La conjoncture en Basse-Normandie au quatrième trimestre 2011. Malgré une reprise de l’activité, l’emploi continue de se dégrader.

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Cent pour cent Basse-Normandie La conjoncture en Basse-Normandie au quatrième trimestre 2011 Malgré une reprise de l’activité, l’emploi continue de se dégrader En Basse-Normandie, l’activité économique Contexte National s’est raffermie au quatrième trimestre 2011. Les secteurs du commerce et des services, tels En France, le PIB progresse de + 0,2 % au que l’hébergement-restauration, ont progres- quatrième trimestre 2011, après + 0,3 % au sé et la production industrielle a rebondi, en- troisième trimestre. Cette progression du traînant une quasi-stabilisation des effectifs PIB a notamment été portée par l’accéléra- salariés permanents. tion des investissements (+ 1,1 %). L’activité L’industrie agroalimentaire a été stimulée par a, par ailleurs, été soutenue par les échan- une demande à l’export qui s’est accélérée sur ges extérieurs, avec l’augmentation des ex- le marché de la viande. Le secteur a encore per- portations. Sur l’année, le PIB a augmenté du une centaine d’emplois permanents au de 1,7 %, après + 1,4 % en 2010. cours du trimestre. Le secteur du bâtiment enregistre à nouveauEn fin d’année, les dépenses de consomma- une baisse d’activité. La commande publiquetion des ménages ont légèrement ralenti, le reste rare et l’activité sur le marché de l’entre-pouvoir d’achat de ces derniers s’est érodé. tien amélioration est atone. Seules les mises en chantier de logements marquent une nette re- Néanmoins, sur l’ensemble de l’année, le prise.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Cent pour cent
Basse-Normandie
La conjoncture en Basse-Normandie
au quatrième trimestre 2011
Malgré une reprise de l’activité, l’emploi continue
de se dégrader
En Basse-Normandie, l’activité économique
Contexte National s’est raffermie au quatrième trimestre 2011.
Les secteurs du commerce et des services, tels
En France, le PIB progresse de + 0,2 % au que l’hébergement-restauration, ont progres-
quatrième trimestre 2011, après + 0,3 % au sé et la production industrielle a rebondi, en-
troisième trimestre. Cette progression du traînant une quasi-stabilisation des effectifs
PIB a notamment été portée par l’accéléra- salariés permanents.
tion des investissements (+ 1,1 %). L’activité
L’industrie agroalimentaire a été stimulée par
a, par ailleurs, été soutenue par les échan-
une demande à l’export qui s’est accélérée sur
ges extérieurs, avec l’augmentation des ex- le marché de la viande. Le secteur a encore per-
portations. Sur l’année, le PIB a augmenté du une centaine d’emplois permanents au
de 1,7 %, après + 1,4 % en 2010. cours du trimestre.
Le secteur du bâtiment enregistre à nouveauEn fin d’année, les dépenses de consomma-
une baisse d’activité. La commande publiquetion des ménages ont légèrement ralenti, le
reste rare et l’activité sur le marché de l’entre-pouvoir d’achat de ces derniers s’est érodé.
tien amélioration est atone. Seules les mises en
chantier de logements marquent une nette re-
Néanmoins, sur l’ensemble de l’année, le prise. Dans les travaux publics, l’activité
continue de manquer de dynamisme.pouvoir d’achat des ménages a accéléré :
+ 1,1 %. Ramené à un niveau individuel, il a Pour la première fois depuis le second se-
augmenté de 0,4 %. Le taux d’épargne, mestre 2009, l’emploi marchand a baissé au se-
pour sa part, a progressé de 0,7 point au to- cond semestre 2011, affichant - 0,3 % au
tal en 2011 pour s’établir à 16,8 %, son plus quatrième trimestre, essentiellement en rai-
son d’un fort recul de l’intérim (- 2,5 %), aprèshaut niveau depuis 1983.
une baisse identique constatée au trimestre
Les ménages restent prudents dans un précédent.
