La conjoncture en Basse-Normandie au deuxième trimestre 2011. Amélioration progressive sur le front de l'emploi

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La conjoncture en Basse-Normandie au deuxième trimestre 2011 Amélioration progressive sur le front de l’emploi Au deuxième trimestre 2011, le PIB se stabilise, après un premier trimestre dynamique (+ 0,9 %). Les importations diminuent tandis que les exportations sont stables, réduisant légèrement le déficit com- mercial. Au deuxième trimestre 2011, l’économie bas-normande a conservé une activité Le pouvoir d’achat des ménages stable par rapport au trimestre précédent, la bonne tenue de certains secteurs, tels progresse plus vite qu’en début que l’agroalimentaire ou le tourisme, palliant la morosité d’autres comme d’année, en raison principalement l’automobile ou les transports routiers. du ralentissement des impôts sur le revenu et sur le patrimoine. Pour- Dans l’industrie, la production a fléchi dans bon nombre de secteurs. Le taux d’utili- tant, les dépenses de consommation sation des capacités de s’est replié pour la première fois depuis un an et des ménages reculent, et le taux se situe en dessous de sa moyenne de longue période. Pourtant certains secteurs, d’épargne progresse pour atteindre tels l’industrie agroalimentaire ou la pharmacie, se démarquent de cette tendance et son plus haut niveau depuis le troi- créent des emplois permanents. Ainsi, l’industrie crée des emplois pour le deuxième sième trimestre 2009. trimestre consécutif (+ 0,2 %) et retrouve son niveau d’emploi de juin 2010.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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La conjoncture en Basse-Normandie
au deuxième trimestre 2011
Amélioration progressive
sur le front de l’emploi
Au deuxième trimestre 2011, le
PIB se stabilise, après un premier
trimestre dynamique (+ 0,9 %).
Les importations diminuent tandis
que les exportations sont stables,
réduisant légèrement le déficit com-
mercial.
Au deuxième trimestre 2011, l’économie bas-normande a conservé une activité
Le pouvoir d’achat des ménages
stable par rapport au trimestre précédent, la bonne tenue de certains secteurs, tels
progresse plus vite qu’en début
que l’agroalimentaire ou le tourisme, palliant la morosité d’autres comme
d’année, en raison principalement
l’automobile ou les transports routiers.
du ralentissement des impôts sur le
revenu et sur le patrimoine. Pour- Dans l’industrie, la production a fléchi dans bon nombre de secteurs. Le taux d’utili-
tant, les dépenses de consommation sation des capacités de s’est replié pour la première fois depuis un an et
des ménages reculent, et le taux se situe en dessous de sa moyenne de longue période. Pourtant certains secteurs,
d’épargne progresse pour atteindre tels l’industrie agroalimentaire ou la pharmacie, se démarquent de cette tendance et
son plus haut niveau depuis le troi- créent des emplois permanents. Ainsi, l’industrie crée des emplois pour le deuxième
sième trimestre 2009. trimestre consécutif (+ 0,2 %) et retrouve son niveau d’emploi de juin 2010.
Simultanément, la croissance des Dans le secteur de la construction, l’activité est bien orientée, tout particulière-
investissements ayant un rythme ment dans les travaux publics. Dans le bâtiment, le dynamisme de l’activité pro-
moins soutenu, la demande intérieure vient essentiellement du marché de l’entretien et amélioration. Cette tendance
diminue. positive ne bénéficie toutefois pas à l’emploi qui poursuit sa baisse (- 1,5 % après
- 0,5 % au trimestre précédent). Sur un an, le secteur perd 1 200 emplois perma-
La valeur ajoutée des entreprises
nents (-3,3 %), à l’inverse de la tendance nationale (+ 1,1 %).
ralentit sensiblement : sa hausse
est nettement inférieure à celle cu- Lescréationsd’emploisdanslesservicesmarchandshorsintérims’accélèrent(+0,5%
mulée des rémunérations et des im- après + 0,1 % au premier trimestre) essentiellement grâce au secteur de l’héberge-
pôts. Le taux de marge des entreprises ment-restauration dynamisé par la forte fréquentation touristique du printemps.
s’établit à son niveau le plus bas depuis
En conclusion, l’emploi dans les secteurs marchands s’est stabilisé au deuxième tri-le premier trimestre 1986.
mestre (+ 0,1 %) après une hausse de 0,3 % au premier trimestre. La situation n’est pas
L’emploi ralentit : les secteurs mar- homogène sur les trois départements : l’emploi a augmenté dans le Calvados (+ 0,2 %)
chands continuent à créer des em- et dans la Manche (+ 0,5 %), mais a fortement diminué dans l’Orne (- 1,2 %).
ploismaisdefaçon moinssoutenue
Fin juin, le taux de chômage en Basse-Normandie décroît légèrement à 8,7 %,qu’au trimestre précédent. La hausse
contre 9,1 % en France métropolitaine.de l’emploi hors intérim est deux fois
moins forte. Sur un an, l’emploi salarié Selon les chefs d’entreprises, le début de l’été a marqué une dégradation du climat
des secteurs principalement mar-
des affaires. Ainsi, la dynamique de l’investissement et de l’emploi, moteur continu
chands a augmenté de 1,1 %.
