La création d'entreprises en Haute-Normandie : Qui sont les nouveaux entrepreneurs?

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Le profil du créateur d'entreprise en Haute-Normandie est relativement proche de celui observé en France ou en province. Le dispositif de l'enquête SINE mis au point par l'INSEE permet de suivre sur une durée de cinq ans un échantillon de jeunes entrepreneurs et d'étudier l'entreprise nouvelle et son environnement. Cet article se propose d'approcher la création d'entreprise en Haute-Normandie par une analyse de variables qualitatives comme l'expérience professionnelle du créateur, son niveau de formation initiale, son statut au départ ou ses motivations. Il fait également le point sur la création d'emploi dans ces structures.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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LA CRÉATION D’ENTREPRISE EN HAUTENORMANDIE
Qui sont les nouveaux entrepreneurs ?
André BOHL
’âge moyen des créateursçants). On peut d’ailleurs noter que la Le profil du créateur L d’entreprises est de 38 ans et lagrande majorité sont des primo créateurs d’entreprise en qui se consacrent exclusivement à leur moitié ont moins de 37 ans. Passé cin nouvelle entreprise. Un sur cinq cepen HauteNormandie estquante ans, relativement peu de person dant déclare une autre activité, salariée nes (15%) créent une entreprise. Cette relativement proche de celui ou non. population est composée à 70% observé en France ou en La création d’entreprise est aussi le d’hommes. La proportion d’étrangers qui province. Le dispositif demoyen de créer son propre emploi ou de créent leur entreprise en HauteNor sortir d’une situation sociale difficile. Plus mandie est de 6,5% dont un peu moins l’enquête SINE mis au point d’un tiers des créateurs d’entreprises de la moitié vient de l’Union européenne. par l’INSEE permet de suivre étaient des chômeurs avant de s’enga sur une durée de cinq ans unger dans cette voie. Près de 45% étaient inscrits à l’ANPE depuis plus d’un an. Un échantillon de jeunesLES CRÉATEURS S’APPUIENT sur huit touchait le RMI ou l’allocation SUR LEUR CONNAISSANCE entrepreneurs et d’étudier spécifique de solidarité. DU SECTEUR D’ACTIVITÉ l’entreprise nouvelle et son La formation initiale du créateur hautnormand est assez proche de la environnement. Cet article sePrès de six créateurs d’entreprises moyenne française. D’une façon géné sur dix connaissent le secteur d’activité propose d’approcher la rale, les créateurs de la région ont moins dans lequel ils se lancent. Ce sont le plus création d’entreprise en souvent un bac général ou un diplôme de souvent d’anciens salariés qui ont profité HauteNormandie par uned’une expérience préalable d’au moins trois ans. Près de la moitié ont mêmeDIPLÔME DU CRÉATEUR EN 1998 analyse de variables plus de dix ans d’expérience, acquise le qualitatives comme 2e et 3e cycle universitaire plus souvent dans de petites structures 14,7% CE l’expérience professionnelle du dipl1er cycle (moins de 50 salariés). Ce constat corro 24,universitaire 6,3% bore le fait que peu d’étudiants se lan créateur, son niveau de BTS, DUT c e n td a n sl ac r é a t i o nd ’ e n t r e p r i s e1,4% formation initiale, son statut immédiatement après leurs études. En Bac général au départ ou ses motivations.ou technique revanche, ce sont les anciens employés 8,6% Il fait également le point sur laqui sont les plus nombreux (31%), suivis BE 21, d’anciens ouvriers (16%) et d’anciens création d’emploi dans cesCAP, BEP cadres (12,5%), soit presque autant que 22,3% structures. Source : INSEE  Enquête SINE 1998 ceux qui étaient déjà indépendants (es sentiellement des artisans et commer l’enseignement supérieur qu’ailleurs. Les deux tiers n’ont pas suivi de formation par ticulièrepour monter leur projet. ACTIVITÉ ANTÉRIEURE DU CRÉATEUR DE L’ENTREPRISE Quand ils l’ont fait, cette formation leur a été le plus souvent imposée. Artisan Chef d’entreprise Cadre UNE CERTAINE VOLONTÉ Agent de maîtrise D’INDÉPENDANCE Profession intermédiaire Employé La moitié des nouveaux créateurs Ouvrier jugent utiles les conseils que leur entou Etudiant rage leur a apportés, notamment l’envi Sans activité r o n n e m e n tfa m i l i a l .L e sd e u xt i e r s 0 510 15 2025 3035 connaissaient des entrepreneurs mais Source : INSEE  Enquête SINE 1998Unité :%
