La conjoncture en Basse-Normandie au premier trimestre 2012. Augmentation du chômage dans un contexte de morosité économique

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Cent pour cent Basse-Normandie La conjoncture en Basse-Normandie au premier trimestre 2012 Augmentation du chômage dans un contexte de morosité économique En Basse-Normandie l’activité économique a Contexte national faiblement progressé au premier trimestre 2012. L’emploi salarié dans les secteurs mar- Le PIB ne connaît pas d’évolution au pre- chands s’est néanmoins redressé (+ 0,3 %) mier trimestre 2012 ; les importations ont après deux trimestres de baisse. une légère tendance à augmenter, mais les exportations ralentissent. L’activité industrielle a marqué le pas, mais les effectifs industriels se sont stabilisés. Si l’in- Si le pouvoir d’achat des ménages se stabi- dustrie agroalimentaire a connu une crois- lise après deux trimestres de repli, la sance de sa production tout au long du consommation des ménages reste peu dy- trimestre, l’activité s’est, en revanche, repliée namique. Les dépenses en produits manu- dans l’industrie automobile, confrontée à une facturés se rétractent, notamment celles demande en baisse. d’automobiles. Quant aux dépenses en ser- Dans la construction, les conditions climati-vices, elles évoluent peu. ques ont freiné les chantiers et pénalisé les Dans ce contexte, la production de biens et travaux publics. Le secteur perd encore 140 emplois (- 0,4 %).services continue de tourner au ralenti, et les investissements marquent le pas (- 0,7 % L’activité commerciale a été globalement mo-après + 1,3 % le trimestre précédent).
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Cent pour cent
Basse-Normandie
La conjoncture en Basse-Normandie
au premier trimestre 2012
Augmentation du chômage
dans un contexte de morosité économique
En Basse-Normandie l’activité économique a
Contexte national faiblement progressé au premier trimestre
2012. L’emploi salarié dans les secteurs mar-
Le PIB ne connaît pas d’évolution au pre- chands s’est néanmoins redressé (+ 0,3 %)
mier trimestre 2012 ; les importations ont après deux trimestres de baisse.
une légère tendance à augmenter, mais les
exportations ralentissent. L’activité industrielle a marqué le pas, mais les
effectifs industriels se sont stabilisés. Si l’in-
Si le pouvoir d’achat des ménages se stabi- dustrie agroalimentaire a connu une crois-
lise après deux trimestres de repli, la sance de sa production tout au long du
consommation des ménages reste peu dy- trimestre, l’activité s’est, en revanche, repliée
namique. Les dépenses en produits manu- dans l’industrie automobile, confrontée à une
facturés se rétractent, notamment celles demande en baisse.
d’automobiles. Quant aux dépenses en ser-
Dans la construction, les conditions climati-vices, elles évoluent peu.
ques ont freiné les chantiers et pénalisé les
Dans ce contexte, la production de biens et travaux publics. Le secteur perd encore 140
emplois (- 0,4 %).services continue de tourner au ralenti, et
les investissements marquent le pas (- 0,7 %
L’activité commerciale a été globalement mo-après + 1,3 % le trimestre précédent).
rose en ce début d’année dans un contexte de
Après deux trimestres de contraction, l’em- baisse de la consommation des ménages.
ploi dans les secteurs marchands augmente
En revanche, l’activité a accéléré dans les servi-légèrement au premier trimestre 2012
ces marchands où certains secteurs ont renfor-(+ 0,1 %), grâce principalement au tertiaire
cé leurs effectifs. C’est le cas dans les serviceshors intérim (+ 0,2 %). L’emploi dans la
de soutien aux entreprises (+ 0,7 %), mais aussiconstruction est aussi en hausse (+ 0,4 %)
pour l’hébergement-restauration (+ 0,6 %), lié
après trois trimestres de pertes d’emploi.
à une fréquentation hôtelière accrue au
Les effectifs dans l’intérim se maintiennent premier trimestre (+ 4 %).
(- 0,1 %) après deux trimestres de forte
baisse. En revanche, les pertes d’emploi Malgré une évolution positive de l’emploi sala-
dans l’industrie se poursuivent (- 0,2 %). rié, le taux de chômage en Basse-Normandie a
fortement augmenté au premier trimestre
Pour la France métropolitaine, avec 2,7 mil- (+ 0,3 point), suivant en cela la tendance natio-
lions de personnes au chômage, le taux de nale. Il atteint 9,1 % de la population active au
chômage s’élève à 9,6 %, tant pour les hom- premier trimestre 2012. L’augmentation est
mes que pour les femmes. En hausse de 0,3 sensible dans les trois départements, mais sur-
point par rapport au quatrième trimestre tout dans le Calvados (+ 0,4 point).