contexte d’emploi incertain. En effet, l’em-
Après avoir reculé de 0,4 point entre mi-2009ploi s’est replié au quatrième trimestre
et mi-2011, le taux de chômage en Basse-Nor-
2011, surtout du fait de l’intérim : il perd à
mandie s’est stabilisé au second semestre
nouveau des postes depuis le troisième tri- 2011. Il atteint 8,8 % de la population active au
mestre 2011 après avoir connu neuf trimes- quatrième trimestre 2011. Cette stabilité ré-
tres de hausse. Toutefois, sur un an, l’emploi gionale cache toutefois des disparités départe-
salarié des secteurs marchands a progressé mentales : alors que le taux de chômage a
de 0,4 % en France. Malgré cela, le taux de baissé de 0,2 point dans la Manche sur les six
chômage augmente. Au quatrième tri- derniers mois, il a augmenté de 0,3 point dans
le Calvados.mestre 2011, il s’établit à 9,8 % de la popula-
tion active en France (y compris Dom). Pour
la France métropolitaine, le taux de chô-
Alain COËNON, Anne-Solange GONY,mage, en hausse de 0,1 point, s’élève à
9,4 %, soit 2,7 millions de personnes. Matthieu BOIVIN, Insee
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n° 229 - mai 2012
ConjonctureReprise de la production industrielle
L’accélération de la bas-normande au cours
du quatrième trimestre s’est traduite par une meilleure utilisation
des capacités de production. Celle-ci reste toutefois très en deçà de
sa moyenne de longue période.
La reprise est portée par les secteurs des transports, des autres pro-
duits industriels et dans une moindre mesure par les IAA.
Malgré un environnement macro-économique incertain, les chefs
d’entreprises anticipent une légère progression de l’activité pour le
début 2012.
Des carnets de commandes peu fournis
Malgré un rebond de la demande extérieure en décembre, les car-
nets de commande des industries bas-normandes restent insuffi-
samment garnis. Seul, le secteur des autres produits industriels a un
plan de charge jugé normal.
Les stocks de produits finis sont maîtrisés et paraissent normaux
dans l’ensemble des secteurs industriels.
Comme au trimestre précédent, l’érosion des effectifs se poursuit
touchant principalement le personnel en intérim.
L’activité du BTP continue de se dégrader
Au quatrième trimestre, l’industrie du bâtiment enregistre une
nouvelle baisse d’activité. La commande publique reste rare et
l’activité sur le marché de l’entretien amélioration se dégrade for-
tement. Seul, le du neuf connaît une embellie avec une
nette progression des mises en chantier de logements individuels
et collectifs.
Cependant, la baisse d’activité se fait ressentir sur le plan de charges
des entreprises et la durée moyenne des carnets de commande
passe de 4,4 mois à 4,1 mois. De plus, les anticipations des chefs
d’entreprises restent négatives en particulier dans la Manche et
l’Orne.
2Conjoncture régionale au quatrième trimestre 2011
Les créations d’entreprises s’essoufflent
Le nombre de créations d’entreprises bas-normandes est de nou-
veau en baisse au quatrième trimestre. En données corrigées des va-
riations saisonnières (CVS), les créations d’entreprises diminuent de
5,3 % par rapport au troisième trimestre 2011 et de 22,1 % par rap-
port au pic du premier trimestre 2010. Ce déclin n’est pas une spéci-
ficité bas-normande, il s’observe aussi au niveau national. Il
s’explique d’abord par la forte chute des créations par les autoentre-
preneurs qui a eu lieu à partir du deuxième trimestre 2010. Ces der-
nières sont en régression de 35,7 % depuis cette date et encore de
10,2 % ce trimestre en données CVS. La mise en place de ce statut
début 2009 avait créé un appel d’air prononcé vers la création d’en-
treprise. Passé cet élan, les créations d’entreprises par les autoen-
trepreneurs se sont rétractées pour tendre vers un niveau plus
mesuré. Elles représentent cependant toujours plus de la moitié des
créations (54 %). Cet affaiblissement des créations par les autoen-
trepreneurs s’accompagne d’une stabilité des autres créations d’en-
treprises (+ 0,5 %).
L’emploi salarié poursuit sa baisse salarié bas-normand baisse sensiblement au quatrième tri-
mestre 2011 (- 0,3 %). Cette nouvelle dégradation s’explique par une
nouvelle diminution des effectifs intérimaires (- 2,5 %). Des emplois
permanents affichent une baisse dans le commerce et les services
hors intérim (- 0,4 %). L’emploi salarié en Basse-Normandie est donc
toujours loin de retrouver son niveau d’avant la crise. Depuis le pic du
quatrième trimestre 2007, environ 12 000 emplois ont été détruits,
pour une large majorité dans l’industrie et l’intérim.
L’Orne est le département qui souffre le plus (- 0,8 %) avec des per-
tes d’emplois dans la construction (- 1,2 %), le commerce (- 1%), les
services (- 0,9 %), mais aussi dans l’industrie (- 0,4 %). L’emploi est
également en recul dans la Manche (- 0,4 %). Les effectifs salariés y
déclinent plus particulièrement dans l’intérim (- 4 %) et le com-
merce (- 0,8 %) tandis que la construction gagne des emplois (+ 1,3
%). Malgré un emploi intérimaire en baisse (- 2,1 %), le Calvados
maintient son salarié grâce à des créations d’emplois dans
les services marchands hors intérim (+ 0,3 %).
