La demande de produits agricoles et des IAA stimulée par les exportations : le rôle majeur de la PAC

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La France est devenue, au plan mondial, un grand exportateur de produits de l'agriculture et des industries agro-alimentaires (IAA), en grande partie en raison du rôle joué par la Politique agricole commune (PAC) : une proportion importante de la production agricole française a bénéficié alors d'une protection extérieure et d'un soutien des prix permanents. Au cours des 20 dernières années, les exportations françaises de produits de l'agriculture et des produits dérivés des IAA ont augmenté beaucoup plus vite que la demande intérieure. Elles ont, en outre, profité d'une demande mondiale et communautaire en expansion. Certains produits des IAA (viande, sucre) ont bénéficié d'une aide directe de la PAC (soutien des prix, stocks d'intervention, etc.). Le développement des productions agricoles (céréales, oléagineux, protéagineux, gros bovins et veaux, lait) a aussi stimulé les IAA situées en aval. Par ailleurs, le secteur des IAA a été dynamisé par une importante demande des pays du Sud-Est asiatique et des pays de l'Est, du début des années 90 jusqu'à la crise asiatique. À la différence de la demande extérieure, la demande intérieure en produits agricoles et agro-alimentaires s'est progressivement ralentie. La demande finale des ménages a quantitativement peu augmenté. Quant à la demande « intermédiaire » des autres branches, en particulier des IAA, elle a profité des baisses des prix des produits agricoles.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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AGRICULTURE
La demande de produits
agricoles et des IAA stimulée
par les exportations :
le rôle majeur de la PAC
Christine
La France est devenue, au plan mondial, un grand exportateur de produits
Monceau*
de l’agriculture et des industries agro-alimentaires (IAA), en grande partie
en raison du rôle joué par la Politique agricole commune (PAC) : une proportion
importante de la production agricole française a bénéficié alors d’une protection
extérieure et d’un soutien des prix permanents.
Au cours des 20 dernières années, les exportations françaises de produits
de l’agriculture et des produits dérivés des IAA ont augmenté beaucoup plus vite
que la demande intérieure. Elles ont, en outre, profité d’une demande mondiale
et communautaire en expansion. Certains produits des IAA (viande, sucre) ont
bénéficié d’une aide directe de la PAC (soutien des prix, stocks d’intervention,
etc.). Le développement des productions agricoles (céréales, oléagineux,
protéagineux, gros bovins et veaux, lait) a aussi stimulé les IAA situées en aval.
Par ailleurs, le secteur des IAA a été dynamisé par une importante demande
des pays du Sud-Est asiatique et des pays de l’Est, du début des années 90
jusqu’à la crise asiatique.
À la différence de la demande extérieure, la demande intérieure en produits
agricoles et agro-alimentaires s’est progressivement ralentie. La demande finale
des ménages a quantitativement peu augmenté. Quant à la demande
« intermédiaire » des autres branches, en particulier des IAA, elle a profité
des baisses des prix des produits agricoles.
es échanges commerciaux se sont considéra En réalité, cette analyse ne vaut que pour les pro- -* Christine Monceau
appartenait à la division Lblement développés dans le monde pendant duits manufacturés. Jusqu’au milieu des années 90,
Agriculture de l’Insee au ces 50 dernières années. Le GATT (General les produits de l’agriculture et ceux des industries
moment de la rédaction
Agreement on Tariffs and Trade), créé agro-alimentaires (IAA) ont échappé à cettede cet article.
après-guerre, y a largement contribué, notamment logique et ne s’échangeaient pas librement sur le
par la réduction des tarifs douaniers. L’essor du marché. Les exportations de l’Union européenne
Les noms et dates entre commerce mondial, et notamment celui de la (UE), et en particulier celles de la France, ont béné-
parenthèses renvoient à France (cf. graphique I), se serait donc inscrit dans ficié du soutien de la Politique agricole commune
la bibliographie en fin
une logique de libéralisation des échanges. (PAC). L’instauration de barrières douanièresd’article.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 329-330, 1999-9/10 107vis-à-vis des pays tiers à l’UE, la mise en place de Limiter la dépendance agro-alimentaire
prix d’intervention assurant des prix minima, les de la Communauté européenne
subventions pour les produits exportés hors de
l’UE ont stimulé les exportations des pays mem Il n’en a pas toujours été ainsi. À l’aube de la créa- -
bres. Dans ce contexte, la France est devenue, au tion du marché agricole européen, à la fin des
plan mondial, un grand exportateur de produits de années 50, les pays d’Europe occidentale, en parti-
l’agriculture et des IAA. La réforme de la PAC de culier l’Allemagne, la France et l’Italie, étaient très
1992 a toutefois eu, entre autres objectifs, de fortement déficitaires dans le secteur agro-alimen-
réduire le soutien à l’exportation des États mem taire. La PAC, instituée dans le cadre du traité de-
bres de l’UE mais elle n’a pas remis en cause glo Rome, devait permettre de limiter la dépendance-
balement les bons résultats français à l’exportation. des pays membres de la Communauté européenne
Très performante, comme les Pays-Bas, sur le vis-à-vis du reste du monde, et de parvenir à l’auto-
commerce de produits « transformés », la France suffisance des besoins communautaires pour la
est également très bien placée pour les produits plupart des produits. Elle encouragea les agricul-
« bruts » derrière les États-Unis (cf. encadré 1). teurs européens à produire davantage en moderni-
sant leurs techniques de production, dans les
La France a donc largement contribué à la réduc meilleures conditions financières possibles. Des-
tion du déficit de l’UE, depuis la fin des années 70. Organisations communes de marché (OCM) furent
Entre 1977 et 1996, ses autres partenaires ont, eux alors mises en place pour chaque grande branche
aussi, accumulé de bons résultats commerciaux. de l’agriculture (céréales, bovins, lait, etc.), les
Ainsi, l’Union affiche un excédent croissant pour modalités d’application pouvant varier d’un pro-
les « produits transformés » depuis le milieu des duit à l’autre. Certains produits des IAA étaient
années 70. Elle est aujourd’hui la deuxième grande également directement aidés par la PAC (le sucre,
puissance exportatrice de biens agro-alimentaires les viandes notamment). Les OCM reposaient alors
derrière les États-Unis. sur la fixation d’un prix que la Communauté sou-
haitait assurer chaque année aux producteurs. Elles
Graphique I prévoyaient de stocker une partie de l’offre excé-
dentaire en cas de surproduction par le mécanismeÉvolution des emplois des produits manufacturés
de l’intervention. De plus, le cours communautaire(volumes aux prix de 1980)
étant en général supérieur au cours mondial, pour
Indices base 100 en 1977
certains produits les exportations des pays mem-
300 bres de la Communauté européenne vers les paysDemande intérieure Exportations
tiers étaient aidées et la Communauté versait alorsTotal des emplois
une restitution à l’exportateur couvrant le différen-250
tiel de prix.