2011, il retrouve son niveau de 1999.
Alain COËNON, Anne-Solange GONY,
Matthieu BOIVIN, Insee
Cent pour Cent Basse-Normandie n° 231 - juillet 2012 1
n° 231 - juillet 2012
ConjonctureL’activité industrielle marque le pas
L’utilisation des capacités de production reste très en deçà de sa
moyenne de longue période.
L’activité a évolué négativement dans le secteur du matériel de
transport et dans une moindre mesure dans celui des équipements
électriques. A l’inverse, les industries agroalimentaires enregistrent
une progression de leur production tout au long du trimestre.
Les effectifs industriels n’évoluent pas ; les salariés en intérim cons-
tituent toujours la première variable d’ajustement.
Des carnets de commande insuffisants dans l’industrie
Dans l’ensemble des secteurs industriels bas-normands, les chefs
d’entreprises jugent insuffisant le niveau des carnets de commande.
Le manque de dynamisme de la demande intérieure n’est plus com-
pensé par les prises d’ordres à l’étranger qui se contractent, notam-
ment en février.
Face à ce repli d’activité constaté tout au long du trimestre, les chefs
d’entreprises ajustent le niveau des stocks afin de limiter l’impact
financier sur la trésorerie des entreprises.
L’activité de la construction se dégrade
Alors qu’au dernier trimestre 2011 le marché du neuf se redressait
en Basse-Normandie, en ce début d’année, il suit la tendance à la
baisse qui prévaut au niveau national. Les mises en chantier, mais
également les autorisations de permis de construire, diminuent
sensiblement tant pour les logements individuels que pour les loge-
ments collectifs. Seules, les mises en chantier de locaux profession-
nels redémarrent légèrement.
L’attentisme des particuliers sur le marché de l’entretien-améliora-
tion freine également l’activité. Quant à la commande publique, elle
s’oriente toujours à la baisse.
Paradoxalement, la durée moyenne des carnets de commande pro-
gresse légèrement (4,4 mois contre 4,1 mois le trimestre précé-
dent). Cette amélioration s’explique par une demande accrue
adressée aux entreprises de second œuvre.
2Conjoncture régionale au premier trimestre 2012
La reprise des créations d’entreprises
portée par les auto-entrepreneurs
Le nombre de créations d’entreprises bas-normandes repart à la
hausse au premier trimestre. En données corrigées des variations
saisonnières, les créations augmentent de 4,8 % par
rapport au quatrième trimestre 2011.
Les créations par les auto-entrepreneurs, dont on constatait la
baisse depuis deux ans (- 28 %), regagnent 9,2 % ce trimestre en
données CVS et représentent toujours plus de la moitié des
créations (56,2 %). Ce regain des créations par les auto-entrepre-
neurs s’accompagne d’une stabilité des autres créations d’entre-
prises (- 0,4 %).
L’emploi salarié se redresse salarié bas-normand se redresse au premier trimestre
2012 (+ 0,3 %), grâce principalement à la progression des effectifs
des services marchands hors intérim (+ 0,8 %). Le commerce recrée
des emplois (+ 0,2 %). Les effectifs permanents de l’industrie se sta-
bilisent (0,0 %), ainsi que l’intérim (+ 0,1 %) après deux trimestres de
baisse. La construction continue quant à elle de perdre des emplois
(- 0,4 %), soit près de 800 emplois permanents en un an.
Si le niveau d’emploi se stabilise dans l’Orne et le Calvados, il pro-
gresse dans la Manche (+ 0,9 %), où seule la construction continue
de perdre des emplois. Dans le Calvados, des embauches dans les
services (+ 0,6 %) compensent la baisse dans les autres secteurs.
Dans l’Orne, les services et le commerce gagnent des emplois con-
trairement à l’industrie (- 0,5 %) et l’intérim (- 4,8 %).
Si l’emploi salarié bas-normand des secteurs marchands non agrico-
les gagne des emplois au premier trimestre (912), le bilan reste né-
gatif sur douze mois (- 0,2 %).