Au total, l’emploi salarié des secteurs marchands non agricoles perd
830 emplois au quatrième trimestre.
Stabilité du taux de chômage, augmentation des
demandeurs d’emploi
Le taux de chômage régional au sens du Bureau International du Tra-
vail s’établit en moyenne au quatrième trimestre à 8,8 % de la popu-
lation active (9,4 % en France métropolitaine), soit à un niveau stable
par rapport au trimestre précédent.
Cette stabilité du chômage s’accompagne d’une augmentation des
demandeurs d’emploi en fin de mois. Fin décembre, le nombre
d’inscrits à Pôle Emploi en catégorie A atteignait 57 700 personnes
en données corrigées des variations saisonnières. Les trois départe-
ments bas-normands subissent une hausse du nombre de deman-
deurs d’emploi en fin de mois.
Cent pour Cent Basse-Normandie n° 229 - mai 2012 3
3Conjoncture régionale au quatrième trimestre 2011
Augmentation record de la fréquentation hôtelière
Au quatrième trimestre, la hôtelière a augmenté de
9,8 % par rapport à 2010. L’automne a connu une activité remarqua-
blement dynamique, surtout en comparaison avec la fin de l’année
2010 qui avait été très médiocre. Les nuitées de la clientèle française
augmentent de 9,3 %, celles de la clientèle étrangère de 12,2 %.
Chaque mois enregistre une hausse, mais tout particulièrement le
mois de décembre (+ 13 %). Le taux d’occupation atteint 46 % contre
42,6 % au dernier trimestre 2010. L’augmentation de la fréquenta-
tion est d’autant plus importante que l’on monte en gamme : si les
hôtels de 0-1 étoile ont connu une modeste augmentation de 2 %,
les 3 étoiles et plus voyaient leur fréquentation croître de 20 %. Par-
mi ces derniers, les hôtels de 4 et 5 étoiles bénéficient même d’une
hausse tout à fait exceptionnelle (+ 50 %), qui excède largement
l’augmentation du nombre de chambres offertes (+ 25 %).
Rédaction achevée le 4 mai 2012
De quoi parle-t-on ?
DIRECTION RÉGIONALE
DE L'INSEE
Les indices trimestriels d’évolution de l’emploi salarié que produit l’Insee au niveau
DE BASSE-NORMANDIE
national et local sont issus du dispositif Epure. La source Epure est construite à partir
de trois sources administratives de trois partenaires : l’Urssaf, la MSA, et la DGFIP qui
gère le traitement des fichiers de paye des trois fonctions publiques. Ainsi, constitué 5 rue Claude Bloch
des établissements de toutes tailles employant des salariés et relevant du régime gé- BP 95137
néral de sécurité sociale ou d’un régime assimilé, le champ Epure couvre la quasi-tota- 14024 CAEN cedex
lité de l’emploi salarié. Tél.:0231457333
Le taux de chômage, calculé en moyenne trimestrielle, est estimé au sens du Bureau www.insee.fr/basse-normandie
International du Travail (BIT) à partir de l’Enquête Emploi en continu et en adoptant les
critères européens. Est définie comme chômeur toute personne qui déclare ne pas Directrice de la publication :
avoir travaillé au cours d’une semaine déterminée, être à la recherche active d’un em- Maryse CHODORGE
ploi et être disponible dans les 15 jours qui suivent pour prendre un travail.
Service études et diffusion :
Un demandeur d’emploi en fin de mois (DEFM) de catégorie A est une personne sans Julien BECHTEL
emploi tenue de faire des actes positifs de recherche d’emploi.
Rédacteur en chef :
Le taux d’utilisation des capacités de production industrielle, le niveau des carnets Didier BERTHELOT
de commande et des stocks sont calculés à partir de l’enquête de conjoncture réalisée
tous les mois par la Banque de France. Le premier indicateur est une moyenne d’une Composition PAO :
variable numérique, les deux autres sont des soldes d’opinions (une valeur proche de Françoise LEROND
0 indique une relative égalité des réponses à la hausse par rapport aux réponses à la Marie-Isabelle LARDET
baisse). L’agrégation des réponses est faite selon le poids de chaque unité répondante
au sein de la branche (en termes d’effectifs et de chiffres d’affaires), ensuite par le Attaché de presse :
poids respectif du secteur dans le total. Cette enquête de conjoncture est réalisée Philippe LEMARCHAND
chaque mois auprès de 150 entreprises représentatives de l’industrie régionale. 02 31 15 11 14
© Insee 2012
Cette analyse trimestrielle est réalisée par la Direction régionale de l'Insee de
Basse-Normandie, en lienaveclaBanque deFrance.
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