200 Ainsi, jusqu’à la dernière réforme de la PAC mise
en application à partir de 1992, une proportion
importante de la production agricole communau-
150
taire bénéficiait-elle d’une protection extérieure et
d’un soutien des prix permanent.
100
1977 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995
Dans ce contexte, les exportations françaises de pro-
duits de l’agriculture et des produits dérivés des* Pour les définitions, se reporter à l'encadré 2.
Source : comptabilité nationale, base 1980. industries agro-alimentaires ont augmenté beaucoup
Tableau 1
Part dans le volume des emplois de la demande intérieure et des exportations*
En %
Produits manufacturés «1978» «1987» «1995»
75,4 74,1 67,9Demande intérieure
Exportations 24,6 25,9 32,1
Produits de l’agriculture et des IAA «1978» «1987» «1995»
89,6 85,4 81,9Demande intérieure
Exportations 10,4 14,6 18,1
* Pour les définitions, se reporter à l’annexe.
Lecture : « 1978 » = moyenne (1977, 1978, 1979) ; « 1987 » = moyenne (1986, 1987, 1988) ; « 1995 »= moyenne (1994, 1995, 1996).
Source : comptabilité nationale, base 1980.
108 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 329-330, 1999-9/10plus vite que la demande intérieure (cf. tableau 1) ; d’une demande mondiale et communautaire en
la demande finale des ménages, dont l’évolution expansion. La croissance des volumes exportés a
dépend essentiellement de facteurs démographi atteint 5,9 % en moyenne annuelle de « 1978 » à-
ques, a progressé modérément ; la demande de « 1987 » et 4,3 % de « 1987 » à « 1995 » (1). Ainsi,
biens agricoles par les autres branches de au cours des deux dernières décennies, la part des
l’industrie (principalement les IAA) n’a pas aug exportations dans les emplois (au sens de la-
menté proportionnellement à l’essor de l’offre.
1. Les dates entre guillemets représentent des moyennes calcu-Stimulées par la PAC pour certains produits, les lées sur trois ans ; par exemple, « 1978 » représente la moyenne
exportations françaises ont, en outre, bénéficié des années 1977, 1978 et 1979.
Encadré 1
LES CATÉGORIES DE PRODUITS DE l’AGRICULTURE
ET DES IAA RETENUS
Pour les produits agricoles, six catégories de biens ont été Une classification empirique
définies : pour le commerce extérieur
- les « produits PAC très aidés » regroupent céréales, Par ailleurs, une autre nomenclature de produits a été définie
oléagineux, protéagineux, gros bovins et veaux. Ces pro pour analyser les exportations. Elle utilise des regroupe- -
ductions sont celles qui ont été concernées par la réforme ments qui s’inspirent d’une nomenclature utilisée par le
de la PAC de 1992. Ministère américain de l’Agriculture. Ceux-ci visent à classer
- les « autres produits animaux » comprennent porcins, les produits suivant des critères qualitatifs simples : le degré
ovins-caprins, volailles, équins, animaux divers, œufs, de transformation des produits et leur destination finale
autres produits animaux. (demande finale des ménages ou entreprises). Il s’agit d’une
- le lait agricole classification empirique qui ne repose pas sur un indicateur
- les vins de valeur ajoutée, même si l’idée est sous-jacente. Cette
- les fruits et légumes nomenclature conduit à distinguer quatre classes de pro-
- les autres produits agricoles duits. Deux points méritent d’être précisées ; les animaux
vivants ont été intégrés au sein des produits « intermédiai-
Les équilibres définis dans l’encadré 2 ont été établis pour res », et non des produits « bruts », dans la mesure où ils
chacune de ces catégories. intègrent, avant l’abattage et la transformation, une valeur
ajoutée importante relativement aux produits dits « bruts ».
