La mobilité géographique des établissements : des transferts de proximité

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Près de 1 700 établissements déménagent chaque année en Bourgogne. Dans plus de 80 % des cas, ils restent dans la région et très souvent ne changent pas de commune. 7 transferts sur 10 concernent des établissements du commerce ou des services. Ce sont en majorité des établissements de petite taille, ce qui entraîne peu de variation globale d'emploi. Le petit nombre de transferts de grands établissements peut en revanche avoir un impact plus important. Ces transferts reflètent également les tendances d'occupation de l'espace, notamment le départ des grandes villes vers leur périphérie immédiate.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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La mobilité géographique des établissements :
des transferts de proximité
Près de 1 700 établissements déménagent chaque année en Bourgogne.
Dans plus de 80 % des cas, ils restent dans la région et très souvent
ne changent pas de commune. 7 transferts sur 10 concernent des établissements
du commerce ou des services. Ce sont en majorité des établissements de
petite taille, ce qui entraîne peu de variation globale d’emploi. Le petit nombre
de transferts de grands établissements peut en revanche avoir un impact
plus important. Ces transferts reflètent également les tendances
d’occupation de l’espace, notamment le départ des grandes villes
vers leur périphérie immédiate.
haque année, environ 1 700 établissements changentC de localisation en Bourgogne. Cette moyenne obser-
vée de 1987 à 1997 correspond aux établissements qui
cessent complètement leur activité en un lieu et qui la
transfèrent ailleurs. Ils représentent ainsi entre 2 et 3 % des
établissements de l’industrie, du commerce et des services
de la région. Ces mouvements sont beaucoup moins nom-
breux que les créations et reprises d’établissements (de
6 500 à 7 500 par an sur cette période).
Plusieurs raisons peuvent inciter des entreprises à démé-
nager. Leur développement peut nécessiter de travailler
dans de nouveaux locaux ; elles peuvent chercher à se
rapprocher de leurs fournisseurs ou de leurs clients ; leur
marché local peut évoluer et les amener à se déplacer. La
fréquence de ces transferts dépend aussi fortement de la
conjoncture économique. En période d’accélération de la
croissance, ils deviennent plus nombreux. En revanche, ils
diminuent dès qu’un ralentissement survient.
Ces transferts d’établissements se font le plus souvent sur
de petites distances. Dans 44 % des cas, ils s’effectuent à
l’intérieur de la même commune. Dans 38 % des cas, il y a
1un changement de commune, mais
l’établissement reste en Bourgogne.
En fait, les arrivées en Bourgogne
d’établissements d’une autre région ne
représentent que 10 % des transferts
et les départs en sens inverse, 8 %. De
1987 à 1997, on en compte respective-
ment 1 800 et 1 600, soit une moyenne
de 160 et 140 par an.
Des échanges avec
l’Ile-de-France et
Rhône-Alpes
Sur cette période, les arrivées en
Bourgogne ont toujours été supérieu-
res aux départs, à l’exception de l’an-
née 1993. L’excédent varie selon les
années de quelques établissements à
une cinquantaine au maximum. La
grande majorité de ces mouvements
s’effectue avec des régions proches :
l’Ile-de-France est de loin la première
région d’échange avec 44 % des arri-
vées en Bourgogne et 28 % des dé- ces aux entreprises (conseil, assis- gne entre 1987 et 1997 n’ont pas con-
parts. Vient ensuite Rhône-Alpes avec tance et services opérationnels). nu de hausse ou de baisse significative
Ce sont en très grande majorité des de leurs effectifs au moment du trans-18 % des arrivées et 23 % des départs.
Les régions Centre, Franche-Comté et établissements de petite taille. Au to- fert. Dans les autres cas, il s’agit sou-
Provence-Alpes-Côte d’Azur enregis- tal, près de 80 % d’entre eux ont moins vent de variations de faible ampleur :
de deux salariés et 58 % n’en ont au- par exemple, des établissements detrent également des flux avec la Bour-
gogne (de 5 à 8 % des échanges). cun. De ce fait, les transferts entraînent moins de 2 salariés qui en embauchent
Plus de 70 % des transferts concer- généralement peu de variations d’em- 2 ou 3 de plus.