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leur projet n’a que très rarement été dejeunes entreprises ont aussi recours à LES ENQUETES SINE reprendre l’entreprise d’un proche. Trèsl’emprunt bancaire. En revanche, elles souvent, il s’est agi de créer une entren’ont que peu de relations financièresAfin de mieux connaître la réalité éco nomique des entreprises récemment prise totalement nouvelle et le projet aavec d’autres sociétés : seulement 9% créées, l’INSEE a mis au point un sys été mené seul ou avec le conjoint car cedes entreprises ont bénéficié de partici tème d’information sur les nouvelles projet répond à un besoin d’indépenpations d’autres sociétés. entreprises (SINE). Cette méthode per met de suivre, sur cinq ans, ces nou dance ou correspond au goût d’entre velles entités. prendre. Dans 40% des cas, c’est aussi Les entreprises retenues ont fait l’ob l’oppor tunitéqui s’est présentée. LesUNE CLIENTÈLE jet d’une première enquête en 1998, nouveaux créateurs font assez peu appelEN FONCTION DE L’ACTIVITÉont été de nouveau interrogées en 2001 et le seront aussi en 2003. aux services d’organismes de soutien à Ces enquêtes successives permettent la création. Cette volonté d’indépenLe créateur d’entreprise est bien de mieux appréhender le profil des dance affichée du candidat à la créationsouvent seul pour mener son projet. Lacréateurs et de déterminer quels fac teurs favorisent la pérennité de ces perdure une fois le projet monté. Le créaqualité des relations tissées par la nou nouvelles entités. Actuellement, deux teur dirige son affaire le plus souventvelle entreprise est un facteur important séries d’enquêtes ont déjà été menées seul ou avec son conjoint. Huit fois surde son évolution. Une clientèle insuffi (l’une en 1994, l’autre en 1998) ; une troisième, lancée en 2002, est actuelle dix, il envisage de rester à son compte desante, une trop grande dépendance ment en cours. façon durable. L’objectif poursuivi lors devisàvis d’un donneur d’ordre ou la diffi Les entreprises enquêtées appartien la création est, dans plus d’un cas surculté à obtenir un prêt bancaire peuvent nent au champ ICS (*). Les secteurs deux, d’assurer son emploi et, quatre foissérieusement menacer la viabilité ded’activité les plus représentés sont le commerce (pour un tiers d’entreelles), sur dix, de développer l’entreprise.l’entreprise. Au départ, pour les deux les services aux entreprises et les ser tiers d’entre elles, les particuliers consti vices aux particuliers (environ 30%). tuent les principaux clients..Très peu de (*) Le champ ICS regroupe les secteurs UNE STRUCTURE FINANCIÈREnouvelles entreprises ont pour client de l’industrie, de la construction, du com SOUVENT LÉGÈREprincipal une administration ou un orga merce et des services marchands, à l’ex nisme public. La diversité de la clientèleclusion de l’agriculture et des institutions financières. Au départ, la jeune entreprise disest fonction du secteur d’activité : les pose souvent d’assez peu de ressourparticuliers constituent naturellement la c e s .L e sm oy e n sd i s p o n i b l e sa uplus grande part de la clientèle du com L’écrasante majorité des jeunes en démarrage de l’activité sont, dans lamerce de proximité ou de l’artisanat treprises (90%) n’ont aucun lien de coo moitié des cas, inférieurs à 8 000(construction, commerce ou services, ceci pération et ne mettent que rarement des en raison d’une proportion élevée d’enaux particuliers), les chiffres d’affaires moyens en commun pour partager cer treprises individuelles. Près de 30% desétant concentrés sur quelques clients t a i n e sfo n c t i o n s .L e sf r a n c h i s e se t projets ont été réalisés avec un capital dedans l’industrie ou les services aux en concessions sont par exemple assez peu 7 622treprises. Dans la grande majorité des, somme nécessaire pour créer répandues (un peu plus dans les activi une SARL ou une EURL. Pour la plupartcas, cette clientèle est locale ou régio tés commerciales). Les relations avec les des créations (70%), le financement denale (80%) mais certaines entreprises autres entreprises sont en fait limitées départ provient de ressources personnouvelles opèrent sur un marché natio aux clients ou aux fournisseurs. Parmi nelles ou familiales. Mais ce n’est pas lanal (14%) ; elle est plus rarement inter ces derniers, on trouve des services que, seule source de financement car lesnationale (5%). très souvent, les petites entreprises ex ternalisent. Le