La recherche en Picardie

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Activité recemment implantée en Picardie, la recherche représente qu'une faible part du PIB régional, 1,1% en 2003 et 1,5% des effectifs nationaux. Elle se caractérise par une prédominance du secteur privé où travaillent les deux tiers des chercheurs et où sont investies plus de 80% des dépenses globales. La recherche publique concentrée autour des deux universités d'Amiens et de Compiègne reste modeste. La mobilisation des différents acteurs au sein de huit pôles régionaux de recherche et de deux axes mobilisateurs et les récents exemples de projets à dimension internationale telle la création des deux pôles de compétitivité laissent présager un développement prometteur de la recherche picarde.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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DYNAMIQUES
CROISSANCE SYSTÈME RÉGIONALE PRODUCTIF 2ÉCONOMIQUES
La recherche en Picardie
Activité récemment implantée en Picardie,
la recherche ne représente qu’une faible
part du PIB régional, 1,1 % en 2003 et 1,5 %
des effectifs nationaux. Elle se caractérise
par une prédominance du secteur privé
où travaillent les deux tiers des chercheurs
et où sont investies plus de 80 %
des dépenses globales. La recherche
publique concentrée autour des deux
universités d’Amiens et de Compiègne
reste modeste.
La mobilisation des différents acteurs
au sein de huit pôles régionaux
de recherche et deux axes mobilisateurs
et les récents exemples de projets
à dimension internationale telle la création des deux pôles de compétitivité
laissent présager un développement prometteur de la recherche picarde.
a Picardie, comme la plupart des régions qui Dans les années 50, le centre technique de laL
présentent un caractère à la fois rural et indus- conservation des produits agricoles (CTCPA) fut
1triel , consacre une part relativement faible de son créé à Dury dans la Somme. Dans les années 60,
Produit Intérieur Brut aux dépenses de recherche les Charbonnages de France ont installé un cen-
et développement (R&D). En 2003, celles-ci s’élè- tre à Verneuil-en-Halatte (le CHERCHAR devenu
vent à 438 millions d’euros, soit 1,1% du PIB, ce aujourd’hui l’INERIS), l’INRA s’est implantée à
equi place la région au 13 rang national. Estrées-Mons et le CETIM à Senlis. C’est au dé-
but des années 70, que furent créés les deux prin-
Une implantation cipaux pôles universitaires de la région :
l’Université Picardie Jules Verne (UPJV) et l’Uni-récente et structurée
versité Technologique de Compiègne (UTC). Plus
L’implantation de la recherche est encore relati-
récemment, on peut noter la création en 1984 du
vement récente en Picardie. Même si dans les
Centre de Valorisation des Glucides aujourd’hui
années 30, on notait déjà la présence d’activités
installé à Dury.
de R&D chez Saint-Gobain à Thourotte dans
l’Oise, celles-ci se sont plutôt développées dans
1la région au cours des cinquante dernières années. À l’exception de l’Auvergne.
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" " En Picardie, les activités de R&D sont dispersées
.> 22< au sein d’une trentaine de centres de recherche
et structures de transferts. Au début des années
90, le besoin est apparu de mobiliser ces diffé-
rents acteurs au sein de huit pôles de recherche

afin de fédérer les compétences pour atteindre un potentiel de recherche structuré et reconnu
(cf. encadré). Ces pôles fonctionnent tels des laboratoires sans murs et regroupent près de
2 000 personnes.
0 0 , La volonté partagée entre l’État et la Région de
6
structurer la recherche picarde s’est poursuivie