plois. 79 % des établissements ayantnent des établissements du tertiaire,
notamment du commerce et des servi- déménagé à l’intérieur de la Bourgo-
Peu d’établissements de
grande taille
La majorité des transferts dans le commerce et les services
Nombre de transferts d’établissements en Bourgogne - cumul 1987-1997
Les transferts d’un petit nombre de
Arrivées en Départs de Changements Transferts à grands établissements peuvent en re-
Transferts selon Bourgogne en Bourgogne à de commune l’intérieur vanche avoir un impact plus important.
l’activité au départ provenance destination en Bourgogne de la même Ensemble
Parmi les 36 établissements de plus ded’une autre d’une autre commune en
50 salariés ayant déménagé à l’inté-région région Bourgogne
rieur de la Bourgogne de 1987 à 1997,Agro-alimentaire (IAA) 18 13 61 60 152
4 ont diminué leurs effectifs lors duIndustrie (hors IAA) 263 180 942 680 2 065
transfert, 13 l’ont accru et 19 n’en ontConstruction 157 180 1 641 1 337 3 315
pas varié. Le petit nombre de cas et laCommerce et 520 421 1 794 1 751 4 486
réparation diversité des secteurs concernés ne
Transports 86 55 472 370 983 permettent pas de tirer des conclu-
Hôtels, cafés, 22 22 36 56 136 sions générales. D’autant plus que
restaurants
souvent, ces mouvements ne se limi-
Immobilier, location, 436 370 1 275 1 810 3 891
tent pas à un simple déménagement.services aux entreprises
Ils peuvent aussi correspondre à desAutres services 337 366 1 086 2 267 4 056
regroupements d’entreprises.Total 1 839 1 607 7 307 8 331 19 084
Source : INSEE - SIRENE.
2La mobilité géographique des établissements : des transferts de proximitéLes transferts d’établissements de Depuis 1994, d’autres cas peuvent tomobile Valéo à Sens. Ces transferts
plus de 50 salariés avec les autres être cités comme le départ de la ont pu parfois s’accompagner de dé-
régions françaises sont moins nombreux. société Duchesse de Bourgogne placement de personnel.
De 1987 à 1997, on compte seulement (fabrication de confitures et pâtes de Les transferts d’établissements re-
9 arrivées et 4 départs. fruits) dans le Gard ou le transfert du flètent également les tendances d’oc-
Mais ces transferts concernent uni- siège social de CSR Pampryl vers la cupation de l’espace. Globalement en
quement les établissements qui ont région parisienne. Bourgogne, les établissements quit-
complètement cessé leur activité à un tant les zones d’aires urbaines (ZAU)
endroit et qui en ont créé une nouvelle pour s’installer dans les zones rurales
Des arrivées ailleurs. Or, dans de nombreux cas, le de la région ont été légèrement plus
transfert n’est que partiel. Une partie nombreux que ceux qui faisaient led’établissements
seulement de l’activité est déplacée chemin en sens inverse. Sur l’ensem-
vers un site qui existe déjà et l’établis- ble de la période 1987-1997, les zones
sement de départ est maintenu sur Inversement, on compte également rurales de la région enregistrent ainsi
place mais avec une taille réduite. plusieurs arrivées d’établissements un solde positif d’arrivées d’une
L’exemple récent le plus connu soixantaine d’établissements.dans la région : par exemple, le fabri-
reste la délocalisation en 1993 de Hoo- cant allemand de puzzle Ravensbur- La perte pour les aires urbaines
ver vers l’Écosse entraînant la perte de ger à Chalon-sur-Saône ou une partie reste toutefois minime au regard de la
plus de 400 emplois en Bourgogne. croissance du nombre d’établisse-du site d’Évreux de l’équipementier au-
Les mouvements d’établissements au sein des aires
urbaines : l’exemple de Dijon
Nombre d’établissements ayant changé de localisationLa Bourgogne compte 14 aires urbaines.
Avec ses 300 000 habitants, celle de Dijon dans l’aire urbaine de Dijon
est la plus importante et regroupe 163 com- (cumul 1987-1997)
munes. Près de 8 200 mouvements d’éta-
blissements ont eu lieu dans cette zone de
1987 à 1997. Dans la moitié des cas, il s’agit
de transferts à l’intérieur de la couronne
périurbaine. Les départs de la ville-centre,
Dijon, vers les communes périphériques
sont plus importants que les mouvements en
sens inverse.