de la reprise depuis mi-2009, pourrait faiblir au deuxième semestre 2011. L’inves-
tissement freinerait face à des débouchés extérieurs en panne et dans un contexteEn légère baisse, le taux de chô-
d’incertitude accrue. Seul soutien à l’activité, la consommation des ménages retrou-mage au sens du BIT s’établit à
verait de la vigueur au troisième trimestre, en dépit d’une fréquentation touristique9,6 % de la population active en
contrariée par les mauvaises conditions climatiques de l’été dans la région.France (y compris Dom). Pour la métropolitaine, il s’établit à Alain COËNON, Anne-Solange GONY, Mathieu BOIVIN,
9,1 %, soit 2,6 millions de personnes.
Insee
WWW.INSEE.FR/BASSE-NORMANDIELa reprise industrielle s’essouffle
Au second trimestre, la production industrielle bas-normande
s’est tassée. Le taux d’utilisation des capacités de production
s’est replié pour la première fois depuis un an et se situe en
dessous de sa moyenne de longue période.
À l’exception des industries agro-alimentaires qui bénéficient
d’une demande particulièrement bien orientée, tous les sec-
teurs sont affectés par ce ralentissement.
Néanmoins, à court terme, une progression de la production
est attendue dans la quasi-totalité des secteurs à l’exception
notable de la filière automobile et de l’industrie
agroalimentaire.
Des carnets de commandes
qui s’érodent
Au second trimestre, carnetsdecommandeetniveaudes
stocks sont jugés normaux dans la plupart des secteurs. Le ni-
veau des carnets est même jugé très satisfaisant dans la fabri-
cation d’équipements électriques et dans l’industrie textile et
de l’habillement.
Mais, en juillet, une demande atone fait reculer les prises d’or-
dres dans de nombreuses branches. C’est en particulier le cas de
l’industrie automobile qui pour la première fois depuis le début
de l’année prévoit une baisse de son activité.
Une reprise fragile de la construction
L’amélioration affichée au niveau national au premier tri-
mestre a été observée au second trimestre en Basse-Nor-
mandie.Lenombredepermisdeconstruiredélivrésprogresse
et on constate une reprise des mises en chantier en particulier
dans le Calvados et dans l’Orne. Pourtant, le rétablissement de
l’activité provient essentiellement du marché de l’entretien et
amélioration. La demande publique et le marché du neuf res-
tent au niveau du premier trimestre.
Les chefs d’entreprises du secteur de la construction jugent né-
gativement l’évolution de leurs carnets de commandes dont la
durée moyenne diminue légèrement, passant de 4,8 à 4,4 mois.
WWW.INSEE.FR/BASSE-NORMANDIEConjoncture régionale
octobre 2011
La baisse des créations d’entreprises se
poursuit
Au second trimestre, le nombre de créations d’entreprises est en
baisse pour le cinquième trimestre consécutif. En données corri-
gées des variations saisonnières, elles diminuent de 2,5 % par
rapport au premier trimestre 2011 et de 21,6 % par rapport au
pic du premier trimestre 2010. Ce déclin s’observe aussi au ni-
veau national. Il est lié à la forte chute des créations par les
auto-entrepreneurs depuis le deuxième trimestre 2010. Celles-ci
sont en régression de 34,7 % depuis cette date et ont encore
baissé de 1,8 % ce trimestre. Après l’engouement spectaculaire
suscité lors de la mise en place de ce statut début 2009, les créa-
tions d’auto-entreprises semblent donc se stabiliser à un niveau
plus modeste. Contrairement au trimestre précédent, cet affai-
blissement des créations par les auto-entrepreneurs est renforcé
par la baisse des autres créations d’entreprises (- 3,3 %).
L’emploi salarié en faux plat
Malgré une baisse de l’emploi dans la construction (- 1,5 %) et
une légère diminution des effectifs intérimaires (- 0,2 %), l’em-
ploi salarié bas-normand augmente très modestement au second
trimestre 2011 (+ 0,1 %). Cette légère amélioration est due aux
services hors intérim et, dans une moindre mesure, à l’industrie
et au commerce, qui créent ensemble 750 emplois. Depuis son
plus bas niveau du quatrième trimestre 2009, l’emploi salarié ré-
gional a gagné 0,8 %. Il est cependant loin de retrouver son ni-
veau d’avant la crise.
C’est dans la Manche que l’emploi est le plus dynamique
(+ 0,5 %), grâce à la bonne tenue des services hors intérim
(+ 1,6 %), notamment l’hébergement-restauration. L’industrie et
le commerce gagnent aussi quelques emplois. L’emploi est
également en hausse dans le Calvados (+ 0,2 %), les secteurs les
plus actifs étant l’hébergement-restauration et la fabrication de
matériels de transport. Comme dans la Manche, l’intérim et la
construction détruisent des emplois.