dans le cadre du Contrat de Plan État-Région

2000-2006 par la détermination de deux axes mo-
bilisateurs. L’axe « Alternatives végétales » vise
à explorer les possibilités nouvelles d’utilisation des
plantes pour la production de biens et services. Il
$ %&! % a été le précurseur du pôle de compétitivité « In-
$ 23 dustrie et agroressources ». L’axe « Hommes,
Technologies et Systèmes complexes » a pour but
d’étudier les interactions entre l’homme et les en-
vironnements technologiques. Avec cette appro-
che, des compétences régionales se sont
développées autour des technologies de la santé,
8 pôles pour structurer de la sécurité industrielle et du ferroviaire.
la recherche en Picardie
La recherche publiqueAu sein du pôle Diagnostic et véhicules avancés,
les scientifiques travaillent sur les véhicules intelligents concentrée dans les universités
et la robotique ayant une incidence sur les transports
et la logistique. Le pôle Évaluation des nouvelles La logique d’implantation des grands établisse-
technologies éducatives multimédia s’intéresse ments publics de recherche n’a pas profité à la
principalement à l’évaluation des savoirs. Le pôle Picardie. Seuls deux établissements publics à ca-
Génie biomédical – Périnatalité en pointe dans
ractère scientifique et technologique (EPST) sontle domaine de la périnatalité s’intéresse également
présents dans la région : le CNRS qui dispose deaux secteurs émergents de la télémétrie. Le pôle
cellules au sein de l’Université Picardie Jules VerneGénie des procédés cible ses activités autour
de la réduction des déchets. Le pôle Interactions à Amiens et au sein de l’Université de Technolo-
biomoléculaires et fonctions biologiques applique gie de Compiègne et l’INRA à Estrées-Mons et
le résultat de ses recherches aux secteurs végétal Laon. On dénombre également cinq établisse-
et animal. Les chercheurs du pôle Modélisation ments publics à caractère industriel et commer-
numérique en science de l’ingénieur modélisent cial (EPIC) : l’ADEME, l’ANVAR, l’INRAP à Amiens,
des phénomènes comme l’érosion des sols pour
le BRGM à Rivery et l’INERIS à Verneuil-en-
mieux en comprendre les mécanismes. Le pôle
Halatte. C’est pourquoi, en Picardie la rechercheMultifonctionnalité des matériaux et optimisation
publique est principalement exécutée par les deuxétudie le comportement des matériaux. Le pôle
pôles universitaires que compte la région : l’Uni-Sciences humaines et sociales centre ses activités
sur la conduite des changements. versité Picardie Jules Verne et l’Université de
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Technologie de Compiègne. En 2003, elles con- " "
4 / 2 centraient environ 80 % des dépenses de R&D des
administrations publiques de la région contre 10 %
8
pour les EPST et 10% pour les EPIC et autres
établissements. En moyenne nationale, la réparti-
tion est tout autre : 35 % pour les universités, 29 %
pour les EPST, 36 % pour les EPIC et autres éta-

blissements. Cependant, au titre de la recherche
euniversitaire, la région n’occupe que le 19 rang.

La contribution de la recherche publique dans la


région reste modeste. On estime à 1 % de la pro-
duction nationale les publications scientifiques qui
sont le fait d’équipes de la région.

La recherche privée fondée
sur quelques grands établissements

En raison de la faible part de la recherche publi-

que, la recherche privée prédomine en Picardie.


Elle ne représente cependant que 1,7 % des dé- C( 9
; ** * 0 I 5( <penses totales de R&D des entreprises françai-