Les nouveaux quartiers d’activité
au nord de Dijon
De 1990 à 1997, une centaine d’établisse-
ments déjà situés sur la commune de Dijon
ont déménagé vers les nouveaux quartiers
d’activité du nord de la ville, notamment
vers le parc technologique, la Toison d’Or
ou le parc de l’Europe. Six établissements
transférés dépassent les 20 salariés et une
dizaine se situent entre 10 et 20 salariés.
Les services restent l’activité dominante,
avec notamment de nombreux établisse-
ments de conseil et assistance aux entrepri-
ses et de services opérationnels.
3
La mobilité géographique des établissements : des transferts de proximitéments dans ces zones : de 35 100 en
1987, ils sont passés à 37 100 en 1997 Pour comprendre ces résultats
dans l’industrie, le commerce et les
Les transferts d’établissements concernent uniquement les trans-services. Le gain pour les zones rura-
correspondent au déplacement ferts complets. En effet, uneles est également peu important face à
géographique de moyens de pro- grande partie des transferts par-la baisse globale constatée depuis
duction au sein d’une même entre- tiels ne donne pas lieu à enregis-1987 : on y comptait 29 400 établisse-
prise. Cette définition générale trement administratif et est doncments à cette date, il n’y en a plus que
regroupe en fait plusieurs mouve- peu connue statistiquement.27 600 en 1997.
ments possibles. Il peut y avoir Les établissements étudiés relè-
création d’un nouvel établisse- vent de l’industrie, du commerce
ment par transfert géographique ou des services (champ ICS). LesAller des centres-villes
de l’activité en provenance d’un activités agricoles, financières, ad-
vers la périphérie autre établissement appartenant à ministratives et associatives ne
la même entreprise. On parlera sont pas prises en compte.
alors de transfert complet. Au ni- Les informations sont issues
Des mouvements centrifuges sont
veau national, ils représentent 87 % du fichier SIRÈNE. Pour les éta-
également constatés à l’intérieur
de l’ensemble des transferts. blissements de 20 salariés et plus,
même des aires urbaines. Dans les
Mais il peut aussi y avoir des trans- le suivi sur 10 ans géré dans le
cinq plus grandes de la région, Dijon,
ferts partiels : une partie seule- répertoire BRIDGE a également
Nevers, Chalon-sur-Saône, Mâcon et
ment des moyens de production été utilisé.
Auxerre, les transferts de la ville-centre
est déplacée ; une activité au lieu Pour les données régionales, les
vers les communes périphériques sur de départ peut être maintenue ou mouvements ont pu être enregis-
la période 1987-1997 ont été plus im- l’établissement d’accueil à l’arri- trés ou non dans les centres de
portants que les mouvements en sens
vée peut déjà exister. Ces mouve- formalités des entreprises (CFE).
inverse. ments représentent 13 % de Pour les données par ZAU, seuls
l’ensemble des transferts. Les les mouvements des CFE ont été
données statistiques disponibles pris en compte.
Lionel Espinasse.
Thème du prochain numéro :
Les salaires dans les services
marchands
INSEE-BOURGOGNE
POUR EN SAVOIR PLUS 2 bis, rue Hoche - 21000 Dijon
Tél : 03 80 40 67 67
- Les transferts d’établissements - INSEE Économie et statistique n°311 - 1998. Fax : 03 80 40 67 40
Directeur de la publication : Alain Ravet
- La mobilité des établissements - Atlas de la France, volume III - La documentation Rédacteur en chef : Lionel Espinasse
française - 1997.
Assistante de rédaction : Martine Molet
Maquette PAO : Géraldine Simon
- Ce que pèse l’Ile-de-France - INSEE Première n° 432 - 1996. Abonnement :
11 numéros par an + Bilan économique
et social annuel : 150 F - 22,87 euros- Communes rurales et petites villes dans la hiérarchie urbaine - INSEE Économie
15 F - 2,29 euros le numéroet statistique n° 182 - 1995.
Impression : Imprimerie 21
Dépôt légal : à parution- Trente ans de périurbanisation : extension et dilution des villes - INSEE Économie
ISSN 1246-483 Xet statistique n° 307 - 1997.
Code Sage D996116
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