Augmentation du taux de chômage,
stabilité des demandes d’emploi en fin de mois
Le taux de chômage régional au sens du Bureau International du Tra-
vail s’établit en moyenne au premier trimestre à 9,1 % de la popula-
tion active (9,6 % en France métropolitaine ), en augmentation de
0,3 point par rapport au trimestre précédent.
Cette augmentation du chômage s’accompagne d’un maintien à un
niveau élevé des demandes d’emploi en fin de mois. A la fin du mois
de mars, le nombre d’inscrits à Pôle Emploi en catégorie A atteignait
58 600 personnes en données corrigées des variations saisonnières.
Cette stabilité apparente cache des situations différentes selon les
âges. Ainsi, la catégorie des plus de 50 ans, particulièrement vulné-
rable, est la seule à enregistrer une augmentation des demandes
d’emploi.
Cent pour Cent Basse-Normandie n° 231 - juillet 2012 3
3Conjoncture régionale au premier trimestre 2012
La fréquentation hôtelière
reste dynamique en début d’année
Au premier trimestre, la fréquentation hôtelière a progressé de
près de 4 % par rapport à 2011. Les nuitées de la clientèle française
progressent de 1,8 %, celles de la clientèle étrangère de 23 %.
Néanmoins, la taille du parc hôtelier s’étant accrue, le taux d’oc-
cupation évolue peu (42,3 % contre 42,1 % au premier trimestre
de 2011). L’évolution de la fréquentation diffère selon les catégo-
ries d’hôtels : - 6 % pour les hôtels de 0-1 étoile, + 2 % pour les 2
étoiles et + 13 % pour les 3 étoiles et plus. Parmi ces derniers, les
hôtels de 4 et 5 étoiles bénéficient d’une hausse encore plus im-
portante (+ 30 %), qui dépasse l’augmentation du nombre de
chambres offertes (+ 25 %).
Rédaction achevée le 04 juillet 2012
De quoi parle-t-on ?
DIRECTION RÉGIONALE
DE L'INSEE
Les indices trimestriels d’évolution de l’emploi salarié que produit l’Insee au niveau
DE BASSE-NORMANDIE
national et local sont issus du dispositif Epure. La source Epure est construite à partir
de trois sources administratives de trois partenaires : l’Urssaf, la MSA, et la DGFIP qui
gère le traitement des fichiers de paye des trois fonctions publiques. Ainsi, constitué 5 rue Claude Bloch
des établissements de toutes tailles employant des salariés et relevant du régime gé- BP 95137
néral de sécurité sociale ou d’un régime assimilé, le champ Epure couvre la quasi-tota- 14024 CAEN cedex
lité de l’emploi salarié. Tél.:0231457333
Le taux de chômage, calculé en moyenne trimestrielle, est estimé au sens du Bureau www.insee.fr/basse-normandie
International du Travail (BIT) à partir de l’Enquête Emploi en continu et en adoptant les
critères européens. Est définie comme chômeur toute personne qui déclare ne pas Directrice de la publication :
avoir travaillé au cours d’une semaine déterminée, être à la recherche active d’un em- Maryse CHODORGE
ploi et être disponible dans les 15 jours qui suivent pour prendre un travail.
Service études et diffusion :
Un demandeur d’emploi en fin de mois (DEFM) de catégorie A est une personne sans Julien BECHTEL
emploi tenue de faire des actes positifs de recherche d’emploi.
Rédacteur en chef :
Le taux d’utilisation des capacités de production industrielle, le niveau des carnets Didier BERTHELOT
de commande et des stocks sont calculés à partir de l’enquête de conjoncture réalisée
tous les mois par la Banque de France. Le premier indicateur est une moyenne d’une Composition PAO :
variable numérique, les deux autres sont des soldes d’opinions (une valeur proche de Françoise LEROND
0 indique une relative égalité des réponses à la hausse par rapport aux réponses à la Marie-Isabelle LARDET
baisse). L’agrégation des réponses est faite selon le poids de chaque unité répondante
au sein de la branche (en termes d’effectifs et de chiffres d’affaires), ensuite par le Attaché de presse :
poids respectif du secteur dans le total. Cette enquête de conjoncture est réalisée Philippe LEMARCHAND
chaque mois auprès de 150 entreprises représentatives de l’industrie régionale. 02 31 15 11 14
© Insee 2012
Cette analyse trimestrielle est réalisée par la Direction régionale de l'Insee de
Basse-Normandie, en lienaveclaBanque deFrance.
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