Pour les produits des IAA, seules les composantes Pour la même raison, les bulbes ont été classés avec les pro-
de la demande ont pu être analysées à un niveau duits ayant déjà subi une semi-transformation.
désagrégé de produit. Le niveau de détail retenu est
celui de la NAP90 : viandes et conserves de viande, Les produits « bruts » et « bruts consommables » corres-
lait et produits laitiers, conserves, pain et pâtisserie, pondent en nomenclature NAP aux produits agricoles. Hor-
travail du grain, huiles, sucre, autres produits ali mis les œufs, tous les biens « transformés » sont des-
mentaires, boissons et alcools, produits à base de produits des IAA. En revanche, les produits intermédiaires
tabac. n’appartiennent pas tous aux IAA.
Destination
Degré de transformation (croissant) Entreprises Ménages
Céréales, oléagineux, protéagineux,
bois brut, caoutchouc naturel, liège,
« bruts » coton, café non torréfié, cacao en
fèves, betteraves à sucre.
Fruits et légumes frais ou réfrigérés,
fleurs et plantes, poissons frais,« bruts consommables »
crustacés et mollusques frais.
Farines, corps gras, sucre, aliments
pour animaux, cuirs et peaux, animaux
vivants, bulbes, bois de chauffage et
de trituration, soie, laine, matière brute« intermédiaires »
d’origine animale, matière brute
d’origine végétale, amidon et fécule,
riz décortiqué, malt, café torréfié.
Viandes, produits laitiers, œufs,
légumes et fruits en conserve ou
congelés, poissons en conserve ou
congelés ou séchés, produits divers« transformés »
des IAA, cigares et cigarettes, produits
du travail du grain, épices, semoule,
boissons.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 329-330, 1999-9/10 109comptabilité nationale, cf. encadré 2) de produits hausse. Celle-ci s’est en effet accrue de 19 % entre
de l’agriculture et des IAA est passée de 10 % en « 1987 » et « 1995 » ; les exportations contribuaient
«1978»à15%en« 1987 » et 18 % en « 1995 », à cette évolution pour 11 points et la demande inté-
tandis que celle de la demande intérieure reculait rieure pour 8 points seulement.
proportionnellement (2).
La PAC a joué de façon plus ou moins directe sur le
Entre 1977 et 1996, le volume de la demande glo développement des exportations de produits des-
bale (intérieure et extérieure) en produits de l’agri IAA. D’une part, certains produits des IAA-
culture et des IAA (cf. encadré 2) a augmenté très (viande, sucre) ont bénéficié d’une aide de la PAC
régulièrement tandis que la croissance de la seule (soutien des prix, stocks d’intervention, restitu-
demande intérieure de ces produits ralentissait tions pour les biens exportés vers des pays tiers).
(cf. graphique II et tableau 2). D’autre part, le développement des productions
agricoles (céréales, oléagineux, protéagineux, gros
bovins et veaux, lait) a stimulé les industries
Les exportations des IAA agro-alimentaires situées en aval. L’offre expor-
ont pris le relais de la demande intérieure table de produits des IAA s’est donc accrue sensi-
blement. Le dynamisme du commerce extérieur de
Les exportations de biens des IAA, qui progres ces biens s’inscrit dans un contexte plus général-
saient de 4,5 % en moyenne annuelle entre 1977 et d’expansion des échanges français de produits
1987, se sont avérées encore plus dynamiques au industriels (Monceau, 1997). Par ailleurs, le sec-
cours de la décennie suivante (+ 6,5 % en moyenne teur des IAA a bénéficié d’une forte demande des
annuelle). La demande à l’exportation a alors pris pays du Sud-Est asiatique et des pays de l’Est, du
le relais de la intérieure et a largement début des années 90 jusqu’à la crise asiatique.
contribué à tirer la demande globale des IAA à la
Les exportations des produits
Graphique II « intermédiaires » stimulées par la PAC
Évolution des emplois des produits
de l'agriculture et des IAA La demande extérieure de produits « intermédiai-
(volumes aux prix de 1980) res » (cf. encadré 1) a été très ferme depuis le début
des années 80. Le dynamisme des productions
300 végétales (céréales, betteraves à sucre, oléagineux
Demande intérieure Total des emplois
et protéagineux) a stimulé en aval les filières desExportations
farines, des aliments pour animaux et l’élevage.
250
Les exportations de farine et de malt n’ont cessé
d’augmenter au cours des deux dernières décen-
200 nies. Les aliments pour animaux se sont très bien
exportés depuis 1987. Ainsi, la part des exporta-
tions dans les emplois de l’ensemble des produits
150 du travail du grain est passée de 14 % en « 1977 » à
19 % en « 1987 » et près de 25 % en « 1996 ».
100
1977 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995
2. La demande intérieure de produits de l’agriculture et des IAA,
comparée à celle des produits manufacturés, inclut ici les* Pour les définitions, se reporter à l'encadré 2.
intra-consommations.Source : comptabilité nationale, base 1980.
Tableau 2
Évolutions annuelles moyennes des différentes composantes des emplois de produits de
l’agriculture et des IAA, en volume aux prix de 1980*
1987/1978 1995/1987
1,6 1,0Consommation finale hors marges
1,2 1,0Demande intermédiaire en produits agricoles
1,5 2,3Demande intermédiaire en produits des IAA
1,6 1,1Variations de stocks commerce
1,6 1,1Demande intérieure
Exportations - marges/exportations 5,9 4,3
Total emplois 2,2 1,7
* Pour les définitions, se reporter à l’encadré 2.
Source : comptabilité nationale, base 1980.