recours à des cabinets de FINANCEMENT DES INVESTISSEMENTS RÉALISÉS PAR LES JEUNES ENTREPRISES comptabilité et de gestion est de loin le service le plus sollicité ; viennent ensuite Emprunt bancaire les services de communication. Ces Aucun investissement deux types d’activités externalisées sont d’ailleurs plus fréquents en HauteNor Réserves de l’entreprise Ressources personnellesmandie que dans les autres régions de province. Mais il est intéressant de noter Créditbail que 20% de ces entreprises récemment Autre type d’emprunt1998 2001 créées ne font appel à aucun service Augmentation ou apport en capital extérieur. Subventions En revanche, les jeunes entreprises 0 1020 30 40 50 qui agissent en qualité de soustraitants Source : INSEE  Enquête SINE 1998Unité : % sont un peu plus nombreuses (une sur
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quatre). Ce type de coopération est assez TAUX DE SURVIE EN 2001 DES ENTREPRISES CRÉÉES EN 1998 fréquent dans les secteurs de la cons truction (une entreprise sur deux effectue Industrie des travaux en soustraitance), du comConstruction merce et des services aux entreprises. Commerce Services 0 20 40 6080 PRÈS DE SEPT NOUVELLES ENTITÉS Source : INSEE  Enquête SINE 1998Unité : % Champ : ICS SUR DIX PERDURENT AUDELÀ DE TROIS ANS
les créations pures survivantes se sont secteur du commerce qui, malgré une Au démarrage, de nombreuses nou développées : elles sont deux fois plus légère baisse des effectifs, reste de loin velles entreprises n’emploient aucun sa nombreuses à employer du personnel le plus important employeur. Le trans larié (69%). Les entrepreneurs individuels salarié (55% des créations nouvelles). Il por t,comme la construction, sont les débutent souvent seuls. En 1998, près de faut cependant observer que la création secteurs qui ont connu les plus fortes 3 6 %d e se m p l o i sc r é é sé t a i e n td e s d’emplois salariés peut aussi corres évolutions. En revanche, les emplois des postes de dirigeants, très peu étaient sa pondre à des transformations d’emplois services aux particuliers et aux entrepri lariés. Le nombre de nonsalariés, parmi initialement non salariés. Les postes ses sont moins nombreux lesquels on compte les conjointscollabo créés sont essentiellement à attribuer au rateurs, tend à diminuer. La disparition d’un tiers des entreprises mais égale L’EMPLOI (SALARIÉ OU NON) DANS LES ENTREPRISES CRÉÉES EN 1998 ET SURVIVANTES EN 2001 ment les changements de statut des diri SELON LE TYPE DE CRÉATION EN HAUTENORMANDIE geants qui deviennent salariés de leur Créations puresReprisesTotal entreprise en sont les principales causes.1998 Nombre d’entreprises1 1174981 615 Le taux de survie à trois ans des en Nombre de salariés1 6851 2612 946 treprises est de 65,5% pour la HauteNor Nombre total d’emplois3 0071 9244 931 m a n d i e ,c et a u xe s ti d e n t i q u eà la 2001 moyenne nationale. Autrement dit, près Nombres d’entreprises718 3401 058 Nombre de salariés2 1649313 095 de sept créations sur dix sont pérennes Nombre total d’emplois3 0141 4504 464 audelà de leur troisième anniversaire. Source : INSEE  Enquête SINE 1998 Cette moyenne masque cependant des différences selon le type de création et le secteur d’activité. Ainsi, les unités repri ÉVOLUTION DE L’EMPLOI SALARIÉ (HORS DIRIGEANTS) ses présentent dans leur ensemble un 1 400 taux de survie supérieur aux créations exnihiloqui ont tout à créer. 1 200 En termes d’emploi salarié, les créa 1 000 tions pures ou les reprises de l’année 1998 800 1998 ont permis la création ou le maintien 2001 de 4 930 postes de travail en HauteNor 600 mandie. Trois ans plus tard, les entrepri 400 ses survivantes mobilisent encore 4 460 actifs, soit une baisse de 10%. Dans le 200 même temps, 35% des entreprises ont 0 disparu. En 2001, le nombre d’actifs a Transports ConstructionIndustrie Services ServicesCommerce augmenté, passant de trois actifs par en (y. c. agroalimentaire)aux entreprisesaux particuliers treprise en 1998 à plus de quatre enUnité : emploiSource : INSEE  Enquête SINE 1998 2001. Au démarrage, moins d’un créateur exnihilosur quatre lance son affaire avec du personnel salarié, tandis que les repri ses se font, une fois sur deux, avec sala r i é s .Tr o i sa n sa p r è s ,l e su n i t é s employeuses qui ont fait l’objet d’une re prise sont aussi nombreuses, alors que
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