ses. Aussi bien en termes d’effectifs que d’effort
financier, le poids de la recherche privée est très
important dans la région : 77 % des effectifs tra-
vaillent dans le privé (57 % en France) et les dé-
penses de R&D des entreprises représentent
83 % des dépenses globales (65 % en France).
Les deux tiers des chercheurs travaillent dans la
recherche privée, alors que pour l’ensemble de
la France, les effectifs de l’ensemble des cher- L’Oise regroupe de grands centres de recherche
cheurs du public et du privé sont quasiment équi- privée tels que l’entreprise de plasturgie Faurecia
valents. En termes de dépenses, les secteurs de à Méru (450 chercheurs), Clariant Chimie SA à
moyenne technologie telles que les industries Trosly-Breuil, AGCO SA à Beauvais, ARCELOR à
chimiques ou du travail des métaux sont ceux où Montataire ou Saint-Gobain Isover à Rantigny.
se déroule 80 % de l’activité de recherche des 80 % des dépenses de R&D des entreprises de
entreprises. Picardie sont exécutées dans ce département.
Effectifs et dépenses intérieures de R&D en 2003
DIRD
Effectifs (en ETP)
(millions d'euros)
Chercheurs Autres personnels Total Total
Picardie France Picardie France Picardie France Picardie France
Administrations 794 86 467 344 57 556 1 138 144 023 75 11 640
Entreprises 1 726 101 622 2 149 91 634 3 875 193 256 363 21 646
Total 2 520 188 089 2 493 149 190 5 013 337 279 438 33 286
Source : ministère de l'Éducation nationale et de la recherche, DEP
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emploi de qualification supérieure sur quatre est Des emplois
dédié à la recherche. Cependant, c’est l’aire ur-insuffisamment développés
baine d’Amiens qui se situe au premier rang ré-
eEn termes d’emplois, la proximité avec l’Île-de- gional (et au 28 rang des métropoles régionales)
France et la ruralité de la région se traduisent pour pour le potentiel humain de recherche.
la Picardie par un retard que la région peine à rat-
traper. Les activités de R&D ont cependant connu Un cinquième des emplois dans la recherche sont
un essor important au cours de la dernière décen- occupés par des personnes résidant en dehors
nie. Entre 1990 et 1999, le nombre de chercheurs, de la région. En dépit d’une féminisation grandis-
d’ingénieurs, techniciens et administratifs a aug- sante, ces emplois restent majoritairement mas-
menté de 40 % soit un peu plus que la moyenne culins. Arrivées depuis moins longtemps que les
nationale (+30 %). Entre 1999 et 2003, cette crois- hommes dans cette profession, les femmes sont
sance est estimée à 14 % et concernerait davan- plus jeunes que leurs homologues masculins. En
tage la recherche privée (+16 %) que la recherche 1999, si la moitié du personnel travaillant dans la
publique (+8,5 %). recherche avait moins de 38 ans, un quart était
âgé de plus de 50 ans. Ceci devrait se traduire
En 2003, ce sont environ 5 000 personnes équi- dans les dix ans à venir par de nombreux départs
valent temps plein qui exercent une activité dans à la retraite.
le domaine de la R&D en Picardie, plaçant la ré-
egion au 16 rang national. La Picardie regroupe Cependant pour la recherche publique, la
ainsi 1,5 % des effectifs nationaux de R&D, éga- pyramique des âges est un peu plus favorable.
lement répartis entre les catégories « chercheur » Les deux universités se sont particulièrement dé-
et « ingénieur, technicien, administratif ». veloppées dans les années 90 pour faire face à la
massification des étudiants dans le supérieur et
Les deux tiers des emplois liés à la recherche sont ont de ce fait recruter nombre de jeunes ensei-
concentrés au sein des aires urbaines d’Amiens, gnants-chercheurs, qui dynamisent aujourd’hui la
Compiègne, Creil, Senlis et Beauvais. Le dépar- recherche de ces établissements et permet d’ac-
tement de l’Oise rassemble la moitié des emplois croître le nombre d’équipes associés aux grands
et dans la zone d’emploi de Compiègne, plus d’un organismes (de 5 à 9 équipes labellisées en 5 ans
pour l’UPJV).
La Picardie en retraitBrevets déposés par voie nationale
pour la propriété industrielleselon l'origine de résidence de l'inventeur
2001 2002 2003 Avec 201 brevets déposés en 2003, la Picardie
eAisne 39 44 25 se situe au 18 rang national avec une contribu-
Oise 132 154 109 tion de 1,5 %. Cette contribution paraît faible au
Somme 81 62 67 regard du poids économique de la région.
Picardie 252 260 201
Part de la Picardie Dans une étude parue en 2005, l’Observatoire des
dans la France (%) 1,9 1,9 1,5 Sciences et Technologies considère la Picardie
Source : INPI comme active dans six domaines de compétence
2technologique : supraconducteurs, chimie macro-
moléculaire, traitement des produits agricoles et
2Une région est active dans un domaine de compétence technologique alimentaires, traitement des surfaces, textiles,si la part des brevets déposés par la région dans un domaine dépasse
4%. matériaux métallurgie, BTP-infrastructure.
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Des exemples réussis 2 pôles de compétitivité à vocation mondiale
ouvrant des perspectives Le Comité Interministériel d’aménagement et de
développement du territoire (CIADT) a retenu, leprometteuses
12 juillet 2005, deux projets inter-régionaux présentés
La recherche picarde souffre certainement de par la Picardie : les pôles Industries et Agro-
ressources et I-TRANS et leur a attribué le labell’absence sur son territoire des principaux établis-
de pôle de compétitivité à vocation mondiale.sements publics à caractère scientifique et tech-
Proposé par les régions Picardie et Champagne-nologique. Des liens plus affirmés avec le Centre
Ardenne, le pôle Industries et Agro-ressources
national de recherche scientifique (CNRS) et l’Ins-
cible son développement sur les nouveaux marchés
titut national de la santé et de la recherche médi- émergents basés sur l’utilisation de tous les composants
cale (INSERM) apporteraient à la recherche de la plante pour des finalités industrielles, innovantes
picarde une dimension internationale. et compétitives.
Le pôle I-TRANS s’inscrit principalement dans le
territoire Nord - Pas-de-Calais avec l’étroite participationCependant, des exemples réussis de projets de
de la région Picardie. Ce pôle a placé « le Ferroviairedimension européenne laissent penser que la re-
au cœur des systèmes de transport innovants ».cherche picarde dispose d’un potentiel qui devrait
Il a pour ambition de construire le premier pôlelui permettre de se positionner au niveau interna-
européen, reconnu au niveau mondial, pour la conception,
tional. On peut citer, par exemple, le projet de re- la construction, l’exploitation compétitive et la mainte-
cherche « Alistore » qui a reçu en 2004 de la part nance d’équipements et systèmes ferroviaires.
de la Commission européenne le label de réseau
d’excellence. Ce projet est porté et coordonné par
le laboratoire amiénois de réactivité et de chimie
des solides, unité mixte du CNRS et de l’Univer-
sité Picardie Jules Verne dirigée par le professeur
Jean-Marie Tarascon. Il permet à 16 laboratoires
européens mondialement connus de partager leurs
moyens et leurs connaissances.
En 2005, le Comité Interministériel d’Aménage-
ment du Territoire a décidé d’attribuer à la région
3Picardie deux pôles de compétitivité à vocation
mondiale (cf. encadré). Cette décision ouvre éga-
lement des perspectives prometteuses à la recher-
che picarde.
3Un pôle de compétitivité est la combinaison, sur un espace géographique
donné, d’entreprises, de centres de formation et d’unités de recherche
publiques ou privées, engagées dans une démarche de coopération.
Ces pôles sont destinés à dégager des projets innovants.
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