110 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 329-330, 1999-9/10Les exportations de bovins vivants ont été dynami le début des années 80. La part des exportations-
sées par les mesures de gestion de la PAC. Elles ont dans la demande totale de veaux est alors passée de
enregistré des niveaux records au cours des cinq 11 % en 1977 à 18 % en 1992.
années qui ont suivi l’instauration des quotas lai-
tiers en 1984. Celle-ci avait entraîné des abattages Dans le secteur du sucre, les exportations ont pro-
massifs d’animaux et une accumulation des surplus gressivement relayé la demande intérieure alors
de production. Par ailleurs, l’émergence de la que le total des ressources (livraisons et importa-
filière des jeunes bovins a répondu à une demande tions) continuait à s’accroître de façon sensible ; les
en forte expansion dans l’Union européenne depuis exportations représentaient 77 % des emplois en
Encadré 2
LES CONCEPTS UTILISÉS
L’étude de l’évolution de l’offre et de la demande en pro . Demande intermédiaire = Consommations intermédiai- -
duits agro-alimentaires, au cours de la période 1977-1996, res (CI) - CI de la branche agriculture en produits agrico-
a été réalisée à partir des Équilibres Ressources Emplois les hors marges + Variations de stocks utilisateurs
(ERE), en volume aux prix de l’année 1980, des produits . Les variations de stocks du commerce.
de l’agriculture d’une part, et de ceux des IAA d’autre part.
Dans le cadre central de la comptabilité nationale, l’équi Pour la demande extérieure :-
libre des biens et services décrit l’utilisation des biens et
services (emplois), et leur origine (ressources). L’équilibre . Exportations = Exportations - Marges sur exportations -
Ressources Emplois se décompose comme suit : les res Subventions à l’exportation-
sources sont composées de la production, des importa-
tions, des marges commerciales, des droits de douane et Pour les produits des IAA, un équilibre a été établi à
de la TVA grevant les produits. Les emplois comprennent partir des mêmes agrégats. Le concept de livraisons
la consommation finale, les consommations intermédiai utilisé en principe uniquement dans le cadre des-
res, la formation brute de capital fixe (FBCF), les variations comptes de l’agriculture a été ici appliqué aux IAA. La
de stocks et les exportations. définition de cet équilibre suppose que les intra-
consommations sont issues de la production nationale.
Cette approximation peut être faite pour l’ensemble
Établir un équilibre «partiel » du marché
des produits des IAA. L’équilibre défini ci-dessus ne
à l’aide d’agrégats synthétiques
peut être appliqué qu’à un niveau agrégé de pro-
Dans le cadre de cette étude, un équilibre « partiel » du duits.
marché, n’incluant pas les marges, a été établi à partir
des composantes des ERE. Pour analyser les évolu Pour les IAA, l’écriture algébrique de l’équilibre est la-
tions de l’offre et de la demande, des agrégats synthéti suivante :-
ques ont été construits. Au sein des ressources, deux
agrégats ont été retenus : d’une part, les livraisons de - Pour les ressources :
produits aux autres branches de l’économie ; ce concept Livraisons = Production distribuée - CI de la branche IAA
est utilisé spécifiquement dans le cadre des comptes de en produits des IAA - Variations de stocks producteurs
l’agriculture. D’autre part, un agrégat d’importations Importations = Importations CAF + Droits de douane
incluant les droits de douane et les subventions a été + Subventions à l’importation
calculé. Du côté des emplois, la demande a été étudiée
selon deux grandes composantes : la demande inté - Du côté des emplois :-
rieure, constituée de la consommation finale des ména La demande intérieure constituée par :-
ges, de la demande intermédiaire des autres branches . Demande finale des ménages = CF - Marges sur CF
et des variations de stocks du commerce ; la demande . Demande intermédiaire : CI - CI de la branche IAA en
extérieure constituée par les exportations. produits des IAA - Marges sur CI + Variations de stocks
utilisateurs
Pour les produits de l’agriculture, l’écriture algébrique . Les variations de stocks du commerce.
est la suivante : La demande extérieure constituée par :
. Exportations = Exportations - Marges sur exportations -
- Du côté des ressources : Subventions à l’exportation
Livraisons = Production distribuée - (Consommations
intermédiaires de la branche agriculture en produits agri Ces équilibres ont été ensuite réalisés pour des regrou- -
coles hors marges) - FBCF en produits agricoles - Varia pements de produits (produits concernés par la-
tions de stocks producteurs réforme de la PAC de 1992, vins, lait, autres produits
Importations = Importations CAF hors marges + Droits animaux, fruits et légumes, autres produits de l’agricul-
de douane + Subventions à l’importation ture).
- Du côté des emplois : Un équilibre partiel a été établi pour la comparaison de la
Au sein de la demande intérieure : demande de produits manufacturés et de produits
. Demande finale des ménages = Consommation Finale agro-alimentaires. Cet équilibre intègre toutefois les
(CF) - Marges sur CF intra-consommations.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 329-330, 1999-9/10 1111995 (et déjà près de 50 %, à la fin des années 70). Nord de l’Europe (Pays-Bas, Belgique, Danemark,
Le sucre fait partie des produits agricoles soutenus Irlande) qui disposent d’un secteur de la transfor-
de longue date dans le cadre de la PAC ; son com mation très en pointe. Mais la France se révèle plus-
merce extérieur a donc aussi été stimulé par la poli performante que l’UE dans son ensemble pour ce-
tique de gestion communautaire. type de produits, en termes de taux de couverture.
