La France dans la zone euro

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La zone euro, qui sera instaurée en janvier 1999, existe déjà dans les faits. En témoignent depuis plusieurs mois la convergence des rythmes d'inflation et des taux d'intérêt, ainsi que la stabilité des taux de change entre les principaux pays devant participer à la première vague. D'un point de vue conjoncturel, l'unification de la zone euro remonte au début des années quatre-vingt-dix : depuis lors, les principales économies évoluent de concert. Ce parallélisme est saisissant dans l'industrie. L'économie française, sans doute de par sa situation centrale, s'inscrit pleinement dans cet ensemble. À l'inverse, l'économie britannique a été et reste en décalage conjoncturel vis-à-vis de la future zone euro.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 582 AVRIL 1998
PRIX : 15F
La France dans la zone euro
Sophie Loiseau et Raymond de Pastor, division Synthèse conjoncturelle, Insee
Une entité économique comparablea zone euro, qui sera instaurée en
aux États Unisjanvier 1999, existe déjà dans lesLfaits. En témoignent depuis plu La zone euro devrait regrouper onze États,
selon les recommandations de la Commis sieurs mois la convergence des rythmes
sion européenne publiées le 25 mars 1998 :
d’inflation et des taux d’intérêt, ainsi queAllemagne, Autriche, Belgique, Espagne,
la stabilité des taux de change entre les Finlande, France, Irlande, Italie, Luxem
bourg, Pays Bas, Portugal. Près de 290 mil principaux pays devant participer à la pre
lions d’habitants disposeront ainsi de la
mière vague. D’un point de vue conjonc même monnaie. Ils constitueront une entité
turel, l’unification de la zone euro économique de taille semblable aux États
Unis, par sa population et sa production :remonte au début des années quatre
près du tiers du Produit intérieur brut (PIB)
vingt dix : depuis lors, les principales de l’OCDE (Organisation de coopération et
économies évoluent de concert. Ce paral de développement économiques).
La comparaison ne s’arrête pas là. Les impor lélisme est saisissant dans l’industrie.
tations de la zone euro prise dans son ensem
L’économie française, sans doute de par ble représenteront environ 13 % de son PIB,
sa situation centrale, s’inscrit pleinement soit un degré d’ouverture à l’économie mon
diale voisin de celui des États Unis et légère dans cet ensemble. À l’inverse, l’écono
ment supérieur à celui du Japon ( tableau).
mie britannique a été et reste en décalage Les progrès accomplis pour respecter les
conjoncturel vis à vis de la future zone critères de convergence sont nettement vi
sibles dans l’évolution des taux d’inflationeuro.
(graphique 1) : l’écart d’inflation au sein de
la zone n’a pas dépassé deux points depuis
novembre 1996. Ces progrès ont alimenté la
La création de l’euro entrera en vigueur le confiance des marchés dans la réalisation
er
1 janvier 1999. Elle viendra couronner une de l’euro dès 1999. Les taux d’intérêt à long
période de convergence progressive vers terme sont ainsi désormais très proches les
de bas niveaux d’inflation et de taux d’inté uns des autres, les primes de risque qui pe
rêt, des changes stables et des déficits pu saient sur certains pays ayant progressive
blics sous contrôle. ment disparu. La stabilité du mécanisme de
L’inflation dans la zone euro*
*L’inflation est mesurée par l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) pour chaque pays de la zone, en glissenuel. La ment ancourbe
maximum (resp. minimum) est constituée par les valeurs les plus hautes (resp. les plus basses) de l’IPCH constatées chaque mois parmi les pays
de la zone euro.
Sources : Eurostat, Insee
?
