de cadres. Dans les services,
les cadres administratifs et commerciaux sont
deux fois plus nombreux et les ouvriers deux
fois moins.
Référence 1 Référence 2
Population 2 Productivité du travail plus forte sauf dans le Les indicateurs de productivité sont assez
Entreprise françaises commerce. L’intensité capitalistique est élevée proches de ceux des entreprises appartenant à
implantées à l’étranger dans tous les secteurs. un groupe. Les salaires sont plus élevés dans le
Taux de marge plus fort notamment dans commerce.
l’industrie et les services. Les taux d’exportation sont un peu plus élevés
Taux d’exportation presque deux fois plus élevé dans l’industrie et nettement plus forts dans le
dans l’industrie et sept fois plus dans le commerce.
commerce. La structure des emplois est assez similaire,
Structure des emplois différente : davantage de plus de cadres de production dans l’industrie.
cadres et moins de personnels d’exécution.
Activités administratives et commerciales plus
développées que la production.
* Pour les définitions précises des populations et références, se reporter à l’encadré 2 et à l’annexe.
Source : échantillons d’entreprises construits à partir des données de LIFI, des données BIC et de l’ESE, 1987, Insee.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327 1999 - 6/7 121Encadré 2
COMPARER DEUX POPULATIONS D’ENTREPRISES
L’étude se concentre sur deux types d’entreprises quête sur la structure des emplois (ESE). La mobilisa-
appartenant à des groupes multinationaux : d’une tion de ces informations a permis la construction des
part, les entreprises localisées en France et appar- indicateurs analysés dans l’article. Les données utili-
tenant à une entreprise étrangère et d’autre part, les sées couvrent l’ensemble de la période 1987-1995,
entreprises françaises qui possèdent au moins une mais la présentation des résultats ne portent que sur
filiale à l’étranger (1). Au niveau de la balance des les résultats en coupe pour ces deux années.
paiements, les premières correspondent aux flux
(stocks) d’investissements directs entrants et les Choisir une population de référence pertinente
secondes aux flux (stocks) d’investissements directs
sortants. Le choix d’un bon référentiel est important pour faire
ressortir les spécificitésd’une population particu-
Deux échantillons d’entreprises internationales lière. Aussi, pour la constitution des échantillons de
référence nous avons retenu deux options. Dans un
Les deux échantillons d’entreprises étudiés sont cons- premier temps, nous avons comparé les entreprises
titués à partir de l’enquête sur les liaisons financières internationales à l’ensemble des de
de l’Insee. Cette enquête permet d’identifier, pour la même profil de taille et de secteur. Toutefois, certai-
plupart des moyennes et grandes entreprises françai- nes études statistiques ont mis en évidence
ses, quel que soit leur secteur d’activité (cf. annexe), l’influence de l’appartenance à un groupe sur les
la nature de l’actionnariat et les participations déte- performances des entreprises (Parent, 1995). Aussi,
nues par l’entreprise. Pour construire ces deux on peut penser qu’en comparant les entreprises
échantillons d’entreprises internationales, seules sont internationales à l’ensemble des de
retenues les entreprises pour lesquelles, la relation même profil, les spécificitésmises en évidence ne
financière –être possédée par une entreprise étran- proviennent que de la seule appartenance de ces
gère, ou posséder au moins une filiale à l’étranger – entreprises à un groupe et non de leur internationa-
est supérieure à 50 %. En théorie, lorsque la partici- lisation. C’est pourquoi, dans une seconde étape, la
pation dépasse 50 % du capital, l’actionnaire contrôle population de référence est réduite aux seules en-
la filiale et à ce titre, il est en droit d’exercer un rôle treprises françaises appartenant à un groupe et de
actif dans sa gestion. Ce critère de participation rete- même profil de taille et de secteur. Dans les deux
nu dépasse nettement le seuil des 10 % adopté pour cas, la population de référence choisie inclut la
les statistiques de l’investissement direct de façon à population étudiée. Le choix qui a été fait de compa-
éliminer les investissements qui s’apparenteraient à rer une population spécifique à une population
des investissements de portefeuille, non destinés à d’entreprises de référence qui l’inclut, traduit la
orienter la gestion de l’entreprise. Les deux échan- volonté de construire une référence moyenne de
tillons d’entreprises internationales constitués l’ensemble du tissu économique français et pas seu-
couvrent l’ensemble des secteurs marchands, à l’ex- lement des groupes purement nationaux (2). Le
ception des holdings (leur activité est essentiellement tableau suivant résume les choix fait en matière
financière) et du bâtiment (peu représenté). d’échantillons (cf. tableau).
Construire des indicateurs
Comparer deux populations distinctes
Ces populations d’entreprises ont ensuite été enri- d’entreprises
chies par des données comptables et économiques
issues des déclarations fiscales (BIC) et des don-
nées sur la qualification de la main-d’œuvre et les La démarche adoptée consiste à comparer deux
activitésexercées dans l’entreprise issues de l’en- populations distinctes d’entreprises – des entreprises
Les populations étudiées et les populations de référence
Populations étudiées Populations de référence +
Référence 1 - large Référence 2 - restreinte
Population 1 (P1) Ensemble des entreprises françaises Entreprises françaises contrôlées par
Entreprises françaises contrôlées par soumises au régime fiscal des BIC, de une entreprise localiséeenFranceou
une entreprise localisée à l’étranger même taille et de même secteur que P1 à l’étranger de même taille et de même
secteur que P1
Population 2 (P2) Ensemble des entreprises françaises Entreprises françaises contrôlant au
Entreprises françaises contrôlant au soumises au régime fiscal des BIC, de moins une filiale localiséeenFrance
moins une filiale dans un pays étranger même taille et de même secteur que P2 ou à l’étranger de même taille et de
même secteur que P2
122 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7

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