Grâce à ces performances à l’exportation, notre Le rôle de la PAC sur le développement des expor-
commerce des produits « intermédiaires » est excé tations a été plus déterminant pour les produits-
dentaire depuis la fin des années 70 ; le taux de cou « intermédiaires » que pour les biens « transfor- -
verture en valeur n’a cessé de progresser pour més ». L’environnement international et l’image
atteindre 140 % en fin de période. Les échanges de de marque des produits ont aussi joué un rôle
l’Union européenne en produits « intermédiaires » important pour le développement des exportations
se sont d’ailleurs régulièrement améliorés sur la de ces produits. Depuis 1977, la France a renforcé
période étudiée et ont atteint un quasi-équilibre en ses performances sur ses trois traditionnels points
1993. forts : les vins, les alcools et le fromage. Les vins et
champagnes contribuent pour 14,6 % aux exporta-
La France reste pourtant très dépendante de l’étran tions françaises du secteur agro-alimentaire, les-
ger pour certains produits « intermédiaires » ; nos eaux de vie pour5%etle fromage pour 5 %. Ces
échanges sont en effet très déficitaires pour la trois produits totalisaient 2,8 % de l’ensemble des
laine, et surtout les tourteaux de soja utilisés pour exportations de biens marchands en 1998. Malgré
l’alimentation des animaux. Ces derniers pèsent l’entrée de l’Espagne et du Portugal dans l’Union
lourdement dans les échanges de corps gras et européenne en 1986, l’excédent dégagé par les vins
d’huiles brutes. a augmenté sur l’ensemble de la période
1977-1996. Le cognac a bénéficié de l’expansion
de la demande des pays du Sud-Est asiatique, du
La France parmi les leaders du commerce début des années 90 et jusqu’en 1997. Par ailleurs,
européen de produits « transformés » l’image de marque des fromages français a large-
ment contribué aux bons résultats commerciaux
Au sein des produits des IAA, les produits « trans pour ce produit.-
formés » constituent de longue date un point fort de
notre commerce extérieur. Grâce à quelques pro Au cours des dix dernières années, de nouveaux-
duits phares, la France affiche, au vu du taux de produits compétitifs ont permis à la France de
couverture, de très bons résultats pour le commerce développer ses exportations de biens « transfor-
de ces biens (cf. graphique III). Ceux-ci constituent més ». Depuis la fin des années 80, les ventes de
également un point fort des échanges des pays de produits élaborés tels que le chocolat, les prépara-
l’Union européenne, en particulier des pays du tions pour boissons et les aliments pour enfants
sont en forte expansion. Le commerce des viandes,
structurellement déficitaire dans le passé, enre-
gistre un excédent depuis quelques années : d’uneGraphique III
part, la diminution des importations est sensible,
Évolution des taux de couverture des produits
due en partie à l’embargo sur les viandes britanni-agro-alimentaires en France
ques ; d’autre part, le dynamisme des productions
En %
de volaille et charcuterie a dopé l’offre à l’exporta-
160 tion. Les produits à base de volaille ont d’ailleurs
été à l’origine de nombreuses discussions avec les140
États-Unis, l’actuel premier producteur mondial,
120 dans le cadre de la rédaction des accords du GATT.
Dans le secteur des conserves, structurellement100
« Bruts consommables » déficitaire, les exportations sont plus dynamiques
80
« Intermédiaires »« Transformés » depuis la fin des années 80.
60
Le commerce extérieur de l’hexagone présente40
cependant, dans le secteur des produits « trans-
20
1977 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 formés » quelques points faibles pour les pro-
duits élaborés ; c’est le cas des produits à base de
Lecture : en 1990, le taux de couverture CAF-FAB en valeur des tabac, conserves de poissons congelés, conserves
échanges français se chiffrait à 48 % pour les produits « bruts
de jus de fruits, dont les échanges sont fortementconsommables ».
Source : fichier OCDE des échanges internationaux. déficitaires.
112 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 329-330, 1999-9/10cessé de s’accumuler sur la période étudiée malgréLes exportations de produits agricoles
les différents aménagements apportés à la PAC au« bruts » largement dopées par la PAC
cours des années 80. Dans ce contexte où a dominé
Les débouchés extérieurs des produits agricoles ont une logique d’offre, le commerce à l’exportation a
surtout explosé au cours de la période 1977-1987 (cf. constitué un débouché important pour les surplus de
tableau 3). Les exportations ont contribué à la crois production. Pour désengorger le marché, les quantités-
sance des emplois de produits agricoles dans une pro stockées (stocks d’intervention) ont été exportées à-
portion quasiment équivalente à la demande bas prix vers des pays tiers à l’Union européenne. Les
intérieure. Le taux de couverture des échanges de exportateurs de céréales ont bénéficié d’une restitu-
produits « bruts », qui dépassait à peine 100 en 1979, tion couvrant le différentiel entre le prix communau-
a augmenté très rapidement au cours des années 80, et taire et le prix mondial. Par ailleurs, la PAC a dopé les
atteint plus de 400 % en 1990 (cf. graphique IV). exportations d’oléagineux entre 1980 et 1989 et celle
Cette spécialisation est une spécificité de la France, de protéagineux jusqu’en 1991. Au début des années
seul pays de l’Union européenne à dégager un solde 80, la France était largement déficitaire pour ces pro-
largement excédentaire pour cette famille de biens. duits. Grâce à des mesures très incitatives, la produc-
De 1977 à 1996, la France a exporté entre 45 % et tion française d’oléagineux a rapidement engendré
60 % des produits agricoles bruts européens (y com des excédents ; ainsi, les exportations qui consti- -
pris vers les autres membres de l’Union européenne). tuaient 9 % des emplois d’oléagineux en « 1978 » en
représentaient 49 % en 1989.
