La situation financière des entreprises en Haute-Normandie : Une meilleure rentabilité financière mais pas forcément économique

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L'assainissement de la situation financière des entreprises ne s'accompagne pas nécessairement d'une amélioration de la rentabilité économique. Le degré de contrôle exercé par chaque catégorie d'investisseurs (propriétaire, actionnaire, prêteur,...) influe sur les choix stratégiques des entreprises. En période d'incertitudes quant à la vigueur et à la durabilité de la reprise, les chefs d'entreprises préfèrent certainement jouer la carte de la sécurité afin de ne pas risquer leur capital. Ils privilégient la reconstitution de leurs fonds propres et la rémunération de leurs actionnaires en accroissant nettement la distribution de dividendes. Uniquement en consultation dans nos locaux
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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ENTREPRISES
La situation financière
des entreprises en Haute-Normandie
Une meilleure rentabilité
financière mais pas
27
forcément économique
ur la période 1993 à 1996, d’intérêt. Sur la même période, lesL’assainissement de la
les dirigeants d’entrepri- entreprises contractent davantagesituation financière des Sses adoptent une stratégie de dettes auprès des groupes et as-
entreprises ne de désendettement de leurs exploi- sociés. Elles se tournent ainsi vers
s’accompagne pas tations. Les structures financières des ressources internes durables.
des entreprises se consolident. Les Les entreprises font donc preuvenécessairement d’une
fonds propres se renforcent princi- d’une plus grande autonomie finan-amélioration de la
palement dans les formes sociétales. cière envers l’extérieur, notamment
rentabilité économique. Outre la décision de contracter dans l’industrie, y compris l’indus-
Le degré de contrôle moins de dettes, les charges finan- trie agroalimentaire. Plus l’entre-
cières diminuent par la conjonction prise est grande, plus elle est capita-exercé par chaque
d’au moins deux autres facteurs : lisée et plus elle est en mesurecatégorie d’investisseurs
l’ancienneté des dettes et la baisse d’affirmer son indépendance à
(propriétaire, actionnaire, des taux d’intérêt. Les entreprises li- l’égard des banques.
prêteur, ...) influe sur les mitent le recours aux organismes de
crédit. Elles souscrivent de moinschoix stratégiques des
en moins d’emprunts, les dettes Des évolutions contrastéesentreprises. En période
sont ainsi de plus en plus anciennes d’un secteur à l’autre
d’incertitudes quant à la et, de ce fait, les charges d’intérêt
vigueur et à la durabilité dans le remboursement du capital Cette frilosité à s’endetter s’ac-
emprunté s’amoindrissent. Par compagne d’un ralentissement dede la reprise, les chefs
ailleurs, la baisse continuelle des l’activité et d’une réduction de lad’entreprise préfèrent
taux d’intérêt accentue le désen- rentabilité économique. Sur la pé-
certainement jouer la carte dettement des firmes en allégeant riode 1993 à 1996, la croissance du
de la sécurité afin de ne automatiquement leurs charges chiffre d’affaires ne cesse de décli-
pas risquer leur capital.
Ils privilégient la Une autonomie grandissante dans l’industrie
reconstitution de
ÉVOLUTION DU TAUX D’AUTONOMIE FINANCIÈRE DES ENTREPRISES DE 1993 À 1996
leurs fonds propres
70
Industrieset la rémunération de leurs agroalimentaires
actionnaires en accroissant 65
nettement la distribution de
dividendes. 60
Construction Tertiaire
55
Ensemble Industrie
50
1993 1994 1995 1996
Unité : % Source : INSEE - SUSE
AVAL 86 3e TRIMESTRE 1999ENTREPRISES
Forte augmentation des dividendes versés
AVERTISSEMENT
Les données présentées dans cet arti- ÉVOLUTIONS SIMULTANÉES DE LA VALEUR AJOUTÉE, DES CHARGES DE PERSONNEL
cle sont issues des déclarations fiscales ET DES DIVIDENDES VERSÉS
et confrontées avec les enquêtes an- 150
nuelles d’entreprise.