INSEE PREMIEREchange européen est un autre signe jonctures évoluent aujourd’hui de ma dans les principaux pays permet d’il
de cette confiance : elle s’est manifes nière très proche. L’intensité des lustrer ce parallélisme. Les écarts ne
tée pleinement durant l’automne 1997, échanges intra zone explique ce pa sont pas rares au mois le mois, mais
alors que les places financières du rallélisme : la plupart des pays de la une véritable tendance commune
monde entier étaient marquées par la zone effectuent près de la moitié, voire semble se dégager ( graphique 2). Le
crise qui sévissait en Asie du sud est.plus, de leurs échanges commerciaux ralentissement économique de 1991
avec les autres États membres ( ta 1992, la récession de 1993, la reprise
bleau). La récente mise en œuvre de po de 1994 1995 et celle amorcée depuisDes conjonctures industrielles
litiques économiques similaires a sans la mi 1996 sont largement communsparallèles
doute également renforcé la synchroni aux pays de la zone. La légère correc
L’évolution de l’activité économique té sation des économies de la zone. tion à la baisse, fin 1997, des juge
moigne de la formation, avant l’heure, L’évolution des carnets de comman ments des industriels sur leurs carnets
de la zone euro : les principales con des de l’industrie dans la zone euro etde commandes pourrait confirmer la
Carnets de commandes dans l’industrie manufacturière : comparaisons par pays*
*Pour permettre les comparaisons, les réponses des industriels sur le niveau de leurs carnets de commandes sont calculées en ldesso centrés et réduits. Les séries sont corrigées des
variations saisonnières.
Sources : Insee (France), IFO (Allemagne), ISCO (Italie), Commission européenne DGII , (Belgique, Espagne, Pays Bas)
`stabilisation à un niveau élevé du tauxCe n’est qu’à partir de l’été 1996 que l’ac L’ouverture à l’international des pays
de croissance de l’activité dans les célération de la demande extra euro de la zone euro
mois qui viennent. péenne, entraînant les exportations, a En %
Si les conjonctures industrielles sont permis le retournement à la hausse de la
Part des importations de biens
d’ores et déjà très comparables, les croissance du PIB. La demande étran et services dans le PIB en 1995
secteurs peu soumis à la concurrence gère adressée à la zone a continué d’être
Tous pays Hors zone euro
étrangère conservent une large part très dynamique en 1997 et le réveil de la
Allemagne 22,9 12,8
de leur autonomie. L’activité dans le demande intérieure au cours de l’année
Autriche 39,0 13,0
bâtiment peut par exemple différer si a engendré une accélération significa-
UEBL* 62,7 22,9
gnificativement d’un État membre à tive du PIB. La croissance de la zone a
Espagne 23,9 10,7
l’autre, comme en témoignent les ré ainsi atteint + 3 % en glissement annuel
Finlande 29,3 19,2
sultats des enquêtes de conjoncture à la fin de 1997.
France 21,2 9,9
effectuées dans ce secteur en France Ce schéma recoupe largement celui
Irlande 68,2 55,5
et en Allemagne (graphique 3). En de la France depuis la récession de Italie 22,2 10,8
France, l’activité du bâtiment s’est net 1993. Le comportement des consom Pays Bas 46,6 24,9
tement dégradée entre 1990 et 1994. mateurs français présente notamment Portugal 40,5 13,9
Après la reprise avortée de 1995, elle des similitudes frappantes avec celui
Zone euro 13,0
semble désormais retrouver le chemin des ménages des autres pays. Ainsi,
États Unis 12,4
de la croissance. En Allemagne, la la confiance des ménages s’est régu
Japon 7,9
crise du bâtiment a été plus tardive, lièrement dégradée de 1990 à 1993,
*Union économique Belgique Luxembourg.mais plus durable, et les signes d’un avant de se redresser temporairement
Source : OCDE
redressement y sont encore ténus. en 1994. Elle s’est à nouveau détério
La France au cœur Tendance actuelle de la production dans le bâtiment*
de la zone euro
Sur la période récente, l’industrie fran
çaise a évolué en ligne avec celle de
ses principaux partenaires continen
taux. Les jugements des industriels
français sur leurs carnets de comman
des s’écartent ainsi rarement de ceux
de la zone prise dans son ensemble
(graphique 2). L’importance de l’éco
nomie française dans la zone (plus de
20 % du PIB) n’explique pas tout. Le
fait que plus de la moitié des échanges
extérieurs français soient effectués
avec d’autres membres de la zone,
voire la situation géographique de la *Pour permettre les comparaisons, les réponses des chefs d’entreprise sur les tendances de la production sont calculées en
France, au cœur de l’Europe continen soldes centrés et réduits. Les séries sont corrigées des variations saisonnières.
Sources : Insee (France), IFO (Allemagne)tale, contribuent également à cette si
tuation privilégiée.