Les céréales ont été le principal moteur de cet essor :
elles représentaient, en 1987, 47 % des exportations Puis la croissance des exportations de céréales a légè-
en volume de produits agricoles (Monceau et de rement ralenti entre 1989 et 1991, tandis que les
Perreti, 1997). En effet, les excédents céréaliers n’ont exportations d’oléagineux avaient commencé à dimi-
nuer dès 1987. Les années qui ont suivi la réforme de
la PAC de 1992 ont été marquées par un changementGraphique IV
Taux de couverture de produits de comportement des producteurs d’aliments pour
agro-alimentaires en France animaux. En effet, ceux-ci se sont mis à incorporer
plus fréquemment des céréales françaises, ce qui a
En %
très fortement dopé la demande intérieure au détri-
500 ment des exportations ; de 60 % en 1992, la part des
Produits « bruts » Tous produits exportations dans les emplois de produits agricoles
est passée à 52 % en 1996. Ainsi, en 1996, le volume400
des exportations de céréales dépassait à peine le
niveau de 1987.
300
La France demeure cependant fortement déficitaire
200
dans le secteur des produits « bruts consommables »
(cf. encadré 1). Depuis 1977, la progression des
100 exportations a suivi celle des importations et le taux
de couverture a plafonné aux alentours de 45 % seu-
0 lement. Le développement des achats de fruits tropi-1977 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993
caux depuis quelques années et l’augmentation
Lecture : En 1990, le taux de couverture CAF-FAB en valeur des
régulière des importations de poissons pèsent lour-échanges français se chiffrait à 433 % pour les produits « bruts ».
Source : fichier OCDE des échanges internationaux. dement dans nos échanges.
Tableau 3
Évolutions annuelles moyennes des différentes composantes des emplois de produits agricoles,
en volume au prix de 1980*
1987/1978 1995/1987
1,2 1,0CI totales - CI(AGR) - marges/CI + variations des stocks utilisateurs
1,4 0,6CF - marges/CF
12,1 1,5Variations des stocks commerce
1,5 0,9Demande intérieure
Exportations - marges/exportations 7,8 0,7
Total des emplois 2,4 0,9
* Pour les définitions, se reporter à l’encadré 2.
Lecture : «1978» = moyenne (1977, 1978, 1979) ; «1987» = moyenne (1986, 1987, 1988) ; «1995» = moyenne (1994, 1995, 1996).
Source : comptabilité nationale, base 1980.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 329-330, 1999-9/10 113Cette réorientation géographique a été sensibleUn recentrage des échanges vers l’UE
pour les produits agricoles « bruts », soutenus, pour
la plupart, par la politique communautaire. À la finSi l’envol des exportations françaises de produits
des années 70, ces produits étaient commercialisésagricoles et alimentaires doit beaucoup à la PAC,
pour plus de 80 % de leurs volumes dans l’UE.celle-ci a également fortement influencé leur orien-
Toutefois, la France a, dans un premier temps,tation géographique au profit de la zone constituée
gagné des marchés au sein des pays tiers, enpar les douze États membres de l’ex-CEE. Ainsi,
Afrique-Amérique latine mais également dans lesen 1977, seulement 55 % du volume de nos échan-
pays d’Europe extérieurs à l’UE et dans uneges (exportations + importations) de produits de
moindre mesure au Moyen-Orient (cf. encadré 3).l’agriculture et des IAA se faisaient avec l’UE ;
Depuis 1981, les marchés de l’UE progressent àcette proportion s’élevait à 68 % en 1993. Cette
nouveau relativement plus vite que ceux des paysréorientation est liée à l’un des principes fonda-
tiers et ils absorbent près de 80 % des volumes enteurs du traité de Rome, celui de la préférence com-
fin de période. La zone Allemagne-Royaume-Uni,munautaire, qui s’appuie sur un système de
qui achetait la majorité des produits « bruts » franprotection forte. D’une part, des barrières douaniè --
çais, a été devancée par la CEE Nord et la CEEres ont été instituées vis-à-vis des pays tiers.
Sud. En effet, nos exportations vers la CEE NordD’autre part, la mise en place de prix d’interven-
ont été très dynamiques, cette région étant fortetion assurant des prix minima à l’intérieur de -
ment déficitaire pour ces biens. Quant à l’augmenl’Union européenne a stimulé le commerce -
tation des flux vers la CEE Sud, elle a surtoutintra-communautaire.
permis de couvrir les besoins de l’Italie en céréales
destinées à l’alimentation animale.Ces dispositions avaient entraîné un recentrage des
échanges français sur l’UE dès le début des années
Le recentrage des exportations vers l’UE a égale60. Ce mouvement s’est poursuivi tout au long de -
ment eu lieu pour les produits « intermédiaires » :la période 1977-1996, en particulier pour les
de 60 % en début de période, la part relative deimportations : en 1977, à peine plus de 40 % des
l’UE s’établissait à 80 % en 1990. Depuis 1977, laproduits de l’agriculture et des IAA entrant en
CEE Sud est devenue un de nos partenaires de preFrance provenaient de l’UE ; cette part s’élevait à -
mier plan. Elle absorbait en 1993, près de 40 % de63 % en 1993. Nos exportations sont encore davan-
nos expéditions de produits « intermédiaires »,tage tournées vers l’UE : 70 % des volumes en
alors que l’Afrique-Amérique latine n’en achetait1993 comme en 1977, cette proportion ayant reculé
plus que 10 %. Ces flux à destination du Sud de laponctuellement en 1981 (cf. tableau 4).