Seul l’Orne perd des emplois (- 1,2 %), et dans tous les secteurs
hormis l’intérim (+ 3,4 %).
Au total, l’emploi salarié des secteurs marchands non agricoles
gagne moins de 200 emplois au deuxième trimestre.
Stabilité du taux de chômage
et des demandes d’emploi en fin de mois
Le taux de chômage régional au sens du Bureau International du
Travail s’établit en moyenne au deuxième trimestre à 8,7 % de la
population active (9,1 % en France métropolitaine), en baisse de
0,1 point par rapport au trimestre précédent.
Ce recul est toutefois à relativiser eu égard à l’évolution des de-
mandes d’emploi en fin de mois. Le nombre d’inscrits à Pôle
Emploi en catégorie A repart en effet à la hausse (+ 3,3 %). A la
fin du mois de juin, il atteignait 57 500 personnes en données cor-
rigées des variations saisonnières. Les trois départements
bas-normands sont touchés par cette progression.
Cette détérioration des demandes d’emploi en fin de mois
concerne particulièrement les plus de 50 ans, qui représentent
plus d’un demandeur d’emploi sur cinq.
WWW.INSEE.FR/BASSE-NORMANDIEUn bon trimestre
pour la fréquentation hôtelière
Au deuxième trimestre 2011, la fréquentation hôtelière a aug-
menté de 3,2 % par rapport à 2010. Les mois d’avril (+ 6 %) et
de juin (+ 9 %) ont été très dynamiques, le mois de mai (- 7 %) a
en revanche été pénalisé par un calendrier des jours fériés moins
favorable que l’an passé. Les nuitées de la clientèle française
augmentent de 2,6 %, leur plus haut niveau pour un deuxième
trimestre. Celles des clientèles étrangères augmentent de 5 %.
Les taux d’occupation s’affichent en hausse pour chacun des mois
et s’établit à 64 % pour le trimestre contre 61 % en 2010. Toutes
les catégories bénéficient de la hausse, mais plus particulière-
ment les hôtels de haut de gamme. Le nombre des nuitées des
hôtels de 3 étoiles et plus s’accroît de 6 %. Les hôtels 4 et 5 étoi-
les bénéficient de la plus forte hausse de fréquentation (+ 12 %).
Rédaction achevée le 14 octobre 2011
Les indices trimestriels d’évolution de l’emploi salarié que produit l’Insee
au niveau national et local sont issus du dispositif Epure. La source Epure est
construite à partir de trois sources administratives de trois partenaires :
l’Urssaf, la MSA, et la DGFIP qui gère le traitement des fichiers de paye des trois
fonctions publiques. Ainsi, constitué des établissements de toutes tailles em-
ployant des salariés et relevant du régime général de sécurité sociale ou d’un ré-
DIRECTION
gime assimilé, le champ Epure couvre la quasi-totalité de l’emploi salarié.
REGIONALE DE L'INSEE
DE BASSE-NORMANDIE Le taux de chômage, calculé en moyenne trimestrielle, est estimé au sens du
Bureau International du Travail (BIT) à partir de l’Enquête Emploi en continu et
5, rue Claude Bloch
en adoptant les critères européens. Est définie comme chômeur toute personneBP 95137
qui déclare ne pas avoir travaillé au cours d’une semaine déterminée, être à la14024 CAEN CEDEX
Tél. : 02.31.45.73.33 recherche active d’un emploi et être disponible dans les 15 jours qui suivent
pour prendre un travail.
www.insee.fr/basse-normandie
Un demandeur d’emploi en fin de mois (DEFM) de catégorie A est une per-
Directrice de la publication :
sonne sans emploi tenue de faire des actes positifs de recherche d’emploi.Maryse CHODORGE
Le taux d’utilisation des capacités de production industrielle, le niveauService études et diffusion :
Julien BECHTEL des carnets de commande et des stocks sont calculés à partir de l’enquête
de conjoncture réalisée tous les mois par la Banque de France. Le premier indi-
Rédacteur en Chef : cateur est une moyenne d’une variable numérique, les deux autres sont des sol-
Didier BERTHELOT
des d’opinions (une valeur proche de 0 indique une relative égalité des réponses
à la hausse par rapport aux réponses à la baisse). L’agrégation des est
Composition PAO :
faite selon le poids de chaque unité répondante au sein de la branche (en termesMarie-Isabelle LARDET, Françoise LEROND
d’effectifs et de chiffres d’affaires), ensuite par le poids respectif du secteur dans
Crédit photos : le total. Cette enquête de conjoncture est réalisée chaque mois auprès de 150
Comité régional du tourisme ; Chambre régio- entreprises représentatives de l’industrie régionale.
nale d'agriculture ; Comité départemental du
tourisme de la Manche.
Attaché de presse :
Philippe LEMARCHAND
Cette analyse trimestrielle est réalisée par la Direction régionale de l'Insee de02.31.15.11.14
Basse-Normandie, en lien avec la Banque de France.
© INSEE 2011

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