Ainsi, bien qu’elle dépende moins de
Contributions au PIB de la zone eurol’environnement international que
l’activité industrielle, la croissance
du PIB évolue en France de manière
très proche de ce qui prévaut dans
la zone prise dans son ensemble
(graphique 4). Après une période de
récession en 1993, due à la contrac
tion de la demande intérieure, la zone
euro est entrée dans une phase de
forte croissance, de l’ordre de 3,5 %
l’an à la fin de 1994 et au début de
1995. Le PIB de la zone a ensuite net
tement ralenti, sous le coup d’un nou
veau tassement de la demande
intérieure, son taux de croissance se
stabilisant à un peu plus de 1 % l’an à
la fin de 1995. Source : Eurostat
ˆ´rée à la fin de 1995, puis s’est stabili Indice de confiance des consommateurs*
sée à un bas niveau en 1996, dans un
contexte de dégradation de la conjonc
ture et de montée du chômage, parti
culièrement marqué en France. Elle
s’est progressivement redressée de
puis la fin 1996, pour retrouver au-
jourd’hui le niveau relativement élevé du
début de 1995 ( graphique 5 ). Ce redres
sement est concomitant avec la reprise
progressive de la consommation des
ménages.
L’économie britannique
en décalage avec la zone euro
À l’inverse de celle de la France, la
*Pour permettre les comparaisons, les réponses des consommateurs sont calculées en soldes centrés et réduits. Les sériesconjoncture britannique est restée en
sont corrigées des variations saisonnières. décalage avec celles de ses partenai
Sources : Insee (France), ISCO (Italie), Commission européenne DGII (Allemagne, Belgique, Espagne, Pays Bas)
res continentaux tout au long des an
nées quatre vingt dix (graphique 6).Perspectives de production dans l’industrie manufacturière*
La récession, plus profonde
qu’ailleurs en Europe, y a également
été plus précoce. Elle a dès le début
de 1991 été suivie d’une nette reprise,
régulière jusqu’en 1995. Depuis, l’in
dustrie britannique est peu dynami
que, l’économie du Royaume Uni
bénéficiant avant tout de l’activité
dans les services. En 1997, la forte ap
préciation de la livre britannique vis à
vis des monnaies continentales est
venue amplifier le décalage entre une
industrie continentale en phase de re
prise et une industrie britannique en
ralentissement.
*Pour permettre les comparaisons, les réponses des industriels sur leurs perspectives de production sont calculées en soldes
centrés et réduits. Les séries sont corrigées des variations saisonnières.
Sources : Insee (France), IFO (Allemagne), ISCO (Italie), Commission européenne DGII (Belgique, Espagne, Pays Bas,
Royaume Uni)
Méthode de calcul des indicateurs de la zone euro
Pour le calcul des indicateurs agrégés, la con hors énergie pour la ; con fiance des consomma chaftsforschung (IFO on n’a retenu ici que les
joncture de la zone euro est appréciée sur six teurs, la pondération repose sur la consommation Länder de l’Ouest ) et de l’Istituto Nazonale peri
pays (Allemagne, Belgique, Espagne, France, des ménages. lo Studio della Congiuntura (ISCO). Afin de
Italie, Pays-Bas), qui représentent 93 % du Pour la Belgique, les Pays Bas, l’Espagne et le rendre comparables les données nationales,
Produit intérieur brut (PIB) de la zone à onze Royaume Uni, les soldes d’opinion sont issus des les séries ont été centrées et réduites.
pays. Pour les enquêtes de conjoncture, les enquêtes communautaires de conjoncture auprès Les données de comptabilité nationale pro
indicateurs zone euro sont des moyennes pon des chefs d’entreprise et des consommateurs, col viennent d’Eurostat, qui calcule des élé-
dérées des indicateurs nationaux. La méthode lectées par les différents instituts nationaux de sta ments de comptabilité trimestrielle dans une
de pondération est différente selon la question tistiques et centralisées par la DG II de la monnaie commune (écus 1990) pour les six
posée : pour les carnets de commandes et les Commission européenne. En revanche, pour la pays retenus, à l’exception de la Belgique. Le
perspectives de production, le critère retenu France, l’Allemagne et l’Italie, les données provien PIB de la zone euro est la somme des PIB
porte sur les valeurs ajoutées de l’industrie nent directement de l’Insee, de l’Institut für Wirts- nationaux.
Direction Générale :
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Date : _______________________________ Sgnaturei © INSEE 1998
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