Tableau 4
Part des échanges français, en volume aux prix de 1980, des produits de l’agriculture et des IAA
avec l’Union européenne
A - Part des exportations à destination de l’Union européenne
Catégorie de produits (1) «1978» «1985» «1992»
Produits « bruts » 80 72 75
61 64 74 « intermédiaires »
66 61 68Produits « transformés »
Produits « bruts consommables » 82 81 86
Ensemble des produits 68 66 72
1. Pour la définition des catégories de produits, se reporter à l’encadré 2.
B - Part des importations en provenance de l’Union européenne
Catégorie de produits (1) «1978» «1985» «1992»
Produits « bruts » 5 7 16 « intermédiaires » 32 48 54
71 78 80Produits « transformés »
Produits « bruts consommables » 48 54 50
Ensemble des produits 44 56 62
1. Pour la définition des catégories de produits, se reporter à l’encadré 2.
Lecture : «1978» = moyenne (1977, 1978, 1979) ; «1985» = moyenne (1984, 1985, 1986) ; «1992» = moyenne (1991, 1992, 1993).
Source : comptabilité nationale, base 1980.
114 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 329-330, 1999-9/10CEE comprennent notamment les exportations l’UE pour faire face à la concurrence européenne.
vers l’Italie de bovins maigres vivants. Puis, en fin Toutefois, depuis 1977, les expéditions vers l’UE
de période, de nouveaux débouchés sont apparus se sont globalement renforcées. Ainsi, les zones
dans les pays d’Europe extérieurs à l’UE ; la part CEE Nord et CEE Sud sont devenues des partenai-
relative de l’UE a alors légèrement diminué. À res importants pour les produits « transformés »
l’importation, les pays tiers demeurent relative français, en particulier pour les vins, fromages,-
ment présents pour cette famille de produits. Si la viandes, et préparations alimentaires diverses. La
proportion de nos importations en provenance des zone Allemagne–Royaume-Uni reste cependant
pays tiers a diminué, elle demeure cependant notre principal client.
encore importante (40 %). En effet, la majorité des
huiles et corps gras, notamment les tourteaux En revanche, nos échanges de produits « bruts
importés pour l’alimentation animale, proviennent consommables » se font encore pour 40 % des
de l’extérieur de l’UE. volumes avec les pays tiers. La part de ces pays a
tout d’abord diminué entre 1977 et 1987
puisqu’une partie des fruits et légumes qui prove-
Les pays tiers : un débouché non négligeable naient d’Afrique étaient désormais achetés aux
pour nos produits « transformés » pays de la CEE Sud. L’entrée de l’Espagne dans la
Communauté avait modifié l’orientation de notre
Pour les produits agricoles « transformés » la PAC demande. Cependant, notre dépendance vis-à-vis
n’a pas joué un rôle aussi déterminant sur l’orienta des pays tropicaux reste forte pour les agrumes,-
tion géographique de nos échanges que pour les bananes fraîches et séchées, ainsi que pour certains
produits « bruts » ou même « intermédiaires ». Cer crustacés et mollusques. Nous augmentons aussi-
tes, à la fin des années 70, 60 à 70 % des volumes nos importations de fruits tropicaux depuis quel-
d’exportations étaient déjà destinés à nos partenai ques années.-
res européens. Mais les pays tiers constituent un
débouché non négligeable pour nos biens « trans Notre commerce de produits « bruts » et « intermé- -
formés ». Ainsi, les exportations vers les pays du diaires » est fortement excédentaire avec l’UE mais
Sud-Est asiatique (Taïwan, Hongkong, Singapour, toujours déficitaire avec les pays tiers. En
Japon) ont connu un vif essor au début des années revanche, nos performances à l’exportation pour
90. Cette région a renforcé sa demande en les produits « transformés » nous permettent de
eaux-de-vie. Par ailleurs, les exportations de vins dégager un fort excédent avec ces deux groupes de
ont trouvé de nouveaux marchés à l’extérieur de partenaires.
Encadré 3
LES DONNÉES DU COMMERCE EXTÉRIEUR
Les données de commerce extérieur utilisées pour cette Au sein de la CEE à douze, trois zones sont définies :
étude sont les flux annuels d’importations CAF (coût
assurance fret) et d’exportation FAB (franco à bord) des – « la CEE Nord » constituée de la Belgique et du
pays de l’OCDE, établis selon la nomenclature de produits Luxembourg, des Pays-Bas, du Danemark et de
CTCI (Classification type du commerce international). l’Irlande ;
– « la CEE Sud » qui regroupe les pays du Sud de
Le commerce de la France concerne la métropole et l’Europe, l’Espagne, la Grèce, le Portugal et l’Italie ;
par conséquent les échanges avec les DOM sont consi – La zone « Allemagne - Royaume-Uni ».-
dérés comme des exportations et des importations.