Le champ recouvre les entreprises sou-
mises au régime simplifié d’imposition 140
et au régime du bénéfice réel normal Dividendes
de l’IS et des BIC. Ces régimes sont obli-
gatoires pour les prestataires de 130
services dont le chiffre d’affaires TTC est
supérieur à 150 KF et pour les autres en-
treprises dont le chiffre d’affaires TTC est 120
supérieur à 500 KF. Ils peuvent être choi-
sis par option pour de plus petites
28 Valeur ajoutéeentreprises. 110
Sont exclues, les entreprises apparte-
nant à l’agriculture, l’énergie, les Charges de personnel
activités financières et immobilières, 100
1993 1994 1995 1996l’éducation, l’administration, les postes
et télécommunications ainsi que les
Unité : base 100 en 1993 Source : INSEE - SUSEholdings.
ner. Il régresse même dans la cons- Des investissements frileux
truction et l’industrie. Les taux de
ÉVOLUTION DU TAUX D’INVESTISSEMENT DES ENTREPRISES DE 1993 À 1996 PAR SECTEUR D’ACTIVITÉmarge se tassent dans les quatre
grands secteurs, en dépit d’un cer-
16
tain redressement opéré en 1994.
Industries
Globalement, en 1996, les frais de 14 agroalimentaires
personnel augmentent plus vite
Tertiaire12que la valeur ajoutée, ce qui com-
prime l’excédent brut d’exploita-
Ensemble10 Industrietion. C’est notamment le cas dans
le tertiaire. Les situations sont for- 8
tement contrastées selon les activi-
6tés. La construction et l’industrie
Construction
créent moins de richesses. Seule
4l’industrie agroalimentaire dégage
1993 1994 1995 1996
un excédent brut d’exploitation
1996 supérieur à celui de l’année Unité : % Source : INSEE - SUSE
précédente. Les résultats d’exploi-
tation de l’exercice 1996 se détério- dans le tertiaire. A contrario, les im-
DÉFINITIONS ET RATIOSrent également par rapport à l’an- mobilisations financières telles que
Rentabilité financière : rentabilité du ca-
née antérieure, surtout dans la les titres de participation s’accrois- pital investi
Rentabilité économique : capacité deconstruction et l’industrie. La crois- sent nettement ainsi que les pro-
l’entreprise à générer des profits du seulsance de la rentabilité économique duits financiers afférents. L’évolu-
fait de son exploitation
semble plus liée à la croissance du tion des encours des valeurs mobi- Taux d’autonomie financière : capitaux
propres/capitaux permanentschiffre d’affaires qu’à une structure lières de placement semble beau-
Taux de marge : EBE/VABCFde bilan solide. Or, une politique coup plus volatile. Cette plus forte
Taux d’investissement : investissements
de croissance de l’activité peut aug- liquidité paraît liée à la conjonc- nets des cessions/VABCF
Taux d’ancienneté des équipements :menter l’endettement financier et ture. Les revenus de ces types de
amortissements des immobilisations cor-
fragiliser la situation financière. placements ne progressent pas en- porelles/immobilisations corporelles
brutesAussi, les évolutions de la rentabili- tre 1993 et 1996, vraisemblablement
Taux de renouvellement des équipe-té économique et de la rentabilité en raison de la baisse des taux.
ments : investissements/immobilisations
financière peuvent-elles, à court Dans la gestion de leur portefeuille corporelles brutes.
terme, être antagonistes. de titres, les entreprises se seraient
Cette prudence à faire appel à orientées davantage vers des place- indubitablement à un vieillisse-
des financements extérieurs se ré- ments à long terme. ment des installations. Les indica-
percute également sur les program- L’atonie des investissements teurs d’ancienneté et de renouvelle-
mes d’investissement qui devien- n’est pas sans conséquence sur le ment des équipements confirment
nent moins ambitieux. Le taux d’in- degré d’obsolescence des équipe- cet état de fait
vestissement stagne dans l’indus- ments. Le défaut de renouvelle-
trie et la construction et diminue ment des immobilisations conduit Éric DÉON
AVAL 86 3e TRIMESTRE 1999

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