Au sein des pays tiers, six zones sont étudiées :
Les statistiques en valeur sont directement tirées des
fichiers de l’OCDE alors que celles en volume (quanti – la zone « Afrique-Amérique latine », plus particulière- -
tés aux prix de l’année 1980) sont le résultat d’un traite ment tournée vers la production et l’exportation de pro- -
ment effectué par l’Insee. duits « bruts consommables » et certains produits
intermédiaires comme les aliments pour animaux ;
– l’Amérique du Nord, région qui domine le commerce
Les zones partenaires
mondial de produits agricoles ;
Pour étudier l’évolution des échanges de la France avec – trois autres régions pour lesquelles les enjeux sur le
le reste du monde, huit grandes régions ont été définies. marché mondial sont moins déterminants que ceux de
Par convention, la zone de la Communauté européenne l’Amérique du Nord et de l’Union européenne :
retenue est celle constituée des douze États membres . le Moyen Orient, la Chine et l’Inde ;
de 1982 à 1995, quelle que soit la période d’étude . les autres pays d’Asie et d’Océanie ;
considérée. . les pays d’Europe hors CEE.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 329-330, 1999-9/10 115Une demande intérieure relativement atone Les IAA grosses consommatrices
de produits « PAC »...
À la différence de la demande extérieure, la
Les relations entre la branche agriculture et celledemande intérieure (3) en produits agricoles et
des IAA sont très étroites puisque la quasi-totalitéagro-alimentaires, s’est progressivement ralentie
des consommations intermédiaires en produitsau cours des 20 dernières années (cf. encadré 2). Ce
agricoles est destinée aux industries agro-alimenralentissement provient essentiellement de la crois --
taires (90 % des valeurs et 91 % des volumes ensance modérée de la demande finale des ménages ;
1996). Cette proportion est restée voisine de 90 %celle-ci constitue le principal débouché des
sur toute la période 1977-1996.emplois de produits agro-alimentaires, soit 54 %
du volume des emplois en « 1995 » (cf. tableau 5).
Au sein de cette demande, les produits concernésAinsi, la part de la demande intérieure (hors
par la réforme de la PAC de 1993 constituaientintra-consommations) est passée de 87 % en
31 % des volumes en « 1995 », répartis également«1978»à83%en«1987»et79%en«1995»du
entre produits végétaux (16 %) et produits animauxvolume des emplois.
(15 %). Les céréales, oléagineux et protéagineux
fournissent la matière première pour les producL’autre composante de la demande intérieure est la -
tions de farines mais également d’aliments pourdemande intermédiaire (4), c’est-à-dire la demande
animaux. Les gros bovins et veaux sont destinésdu système productif. Celle-ci concerne, pour les
principalement à la branche de la viande et desdeux tiers les produits agricoles au sens strict, les
conserves.produits des IAA étant surtout destinés à la
consommation finale, celle des ménages. En
Les autres produits animaux représentaient, en« 1995 », la demande intermédiaire (cf. encadré 2)
1996, un quart des consommations intermédiairesen produits agricoles constituait 30 % de la
des IAA, dont 80 % pour le lait. Celui-ci est transdemande intérieure totale en produits agro-alimen --
formé pour la totalité de ses livraisons ; il peut êtretaires. Elle a progressé encore plus lentement que
conditionné pour la consommation des ménages,la consommation finale des ménages en produits
ou transformé pour la production de beurres et deagro-alimentaires (1,2 % en moyenne annuelle de
« 1978 » à « 1987 » et 1 % entre « 1987 » et
« 1995 », contre respectivement 1,6 et 1 % pour la 3. La demande intérieure est constituée de la consommation
finale des ménages, de la demande intermédiaire des autresconsommation finale). Toutefois, elle a tiré la
branches et des variations de stocks du commerce.
demande intérieure de biens agricoles, surtout à 4. La demande intermédiaire est composée de l’ensemble des
consommations intermédiaires des autres branches, despartir de 1987, la demande finale de produits bruts en produits agricoles et agro-
étant alors de moins en moins dynamique (cf. alimentaires des branches agricole et agro-alimentaire, et des
tableaux 5 et 6). variations de stocks chez les utilisateurs.
Tableau 5
Structure de la demande intérieure de produits de l’agriculture et des IAA*
En %
«1978» «1987» «1995»
Consommation finale hors marges 54 55 54
Demande intermédiaire en produits agricoles 31 30 30
Demande intermédiaire en produits des IAA 13 13 15
Variations de stocks commerce 221
Demande intérieure 100 100 100
* Pour les définitions, se reporter à l’encadré 2.
Lecture : «1978» = moyenne (1977, 1978, 1979) ; «1987» = moyenne (1986, 1987, 1988) ; «1995» = moyenne (1994, 1995, 1996).
Source : comptabilité nationale, base 1980.
Tableau 6
Structure de la demande intérieure de produits agricoles*
En %
«1978» «1987» «1995»
CI totales - CI(AGR) - marges/CI + variations des stocks utilisateurs 77,4 75,8 76,2
CF - marges/CF 21,4 21,3 20,8
Variations des stocks commerce 1,2 2,9 3,0
Demande intérieure 100,0 100,0 100,0
* Pour les définitions, se reporter à l’encadré 2.
Lecture : «1978» = moyenne (1977, 1978, 1979) ; «1987» = moyenne (1986, 1987, 1988) ; «1995» = moyenne (1994, 1995, 1995).
Source : comptabilité nationale, base 1980.
116 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 329-330, 1999-9/10

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